Obligement - L'Amiga au maximum

Vendredi 17 novembre 2017 - 18:27  

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Matériel : ATonce Plus
(Article écrit par Gilles Bihan et extrait d'Amiga News - mai 1992)


Le syndrome du caméléon a encore repris l'Amiga. Non content d'avoir honteusement plagié Atari, le Mac, le BBC, le C64, le ZX, etc., il se lance une nouvelle fois à la conquête du monde MS-DOS. On a connu successivement en ce domaine le PC-Transformer, les cartes passerelles XT et AT, la KCS Power PC Board et l'ATonce.

Mélange hétéroclite de solutions idéales et de cauchemars, seule la KCS a su jusqu'alors tirer correctement son épingle du jeu. Les premiers essais de l'ATonce se traduisaient le plus souvent par la disparition violente de l'Amiga, et certaines tares rédhibitoires en faisaient dans la bouche de bon nombre un culte tabou. C'est donc avec un peu d'appréhension que je me suis lancé à la découverte de la nouvelle carte ATonce : la Plus à 16 MHz.

Le paquetage

Le premier contact établi, ce fut cette boîte de couleur jaune marbre, où en cinq langues est écrit "Émulateur AT" für/for/- pour/para/per Amiga 500.

Voilà, je découvre enfin le véritable premier produit informatique communautaire. Tout ce que compte la CEE de fondus du clavier va pouvoir enfin trouver un lieu commun. Seulement cette impression multilinguistique n'est qu'extérieure. En effet, en ouvrant la boîte, j'ai la désillusion de trouver un joli manuel à couverture glacée... en anglais (heureusement que ce n'était pas en serbo-croate).

A part l'enveloppe charnelle, rien, mais alors absolument rien n'est dans la langue de Molière. Le contenu de ce carton est bien protégé par un châssis en mousse. On y trouve deux disquettes, le manuel, un autocollant aux armes de Vortex, et la carte glissée dans un sac antistatique. Passons sur l'autocollant, et intéressons-nous à la carte.

La carte

De taille réduite, elle semble à première vue d'une bonne solidité et d'une finition parfaite. Dessus, on trouve deux supports vides, un processeur 80286, un BIOS, de la mémoire Fast, et un connecteur. La carte n'a plus cette forme en "L". Toute la place libre en surface est occupée.

ATonce Plus ATonce Plus

Un support est réservé pour recevoir un coprocesseur arithmétique 80C287 à 16 MHz. Avant d'aller plus loin, je tiens à préciser que je n'en n'ai pas mis, et cela pour plusieurs raisons. D'abord, un tel coprocesseur vaut extrêmement cher, car il s'agit d'un composant à technologie CMOS à faible consommation et qu'il est cadencé à 16 MHz. Cela le rend rare sur le marché, et d'un prix moyen compris entre 1000 et 2000 FF. Ensuite, si on veut faire des calculs avec un PC, il vaut mieux tout de suite investir dans un véritable compatible PC. La possibilité est cependant offerte. A vous de savoir où doit s'arrêter l'émulation.

Installation

Le deuxième support est plus grand. Il est réservé au 68000. Décalé par rapport à ce dernier, on trouve sur l'autre face du veroboard une fiche permettant d'insérer le tout sur le support microprocesseur de la carte mère Amiga. On doit donc en venir avant toute autre chose à l'installation de la partie matérielle. Eh là, ce n'est pas triste. Le manuel pour cela est très didactique. Grâce à quelques photos, on nous apprend qu'il va falloir désosser complètement l'A500. Pour ceux dont l'Amiga est toujours sous garantie, et qui craignent pour leur santé, arrêtez tout de suite de lire cet article. Pour les fous, les accrocs du risque ou les simples d'esprit, suivez-moi.

Il faut retourner la machine, faire sauter les deux autocollants de garantie (si cela n'a pas déjà été fait), enlever délicatement toutes les vis, retourner de nouveau la bête, et si tout s'est bien passé jusque-là, enlever sans anicroche le capot. Là, on doit retirer le clavier en dégrafant son connecteur de la carte mère en passant les doigts (ou une pince) à travers la plaque de blindage.

Ensuite, il faut dévisser la plaque en acier trempé servant à protéger l'Amiga d'une attaque nucléaire ou du trou dans la couche d'ozone.

