Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1992
(Article écrit par David Brunet - avril 2008)


1992 : la troisième génération

L'année 1992 fut marquée par l'arrivée d'une troisième génération pour les machines Amiga et le système d'exploitation mais aussi par une nouvelle tentative de recarrosser le modèle d'entrée de gamme.

L'A600 remplace l'A500+

Commodore présenta en mars, lors du salon CeBIT en Allemagne, un nouveau modèle d'entrée de gamme : l'A600. Il remplaça de facto l'A500+ qui fut arrêté un peu après et fut ainsi l'Amiga ayant eu la plus courte durée de vie (neuf mois). L'Amiga 600 avait un aspect particulier puisque Commodore, se servant des avancées de la technologie, avait conçu une carte mère de petite taille qui venait se loger dans un boîtier dépourvu de pavé numérique.

A600
L'A600

A300 Pour concurrencer Nintendo et Sega, l'A600 était présenté comme "une console avec un clavier". L'objectif initial de Commodore était de mettre sur le marché une machine la moins chère possible. Le premier nom de l'A600 fut d'ailleurs A300, pour bien démontrer qu'il s'agissait d'une variante encore plus petite et "bon marché" que l'A500/A500+, selon l'idée de George Robbins. Malheureusement, l'A600 débarqua avec un prix de 3690 FF, soit pas moins cher que ses prédécesseurs. Commodore, conscient de ce problème, réagit et baissa par deux fois son prix jusqu'à 2190 FF en fin d'année.

Techniquement, l'A600 reprenait les caractéristiques de l'A500+ (68000 à 7 MHz, composants ECS, 1 Mo de mémoire...) mais ouvrait, pour la première fois sur Amiga, le monde du PCMCIA (Personal Computer Memory Card International Association), un nouveau type de port d'extension. L'A600 disposait également d'une interface IDE interne (pour y brancher par exemple un disque dur de 2,5 pouces), mais les toutes premières séries d'A600 (Kickstart 37.299) ne pouvaient pas utiliser de disque dur comme périphérique d'amorce. Il fallut attendre la mise à jour 37.300 du Kickstart pour pouvoir enfin réellement utiliser un disque dur sur Amiga 600. D'ailleurs, un modèle nommé A600HD et équipé d'un disque dur de 40 Mo en standard, arriva rapidement. Ce fut le premier Amiga d'entrée de gamme doté d'un disque dur en standard.

L'absence de pavé numérique dérouta certains utilisateurs et était dommageable pour des programmes particuliers comme des jeux (F-19 Stealth Fighter, Railroad Tycoon...) ou des logiciels bureautiques. L'autre point critiquable de l'A600 concernait ses nouveaux ports d'extension. En effet, le connecteur placé en trappe ventrale était incompatible avec toutes les extensions existantes pour A500/A500+, il ne servait qu'à augmenter la mémoire Chip. L'ajout du disque dur 40 Mo en 2,5 pouces faisait voler en éclat le côté "bon marché" de la machine puisqu'il augmentait de 50% son prix, mais cela restait tout à fait acceptable pour une machine d'entrée de gamme. Au final, cet Amiga peu évolutif et basé sur une technologie vieillissante eut un accueil mitigé.

Le système livré avec les A600 fut AmigaOS 2.05. Ce fut une mise à jour spécifique aux nouveautés telles que la gestion de l'IDE et du PCMCIA. Cette révision gérait également les disquettes haute densité.

Cette période marqua donc la fin de la production des A500+. L'Amiga 2000 fut lui aussi arrêté quelques mois plus tôt, après cinq ans de bons et loyaux services, et surtout de nombreuses révisions pour tenter de le garder à niveau. L'A3000T continuait à être produit, en petite quantité, mais fut mis à jour durant l'été avec un 68040/25 MHz au lieu d'un 68030. C'était une évolution intéressante pour ce modèle qui était à la pointe de la gamme Amiga... mais plus pour longtemps.

Il y eut aussi un gros point d'interrogation concernant l'avenir du CDTV, qui était toujours enlisé dans ses faibles ventes (6000 à la fin de l'année). La production et la promotion de cette machine continuèrent néanmoins, mais une version à coût réduit (CDTV-CR ou CDTV-II), basée sur l'A600, était en développement. Le marché du CD progressait doucement et Commodore poursuivit sa percée dans ce secteur avec la création de l'A570, un lecteur de CD pour les A500/A500+, dont la production venait pourtant d'être arrêtée.

