Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 2003
(Article écrit par David Brunet - novembre 2017)


2003 : Des projets en manque d'argent

Énormément d'énergie fut injectée dans les projets AmigaOne/AmigaOS 4 et Pegasos/MorphOS. Les deux camps, de plus en plus hostiles l'un envers l'autre, préparaient chacun de leur côté un avenir pour la plate-forme Amiga. Les projets avancèrent plus ou moins vite durant cette année (MorphOS avait néanmoins toujours une avance avec un système disponible pour l'utilisateur final) mais l'argent commença à manquer des deux côtés. On pouvait alors se demander pourquoi deux camps s'affrontaient dans un si petit marché au lieu de collaborer. Les dissensions étaient malheureusement trop fortes pour faire machine arrière.

Amiga Inc. malmenée

Les difficultés financières continuèrent pour Amiga Inc. Après les non-paiements de salaires à ses employés (et même le licenciement de certains d'entre eux comme Bolton Peck), un autre fait confirma toutes ces difficultés : la vente le 17 juin 2003 de l'inventaire de leurs bureaux à Snoqualmie. Cela était le résultat de non-paiement de loyers des bureaux d'Amiga Inc., réclamés par Tom Clary d'Inception Group. Amiga Inc. n'avait plus d'argent sur son compte bancaire et présentait une dette de 2,2 millions de dollars : difficile dans ces conditions de développer une société. Amiga Inc. était obligée de changer d'adresse et, en octobre, la société trouva un point de chute à Ravensdale, toujours dans l'état de Washington.

Pour ne rien arranger, Thendic-France attaqua Amiga Inc. en justice en décembre 2002. Cette société gérée par Bill Buck et qui s'occupait de la commercialisation du Pegasos, avait conclu un accord avec Amiga Inc. visant à installer l'AmigaDE d'Amiga Inc. sur les produits de Thendic-France. Le problème se situait au niveau de la liste des appareils gérés : selon l'accord, Thendic-France avait le droit d'ajouter de nouveaux matériels dans cette liste. Or, Thendic-France faisait à présent partie de Genesi, société distributrice du Pegasos (concurrent de la machine officiellement sanctifiée par Amiga Inc.), et voulait ajouter cette machine dans la liste des appareils gérés par la licence. Amiga Inc. avait-elle le droit de rejeter cet ajout ? C'était tout l'enjeu du procès qui fut reporté au 1er mars 2004.

En avril, ce même Bill Buck posta une information qui sembla être une rumeur douteuse tant elle était invraisemblable : Bill McEwen n'était plus le CEO d'Amiga Inc. et aurait été remplacé par Garry Hare. Cette information ne fut révélée et confirmée qu'en mars 2004, soit un an plus tard. En fait, ce fut Bill McEwen qui demanda dès février 2003 à Garry Hare de rejoindre Amiga Inc. en tant que CEO et président du conseil d'administration, ceci dans l'optique de trouver de nouveaux investisseurs et de refinanciariser la société. Garry Hare participa à la conférence de mars 2003 du CTIA (organisation professionnelle de l'industrie des communications sans fil) et imprima des cartes de visite avec le logo Amiga, alors qu'il ne faisait pas encore partie de la société Amiga. Il rencontra David Traub, un investisseur associé à Bill Buck. Celui-ci contacta ensuite Garry Hare pour discuter à propos de l'Amiga mais Garry Hare ne put prendre aucune décision car il n'avait pas rejoint Amiga Inc. Bill Buck publia alors la carte de visite sur un forum, mais sans l'accord de Garry Hare. Cette publication fit un sérieux remue-ménage dans la communauté Amiga et fit de Garry Hare un patron fictif. Dans une entrevue publiée sur Amiga World Garry Hare indiqua qu'il ne fut jamais CEO d'Amiga Inc., ni un de ses employés. Il fut juste quelques fois un conseiller informel de Bill McEwen.

Garry Hare
Garry Hare

Un autre fait important fut qu'Amiga Inc. avait... vendu AmigaOS ! La vente se fit à Itec LLC, une société d'investissement gérée par Pentti Kouri, et partenaire d'affaires d'Amiga Inc. depuis le rachat de la branche "Amiga" de Gateway. Un document daté du 22 mai 2003 confirma cette transaction : il s'agissait d'un prêt qui devait permettre à Amiga Inc. de rester à flot et de payer ses dettes et ses arriérés de salaires. Itec LLC avait déjà prêté 75 750 $ à Amiga Inc. et, après cet accord, cette somme passa à 175 000 $, remboursable d'ici le 22 mai 2004. En échange, si Amiga Inc. était incapable de rembourser, Itec LLC devenait propriétaire de toutes les propriétés intellectuelles d'Amiga Inc. comme le nom AmigaOS, les codes sources ainsi que toutes les versions antérieures et à venir d'AmigaOS.