Une fois ceci fait dans le plus grand silence, les entrailles du monstre apparaissent. La partie qui nous intéresse, le 68000, se trouve près du port d'extension DMA (l'endroit où normalement on accroche un disque dur externe). Il est là, majestueux, campé fièrement sur ces 64 pattes (velues de surcroît). La sueur commence à couler dru sur mes joues.

Le manuel me dit carrément de prendre un couteau type Rambo pour extraire l'insecte de son support. Le but du jeu est de désolidariser le silicone du support, les pattes viendront avec (faire très attention à ce qu'elles ne restent pas à dormir dans le socle). Après dix minutes d'un combat sans merci contre la peur, le seize-trente-deux cède enfin. Ouf ! Rien ne semble avoir disparu, tout est là. Je recompte encore une fois toutes les pattes, on ne sait jamais.

Maintenant, il faut continuer, car on en a déjà trop fait pour reculer. Après avoir longuement enlevé toute l'énergie négative (ou positive) contenue dans vos mains, on attrape la carte. A ce moment-là, il faut enlever le prolongateur se trouvant accroché par un bout de mousse à la fiche. Ce prolongateur doit être enfoncé fermement mais sans violence sur le support 68000. Ensuite, dans les trous du prolongateur on place la carte correctement, dans le bon sens. Enfin, délicatement on enfonce le tout. C'est dur, car la carte ne laisse pas beaucoup de surface pour pousser, et le BIOS n'a pas été conçu pour cela.

En plus, l'effort doit porter sur 1/4 seulement de la carte. On s'est aidé pour cela du sachet antistatique. Celui-ci s'est trouvé un petit peu percé par les soudures, mais nous a rendu un grand service. Reste enfin à mettre le 68000. Il faut faire ici très attention à ce que les pattes soient bien droites. Normalement, l'insertion du 68000 permet de bien enfoncer tout le montage sur la carte mère.

La carte est alors suspendue à moins d'un millimètre de la ROM la plus proche. Un équilibre instable et douteux s'installe donc dans l'Amiga. Après, il suffit de remonter le tout, et d'allumer en priant Dieu le père, et tous ses saints. Il faut constater que la plaque de blindage risque de poser quelques problèmes. Il s'avèrera peut-être nécessaire dans certains cas de ne pas la remettre (ce qui n'est pas très prudent), ou de la découper (ce qui est du vandalisme et de l'atavisme). En effet, le 68000 affleure de très près le métal.

Je suis sûr qu'à peine deux ou trois microns le séparent de la ferraille (cela craint de plus en plus). On peut également essayer d'isoler la carte. On a pensé mettre le sac antistatique, mais vu la température qui règne autour du 68000, on s'en est abstenu, par crainte de mouler la carte dans le PVC. Une feuille de papier pourrait être utilisée, mais là encore la chaleur à même la carte risque de provoquer des surprises (les pompiers, c'est le 18 !).

Je rallume, anxieux, l'Amiga. Sous Workbench, je constate avec soulagement, que la carte A590 et ses deux Mo d'extension fonctionnent encore. Je soupire d'aise encore quand la KCS souligne gaillardement sa présence discrète. Je prends la disquette "System Disk - AmigaDos Format", et l'insère dans le lecteur.

Les joies du paramétrage

Très peu d'icônes à se mettre sous la dent. Un fichier "Read-Me" permet de se tenir au courant des dernières nouvelles qui n'ont pu être adjointes au manuel. Rien de particulier à noter. Pour les heureux possesseurs de disque dur une icône vous permet d'installer la partie logicielle d'ATonce. Curieusement, l'invocation de l'icône ne permet que d'afficher un message vous invitant à lancer l'installation à partir du CLI. Heureusement, on peut spécifier la partition.

Sont ainsi placés sur le disque, une bibliothèque RCT dans le tiroir "Libs:", le programme d'émulation et ses fichiers de données, un tiroir avec des polices spéciales pour le mode Hercules, et le programme de paramétrage. Le tout est agrémenté de jolies icônes à la Workbench 2.0. Un petit conseil : évitez de lancer le programme d'émulation si la carte n'est pas installée. Cela à tendance à réellement perturber l'Amiga. Il n'arrête pas de faire des réinitialisations incessantes. Ce phénomène ne disparaissant qu'après avoir longuement éteint l'ordinateur, et vous avoir donné des sueurs froides.