A570
L'A570
Une troisième génération Amiga haute en couleur

La première de ces machines de troisième génération fut l'Amiga 4000, modèle haut de gamme remplaçant l'A3000. Il fut révélé lors du salon World Of Commodore de Pasadena (États-Unis) le 11 septembre. Il était alors présenté comme "la plus grande avancée technologique de la lignée Amiga depuis son apparition en 1985".

A4000
L'Amiga 4000

Pour la coquette somme de 23 700 FF (3699 $ aux États-Unis), l'A4000 disposait d'un processeur 68040 à 25 MHz, de 6 Mo de mémoire SIMM en standard (dont 2 Mo de Chip), d'un disque dur IDE et d'un lecteur de disquette haute densité. La carte mère était très évolutive puisque l'on comptait quatre ports Zorro III, trois ports ISA, un port vidéo (pour de futures cartes graphiques), sans compter que le processeur était logé sur une carte fille amovible. L'Amiga 4000 était surtout doté d'un nouveau jeu de composants, l'AA (Advanced Amiga). Ce dernier fut rapidement renommé AGA (Advanced Graphics Architecture) pour éviter une confusion avec l'Automobile Association sur le marché européen et pour souligner l'amélioration graphique. L'AGA comprenait les puces Alice et Lisa. Alice se substituait à Agnus pour gérer jusqu'à 2 Mo de mémoire Chip et faire fonctionner le Copper et le Blitter qui furent ainsi améliorés. Lisa était la remplaçante de Denise qui permettait d'afficher de nouvelles résolutions (jusqu'à 1280x512) et beaucoup plus de couleurs : 256 en mode classique et 262 144 en mode HAM-8, le tout sur une palette de 16,7 millions de couleurs ! Les premières images de démonstration en AGA 262 144 couleurs impressionnèrent d'ailleurs de nombreuses personnes.

Malgré des qualités bien réelles, l'Amiga 4000 n'était pas exempt de faiblesses. Par exemple, l'affichage AGA 256 couleurs sur le Workbench était lent et déçut les utilisateurs de cartes graphiques comme la Domino. Le désentrelaceur intégré à l'A3000 avait aussi disparu. Mais les plus grosses déceptions vinrent plutôt de ce que l'on aurait pu attendre de l'Amiga 4000.

En effet, au cours de 1991 et 1992, les projets A3000+ puis AA3000 suggéraient une carte mère disposant d'un contrôleur SCSI-2 et d'un DSP 3210 d'AT&T. Or, ces projets n'aboutir pas et aucun de ces matériels ne fut inclus à l'A4000 : la faute à l'administration de William Sydnes, l'un des directeurs de Commodore. Arrivé en 1991 en provenance d'IBM, William Sydnes avait annulé tous les projets de l'ancienne administration (Henri Ruben et Jeff Porter) et misait sur la création de modèles bon marché comme l'A300/A600 et les variantes de l'A1000jr, nom donné en interne par les ingénieurs de Commodore pour se moquer de lui (William Sydnes faisait partie de l'équipe conceptrice du PCjr, l'un des plus gros échecs d'IBM). Ces variantes, les Amiga 2200, 2400, 3200 et 3400, dotés du jeu de composants ECS et simplement différenciées par leur processeur 68020/68030 et le nombre de ports Zorro III, étaient jugées déplorables par les commerciaux et ingénieurs de Commodore. Le prototype de l'A1000jr fut achevé en avril 1992 mais le projet fut lui aussi annulé. William Sydnes demanda alors aux ingénieurs de produire une meilleure machine dans les plus brefs délais. Greg Berlin reprit la conception de l'un des A1000jr, ajouta l'AGA (tout juste sorti d'usine en août) et d'autres bouts de l'A3000+ de Dave Haynie et cela déboucha ainsi à la création de l'A4000 cinq mois plus tard (septembre). Mais le résultat fut une machine chère à fabriquer, arrivant plus tard que prévu, et démunie de DSP et de SCSI pour des raisons de coût (et de licence/homologation pour le DSP). L'absence de DSP fit stagner l'ensemble des possibilités audio de l'Amiga car Paula, la puce gérant le son, n'avait pas reçu d'amélioration.

