Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1993
(Article écrit par David Brunet - avril 2008)


1993 : les problèmes arrivent

Durant ces dernières années, la situation économique de Commodore connut des hauts et des bas. Mais l'année 1993 fit entrer l'entreprise dans une crise profonde. Plusieurs choses ont été tentées pour redresser la barre, notamment le lancement sur le marché juteux des consoles de jeux.

Poursuivre la diversification de la gamme

Commodore débuta l'année en essayant de rectifier les quelques erreurs qu'avait suscitées l'Amiga 4000. La première faute à moitié réparée fut le prix. Commodore sortit en mars une variante économique, nommée A4000/030, qui était en fait un Amiga 4000 avec carte processeur A3630 (68EC030/25 MHz sans coprocesseur arithmétique, ni MMU) et généralement vendu avec moins de mémoire Fast et un disque dur plus petit. De ce fait, son prix de 12 600 FF (2399 $) devenait plus abordable. Dans la gamme Amiga, il remplaça l'A3000 qui fut arrêté en février. L'Amiga 3000 avait cumulé depuis trois ans des ventes modestes et sa suppression sonna également le glas de sa variante A3000UX et des tentations Unix de Commodore.

L'autre erreur rectifiée concerna le SCSI-2. Commodore ne produisit cependant pas de nouvelle machine avec un contrôleur SCSI-2 en standard mais proposa une carte (l'A4091) pour pallier ce manque sur l'A4000. L'A4091 fonctionnait malheureusement très mal à cause de bogues dans le Buster 9 des Amiga 4000. La commercialisation de cette carte fut retardée de plusieurs mois et un Super Buster 11 fut mis au point afin de régler les problèmes de DMA des ports Zorro III.

A4091
L'A4091

La vague de baisses de prix continua au second trimestre avec une annonce de Commodore concernant quasiment tous ses produits Amiga (machines, écrans, cartes d'extension,...). Ainsi les Amiga 600, lancés douze mois auparavant, ne valaient plus que 1490 FF. Le prix des A1200 passa à 2990 FF et le récent A4000/030 se monnayait à 9990 FF. Tout cela afin de maintenir un certain niveau de vente.

Le 16 juillet au Science Museum de Londres, Commodore présenta l'Amiga CD32, qui était, selon ses dires, la première console 32 bits équipée d'un lecteur de CD. La console était basée sur un processeur 68EC020 à 14 MHz, avec 2 Mo de mémoire Chip, le jeu de composants AGA et une nouvelle puce (Akiko) destinée à la conversion graphique chunky/bitplan utile pour les jeu 3D. C'était en quelque sorte un Amiga 1200 sans clavier, qui devait être vendu aux réfractaires de l'informatique. L'Amiga, surtout pour ses modèles d'entrée de gamme, avait une image de "machine de jeu" : avec la CD32, Commodore entra donc de plain pied dans un secteur ludique qui lui avait valu des millions de ventes par le passé. Anecdotiquement, l'Amiga avait enfin une console de jeu, comme le souhaitait l'équipe Amiga d'origine de 1982/1983. La situation financière de Commodore avait fortement décliné depuis le début de l'année (177 millions de dollars de perte au premier trimestre) et la CD32 était le secret espoir de la firme pour renouer avec les bénéfices.

CD32 CD32
L'Amiga CD32 et son animation de démarrage

La console fut lancée en septembre en Europe et au Canada pour un prix de 2490 FF. Il s'agissait bien de la première console 32 bits avec lecteur de CD pour ces régions du monde, mais pas au niveau mondial car Fujitsu avait déjà construit une console aux spécifications semblables (la FM Towns Marty) depuis 1991 au Japon. Le marché de la console était alors dominé par Nintendo et Sega, mais ces géants japonais n'offraient que des machines 16 bits. Commodore UK se permit, lors de la campagne publicitaire de la CD32, d'afficher un énorme paneau "To be this good will take Sega ages" (pour être aussi bon, cela va prendre du temps à Sega) situé juste à côté du quartier général de Sega UK !

