Obligement - L'Amiga au maximum

Vendredi 24 novembre 2017 - 21:25  

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1998
(Article écrit par David Brunet - août 2010)


1998 : à la recherche de l'Amiga NG

Les ordinateurs Amiga étaient de nouveau disponibles, notamment grâce à une vive politique de licences. Ces machines étaient toutes basées sur des A1200 (et les derniers A4000T) et les stocks s'écoulaient à un faible rythme, de l'ordre de 1000 à 2000 par mois. Les amigaïstes attendaient un nouvel Amiga depuis trois ans et tous les espoirs étaient focalisés sur Gateway 2000 mais aussi des sociétés comme PIOS et Phase 5, dont les machines PowerPC tardaient à se concrétiser.

Le marché n'était pas mort mais attendait une nouvelle dynamique. Il devenait de plus en plus difficile, pour les sociétés Amiga, de ne pas sombrer dans la faillite dans cette période attentiste. Pas mal d'entreprises se questionnèrent sur leur avenir sur Amiga. Certaines annoncèrent qu'elles développeraient à présent aussi sur d'autres plates-formes, alors que d'autres lancèrent des sondages pour voir s'il valait encore le coup d'investir dans l'Amiga.

Les projets des sociétés tierces

L'avenir de l'Amiga selon Gateway 2000 n'était pas clair. On n'avait, par exemple, toujours pas de réponse concernant le choix du processeur. Une rumeur circula à propos du ColdFire de Motorola (processeur en partie compatible avec les 68k), mais cela fut rapidement démenti. Amiga Inc. annonça sur son site Web, par l'intermédiaire de Joe Torre, que le choix se portait sur un hybride 68k/PowerPC. Mais la direction d'Amiga Inc. prit ensuite ses distances avec cette annonce prétextant que rien n'était décidé. La communauté était dans l'expectative. Dans son discours au Gateway Show 98, Jeff Schindler, directeur général d'Amiga Inc. s'excusa du retard du développement et déclara que rien de bon ne venait rapidement. Les divers projets qu'il proposât à la direction de Gateway 2000 se firent rembarrer et il dut de nouveau chercher d'autres pistes. Dans le même temps, l'équipe de développement Amiga était toujours en phase de recrutement.

Dans cette période d'attente de la part de Gateway 2000, certaines sociétés tierces n'hésitèrent donc pas à aller de l'avant en annonçant leurs propres projets pour l'avenir de l'Amiga : Index Information, Phase 5, PIOS et HiQ.

La société britannique HiQ, justement, avait un projet extrêmement ambitieux : le Projet Alpha. Il s'agissait tout simplement de porter AmigaOS sur les processeurs Alpha. QuikPak avait d'ailleurs tenté la même chose un an plus tôt. Il s'agissait du processeur le plus rapide du moment, ce qui aurait été l'idéal pour doper le multimédia sur Amiga. HiQ était connu pour son Siamese System, un logiciel permettant d'intégrer un PC avec un Amiga. Il s'agissait là de la première étape du Projet Alpha. Les suivantes promettaient un partenariat avec Index Information, le concepteur de l'Access, qui développait un Amiga sur une carte fille nommée "Inside Out", et qui fut rebaptisée "Siamese PCI" un peu plus tard. On avait donc un rapprochement entre les logiciels de HiQ et le matériel d'Index. Le tout devait aboutir, selon la feuille de route, à une migration complète d'AmigaOS sur Alpha sur une période de plus de deux ans. Mais HiQ (également connu sous le nom de "Siamese System Ltd" à ce moment-là) jeta l'éponge à cause d'un manque flagrant de financement, d'une absence de licence AmigaOS, et de l'incapacité d'Index Information à lui fournir ces cartes.

Inside Out
L'Inside Out

Le PowerPC avait toujours le vent en poupe chez les constructeurs Amiga. C'est ainsi que le 19 février, Index Information s'associa avec BlitterSoft et Phase 5 pour développer une extension PowerPC pour sa machine BoXeR. Peu après, le 10 mars, c'est Phase 5 qui annonça l'acquisition d'une licence AmigaOS 3.1 et surtout le développement d'une nouvelle machine, le Pre\Box, disposant de quatre processeurs PowerPC. Phase 5 indiqua que le multiprocesseur était son objectif prioritaire depuis des mois et que son autre projet, l'A\Box, n'était pas annulé mais juste repoussé. Celui-ci représentait le développement sur le long terme. PIOS présenta aussi de nouvelles caractéristiques pour sa machine PIOS One : les ports USB, le contrôleur MPC106 et une puce audio performante étaient de la partie dans cette nouvelle mouture.