Quelques semaines plus tard, Commodore dévoila et lança l'Amiga 1200. Il s'agissait d'un modèle intermédiaire entre l'A600 et l'A4000, pourvu d'un processeur 68EC020 à 14 MHz, de 2 Mo de mémoire Chip et du jeu de composants AGA. L'Amiga 1200 était un ordinateur-clavier et disposait, tout comme l'A600, de ports IDE et PCMCIA, mais il était bien plus extensible. C'était une machine intéressante comparée à son ordre de prix : 3490 FF de base (599 $) et environ 5000 FF avec un disque dur 2,5 pouces de 40 Mo. Avec sa simplicité d'utilisation et des caractéristiques revues, on tenait là le véritable successeur de l'Amiga 500. Ses seuls défauts vint de l'absence de tampon mémoire pour le bus IDE (les disques durs IDE étaient sous-exploités) et la faible puissance de son alimentation (23 W, contre 65 W pour celle de l'A500) qui empêchait quasiment toute extension sérieuse de la machine.

A1200
L'A1200

L'A1200 arriva à Noël, autrement dit à point nommé pour concurrencer le Falcon, le nouveau modèle de la gamme Atari sorti fin 1992. Il avait lui aussi été revu techniquement à la hausse avec un processeur 68030 à 16 MHz, un DSP et de nouvelles capacités graphiques. Par contre, les ventes d'A1200 ont été en dessous des espérances à cause d'un manque de circuits AGA. Ces puces ne furent pas fabriquées par Commodore mais sous-traitées par Hewlett-Packard et leur production ne fut pas assez élevée pour alimenter la forte demande. Enfin, le lancement de l'A1200 provoqua la rapide désuétude de l'A600 dont Commodore avait de larges stocks : personne ne voulait acheter une machine ECS alors que des nouveaux modèles avec AGA étaient disponibles. La solution pour les écouler vint d'une baisse de prix. Les A600 furent ainsi vendus à 2190 FF, et de son côté, le CDTV, qui ne s'est jamais bien vendu, baissa à 2990 FF.

Un système d'exploitation en développement soutenu

Les versions du système d'exploitation défilèrent à un rythme soutenu. Le début d'année vit arriver AmigaOS 2.05 livré d'office avec les Amiga 600 et 600HD et disponible en tant que mise à jour pour les autres modèles. Cette version permettait d'utiliser des disques durs de plus de 40 Mo, gérait les disquettes haute densité et le port PCMCIA. Puis, en novembre, c'est AmigaOS 2.1 qui débarqua (oui, après le 3.0). Il ne s'agissait que d'une mise à jour logicielle du système 2.05 (elle fonctionnait toujours avec le Kickstart 2.0x). Le Workbench 2.1 incluait plusieurs fonctions innovantes comme la localisation (permettant d'avoir des configurations multilangages), CrossDOS (afin de lire les disquettes PC), la possibilité d'ajouter une alerte sonore au Workbench, un pilote pour les imprimantes PostScript, l'arrivée du répertoire "Storage" (pour mettre en réserve les pilotes non utilisés du tiroir "Devs") ou encore une compatibilité avec le 68040. L'interface du 2.1 était identique à celle du 2.05. La seule mauvaise nouvelle vint de la suppression de l'outil permettant la synthèse vocale. Cela fut une triste conséquence d'une discorde entre Commodore et SoftVoice, le développeur de l'outil vocal "Say". Commodore rompit les négociations six mois avant la sortie d'AmigaOS 2.1 car il ne voulait plus payer à SoftVoice les 1 $ de redevance par unité vendue.

Les Amiga 4000 et 1200 furent, eux, livrés avec le Kickstart 3.0 en ROM et l'AmigaOS 3.0 sur six disquettes. Il représenta l'aboutissement d'une année riche en avancées pour le système d'exploitation, le rendant ainsi très confortable à utiliser. AmigaOS 3.0 intégrait toutes les innovations du Workbench 2.1 et proposait quelques nouvelles originalités comme Multiview et les datatypes (un système d'extension pour lire tout type de fichier), Installer (un utilitaire d'installation standard), l'amélioration du système de fichiers FFS (augmentation de la vitesse en utilisant des caches ainsi qu'une meilleure gestion du mode international et des caractères non anglais) ou encore la possibilité de mettre des images en fond d'écran et de fenêtre (au lieu des simplistes textures 4 couleurs des Workbench 2.x).