"Install"

Avant de commencer toute session sous PC, il convient d'établir le paramétrage correct de l'émulation. Pour cela, on a le programme "Install". Quatre menus permettent de régler les différents paramètres.
  • D'abord, un menu pour sélectionner la langue utilisée dans le programme d'installation. Normalement, cinq choix sont à votre disposition, mais seuls l'anglais et l'allemand sont accessibles. La version française n'est pas encore disponible, mais la possibilité a été prévue.

  • Ensuite, on trouve la partie qui commute le mode multitâche de l'Amiga. On peut désactiver le démarrage sur la partition Amiga et bloquer le système uniquement sur la tâche ATonce.

  • Après, on accède à un menu de choix entre l'émulation ATonce à 7,2 MHz et ATonce à 16 MHz. Cela permet de se resituer dans le cadre de l'émulation fournie par la version antérieure. On peut également émuler le mode turbo qu'offre tout compatible PC digne de ce nom, afin de permettre le fonctionnement de logiciels à une fréquence de 8 MHz et moins. Cependant, cela n'est accessible qu'à la condition que le logiciel de l'ATonce 8 MHz soit en votre possession (dans ces conditions, le choix offert est sans intérêt).

  • Le dernier menu permet de configurer la partie interface de la carte.
ATonce Plus

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L'écran

Les couleurs sont réglables par les habituels potentiomètres RGB. Les modes accessibles sont au nombre de six :
  • CGA (texte 2 à 16 couleurs et graphique 4 et 2 couleurs).
  • MDA ou Hercules (entrelacé ou non, monochrome).
  • Toshiba 3000.
  • Olivetti.
  • EGA.
  • VGA (texte couleur et graphique entrelacé monochrome).
Un menu permet de régler les choix en matière de mémoire, souris, port parallèle et série.

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Répartition de la mémoire

On peut diviser la mémoire Amiga entre la mémoire "Extended" et "Expanded". Ce réglage est très bien fait car la possibilité est offerte d'augmenter ou de diminuer la mémoire par pas de 1, 10, 100, 1000 ko. De même, la mémoire de base est configurable. Dans l'optique d'utiliser la souris, une option permet d'émuler une souris Microsoft Mouse sur COM1 ou COM2.

Port parallèle, clavier, lecteurs

Le port parallèle peut être attribué à l'adresse $378 (le cas généralement constaté) et $278. La vitesse et la répétition du clavier peuvent subir un ajustement. Ici on peut choisir une émulation spécifique au clavier germanisant. Pour nous, on devra se contenter d'une émulation "ASCII".

Jusqu'à deux lecteurs de disquette peuvent être reconnus. On peut bloquer le format à 40 ou 80 pistes, et choisir les lecteurs A et B parmi les quatre lecteurs Amiga pouvant être connectés. C'est important, car dans le cadre d'une émulation en multitâche, et si on possède au moins deux lecteurs, on peut en attribuer un à chaque système d'exploitation. Une prochaine version de la carte devrait permettre d'utiliser les lecteurs haute densité.

Une option importante est également celle qui permet de désactiver la lecture des disquettes par AmigaDOS. Beaucoup ont pu se plaindre dans les versions antérieures de la carte qu'à chaque fois que l'on introduisait une disquette, celle-ci était lue d'abord par le système Amiga, et une fois vue comme non-AmigaDOS, accessible en lecture par ATonce. Ce mode existe toujours, notamment pour le fonctionnement en multitâche, mais peut être inhibé si le besoin s'en fait sentir (surtout qu'une demande de lecture sur une disquette sans avoir attendu la main provoque un Guru dans la plupart des cas).

La lecture des disquettes n'est d'ailleurs pas de tout repos, car un temps, agaçant, doit toujours être marqué entre l'introduction de la disquette et sa lecture. Une trop grande rapidité entre les deux actions provoquera une erreur de lecture pour absence de support.

Partitionnement PC

Enfin, on trouve la partie réservée à l'installation des partitions PC sur le disque dur Amiga. On peut mettre en oeuvre deux méthodes de partitionnement, et aligner jusqu'à 24 partitions MS-DOS (de C: à Z:).

