Obligement - L'Amiga au maximum

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Point de vue : Faut-il chasser Irving Gould ?
(Article écrit par Chistopher Potter et extrait d'Amiga News - octobre 1993)


Un programmeur professionnel, Christopher Potter, nous propose ses traductions de deux messages concernant les difficultés actuelles de Commodore, ainsi que ses propres commentaires.

Dans un premier texte diffusé sur Internet et daté du 19 juin 1993, le mouvement des actionnaires Commodore demande l'aide de tous les utilisateurs d'Amiga. D'après le texte, les actions de Commodore sont à un niveau catastrophiquement bas largement dû à un manque de leadership et à une direction désastreuse. En réponse, une association, le Commodore Shareholders Movement, a été fondée pour remplacer le Conseil d'Administration. Voici la suite (non intégrale).

Texte de juin 1993

Irving Gould En 1985, Commodore avait le potentiel... de devenir une société très importante. A la place, la direction est restée dormante avec seulement quelques actions pour générer des ventes. Maintenant, Commodore est en ruine et les actionnaires, le monde des affaires et les consommateurs ont un rôle à jouer dans la survie de Commodore. Irving Gould, le Président Directeur Général et Président du Conseil d'Administration de Commodore International représente le plus grand obstacle à la survie de Commodore. Gould a perdu la confiance de l'unique source fiable de revenus (le consommateur de base), entraînant Commodore dans les dettes et à la limite du dépôt de bilan (révélé dans le dernier bilan tri-annuel)...

Pendant ce temps, Gould s'est octroyé un salaire annuel de 1,7 million de dollars (9 millions de francs), plus les stocks options et les bonus. Les actionnaires qui avaient déjà perdu beaucoup d'argent sont sur le point de tout perdre. Commodore est aussi le seul producteur d'Amiga dans lequel beaucoup de consommateurs ont investi. Ces clients seront abandonnés et probablement amenés à acheter un produit convenant moins à leurs besoins.

Une équipe d'ingénieurs de plus haut niveau sera dissoute, de nombreuses petites sociétés perdront leur marché, et des produits à fort potentiel de réussite ne seront jamais développés.

Le changement de direction au plus haut niveau semble être la seule chance de survie de Commodore. Ceci peut être possible grâce à l'élection d'une nouvelle direction. La prochaine Assemblée Générale des actionnaires représente une chance de contrecarrer la main-mise de Gould sur la société et de le remplacer par un président dynamique. Un mouvement pour nominer et élire une nouvelle direction est en train de s'organiser. Tous les actionnaires devraient voter pour le nouveau candidat qui sera connu dans les prochains mois. Des pourparlers avec d'excellents candidats sont en cours. Une fois Gould parti, Commodore pourra entreprendre son redressement, soutenu par une direction compétente. Sans Gould, les directeurs restant seront sous contrôle.

[...] L'achat d'actions vous permettra de voter par correspondance lors de la prochaine élection ou d'assister à la prochaine Assemblée Générale (à vos frais). Pour acheter des actions, contactez votre banque. Il y aura une commission de transaction de moins de 50 dollars (300 FF). Pour accélérer le processus de vote, demandez que le certificat d'achat d'actions vous soit envoyé. Parlez-en à vos amis. Faites-vous en offrir pour votre anniversaire. Le procédé est facile et quel que soit le montant de votre investissement, cela aidera. Rappelez-vous que le risque est lié à la réussite du projet. Vous aurez au moins participé ! Étudiez les candidatures et votez !

[...] Si vous achetez des actions Commodore, envoyez-nous votre adresse soit par courrier postal soit par courrier électronique (MarCR@c-up.portal.com). Informez toutes les personnes intéressées dans les associations, écrivez des articles pour les éditoriaux. Parlez-en sur les réseaux et les radios.

