Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1991
(Article écrit par David Brunet - avril 2008)


1991 : l'A500 au sommet de sa gloire

Les ventes d'Amiga étaient largement tirées par l'A500 et une révision de ce modèle d'entrée de gamme fut opérée. Commodore misa également sur son nouveau produit, le CDTV, pour étendre sa gamme.

CDTV : un premier pas dans le monde du CD grand public

Le multimédia était vu depuis plus d'un an comme un marché à fort potentiel. Après une timide incursion l'année précédente avec la Station Multimedia (à base d'A3000 et destinée aux professionnels), Commodore se lança plus massivement dans ce domaine avec le CDTV (Commodore Dynamic Total Vision), cette fois-ci pour les particuliers. Il entra ainsi en concurrence avec le CD-i de Philips. Le constructeur américain, qui avait présenté plusieurs fois sa nouvelle machine en 1990, la sortit commercialement en mars 1991 pour un prix de 6000 FF. Promu comme le premier système de divertissement CD grand public, le CDTV était basé sur l'architecture d'un A500, avec le Kickstart 1.3, un Mo de mémoire Chip, un lecteur CD et une télécommande. L'équipe conceptrice de cette machine était composée de Carl Sassenrath, Jim Sachs, Will Ware, Leo Schwab et Reichart Von Wolfsheild. Le groupe de rock britannique Pink Floyd fut même mis à contribution pour certaines musiques des CD de démonstration et pour l'une des premières publicités du CDTV.

CDTV
Le CDTV

L'utilisation du CD était cependant limitée et peu de fabricants avaient osé construire des machines avec un lecteur de CD en standard. Mais ce nouveau support s'annonçait révolutionnaire. En effet, il était doté d'une capacité de stockage de 650 Mo soit 800 fois plus qu'une disquette double densité Amiga. Cela en faisait un atout précieux pour les programmes éducatifs gourmands en textes, images et sons. Le CDTV intégrait également une fonction pour permettre la lecture de CD audio.

D'un point de vue commercial, Commodore demanda que le CDTV soit placé à plus de cinq mètres du rayon informatique dans les magasins. Aucune mention "Amiga" n'était inscrite sur le boîtier. Ce choix était motivé pour dénoter la nouveauté que symbolisait le CDTV : Commodore ne voulait pas qu'on le considère comme un simple ordinateur. La version de base du CDTV fut même vendue sans clavier, souris et lecteur de disquette (ces périphériques étaient achetables séparément pour quelque 2000 FF supplémentaires). Cela contribua malheureusement à embrouiller les éventuels acheteurs, qui se demandaient s'ils étaient en face d'un ordinateur ou d'un simple (et très cher) lecteur de CD.

Quelques mois avant le lancement du CDTV, une centaine de titres avaient été annoncés. Mais en fin de compte, à peine un quart des annonces furent matérialisées. Les développeurs attendaient les chiffres de ventes avant de se lancer. On vit ainsi apparaître de simples adaptations de jeux déjà existants sur Amiga (Turrican, Wrath Of The Demon...), sans amélioration notable. Le potentiel du CD ne fut quasiment jamais mis à profit. Au final, la première année du CDTV fut décevante au niveau des ventes.

Mettre à jour les fers de lance

Commodore lança en fin d'année une mise à jour de l'A500, le modèle le plus vendu de la gamme. Ce nouveau fleuron de l'entrée de gamme se nomma Amiga 500 Plus (ou Amiga 500+). Il reprenait exactement l'aspect de son prédécesseur mais disposait d'une carte mère un peu redessinée, ce qui en faisait un ordinateur légèrement moins cher (3490 FF, voire encore moins chez certains revendeurs). Les améliorations techniques comprenaient une mise à niveau des composants (ECS au lieu d'OCS), du Kickstart (2.04 au lieu de 1.3), une mémoire étendue à 1 Mo en standard (extensible à 2 Mo) et une horloge sauvegardée par pile.

