Obligement - L'Amiga au maximum

Samedi 25 novembre 2017 - 03:13  

Translate

En De Nl Nl
Es Pt It Nl


Rubriques

 · Accueil
 · A Propos
 · Articles
 · Galeries
 · Glossaire
 · Hit Parade
 · Liens
 · Liste jeux Amiga
 · Quizz
 · Téléchargements
 · Trucs et astuces


Articles

 · Actualité (récente)
 · Actualité (archive)
 · Comparatifs
 · Dossiers
 · Entrevues
 · Matériel (tests)
 · Matériel (bidouilles)
 · Points de vue
 · En pratique
 · Programmation
 · Reportages
 · Tests de jeux
 · Tests de logiciels
 · Tests de compilations
 · Articles divers

 · Articles in english
 · Articles in other languages


Twitter

Suivez-nous sur Twitter




Liens

 · Sites de téléchargements
 · Associations
 · Pages Personnelles
 · Moteurs de recherche
 · Pages de liens
 · Constructeurs matériels
 · Matériel
 · Autres sites de matériel
 · Réparateurs
 · Revendeurs
 · Presse et médias
 · Programmation
 · Développeurs logiciels
 · Logiciels
 · Développeurs de jeux
 · Jeux
 · Autres sites de jeux
 · Scène démo
 · Divers
 · Informatique générale


Jeux Amiga

0, A, B, C, D, E, F,
G, H, I, J, K, L, M,
N, O, P, Q, R, S, T,
U, V, W, X, Y, Z


Trucs et astuces

0, A, B, C, D, E, F,
G, H, I, J, K, L, M,
N, O, P, Q, R, S, T,
U, V, W, X, Y, Z


Glossaire

0, A, B, C, D, E, F,
G, H, I, J, K, L, M,
N, O, P, Q, R, S, T,
U, V, W, X, Y, Z


Partenaires

Annuaire Amiga

Amedia Computer

Relec

Hit Parade


Contact

David Brunet

Courriel

 


Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1999
(Article écrit par David Brunet - octobre 2012)


1999 : le grand gâchis

Ce fut l'année des annonces, des clarifications, des contradictions et des annulations. L'année où la société Amiga passa la vitesse supérieure en matière de développement, mais malheureusement pas dans le sens voulu par les utilisateurs. Gateway/Amiga Inc. poursuivirent leur semblant de stratégie pour l'Amiga mais uniquement avec des annonces et pas de concret. Pire, le projet d'Amiga NG fut abandonné, causant l'un des pires désastres de l'histoire de l'Amiga. Le salut de la communauté Amiga passa de plus en plus par le PowerPC que la dernière version en date du système, le 3.5, gérait enfin.

L'arrivée de Jim Collas

La confusion engendrée par l'annonce de Be et l'éviction de Fleecy Moss l'année précédente poussa Gateway à réévaluer sa filiale Amiga. Celle-ci aurait tout à fait pu fermer ses portes mais la nomination de Jim Collas le 27 février évita cette issue. Il était vice-président de Gateway et ayant découvert la philosophie derrière l'Amiga, il n'hésita pas à réduire son salaire afin de prendre en main la société.

Jim Collas
Jim Collas

Sous la houlette de Jim Collas, la société Amiga déménagea de Sioux City (Iowa) à San Diego et San Jose (Californie), dans une région plus propice pour recruter des ingénieurs informatiques. L'équipe se composa de Petro Tyschtschenko (responsable de l'Amiga Classic, de ses licences et de ses produits dérivés), d'Allan Havemose (développement logiciel, déjà présent depuis 1998 mais recruté "officiellement" seulement en février 1999), Jeff Schindler (stratégie et gestion des produits) et Jim Von Holle (marketing). Amiga Inc. souhaitait recruter des développeurs et de nouvelles recrues apparurent rapidement comme Richard Lipes (février), qui devint ingénieur logiciel pour le graphisme et le son, et le Dr Richard LeFaivre (avril) qui prit le poste de directeur technique. Ces deux personnes avaient une certaine expérience et avaient travaillé dans des entreprises comme Apple ou Silicon Graphics. Ces six personnes avaient toutes le titre de vice-président.

Rick Lefaivre
Rick Lefaivre

La nouvelle structure d'Amiga Inc. ne se basait pas uniquement en Californie. Petro Tyschtschenko, par exemple, resta dans ses bureaux à Langen en Allemagne pour gérer "sa" filiale, Amiga International. Le fait d'avoir deux sociétés Amiga séparées (Amiga International et Amiga Inc.) pesait également et une fusion des deux en une seule société simplement nommée "Amiga" ou "Amiga Inc." fut entreprise. Le 17 mars, les sites Amiga.com et Amiga.de fusionnèrent. Les deux sites étaient auparavant mis à jour séparément ce qui provoquait des décalages pour les annonces officielles. Cette fusion d'entreprise ne fut jamais réellement perçue du côté des utilisateurs et elle fut même suspendue lorsque Jim Collas quitta l'Amiga quelques mois plus tard.

Les ambitions de Jim Collas/Amiga Inc.

