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Note : traduction par David Brunet. Qu'est-il arrivé à Haage & Partner Computer ? Nous retournons en Allemagne pour examiner la contribution apportée par une entreprise qui n'a vu le jour qu'après la disparition de Commodore. Malgré son entrée tardive sur le marché Amiga, elle eut, en quelques années, un impact majeur sur le paysage post-Commodore, à la fois en tant que revendeur Amiga et aussi en tant que développeur de logiciels à part entière. Cette société est probablement plus connue pour avoir fourni les deux dernières mises à jour officielles d'AmigaOS pour Amiga Classic et pour avoir développé un noyau multitâche pour les cartes accélératrices PowerPC. Elle a quitté la scène Amiga presque aussi vite qu'elle est arrivée, mais pas avant d'avoir créée la première et la seule version x86 d'AmigaOS officiellement approuvée. Cette société s'appelle Haage & Partner Computer GmbH et voici son histoire Amiga. ![]() En avril 1995, Escom AG, un constructeur allemand de PC, acquit finalement les droits de l'Amiga. Il créa Amiga Technologies GmbH pour gérer la marque Amiga et nomma Petro Tyschtschenko, un ancien directeur de Commodore, au poste de directeur général. La nouvelle filiale fut initialement située à Bensheim, à environ 56 km au sud de Francfort, dans le Land allemand de la Hesse. ![]() ![]() Les fondateurs de Haage & Partner : Jürgen Haage, Markus Nerding et Jochen Becher Un coup de foudre Un an plus tôt, en décembre 1994, la société SAS Institute annonça qu'elle abandonnait tout développement et assistance technique pour son système de développement SAS/C sur AmigaOS. La perte de SAS/C signifiait qu'il n'y avait plus de compilateur C commercial pour Amiga et, comme SAS/C n'eut jamais d'extensions orientées objet, les développeurs Amiga se retrouvèrent démunis de ce très important produit. Heureusement pour les développeurs Amiga, Haage & Partner repéra cette lacune sur le marché et avait secrètement travaillé sur un nouveau compilateur C/C++ ainsi qu'un système de développement pour répondre aux besoins des programmeurs sérieux sur Amiga. Lors du salon Computer 95, Haage & Partner fit la démonstration d'une version bêta de son nouveau système de développement StormC. Il s'agissait plus qu'un simple compilateur C et fournissait un système de développement intégré avec un gestionnaire de projet visuel, un éditeur de source rapide avec coloration syntaxique ainsi qu'un compilateur C/C++ ANSI très rapide, avec un éditeur de liens et un système d'exécution optimisés. Haage & Partner déclara qu'ils travaillaient sur StormC depuis près d'un an avec une équipe de cinq programmeurs et qu'ils utilisaient du code plus ancien. Étant donné que Markus Nerding avait déjà travaillé chez Maxon, on murmura que ce compilateur C++ était basé sur celui de Maxon. Quelle que soit sa provenance, StormC comprenait une interface utilisateur graphique très intuitive qui, avec ses autres caractéristiques (un glisser-déposer intelligent, des messages d'erreur cliquables, une gestion de projet facilitée, un débogueur qui interagissait avec l'éditeur et même un suivi des ressources) fit de StormC un succès presque immédiatement. StormC sortit début 1996 au prix de 600 DM/265 £/398 $ pour la version complète. Afin de promouvoir les ventes, Haage & Partner proposa un prix réduit spécial de 398 DM/175 £/265 $ plus les frais de port de 20 DM/10 £/15 $ aux lecteurs du magazine Amiga Computing. En septembre 1996, Haage & Partner lança une version spéciale de lancement de StormC pour les étudiants et les novices en ANSI C/C++ au prix de 169 $. Selon le communiqué de presse de Haage & Partner, la nouvelle version, StormC Starter 1.1, rendait la programmation de l'Amiga plus facile et plus efficace. Tous ses composants étaient conçus pour être faciles à utiliser. StormC était un compilateur deux-en-un offrant les deux standards C de l'époque : le bien connu C ANSI et le standard moderne C++ pour la programmation orientée objet. L'ensemble complet de StormC fut également mis à niveau en version 1.1. Outre une foule de nouvelles fonctionnalités, il s'agissait de la première version internationale prenant en charge l'anglais, l'italien, le français et l'allemand, avec des manuels disponibles en anglais, en allemand (et plus tard en français). Haage & Partner fournit également