PIOS One
Le schéma de la nouvelle carte du PIOS One

Gateway/Amiga Inc. choisissent finalement... la convergence numérique

Gateway 2000, qui décida de raccourcir son nom en "Gateway", prit du temps avant d'avaliser les projets proposés par Jeff Schindler et Amiga Inc. Mais quelques indices indiquaient que Gateway était intéressé par une nouvelle idée : la convergence numérique (digital convergence). Ce terme nouveau définissait une informatique qui se retrouvait partout dans les appareils électroniques de la vie quotidienne comme le téléviseur ou encore le micro-onde. Sous ce terme fourre-tout, tout ce qui était électronique était alors reconnu comme un ordinateur pouvant être géré par un système. Jeff Schindler employa le terme "digitally connected global society" lors du Gateway Computer Show 98, en mars, pour souligner l'idée d'une société reliée par Internet et devenant de plus en plus "numérique".

Mais c'est lors du salon World Of Amiga 1998 de Londres, organisé du 15 au 17 mai, que le véritable plan d'Amiga Inc. fut dévoilé. Après neuf mois d'analyses et de propositions, Jeff Schindler annonça sa solution pour relancer l'Amiga. Ce "douzième projet" remit tout à plat. En effet, la société déclara que le futur de l'Amiga ne serait plus le PowerPC ou AmigaOS 3.5 mais passerait par le marché de la convergence numérique. Amiga Inc. présenta ainsi son projet de nouvelle plate-forme basée sur un nouveau matériel dédié et une nouvelle version du système d'exploitation (AmigaOS 5.0). Pour mener à bien cette phase de développement, Amiga Inc. avait recruté Allan Havemose, un ancien de chez Commodore-Amiga, qui pris le poste de directeur technique. Fleecy Moss (chef de projet) et Bill McEwen (responsable des ventes et du marketing) allaient également travailler pour Amiga Inc., en tant que contractuels.

Allan Havemose
Allan Havemose

Le nouveau système d'exploitation, AmigaOS 5.0, devait être multiplate-forme et s'adapter à différents matériels, du set-top box à la station haut de gamme. Jeff Schindler annonça que ce système "représentait ce qu'AmigaOS aurait été s'il y avait eu un investissement massif depuis cinq ans." Même si des concepts d'AmigaOS d'origine allaient être repris, ce nouveau système était incompatible avec les anciennes générations, seule une émulation logicielle (peut-être à base d'UAE) était prévue. AmigaOS 5.0 était construit sur un noyau moderne qui permettait le multiprocesseur et la protection mémoire. Et pour gagner du temps, Amiga Inc. allait utiliser un noyau déjà existant. Le nom du partenaire pour le noyau devait être révélé lors du World Of Amiga, mais au dernier moment, Amiga Inc. fut obligé de taire son nom à cause d'un désaccord entre les deux parties. On sut plus tard qu'il s'agissait de Be, la société créée par Jean-Louis Gasset, dont le noyau de son système, BeOS, aurait pu devenir la base d'AmigaOS 5.0.

Be

De leur côté, les nouvelles machines devaient hériter d'une idée qui avait fait le succès de l'Amiga d'origine : la présence de plusieurs unités de calcul. Le nom du processeur ne fut cependant pas divulgué. Amiga Inc. annonça juste que ce dernier était "beaucoup plus puissant qu'un PowerPC, beaucoup plus flexible, et avec un prix beaucoup plus bas". En plus, il devait être programmable et capable d'émuler différents types de processeurs. La puce 3D pouvait traiter 400 millions de pixels par seconde (comparé au 30 millions/s des PC de l'époque). Le processeur fut d'ailleurs rapidement surnommé "MMC" (Monster Mystery Chip) par la presse et les utilisateurs Amiga, car là encore, aucun nom ne fut révélé. Un point d'ombre à propos de cette puce fut levée par Joe Torre lors du World Of Amiga : Gateway/Amiga Inc. n'avait pas les droits exclusifs sur cette puce, en d'autres termes n'importe quelle autre société pouvait virtuellement créer un concurrent au nouvel Amiga. Cet Amiga de nouvelle génération (Amiga NG) était également basé sur des standards ouverts de l'industrie, et tranchait avec l'Amiga d'origine et ses puces propriétaires. Amiga Inc. décida donc de rebaptiser les anciens Amiga en "Amiga Classic" afin d'éviter toute confusion avec les nouvelles machines.

La finalisation de cette plate-forme n'était prévue que pour l'an 2000. La première étape de ce projet passait par la réalisation, pour novembre 1998, d'un ordinateur réservé aux développeurs et basé sur un PC x86 (car tous les outils de développement étaient sur x86). Cette machine devait faire tourner une version bêta du système, appelé avec ambiguïté "AmigaOS 4.0". Il ne s'agissait en fait que d'une étape de transition vers le produit final, AmigaOS 5.0.

Workbench 4.0 Gateway
Essai d'interface pour AmigaOS 4.0

Conséquences néfastes du choix d'Amiga Inc.