Ce n'est pas tout puisque les actifs Amiga d'Itec LLC (notamment AmigaOS 4) furent ensuite rachetés en octobre par KMOS Inc., une société nouvellement créée au Delaware et dirigée par Garry Hare. A noter que KMOS Inc. était la propriété de Monrepos LLC, une autre société contrôlée par Pentti Kouri, encore lui. Selon ce document, KMOS Inc. fut créée dans le but de racheter et développer AmigaOS pour lui permettre de fournir des fonctionnalités multimédias pour diverses plates-formes avec ou sans fil, autrement dit proposer le système pour des fabriquants de matériels. D'après cet accord, Itec LLC devait détenir 6 999 000 des 8 millions d'actions de la nouvelle société et 5 millions de dollars devaient être levés pour continuer le développement d'AmigaOS 4 sur les plates-formes cibles.

Là encore, cette double acquisition d'AmigaOS ne fut pas révélée au public avant mars 2004, tout se passait en coulisses. Cela confirma qu'Amiga Inc. était en pleine tourmente mais avait, semble-t-il, réussi à se procurer un sursis de quelques mois.

AmigaOne sans AmigaOS 4

L'arrivée des AmigaOne XE fut assez chaotique en raison de divers problèmes avec le firmware U-Boot et les ventilateurs jugés trop petits. Mais Eyetech commercialisa bel et bien ses premiers AmigaOne XE cette année avec la version PowerPC G4 en avril et la version PowerPC G3 en juin. Comme AmigaOS 4 n'était pas disponible, ces machines furent livrées, en petite quantité, avec la distribution Linux Debian.

AmigaOne XE
La carte mère de l'AmigaOne XE

L'AmigaOne XE disposait notamment de quatre ports PCI, d'un port AGP, de deux bancs mémoire SDRAM et surtout d'un connecteur MegArray afin d'y loger une carte fille processeur. Ainsi, contrairement aux AmigaOne SE qui ne disposaient que d'un processeur soudé à la carte mère, on pouvait facilement changer le processeur avec les cartes proposées alors : PowerPC G3 750FX à 800 MHz, PowerPC G4 7451 ou 7455 à 800 MHz. Les versions G4 de l'AmigaOne XE en faisaient l'Amiga le plus rapide jamais construit. L'AmigaOne SE, lui, ne fut finalement jamais proposé au public et resta cantonné aux développeurs et aux bêta-testeurs.

A peine les AmigaOne sortis, Eyetech annonça dès la rentrée 2003 le MicroA1 (anciennement nommé AmigaOne-SE Lite puis AmigaOne Lite). Il s'agissait d'un ordinateur AmigaOne d'entrée de gamme, avec une carte mère miniature micro ITX (170x170 mm) et utilisant les modules processeur PowerPC des AmigaOne XE. Selon Eyetech, cet ordinateur devait être le successeur des CD32/A1200 et devait avoir une utilité dans les domaines des systèmes embarqués (set-top box, bornes...). On attendait ce MicroA1 pour le premier semestre 2004.

Soft3, une petite société italienne gérée par Massimiliano Tretene, montra une photo d'une carte processeur avec deux PowerPC G4. Le potentiel de cette carte était énorme, mais celle-ci ne fut jamais commercialisée, sans compter que le second processeur était de toute façon inutilisable sur l'actuel AmigaOS 4, monoprocesseur.

Carte bi-PowerPC G4
La carte bi-PowerPC G4 de Soft3

Le tour de passe-passe des propriétés intellectuelles d'AmigaOS et les difficultés financières d'Amiga Inc. eurent quelques incidences sur le développement d'AmigaOS 4. La situation de Hyperion était fragile car, pour payer les délais supplémentaires du développement d'AmigaOS 4, certains contractuels de cettte société (les frères Frieden et Steffen Häuser) devaient travailler sur des projets Linux/Mac OS pour le compte de Hyperion. De plus, le 24 avril, Itec LLC signa un accord avec Hyperion pour ajouter une clause de rachat du code source d'AmigaOS 4, dans le contrat tripartite Amiga Inc./Hyperion/Eyetech du 1er novembre 2001. Cette clause fut ajoutée en contrepartie d'un paiement de 25 000 $. Enfin, à la mi-2003, on apprit que Ben Hermans, par manque de temps, mit entre parenthèses son rôle de directeur de Hyperion pour laisser sa place à Evert Carton, l'autre cofondateur de la société. Ceci n'eut cependant pas de conséquences sur le développement, en cours, d'AmigaOS 4.

Evert Carton
Evert Carton

Du côté d'AmigaOS 4 justement, Hyperion avait publié le 7 janvier une liste détaillée des caractéristiques du système. Elle mentionnait notamment le nouveau noyau ExecSG (pleinement natif PowerPC et gérant le code 68k via une émulation), Picasso96 (le système RTG), Nova (la bibliothèque graphique 3D), Roadshow (la pile TCP/IP), AHI (le système audio) ainsi que FFS2 et SFS (les systèmes de fichiers). Sur le papier, cela faisait rêver mais l'ampleur de la tâche était considérable : les mois passèrent mais les utilisateurs d'AmigaOne devaient toujours patienter tant bien que mal avec Linux.