une version de démonstration sur son site Internet et sur Aminet afin que les utilisateurs puissent essayer le logiciel avant de l'acheter. La société allemande annonça également la sortie prochaine d'une version anglaise internationale de StormWizard, un nouvel éditeur d'interface graphique qui permettait aux développeurs de créer facilement de nouvelles interfaces graphiques compatibles respectueuses du système d'exploitation et d'économiser beaucoup de temps de programmation. StormWizard fut mis en vente au prix de 69 $ et une version de démonstration fut de nouveau offerte en téléchargement. PowerUP Vers la fin de 1995, Amiga Technologies annonça qu'elle allait construire une nouvelle génération de Power Amiga basée sur le processeur RISC PowerPC 604, qui serait disponible au premier trimestre 1997. Petro Tyschtschenko déclara que le Power Amiga serait développé conjointement par une douzaine d'entreprises en partenariat étroit avec Amiga Technologies, bien que les travaux de portage d'AmigaOS sur la plate-forme PowerPC seraient effectués en interne. Dans le même temps, Petro Tyschtschenko annonça une coopération stratégique avec le constructeur allemand de cartes accélératrices, Phase 5, qui produirait une gamme de cartes PowerPC pour les modèles Amiga existants. Alors qu'Escom préparait la relance de l'Amiga, le marché mondial des PC s'effondra en raison d'une surproduction de clones PC bon marché. L'activité PC d'Escom s'effondra presque du jour au lendemain et, le 24 juillet 1996, elle fut déclarée en faillite. L'avenir de l'Amiga était de nouveau dans le doute. Malgré cela, Haage & Partner annonça qu'elle étendait son compilateur StormC pour gérer les cartes accélératrices PowerPC de Phase 5 et aussi pOS, un nouveau système d'exploitation de type Amiga, conçu de la société allemande ProDAD. ![]() StormC PowerPC Ce logiciel était riche en fonctionnalités, fournissant plus de trente effets et filtres d'image différents, avec d'innombrables options et, contrairement aux autres programmes de dessin sur Amiga, il comprenait une gamme complète d'outils de dessin naturel pour simuler les couleurs au pinceau, au crayon, à l'aérographe, à la craie, au charbon et à l'huile. Il offrait de nombreux contrôles pour le mode, l'opacité, l'intensité, la densité, la rugosité, la forme, etc. qui permettaient de simuler tout, de l'aquarelle à la craie. La liste des fonctionnalités était presque infinie : plusieurs modules de chargement et de sauvegarde, gestion des datatypes Amiga et 24 bits, gestion efficace des pilotes d'impression 24 bits qui utilisaient les pilotes Workbench et gestion de TurboPrint et de Studio. ArtEffect savait gérer les pochoirs et l'aérographe des tablettes graphiques Wacom, avec l'utilisation des modes de dessin sensibles à la pression et la gestion de greffons externes. ArtEffect était un pur logiciel de dessin 24 bits et toutes les opérations étaient réalisées à la plus haute résolution possible. Toutes les fonctions étaient très rapides et même sur un écran DBLPAL, les rafraîchissements d'images étaient rapides et les effets étaient presque instantanés. Ce programme pouvait afficher plusieurs vues de la même image ; les images pouvaient être superposées sur une table lumineuse spéciale, et un outil de perspective spécial permettait de créer des dessins en perspective. Malgré ses nombreuses fonctionnalités avancées, la version initiale était très boguée et plusieurs mises à jour furent publiées à la suite l'une de l'autre. ArtEffect nécessitait le Workbench 2.0 au minimum, bien que les puces AGA ou une carte graphique RTG ainsi qu'un disque dur étaient vivement recommandés. La première version fut vendue au prix de 149,95 £, et des offres promotionnelles furent proposées pour encourager son adoption. Haage & Partner fournit des versions de démonstration d'ArtEffect 1.1, StormWizard 1.1 et StormC 1.1 sur le CD de couverture du numéro 89 d'Amiga Format publié en octobre 1996. Haage & Partner commença également à distribuer les logiciels Amiga d'autres développeurs et, en novembre 1996, signa un accord avec Graham et Andy Dean pour la distribution exclusive en Allemagne et la distribution mondiale non exclusive de DrawStudio, un nouveau logiciel de dessin structuré pour Amiga. Les technologies Amiga brillèrent par leur absence au salon Computer 96 qui se tint à Cologne en novembre 