Par ses capacités supérieures et les moyens mis par Commodore pour la promouvoir, la CD32 pouvait concurrencer le marché. Malheureusement, à cause d'une embrouille juridique avec la société Cad Track (pour le brevet XOR, un petit bout de code permettant de déplacer un curseur à l'écran), la console ne put être vendue directement aux États-Unis. L'un des plus profitables marchés fut ainsi officiellement interdit pour la CD32.

Pour éviter de reproduire les erreurs du CDTV (notamment le peu de titres disponibles), Commodore encouragea les développeurs à sortir leurs produits sur cette console. Le développement de la CD32 fut même réalisé en collaboration avec les principaux éditeurs de jeux sur Amiga, avec une cinquantaine de machines de préproduction distribuées pour évaluation. Ce stratagème semblait avoir fonctionné : entre le lancement en septembre 1993 et le début de l'année suivante, les titres CD32 dépassèrent les sorties des autres plates-formes CD (Mega/Sega CD ou le naissant PC CD-ROM) pour le marché numéro un, celui du Royaume-Uni. De plus, sa compatibilité avec la norme CDDA en faisait un lecteur de CD efficace, potentiellement intéressant pour accroître les ventes.

Plusieurs rumeurs circulaient concernant un Amiga 1400 et une version tour de l'Amiga 4000. L'Amiga 1400 aurait été une machine entre un Amiga 1200 et un Amiga 4000 (processeur 68EC020 à 28 MHz, disque dur et mémoire Fast en standard, etc.). Mais Commodore démentit l'existence d'un tel Amiga. Par contre, l'Amiga 4000 Tower (renommé ensuite A4000T pour des raisons de droit) était bel et bien prévu. Il devait incorporer un DSP et un 68040 à 33 MHz. Et toujours d'après une rumeur, qui se révéla finalement fausse, il devait être suivi, en 1994, d'un Amiga 5000 à base d'AAA, le nouveau jeu de composants en développement et révélé il y a un an. David Pleasance, le chef de Commodore UK, indiqua dans une entrevue à Amiga Shopper, que le nouvel Amiga serait basé sur une technologie RISC et pourrait lancer Windows NT, le nouveau système d'exploitation de Microsoft. De plus amples informations furent confirmées en automne lors du salon World Of Amiga de Toronto. Lewis Eggebrecht, le chef du développement logiciel chez Commodore affirma que le jeu de composants AAA était dans sa phase de test sur des prototypes. La nouvelle machine disposerait d'un DSP 3210 d'AT&T, de bus PCI (sans toutefois abandonner le Zorro III) et d'un processeur 68060. Les versions avec processeur RISC étant prévues pour plus tard, le temps de choisir le bon processeur. Ce même Lewis Eggebrecht avait annoncé en janvier qu'un autre jeu de composants, l'AA+, était en développement pour les machines d'entrées de gamme. Ces composants étaient largement basés sur les spécifications de l'AGA mais permettaient quelques avancées comme la gestion du lecteur de disquette haute densité et une mémoire Chip extensible à 8 Mo.

Matériel : périphériques pour A1200 à l'honneur

Les nombreuses possibilités d'extension de l'A1200 ne tardèrent pas à être mises à profit par des constructeurs tiers. Tout au long de l'année, des périphériques divers arrivèrent pour améliorer cet ordinateur bon marché. On eut droit à la première carte mémoire Flash PCMCIA, la Chipak 602 SF de New Media Corporation. Elle pouvait servir de périphérique de stockage mais aussi de mémoire Fast. Malheureusement, son prix de 2990 FF (deux fois plus qu'une carte PCMCIA standard) limita son succès. Le port PCMCIA donna aussi des idées à Archos qui en fit sa spécialité. Son produit, l'AmiQuest, était le premier disque dur amovible pour Amiga (avec gestion du débranchement à chaud). Il fut suivi par l'Overdrive, un autre disque dur sur PCMCIA et plus performant d'Archos. GVP, de son côté, sortit rapidement la carte multifonction A1208, proposant de combler les faiblesses de l'A1200 : plus de mémoire, un FPU et un contrôleur SCSI-2, le tout réuni dans une seule carte. Cela fut suivi par beaucoup d'autres cartes mémoire : l'AMEM32 d'Archos, la MBX 1200z de chez Microbotics, la Blizzard 1200 de Phase 5, la DKB 1202 de DKB, la PC 1204 de Power Computing, etc. Le marché des extensions pour l'A1200 était en effervescence.

