Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 26 septembre 2017 - 23:44  

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Test de PageSetter 3
(Article écrit par Gilles Bihan et extrait d'Amiga News - mai 1993)


Le benjamin de la PAO signé Gold Disk a atteint aujourd'hui l'âge d'adolescence avec la version 3, toute nouvelle, toute fraîche, en provenance directe du Canada. Poids plume de la mise en page, il vient pointer le bout de son nez dans un marché où les deux ténors, Professional Page et Publishing Partner, s'entre-déchirent à coup de fonctions nouvelles vers une quête toujours plus grande de puissance. On nous offre un logiciel de petite, petite, mise en page.

PageSetter 3

Présentation

PageSetter se présente en effet, et d'ailleurs se reconnaît, comme un outil de PAO léger. Qu'entende-t-on par là ? Peut-être "light" comme beaucoup de produits sans saveur que l'on trouve dans les gondoles des hyper-super-big-marchés ? Non, car à priori les mêmes ingrédients de base de tout logiciel normalement constitué se trouvent réunis, et quelques sucres chimiques ne viennent pas atrophier le produit. Une version édulcorée de Pro Page, le "Big Brothers" ? Non plus, car même si dans la forme on discerne une structure propre au logiciel de Gold Disk, PageSetter n'est pas une version junior, où des programmeurs soucieux d'économiser un temps précieux débranchent quelques fonctions par-ci par-là pour donner au change.

Enfin, serait-ce une variation sur le thème Pro Page ? Il semble bien que oui. Marquant sa différence, il s'inscrit dans une continuité : combler le vide qu'il y a, entre rien et le produit haut de gamme des Canadiens. Stratégiquement, on pourrait dire que l'on place un pion sur l'échiquier du marché, voire qu'on finit d'implanter un produit qui n'en est pas à son premier coup d'essai.

Rappelons-nous de PageSetter II il y a près de quatre ans de cela. Il était temps de renouveler un peu le genre, et de venir coller à la nouvelle génération d'Amiga (A600, A1200, voire plus haut !), tout en restant un logiciel offert aux amigaïstes peu enclins à de folles mises en page (souvent accompagnées de longues nuits). PageSetter n'en reste pas moins un logiciel "sui generis".

Objectif Amiga

La nouvelle mouture veut se targuer de prendre d'assaut les Workbench 2.0 et ultérieurs. C'est notamment dans le domaine de la couleur que l'effort principal a voulu être porté, et c'est par là que je commencerai donc.

En effet, le nouveau mode 256 couleurs, disponible déjà sur certains écrans d'heureux possesseurs d'AGA, est une cible privilégiée. PageSetter est le premier, mais pas le dernier rassurez-vous, à intégrer une palette de 256 couleurs sur un écran haute résolution. Il permet donc à priori de faire de la PAO couleur, ce qui dans des termes plus concis tient à l'insertion d'images "multicolores" dans des pages.

PageSetter 3

Il est vrai, qu'il ne m'a pas été possible de visualiser cette possibilité : mon Amiga, bien qu'en 2.0, n'affiche au maximum que 16 couleurs. En tout cas, pour ce que j'en ai observé, PageSetter regarde le nombre de couleurs disponibles à l'affichage, et fait une approximation avec ce qu'il a. Ce qui veut dire qu'en théorie sur un écran 256 couleurs une image HAM (4096 couleurs) est réduite à 256 couleurs. Le même effet est donné avec 16 couleurs. PageSetter réduit la palette d'affichage pour pouvoir donner une idée du dessin.

A l'impression évidemment, il tiendra compte des spécificités images. Mais en 256 couleurs, cela doit être bien meilleur comme rendu, d'où l'intérêt d'un Amiga nouvelle génération. Pour tout ce qui n'est pas IFF, la nuance est beaucoup plus subtile : PageSetter utilise des tramages, mixant plusieurs couleurs, afin de donner une idée la plus proche possible de l'effet escompté. A ce petit jeu-là, il y réussit très bien, du moins aussi bien que son grand frère. En tout état de cause, que ce soient les images ou tous les autres objets graphiques, 16 couleurs suffisent amplement à donner une vision objective du résultat attendu.