La méthode A est assez conventionnelle car elle crée à partir d'une partition standard Amiga une partition PC. Il suffit pour cela d'indiquer la partition Amiga à transformer (par exemple C: = DH1), et celle-ci devient inaccessible sous Amiga. Ici, nul besoin d'aller bidouiller dans l'utilitaire d'installation du disque dur. ATonce se charge de tout. C'est rapide et efficace.

La méthode B est plus exotique. On peut créer sous forme de fichier une partition directement dans une partition sans altérer le contenu AmigaDOS. Par exemple, si je veux créer une partition D: de 2 Mo, ATonce va créer un fichier de 2 Mo sur DH0, d'où la formule D:= DH0:DOSFILE,1,200.

L'intérêt de cette méthode est évident. On peut créer facilement des partitions PC temporaires sans altérer la structure du disque. On a pu remarquer à ce sujet que la création d'une partition d'une taille presque égale à l'espace libre sur le disque provoque irrémédiablement un plantage d'"Install".

Du côté des disques durs compatibles PC, le manuel parle des GVP Series II et autres A590. Pour ma part, j'ai pu tester deux disques : l'A590 qui a parfaitement géré le partitionnement PC ; le disque de Trinology Software en 105 Mo a également apporté toutes satisfactions, à part quelques sautes d'humeur à l'installation initiale. L'extension mémoire dans les deux cas n'a pas posé de problèmes.

Côté émulation PC, l'installation se fera par l'incontournable FDisk. Le formatage de chacune des partitions a été surprenant de rapidité, que ce soit pour une partition de 10 Mo, ou pour une de 25 Mo.

La sauvegarde globale de la configuration va se faire en quittant le programme. A noter côté ergonomie du programme, l'existence de requêtes type "tout à la souris" avec effet Workbench 2.0. Par contre, les couleurs sont très mal choisies.

ATonce Plus

Principes de base

Le lancement de l'émulation va se faire en cliquant sur l'icône ATonce. Vous avez intérêt à avoir sauvegardé vos éventuels travaux avant de cliquer, car on assiste à un magnifique redémarrage à chaud de l'Amiga.

Si on a opté pour le multitâche, ATonce et AmigaDOS vont démarrer de concert l'un après l'autre sur le disque à un très court intervalle. Le chargement en sera donc ralenti des deux côtés, car on est déjà en multitâche. Par contre, si on n'utilise que l'émulation, AmigaDOS va démarrer, et rendre immédiatement la main à la carte. Apparaît alors un écran noir avec un cadre d'information qui donne tous les choix de configuration et indique :
  • La mémoire disponible.
  • Le mode graphique.
  • La disponibilité d'un coprocesseur.
  • La version de l'émulateur.
Un classique test de mémoire s'effectue, pouvant, toujours classiquement, être interrompu par une pression sur "Esc". Ensuite, le système recherche si une disquette d'amorce est disponible dans le lecteur A:, il essaye ensuite de démarrer sur le disque dur. Attention à ne pas laisser dans A: des disquettes non-système, car une réinitialisation sera nécessaire ("Ctrl-Amiga Gauche-Amiga Droite", "Ctrl-Alt-Del", ou "S-Amiga Droite-Amiga Gauche").

Installation du DOS

La première opération à effectuer est l'installation du DOS sur votre disque dur. Je n'ai pu tester que le DOS 4.01. Une remarque doit être faite à ce sujet. Possesseur d'une KCS, j'avais acquis avec la carte un DOS. Croyant pouvoir reprendre celui-ci pour l'ATonce, j'ai dû vite déchanter : le DOS fournit avec la KCS est réservé uniquement aux XT en 8088 et 8086. Il va falloir donc se procurer un DOS pour AT (faites donc attention au DOS que vous allez prendre).

Il est également conseillé de ne pas installer le DOS Shell. En effet, si vous bloquez l'émulation vidéo en VGA ou EGA, le DOS Shell ne fonctionnera pas, protestant du fait que votre carte VGA ne possède pas suffisamment de mémoire vidéo (on est en émulation graphique monochrome). Par contre, en CGA aucun problème, l'émulation va bien. Heureusement, la gestion des modes écran se fait le plus simplement du monde.

Sur la disquette MS-DOS fournie par Vortex on trouve une batterie de programmes permettant de commuter la carte dans les différentes émulations, sans qu'il soit nécessaire de redémarrer. Ces petits utilitaires devront se placer dans le répertoire DOS. On peut indiquer le nombre de couleurs souhaité en mode texte.