Avec cette nouvelle structure, Jim Collas put commencer à annoncer ses projets (salon Amiga 99 et Executive Update d'avril 1999). Il souhaitait notamment mettre sur le marché AmigaOS 3.5 (système d'exploitation pour Amiga Classic, développé par Haage & Partner), l'AmigaSoft Operating Environment (système d'exploitation Amiga de prochaine génération) et un ordinateur de prochaine génération qui devait apparaître à la fin du quatrième trimestre 1999. Ce dernier, également prévu sous l'ère Schindler, était déjà bien en retard : le délai de la plate-forme de développement OS5Dev était largement dépassé (fin d'année 1998). Selon Jim Collas dans une notification d'avril 1999, l'immobilisme des deux dernières années étaient dû à Gateway qui n'avait pas l'Amiga dans ses priorités : "Des erreurs ont été commises pour définir le chemin que devait prendre l'Amiga", "Gateway fut préoccupé, durant cette période, par des restructurations internes afin de renforcer son avenir".

Gateway autorisa donc Amiga Inc. à devenir une filiale plus ou moins indépendante. Cela permit à Amiga Inc. de développer la technologie nécessaire pour rentrer de plain-pied sur le marché, en expansion, de la convergence numérique. Ce terme que la communauté Amiga avait découvert en 1998 eut un regain d'intérêt lorsqu'IBM, éminant acteur du monde informatique, annonça le 28 mars 1999 que "l'ère du PC était terminée" et que "les appareils d'information (Information Appliance) seront le prochain gros marché." Soudainement, les gens qui riaient à propos des projets d'Amiga Inc. sur les appareils Internet se sont tus et ont commencé à prendre au sérieux la société.

Pour réussir, Amiga Inc. avait besoin de partenaires. Le premier fut mentionné dans un article de la revue Com-Digit Journal, qui indiqua un probable soutien de Corel pour la nouvelle plate-forme. Cette nouvelle résonna dans toute la communauté Amiga. Corel était connu pour sa suite bureautique WordPerfect et son logiciel de dessin Draw ; cela amena évidemment des spéculations concernant un éventuel portage de ses produits sur le nouveau système. Il y eut aussi des spéculations sur Transmeta, un mystérieux constructeur de puces électroniques. Et au fil des semaines, d'autres noms de partenaires réels ou potentiels furent divulgués comme Sun pour Java et Jini, Pentagram pour les études de style, Broadcom/Epigram pour les réseaux, sans oublier QNX, déjà annoncé depuis 1998, pour le système d'exploitation.

La méthode Collas semblait fonctionner et l'immobilisme n'était plus de mise. Et on ne tarda pas à entrevoir le premier signe concret de l'ère Collas : le magazine Amiga Format, dans son édition de mai, indiqua que des maquettes étaient quasiment prêtes en montrant l'une d'elles. Le concept nommé "Kyoto" avait quelques éléments jamais vus auparavant. On pouvait y voir une grosse influence de la part de Jeff Schindler puisque le produit ressemblait plus à un PC-TV qu'à un Amiga (Jeff Schindler, avant de rejoindre Gateway, travaillait sur des concepts de PC-TV). Les autres images des projets furent publiées dans le numéro d'août du même magazine. Il y avait tout un panel de maquettes, allant du périphérique Internet mobile aux appareils numériques pour la cuisine. L'Amiga version convergence numérique prenait forme.

concepts Amiga NG
Concepts de l'Amiga MCC

Mais un doute subsistait sur la vraie nature de l'Amiga NG en tant qu'ordinateur (ce que la communauté Amiga attendait) : le 3 juin, dans une entrevue avec le journal anglais The Guardian, Ted Waitt, le patron de Gateway, déclara :

"Nous avons eu un groupe de personnes pour exploiter les actifs Amiga dans le but d'une stratégie pour divers appareils [...]. Ce n'est certainement pas une entreprise informatique."

Cette phrase interloqua les amigaïstes et beaucoup de courriels ont été envoyés à Jim Collas pour avoir des explications. Si l'Amiga n'était plus dans l'informatique, comment l'Amiga MCC pourrait voir le jour ? Jim Collas tenta de réparer les dégâts en précisant qu'il s'agissait des intérêts de Gateway qui ne concernaient pas Amiga puisque celui-ci travaillait avec toute une série d'entreprises en vue de fournir une gamme complète de solutions, notamment de matériels informatiques. Cette tentative pour réparer les dégâts passa plutôt bien aux yeux de la communauté Amiga mais tout le monde voyait bien que Gateway voulait prendre entièrement le contrôle de sa filiale. Cette divergence de vues entre Gateway et Amiga fut par la suite fatale.

Noyau : Linux remplace QNX

Le 8 juillet, Dan Dodge, président de QNX, annonça sur son site Web, que sa société avait travaillé silencieusement ces sept derniers mois en vue de fournir, à la communauté Amiga, un nouveau et alléchant système. Le projet, décrit comme "un système développeur pour les amigaïstes" était à présent prêt pour les bêta-tests.