GVP poursuivit ses développements et proposa la première carte accélératrice pour Amiga 1200 : l'A1230 Turbo avec 68EC030 à 40 MHz pour un prix de base de 3790 FF. GVP avait aussi communiqué sur une version à base de 68040 mais les problèmes de dissipation de chaleur empêchèrent cette carte de voir le jour. Phase 5, BSC, M-Tec, Computer System Associates et Microbotics/Paravision fabriquèrent eux aussi des cartes accélératrices pour A1200, tous à base de 68030 : ce créneau était porteur ! Enfin, l'extension DSP de Commodore, annoncée depuis la fin de 1992, n'arriva pas non plus cette année. La cause était due au développement et au lancement de l'Amiga CD32 qui monopolisa beaucoup de ressources chez Commodore.

1230 Turbo
La 1230 Turbo de GVP

Deux autres matériels, considérés comme les meilleurs dans leur catégorie, arrivèrent au cours de l'année. Le premier de ces produits fut Emplant, une carte d'émulation Macintosh conçue par Utilities Unlimited. Ce matériel permettait de lancer le système 7.1 du Macintosh de façon plus rapide que les anciennes solutions (A-Max) et il gérait plus de choses côté Mac comme le protocole AppleTalk. Le second produit fut la Picasso II, une carte graphique RTG et modulaire créée par le constructeur allemand Village Tronic. Le très productif Great Valley Products mit sur le marché l'EGS 110/24 (pouvant accueillir 4 à 8 Mo de mémoire vidéo) pour les Amiga 2000. Cette carte graphique performante devait néanmoins se brancher sur la carte processeur G-Force, ce qui était apparemment un frein pour les utilisateurs : peu d'EGS 110/24 furent vendues. Cette erreur fut rectifiée par le constructeur qui proposa peu après l'EGS 28/24 Spectrum, une carte graphique 24 bits pour port Zorro II qui fut la première à pouvoir détecter automatiquement la présence d'un port Zorro III et en exploiter les transferts 32 bits.

Emplant Picasso II
Emplant et la Picasso II

Les capacités sonores de l'Amiga étaient animées par une puce, Paula, dont les caractéristiques n'avaient pas bougé depuis 1985. Après la venue l'année précédente de multiples cartes de bonne qualité (l'AD516 de Sunrize Industries, la Clarity 16 de Micro Deal...) MacroSystem proposa une version améliorée de sa carte Maestro Professional qui travaillait elle aussi en 48 kHz. Les petits échantillonneurs, comme le Megalosound de Microdeal, continuèrent également à entrer sur le marché.

Maestro Pro
La Maestro Pro de MacroSystem

Les produits pour la vidéo furent également d'excellente facture cette année. NewTek modifia son produit phare, le Toaster, pour l'adapter à l'Amiga 4000. Cet appareil pour montage virtuel non-linéaire était surtout présent aux États-Unis et il fut utilisé pour concevoir les effets spéciaux dans certains films hollywoodiens comme Terminator II. NewTek lança aussi le Toaster Link, un contrôleur SCSI permettant d'utiliser le Video Toaster sur Macintosh. MacroSystem fabriqua le V-Lab Y/C, un numérisateur vidéo 24 bits temps réel, alors que la firme canadienne Digital Processing Systems proposa le PAR (Personal Animation Recorder), une carte de compression/décompression vidéo. Ce superbe matériel était, à l'instar du Video Toaster, plutôt réservé aux professionnels vu son prix de plus 30 000 FF avec disque dur.

PAR
Le PAR

Si Commodore avait eu quelques déboires pour concevoir une carte SCSI-2 fonctionnelle sur Zorro III, ce ne fut pas le cas de Phase 5 qui construisit la première carte de ce genre, la Fastlane Z3, qui fonctionnait réellement sur A4000, même avec le Buster 9. De son côté, l'américain ICD confectionna la Trifecta, une carte SCSI-2/IDE pour A2000 mais aussi A500, ce fut ainsi le premier contrôleur de ce genre sur Amiga 500.