[...] L'association actuelle a démarré à partir d'un groupe d'utilisateurs de Philadelphie et comprend maintenant des actionnaires de Commodore, des développeurs, des revendeurs et des utilisateurs de tout le pays. La seule chose à faire est d'acheter des actions et de nous écrire à l'adresse suivante : Commodore Shareholders Movement, P.O. Box 8296 Philadelphia, PA 19101 États-Unis.

Texte de juillet 1993

Association des actionnaires de Commodore - texte du 02/07/93. Des questions, des conseils et de l'aide ont afflué du monde entier. En réponse, cet article décrit notre passé, nos activités et nos plans pour le futur.

[...] Des tentatives similaires pour modifier la direction de CBM ont échoué dans le passé. Mais maintenant, les nouvelles lois de la Commission des Opérations en Bourse a donné aux actionnaires de nouveaux pouvoirs... Il est aussi possible d'acheter la liste des actionnaires.

Il y a 3700 actionnaires. Le dernier rapport de la Bourse de New York montre qu'Irvin Gould détient 19% des actions Commodore. Soixante-dix investisseurs institutionnels possèdent 20,6% selon le rapport Nelson de Investment Research. Avec ces nouvelles lois, les institutionnels pourront voter. Ensuite, 60,4% des actionnaires de CBM peuvent être contactés par une campagne officielle par correspondance. En conclusion, 81% des voix peuvent élire une direction indépendante. Le mandat de trois ans d'Irving Gould et d'Alexander Haig est à renouveler cette année.

[...] Nous sommes en pourparlers avec des candidats comme nouveaux directeurs... Notre stratégie immédiate est de mettre à profit les nouvelles lois de la Commision des Opérations en Bourse et de faire connaître notre association le plus possible... Dans le but d'élire une nouvelle direction, nous devrons solliciter les votes par correspondance et participer à l'Assemblée Générale. Celle-ci aura lieu en novembre et les bulletins de vote seront envoyés en septembre...

Adresse Internet : MarcR@cup.portal.com.
BBS : (215) 551-6113, 1485, 1120, 1121 (noms d'utilisateurs : Mike Levin et Marc Rifkin).
Commodore Shareholder Movement, P.O. Box 8296 Philadelphia, PA 19101.

Analyse et commentaires

En premier lieu, je tiens à préciser que je n'ai aucun lien avec l'association Commodore Shareholder Movement ni avec Commodore International Limited.

La seule raison de mes propos ici est liée à mon immense implication dans les machines Commodore depuis 1981 (avec le célèbre Commodore PET 2001 déjà révolutionnaire et les CBM série 8000). Les deux messages ci-dessus m'ont interrogé sur la façon dont Commodore avait pu en arriver là.

Retour en 1981, où Commodore commence bien dans la micro-informatique face à ses premiers rivaux, Tandy TRS-80, Apple II, IBM.

Viennent ensuite le CBM VIC-20, premier ordinateur vraiment destiné au grand public et qui était bien supérieur à son principal concurrent le, ZX-81. Là commencent les erreurs (en tout cas pour la France) car le distributeur de Commodore en France (PROCEP, société complètement indépendante de CBM International) se révèle très mauvaise et ne parvient pas à résister à l'ascension d'Apple. Heureusement en 1983, l'équipe déjà très forte d'ingénieurs de CBM International sort une machine qui par son prix et ses capacités va être un succès foudroyant tout autour de la planète : le C64. Mais la distribution reste toujours en retrait d'Apple du moins en France et Commodore International décide de retirer la distribution de ses produits à PROCEP et de créer sa propre filiale en France : Commodore France.

1985, le plus grand tournant dans l'histoire Commodore avec le rachat d'Amiga, petite société pleine de génie et ayant développé un ordinateur de nouveau révolutionnaire : l'Amiga 1000. En 1985, on pouvait comparer au salon de l'informatique SICOB, l'Amiga 1000 et le tout nouveau Macintosh d'Apple (noir & blanc, non multitâche...). Force est de constater qu'il n'y avait pas de comparaison, l'Amiga était sans rival !

Mais voilà, Commodore International a commis deux fautes qui permettront à Apple de prendre en 1993 la place qui devrait revenir à Commodore.