A500+
L'A500 Plus

L'Amiga 500+ arriva pour généraliser l'utilisation du jeu des composants ECS et du Kickstart 2.x, deux éléments déjà présents dans le modèle haut gamme A3000. Certains premiers A500 Plus ne furent cependant équipés qu'avec l'OCS et 512 ko de mémoire et on trouva même des cartes mères d'A500 Plus avec un boîtier d'A500 et le Kickstart 1.3 (peut-être était-ce pour écouler certains stocks de vieux composants). La cible de cette machine restait les joueurs et la présence d'un Mo en standard était une première réponse de Commodore aux développeurs qui pestaient contre cette limitation mémoire. Une grande partie des utilisateurs avaient "gonflé" leur A500 à 1 Mo et l'A500+ représentait une solution, assez bon marché, pour avoir un Amiga déjà équipé d'un Mo. Les ventes d'A500+ furent modestes durant les fêtes de fin d'année, en deçà des scores des années passées avec l'A500. Cela était dû au fait qu'il ne fut jamais officiellement distribué aux États-Unis, qu'il ne présentait pas vraiment de grandes avancées techniques, et que son Kickstart 2.04 présentait quelques soucis de compatibilité avec certaines vielles applications.

Ces incompatibilités déçurent certains utilisateurs et on commença à voir la multiplication d'un nouveau type de matériel : les changeurs de Kickstart. A l'instar du MultiStart 2 de DKB, ils permettaient d'utiliser plus d'une version de Kickstart dans une même machine.

Dans la catégorie haut de gamme, l'Amiga 2000 fut lui aussi mis à jour avec le jeu de composants ECS et le Kickstart 2.04. Cette nouvelle révision lui valut, par la suite, le surnom officieux d'A2000-C. Mais la véritable nouveauté vint de l'Amiga 3000T (dont le prototype se nommait "A3500") qui fut lancé en octobre. Ce nouveau modèle se distinguait par une grande carte mère, composée de quasiment tous les attributs de l'Amiga 3000, logée dans un boîtier tour. L'A3000T intégrait notamment le Kickstart 2.04 et cinq ports Zorro III. Son processeur était toujours le 68030 à 25 MHz, mais il fut mis à niveau, un an plus tard, avec un 68040 à 25 MHz sur carte fille A3640. Son boîtier tour spacieux permit, entre autres, d'y installer le Video Toaster sans risque de surchauffe (chose qui était fréquente avec le petit boîtier d'origine de l'A3000). Et comme son grand frère, l'A3000T était destiné au monde professionnel avec une gamme de prix très élevée : 4498 $ (24 600 FF) pour la version avec un disque dur de 100 Mo et 4998 $ (27 300 FF) pour la variante avec 200 Mo. La direction de Commodore l'annonçait même comme une "station de travail multimédia".

A3000T
L'A3000T

Les tentations du monde Unix

Afin de renforcer sa faible position sur le marché Unix, Commodore annonça en été 1990 le portage de SVR4 sur l'A3000 (qui allait ainsi devenir l'A3000UX, le grand frère du déjà présent A2500UX). La sortie officielle de cet Amiga Unix, qui déjà présent chez certains développeurs et dans quelques universités en fin d'année 1990, semblait traîner des pieds. Ceci avait pour cause AT&T qui tarda à déclarer son System V Release 4.1 (SVR4) prêt. L'A3000UX arriva finalement qu'en janvier 1991 pour le grand public. Le portage pour Amiga s'appelait "Commodore Amiga Unix" car Commodore avait négocié avec AT&T le droit d'utiliser ce nom, mais les utilisateurs continuaient de l'appeler "Amix" comme pour les anciennes versions Amiga du System V. Commodore fut aidé par la société UniSoft pour réaliser ce portage sur Amiga.

Les machines ainsi vendues étaient nommées Amiga 3000UX mais elles étaient identiques à l'Amiga 3000 avec quelques périphériques supplémentaires. Elles furent livrées avec un lecteur de bande magnétique (l'A3070), car Amix pesait le coquet poids de 150 Mo de données compressées et il était donc inconcevable à stocker sur disquettes. Le paquetage comprenait également une souris à trois boutons, une carte Ethernet (l'A2065) et une carte graphique (l'A2410). Amix avait une caractéristique assez insolite : le déplacement des fenêtres était géré de façon matérielle, sans l'utilisation du processeur. Bien que destiné à Unix, l'Amiga 3000UX pouvait tout à fait lancer le système Amiga. Le bouton droit de la souris permettait d'ailleurs de démarrer sur le Kickstart. Cette version de SVR4 fut également disponible pour l'autre machine Unix de Commodore, l'A2500UX.