Fastlane Z3
Fastlane Z3

Enfin, dans un autre domaine, la société Vortex mit à jour sa carte d'émulation PC Golden Gate afin qu'elle puisse utiliser un processeur 486SLC à 25 MHz. Les heureux possesseurs de cette carte sur Amiga 68040 pouvaient ainsi avoir deux machines puissantes en une !

Logithèque : un support AGA mitigé

Depuis le début de l'année, quasiment tous les grands éditeurs avaient adapté leurs logiciels au nouveau standard AGA : INOVAtronics avec CanDo 2.5, Visual Media System avec Vista Pro 3 ou encore Electronic Arts avec son logiciel de dessin Deluxe Paint 4.5 AGA. Ce dernier fut d'ailleurs vendu groupé avec certains A1200 (dans le paquetage "Desktop Dynamic") à la demande de Commodore en tant qu'application graphique pouvant mettre en avant les spécificités de l'AGA.

Comme les années passées, d'autres grands logiciels de création graphique furent commercialisés, essayant de se faire une place dans un marché déjà bien saturé. Digital Creations proposa un étonnant logiciel, Brilliance, capable de surpasser Deluxe Paint par certains de ses effets (courbe de Bézier), pouvant travailler sur des images plus grandes que la mémoire Chip et gérant les animations. L'éditeur BSC sortit, lui, TruePaint, un logiciel spécialisé dans le mode HAM8. Mieux, Tecsoft commercialisa TVPaint 2.0, son logiciel de dessin 24 bits qui devint la référence sur Amiga. Avec cette version, il pouvait s'accommoder de la plupart des cartes graphiques du marché (IV24, Picasso II, Rainbow...) mais aussi, grâce aux bibliothèques EGS, pouvait enfin s'utiliser sur des Amiga ECS/AGA.

Du côté des applications 3D, les Français de Volumm continuèrent de peaufiner Volumm 4D avec sa nouvelle version 4.0. Bien qu'avec une qualité de rendu quasi photoréalisate, ce logiciel eut du mal à concurrencer les ténors internationaux du secteur. Par exemple, Real 3D 2.0 de chez RealSoft tira son épingle du jeu avec un grand nombre de nouvelles fonctions dans le modelage, l'animation et le rendu. Ce logiciel disposait maintenant de son propre langage (Real3D's Programming Language, alias RPL) et était capable de générer des fractal d'arbres ou de paysages. Adspec Programming peaufina son logiciel Aladdin 4D qui passa en version 2.3. Ce dernier fut le premier à proposer des options sophistiquées comme la création de textures, les masses gazeuses, les vagues ou la hiérarchisation. Malheureusement, son arrivée tardive sur le marché par rapport à ses concurrents limita assez nettement sa diffusion.

Vista Pro 3 Brilliance
Vista Pro 3 et Brilliance

L'arrivée de l'AGA fut aussi bien accueillie par d'autres types de logiciels comme ceux pour le multimédia (avec le programme phare dans ce domaine, Scala MM300, mais aussi le nouveau MediaLink) et de la PAO. Deux logiciels de PAO avaient d'ailleurs pris l'ascendant sur les utilisateurs : Pro Page (maintenant en version 4) et le plus en plus concurrentiel PageStream de SoftLogik. Le domaine audio vit apparaître OctaMED 5.0, un logiciel de création musicale touche à tout qui surpassait nettement Protracker, et Bars & Pipes Professional 2.0, une nouvelle version de ce séquenceur MIDI à succès. Cette nouvelle mouture incorporait Media Madness Tool Set, un outil transformant Bars & Pipes en logiciel multimédia pouvant notamment contrôler les genlocks et les magnétoscopes.

Le 25 décembre 1993 marqua l'arrivée d'AMosaic, le premier navigateur WWW pour Amiga. Le portage pour AmigaOS fut réalisé par un groupe de programmeurs autour de Michael Fischer et de Michael Meyer. AMosaic permettait ainsi de naviguer dans les documents HTML du réseau mondial. Il était également compatible avec des protocoles comme le FTP et Gopher.