Par exemple, "CGA 16" donne 16 couleurs en mode écran CGA texte. Une particularité réside dans le mode MDA ou Hercules, uniquement monochrome, et qui peut apparaître avec des polices 8x8 et 16x16, ce dernier mode donnant plus de finesses aux caractères, mais fonctionnant en entrelacé. Il n'en reste pas moins que c'est le plus agréable mode texte proposé par la carte. Les polices sont très agréables, même avec les vibrations.

Émulation graphique

Du côté de l'émulation des écrans graphiques, seule la gestion des écrans VGA et MDA offre une particularité. Le premier, d'une résolution de 640x480 pixels, peut être déplacé verticalement si l'Amiga fonctionne en mode NTSC. L'écran MDA d'une largeur de 720 points, ce qui sur n'importe quel écran Amiga ne rentre pas, peut, quant à lui, être déplacé horizontalement. C'est très rapide, à la manière d'A-Max pour les écrans moyenne résolution, et ce fait grâce à une combinaison de touches du pavé numérique et de la touche Amiga gauche.

Ces mêmes combinaisons clavier permettent d'inverser les couleurs de l'écran, et d'arrêter/enclencher la lecture des disquettes AmigaDOS. Ces fonctions se retrouvent également sous forme de petits programmes que l'on place dans le répertoire DOS.

La souris

La mise en oeuvre de la souris est également très simple. Pour cela, procurez-vous un pilote compatible Microsoft Mouse. Tout ceux que nous avons essayés ont parfaitement trouvé la souris sur le port COM1, et dans un temps presque instantané, ce qui n'est pas le cas sous la carte KCS, qui met bien 30 secondes à trouver la souris, qui dans ce cas est en émulation Mouse System. Pour un meilleur rapport fiabilité/émulation, il faut dénicher les pilotes Microsoft connus sous les noms de "MOUSE.COM" et "MOUSE.SYS".

Côté utilisation, la souris Amiga sera émulée en mode deux boutons (c'est largement suffisant).

Port parallèle et port série

Les ports de sorties, parallèle et série, n'ont besoin, quant à eux, d'aucune installation spécifique à l'émulation. Retenez seulement, que pour le port parallèle, sa présence en LPT1 devra être précisée pendant l'installation du DOS. Le port série, quant à lui, est identifié par COM2, et vous devrez toujours veiller à faire appel à lui. Le son est, quant à lui, émulé, mais comme les vrais compatibles, vous n'aurez la joie que de connaître un infâme gazouillis de buzzer.

Le clavier

Le clavier n'apporte pas toujours toute satisfaction. Il faut déjà bien paramétrer "l'autoexec.bat" et le "config.sys", car sinon on risque de ne plus s'y retrouver.

J'ai eu droit à un clavier Azerty accentué, où certains caractères gravés sur le clavier Amiga n'étaient pas accessibles. Cela a disparu après quelques réglages. La touche "Num Lock" transforme le pavé numérique en pavé fléché. Attention cependant, car si le pavé est en mode entrée numérique, les touches fléchées sont également en entrée numérique. Il y a un amalgame fort gênant établi entre les deux. De plus, à l'inverse de la KCS qui fait apparaître un petit "c" en bas d'écran, l'ATonce ne donne jamais le statut de cette touche. C'est assez embarrassant, car il faut toujours tester les touches du pavé numérique pour savoir en quel mode on se trouve, et cela occasionne quelques erreurs agaçantes.

Il arrive aussi très régulièrement que le clavier se bloque au démarrage de l'émulation. Dans ce cas, la seule solution pour "débloquer" la situation est de faire une réinitialisation Amiga ("Ctrl-Amiga Droite-Amiga Gauche"). La carte se réinitialise alors, et remet les choses en ordre. Si nécessaire, il faut opérer plusieurs réinitialisations successives.

Le logiciel à la carte

J'ai décidé de distinguer deux catégories dans l'émulation logicielle :
  • Les programmes DOS (ou ne fonctionnant pas sous Windows).
  • Les programmes tournant sous Windows.
Pourquoi cette distinction ?