1996. Cette fois-ci, Haage & Partner partagea un espace avec Eagle et ProDAD et fit la démonstration de DrawStudio et d'ArtEffect ainsi que d'une nouvelle version du système de développement StormC qui gérait désormais les cartes PowerUP de Phase 5. À la fin de 1996, alors que le sort de l'Amiga était encore très incertain, les lecteurs du magazine allemand Amiga Magazin élirent StormC comme produit de l'année, un honneur également décerné par les lecteurs d'AmigaPlus qui choisirent ArtEffect. ![]() Publicité allemande pour les produits de Haage & Partner En février 1997, Markus Nerding écrivit ceci dans le magazine Amiga Future : "L'Amiga est vivant - c'est la raison pour laquelle nous réalisons encore de nombreux grands projets comme StormC." Il écrivit également, avec optimisme, que "les cartes PowerPC de Phase 5 allaient être bientôt en vente et que Quikpak vendait à présent les premiers Amiga portables. Au milieu de l'année 1997, nous espérons voir le PIOS One avec pOS, un système d'exploitation natif PowerPC, et quelques produits comme StormC pOS, ArtEffect pOS et EasyWriter pOS. L'Amiga a toujours été quelque chose de spécial et il l'est toujours." ![]() ![]() Dans le même temps, Haage & Partner continua à développer et à améliorer ses produits logiciels. ArtEffect 1.5 sortit au prix de vente de 79,95 £. En plus de corrections de bogues, cette version ajouta la gestion du mode HAM8. Mais il ne fallut pas longtemps pour que de nouvelles mises à jour 2.0 de StormC, StormWizard et ArtEffect voient le jour. Haage & Partner devint également le distributeur allemand exclusif de PCx, un émulateur de PC Pentium sur Amiga. Et tout au long de 1997, la société signa de nouveaux accords de distribution avec plusieurs développeurs de logiciels. Parmi ceux-ci, NetConnect, la suite Internet complète pour Amiga qui comprenait le navigateur Web Voyager-NG, PageStream, le meilleur logiciel de PAO pour Amiga et Tornado3D, un nouveau logiciel professionnel de lancer de rayons et d'animation 3D. Haage & Partner devint également le distributeur de X-DVE 3 et FontMachine 3. ![]() Pas de RISC, pas de plaisir Pour compléter la nouvelle version d'ArtEffect 2.0, Haage & Partner lança PowerEffects 2 au cours de l'été 1997, qui comprenait neuf nouveaux effets spéciaux, dont ceux pour l'hypergone, les halos lumineux et les éclairs. Haage & Partner commença aussi à sortir des logiciels natifs PowerPC comme PowerUP Effects qui fut la première application commerciale à tirer parti des nouvelles cartes accélératrices PowerUP de Phase 5. Ce lot comprenait une version native PowerPC de la plugin.library qui permettait d'augmenter la vitesse de presque tous les filtres et effets d'ArtEffect, offrant des améliorations de performances de 2 à 20 fois par rapport à la version non PowerPC. Haage & Partner annonça également de nouvelles conditions de prix et de licence pour StormC 2.0 en version de base. Elle publia de nouvelles fonctionnalités pour les extensions de StormC 3.0, comme des modules spéciaux pour PowerUP et pOS, vendus respectivement aux prix de 298 DM et 89 DM. Ceci fut suivi par StormPowerASM (149 DM), un nouveau macro assembleur pour les processeurs PowerPC 603e et 604e, qui comprenait plusieurs exemples de code PowerPC. Une version 3.0 professionnelle et plus avancée était également disponible pour 249 DM et comprenait la gestion de l'ensemble des commandes PowerPC. Cependant, ce fut la sortie de son prochain logiciel qui provoqua une controverse et une rupture des relations avec Phase 5. Le 26 septembre 1997, alors que les premières cartes PowerUP de Phase 5 étaient sur le point d'être expédiées, Haage & Partner annonça la disponibilité de WarpUP, son nouveau noyau haute vitesse pour PowerPC. Tout en remerciant Phase 5 d'avoir orienté le développement des processeurs Amiga dans la bonne direction, la société indiqua clairement que le matériel n'était qu'un élément parmi d'autres et que c'était l'interface logicielle avec le matériel qui garantissait que les futurs développements matériels pouvaient être utilisés par le logiciel sans le modifier. Bien que Phase 5 développa le noyau PowerUP pour ses cartes, Haage & Partner décida de créer WarpUP/WarpOS, sa propre solution optimisée, qui fut développée sur une carte Phase 5 à double processeur par Sam Jordan, Michael Rock et Jochen Becher. ![]() Lors du salon Computer 