Cela amène à se poser déjà une question : la gestion du mode AGA est-il absolument nécessaire ? Certes non, car nonosbtant le confort visuel qu'il apporte, je ne vois ni beaucoup d'intérêt, ni beaucoup d'avantages. Contre la couleur on a notamment le fait que 256 cela représente 8 bitplanes, c'est-à-dire beaucoup de mémoire, et aussi beaucoup de temps machine pour les remplir, et donc même avec un 68020, un ralentissement non négligeable est à craindre.

Ensuite, une considération plus pragmatique nous rappelle que la PAO couleur est très coûteuse, et par là même mise en oeuvre pour des besoins très spécifiques, uniquement professionnels. A part une sortie, souvent de moindre qualité, sur une matricielle couleur poussive, l'utilisateur potentiel a très peu de chance de s'adonner aux joies de la couleur, et donc d'avoir besoin d'une approche écran la plus fidèle possible. En quoi, même pour un possesseur d'AGA, il est préférable de se mettre en mode 16 couleurs. Cependant, critiques mises à part, cela peut être agréable.

Approche traditionnelle

Intéressons-nous maintenant plus précisément à l'aspect mise en page. L'atout force sans nul doute de PageSetter est sa volonté de permettre à tout un chacun, non aguerri à la PAO, de s'offrir quelques fantaisies papiers. De part la simplicité de ses outils et leur nombre restreint, ce logiciel est idéal pour ceux qui ont peur de se perdre dans des labyrinthes tortueux de fonctions perfectionnées mais irascibles.

Simple, car les minimas essentiels pour des documents de faible ampleur sont réunis. Création aisée de blocs textes, de formes géométriques élémentaires, ou encore d'objets graphiques. Avec efficacité on n'a pas de mal à mettre en forme un texte. Tous les attributs traditionnels sont à portée de main. Les inévitables styles, corps et polices sont faciles d'accès.

Plus intéressant à ce stade est la fonction de retrait de paragraphe, qui permet de marquer de façon intuitive des alinéas. Son seul inconvénient est que son réglage est difficilement quantifiable : il se calque sur la première tabulation, ce qui exclut toutes possibilités de paramétrages indépendants. Sympathique également la faculté de remplir les caractères avec un motif en sus d'une couleur. Les motifs sont au nombre de 16. Un petit éditeur permet de les redéfinir. Des outils de rotation et d'inversion permettent d'obtenir des variantes sur les styles existants. L'efficience de ce procédé ne trouve sa plénitude qu'avec des corps importants, les petits caractères ne laissant pas transparaître la stylisation.

L'interlettrage et l'interlignage ne sont pas réglables précisément. Il faut sélectionner le texte et jouer des flèches-curseur pour obtenir un compromis idéal. Il est possible de fixer en pourcentage l'interparagraphe, et de rajouter des points au corps pour élargir l'interlignage. Dans ce dernier cas, il n'est cependant pas question de donner un interlignage fixe ou automatique précis. Le crénage et l'approche par paire ne sont pas possibles. Aucun module de césure automatique n'est implanté. S'il est aisé de déplacer le curseur dans le texte, sa sélection est problématique car la souris doit être utilisée. En effet, la sélection du bloc texte se fait à la souris. La rapidité que peut avoir une sélection par clavier fait réellement défaut (notez que Pro Page ne fait pas mieux en ce domaine).

Un satisfecit pour les styles exposant et indice qui marchent à merveille : automatiquement (là c'est un plus) bon corps et interlignage sont appliqués. La liaison de colonne est simple, et la nouvelle version de PageSetter affiche un petit triangle pour indiquer que la colonne est liée, et dans quel sens cette liaison s'opère.