Les choix d'Amiga Inc. et de Gateway débouchèrent sur de nombreuses réactions et remous dans la communauté Amiga. La disponibilité du système développeur Amiga (novembre 1998) fut rebaptisé la "November Box" : il y avait beaucoup d'incompréhension et le choix du x86 rendit fou de rage les anti-Intel. Amiga Inc. réagit aussitôt, reprécisant qu'AmigaOS 4.0 n'était qu'une plate-forme de transition destinée aux développeurs, et que le produit final arriverait durant l'année 2000. Cet AmigaOS 4.0 en x86 fut d'ailleurs renommé en "OS5Dev" afin de montrer qu'il n'était pas une finalité et qu'il n'avait rien en commun avec AmigaOS. Quoi qu'il en soit, beaucoup percevaient cela comme une trahison, alors que les autres voyaient cela comme l'unique chance de survie de l'Amiga.

Les projets d'Amiga Inc. avaient aussi de fâcheuses conséquences pour le marché actuel de l'Amiga. Celui-ci était en sursis et tous les produits actuels étaient virtuellement obsolètes. De plus, l'attente jusqu'en 2000 allait plonger de nombreux développeurs, journaux et revendeurs dans une situation difficile : que faire jusque-là et comment subsister ?

Les premiers à réagir à cette mort annoncée furent Access Innovation (anciennement Index Information), Phase 5 et Haage & Partner. Ces deux dernières étaient en conflit depuis plusieurs mois à propos des noyaux PowerPC à utiliser avec les cartes de Phase 5 : PowerUP contre WarpUP. Mais devant la gravité de la situation, elles enterrèrent la hache de guerre. Ces trois sociétés firent des propositions à Jeff Schindler : d'abord poursuivre, indépendamment d'Amiga Inc., le développement de l'Amiga Classic, produire un système de développement Amiga (OS5Dev) en version PowerPC, et enfin créer une implémentation commune du PowerPC sur Amiga. Phase 5 s'occuperait ainsi du matériel et Haage & Partner développerait la partie logicielle. Mais cette histoire commune ne dura pas et les deux sociétés allemandes ne firent rien ensemble.

Jurgen Haage, Wolf Dietrich
Jurgen Haage (gauche) et Wolf Dietrich (droite) lors du World of Amiga 98

Pour Phase 5, l'abandon du PowerPC par Amiga Inc. fut un coup très dur à encaisser. Cette société avait tracé la route de la transition entre 68k et PowerPC (grâce à ses cartes PowerUP) et entamé le développement de machines entièrement PowerPC (A\Box puis Pre\Box). Sa stratégie de "créer une nouvelle plate-forme Amiga" fut stoppée nette, le Pre\Box fut ainsi annulé. De plus, avec les annonces des versions 4.0 et 5.0 du système d'exploitation, la licence AmigaOS 3.1 de Phase 5 devint obsolète.

PIOS Computer, qui fut renommée en "Met@box" en août, ne fut pas, non plus, aidée par les choix de Gateway/Amiga Inc. Met@box était à la recherche de systèmes d'exploitation PowerPC pour sa machine PIOS One. Et comme Amiga Inc. avait pris ses distances avec un éventuel AmigaOS natif PowerPC, Met@box se retrouvait dans l'impasse. pOS, le clone d'AmigaOS de la société ProDAD cessa d'être développé. De plus, Apple annula son programme de clones Power Mac, et Be proposait une licence BeOS bien trop chère. Il ne restait donc plus que Linux comme solution : la direction de Met@box indiqua logiquement que ce marché était trop restreint pour en tirer des profits. Elle se lança donc dans le développement d'autres produits, les set-top boxes, notamment avec le Met@box 500. Le PIOS One n'était pas officiellement annulé mais il était considéré comme un projet gelé.

Met@box 500
Met@box 500

Une affaire vieille de deux ans, qui empoisonnait l'Amiga, resurgit durant l'été. QuikPak, constructeur américain qui fabriquait depuis la période Escom les A4000T et quelques pièces détachées, était emmêlé dans une affaire judiciaire. Celle-ci était menée par Bernhard Hembach (le liquidateur judiciaire d'Escom, qui voulait récupérer le stock de QuikPak) et elle poussa la société américaine à arrêter sa production de machines. La rupture de stock d'A4000T se faisait sentir et certains professionnels utilisant des A4000T (surtout dans le domaine de la vidéo) étaient sur le point de quitter le marché Amiga. Un accord entre les deux parties arriva finalement le 26 octobre et une relance, de quelque 2000 machines, était alors envisagée d'ici la fin de l'année 1998. Mais on apprit par la suite que les pièces détachées renvoyées par QuikPak à Amiga International étaient endommagées et furent donc mises au rebut.

Plus anecdotique, en 1997, lors de l'acquisition des actifs Amiga par Gateway, un tribunal allemand mit en lumière qu'il n'y avait aucune évidence du transfert des droits d'auteur (copyrights) entre "Commodore-Amiga Group" et Escom concernant le système d'exploitation. Afin de réparer cette drôle de situation, l'administrateur de la faillite d'Escom, Bernhard Hembach, signa trois contrats d'un dollar chacun le 3 novembre pour notifier ces transferts. Gateway était donc bel et bien, à présent, le détenteur du système d'exploitation Amiga.