Dan Dodge
Dan Dodge

L'annonce fut accueillie avec enthousiasme lorsque des captures d'écran du nouvel environnement furent publiées. Mais des utilisateurs remarquèrent que l'annonce était plutôt discrète : en effet, seul QNX avait fait l'annonce, et Amiga, bizarrement, ne l'avait pas relayée (de plus, les captures d'écran montrèrent un environnement assez éloigné du "look and feel" de l'Amiga). Dans l'une des captures d'écran, Voyager (un navigateur Web, mais pas celui de Vaporware), montrait une image du site de QNX, alors que si le système avait été le fruit d'un travail en commun, il aurait été plus judicieux d'y mettre une image du site Amiga. Cela mis la puce à l'oreille de certains qui en concluaient que le partenariat avait cessé depuis quelque temps déjà.

QNX QNX QNX
QNX

Le jour d'après (9 juillet 1999), Amiga annonça de son côté que QNX n'était plus le partenaire pour le système d'exploitation pour l'AmigaNG. Il avait choisi, à la place, le noyau Linux. Ce jour fut rapidement nommé le "vendredi noir" (black friday) par les amigaïstes à travers le monde. Mais pourquoi Amiga a préféré le noyau monolithique de Linux à celui de QNX, pourtant très efficace et très apprécié ? L'incompréhension régna et Amiga reçut de nombreux messages leur stipulant leur incapacité professionnelle voire des insultes, ou encore des menaces de mort pures et simples. Une pétition fut d'ailleurs mise place pour qu'Amiga reconsidère QNX.

Les causes de ce divorce furent multiples. Amiga Inc. souligna notamment la difficulté d'attirer des développeurs vers un système propriétaire autre que Windows, et le fait que Linux disposait de davantage de pilotes, était plus "tendance" et offrirait une meilleure chance de succès à long terme. Si la nouvelle enthousiasma la communauté Linux, elle fut bien plus mitigée du côté de la communauté Amiga. Celle-ci se scinda à nouveau en deux : ceux qui supportaient ce nouveau choix et ceux favorables à QNX. Jim Collas publia une lettre ouverte en espérant que la communauté Amiga puisse un jour comprendre ce choix. Il affirma aussi qu'Amiga allait publier dans les prochains jours un document sur ses futures orientations technologiques (Technology Brief). Ces mots n'ont pas permis de calmer la colère et de nombreux éditoriaux prirent ce choix comme une trahison.

Ce document technique fut publié en juillet. Il présentait les orientations technologiques qu'Amiga Inc. avait choisies pour l'Amiga de nouvelle génération. Il y avait la présentation du système d'explotation "Amiga Operating Environment", avec beaucoup de jargon commercial, sans que l'on sache si cela fonctionnait réellement. Celui-ci était donc basé sur le noyau Linux, avait X Window en tant qu'interface graphique et un nouveau Workbench Open Source en tant que bureau. Il devait aussi disposer d'un nouveau concept, AmigaObjects, qui devait être la fondation pour les services et objets du système, avec une compatibilité réseau, Java, Jini et OpenGL. Amiga Inc. avait d'ailleurs poursuivit ses recrutements avec David Curtis (au poste de responsable du développement de l'AmigaObjects) et du Dr Jim Miller (en charge du développement logiciel et des interfaces utilisateur).

Le document confirma malgré tout la présence d'un nouvel ordinateur Amiga, l'Amiga MCC (Multimedia Convergence Computer), basé sur un processeur et une puce graphique encore tenus secrets. Le "MCC" était un clin d'oeil au "MMC" (Mystery Monster Chip) qui était le nom de la puce que tout le monde avait adopté l'année précédente.

Diagramme logiciel
Le diagramme logiciel

Partenariat QNX/Phase 5

Un nouveau partenariat naquit entre QNX et Phase 5. Ces deux sociétés avaient été refoulées par Amiga par le passé. Le partenariat visait à développer Neutrino, le système de QNX, sur les cartes PowerPC actuelles et futures de Phase 5. Cet habile rapprochement avait dans l'optique de permettre d'utiliser les applications Amiga et de développer pour QNX sur une même plate-forme. Quelques heures plus tard, Phase 5 annonça qu'une nouvelle machine était en développement pour faire fonctionner la version PowerPC de Neutrino : l'AmiRage K2. Cette dernière était une reprise de ses anciens projets, l'A\Box et le Pre\Box, mais sans avoir à concevoir des composants spécifiques.

La sympathie envers QNX était alors à son zénith. La société canadienne semblait vouloir réellement s'occuper des utilisateurs Amiga. Dan Dodge et d'autres employés de chez QNX prirent notamment le temps de s'inscrire et de participer à des listes de diffusion et des groupes de discussion Amiga. Bien qu'Amiga avait promis de porter l'Amiga OE sur PowerPC, on sentait bien que la solution alternative de QNX/Phase 5 pouvait dépasser les projets d'Amiga si elle sortait avant. Mais ce regain d'optimisme fut de courte durée puisque cet accord ne dépassa pas le stade du communiqué de presse : Phase 5 fut incapable de livrer une carte mère PowerPC à QNX.