Évidemment, l'AGA était géré et permettait d'afficher un Workbench en 256 couleurs, malgré la lenteur que cela engendrait. A présent, le système gérait le recalcul automatique de la palette : les couleurs d'une image étaient recalculées pour être rendues convenablement sur le Workbench. L'interface graphique connut quelques petits ajustements comme une barre de titre et des menus en blanc (avec une ligne noire dessous pour imiter un aspect pseudo-3D), les barres de défilement et les gadgets de déplacement prenant eux aussi cet aspect pseudo-3D.

Comme pour le passage entre les systèmes 1.3 à 2.0, des problèmes de compatibilité (surtout les jeux) avaient été remarqués. Le Kickstart 3.0 vint donc avec un menu de démarrage revu et permettant de réduire ces incompatibilités. Il incorporait notamment une option de diagnostic (pour voir la présence de cartes additionnelles) et surtout la possibilité de couper les caches du processeur et de choisir l'affichage souhaité (OCS, ECS ou AGA ; PAL ou NTSC).

Menu de démarrage Workbench 3.0
Le menu de démarrage et le Workbench 3.0

Une fonction importante apparue sur Amiga en 1992 : la mémoire virtuelle. Cette fonction n'était cependant pas incluse dans AmigaOS mais fut fournie par BSC Bueroautmomation AG via son paquetage GigaMem. Ce dernier permettait d'utiliser le disque dur en tant que mémoire vive sur les machines équipées de MMU (unité de gestion de la mémoire). Ainsi, des choses comme le traitement d'images ou de sons de grande taille, ou la génération de grosses animations étaient possibles.

Des périphériques toujours plus rapides

La course à la puissance s'était amplifiée sur le marché Amiga. Mais les gros processeurs étaient toujours réservés aux professionnels et/ou aux utilisateurs ayant les moyens d'investir des sommes considérables. L'Amiga 3000 reçut sa première carte accélératrice du nom d'A3640. Ce matériel, conçu par Commodore, se branchait sur le port processeur de la machine et fut d'ailleurs livré d'office avec les A4000. Cette carte n'avait malheureusement pas d'option pour de la mémoire supplémentaire, ce qui obligeait le processeur à échanger les données avec la carte mère via un accès mémoire lent. Quelques constructeurs avaient cependant réalisé des cartes performantes à base de 68040 : Progressive Peripherals & Software avec sa Zeus 040 et Great Valley Products avec sa G-Force 040. Ces deux cartes pour A2000 disposaient d'un 68040 jusqu'à 33 MHz, mais aussi de mémoire supplémentaire et d'un contrôleur SCSI-2 (mais pas en mode "Fast"). Le record de vitesse fut atteint par Progressive Peripherals & Software et sa carte Mercury. Déjà disponible depuis 1991, une nouvelle variante de cette carte apparue cette année avec un 68040 cadencé à la vitesse record de 35 MHz.

Cette course à la puissance concernait également l'A500. La carte A530, conçue par Great Valley Products, permit par exemple à ce modèle d'entrée de gamme de disposer d'un 68030 à 40 MHz, d'un FPU 68882, d'un à huit Mo de mémoire supplémentaire et d'un contrôleur SCSI. Ceci fut suivi par la solution du constructeur Progressive Peripherals & Software, décidément omniprésent, qui proposa sa Progressive 500/040. Cette fois-ci, le processeur de la carte était un 68040 à 28 ou 35 MHz, épaulé par 4 à 8 Mo de mémoire. Mais le prix de plus de 11 000 FF pour la version à 35 MHz décourageait beaucoup de son acquisition. Après les A2000, A3000 et A4000, le petit A500 avait donc lui aussi la possibilité de tourner avec un 68040. Enfin, le CDTV eut également droit à sa carte accélératrice avec la Blizzard CDTV, conçue par la nouvelle société allemande AS&S/Phase 5.