L'affaire QuikPak eut une influence sur un projet d'envergure : le BoXeR. Cet ordinateur, que développait Mick Tinker de la société Access Innovation, était basé sur le jeu de composants AGA. Mais l'approvisionnement en puces AGA étant incertain, Mick Tinker décida de revoir la conception de sa machine. Il entreprit notamment le développement d'une nouvelle puce, l'AA+, pour remplacer l'AGA et pour moderniser une bonne partie du matériel Amiga. Ce travail semblait compliqué car personne n'avait réussi une telle chose par le passé, et Amiga International n'était pas décidé à fournir les schémas de l'AGA. Cela repoussa d'autant la disponibilité de la machine qui, malgré une annonce de Blittersoft (son distributeur officiel) en octobre, ne fut pas effective cette année. Mick Tinker ne travaillait plus à temps plein sur ses projets et il revit à la baisse les fonds pour le développement de sa carte Siamese PCI. Les délais s'allongèrent et la carte, comme le BoXeR, ne fut pas terminée cette année. Siamese System Ltd, le partenaire d'Access Innovation pour cette carte, préféra délaisser le marché Amiga et se lancer dans le développement d'une set-top box sur Linux : le TVNC.

Cette période incertaine était marquée par une érosion continue du marché et un manque de perspective à court terme. Et ce n'est finalement sans surprise que des projets furent annulés (les jeux Almagica et Caveman Species de Vulcan, le logiciel Personal Paint 8 de Cloanto, etc.) ou que des sociétés arrêtèrent leur activité (les magazines Amiga News et CU Amiga, le revendeur DeltaGraph'X, etc.).

La communauté veut un AmigaOS Classic

Devant cette situation dommageable pour le marché de l'Amiga, certaines personnes, comme Mick Tinker et l'équipe Team Amiga, tentèrent de raisonner Amiga Inc. Ainsi, après plusieurs semaines de rumeurs, Amiga Inc. changea finalement d'avis début octobre 1998 et autorisa le développement d'une version 3.5 d'AmigaOS. Amiga Inc. ne voulait pas concevoir le système lui-même mais Fleecy Moss prit la tête de ce projet. Le développement fut sous-traité à de nombreux contractuels dont la société allemande Haage & Partner était le fer de lance. Utilisant toujours les ROM 3.1, AmigaOS 3.5 devait proposer notamment la gestion du PowerPC via la bibliothèque WarpUP et le nécessaire pour se connecter à Internet. Le développement d'AmigaOS 3.5 fut accueilli avec soulagement par les professionnels de l'Amiga (notamment les développeurs sur PowerPC) car cela permettait de garder en vie l'Amiga Classic.

Mais depuis l'arrivée des cartes PowerPC en 1997, une version d'AmigaOS native PowerPC devint une obsession grandissante pour certaines personnes. Et pas moins de quatre projets furent lancés cette année à ce sujet. On vit d'abord TzimmOS, qui fut le nom temporaire d'un projet de système d'exploitation Amiga 68k et PowerPC lancé par le finlandais Kimmo Mustonen. L'annonce apparut en avril et quelques mises à jour du site furent opérées mais rien de concret n'émergea. Cela fut suivi par Screens, un projet plus sérieux et géré par deux programmeurs suédois, Christian Nylen et Lennart Fridén. Screens n'était pas un vrai système d'exploitation, du moins au début, car il était prévu pour tourner au-dessus d'AmigaOS. Ralph Schmidt voulut lui aussi lancer son propre projet cette année, jugeant peu convaincante l'implémentation du PowerPC dans AmigaOS 3.5. Ce collaborateur de Phase 5, et père du système PowerUP, commença donc la conception d'un nouveau noyau qui devait servir pour les futurs projets matériels de Phase 5. Enfin, un autre allemand, Claus Herrmann, entama le développement de PowerOS. Ce développeur avait également travaillé sur la version PowerPC d'AROS, le clone Open Source d'AmigaOS, qui était donc virtuellement un cinquième projet de système PowerPC.

QNX, partenaire pour le système d'exploitation

La communauté Amiga devenait de plus en plus impatiente en l'absence de nouvelles concernant le partenaire du système d'exploitation. On savait que l'accord avec Be avait échoué et la limite de trente jours donnée pour la prochaine annonce (juin 1998) était déjà largement dépassée. Finalement, l'annonce se fit lors du salon Computer '98 du 15 novembre : le partenaire système était QSSL (QNX Software Systems Ltd). Cette société canadienne connaissait un grand succès grâce à son système d'exploitation QNX et son noyau Neutrino. Ce noyau, robuste, temps réel et gérant le multiprocesseur, fut bien accueilli par la communauté. Son concept très performant permettait au noyau de peser seulement une cinquantaine de ko. Ce système d'exploitation semblait être le successeur d'AmigaOS. Il pouvait faire tourner un serveur Web ainsi que de nombreux utilitaires sur une simple disquette 1,44 Mo. Une performance que même l'Amiga ne pouvait pas faire.