Mise à mort du projet Amiga NG

Soucieux de faire revenir la communauté Amiga à ses côtés et de rehausser son image, Amiga lança une nouvelle vague d'annonces. Il y avait notamment la confirmation de l'accord avec Corel, l'éditeur de logiciels graphiques et bureautiques : cette fois c'est Corel lui-même qui relaya l'information. Il y eut ensuite la présentation du premier prototype de l'Amiga MCC lors des salons World Of Amiga et AmiWest fin juillet. Il s'agissait en fait seulement du boîtier de la machine, conçu par Pentagram. Cette présentation confirmait l'idée qu'Amiga ciblait bel et bien le marché de la convergence comme un objectif ; l'Amiga MCC ressemblant plus à un enregistreur vidéo qu'à un ordinateur. D'ailleurs, en août, on apprit qu'Amiga Inc. avait déposé son premier brevet de l'ère Amiga post-Commodore. Ce brevet, qui fut suivi par 17 autres, touchait uniquement le domaine de la TV numérique.

Amiga MCC
L'Amiga MCC

Mais à partir d'août, une succession d'évènements mit en péril tout le projet d'Amiga NG. Gateway ordonna d'abord à Amiga de retirer plusieurs annonces de produits majeurs du site Web, et de rester muet à leur propos. Le site Web d'Amiga annonçait alors :
"Durant les prochains mois, l'équipe Amiga se concentrera sur la mise en place de ses plans d'affaire et de produits. Nous ne discuterons ni ne commenterons les futures directions prises par la société durant toute cette période."
Jim Collas indiqua que Gateway n'aimait pas trop que l'on donne des informations sur des produits qui n'étaient pas encore disponibles. Cet état de fait fut confirmé par Petro Tyschtschenko, le vice-président d'Amiga, qui expliqua qu'ils avaient changé leur politique de communication afin de ne pas trop divulguer d'informations à la concurrence. Mais personne ne crut à cette version des faits.

La suite fut un double limogeage à quelques heures d'intervalle (31 août et 1er septembre). Le premier fut celui de Bill McEwen, qui avait travaillé chez Amiga Inc. en tant que responsable des relations avec la presse. Il avait tissé une toile de liens avec la communauté et publiait régulièrement un bulletin d'informations nommé "Amiga Insight". Il travaillait aussi avec l'Amiga Advisory Council (AAC), un nouveau groupe de réflexion pour la plate-forme Amiga. Il fut un temps pressenti pour un poste plus permanent (il travaillait sous contrat) mais il reçut un préavis qui lui indiqua qu'il ne travaillait plus pour Amiga Inc. Un employé de chez Gateway, qu'on ne nommera pas, précisa que Bill fut mis à la porte en raison de son hostilité aux ordres de Gateway.

Le second limogeage fit l'effet d'une bombe, ce fut celui de Jim Collas lui-même, seulement neuf mois après être entré en fonction. La raison de son départ fut un temps restée inconnue. Mais il s'est avéré que, contrairement à ce qui lui avait été promis, Jim Collas ne pourrait pas prendre de décision concernant l'Amiga sans en référer et obtenir le feu vert de Gateway, autrement dit en faire une société indépendante. De plus, cette dernière lui avait annoncé que l'Amiga MCC ne verrait jamais le jour. La nomination de Jeffrey Weitzen en tant que directeur technique de Gateway fut malheureuse : une véritable lutte de pouvoir s'installa entre lui et Collas. Jeffrey Weitzen n'avait aucun intérêt pour les projets de Jim Collas. A présent, on comprenait mieux pourquoi Gateway avait demandé à Amiga Inc. de changer de politique de communication et de rester muet sur nombre de sujets. Quoi qu'il en soit, ces désaccords furent profonds : Jim Collas ne quitta pas seulement la société Amiga, il tourna aussi sa page avec Gateway en vendant ses actions.

Un nouveau président d'Amiga Inc. fut nommé par Gateway : Thomas J. Schmidt. Il publia plusieurs lettres ouvertes à la communauté. Si dans l'une d'elles, il indiqua que "les nouvelles de la mort de l'Amiga ont été grandement exagérées", il confirma cependant l'arrêt du développement de l'Amiga MCC dans son intervention du 17 septembre : "Après les changements intervenus dans la direction chez Amiga, nous avons revu tous nos plans de production", "Pour être honnête, notre capacité à fournir le MCC était irréaliste." Amiga Inc. version Thomas J. Schmidt devait se concentrer sur le système d'exploitation, laissant le matériel à des sociétés tierces. Selon l'annonce, le système tournerait par-dessus d'autres systèmes d'exploitation, ce qui supposait que l'Amiga OE se soit transformé en une distribution Linux tout à fait banale (et seul restait l'AmigaObjects en tant que technologie "révolutionnaire" provenant d'Amiga). Une nouvelle fois, l'Amiga était mort, les deux ans de l'Amiga entre les mains de Gateway sonnaient comme un grand gâchis...

Ces annonces d'abandon de l'Amiga MCC provoquèrent une baisse nette de motivation chez beaucoup de développeurs qui suspendirent voire arrêtèrent leur projets. Une campagne de protestation fut même organisée contre Gateway, en vain.