Progressive 500/040
La Progressive 500/040

Plusieurs constructeurs n'avaient pas attendu l'arrivée du jeu de composants AGA et de sa palette de 16,7 millions de couleurs pour se lancer dans la production de cartes graphiques 24 bits. L'année 1992 marqua ainsi une montée en puissance de ce type de matériel. MacroSystem proposa la VLab, le numériseur vidéo 24 bits le plus réussi de son époque, ainsi que la Retina, une carte graphique 24 bits pour les Amiga 2000, 3000 et 4000 sur port Zorro II. Xpert commercialisa, lui, une carte plus économique, la Domino (développée par Village Tronic), permettant d'atteindre une profondeur de 15 bits sur tout Amiga avec port Zorro II. Enfin, la société australienne Opal Technologies vendit l'OpalVision, une carte vidéo/graphique 24 bits (malheureusement sans pilote graphique standard style EGS) mais fournie avec des logiciels dédiés dont le premier jeu 24 bits Amiga : King Of Karate. En outre, les périphériques pour la vidéo s'enrichirent d'un élément intéressant avec Peggy. Créé par Ingenieurburo Helfrich, il s'agissait d'un décodeur MPEG capable de lire les animations dans ce format (352x288 en 24 bits) à 25 images par seconde.

Opalvision King Of Karate
La carte Opalvision de Opal Technologies (photo de Michael Rubisch) et le jeu King Of Karate

Après l'AD1012 l'année précédente, SunRize Industries sortit une seconde carte son, l'AD516, disposant d'une entrée SMPTE et capable de conversion 16 bits stéréo. La professionnalisation de l'Amiga au niveau audio fut aussi l'objectif de la société française Xanadu qui conçut (d'ailleurs avec des logiciels de conception sur Amiga), la carte ADC-16 de numérisation et de restitution de sons 16 bits, à des fréquences d'échantillonnage pouvant aller jusqu'à 48 kHz en stéréo. La carte Clarity 16 de Micro Deal (au prix imbattable de 1390 FF et qui pouvait aussi se brancher sur un A500/A600) paracheva cette profusion de carte audio de qualité.

Le constructeur Vortex avait fourni pas mal d'efforts les années précédentes pour proposer une carte passerelle PC pour Amiga digne de ce nom. Cette année, il mit sur le marché la Golden Gate, une carte dotée d'un processeur 386SX à 25 MHz et pouvant accueillir une carte VGA pour un confort d'utilisation accru : ce fut un gros concurrent à l'A2386SX de Commodore. L'émulation Macintosh progressa elle aussi avec l'A-Max II Plus. Son auteur, la société canadienne ReadySoft, ne cessa d'améliorer son produit : dans cette version, l'émulation du Système 7 était gérée et on pouvait enfin lire des disquettes Mac sur Amiga et échanger des fichiers Mac/Amiga sur des partitions FFS.

Du côté de Commodore, justement, l'année fut aussi marquée par la volonté de faire mieux. Le salon World Of Commodore de Pasadena fut ainsi riche en annonces. Outre celle concernant l'Amiga 4000, Lewis Eggebrecht, le chef du développement de Commodore (qui avait remplacé William Sydnes), dévoila officiellement au public que ses ingénieurs travaillaient sur un autre jeu de composants encore plus performant que l'AGA. Il s'agissait bien entendu de l'AAA, dont le développement connut des remous et des retards. Ses caractéristiques annoncées furent les suivantes : vitesse d'horloge à 57 et 114 MHz, gestion du format graphique chunky, intégration de routines gérant la décompression JPEG et MPEG, bande passante 12 à 20 fois celle de la mémoire Chip accédant à l'ECS, huit canaux audio 16 bits, gestion des lecteurs de disquette 4 Mo, etc. Cette annonce sur les futurs plans matériels fut secondée par une autre concernant le système d'exploitation. Une feuille de route montrant différentes étapes du développement du système (de la version 3.0 à 4.0) fut montrée. Commodore souhaitait notamment intégrer aux prochaines versions d'AmigaOS la gestion du DSP, du RTG, du PostScript et une API réseau. On sentait que Commodore avait pris au sérieux la menace du PC et du Mac et voulait redoubler d'efforts sur la recherche et le développement.

Début de mutation pour la logithèque

L'AGA définissait un nouveau standard pour les applications graphiques. Tous les éditeurs se devaient de soutenir les capacités de ce nouveau jeu de composants, mais peu de produits AGA arrivèrent cette année en raison de la jeunesse de ces puces graphiques. Electronic Arts travailla sur une nouvelle version de son logiciel phare (Deluxe Paint 4.5 AGA) et un aperçu fut montré en toute fin d'année. Il fut concurrencé dans son créneau par Personal Paint, un programme créé par la jeune société italienne Cloanto. Une version d'essai de Personal Paint démontra toute la ressemblance qu'il avait avec son illustre aîné.