Contrairement aux versions d'Unix pour les machines d'Apple, Amiga Unix n'avait pas de couche de compatibilité pour permettre aux applications Amiga de tourner sous Unix. Le portage de System V Release 4 fut considéré comme l'un des mieux réussis. Mais avec peu d'applications Unix pouvant profiter des capacités multimédias de l'Amiga 3000, la tentative de Commodore de percer dans le monde Unix se solda par un échec. Ce marché était déjà hautement compétitif avec des solutions plus puissantes ou moins chères (A/UX, NeXTstation, Indigo, DECstation...).

A3000UX
L'A3000UX

Peu avant la sortie officielle d'Amix, une autre variante d'Unix fit aussi son apparition : Minix. Ce clone payant d'Unix fut l'oeuvre d'Andrew Tanenbaum en 1987. La version 1.5 fut portée sur Amiga par Raymond Michiels, Steven Reiz et Johan W. Stevenson et publiée par Prentice-Hall en début d'année 1991. Minix 1.5 était le seul Unix à pouvoir fonctionner sur un Amiga avec seulement 1 Mo de mémoire.

L'instable direction de Commodore

Le portage du System V Release 4.1 (SVR4) sur Amiga 3000UX, effectué en début d'année, avait interpellé Sun Microsystems. Ce géant des serveurs essaya d'obtenir une licence OEM pour produire des A3000UX comme poste de travail Unix d'entrée de gamme. Malheureusement, Mehdi Ali et la direction de Commodore firent capoter l'offre en demandant un prix de licence trop important. La construction d'A3000UX par Sun aurait sans doute dopé les ventes d'Amiga et ouvert les portes du marché Unix.

Epson contacta également Commodore pour demander le droit de commercialiser les Amiga au Japon. Le marché nippon était alors dominé par les machines Nec et les PC. L'Amiga était assez peu présent (environ 10 000 machines vendues) et une distribution par Epson aurait très certainement amélioré les choses. Mais cet accord fut refus, une nouvelle fois, par Mehdi Ali.

Fin 1990, Irving Gould et les actionnaires de Commodore avaient virés six dirigeants malgré des résultats loin d'être catastrophiques. La valse des têtes dirigeantes se poursuivit début 1991 avec la mutation de Harold Copperman, président de la branche étasunienne de Commodore (CBM). Il fut muté au poste de vice-président de Commodore International et remplacé par James Dionne, l'ancien directeur de Commodore Canada. Dionne arrêta la fabrication d'Amiga en Europe et aux États-Unis, et transféra les usines à Hong-Kong. L'image de Commodore était alors celle d'une entreprise instable et n'ayant pas de ligne stratégique. Pire, cette nomination vint avec l'annonce d'une réduction de 10 à 15% de la main d'oeuvre à West Chester. Les ingénieurs disposaient de moins en moins de ressources alors que les salaires de Mehdi Ali et Irving Gould étaient chiffrés en millions de dollars.

James Dionne
James Dionne

Malgré ces déboires, les ingénieurs continuaient tant bien que mal à travailler. Deux jeux de composants étaient en développement, le puissant et complexe AAA, dont les bases furent jetées dès 1988, et Pandora, plus tard nommé "AA" (Advanced Amiga). Ce dernier se devait d'être une variante simplifiée de l'ambitieux AAA, plus facile à concevoir, et qui devait entrer sur le marché en attendant la finalisation de l'AAA. Il y avait aussi trois nouveaux modèles en préparation : A3000+, A1000+ et A300. L'A3000+ mettait l'accent sur deux grosses évolutions techniques : Pandora, avec ces nouvelles puces graphiques, et un DSP (Digital Signal Processor). L'objectif était de proposer un modèle haut de gamme plus puissant avec des circuits graphiques permettant d'afficher encore plus de couleurs, et un DSP qui musclerait le domaine sonore de l'Amiga.

Un Amiga portable ?