Mais pourquoi une grande société comme Gateway n'a pas pu faire renaître l'Amiga ? La réponse est simple : l'influence néfaste de Microsoft. Déjà en milieu d'année 1999, Jim Von Holle, un ancien employé de Gateway, décrivit comment Microsoft tenta de punir les propriétaires de l'Amiga à la suite du lancement de Gateway.net, le portail de Gateway, concurrent de celui de Microsoft. Puis, l'annonce de l'arrêt de l'Amiga MCC fut précédée d'une autre en relation avec Microsoft : Gateway faisait partie des entreprises qui allaient fabriquer et vendre la future console de Microsoft, la X-Box. En raison de la date très rapprochée de ces deux annonces, certains amigaïstes pensèrent qu'elles étaient liées. A l'époque, Fleecy Moss, dans une entrevue pour le magazine Clubbed (publiée le 12 septembre), indiqua que Jim Collas partit car Gateway fut menacé par Microsoft quand ce dernier prit connaissance des projets de Gateway pour l'Amiga. Plus tard, c'est Petro Tyschtschenko qui confirma la chose en soulignant que Bill Gates ne voulait pas que la nouvelle plate-forme Amiga puisse concurrencer les PC, et mit la pression sur les dirigeants de Gateway, qui à leur tour mirent la pression sur Jim Collas. Pour sa part, Jim Collas ne crut pas à ces histoires et pensa que le rôle jouer par Microsoft n'était que de la spéculation.

Sortie d'AmigaOS 3.5, projets de systèmes PowerPC

Après une longue et turbulente phase de développement, l'AmigaOS 3.5 fut enfin finalisé en octobre 1999. Ce fut la première mise à jour du système depuis cinq ans et la première version à ne pas tourner sur les A1000 et A500 non-étendus. En effet, AmigaOS 3.5 nécessitait un 68020 et 4 Mo de mémoire au minimum. Ce fut aussi la première fois qu'un système Amiga était publié sur CD.

Les améliorations concernèrent la gestion de l'Internet (avec une pile TCP/IP en version démo), une interface revue (icônes au format GlowIcon 256 couleurs, ClassAct/Reaction pour gérer les GUI...), la gestion des disques de plus de 4 Go, une meilleure gestion des CD, la gestion du PowerPC (avec la couche WarpUP 4.0 de Haage And Partner), etc. Par contre, la gestion pour la standardisation des cartes sonores et graphiques (RTA et RTG), pourtant préalablement prévu, ne fut pas de mise.

AmigaOS 3.5 AmigaOS 3.5
AmigaOS 3.5

Haage And Partner avait aussi comme projet de porter AmigaOS (version 4.0) sur PowerPC. La firme allemande présenta notamment au salon Home Electronic World, des machines à base de processeur PowerPC et au standard POP (PowerPC Open Platform). Ce type de machine était pressenti comme possible base du futur Amiga PowerPC.

L'adapatation sur PowerPC du système Amiga était aussi l'ambition de Ralph Schmidt, Markus Wild et de Frank Mariak. Ils annoncèrent le 25 décembre 1999 le développement en cours de MorphOS, un système capable de lancer les applications Amiga, tout en ne fermant pas la porte à des spécifications système plus modernes. C'était plus ou moins le même objectif que PowerOS, un autre système d'exploitation Amiga. Conçu par Claus Herrmann, il devait tourner uniquement sur PowerPC, en délaissant complètement le processeur 68k. Claus Herrmann reçut d'ailleurs de Met@box l'une des seules cartes AmiJoe disponibles. Cependant, les deux projets MorphOS/PowerOS intégraient ou devaient intégrer un émulateur 68k pour assurer une rétrocompatibilité.

Tentatives d'union de la communauté Amiga

Comme la maison mère avait tué l'Amiga tel que les amigaïstes le concevaient, plusieurs organisations furent ainsi mises sur pied pour assurer une vie à l'Amiga : Phoenix Platform Consortium, IMP, COSA et AQUA. Celles-ci rejoignirent d'autres projets similaires déjà en place comme KOSH (Kommunity OS and Hardware, de Fleecy Moss et Dave Haynie). On n'avait jamais vu la communauté Amiga réagir aussi massivement pour la survie de la plate-forme.

La création du Phoenix Platform Consortium était une réponse directe à l'échec de Gateway concernant le développement d'un nouvel Amiga. Une liste impressionnante de noms avait rejoint le consortium : Carl Sassenrath, RJ Mical, Dave Haynie, Bill McEwen, Wolf Dietrich, Greg Perry... L'objectif du Phoenix Platform Consortium était de tracer une transition claire pour les utilisateurs actuels d'Amiga.

Le projet IMP (Independant Multimedia Platform) fut créé par Volker Mohr peu de temps après le départ de Jim Collas. Son intention était de garder la plate-forme Amiga en vie et de lui donner un avenir grâce, notamment, à un AmigaOS et un matériel Open Source. Cela rejoignait un peu l'initiative COSA (Campaign to Open Source AmigaOS) montée par Steve Crietzman, en septembre, pour libérer le code source d'AmigaOS.

AQUA (Amino QNX United Architecture) était un partenariat entre trois sociétés : Amino, QNX Software System Ltd et REBOL. Ces trois firmes semblaient être la réincarnation de l'esprit Amiga. QNX représentait le passé (ancien partenaire pour l'OS), REBOL était le présent (langage multiplate-forme facile à utiliser) et Amino représentait l'avenir (avec Bill McEwen et Fleecy Moss à sa tête). Mais cette alliance fut de courte durée puisque Amino se détacha inexplicablement des deux autres.