ASDG commercialisa Art Department Professional 2 en mars 1992. La nouvelle technique de compression JPEG fut incluse en standard dans ce logiciel, tout comme la gestion du format d'image Framestore du Video Toaster. La gestion des cartes Harlequin, Opal Vision, DCTV et A2410 fut également ajoutée. Art Department Professional fut concurrencé cette année par ImageFX de Nova Design et Imagemaster de Black Belt Systems. ImageFX, était un redoutable logiciel aux fonctions multiples et gérant notamment la mémoire virtuelle pour travailler sur des images plus grandes que la mémoire vive. Pour ceux qui dessinaient sur cartes graphiques, Tecsoft commercialisa la version 1.6 de TVPaint, un logiciel capable d'exploiter les capacités de la carte AVideo 24, dépassant ainsi les possibilités et la vitesse de l'AGA. ASDG sortit en fin d'année un second logiciel graphique du nom de MorphPlus, un ensemble d'outils de déformation et d'animation pouvant être utilisé de façon autonome ou bien en tant que module pour Art Department Professional.

Personal Paint 2.0 bêta
Personal Paint 2.0 Bêta

Depuis sa commercialisation en 1990, LightWave 3D avait connu un succès considérable. Cela lui avait ouvert les portes des studios de vidéo qui travaillaient, jusque-là, avec des logiciels dix fois plus chers. Mais avec l'augmentation générale des capacités graphiques et de la puissance des processeurs des Amiga, les modeleurs devinrent un type de logiciel à la mode. Impulse, qui avait réussi à percer l'année précédente avec Imagine, réédita son exploit avec la version 2.0. Et d'autres logiciels du genre suivirent comme Aladdin 4D (nouveau nom de Draw 4D Pro), Vista Pro 2 (générateur de paysages) ou Caligari 2, tous trois d'excellent niveau. Le monde de la 3D, jusque-là réservé à des logiciels très chers, vit également débarquer POV-Ray (Persistance Of Vision), le premier véritable programme de ce genre totalement gratuit. Bien qu'un cran en deçà de LightWave, Real 3D et Imagine, il eut le mérite d'ouvrir l'univers de la modélisation à un grand nombre d'amigaïstes.

La bureautique, un domaine où l'Amiga était en retard par rapport à d'autres plates-formes, vit une forte progression en quantité et en qualité de ses logiciels. Final Copy II, avec sa vue WYSIWYG, la gestion des images IFF 24 bits, la gestion du publipostage et ses outils de dessin vectoriel intégrés, était considéré comme le meilleur de sa catégorie sur Amiga. Il fut cependant grandement concurrencé par des versions de plus en plus complètes de Wordworth 2 (de Digita International, qui intégrait à présent un utilitaire d'indexation, un générateur de table des matière et était compatible avec les polices Compugraphic), ProWrite 3.3 (de New Horizons) et dans une moindre mesure d'Excellence! 3.0 (de Micro-Systems Software). Par contre, le populaire KindWords (250 000 exemplaires écoulés) fit peau neuve avec sa version 3 : étonnamment, son éditeur, The Disc Company, décida de baser son nouveau logiciel sur une variante bridée de Wordworth 1. Cette stratégie fut utilisée pour régler à moindre frais les quelques problèmes des anciennes versions, mais cela ôta complètement la personnalité de ce traitement de texte. Des tableurs de qualité correcte (Intuicalc, MaxiPlan 4, Pro Calc) et des logiciels de PAO (PageSetter 3, Professional Page 3...) s'étaient également multipliés pour donner, au final, à l'Amiga, un domaine bureautique presqu'à la hauteur des autres plates-formes.

Final Copy 2
Final Copy II

C'est en 1992 que l'éditeur canadien Gold Disk, connu notamment pour son logiciel de PAO Professional Page, présenta Video Director, un système de montage vidéo personnel. Il combinait différents logiciels et connectiques qui transformaient un Amiga, équipé d'un caméscope et d'un magnétoscope, en un système complet de montage vidéo analogique, sans avoir besoin d'une coûteuse carte d'acquisition.