Amiga Inc. avait annoncé son intention de lancer AmigaOS 4.0 lors du salon CeBIT de mars 2003, mais la société, tout comme le système d'exploitation, furent absents. Cependant, d'autres présentations dans des salons plus petits eurent lieu, notamment lors de la série de salons AmigaOS 4.0 On Tour qui se déroula dans diverses villes européennes. Les développeurs d'AmigaOS 4.0 multiplièrent également les publications de captures d'écran du système en version bêta tout au long de l'année, ceci dans le but de garder en éveil les potentiels futurs clients du système et de ne pas laisser MorphOS monopoliser les rubriques d'actualité. Ses captures montrèrent par exemple des applications 68k (MakeCD, Wordworth, Directory Opus) ou des nouveaux outils pour le système (Partition Wizard ou bien Grim Reaper, l'outil de gestion des plantages). La bonne nouvelle arriva en fin d'année quand Hyperion annonça que le développement d'AmigaOS 4 était suffisamment avancé pour qu'une préversion pour développeurs puisse être publiée, au début de l'année 2004, pour les possesseurs d'AmigaOne. Le bout du tunnel n'était pas loin.

AmigaOS 4
Une capture d'écran d'AmigaOS 4 bêta en juillet 2003 sur Amiga 4000/CyberStormPPC

Soft3 refit parler d'elle lorsqu'elle montra publiquement, et pour la première fois, AmigaOS 4.0 sur AmigaOne. Ce fut lors du salon Pianeta Amiga 2003 qui se déroula à Empoli les 20 et 21 septembre. Cela dit, le système était assez lent car plusieurs éléments étaient encore en code 68k dont la graphics.library et les pilotes graphiques.

AmigaOS 4
AmigaOS 4 bêta sur AmigaOne

Le petit marché MorphOS prend forme

Contrairement à AmigaOS 4, le développement de MorphOS était en plein effervescence. Ce système d'exploitation PowerPC assimilé Amiga et concurrent d'AmigaOS 4, séduisit de plus en plus d'utilisateurs las des annonces sans lendemain d'Amiga Inc. et de Hyperion et à la recherche d'une solution logicielle/matérielle complète. A présent, MorphOS avait ses propres sites Internet communautaires, comme MorphZone, indépendants des sites Amiga historiques.

Pas moins de trois versions majeures de MorphOS sortirent en 2003 (numérotées 1.2, 1.3 et 1.4), toutes disponibles sur le serveur FTP de l'équipe de développement, et même sur CD chez certains revendeurs pour les deux dernières moutures. MorphOS 1.2, publiée le 10 février, permit au système de s'étoffer un peu au niveau des fonctionnalités, notamment avec l'ajout de l'émulation PowerUP et Warp3D (nommée Goa). Ces deux émulations permirent d'étendre légèrement la logithèque compatible MorphOS et surtout de séduire les utilisateurs d'Amiga avec cartes PowerUP en leur offrant une solution de mise à niveau toute trouvée. Cependant, la stabilité de cette version n'était pas encore parfaite.

MorphOS 1.3, apparu le 27 mars, apporta une nouvelle version du bureau Ambient, de nouveaux habillages pour l'interface graphique, une pile USB (Poseidon de Chris Hodges), le gestionnaire graphique CyberGraphX 4.4 et une amélioration de la stabilité. Cette version eut néanmoins quelques retraits par rapport à la 1.2 comme le lecteur multimédia Frogger (l'auteur Sebastian Jedruszkiewicz avait changé d'avis et voulait garder son application shareware), Trance (l'émulateur 68k JIT), Rave3D (l'API 3D), Goa et l'émulation PowerUP. Ces fonctions/applications n'étaient semble-t-il pas assez au point pour être distribuées publiquement et leur retrait améliora indirectement la stabilité du système.

MorphOS 1.3
MorphOS 1.3

MorphOS 1.4, publié le 9 août, fut une grosse mise à jour. L'équipe MorphOS, qui avait déjà noué des accords avec divers acteurs du monde Amiga pour intégrer les logiciels de ces derniers dans son système (MUI, Poseidon, MysticView...) fit de même avec IrseeSoft, la société allemande auteur de TurboPrint, le meilleur gestionnaire d'impression sur Amiga. MUI, de son côté, était de nouveau en développement actif grâce à MorphOS. Ce gestionnaire d'interface graphique, créé par Stefan Stuntz, pouvait à présent gérer les gradients et de la couche alpha, rendant l'interface de MorphOS bien plus attractive et moderne. En outre, divers outils comme Kaya (lecteur de MP3/OGG) et FxPaint Lite (version spéciale de ce logiciel de création graphique) furent ajoutés à MorphOS 1.4. Le domaine graphique ne fut pas en reste avec l'arrivée de la gestion des tablettes graphiques, de l'overlay sur quelques cartes graphiques Radeon supplémentaires ainsi que la 3D pour les Voodoo3 et Voodoo4. Enfin, l'émulation Warp3D et Trance firent leur retour, ce qui dopait littéralement les performances des applications Amiga 68k compatibles MorphOS, les faisant aller bien plus vite en émulation sur un Pegasos G3/600 MHz qu'en natif sur un véritable Amiga à base de 68060 surcadencé. Ce MorphOS 1.4 était cependant encore loin d'être complet : il lui manquait des fonctions de base comme une pile TCP/IP ou un éditeur de texte. Mais au vu des améliorations du système de ces derniers mois, la confiance des utilisateurs était de mise.