La première et la plus grave a été de négliger les développeurs qui ont préféré se tourner vers le Mac. Des budgets énormes auraient du être débloqués à cette époque pour encourager le développement des programmes de base tel que le traitement de texte, la base de données et le tableur. Rien de tout cela n'a été fait, laissant la machine avec uniquement des programmes de musiques, de dessin et des jeux. Ces programmes étaient d'une bonne qualité, il faut le reconnaître mais ils ciblaient un marché trop petit, ce qu'on appelle couramment une niche. L'Amiga commença alors à prendre une voie marginale, uniquement portée par des clients fanatiques et des capacités technologiques inégalables.

Dans les années 1985-1990, la micro-informatique explose littéralement tant à la maison que dans l'entreprise. L'entreprise qui, intéressée principalement par la partie bureautique d'un ordinateur, se tournera vers les PC et le Mac qui ont su capter les développeurs. A la maison, les ordinateurs sont plus tournés vers le divertissement et la créativité que vers la bureautique. Ceci permettra à l'Amiga d'entrer dans un certain nombre de foyers bien que beaucoup désirant aussi utiliser l'ordinateur familial de façon sérieuse, se tourneront vers le Macintosh. Commence alors l'ère de l'Amiga console de jeux, le micro-ordinateur à la pointe de l'informatique se retrouvant en guise de meilleur accessoire, la manette.

La deuxième erreur a été de ne pas avoir (ou presque) de marketing. Chacun sait qu'avec un bon marketing on peut vendre n'importe quoi ou presque. Dans le cas de Commodore, cela était encore plus facile car il avait un excellent produit. Mais rien n'a été fait ni en termes de marketing, ni en termes de mécénat (sauf ces dernières années en Europe, par exemple le football, la voile et l'équitation) (Note de Bruce Lepper : surtout au nom de Commodore, et non pas du produit Amiga). Pire, la plus importante cible, les écoles et universités ont été complètement négligées malgré l'Amiga 3000UX tout particulièrement adapté et une très bonne critique dans le magazine informatique de référence Byte. Pendant ce temps, Apple, IBM et Compaq affichaient des campagnes publicitaires mémorables.

Là aussi, Commodore sera sorti de ce mauvais pas par deux nouveaux ordinateurs à succès : l'Amiga 500 (moins cher que l'A1000) et l'Amiga 2000 (plus ouvert). Succès, rappelons-le encore une fois, dû uniquement au rapport qualité-prix incroyable de ces machines et au bouche à oreille. Mais l'Amiga 500, permettant au plus grand public d'accéder à la micro-informatique renforca l'image ludique de l'ordinateur sans être contre-balancé par un soutien du secteur professionnel et bureautique. Les PC et les Mac continueront à prendre des parts de marché en bureautique, l'Atari en musique.

Ensuite, vinrent deux échecs cuisants, l'A3000 et le CDTV, dûs pour le premier au manque de notoriété dans le domaine professionnel et pour le second à la répétition des deux erreurs de 1985. Pour le CDTV, Commodore avait un an d'avance sur son concurrent, le Philips CD-i, et n'entreprit aucune campagne publicitaire (incroyable pour un produit très grand public !) ni d'encouragement au développement localisé (c'est-à-dire traduit en langue nationale). De plus, à cette époque, la convivialité arriva enfin chez les PC avec Windows ainsi qu'une amélioration notable des capacités graphiques (VGA et SVGA) et sonores. L'Amiga perdit son trône d'ordinateur graphique par excellence. Ce fut le début des années noires même si le système d'exploitation MS-DOS est d'une médiocrité sans égale et que IBM accumule, lui aussi, erreur sur erreur (bide de l'OS/2, chute des ventes mainframes...). Apple sort quant à lui un système enfin multitâche, le système 7.