Quelques rares tentatives d'Amiga portable furent entreprises les années précédentes comme le SX Amiga et le Journey Man. En 1991, une société américaine méconnue, Newer Technologies, annonça l'arrivée de son Model 10, une machine portable et compatible Amiga. Cet ordinateur, grand comme une feuille de papier A4 (297x211x51 mm), était basé sur un processeur 68000 à 7,16 MHz avec 2 Mo de mémoire, un lecteur de disquette et un écran à cristaux liquides monochrome. Une démonstration aurait dû avoir lieu lors du salon World Of Commodore Show (14-17 novembre 1991) mais cela ne pu se faire. On appris plus tard que Newer Technologies avait interdit à Commodore l'accès à cette conception portable. En retour, Commodore refusa de vendre une licence pour les puces et les ROM Amiga, ce qui mit un point d'arrêt à ce projet pourtant attendu de beaucoup.

Workbench/Kickstart 2.04

Depuis sa sortie l'année précédente, l'équipe de développement du Workbench/Kickstart 2 ne cessa de travailler sur le système. Malgré une faible incrémentation du numéro de version, la mise à jour 2.04 fut importante, notamment pour la stabilité et la compatibilité avec d'anciennes applications. Elle fut disponible sur quatre disquettes (la version pour A3000 en avait une supplémentaire, le Kickstart) pour les nouveaux A500+ et A3000T mais aussi pour les modèles plus anciens, via le Kit ROM 2.0, comme l'A2000, l'A3000, l'A500 et même le CDTV. Une chose intéressante fut l'amélioration du menu de démarrage lors du maintien des deux boutons de la souris à l'amorce de la machine. Grâce à lui, on pouvait sélectionner le périphérique d'amorce et désactiver d'autres périphériques. Une grande partie des fichiers du système fut revue et corrigée, ce qui faisait du Workbench/Kickstart 2.04 un système très robuste.

Workbench/Kickstart 2.04
Workbench/Kickstart 2.04

Matériel : les joies du 68040

Le marché n'avait pas perdu son désir de voir naître des machines toujours plus puissantes. Ainsi, les premières cartes accélératrices à base de 68040 débarquèrent sur Amiga. Les premiers à se lancer dans cette production furent le constructeur canadien RCS Management (avec la Fusion Forty pour Amiga 2000, qui pouvait tourner jusqu'à 35 MHz) et le fabricant américain Progressive Peripherals & Software (avec la Mercury et les 2000/040 et 3000/040). Ces cartes permettaient de multiplier par trois la vitesse d'un Amiga à base de 68030, mais à un prix exorbitant de 3600 $ (20 000 FF). Computer System Associates réalisa également une belle carte, nommée 40/4 Magnum, dotée d'un contrôleur SCSI-2 et d'une EPROM programmable. Le flot de cartes à base de 68030 continuait d'alimenter le marché comme les Apollo 2030 Turbo d'ACT Elektronik, les A3001 Series II et Impact A2000-030 Combo de Great Valley Products, ou encore les Big Bang/Super Big Bang de Hardital, un constructeur italien qui se spécialisa dans les cartes mémoire et accélératrices.

Mercury
La Mercury 040 de Progressive Peripherals & Software

Fusion Forty
La Fusion Forty de RCS Management

Du côté de l'émulation, Commodore proposa sa carte d'émulation A2386SX permettant d'ajouter un processeur 80386 sur les Amiga dotés de port Zorro II. Cette carte était très complète mais malheureusement un peu chère et surtout moins rapide qu'un PC avec le même processeur. Le fabricant allemand Vortex sortit, lui, l'ATonce Plus, une version améliorée de sa carte sortie en 1990 et pourvue de caractéristiques plus modestes avec un processeur N80C286 à 16 MHz. Maxon Computer proposa aussi une carte pour émuler un Atari ST : la Chamäleon. Installable sur A500, elle était livrée avec les ROM TOS 1.2. Chose intéressante, elle permettait de permuter entre AmigaOS et TOS à tout moment, mais ses problèmes de compatibilité en faisait finalement un périphérique trop coûteux pour ses services rendus.