Des rumeurs de rachat de l'Amiga commencèrent à circuler à partir d'octobre 1999. Dans les semaines qui suivirent, des noms comme Sun, Dell, IBM, Anti Gravity, Amino et Petro Tyschtschenko, furent annoncés comme probables acquéreurs. Et finalement, c'est Amino Development qui rafla la mise malgré une tentative d'Anti Gravity qui fut plus lucrative. Ainsi, Fleecy Moss et Bill McEwen, avec l'aide financière de la société anglaise Tao Group, furent capable de racheter les restes d'Amiga à Gateway, à l'exception des brevets, en toute fin d'année.

Matériel : le temps des annonces

Le projet BoXeR de Mike Tinker, une sorte d'Amiga Classic modernisé, fut quasiment entièrement revu afin de mieux s'accorder aux standards matériels récents. Une révision de la carte mère fut entreprise (BoXeR 2), elle utilisait le nouveau circuit AA+ (circuit amélioré et compatible AGA, refondu dans une seule puce, toujours en cours de développement), pas de limitation pour la mémoire Chip, un port d'extension PowerPC 64 bits et quatre ports PCI actifs. L'intérêt pour cette carte fut alors considérable, beaucoup de personnes annoncèrent vouloir en acheter une. Ses deux distributeurs, Anti Gravity et BlitterSoft, proposaient même des précommandes (à 1495 $ et 765 £ respectivement), alors que la carte n'était pas terminée.

Une autre société avait annoncé des machines Amiga, ce fut l'entreprise autrichienne IWin. Le 16 août, elle annonça la production de l'A1010 et l'A510, deux machines clones de l'Amiga. La configuration de ces machines était supposée être la suivante : processeur 68060 ou PowerPC 604, 8 Mo de mémoire Chip, puce 3D, son 16 bits, ports USB et bien plus. Les amigaïstes étaient stupéfaits : comment une petite société inconnue avait pu construire une machine que beaucoup pensaient si difficile à réaliser ? Dave Haynie commenta cette annonce en précisant qu'il était impossible de créer une émulation des puces propriétaires sans violer un brevet ou un copyright. Mais on s'aperçut, au fil des semaines, que toutes ces belles promesses n'étaient qu'un cynique canular. Et en ces temps de désespoir, beaucoup d'amigaïstes y crurent.

BoXeR
Le BoXeR révision 2

L'envie de puissance était toujours vive au sein de la communauté, de plus en plus de personnes franchir le pas du PowerPC. Phase 5 annonça autour d'avril/mai que la barre des 10 000 de ses cartes PowerUP fut dépassée. Ce chiffre relativement bon le poussa sans doute à continuer dans cette voie et le fabricant allemand entreprit la construction de carte PowerPC de nouvelle génération : les CyberStormPPC/BlizzardPPC G3 et G4. Elles devaient fonctionner sans processeur 68k grâce à un émulateur 68k en cours de développement par Sam Jordan pour le compte de Haage & Partner.

Mais Phase 5 n'était pas seul sur ce créneau. Pas moins de trois sociétés annoncèrent des produits à base de PowerPC : Met@box avec son Amijoe G3, Escena avec la Brainstormer (un à deux processeurs G3 de 233 à 400 MHz, utilisation de l'émulateur 68k de Haage & Partner), et enfin le groupe Titan Computer/ACT/Haage & Partner avec la Twister PPC (anciennement nommée "Viper PPC", avec un processeur PowerPC G3/G4 de 300 à 450 MHz, l'émulation 68k de Haage & Partner, et une carte graphique Twister Vision à base de Riva TNT2). Tout cela sentait bon pour les amigaïstes mais aucun de ces projets ne fut mener à son terme.

Le marché 68k était mi-figue mi-raisin, certains constructeurs l'abandonnèrent alors que d'autres y voyaient encore une source de revenus possible. DCE, par exemple, n'hésita pas à payer, le 27 avril, pour s'octroyer une licence pour la production et la commercialisation des cartes accélératrices à base de 68k de Phase 5 (Blizzard, etc.). Ce même DCE commercialisa sa propre carte 68030, la Typhoon Mk2, pour A1200 à un prix très compétitif, tout comme ACT/Elbox avec leur carte Apollo 1230 Mk3.

Elbox, justement, multipliait les projets avec son FastATA 4000 (IDE rapide pour A4000) et surtout sa carte bus Zorro IV pour A1200. Celle-ci ajoutait de nombreux ports : quatre ports horloge, cinq Zorro II et deux Zorro IV, un nouveau bus propriétaire 32 bits mis au point par Elbox. Malgré son nom, ce bus était assez lent puisqu'il ne gérait pas les transferts DMA. Atéo Concepts était une autre société qui s'était immiscée dans le secteur des bus propriétaires, avec son AtéoBus en 1998 (en fait des ports ISA modifiés). Cette année, le constructeur français sortit l'AtéoNet, une carte réseau Ethernet standard qui tranchait avec les autres cartes du marché Amiga en raison de son prix bas.