L'émulation ne donne pas les mêmes satisfactions dans les deux situations. Pour la première, je dois dire que c'est Waterloo. Autant, la carte KCS a su m'apporter toutes satisfactions en ce domaine, autant l'ATonce est un plagiat douteux du monde MS-DOS. Non pas que cela ne fonctionne pas, ou que cela fonctionne mal, mais que cela fonctionne trop lentement, trop lourdement. Le mode texte, qui est censé être le mode le plus rapide sur un PC est très mal géré. Rien que sous DOS, les sauts de ligne en passage de ligne de commande sont saccadés. Un léger temps d'arrêt se produit après un "Return".

En mode défilement de texte, on a largement le temps de lire, sans qu'il soit indispensable de faire une pause (j'exagère, mais la vérité n'est pas si éloignée que cela). Cette tare se retrouve invariablement dans tous les programmes. L'utilisation de commandes ou de menus est très fastidieuse. Cela répond très mal, et le mot d'ordre est toujours aux temps d'arrêt. La série des logiciels de gestion de EBP-Informatique, par exemple, devient un véritable cauchemar à utiliser, malgré une efficacité de mise en oeuvre réputée. Rien que pour le chargement, c'est la croix et la bannière.

ATonce Plus

Turbo Pascal 5.0 et 6.0 fonctionnent, mais sont inutilisables, par la lenteur de la frappe sous leur éditeur, ainsi que l'appel au menu. Turbo C et PC Tools ont également les mêmes difficultés. D'ailleurs, pour généraliser, tous les logiciels testés ont éprouvé ces difficultés. Ce n'est pas que l'émulation processeur ne turbine pas, c'est que l'émulation vidéo traîne. Résultat, les programmes attendent toujours après l'écran. Tout le bénéfice du 286 à 16 MHz est perdu. Il vaut mieux alors dans ce cas le Nec V30 de la KCS, qui lui ne souffre d'aucune altération en mode texte.

Tous les modes graphiques ont également ce même problème. Works 2.0 sous DOS réagit aussi mal en mode texte qu'en mode graphique. La saisie d'un texte est aussi pénible que sous certains traitements de texte Amiga. La version d'évaluation de Quattro 3.0, assortie d'une très belle interface utilisatrice, bloque carrément à certains moments. De plus, il m'a fallu près de 40 minutes pour l'installer, alors que seulement un quart d'heure suffisait pour la KCS. L'environnement GeoWorks, uniquement graphique, a connu des moments éprouvants lors de son installation. J'ai dû en partie faire l'installation à la "main", et malgré le mode VGA, GeoWorks a présenté de très graves problèmes de lenteur, ce qui a particulièrement affecté son fonctionnement, provoquant un grand nombre de plantages.

D'autres choses ont carrément refusé de fonctionner. Word 5 notamment n'a pu être installé, la carte refusant d'admettre la protection lors de l'installation. Des jeux, déjà fort anciens, comme Tetris par exemple, n'ont jamais tourné. Turbo Debugger 1.5 s'est, quant à lui, oublié. L'utilisation de l'utilitaire de refragmentation du DR DOS 6 a complètement laminé les programmes installés. Un enfer pour tout remettre en ordre. Le manuel de l'ATonce est d'ailleurs très avare en information sur l'émulation en mode non-Windows. Seule la possibilité d'utiliser les systèmes d'exploitation DOS 4, 5 et DR DOS 5 et 6 est certifié.

Le prologue, en tout cas, a refusé tout lancement : je n'ai pas essayé OS, mais cela ne doit pas être beau à voir. Le DOS 3 a, lui, fonctionné. Par contre, je déconseille la série des DR DOS, qui notamment, du fait du trafic de la compression sur le disque dur, doit être encore plus lente qu'à l'habitude (ce qui est déjà une réalité sur les compatibles). La KCS, quant à elle, ne reconnaît pas le DR DOS.

De toutes ces horreurs, ce qui surprend le plus, c'est que les tests de rapidité que j'ai effectués (voir tout en bas) ont apporté toute satisfaction, dominant largement un 286 à 12 MHz. Mais où toute cette puissance est-elle passée ? A l'écran, on ne retrouve aucune trace des chiffres, si ce n'est peut-être à l'occasion de certains programmes effectuant uniquement des calculs, comme par exemple une compression-décompression ou un traitement spécial en mémoire (Alchemy et LHarc par exemple). Pour tout le reste, lorsqu'il est nécessaire de faire joindre les appels à l'écran et le processeur, la lenteur dépasse tout ce que l'on peut attendre. Ce n'est pas le PC Transformer, mais pas loin. Cela me rappelle un peu le fonctionnement d'une carte passerelle AT. Si vous connectez le multitâche, c'est juste alors pour le plaisir de dire que vous avez deux systèmes d'exploitation en même temps.