Une fonction chercher-remplacer est offerte. La recherche peut s'opérer en montant ou en descendant dans le texte, et on peut indifférencier majuscule ou minuscule. Le remplacement peut se faire sur requête ou globalement. La recherche va aussi tenir compte des liens de blocs. En double-cliquant sur le bloc texte une requête apparaît. On peut à ce stade modifier, comme pour tout bloc qu'il soit texte ou graphique, les dimensions et marges internes, protéger le bloc contre d'intempestifs déplacements, effacements, ou modifications, créer un habillage, ou cacher son contenu pour accélérer l'affichage.

La fonction "Box Frame" permet d'attribuer un cadre au bloc et un fond tramé et/ou de couleur. Par contre, les rotations de blocs sont impossibles. Ceci est regrettable car c'est une fonction qu'on retrouve de plus en plus fréquemment, sauf sur certaines séries "picturales" vivant sur PC par exemple ! (nous ne dénoncerons pas PageMaker par souci de charité chrétienne, surtout au prix où il est vendu).

Peintures et servitudes

L'enchaînement est donné pour disserter sur les blocs graphiques. Trois formes sont à retenir. La première concerne les formes élémentaires présentées sous formes de vecteurs simples : cercle, ovale, carré, rectangle, ligne perpendiculaire ou d'angle variable. Quatre icônes, avec la touche "Alt" pour obtenir un vrai carré, un vrai cercle ou une ligne à angle fixe par pas de 45 degrés. On peut dessiner une forme par lignes brisées. Par contre, il n'y a pas de formes libres à base de pseudo-courbes de Bézier. Ces formes peuvent être regroupées dans une seule boîte.

PageSetter 3

Les deux autres formes graphiques sont issues de l'importation. Les clips Professional Draw 3.0 et moins sont reconnus. En mode "Wire Frame" on a le trait. Sinon on peut admirer l'épaisseur des lignes ou encore la texture des couleurs. Cela fonctionne correctement.

Enfin, les images IFF, ou ILBM, sont le seul format bitmap reconnu. Normalement, toutes les images de 1 à 24 bitplanes sont reconnues. La taille de tous ces objets peut varier manuellement grâce à la requête de boîte. Le défaut est que la valeur de mise à l'échelle ne se fait pas en pourcentage, mais en une valeur décimale, bien que proche, mais peu intuitive. A la souris, par contre, il est facile de diminuer ou d'augmenter la taille d'un bloc. Impossible néanmoins de garder les proportions initiales (attention aux déformations). A l'importation, l'objet s'adapte à la taille du bloc en respectant le ratio de pixel.

L'objet graphique peut aussi être déplié à l'intérieur du bloc : numériquement par requête, ou à la souris toujours avec la touche "Alt". Pour les images uniquement, on peut connaître le nombre de couleurs, la taille en pixel ou le nom du fichier source et son chemin d'accès disque. Sur ce dernier point, sachez que PageSetter n'inclut pas les fichiers IFF dans ses fichiers pages. Il est donc indispensable de tenir ceux-ci à proximité lors d'un chargement de page. Le choix de cette méthode est bon, car si on peut ainsi alléger les fichiers pages et les manipuler plus aisément, cela ouvre également la possibilité de modifier le dessin sans pour autant avoir à intervenir sur la maquette (fonction utilisée par ailleurs par l'utilitaire GRE).

PageSetter est capable d'importer dix formats de texte : ASCII Amiga et PC, Excellence! 3.0, ProWrite 3.3.2, WordPerfect Amiga et PC, Textcraft Plus, Scribble!, KindWords et Article Editor. Si les uns présentent des carences antédiluviennes, d'autres sont bien adaptés (par exemple Excellence!, qui hormis le corps et le type de police employé est reconnu intégralement, attributs compris). L'importation de texte ProWrite n'est pas opérationnelle. Par contre, l'importation de fichier Article Editor venant de ProWrite est très bonne (même les couleurs sont reconnues), mais cela fait appel à une petite bidouille : chargez le texte avec Article Editor, puis ensuite importez-le sur PageSetter. En importation directe, vous risquez d'y perdre vos caractères accentués.