Jeff Schindler, directeur général d'Amiga Inc., déclara ainsi :
"Le RTOS de QNX rassemble beaucoup des qualités uniques de l'Amiga. Il fournit les fondations nécessaires en rejoignant notre vision pour la renaissance de l'Amiga pour le prochain millénaire".
QNX

En outre, l'annonce du World Of Amiga concernant AmigaOS 4 (ou OS5Dev) ne tenait plus : la date de sortie de ce système de transition pour développeurs était maintenant dépassée. La machine et le système de développement furent repoussés au troisième trimestre 1999.

Quelques annonces d'Amiga Inc. semèrent également le doute dans la communauté Amiga. Ainsi, on apprit que les caractéristiques du MMC, annoncés plus tôt, n'étaient pas acquises mais qu'il fallait les voir plutôt comme un objectif. Fleecy Moss indiqua que le matériel n'était pas le plus important, et que la force majeure de la plate-forme résidait en son système d'exploitation. Cet étonnant commentaire s'expliqua par le fait qu'Amiga Inc. venait de perdre son partenaire, alors encore secret, pour la carte graphique. Celui-ci était le constructeur Chromatic, capable de fournir des puces graphiques puissantes et bon marché. Cette société prometteuse, mais malheureusement en difficulté financière, fut rachetée par le géant ATI en octobre/novembre 1998. L'autre annonce qui fit des remous fut celle à propos de la place qu'occupait les ordinateurs personnels dans la stratégie d'Amiga Inc. Ce genre de machines n'était pas l'objectif prioritaire de la société, elle souhaitait créer un marché plus vaste (avec des TV interactives, des consoles de jeux, des serveurs, etc.) où l'Amiga n'était qu'un maillon parmi d'autres. Ce point de vue était loin d'être partagé par l'ensemble des amigaïstes.

Mais ce qui plongea le plus la communauté dans le doute fut les licenciements de Fleecy Moss et de Marilyn Flint (directeur opérationnel) à la mi-novembre. Avec Joe Torre en août, ce fut donc trois personnes qui quittèrent Amiga Inc. en peu de temps. Fleecy Moss était en charge de nombreux projets et on craignait alors qu'AmigaOS 3.5 ne soit annulé. Après discussions, Haage & Partner fut officiellement désigné chef de ce projet. Le traitement fait à Fleecy Moss poussa cependant de nombreux développeurs à tourner le dos à Amiga Inc., ce qui fut dommageable pour le projet d'AmigaOS 3.5 avec de nouveaux délais supplémentaires.

Matériel : Phase 5 mène la danse

Le projet PowerUP de Phase 5, qui visait à remettre à niveau le matériel Amiga, se poursuivit en 1998. Après l'arrivée de ses cartes PowerPC pour A3000/A4000 l'année précédente, le constructeur allemand commercialisa la variante pour A1200, la BlizzardPPC. Cette carte était disponible en de nombreuses versions suivant le processeur 68k (68040 ou 68060) et la fréquence du PowerPC (un 603e à 160, 200 ou 240 MHz). Le plus petit modèle, à 160 MHz, permettait de multiplier par trois la vitesse d'un 68060, et par 100 la machine d'origine, pour un prix serré de 2500 FF. Il était simplement dommage que seuls quelques programmes puissent vraiment en profiter. Phase 5 proposa ensuite de nouvelles cartes graphiques : les CyberVisionPPC (pour A3000 et A4000, en août) puis les BVisionPPC (pour A1200, en décembre). Celles-ci étaient destinées à être insérées dans ses cartes PowerPC et offraient ainsi un couple détonnant composé d'un processeur rapide et d'une carte graphique 2D/3D moderne.

BlizzardPPC CyberVisionPPC
BlizzardPPC et CyberVisionPPC

Les cartes graphiques de Phase 5 étaient basées sur la puce Permedia 2 mais assez peu de choses permettaient d'en tirer profit. Les développeurs redoublèrent d'efforts pour gérer les puces 3D qui devinrent un point clé du matériel informatique. Frank Mariak, en relation avec Phase 5, fut le premier à travailler sur un système pour gérer les cartes 3D. Son CyberGL était en développement depuis l'époque de la CyberVision64/3D, mais à part dans de rares logiciels et quelques démos, ce système n'était pas très répandu. Patrizio Biancalani tenta également de créer une bibliothèque, la graphics3d.library, mais son projet s'arrêta rapidement. C'est en fait Haage & Partner, avec ses programmeurs Sam Jordan, Thomas Frieden et Hans-Jörg Frieden, qui proposa la meilleure solution : Warp3D. Une première version fut distribuée le 18 décembre, elle gérait la puce Virge, mais la gestion du Permedia 2 était imminent. Warp3D ouvra littéralement la voie à l'utilisation de la 3D sur Amiga et éclipsa rapidement CyberGL.