La souris répond très mal. Il n'est pas rare d'avoir un blocage lors de la sélection d'un menu. Les couleurs texte ne sont pas respectées. Il conviendra de régler dans le programme "Install" les couleurs à l'image d'un véritable PC (ou comme moi de reprendre celles utilisées par la carte KCS). L'émulation des ports parallèle et série n'ont fait preuve d'aucune faiblesse. Je regrette de n'avoir pu tester une liaison avec un Portfolio, ce transfert ayant réussi avec la KCS.

Travelmate 500

C'est en pensant au TM 3000 Win SX ou Travelmate 3000 de Texas Instrument, que j'imagine le mieux la carte ATonce. Comme ce portable spécialement conçu pour fonctionner avec Windows, la carte aime, je dirais même plus, adore Windows 3.0. Ici, fini les petits soucis de la vie quotidienne. Le plaisir est total. Tout ce que j'ai pu faire avaler à la carte au sujet de Windows a fonctionné.

D'abord, la gestion de la mémoire étendue. Sur ce point, la carte est bien pourvue, car elle gère en souplesse à la fois la mémoire "Extended" et "Expanded". Windows ne connaît que l'Extended. Il est donc conseillé de l'utiliser. Pour cela, vous devez mettre dans le "config.sys" une ligne de commande installant le pilote "Himem.sys" version 2.60. Ce pilote est celui fourni avec Windows. Ne prenez pas certains pilotes placés sur les disquettes DOS. La mémoire Expanded bénéficie d'un pilote spécialement fait par Vortex.

En mode standard sous Windows, la mémoire Extended vous donnera le maximum de mémoire disponible. La notice d'ailleurs consacre deux pages à l'utilisation de Windows. On y explique notamment la façon d'accéder soit au mode Réel soit au mode Standard. Il est conseillé dans la notice de se mettre en mode VGA. Je suivrai cette idée, car, même si les autres modes fonctionnent, c'est le VGA qui est le mieux adapté au travail sous Windows. L'installation proprement dite n'apporte aucune remarque particulière. Tout va se faire sans peine. Le comportement général est ici équivalent à celui d'un vrai 286 en émulation monochrome VGA.

Tout, je dis bien tout, ce que j'ai essayé a fonctionné parfaitement bien. Aucune surprise. Aucune déception. Si la lenteur existe, elle est la même que celle qui est ressentie sur des PC à processeur équivalent. La gestion des entrées-sorties sous Windows est excellente. Rien à dire. Le clavier et la souris suivent. Plus de souci. On peut aussi bien jouer à Win Tetris que sur un PC. Grâce à la reconnaissance de la mémoire de l'Amiga on peut accéder à des programmes comme Excel, Win Word, MS Publisher, Pagemaker 4.0, etc. sans difficulté. Un tableau sous Excel se fera aussi souplement que sur un DT-286. La sortie d'une lettre avec Win Word respectera la même souplesse du gestionnaire d'imprimante. Pagemaker gérera très bien l'importation d'une image vectorisée. Même l'utilisation, en tâche de fond, d'Adobe Type Manager est parfaite.

ATonce Plus

Quelquefois cependant un blocage de Windows se produit (notamment à la suite d'une longue durée sans événement). Dans ce cas, un appui sur "S-Amiga Droite-Amiga Gauche" vous permet de reprendre la main. Clôturez alors normalement votre cession de travail, quittez Windows, puis revenez-y. Cela vient mettre en évidence la volonté conceptuelle affichée des créateurs de la carte : faire tourner Windows sur un Amiga. La réussite est totale si c'est le but recherché. Mais cela explique aussi les abus sous DOS. Le BIOS, spécialement fait par Vortex, a dû être prévu exclusivement à l'intention de Windows. La souris par exemple, imprévisible et fatiguée sous DOS, est parfaite dans ses réactions sous Windows. L'émulation VGA ne se traîne plus.

ATonce Plus

Pour en terminer...