En matière vidéo, l'Amiga gardait une longueur d'avance avec divers nouveaux matériels dédiés, comme le Broadcast VideoCenter de G2 Systems, un genlock de qualité "Broadcast" monté dans un rack 19", ou bien le Rambrandt, de Progressive Peripherals & Software, un numériseur temps réel 24 bits avec effets. Le couple Keybonus Ltd/Amiga Centre Scotland commercialisa le "framebuffer" Harlequin, l'un des premiers dispositifs d'affichage 24 bits sur Amiga, suivi de près par MAST avec sa Colorburst permettant le traitement des fichiers graphiques en 24 bits : les 4096 couleurs du mode HAM volaient littéralement en éclat. Great Valley Products confirma sa capacité à fabriquer du matériel innovant et de qualité avec l'Impact Vision 24. Il s'agissait d'une carte vidéo qui avait l'avantage d'être multifonction : framebuffer 12/24 bits, capture d'image, PIP, désentrelaceur, genlock et plus encore. Et pour les passionnés d'acquisition vidéo qui n'avaient pas le budget pour se procurer une Impact Vision 24, Digital Creations produisit le DCTV, un appareil pour faire de l'acquisition vidéo et de l'affichage graphique 24 bits à petit prix.

Impact Vision 24
L'Impact Vision 24 (photo de Niek Haak)

Tous ces produits étaient naturellement adaptés à la vidéo et à la télévision. Mais l'affichage natif des Amiga pour les autres applications commençait à accuser le coup, surtout par rapport au SVGA, standard graphique sur PC. L'utilisation de désentrelaceurs était l'une des solutions à cela. Commodore s'engouffra dans la brèche l'année précédente en offrant par défaut ce genre de fonction sur A3000. Cette année, il proposa l'A2320, un désentrelaceur basé sur la même puce que sur A3000, Amber. D'autres constructeurs comme MacroSystem emboîtèrent le pas (avec sa DeInterlaceCard).

Mais il était clair qu'il fallait aller plus loin : l'utilisation des cartes graphiques RTG était l'autre solution. Après la rarissime Visiona, c'est Commodore, aidé par l'université de Lowell, qui ouvrit le bal avec sa carte A2410 pour Zorro II. Dotée d'une puce TMS34010 de Texas Instruments, elle disposait de 2 Mo de mémoire et autorisait des résolutions en 800x600 non entrelacées plus confortables (et jusqu'à 1024x1024 en entrelacé), le tout sous le système graphique EGS. Digital Micronics présenta aussi sa carte RTG, la Resolver, qui était, elle, équipée de 4 Mo de mémoire et gérée via le système graphique SAGE (Standard Amiga Graphics Extension). La résolution pouvait monter à 1280x1024 (et 2048×2048 en entrelacé) en 256 couleurs parmi 16 millions, mais l'affichage sur le Workbench restait bien trop lent. EGS et SAGE furent ainsi les premières solutions afin d'essayer de standardiser les bibliothèques graphiques sur Amiga, mais aucun des deux ne faisait l'unanimité.

Amber ne fut pas la seule avancée technique de l'A3000 reprise par ailleurs. Commodore lança sa carte SCSI, l'A2091, qui était bâtie avec la puce DMAC que l'on retrouvait sur ce modèle Amiga haut de gamme.

Enfin, le domaine de l'audio vit arriver un matériel jusque-là assez rare sur Amiga : un DSP. L'entreprise américaine SunRize Industries proposa en effet son AD1012, une carte pour Zorro II disposant d'un processeur de signal numérique, très utile pour "bidouiller" le son et d'autres données. De plus, grâce à son entrée SMPTE, cet ensemble permettait une synchronisation précise avec le monde de la vidéo. Les bidouilleurs du son pouvaient également se rabattre sur l'échantillonneur DSS8 de Great Valley Products, un concurrent direct au TechnoSound Turbo, ou bien le Maestro, une interface audio numérique (échantillonnage jusqu'à 48 kHz) de chez MacroSystem.