AMosaic
AMosaic

Du côté des jeux, le nombre de titres commercialisés baissa nettement pour atteindre environ 400, mais cette diminution fut contrebalancée par l'arrivée de jeux freewares/sharewares toujours plus nombreux (mais hélas de faible qualité). Cette scène ludique DP fut notamment soutenue par des langages de programmation simples d'accès comme AMOS que tous les programmeurs en herbe avaient adopté. Et d'un point de vue plus général, le domaine public, déjà bien présent, devint un élément de plus en plus important sur Amiga. Par exemple, pour améliorer ou étendre les possibilités du système d'exploitation, de nombreux utilisateurs avaient recours à des programmes devenus incontournables comme Directory Opus 4, MUI ou ToolManager 2.

Les 256 couleurs de l'AGA permirent à certains jeux de se refaire une beauté comme par exemple pour Alien Breed 2 et Pinball Fantasies. Mais il fallait reconnaître que les capacités de l'AGA ne furent pas mises en valeur par une majorité des éditeurs au cours de l'année (ils préféraient miser sur le plus large marché des Amiga 500/600). Des jeux comme Zool, Soccer Kid et surtout Seek And Destroy avaient des versions ECS et AGA très, voire trop proches. A l'inverse, l'équipe allemande de Thalion sortit Lionheart, un jeu compatible OCS mais qui faisait plus penser à de l'AGA tellement ses graphismes étaient grandioses.

L'année 1993 fut, en outre, la consécration des jeux d'action/stratégie avec d'excellents titres à l'image de Dune 2, The Settlers ou Syndicate. Ils avaient également tous le point commun de ne pas utiliser l'AGA. Les jeux OCS/ECS étaient loin d'être mauvais, bien au contraire. Avec l'expérience de la machine, les développeurs maîtrisaient parfaitement les subtilités de ces puces propriétaires. Ainsi, les Bitmap Brothers et Delphine Software lancèrent respectivement Chaos Engine et Flashback, deux jeux quasiment sans défaut.

Dune 2 Chaos Engine
Dune 2 et Chaos Engine

La débâcle financière

Les bons résultats financiers des années passées et le rebond technologique engendré par les machines AGA ne suffirent pas pour maintenir Commodore à flot. En 1993, l'entreprise perdit quelque 357 millions de dollars. De nombreuses causes à cette débâcle ont été avancées : le secteur publicitaire fut peut-être mal ciblé (avec des dépenses exorbitantes dans le football, la voile et l'équitation), la baisse nette des prix sur toute la gamme (qui diminua les marges), la mauvaise gestion de la part de ses dirigeants qui restaient, en dépit des pertes, parmi les mieux payés du secteur informatique (2 millions de dollars pour Mehdi Ali, 1,75 million pour Irving Gould, sans compter les stocks options et les bonus), etc.

Commodore commença à se restructurer en vendant sa branche PC au taïwanais Acer, en liquidant les stocks (notamment des A600, qui n'étaient plus produits), en se désengageant du marché des accessoires (par exemple avec la vente de la carte SCSI A4091 à DKB), en licenciant du personnel, et en fermant des usines et certaines divisions Commodore (au Bénélux, en Suède, en Norvège, en Espagne, au Portugal,...). L'arrêt du PC a été décidé pour entrer dans une stratégie 100% Amiga. Mais cela ne fut pas une bonne nouvelle pour certaines branches comme Commodore France dont 60% de son résultat net en découlait. Certains marchés comme l'Amérique du Nord semblaient définitivement perdus, seuls persistaient des spécialistes de la vidéo et du graphisme. En juillet, la faillite fut évitée grâce à un rééchelonnement d'un prêt en décembre.

En fin d'année, la CD32 représentait l'unique chance de survie. Les ventes de Noël furent de 100 000 unités, malheureusement insuffisantes pour redresser l'entreprise. Ce chiffre aurait sans doute été plus important si Commodore n'avait pas été en manque de composants. De son côté, l'Amiga 1200 demeura une machine très désirée. Ses ventes décolèrent peu à peu (100 000 au premier semestre, un peu plus au second) mais il ne sut pas recréer le succès de l'Amiga 500 qui aurait permis de concurrencer les PC d'entrée de gamme et les consoles de jeux. Au total quelque 800 000 Amiga furent écoulés au cours de l'année fiscale 1993.


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