En fin d'année, Jonathan Potter publia la mise à jour 4.0 de son gestionnaire de fichiers Directory Opus permettant à ce dernier de devenir le numéro un sur Amiga. Sa polyvalence et sa personnalisation étaient sans égal.

Directory Opus 4.0
Directory Opus 4.0

La majorité des jeux publiés étaient destinés aux modèles Amiga d'entrée de gamme. Peu nécessitaient un disque dur (ils s'utilisaient encore avec une disquette comme s'il s'agissait d'une console) ou les composants AGA. Il y eut juste une demande encore plus forte au niveau de la mémoire qui était de 1 Mo pour toutes les grosses productions de l'année. L'éditeur anglais Team 17 décida même de ne produire que des jeux demandant 1 Mo de mémoire. Cet éditeur prit une place de plus en plus prépondérante sur la scène ludique Amiga en commercialisant le shoot'em up Project-X et une version "Special 92" du jeu d'action Alien Breed. Ce dernier resta d'ailleurs 33 semaines en tête des ventes en Angleterre, un record. Project-X était un excellent shoot'em up, poussant l'Amiga dans ses derniers retranchements, à l'instar d'Apidya et du très beau Agony, deux jeux du même genre.

Les groupes de développeurs Digital Illusions et Sensible Software créèrent la surprise en sortant, respectivement, d'excellentes simulations de flipper (Pinball Dreams et Pinball Fantasies) et de football (Sensible Soccer), sans doute les meilleures de l'histoire de l'Amiga jusque-là. Les jeux de stratégie n'étaient pas en reste avec la venue de Civilization de MicroProse et de Dune, un jeu envoûtant mêlant stratégie avec aventure et créé par le studio français Cryo. Une autre société française fit parler d'elle suite à la création de Flashback, un jeu d'action/aventure qui faisait penser à une variante d'Another World. Une flopée d'autres bons jeux aux thèmes divers, tel le jeu d'arcade Dyna Blaster ou le jeu de course Vroom sortir aussi cette année. Avec 500 jeux commerciaux publiés, les chiffres restaient acceptables malgré une légère baisse. Par contre, la scène shareware et domaine public continua de fournir de plus en plus de titres.

Project-X Pinball Dreams
Project-X et Pinball Dreams

Le PC, justement, dont la puissance avait continuellement progressé (les processeurs 386 et 486 ainsi que l'affichage VGA et SVGA étaient devenus la norme), commençait à voir fleurir des jeux de qualité. Les éditeurs pouvaient réaliser des jeux plus gourmands en mémoire et en taille (utilisation du disque dur) que sur Amiga. Les capacités des PC interdisaient encore de rivaliser dans certains types de jeux avec l'Amiga, comme ceux avec une ribambelle de sprites et de défilements parallaxe. Mais, en contrepartie, ils étaient devenus très intéressants pour les jeux d'aventure "pointer et cliquer" avec leur affichage en 256 couleurs. Enfin, les utilisateurs attendaient avec curiosité les premiers jeux gérant les caractéristiques de l'A1200 : plus de couleurs, plus de mémoire et éventuelle utilisation du disque dur.

Une nouvelle gamme un peu mieux armée

Commodore annonça que pour la première fois dans une année fiscale (juillet 1991 - juin 1992), la société avait vendu plus d'un million d'Amiga. En fin d'année, le parc amigaïste atteignit les quatre millions d'unités. L'Amiga 1200 connut, avec 44 000 unités vendues, un démarrage modeste en raison de la pénurie de circuits AGA. Malgré ces bons chiffres, les profits chutèrent à 28 millions de dollars. La cause fut sans doute due aux ventes de C64 (qui ne rapportaient plus rien ou presque) et la baisse significative des ventes de compatibles PC.

Les Amiga 4000 et 1200 avaient replacé la technologie Amiga dans le peloton de tête. Le salon de Pasadena avait aussi laissé entendre que l'amélioration technique de la gamme allait se poursuivre. Tout cela était de bon augure car en début d'année, le jeu de composants ECS ne faisait plus rêver grand monde. De plus, avec la multiplication des fabricants asiatiques, l'ère des PC chers était bel et bien terminée. Bien que l'Amiga 4000 fut lancé à un prix légèrement inférieur par rapport à l'A3000 en 1990, il était plus cher qu'un PC haut de gamme à base 486. La bataille des prix n'était pas gagnée.


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