Genesi fit également des efforts pour fournir des logiciels aux utilisateurs de MorphOS. La société commercialisa le SuperBundle, le 30 juillet. Ce lot de logiciels gratuitement offerts sur le FTP de Genesi comprenait des applications commerciales issues du monde Amiga comme ProStationAudio (édition sonore), FxPaint Lite (édition graphique), FxScan Lite (gestion de scanner), VHI Studio Lite (gestion de caméras et d'appareils photo numériques), ainsi que quelques jeux et un salvateur éditeur de texte (MorphED). En octobre, on apprit que le développement d'une Java Virtual Machine était en cours. Ce travail était pris en main par Richard Lipes, un développeur qui s'était fait connaître au temps de Gateway/Amiga Inc. En fin d'année, Genesi avait également enrôlé RJ Mical, l'un des auteurs d'origine de l'Amiga, dans un poste d'évaluation technique. Mais il semble que ni le travail sur Java ni celui de RJ Mical n'eurent de réels résultats.

SuperBundle
Le SuperBundle

Le Pegasos évolue lui aussi

La livraison de 300 Pegasos pour les clients finaux, nommés "Betatester 2", intervint en février/mars 2003. Ces Pegasos disposaient de la puce April2 permettant de corriger des bogues du northbridge Articia S. Genesi échanga gratuitement les anciennes cartes Pegasos avec ces nouvelles. Mais en raison de l'incapacité de MAI Logic de fournir des Articia S fonctionnels, Genesi décida d'interrompre la production du Pegasos après la prochaine production et annonça l'arrivée du Pegasos II équipé d'un autre northbidge : le Discovery II de Marvell. Conscient de la situation rocambolesque pour ses clients, Genesi annonça qu'une offre de reprise avantageuse des Pegasos I serait mise en place pour l'achat d'un Pegasos II.

Le 16 juillet, Genesi annonça aussi la mise à niveau PowerPC G4/1 GHz pour les Pegasos I, jusque-là dotés d'un PowerPC G3/600 MHz. Ce processeur bien plus rapide et présentant une unité de calcul vectoriel SIMD, l'Altivec, avait tout pour plaire. Tout cela semblait idéal mais on apprit qu'un problème matériel empêchait les cartes PowerPC G4 de fonctionner correctement sur Pegasos I : cela enterrait littéralement l'avenir de cette machine qui ne fut finalement considérée que comme une carte prototype coûteuse pour bPlan et Genesi. A présent, la vision à long terme de Genesi était de proposer deux machines : le Pegasos II (à base de PowerPC G3/G4) et le Pegasos III (avec un PowerPC 970 alias G5). Genesi voulait copier le schéma d'Apple qui venait de commercialiser son Power Mac G5, la plus puissante machine de son histoire.

Le Pegasos II, annoncé pour septembre, arriva miraculeusement pour les clients avant la fin de l'année, le 25 décembre. Ses spécifications changèrent assez peu par rapport au Pegasos I. Outre le nouveau northbridge Discovery II, on pouvait noter deux ports Ethernet (dont un à 1 Gb/s), une mémoire plus rapide (DDR-266), mais un port AGP simple vitesse (au lieu de x2) du fait de la transformation du port PCI-X géré par le Marvell Discovery II en port AGP. Les cartes processeur fournies étaient aussi des PowerPC G3/600 MHz ou PowerPC G4/1 GHz mais cette dernière fonctionnait vraiment. Le prix de la carte mère était relativement bon marché pour une production en si petite série (1500 précommandes) : 299 euros HT avec un PowerPC G3 et 499 euros HT avec un PowerPC G4. Quant à la vitesse de MorphOS, elle s'envola littéralement : le Pegasos II G4 se révélant quasiment deux fois plus rapide dans toutes les opérations par rapport au Pegasos I G3.