97 à Cologne, Alexander Pratsch fit une démonstration de la dernière mise à jour d'ArtEffect 2.5. StormC 3.0 était également exposé, ainsi qu'un certain nombre de produits dont Haage & Partner assurait la distribution pour d'autres développeurs. Il s'agissait notamment de NetConnect 2, FontMachine 3.0 et X-DVE 3.0 de ProDAD Software, ainsi que de DecisionWORD, un nouveau traitement de texte qui permettait d'afficher des calculs et des formules dans le texte. Mouvement sismique Amiga Inc. semblait soutenir la transition progressive de l'Amiga vers la plate-forme PowerPC. Cependant, le 15 mai 1998, lors du salon World Of Amiga à Londres, Jeff Schindler publia une déclaration intitulée "Kickoff the Future with the Amiga", qui semblait inverser la position initiale et envoya des ondes de choc à toute la communauté Amiga. Jeff Schindler annonça ainsi qu'un nouveau système d'exploitation était en cours d'élaboration pour le marché émergent de la convergence numérique. Il s'agissait d'AmigaOS 4.0, mais qui n'avait pas grand-chose en commun avec les versions précédentes du système Amiga. Il révéla également qu'Amiga Inc. sortirait une machine de développement en x86 qui constituerait un pont vers la prochaine génération de technologie Amiga. Cette machine de développement, qui serait fournie avec une version bêta d'AmigaOS 4.0, devait être lancée en novembre 1998. Il fut révélé par la suite que la "November Box" et AmigaOS 4.0 n'étaient qu'une plate-forme de transition destinée à accélérer la sortie de la prochaine génération de matériel Amiga, prévue pour l'an 2000, et complétée par un nouvel AmigaOS 5.0. En outre, les travaux de mise à niveau d'AmigaOS 3.5 devaient cesser pour permettre de concentrer tous les efforts sur le développement du nouveau système. Phase 5, réalisant que le marché pour leurs produits PowerPC pourrait disparaître, décida de régler immédiatement son désaccord avec Haage & Partner sur le noyau PowerPC WarpOS et soumit une proposition de développement alternatif à AmigaOS 5.0 à Amiga Inc. pour le soutien d'une carte PowerPC en plus de la November Box. Mick Tinker d'Access/Index réussit également à convaincre Amiga Inc. de ne pas mettre complètement au rebut AmigaOS 3.5. Pendant ce temps, Haage & Partner continua d'élargir sa gamme de logiciels et de développer son activité. Le noyau WarpOS fut complètement réécrit et gérait désormais le multitâche dynamique. Dans les coulisses, Sam Jordan, en collaboration avec Thomas et Hans-Joerg Frieden, travaillait sur Warp3D, un projet visant à apporter la gestion matérielle 3D OpenGL à l'Amiga. En juillet 1998, la société déménagea de Rosbach dans des locaux plus spacieux à Glashütten, à 30 km au nord-ouest de Francfort et à environ 40 minutes en voiture du siège d'Amiga International à Langen. Markus Nerding fit la démonstration d'une version bêta du traitement de texte EasyWriter lors du salon International Amiga 98 à Toronto, au Canada. D'apparence similaire à Final Writer, ce nouveau logiciel disposait également de cadres de texte, de la gestion des polices PostScript et Truetype ainsi que des notes de bas de page. Haage & Partner obtint la licence pour le nom AmigaWriter auprès d'Amiga International et renomma ainsi son nouveau traitement de texte. Une version allemande sortit en août 1998. Une version de démonstration fut également disponible en téléchargement sur le site Web de Haage & Partner. La version anglaise sortit peu de temps après, mais il fallut attendre la fin de l'année pour que le manuel anglais soit disponible. Comme pour ArtEffect, la première version d'AmigaWriter fut assez boguée et plusieurs correctifs et mises à jour furent successivement mis à disposition en téléchargement. Amiga International commercialisa en 1998 Amiga Developer CD 1.2, un nouveau CD pour développeurs qui, selon la société, contenait tout le matériel nécessaire pour débuter le développement de logiciels pour les ordinateurs Amiga, à l'exception d'un compilateur C et d'un assembleur. Ce CD, vendu au prix de 27,80 DM, était disponible auprès de son distributeur allemand, ICP-Verlag. Le CD contenait également les ensembles de développement logiciel WarpUP et PowerUP de Haage & Partner et Phase 5. ![]() Developer CD 1.2 Atteindre la vitesse Warp Sam Jordan fit la première démonstration publique de Warp3D et de sa nouvelle bibliothèque graphique