En l'absence de nouvelles machines, l'extensibilité des Amiga fut mise à profit chez les constructeurs de matériel. L'année 1998 fut par exemple riche en cartes son, surtout pour les Amiga 1200. Kato Development commercialisa la Melody 1200 (avec ses variantes Base, Pro et Plus) qui était une carte son 20 bits, modulaire, et pourvue d'un DSP pour la décompression MPEG audio. Le finlandais Petsoff suivit peu de temps après avec sa Delfina 1200, la version pour A1200 de sa carte 16 bits/DSP lancée en 1996. Et n'oublions pas la société Albrecht Computer Technik qui mit au point la Prelude 1200 et toute une série d'extensions pour la Prelude en version Zorro II : MPEG-It (décompression matérielle de MPEG audio), Rombler (interface MIDI) et le prototype Arpeggiator (interface audio numérique).

Prelude
Prelude 1200

Aperçu lors de salons de l'année précédente, l'AtéoBus du constructeur français Atéo Concepts se révéla être une solution peu chère et très utile pour étendre son Amiga 1200. Cette carte disposait de quatre bus ISA modifiés sur lesquelles plusieurs types de cartes d'extension furent développées, comme par exemple la carte graphique Pixel64, des cartes série, parallèle, etc. Son concurrent, le bus A1200 Z-3i, inclut dans la tour Infinitiv de chez MicroniK, eut des mises à jour (version "Mk2" avec l'ajout d'un troisième port PCI). Mais ce genre de port d'extension n'était toujours pas réellement utilisable sur Amiga et aucune carte PCI ne vint s'y greffer malgré les promesses du constructeur.

AtéoBus
AtéoBus

Le contrôleur IDE limité des A1200 fut l'objet d'améliorations. Elbox et Individual Computers proposèrent respectivement leur FastATA 1200 (ou Power Flyer) et IDE-Fix Express. Ces deux contrôleurs EIDE permettait d'accélérer le port IDE de la machine et offrait des taux de transfert plus confortables pour les disques durs et lecteurs de CD. De leur côté, les cartes réseau devenaient peu à peu indispensables et Village Tronic, avec son Ariadne II (carte Ethernet pour Zorro II), connut un franc succès. Quelques constructeurs s'intéressèrent aussi à l'affichage des Amiga, en particulier les désentrelaceurs et les doubleurs de fréquence. Des solutions comme le ScanMagic (alias Flicker-Magic) de DCE et les Scandex/Scandy de MicroniK furent mises sur le marché mais avec des résultats de piètre qualité.

Enfin, le CDTV, modèle d'Amiga qui fut rapidement abandonné par Commodore et les éditeurs, se refit une jeunesse grâce à un groupe d'utilisateurs passionnés. En effet, l'AMIGA (Amiga of Minnesota Interest Groups Alliance) obtint une licence officielle pour fabriquer et distribuer un jeu de deux PROM pour le CDTV. Celles-ci permettait à cet ordinateur, l'un des premiers de l'histoire avec lecteur CD intégré, de pouvoir installer toutes les dernières versions du système. Et les amateurs de CDTV eurent une autre bonne nouvelle car Elbox proposa une nouvelle carte d'extension mémoire pour cette machine, l'Elbox CDTV/8, peuplée de 8 Mo de mémoire.

PowerPC et portages à la rescousse de la logithèque

Côté logiciels, l'année 1998 amplifia ce que l'on avait aperçu un an auparavant : une baisse du nombre de sorties commerciales, une proportion de programmes natifs PowerPC un peu plus importante (la majorité restait cependant largement native 68k) et la poursuite de portages issus d'autres plates-formes pour compenser les manques de la logithèque.

AmigaOS faisant du surplace, c'est sans surprise que l'on vit des logiciels destinés à combler les manques du système prendre de plus en plus d'envergure. Par exemple, la nouvelle version de Directory Opus Magellan II de GPSoftware fit des ravages. Ce bureau accumulait les fonctions de toutes sortes dépassant de loin les possibilités du Workbench. Et la version 1.1 de Scalos, avec ses bulles d'aide, son multitâche, son nouveau système d'icônes et son extensibilité par greffons surpassait également le bureau d'origine d'AmigaOS. Les systèmes de fichiers (PFS2 et SFS), plus rapides et repoussant les limites de FFS, montraient également l'exemple de ce qu'aurait pu donner un système d'exploitation moderne.

Scalos
Scalos

Aaron Digulla, qui travaillait sur AROS, une version libre d'AmigaOS, tenta d'obtenir une licence afin de protéger juridiquement son oeuvre. Les progrès réalisés par son équipe ne permettaient pas encore une publication, le développement s'était concentré sur des éléments bas niveau et beaucoup de choses restaient à faire.

Un pont entre AmigaOS et le monde extérieur était possible grâce à deux projets : Java et REBOL. Malheureusement, différentes implémentations de Java, en cours de développement sur Amiga furent abandonnées (comme Koffie, MOca et Merapi) ou bien disponible dans une version bêta lente et incomplète (comme Kaffe). Par contre, ce fut une bonne nouvelle pour REBOL, le langage multiplate-forme de Carl Sassenrath. Sa première version débarqua en novembre avec une variante pour AmigaOS. Il ne restait plus qu'à voir si ce langage pouvait aider ou non l'Amiga.