Au chargement d'un texte, si le format n'est pas reconnu automatiquement, PageSetter vous propose le choix du filtre d'importation. Le fichier est placé dans le presse-papiers de PageSetter. Pour l'insérer dans un bloc, il faut invoquer la commande coller ou "Paste". Pratique, cette méthode n'oblige pas à placer le texte dans le bloc présentement sélectionné. Il est regrettable cependant qu'au lieu de nous mettre des formats aussi géniaux que Textcraft Moins ou MiochWords, Gold Disk n'ait pas assimilé les formats Wordworth ou Final Copy.

Mise en forme générale

PageSetter est incapable de créer des pages de maquette, donc de faire une distinction automatique entre les pages paires et impaires. Une autre tare rédhibitoire réside dans l'impossibilité de lui coller une numérotation automatique. Pour les documents longs, l'option PageSetter est donc exclue. On traite uniquement à la page. Il est toujours permis d'inclure des pages que l'on a préalablement sauvegardées.

Ces limitations cependant montrent à quel point ce logiciel tient à se cantonner dans de tous petits travaux de mise en page. D'ailleurs, le format de page est limité à 43x43 cm. L'autocolonnage est néanmoins permise avec fixation automatique de la gouttière. Le réglage des couleurs est plus étendu. On peut sauver les palettes créées. L'étalonnage peut se faire en valeur RGB sur 4 bits, ou CMYK en pourcentage. Les couleurs Pantone ne sont pas gérées.

Hormis en mode texte, le déplacement sur la page, quand celle-ci est en zoom 100 ou 200%, peut se faire par les touches curseurs ou par l'icône page qui représente la portion visible de la page sur l'écran. Le zoom, quant à lui, peut être obtenu par menu, par combinaison de touches (pavé numérique et touche Amiga Droite), ou par cyclage avec une icône loupe. A part les pourcentages prédéfinis, il est impossible de zoomer à rapport discrétionnaire.

Le mode "Wire Frame" permet un affichage rapide des formes en cachant couleur, tramage ou épaisseur de trait. Le mode "Quick Move" remplace les blocs et leur contenu par un rectangle sans teint. Un réglage de tramage peut être fait en fonction du type d'affichage et de moniteur sélectionné. La simulation de l'affichage texte est possible. Trois icônes, couper-coller-copier, permettent d'effectuer rapidement ces trois opérations. Bien pratiques, il est dommageable que ces fonctions n'apparaissent pas dans Pro Page.

Côté aspect, PageSetter a un fond vert cru assez plaisant, et des boutons stylisés du plus belle effet 3D. C'est cependant plus carré que les autres productions de Gold Disk. Peut-être est-ce fait pour bien marquer la différence !

L'impression en question

Une icône permet d'accéder directement au module d'impression sans passer par le menu. Mais là, il y a un gag : c'est la requête d'impression PostScript qui apparaît. Et c'est là que le bât blesse. C'est bien d'offrir à tous une impression PostScript, mais il faut cependant qu'une certaine logique soit respectée. D'abord, cet accès rapide devrait conduire nécessairement à l'impression matricielle. Pourquoi ? Parce que l'utilisateur potentiel (à 99% des cas) ne possède pas une sortie laser. En effet, quand on achète un logiciel à moins de 700 FF, avec des capacités réduites, notamment en matière de PostScript, on a plus l'usage des imprimantes référencées dans Préférences.