Pegasos II
La carte mère du Pegasos II

Genesi rappella que le Pegasos était avant tout une plate-forme de développement. La société ne faisait pas, pour l'instant, de profits avec le Pegasos ou MorphOS. Leur objectif ultime était le marché des set-top boxes pour la télévision numérique terrestre/satellite. Bill Buck et Raquel Velasco avaient déjà essayé d'entrer dans le marché des set-top boxes, dans les années 1990, avec des produits issus de l'Amiga comme l'Universal Internet Television Interface (UITI) et l'ED. Avec le Pegasos et MorphOS, ce marché prometteur (mais pas encore rentable) fut de nouveau leur cible. En février, Genesi annonça un accord avec la société taïwanaise Plexuscom concernant la production d'une quantité limitée d'ordinateurs Pegasos dédiés au marché des set-top boxes. Genesi montra ainsi lors du salon CeBIT en mars le Psylent, une set-top box à base de Pegasos. Ce produit, qui resta à l'état de prototype (la machine montrée au CeBIT n'était qu'une boîte vide), devait permettre à l'utilisateur d'écouter de la musique ou la radio, de visionner des DVD et des photos, jouer à des jeux vidéo ou se connecter à Internet, le tout depuis son salon.

Psylent
Psylent

Pour encourager les ventes de Pegasos, Genesi n'hésita pas à porter diverses distributions Linux (Debian, Gentoo, Mandrake, SuSE, Yellow Dog) sur sa machine. Même si la variante PowerPC de Linux était bien moins populaire que celle pour x86, l'utilisation de Linux crédibilisait en quelque sorte le produit et ouvrait la porte à un marché plus grand que celui de l'Amiga. Bill Buck annonça aussi le développement du Pegasos Guardian, un système de détection d'intrusion fonctionnant sous OpenBSD et basé sur le logiciel CrunchBox de ShopIP, dans l'espoir de décrocher de juteux contrats.

Pegasos/MorphOS : turbulences en coulisses

L'activité autour de MorphOS remotiva une partie de la communauté Amiga, tout semblait au beau fixe mais quelques problèmes sérieux surgirent néanmoins en coulisses. Dans une entrevue pour Obligement, le développeur David Gerber indiqua que "Thendic-France n'a jamais été régulier dans ses paiements. Ils pouvaient très bien ne pas payer pendant deux mois puis tout arrivait d'un coup. L'excuse était à chaque fois liée à des problèmes d'administration". Comme Genesi ne générait pas encore d'argent avec la plate-forme Pegasos, l'entreprise était financée par Pretory, société appartenant à Thendic-France et dont les actionnaires étaient Bill Buck et Raquel Velasco.

Et durant l'année 2003, une affaire sur fond de travail dissimulé éclaboussa Pretory : la presse (1, 2) s'en fit l'écho. Air France avait eu recours, après les attentats du 11 septembre 2001, aux services de Pretory pour la fourniture d'agents de sécurité. Toutefois, Pretory, à travers un montage financier qui comprenait plusieurs sociétés, ne déclarait qu'une petite partie des heures effectuées par ces agents de sécurité, le reste leur étant payé au noir via un compte basé au Luxembourg. De cette façon, Pretory évitait de payer les charges fiscales et sociales sur les emplois des agents de sécurité, et avait ainsi vu son chiffre d'affaires passer de 1,2 million d'euros en 1999 à 21 millions d'euros en 2003.

En fin d'année, une bonne partie des développeurs de l'équipe MorphOS n'était toujours pas correctement payée mais Genesi leur indiqua qu'il ne fallait surtout pas arrêter le développement. Celui-ci n'était pour le moment pas encore impacté. L'affaire Pretory s'invita ainsi dans l'histoire de MorphOS et d'une façon peu reluisante. En outre, la fusion entre Thendic-France et bPlan n'arriva jamais, les deux entités continuaient à coexister individuellement et étaient partenaires.

Le projet de Pegasos Guardian fut également impacté par les difficultés financières de Genesi. Dale Rahn, qui s'occupait du portage d'OpenBSD sur Pegasos pour le compte de Genesi, attendait lui aussi son argent (environ 10 000 $). Lors de la conférence InfoSec à New York en décembre, Genesi lui donna son chèque en main propre. Mais arrivé à la banque, ce dernier était daté du 12 décembre 2001 (!), soit deux ans auparavant, et la banque refusa de l'encaisser. Dale Rahn arrêta sa coopération avec Genesi peu de temps après.

Elbox omniprésent sur le marché matériel

Après quelques années d'annonces sans lendemain, la vérité éclata à propos de la société américaine Merlancia Industries. Celle-ci, gérée par Ryan Czerwinski, avait comme projet la construction de machines Amiga PowerPC (MMC Tsunami, MMC Apocolyps, MMC Radian) et avait pour cela embauché des pointures du monde Amiga comme Dave Haynie, l'ingénieur derrière l'Amiga 3000. Mais ce dernier, et d'autres personnes, révélèrent le vrai visage de Ryan Czerwinski. Ce pseudo patron aurait menti sur quasiment tout, de son âge (il se faisait passer pour plus âgé) à ses projets pour l'Amiga (rien est sorti). Et plus grave, il fut incapable de payer les personnes qu'il embaucha, mettant certaines d'elles dans une situation financière délicate. L'affaire Merlancia fut l'une des plus pitoyables de l'histoire de l'Amiga.