Si le panneau d'information au démarrage permet de connaître parfaitement la configuration mise en place, il est à regretter qu'à l'image de la KCS, un menu de configuration sous émulation de la carte ne soit pas disponible. Certes, les modes écrans peuvent être changés, mais la définition des couleurs, de la mémoire, ou des lecteurs de disquette vous obligeront à repartir sous AmigaDOS.

La liaison avec le système Amiga est, par contre, très bien faite. Hormis le fait du multitâche qui est possible, même si cela n'est pas très intéressant, deux petits programmes vous permettent de copier des fichiers directement sur les disques Amiga. On peut ainsi copier un fichier texte placé sur le disque dur Amiga dans une partition PC. Très pratique, ces utilitaires ont très bien fonctionné, et gèrent très bien d'éventuels problèmes entre les deux systèmes (tel par exemple le manque de place sur une disquette Amiga : la main vous est rendue, tout en précisant l'incident).

Cette faculté rejoint évidemment le multitâche. Mais cela rend bien service dans le cas de transfert, et évite notamment l'utilisation fastidieuse et lourde de DOS2DOS et autre croisement. Le programme de transfert Amiga vers PC est signé GVP !?

Globalement

Il vous faudra quand même une configuration solide pour mettre en oeuvre l'émulation. Si un A500 avec 512 ko suffit (la carte se servant de ses propres 640 ko), il est conseillé d'avoir 1, voire 2 Mo d'extension pour bien tirer profit des intérêts proposés par la carte. Un moniteur VGA avec une carte désentrelaceur est également à conseiller, le meilleur rendement étant obtenu en mode entrelacé. Enfin, il faut avoir absolument un disque dur. Un compatible sans disque dur ne se conçoit pas.

La partie matérielle est vraiment très bien finie, même si son installation risque de vous coûter fort cher (la KCS est plus directe et simple). L'installation logicielle est exempte de reproche. Sachez que le placement dans l'Amiga de la carte ATonce et de la KCS en même temps ne donne naissance à aucune perturbation. Seule l'utilisation sous DOS, en fait, n'apporte aucune satisfaction.

Cette carte doit être vue uniquement dans l'optique d'utiliser Windows. En dehors de cela, la KCS est mieux adaptée. A regretter aussi l'absence d'un DOS fourni avec la carte. Son achat devra être fait séparément, ce qui va élever le coût global de l'investissement. Pour un prix de 2600 FF environ, vous devrez y rajouter au moins 600 à 1000 FF de DOS. De plus, votre configuration matérielle devra être assez importante.

Bref, si on regarde les prix pratiqués par certaines marques sur les PC, on s'aperçoit que la carte ATonce, et même KCS, n'ont d'intérêt que pour une utilisation passagère du monde MS-DOS. On recherche ici une intégration de deux matériels. L'économie de place peut être une motivation à cet achat. Pour une utilisation plus ponctuelle, il convient alors de se tourner vers une solution "full compatible". L'émulation PC apparaît donc le plus souvent comme une solution gadget, et les prix pratiqués ne justifient pas toujours son approche.

Je dirai, enfin, que Vortex pourrait peut être proposer quatre choses en sus de la version actuelle : une émulation VGA couleur, une offre avec DOS et Windows, la possibilité de brancher un clavier PC et un écran PC directement sur la carte. Pourquoi pas ! Cependant, un étudiant y trouvera largement son compte.

Un mot sur les performances

Ces graphiques (réalisés à l'aide d'Excel sous A-Max) font ressortir les grandes tendances de l'émulation PC sur Amiga par rapport aux "vrais" compatibles PC.

ATonce Plus

Le XT (IBM), le 286 (Kenitec) et le 386 (Supercom) sont le reflet du positionnement de la carte. Les chiffres ici n'ont de réelles valeurs que dans le cadre d'une émulation de Windows. Cette courbe, pourtant issue d'un test sous DOS, ne révèle pas tout à fait la réalité. Elle prouve cependant les problèmes que connaissent les différentes émulations écrans. A noter enfin que les tests de rapidité du disque dur n'ont apporté aucune fiabilité. Le programme Core Test n'a jamais donné les mêmes résultats. Il semble cependant que la tendance pour l'A590 soit de 40 ms (sous toutes réserves).

Nom : ATonce Plus.
Constructeur : Vortex.
Genre : émulateur PC.
Date : 1991.
Prix : 2600 FF.


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