Les progrès dans le domaine de l'Internet ne ralentissaient pas. Le lecteur de courriers électroniques YAM, programmé par Marcel Beck, arriva dans sa version 2.0. Des options comme les filtres, la visualisation de courriels sur le serveur, le cryptage, etc. permettaient à ce logiciel de distancer la concurrence, notamment Air Mail Pro de Toysoft Development. Holger Kruse, l'auteur de la pile TCP/IP Miami, ajouta la gestion des réseaux haut débit et du DHCP dans son programme : l'Amiga pouvait aussi naviguer rapidement sur Internet ! Les amigaïstes furent comblés cette année puisque le protocole de communication ICQ, arriva enfin sur Amiga grâce, entre autres, au logiciel StrICQ. De plus, la concurrence effrénée des navigateurs Internet IBrowse, AWeb et Voyager fit la joie des utilisateurs Amiga. AWeb 3.1 fut le premier à gérer le JavaScript, Voyager, lui, fut un pionnier pour l'implémentation du HTTP/1.1, etc. Mais malgré cette évolution rapide, le portage d'un nouveau navigateur, issu du monde Windows fut lancé : Opera. Après plusieurs mois d'efforts, Opera fut malheureusement abandonné en décembre, par manque de motivation de la part des gens derrière ce portage, Ramjam Consultants.

Les ténors du traitement d'images continuèrent leur progression, que ce soit ImageFX 3.0/3.2 avec l'ajout de la gestion des calques, ou bien Art Effect 2.6 avec une gestion des tablettes graphiques. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que ce secteur enregistre ses premières applications PowerPC : Elastic Dreams de Motion Studios, un rafraîchissant logiciel de déformation de visage, Reflections 4.2 d'Oberland (modélisation 3D), Wildfire 5 puis 7 de WK Artworks, RayStorm de Andreas Heumann, ou encore Tornado 3D de la nouvelle société italienne Eyelight. Avec l'arrêt du développement de LightWave et les progrès mollassons d'Imagine, Tornado 3D cristallisa de fait les espérances des graphistes 3D sur Amiga. On avait enfin un modeleur Amiga natif PowerPC et gérant la puce 3D Virge. Il y avait malgré tout quelques réfractaires au PowerPC comme MacroSystem, qui commercialisa l'ultime version de son logiciel de montage vidéo MovieShop pour Amiga 68k. La société allemande allait dorénavant se concentrer uniquement sur son DraCo (plus pour très longtemps) et sur le marché PC.

Tornado 3D
Tornado 3D

La bureautique connut une année assez encourageante, même si elle demeurait un cran en dessous par rapport à ce qui pouvait se faire sur Windows et Mac OS. Le nouveau venu dans ce domaine fut AmigaWriter, conçu par les incontournables Haage & Partner. Ce traitement de texte, qui reçut une licence officielle pour pouvoir porter le nom "Amiga", se voulait intuitif. Même si l'objectif de la facilité d'utilisation ne fut pas pleinement atteint, AmigaWriter vint redonner une petite touche de modernité à la bureautique sur Amiga. Son grand rival, Wordworth de Digita International, dont une nouvelle version 7 fut publiée au printemps, semblait quand même le devancer au niveau des fonctions, mais ce fut le dernier logiciel Amiga de Digita International. PageStream, le logiciel de PAO de référence sur Amiga, poursuivit son évolution avec la version 3.3a (avec une nouvelle gestion des tableaux).

Wordworth
Wordworth 7

Lancé avec intérêt l'année passée, la suite d'émulation Amiga Forever se refit une santé avec sa version 2.0, la première version vraiment utilisable. Grâce à l'amélioration de l'émulateur UAE, Amiga Forever pouvait donc proposer un environnement d'émulation Amiga pour PC de bonne facture et complètement légal.

Longtemps dominée par les clones/successeurs de Protracker et d'OctaMED, la création musicale par piste avait un nouveau champion en la personne de DigiBooster Pro. La version 2.x savait notamment gérer jusqu'à 128 canaux et était compatible MP3. Le format MPEG-I Layer 3, justement, devint une véritable référence en matière de restitution audio grâce à sa qualité et son taux de compression très intéressant. Les années passées avaient vu arriver quelques lecteurs de MPEG-I Layer 1 et 2, mais c'est à partir de 1997 que le MP3 entra dans le monde de l'Amiga, grâce à Stéphane Tavenard avec sa mpega.library et son logiciel SongPlayer. En mars 1998, Thomas Wenzel conçu un clone de WinAMP (alors renommé "AmigaAMP"), le plus célèbre des lecteurs MP3 sur Windows. Une version PowerUP ne mit pas longtemps à débarquer, elle permettait de décoder logiciellement du MP3 sans mettre à genoux le système.