PageSetter 3

Il semble d'ailleurs que sur l'impression PostScript un certain flou demeure. La séparation des couleurs est impossible. On peut régler l'angle de trame et la densité de lignes par pouce pour le noir, mais on ne peut jouer sur les niveaux de gris. On peut faire une impression fichier mais, par contre, il est exclu d'apposer des hirondelles, des traits de coupe, ou encore de scinder la page en recouvrement. Heureusement, la mise à l'échelle est possible (ce n'est pas dur en PostScript), ainsi que le dimensionnement du média de sortie.

Alors à quoi sert cette débauche de couleur que j'ai pu mettre en doute plus haut. Rassurez-vous, la sortie PostScript couleur existe : il faut cependant avoir sous la main une imprimante PostScript couleur. Rare, très coûteuse, on en arrive donc à conclure que cette possibilité est quasiment obturée. Original quand même d'avoir cette option sur ce logiciel d'entrée de gamme.

Quant aux polices, des problèmes plus ou moins insolubles ont émergé. Évitez les Compugraphies pour une impression PostScript. La Times par exemple passe en mode "courrier" pour les styles gras et italique. Cela tient au fait que PageSetter est incapable de donner le bon nom pour une police équivalente résidante sur le RIP cible. Il reste la possibilité de télécharger la police avec le fichier d'impression. Là encore, c'est aléatoire car il faut le fichier PS correspondant à chaque style, et pour chaque police le fichier PostScript va grossir de 80 à 100 ko. Insupportable. De plus, l'absence d'un seul fichier vous fait assister à la mutation en type "courrier" (avec le désagrément notamment des différences d'approche). Utilisez plutôt pour cela les polices bitmaps, qui semblent plus promptes à s'exporter (à condition de rester dans les standards classiques tels que Times, Helvetica, ou Avant-Garde).

L'impression matricielle est plus satisfaisante. Nonobstant une lenteur désespérante, la qualité est au rendez-vous. Si comme moi vous utilisez un gestionnaire d'imprimante évolué, les résultats sont très bons. Citizen Print Manager ne m'a pas posé de problèmes. J'ai pu remarquer cependant que les fichiers Pro Draw subissaient quelques pertes (rognage de courbes par exemple) aléatoires, alors que cela ne se passait pas en PostScript. Deux erreurs différentes ont pu être observées sur un bloc identique mais imprimé successivement sur une 24 aiguilles et sur une Deskjet. Ce n'est pas très grave. Évitez les polices bitmaps par contre : les escaliers c'est du plus mauvais goût. Utilisez les Compugraphic qui sont d'une qualité irréprochable, notamment en ce qui concerne la finesse et la clarté.

Une histoire de caractère

PageSetter reconnaît les polices du tiroir "Fonts:" ainsi que son propre jeu composé exclusivement de Compugraphic. Ces dernières placées dans un tiroir spécial, "CGFonts:", sont constituées de trois fichiers, et doivent être rajoutées à la liste des polices disponibles à chaque implantation nouvelle par l'utilitaire CGUpdate (livré). Il n'est plus nécessaire de leur allouer une place mémoire ainsi qu'un espace de travail comme dans les versions ultérieures du logiciel. Cela se fait de façon transparente (attention cependant à ne pas trop en charger).

Une bibliothèque spéciale est placée dans le tiroir "Libs:" afin d'en gérer l'utilisation. L'affichage écran est très rapide, et la qualité du rendu est tout simplement parfaite. Le problème essentiel rencontré avec ces polices est leur mise en place et leur "stabilisation". En effet, il arrive que bien que toujours présente dans la liste des polices de PageSetter, elles soient représentées par une infâme bouillie à l'écran. L'installation d'une nouvelle police, ou encore l'utilisation par un autre logiciel de ce tiroir semble être des causes efficientes. Le phénomène est assez rare, mais il m'est arrivé quelques blagues dont la réparation a été longue et douloureuse. Ajoutez à cela les surprises développées plus haut au cours d'impressions PostScript, et vous pourrez déduire que les polices Compugraphic sont à manipuler avec précaution, et à réserver à une utilisation matricielle.