Arrive 1992, où Commodore lance ses deux derniers jokers : l'Amiga 4000 et l'Amiga 1200. Les deux machines sont techniquement bonnes (voire très bonnes) malgré quelques mauvais choix :
  • A4000/40 : prix trop élevé (devrait être à 12 000 FF), interface IDE.
  • A4000/30 : pas de MMU (très important pour les développeurs ainsi que pour les émulateurs type Emplant), pas de coprocesseur arithmétique.
  • A1200 : pas d'horloge interne !
Pour tous, des modes graphiques encore entrelacés en 800x600 et surtout un très mauvais choix des fréquences de balayage horizontal rendant le nombre de moniteurs multisynchros compatibles très réduit. Pourquoi ne pas avoir choisi presque tous les modes graphiques supérieurs à 31 kHz, et juste garder deux modes à 15 kHz (PAL et NTSC) pour la compatibilité vidéo ? Mystère.

Maintenant, le futur. Commodore a encore (et pour très peu de temps) toutes ses chances pour redresser la barre. Le passage au chapitre 11 a été évité au mois de juillet 1993 par le rééchelonnement d'un prêt de 200 millions de francs en décembre. Voyons les directions qui me paraissent importantes.
  • Évincer Irvin Gould de la Présidence de Commodore International, trop de temps lui ayant été laissé avec si peu de résultats.

  • Corriger les petites erreurs technologiques en sortant un désentrelaceur, un contrôleur SCSI-2 de série pour le 4000/40 et éventuellement un DSP. Développer le plus rapidement possible le ReTargable Graphics (RTG) pour aider les développeurs ainsi qu'une carte MPEG. Quant à moi, mon voeu le plus cher, serait d'avoir X Window émulé sous Intuition. Cela me permettrait de développer pour les deux plates-formes d'un coup.

  • Pousser au maximum l'Amiga dans la vidéo et le multimédia ainsi que reconquérir le terrain laissé par le quasi défunt Atari. La vidéo familiale va continuer à exploser, il est temps d'en profiter avant que Mac et PC se mettent dans cette niche.

  • Supporter tous les produits phares comme le Video Toaster, Real 3D Pro, Art Department Pro... et faire porter Word et Excel.

  • Réattaquer les marchés de l'éducation avec des configurations comprenant Maple V (excellent logiciel scientifique), DynaCADD, AmigaTeX et si possible Unix et X Window/Motif.

  • Rétablir la confiance des actionnaires en versant un dividende, ce qui n'a jamais été fait de son histoire !

  • Enfin, préparer la nouvelle famille d'Amiga à processeur RISC, la technologie CISC semblant ne plus pouvoir beaucoup évoluer sauf par le parallélisme.
De ces choix dépendront la survie de Commodore à long terme, Le plus sage étant de se ranger du côté du consortium IBM/Apple/Motorola avec le processeur PowerPC (car le DEC Alpha et le Pentium semblent décevants). Du côté OS, garder et améliorer AmigaOS, suivre l'impact de Windows NT et développer à toute vitesse un 4000/40 sous Unix-Motif, seul gage de professionnalisme. Quant à la nouvelle console CD32, il me semble impératif de ne pas lui associer le nom d'Amiga car cela mettrait définitivement toute la gamme au rang de console de jeux.

Notons, en dernier lieu que tous les constructeurs informatiques vont mal. IBM est au bord de l'implosion, n'ayant pas prévu la fin des mainframes, ratant la commercialisation de l'OS/2, lançant trop tard la station de travail RS/6000 et n'arrivant pas à gagner la guerre des prix face à la concurrence taïwanaise. De plus, IBM est maintenant pied et poing liés à Microsoft pour MS-DOS et Windows. Quant à la société Apple, elle enregistre les premières pertes de son histoire, malgré une croissance des ventes de 20%. Mais pour la plupart (sauf IBM), ces problèmes sont conjoncturaux alors que pour Commodore, ils sont structuraux. Travaillant du supercalculateur à la station de travail, je demeure persuadé que l'Amiga est un ordinateur technologiquement excellent et ayant de l'avenir...


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