AD1012
L'AD1012

Logithèque : la naissance de standards

La bataille entre la SuperNES et la Mega Drive attira de très nombreux joueurs vers le marché en pleine explosion des consoles 16 bits au détriment de l'Amiga. Bien que supérieur techniquement, l'Amiga ne pouvait pas rivaliser avec des consoles deux à trois fois moins chères. Heureusement, le marché resta dynamique avec plus de 600 titres ludiques sortis cette année. Les jeux demandant 1 Mo de mémoire (au lieu de 512 ko) prirent peu à peu le pas, tout comme les jeux tenant sur plusieurs disquettes. La ludothèque Amiga commença vraiment à devenir massive (la part des jeux DP augmenta aussi) et pour remettre au goût du jour leurs anciens titres, les éditeurs n'hésitèrent pas à multiplier le nombre de compilations.

Le jeu ayant connu le plus gros succès en 1991 fut Lemmings, un titre conçu par l'équipe de DMA Design. Ce mélange de plate-forme et de réflexion aida à vendre de nombreux Amiga. Lemmings n'était pas le plus beau jeu sur Amiga mais il vint avec un concept novateur et une jouabilité de première main. La fin d'année marqua l'arrivée de titres d'anthologie comme Formula One Grand Prix (une simulation très poussée de F1, éditée par MicroProse), Alien Breed (un jeu d'action réalisé par Team 17), RoboCop 3 (tout en 3D, la meilleure adaptation de film jamais vue), Another World (un jeu d'action/aventure, créé par une seule personne, Éric Chahi et édité par Delphine Software), Populous 2 (suite du jeu de stratégie conçu par Bullfrog) ou encore Utopia (un jeu de stratégie des plus prenant, édité par Gremlin). D'autres excellents jeux avaient aussi fait sensation durant l'année comme Lotus Turbo Challenge 2 (la suite du premier carton créé par Magnetic Fields et édité par Gremlin), Gods, un nouveau méga jeu des Bitmap Brothers, SWIV (la suite du jeu de tir Silkworm avec de superbes graphismes) et Turrican 2, un jeu de plates-formes/action absolument sensationnel.

Lemmings Lotus 2
Lemmings et Lotus Turbo Challenge 2

L'Amiga tenait le haut du pavé en matière ludique à l'exception d'un domaine : le jeu d'aventure. Ce type de jeu, qui demandait toujours plus de place, avait trouvé dans le PC (palette VGA de 256 couleurs et disque dur en standard) un support idéal. Cependant, Lucasfilm Games ne renonça pas à porter son titre phare, Secret Of Monkey Island, sur Amiga.

La société W Industries lança sur le marché des machines de réalité virtuelle à base d'Amiga 3000, les 1000CS/1000SU/1000SD. Ces dernières pouvaient exécuter des jeux comme Dactyl Nightmare où le joueur était immergé dans un monde 3D et devait tirer sur ses opposants. Les 1000CS coûtaient plus de 60 000 $ et seulement 350 unités furent construites.

1000CS
1000CS

Du côté des logiciels professionnels, le domaine bureautique avait toujours un peu de retard sur les programmes disponibles pour PC. Par exemple, ProWrite 3 de New Horizons tenta de se professionnaliser avec l'arrivée de fonctions comme le multicolonnage et les macros ARexx. La société anglaise Digita International, connue pour ses applications de comptabilité, publia aussi son traitement de texte a href="http://obligement.free.fr/articles/wordworth.php">Wordworth, son premier logiciel conçu spécifiquement pour l'Amiga. Bien que facile d'utilisation et proposant l'essentiel pour ce type de logiciel, il restait bien inférieur à Word, le produit de Microsoft. Mais SoftWood commercialisa Final Copy, un nouveau et puissant traitement de texte WYSIWYG facile à utiliser qui établit un nouveau standard sur Amiga. SoftWood produisit ici un logiciel qui intégrait les meilleures fonctionnalités de ses précédents logiciels (Write & File, PenPal et Electronic Thesaurus) tout en en ajoutant d'autres, comme le travail sur plusieurs documents en simultané et l'impression PostScript de qualité. La guerre des traitements de texte Amiga, entre SoftWood et Digita International commença. Gold Disk, de son côté, sortit un bon tableur, Professional Calc, doté d'une compatibilité avec Lotus 1-2-3, mais encore un peu tendre pour pouvoir concurrencer Excel 3 sur PC. Gold Disk, toujours aussi productif, s'immisça dans le monde du multimédia avec ShowMaker, un logiciel qui transforma l'Amiga en un petit studio vidéo complet.