Enfin, PageSetter n'est livré qu'avec une seule police CG: la Times. Classique, mais Gold Disk aurait pu fournir au moins la Triumvirate, voire quelques modèles Zapf, qui à l'occasion rendent des services inestimables. Le prix du paquetage justifie peut-être cet apport bien modeste. Il vous reste toutefois les polices CG du domaine public (par exemple sur CAM 689 et 690), ou encore à traduire les polices Adobe Type 1 avec l'utilitaire Font Manager.

Les extensions

Sur les trois disquettes composant le paquetage PageSetter, on ne trouve pas uniquement le programme de PAO, mais également quelques utilitaires épars et variés. Certains sont liés à la manipulation des polices. Font Manager permet de traduire les Adobe Type 1 en CG Font. A l'interface avenante, il offre une AppIcon en 2.0 et plus. Son emploi est simple : on trouve la police Adobe (terminée généralement par ".PFB") accompagnée par son fichier "metric" (".AFM"), on clique sur l'icône, et l'Amiga fait le reste. Cet utilitaire est d'une lenteur désespérante (entre 15 et 20 minutes pour une police). Toutes polices Adobe ne sont pas bonnes à lui donner : il en refuse certaines, il en traduit d'autres mais les caractères y perdent quelques courbes de Bézier. Malgré ces quelques soucis, il arrive à en transcrire, ce qui ne manquera pas de vous permettre d'augmenter sensiblement votre collection de CG (les polices Adobe Type 1 ne manquent pas, et sont légions dans le domaine public, CAM 630, 641, 674, 689, et 696 par exemple).

PageSetter 3

Plus ancien est l'utilitaire CreateFont permettant de transformer une CG en police bitmap Amiga, en police spécifique pour Pro Draw ou en police PostScript pure. Comme vu précédemment, toutes les polices ne se transcrivent pas correctement.

Enfin, FAISLoad, quasiment indocumenté, semble permettre de récupérer les Adobe Type 1 pour les muter en CGFonts. Il ne m'a pas été possible de le mettre en oeuvre, car l'utilisation exacte m'est à ce jour inconnue.

Le quatrième larron est le remarquable Article Editor, qui est un éditeur de texte irréprochable. Quand on est sous PageSetter en mode entrée de texte, on peut y accéder directement. Article Editor prend temporairement la main, et on peut alors de manière rapide et efficace compléter, corriger (un dictionnaire est incorporé) ou modifier le texte. En fin de cession on demande à l'éditeur de renvoyer le texte à son expéditeur. PageSetter reprend ses droits, et la nouvelle mouture du texte remplace l'ancienne. L'éditeur est également accessible indépendamment. C'est un outil essentiel, qui apporte une puissance et une efficacité très substantielle à PageSetter. En effet, on peut grâce à lui incorporer sous forme de code toutes les données liées à la mise en forme du texte. Bien que PageSetter reconnaisse moins de codes que Pro Page, ce lien dynamique entre l'éditeur de texte rapide et l'atelier de mise en page est tout bonnement parfait.

Article Editor est un très bon logiciel, je dirais même plus un outil parfait qui apporte toutes les conditions pour établir une édition évoluée de texte. Sa présence est sans l'ombre d'un doute un plus nécessaire, et Gold Disk l'a bien compris.

Le dernier pilier de cet ensemble d'outils est le GRE ou Graphics Editor. Sorte de Deluxe Paint miniature, il permet de dessiner ou de modifier un dessin directement depuis PageSetter par un lien dynamique. Gold Disk a encore ici fait preuve de génie, car avec cet outil PageSetter offre un environnement complet. Cela ne doit cependant pas masquer la piètre prestation qu'offre GRE. En effet, il est limité aux images 32 couleurs et ne dépassant pas les standards habituellement admis (basse et haute résolution, entrelacé, NTSC ou PAL). Les outils présentés sous forme d'icônes sont un minimum syndical. Formes primitives et brosses sont bien reconnues, ainsi que la rotation ou la symétrie de bloc. On peut inclure du texte. Malgré tout, l'ensemble s'apparente à un mélange d'ancien 1.3 sorti d'outre-tombe et de 2.0 mal dégrossi.