E/Box Zorro IV
E/Box Zorro IV (photo d'Jan Schoenenberg)

Ce marché matériel Amiga souffrait non seulement de la concurrence PC mais aussi des incertitudes de la part d'Amiga Inc. Trois grands acteurs arrêtèrent ainsi cette année leurs activités Amiga : Village Tronic (connu pour sa carte graphique Picasso IV, arrêt de la production des Picasso IV et de ses modules), MicroniK (divers matériels, arrêt en octobre) et Paxtron (fournisseur de pièces détachées Amiga qui vendit tout son stock en septembre).

Le PowerPC se fait une place dans la logithèque Amiga

Ça n'avançait pas beaucoup sur le front de Java, malgré la mise à disposition du code source de Java 2 par Sun en février. Kaffe, l'une de ses implémentations, fut presque terminé (par Nicholai Benalal) mais uniquement sous l'environnement X11 et aucune version native Amiga n'apparut. Cependant, l'espoir renaquit quand Ramjam Consultants publia Jikes, le premier et seul logiciel Java pour Amiga. Il s'agissait d'un compilateur Java provenant d'IBM. Et de son côté, Holger Kruse, déjà auteur de la pile TCP/IP Miami, annonça Daytona, un moteur d'exécution Java. Ce fut une implémentation complète et compatible à 100%, la meilleure sur Amiga et tout le mode attendait sa finalisation.

AmigaOS 3.5 avait apporté la compatibilité PowerPC grâce à WarpOS. Cependant, ce dernier était incompatible avec PowerUP, l'autre noyau PowerPC sur Amiga. Cette incompatibilité fut réduite avec PPCLibEmu, une bibliothèque conçue par le développeur allemand Frank Wille. La compatibilité ne fut pas parfaite mais ce fut un premier pas pour limiter une scission de la logithèque PowerPC.

Outre le PowerPC, la logithèque Amiga muta également grâce à la 3D. Deux bibliothèques étaient en concurrence : Warp3D 2.0 de Sam Jordan et des frères Frieden, et Rave3D de Vision Factory Development. Les deux pouvaient à présent gérer le Permedia 2, la puce présente sur les cartes CyberVisionPPC/BVisionPPC. Mais le combat tourna rapidement en faveur du premier car la plupart des jeux l'utilisait. Rave3D faisait cependant tourner un logiciel de poids : Tornado 3D, application de création 3D de chez Eyelight.

Tornado 3D, dont les versions 2.1 puis 3.0 arrivèrent cette année, menait désormais la course en tête dans le domaine de la création 3D sur Amiga grâce aux bonnes performances du couple PowerPC/carte 3D. Imagine, de son côté, apparu en v5.16 mais avec une timide gestion du PowerPC. Et malgré les promesses de son distributeur, CAD Technologies, la version 6.0, qui aurait pu relancer ce logiciel, fut annulée. En 2D, les logiciels graphiques Amiga restaient intéressants : Art Effect 3.0 de Haage And Partner puis Photogenics 4.0 de Paul Nolan et ImageFX 4.0 de Nova Design furent commercialisés en 1999. Ces trois applications demeuraient natives 68k, seul ImageFX eut un greffon PowerPC (PowerStation) : le changement de processeur aurait amené un gros travail d'adaptation mais le gain en vitesse aurait pu être considérable. Par exemple, les lecteurs vidéo qui passèrent au PowerPC, comme AMP de Mathias Roslund, donnèrent une sacrée bouffée d'oxygène à ce genre de logiciel.

Photogenics 4 ImagefFX 4
Photogenics 4 et ImageFX 4

Pour l'audio, on constata cette année l'émergence de deux programmes d'envergure. On avait d'abord ProStation Audio de la société italienne Audio Labs, un éditeur audio non linéaire qui gérait en partie le PowerPC. Et aussi Audio Evolution (anciennement connu sous le nom de PlayHD) de Davy Wentzler. Ce logiciel de montage audio multipiste était capable de jouer et enregistrer des échantillons de manière simultanée, avec gestion d'effets DSP, édition d'échantillons et mixage.

Les amateurs de bureautique n'eurent pas une bonne année avec 1999. Aucun logiciel de traitements ne fut mis à jour. Il fallut attendre la nouvelle version 4.0 de PageStream à l'automne pour avoir quelque chose à se mettre sous la souris. Cette version ajouta un certain nombre de nouvelles possibilités comme l'indexation automatique, l'exportation en PDF, la création de tables des matières ou l'importation/exportation en HTML.

Sur le plan de l'Internet, les trois navigateurs "historiques" (AWeb, IBrowse, Voyager) se partageaient toujours les faveurs des amigaïstes. AWeb, qui fut le premier à être compatible JavaScript en 1998, fut rattrapé par IBrowse 2.1 et Voyager 3.0. Mais ces deux derniers avaient repris l'ascendant en offrant en plus, respectivement, et pour la première fois sur Amiga, la gestion du HTML 4 et du Flash. Cette guerre des navigateurs aurait très bien pu être caduque avec l'arrivée de Netscape Communicator 5. En effet, deux projets, aMozillaX et Mozzam, prévoyaient le portage de ce puissant navigateur sur Amiga. Les gens derrière aMozillaX, Ben Rothwell et Ian Parker, plus tard réuni sous le label "Free Amiga", publièrent même quelques captures d'écran. Mais au fil de l'année, malgré beaucoup d'efforts, aucune version publique ne fut livrée. Concernant les gestionnaires de courriers électroniques, YAM avait enterré Air Mail Pro, mais les développeurs de ce dernier tentèrent de reprendre le dessus en publiant StarGate, le premier client de courriers électroniques utilisant les protocoles POP3 et SMTP.