AmigaAMP
AmigaAMP

Avec à peine 40 jeux publiés, l'année 1998 se révéla bien pauvre sur la scène ludique, malgré l'arrivée de quelques titres de qualité et le portage de gros jeux. Une bonne nouvelle inonda Internet le 23 décembre 1997 quand id Software annonça avoir libéré le code source de Doom, le légendaire jeu d'action 3D. Quelques jours suffirent pour que des versions Amiga soient adaptées, avec l'arrivée notamment d'AmigaDoom et d'ADoom, respectivement programmés par Philipp Grosswiler et Peter Mc Gavin. Ainsi, quatre ans après la version PC, l'Amiga pouvait enfin lancer ce jeu (et sa suite, Doom 2) dont l'auteur, John Carmack avait pourtant signalé à l'époque qu'il ne pourrait pas tourner sur un Amiga. La première version d'ADoom, pas totalement optimisée se lançait sans saccades sur un A4000/68040 de 1992. Les versions suivantes se satisfirent même d'un 68030 et une version PowerPC vit aussi le jour. L'autre jeu Open Source de l'année fut Descent, un jeu de combat spatial en 3D de chez Parallax. Son portage suscita moins d'engouement que Doom mais il fut tout de même le premier jeu Amiga avec accélération 3D (grâce au travail de Thomas et Hans-Jörg Frieden).

Le portage officiel de Quake sur Amiga fut effectué par Clickboom. Après Myst en 1997, la société canadienne signait là son deuxième gros portage. Quake était considéré comme l'un des meilleurs jeux de l'histoire et il nécessitait un 68060 surcadencé pour tourner correctement. Des versions PowerPC existaient mais elles étaient toutes illégales, et Clickboom décida de ne pas adapter son portage en PowerPC à cause de cela. Cette mode des gros portages ne se tarit pas puisque des annonces concernant la venue de WipeOut 2097 (par Digital Images), Z (par Clickboom) et Settlers 2 (par Titan Computer) pour 1999 remontèrent littéralement le moral des joueurs sur Amiga.

Doom Quake
Doom et Quake

Le développement de jeux originaux et de qualité était de plus en plus difficile dans ce marché dépourvu de gros éditeurs. Malgré tout, deux titres tirèrent leur épingle du jeu : Foundation et Genetic Species. Le premier était un clone de The Settlers développé par une seule personne : Paul Burkey. Genetic Species, quant à lui, n'était officiellement qu'un clone de Wolfenstein 3D mais sa qualité technique très poussée et ses innovations en firent une véritable référence. L'équipe de développement, Marble Eyes, distribua un correctif en septembre qui permit à ce jeu de passer en 24 bits : il fut ainsi, probablement, le premier jeu en 16 777 216 couleurs sur Amiga, même si l'amélioration graphique ne sautait pas aux yeux.

Foundation Genetic Species
Foundation et Genetic Species

Comme dans le reste du monde Amiga, les temps étaient durs pour les professionnels du jeu vidéo. Vulcan, par exemple, annonça qu'il allait également développer pour Windows et PlayStation afin de simplement survivre financièrement. Cette annonce fut également accompagnée d'une annulation de projets de jeux et d'une nouvelle politique : délaisser les jeux pour Amiga ECS en disquette pour se concentrer sur les Amiga avec carte graphique et lecteur CD. Ce dernier groupe se nomma d'ailleurs Mega Series, dont Genetic Species faisait partie. Mais Vulcan fit une seconde annonce, en novembre, et cette fois-ci il déclara arrêter tout développement sur Amiga : l'un des derniers gros éditeurs Amiga venait de partir. Pas mal de groupes de développeurs qui commercialisèrent des jeux en 1998 (Cinetech avec le jeu d'aventure Sixth Sense Investigation, ou Fabio Bizzetti avec la course Virtual Karting 2) le firent pour la dernière fois, faute de rentabilité.

Un marché en souffrance mais avec de l'espoir

L'année 1998 refléta, pour l'Amiga, le désir de développer un produit nouveau en rupture avec les anciennes machines de Commodore à présent nommées "Classic". Pour la première fois en cinq ans, les projets semblaient permettre un véritable retour de l'Amiga. Les annonces d'Amiga Inc. montrèrent une volonté de concevoir quelque chose de grand, qui dépassait le stade de l'ordinateur personnel. Mais les retards et délais importants avant une quelconque réalisation mirent le marché dans une situation encore plus critique. Petro Tyschtschenko annonça, en janvier 1999, que l'Amiga avait généré 10 millions de DM en terme de ventes entre mars 1997 et décembre 1998. Ce chiffre montra bien la demande était toujours présente mais d'un niveau de plus en plus modeste.

QNX semblait révolutionnaire mais le quotidien des amigaïstes passait d'ici là par les projets concrets du duo allemand Phase 5/Haage & Partner : PowerPC, carte 3D et AmigaOS 3.5.


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