Heureusement, quelques autres sociétés Amiga firent du bon travail en 2003, notamment Elbox, le constructeur polonais. Il était devenu le numéro un dans l'actif secteur des cartes bus PCI, avec la multiplication de ses cartes Mediator et une gestion logicielle de plus en plus complète (graphisme, audio, réseau). Cette année, Elbox mit au point le Mediator 1200 LT, spécialement dédié à la gestion des cartes graphiques à base de Voodoo et des cartes son à base de Terratec 512i Digital. Ce bus PCI pour A1200, qui proposait deux ports PCI 2.1, pouvait facilement être étendu à quatre avec le paquet d'extension LT4.

Mediator PCI 1200 LT
Mediator PCI 1200 LT

L'autre secteur à la mode sur Amiga Classic était l'USB. Cependant jusqu'à présent, la norme pour la haute vitesse (Hi-Speed) n'était toujours pas disponible. Mais Elbox annonça le 11 février 2003 que l'Amiga pouvait enfin utiliser les périphériques USB 2.0 en mode Hi-Speed, grâce à un pilote EHCI (Enhanced Host Controller Interface) développé par ses soins pour ses cartes Mediator. La société polonaise commercialisa peu après la Spider 2, une carte USB 2.0 en PCI pouvant profiter de la vitesse Hi-Speed. Malheureusement, dans les faits, on était encore loin de la vitesse théorique des 60 Mo/s du mode Hi-Speed car l'Amiga ne pouvait pas fournir une bande passante suffisante.

E3B, la société de Michael Böhmer, sortit aussi une carte USB 2.0, nommée Algor, et construite pour les Amiga avec port Zorro II/III. Bien que compatible avec les spécifications USB 2.0, elle ne pouvait gérer que les vitesses USB 1.1, et les périphériques de stockage ne pouvaient donc pas bénéficier d'une meilleure vitesse. Algor était en quelque sorte la nouvelle version de Highway, du même constructeur, disposant d'une flashROM lui permettant notamment d'avoir une souris USB active au menu de démarrage ou de démarrer depuis une carte mémoire ou un périphérique USB. Ce genre de fonctions avec mémoire flash intéressa aussi Elbox, décidémment omniprésent, qui commercialisa les eFlash 1200 et 4000, des cartes contenant une flashROM et autorisant ainsi le démarrage depuis un périphérique de stockage de masse. Enfin, une troisième société, Creative Development, tenta de s'initier dans le marché des cartes USB pour Amiga mais le développement de son produit, l'UltraBus, traîna et il finit par être abandonné.

Algor eFlash 4000
Algor et eFlash 4000

Au niveau de l'audio, la populaire carte DSP Delfina, créée par Petsoft, fut de nouveau produite grâce à la société allemande Individual Computers. Cette Delfina Flipper Edition, pour Amiga 1200, 3000 et 4000, fut légèrement revue, notamment au niveau du port Zorro II afin d'en améliorer les performances. Avec le DSP Motorola DSP56002 à 67 MHz de la Delfina, les Amiga sans carte accélératrice pouvaient jouer des MP3 en qualité maximale.

Delfina Flipper Edition
Delfina Flipper Edition

Une logithèque plus ambitieuse

Le développement de l'émulateur Amithlon avait connu de sérieux soubresauts au cours de l'année précédente, à cause de différents avec Haage & Partner et Amiga Inc. Le 2 septembre, Bernd Meyer, son auteur, décida de mettre en libre téléchargement de nouveaux pilotes pour son émulateur permettant de gérer davantage de cartes et de puces. Ces pilotes furent les derniers, ils furent publiés "afin de remercier les utilisateurs qui ont acheté Amithlon" dixit Bernd Meyer, qui arrêta ainsi le développement d'un produit pourtant populaire et diablement rapide. Cependant, il ne fallut pas longtemps pour qu'une autre personne, Gary Colville, reprenne le flambeau. Il mit en place l'Amithlon Kernel Project dans l'optique de donner une nouvelle jeunesse à Amithlon, notamment en lui créant un nouveau noyau en Open Source. Des pilotes pour le jeu de composants nForce furent la première priorité, ils permirent à Amithlon de fonctionner sur des cartes mères PC plus récentes.

En 2003, Internet n'était plus perçu comme une mode mais comme une chose incontournable, surtout pour les utilisateurs d'ordinateurs comme les amigaïstes. Les logiciels s'achetaient de plus en plus souvent en ligne et ceux disponibles sur support physique se vendaient de moins en moins. Dans ce contexte, l'équipe d'Aminet décida d'arrêter la production de leur CD et de se focaliser sur leur site, véritable mine d'or logicielle de l'Amiga. Le dernier CD fut le numéro 52 même si, durant un temps, un nouvel éditeur se montra intéressé pour reprendre le flambeau. Une autre conséquence de la montée en puissance d'Internet fut l'explosion du piratage et notamment des échanges de fichiers via des réseaux de pair à pair. Ces réseaux se multiplièrent (eDonkey2000, BitTorrent, FastTrack...) tout comme les logiciels clients les gérant. C'est ainsi que quelques-uns apparurent cette année sur AmigaOS comme AmiGift bêta 0.1 et MLDonkey, malgré leur fiabilité douteuse et leur vitesse mollassonne.