Le développement de WinUAE, un émulateur Amiga pour Windows, franchit une étape importante en 1999. La version 0.8.8 de ce dernier pouvait enfin émuler les puces AGA : l'Amiga était à présent presque entièrement émulable sur une autre machine ! Côté émulateurs pour Amiga, une petite bombe tomba lorsque Mathias Roslund annonça la disponibilité d'un émulateur Nintendo 64, l'une des consoles les plus en vogue du moment. Cet émulateur se nommait True Reality et était natif PowerPC. Mais malheureusement, la vitesse et la compatibilité ne furent pas au rendez-vous. Une première version de MAME (Multiple Arcade Machine Emulator) débarqua aussi sur Amiga 68k et PowerPC offrant par la même occasion l'émulation de nombreuses consoles via un seul programme. La compatibilité, elle, était quasiment parfaite pour un autre émulateur, ShapeShifter, spécialisé pour le Mac 68k. Sa version 3.10 pouvait faire fonctionner Mac OS 8, le dernier système d'exploitation d'Apple pour les processeurs 68k. ShapeShifter 3.10 était aussi gratuit car son auteur, Christian Bauer, abandonna ses développements Amiga. Il était d'ailleurs loin d'être le seul, les développeurs peinaient de plus en plus à gagner de l'argent sur Amiga : NewTek s'écarta lui aussi du marché Amiga (et publia TVPaint 3.59 gratuitement en tant que cadeau de départ), tout comme Digita International, la firme conceptrice de Wordworth et de TurboCalc.

Le premier jeu commercial Amiga utilisant le PowerPC fut annoncé en avril. Il s'agissait de Eat The Whistle, un jeu de football de chez Hurricane Studios. Sa version PowerPC fut disponible en tant que mise à jour gratuite via Aminet. Le premier jeu commercial utilisant le couple PowerPC/accélération 3D fut lui aussi publié en 1999. Ce fut WipEout 2097, un jeu de course futuriste tout droit porté de la version PC par la toute jeune équipe de Digital Images. Cette petite société menée par Stuart Walker avait de grosses ambitions et annonça d'autres portages en cours (F22 Air Dominance, Zeewolf 3...) mais le manque d'argent les stoppa dans leur élan.

WipEout 2097
WipEout 2097

En 1999, il ne restait plus beaucoup d'éditeurs de jeux. La société canadienne Clickboom restait cependant une valeur sûre, après les succès de Myst et Quake les années passées, cet éditeur commercialisa deux jeux qui furent très bien accueilli par les amigaïstes : Napalm (stratégie) et T-Zer0 (shoot'em up). Mais Clickboom soufflait le chaud et le froid. Une querelle éclata en plein jour entre Alexander Petrovic, le gérant de la société, et l'ancienne équipe de Clickboom (basée en Serbie), via un fichier caché sur le CD de Myst. L'équipe de développement accusait Alexander Petrovic de ne pas les avoir payé pour le travail sur Capital Punishment, leur premier jeu, et de leur avoir volé le nom de "Clickboom". Cette affaire aurait pu avoir de graves répercussions mais l'éditeur canadien poursuivit son soutien à l'Amiga.

Napalm
Napalm

Avec 180 jeux (dont une vingtaine de commerciaux), l'année 1999 confirmait la pente descendante qu'avait entamé la scène ludique Amiga depuis quelques années. Un certain nombre de jeunes développeurs se lancèrent néanmoins dans la course avec plus ou moins de réussite. L'équipe de Digital Dreams Entertainment réalisa par exemple le très bon Wasted Dreams (action) alors que les groupes Homegrowd Software et FRM Software développèrent respectivement Moonbases et Red Mars, deux jeux de stratégie d'une qualité moyenne. Enfin, deux bons portages complétèrent le panorama ludique Amiga de 1999 : Heretic et Hexen, deux jeux d'action 3D de Raven Software, dont le code source fut diffusé en janvier.

Le moral au plus bas

La fin de l'année, marquée par la panique du "bogue de l'an 2000", vit l'Amiga dans une situation inconfortable. La mort annoncée de l'Amiga avait rendu cyniques les développeurs et les utilisateurs Amiga. A ce moment-là, il aurait fallu un miracle pour sauver la plate-forme.

Jim Collas avait estimé à 100 000 le nombre d'utilisateurs Amiga à travers le monde. Mais combien le furent encore après le fiasco Amiga Inc./Gateway ? A part l'arrivée d'AmigaOS 3.5 et de quelques autres applications intéressantes, cette année fut très marquée par le vaporware : IWin, Amiga NG, cartes PowerPC... les projets majeurs étaient au point mort.


[Retour en haut] / [Retour aux articles] [Année précédente : 1998] / [Année suivante : 2000]