PageSetter 3

Son atout maître est sans conteste son lien affectif qui l'unit à PageSetter. Le concept est bon, mais il conviendra à l'avenir dans les versions ultérieures d'apporter une nouvelle mouture musclée de GRE.

Notons enfin que Gold Disk offre en bonus une bibliothèque de clips Pro Draw (près de 120) et l'utilitaire ClipMap pour les convertir en image IFF. Sympa, car les dessins du style cartoon sont bien faits, et les sujets traités sont très éclectiques (voitures, bateaux, panneaux, cartes ou encore ustensiles de cuisine).

Quelques mots pour la route

Pour un professionnel de la PAO, PageSetter manque de tout ou presque. Il ignore les feuilles de style ou de paragraphe, les rotations d'objet, les spécificités PostScript, les pages de maquette, la numérotation automatique, les fichiers EPS et EPSE, l'habillage irrégulier des blocs graphiques, les macros, l'échelle horizontale et le crénage des polices, les repères de règle, les couleurs Pantone, et encore bien d'autres choses.

Pour un connaisseur de l'Amiga, il dénie complètement la mode actuelle à implanter ARexx. A part avec Article Editor et GRE, il est incapable de faire des échanges avec l'extérieur, ou encore de se voir implanter des fonctions supplémentaires par l'adjonction de programmes ARexx (comme pour Pro Page et Pro Draw). Il est incapable de gérer plus d'un document à la fois. Et plus dramatique : il ne sait pas faire le café le matin.

Malgré toutes ces lacunes, PageSetter est un bon outil de PAO, qui est sans un seul scrupule à conseiller au débutant en PAO (il est très formateur dans ses principes) ou au pratiquant occasionnel de la maquette en roue libre. Il se place comme l'outil de ceux qui n'ont ni les moyens financiers, ni la foi de gaspiller quelques milliers de francs pour un logiciel utilisé occasionnellement, ni dans l'idée à court ou moyen terme de mettre en page un journal tout en couleurs de 500 pages (publicités non comprise).

On oublie trop souvent la simplicité, soeur cadette de l'efficacité. Sa pauvreté, toute relative, n'est en fait qu'un atout. La version testée, bien qu'en anglais, ne devrait pas tarder à être traduite. Il ne fait pas de doute que CIS, comme à son habitude, fera une francisation parfaite. Le manuel reste toutefois simple et un peu dépouillé. N'attendez pas d'y trouver un cours pratique de PAO.

Une plaquette couleur donne une image fidèle de tous les clips Pro Draw mis à votre disposition. L'installation se fait à l'aide du célèbre Installer de Commodore. Pas de surprise donc à attendre. Cela se fait en douceur et dans le silence. Si vous utilisez le compresseur XPK, aucun problème n'a été rencontré. Évitez seulement de placer les CGFonts dans la partition compressée, CGUpdate a des difficultés à mettre à jour les listes.

Il vous faudra posséder au minimum 1 Mo et deux lecteurs de disquette. Un disque dur et 2 Mo sont conseillés. Le prix annoncé par l'importateur est d'environ 690 FF. Si vos revenus sont plus modestes, il est toujours possible d'acquérir le très bon PageSetter 2 pour 390 FF.

Pour conclure : on peut faire des choses très bien avec un peu d'imagination, comme un petit fanzine, à l'exemple des trois marins d'Amigazette de St-Mandrier.

Nom : PageSetter 3.
Éditeur : Gold Disk.
Genre : logiciel de PAO.
Date : 1992.
Configuration minimale : 68000, OCS, 1 Mo de mémoire, deux lecteurs de disquettes ou un disque dur.
Licence : commercial.
Prix : 690 FF.


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