Depuis ses débuts en 1985, le logiciel graphique Deluxe Paint était placé en tant que référence dans le monde Amiga, et avait peu d'équivalents sur les autres plates-formes. Les graphistes de chez Lucasfilm Games l'utilisèrent d'ailleurs pour leurs récents jeux comme Secret Of Monkey Island. La version 4 de Deluxe Paint fit son apparition cette année et amena avec elle une possibilité très attendue, déjà disponible dans des produits concurrents depuis 1987 : la gestion du mode HAM 4096 couleurs. Bien que potentiellement impressionnante, cette possibilité fut ternie par sa grande consommation en ressource processeur. Mais d'autres faiblesses de cette version (lenteur générale, bogues...) en faisaient un logiciel pas si incontournable que cela. Son créateur d'origine, Dan Silva, n'avait pas participé à cette version 4 : les conséquences furent terribles.

Deluxe Paint 4
Deluxe Paint 4 (travaillant en 4096 couleurs)

Deluxe Paint vit arriver deux concurrents sérieux en cette année : TVPaint et SpectraColor. Le premier était conçu pour manipuler et retoucher des images fixes en mode millions de couleurs (idéal avec une carte genre Harlequin). Le second, édité par Oxxi/Aegis, permettait la création d'animations en HAM 4096 couleurs, une première sur Amiga. Et il ne fallait pas oublier Art Department Pro 2.0, la nouvelle version du logiciel de chez ASDG, qui était en pointe dans le secteur des programmes de traitement graphique professionnels et fut le pionnier sur Amiga pour la gestion du format d'image JFIF/JPEG.

Sur le plan de la création 3D, Impulse commercialisa son logiciel, Imagine, attendu depuis deux ans. Imagine était en quelque sorte le grand frère de Turbo Silver et s'imposa directement comme l'une des meilleures applications de 3D. Il disposait de quatre modules de création (forme, détail, stage, cycle) permettant un travail en profondeur pour les images de synthèse et mêmes les animations. Son rendu était également supérieur à la plupart des autres logiciels du genre. Enfin, deux autres logiciels graphiques, du nom de Scenery Animator et Vista Pro, attirèrent l'attention. Ces programmes, créés respectivement par Natural Graphics et Virtual Reality Laboratories, permettaient de concevoir des paysages de manière réaliste.

Imagine
Imagine

Le secteur audio s'améliorait lentement avec l'arrivée de MED 3 et de Bars&Pipes Professional, le séquenceur MIDI de chez Blue Ribbon SoundWorks. Ce logiciel d'une prise en main peu commune séduisit de plus en plus de musiciens, qu'ils soient amateurs ou bien professionnels (comme Melvin Sparks). En outre, l'éditeur français Ubi Soft s'essaya pour la première fois dans le monde des utilitaires avec le très agréable Music Maker, un logiciel tout-en-un de création audio.

Bars&Pipes
Bars&Pipes Professional

L'entrée de gamme fait la différence

L'année 1991 fut excellente en matière de vente d'Amiga : près d'un million d'exemplaires, ce qui porta le total à trois millions depuis son lancement en 1985. Malgré tout, le CDTV peina à trouver son marché, notamment à cause de son côté "trop nouveau" et aussi en raison du peu de soutien des développeurs. Les modèles d'entrée de gamme se taillaient toujours la part du lion, surtout en Europe. L'Amiga 500+ était une réponse pour augmenter le nombre d'utilisateurs Amiga sans trop dépenser en recherche et développement. C'était surtout une première tentative pour proposer un modèle d'entrée de gamme moins cher car la concurrence avec les consoles 16 bits commença à se faire vivement sentir.

La bataille contre les PC sembla définitivement perdue, sans doute à cause de la déferlante de PC toujours de moins en moins chers venus d'Asie. Le chiffre de 80 millions de machines équipées de MS-DOS circula. La barre des 15 millions de Windows fut également franchie. Malgré des spécifications intéressantes, les Amiga haut de gamme n'inquiétèrent jamais les compatibles PC en terme de vente. Et la tentative de s'immiscer dans le monde Unix n'eut que très peu d'impact dans les ventes d'Amiga.


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