Aminet 52 AmiGift
Aminet CD 52 et AmiGift 0.1

Le développement des navigateurs Internet de décélérait pas et tant mieux vu l'évolution frénétique des technologies Web. IBrowse resta le plus populaire. Il arriva en version 2.3 avec une amélioration significative de la gestion du JavaScript et des connexions sécurisées, permettant ainsi de naviguer sur davantages de sites. Mais cela n'était sans doute pas suffisant pour certains car trois projets plus ambitieux émergèrent. Le premier était l'intégration du moteur KHTML dans AWeb, mais cette tâche, sans doute trop ardue, découragea le courageux développeur qui s'y était collé. Idem pour Atlantis, un navigateur pour MorphOS et issu de Linux avec GTK-WebCore, en développement par Ali Akcaagac. Le troisième projet d'envergure fut la mise en place par Bill Panagouleas, le patron de la société DiscreetFX, d'une cagnotte pour porter le navigateur Mozilla sur Amiga. Ce projet, nommé Amizilla, était en fait une relance du projet aMozillaX de 1999 qui n'avait pas abouti. Vue l'ampleur du travail, et malgré les milliers de dollars récoltés, aucun développement concret n'apparut cette année.

IBrowse 2.3
IBrowse 2.3

Plus ambitieux, ce fut également le mot pour MPlayer, un lecteur multimédia gérant quasiment tous les formats audio et vidéo modernes. Un premier portage sur MorphOS fut réalisé par Lajos Nagy, puis un second, plus complet, par Nicolas Det. Malgré ses défauts de jeunesse (pas d'interface graphique, instabilité) le portage de MPlayer sur MorphOS représentait ce qui existait de mieux en la matière sur Amiga, dépassant FroggerNG ou AMP2.

Au niveau de l'audio, et après deux ans de travail, Davy Wentzler commercialisa sur AmigaOS 68k Audio Evolution 4, son logiciel d'édition audio non linéaire et non destructive. Même s'il ne rivalisait pas avec les applications du même genre sur les plates-formes grand public, quelques-unes de ses fonctions (annulation illimitée, communication/synchronisation avec d'autres applications, encodeur Dolby Pro Logic...) en faisaient une référence sur Amiga. En outre, deux (anciennes) références revinrent sur le devant de la scène : le logiciel de création musicale par piste OctaMED SoundStudio 2 et le séquenceur MIDI Bars&Pipes. Mais malgré les efforts de leurs nouveaux développeurs (respectivement Gerd Frank et Alfred Faust), il fut bien difficile de les moderniser. Enfin, un nouveau logiciel de lecture audio arriva. Ce fut AmiNetRadio, un programme pour AmigaOS 3 créé par le collectif AmigaZeux avec un style qui dépoussiera le genre. Ce lecteur MP3 léger, rapide et modulaire, pouvait également lire les radios SHOUTcast sur Internet avec la possibilité de sauver les flux sur disque.

Aminet 52 Audio Evolution 4
AmiNetRadio et Audio Evolution 4

Le domaine de l'émulation était toujours vigoureux sur Amiga, et l'année 2003 ne dérogea pas à la règle. Arrivé sur MorphOS deux ans auparavant, Bochs suscita cette fois bien plus d'intérêt avec une nouvelle version. Cet émulateur était capable de simuler un PC complet et de lancer les systèmes d'exploitation DOS, Linux et Windows. Bien qu'un peu lent, il pouvait malgré tout être utile dans le cadre de test voire de portage d'applications. De son côté, MAME (Multiple Arcade Machine Emulator) l'émulateur de consoles, qui disposait déjà de versions Amiga 68k et PowerPC depuis 1999, fut lui aussi mis à jour et porté sur MorphOS. La version MorphOS, utilisée sur Pegasos, le rendit bien plus utilisable, notamment pour les jeux NeoGeo.

L'émulation Amiga sur PC franchit également un cap. Robert Konrad proposa QuarkTex, une réimplémentation de la bibliothèque Warp3D pour WinUAE. Des programmes comme Payback, glQuake, Descent ou des applications 3D sérieuses étaient maintenant utilisables sur cet émulateur : on était loin d'une simple émulation d'un Amiga 500 ! De son côté, Bernd Meyer, l'auteur d'Amithlon, fit la démonstration d'une version modifiée d'UAE, en natif PowerPC, disposant d'un JIT (recompilsation à la volée). Ce fut une première sur ce processeur et on s'autorisait à rêver d'un futur UAE avec JIT pour AmigaOS 4 ou MorphOS. Bernd Meyer travailla aussi sur un UAE avec gestion de WarpOS et de Warp3D. Mais les binaires de ces versions ne furent jamais diffusés.

Bochs
Bochs

Quelques autres applications marquèrent cette année 2003 comme Hollywood et Frying Pan. Le premier était un programme de création de présentations multimédias qui, peu à peu, se rapprocha de Scala, la référence sur Amiga. Son auteur, Andreas Falkenhahn, créa d'ailleurs un greffon, nommé Malibu, permettant de lancer sur des Amiga modernes (carte graphique, AHI, MorphOS...) des présentations Scala : le vénérable produit de Scala Inc. était définitivement égalé voire dépassé ! La seconde application, Frying Pan, était un nouveau logiciel de gravure CD créé par Tomasz Wiszkowski. Doté d'une interface claire en MUI et de nombreuses fonctions, il était lui aussi promis à un bel avenir, comme pourquoi pas graver des DVD. Mais cette possibilité très attendue des amigaïstes ne fut pas apportée par Tomasz Wiszkowski mais par le programmeur allemand Schlonz. En octobre, il porta l'outil Linux DVDRTools sur AmigaOS. Bien que ne proposant pas d'interface graphique, il était néanmoins le premier logiciel capable de graver des DVD-R/DVD-RW sur Amiga, et ce, gratuitement.

Hollywood
Hollywood

AROS, le clone portable d'AmigaOS 3.1, connut son premier portage sur processeur PowerPC, grâce au travail de Michal Schulz, sur une machine PReP à base de 604e. Une première version bêta sur Pegasos apparue, mais malgré une vitesse intéressante, on se rendit vite compte que ce système était encore incomplet, notamment au niveau de son bureau Wanderer. Cependant, AROS s'améliora au niveau graphique (avec de nouveaux pilotes SVGA) et audio (avec le portage du système audio AHI de Martin Blom) : AROS pouvait ainsi émettre ses premières notes, enfin !

AROS
AROS avec son bureau Wanderer et la préférence AHI

Avec à peine 90 jeux dont seulement 4 commerciaux, la ludothèque Amiga était une nouvelle fois peu prolifique. Au remarqua un léger frémissement avec l'arrivée d'une vingtaine de titres pour MorphOS. Mais ces derniers étaient majoritairement des portages SDL. Le système au papillon disposa cette année de deux jeux commerciaux, tous fournis par la société Epic Interactive : Knights And Merchants, un jeu de stratégie améliorant le concept de The Settlers, et Birdie Shoot, un jeu de tir aux pigeons amusant et doté d'une belle réalisation.

Knights And Merchants
Knights And Merchants

Les deux autres titres commerciaux furent le portage de Duke Nukem 3D, le super jeu d'action 3D réalisé par 3D Realms en 1996, et FotoFoto, un jeu de réflexion assez moyen produit par les néerlandais d'Attention Software. L'un des seuls attraits de ce jeu était que la musique fut composée par le groupe allemand Atlantic Popes, formé par Max Holler et Bernhard Lloyd, un ancien membre d'Alphaville.

Quelques productions ludiques du domaine public sortirent du lot comme les jeux de réflexion Pairs NG (de Christoph Kimna), AmiChess 2 (d'Achim Stegemann) ou bien Amhuhn (d'Abakus Design) qui était également un jeu de tir aux pigeons. Le plus ambitieux jeu du domaine public de l'année fut sans aucun doute BabeAnoid 2.0, un jeu de casse-briques conçu par Richard Fhager. Il travailla dessus pendant 8 ans et proposa une version finale avec un nombre ahurissant de bonus et d'effets, surpassant les jeux de ce genre sur Amiga Classic.

Duke Nukem 3D BabeAnoid
Duke Nukem 3D et BabeAnoid

Enfin, quelques jeux AmigaDE pointèrent le bout de leur nez avec Word Me Up, un jeu d'arcade/réflexion réalisé par Boing Attitude :), et Amiga Games Pocket Pak #2, la seconde compilation de jeux commercialisée par Amiga Inc. avec l'aide de Microsoft. Cette compilation, ne proposant que cinq petits jeux de qualité moyenne, était l'une des seules sources de revenus d'Amiga Inc...

Conclusion

L'écart entre les deux solutions de système d'exploitation Amiga PowerPC était net. MorphOS était disponible, ses mises à jour étaient gratuites et il fonctionnait à présent sur Pegasos II, une machine relativement bon marché et rapide. Les supporters d'AmigaOS 4 devaient une nouvelle fois prendre leur mal en patience et se contenter de captures d'écran. Le site Wired.com classa d'ailleurs AmigaOS 4 dans son peu glorieux classement des vaporwares 2003. Hyperion Entertaiment devait réagir pour ne pas se laisser distancer.

Les autres solutions Amiga étaient assez moribondes, entre un Amithlon plus ou moins mort, un AROS pas encore mature et un AmigaAnywhere que l'on voyait presque "nowhere".


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