StormMesa 3.0 lors du salon Computer 98 de Cologne en novembre 1998. Bien qu'il ne s'agissait que d'une version bêta, cette démonstration montra les performances 3D qui pouvaient être obtenues avec la puce ViRGE, relativement faible, de la carte graphique CyberVision3D. Haage & Partner affirma que la combinaison du PowerPC et de matériel 3D avec WarpOS, Warp3D et OpenGL/StormMesa permettrait à l'Amiga de redevenir une machine de pointe et ouvrirait la voie au portage de jeux 3D issus d'autres plates-formes. ![]() ![]() ![]() ![]() Descent Haage & Partner continua à distribuer des mises à jour de son catalogue de logiciels. X-DVE fut mis à jour en version 3.6 et le correctif "service pack 2.1" fut publié pour NetConnect. Haage & Partner travailla également sur la version 3.0 d'ArtEffect, alors qu'AmigaWriter fut mis à niveau en version 1.2. Malheureusement, la trêve entre Haage & Partner et Phase 5 ne dura pas longtemps car Haage & Partner lança une pétition en ligne pour tenter d'utiliser la pression publique afin que Phase 5 retire la ppc.library de la ROM de démarrage des BlizzardPPC, ce qui empêchait la carte d'utiliser WarpOS. La mise à jour AmigaOS 3.5 L'avenir d'AmigaOS 3.5 fut une fois de plus menacé lorsque le contrat de Fleecy Moss fut résilié. Ce dernier avait coordonné l'effort de développement de la version 3.5. Cependant, Petro Tyschtchenko annonça rapidement que Haage & Partner avait été engagé pour achever la mise à jour AmigaOS 3.5. Avec Haage & Partner aux commandes, il ne fallut pas longtemps avant que cette version ne soit à nouveau sur les rails. Ils réussirent ce remarquable exploit en ouvrant le programme de bêta-test à toute la communauté Amiga, en sélectionnant 2000 testeurs parmi tous ceux qui avaient postulé. Tous les bêta-testeurs signèrent un accord de confidentialité et furent choisis sur la base de leur expérience et du matériel qu'ils disposaient, afin de garantir que la préversion soit testée sur le plus grand nombre de configurations Amiga. La mise à jour tant attendue d'AmigaOS 3.5 fut finalement publiée le 18 octobre 1999 après un développement mouvementé. Étonnamment, elle se vendit assez bien, même si en réalité, elle ne faisait qu'actualiser AmigaOS en incorporant de nombreux programmes et utilitaires tiers qui avaient été développés en l'absence de tout soutien officiel depuis la sortie d'AmigaOS 3.1 en 1994. Cette version apporta néanmoins des améliorations et une standardisation bien nécessaires, et donna un grand coup de jeune au vieillissant Workbench de l'Amiga. Il s'agissait d'une version purement logicielle (pas de ROM Kickstart) et le premier AmigaOS à être fourni sur CD. Les principales caractéristiques d'AmigaOS 3.5 comprenaient l'ajout d'une pile TCP/IP tierce, d'un navigateur Web et d'un nouveau client de messagerie électronique. De nouvelles versions de HDToolBox et de NSDPatch furent incluses avec la gestion des disques durs de plus de 4 Go. L'interface graphique fut considérablement remaniée avec de nombreuses nouvelles fonctionnalités et la prise en charge des icônes au format GlowIcon et des icônes jusqu'à 256 couleurs. La gestion des CD fut aussi ajoutée, tout comme celle de nouvelles imprimantes et du son via AHI. La gestion des processeurs PowerPC fut intégrée avec l'ajout des pilotes WarpOS de Haage & Partner. Plusieurs nouvelles API et de nombreuses autres améliorations et corrections de bogues furent également incluses. Le Developper CD en version 2.1, contenant une nouvelle trousse de développement logiciel d'AmigaOS 3.5, fut commercialisé en novembre 1999 au prix de 49 DM. Enfin, le 24 décembre, Haage & Partner publia une mise à jour d'AmigaOS 3.5 qui corrigeait un certain nombre de bogues de la version originale et offrait quelques utilitaires supplémentaires. ![]() Publicité pour AmigaOS 3.5 Gateway 2000 (renommé simplement en Gateway à partir d'octobre 1998) continua à donner des signaux mitigés sur l'avenir de l'Amiga. Jim Collas, vice-président senior du développement produit de Gateway, fut nommé président d'Amiga, Inc. en février 1999 et révéla les plans visant à accélérer le développement de l'Amiga. Allan Havemose, spécialiste expérimenté des logiciels Amiga, fut nommé vice-président de l'ingénierie et chargé de constituer une équipe logicielle pour intégrer AmigaOS avec Neutrino, le noyau temps réel de QNX. Le PDG de Gateway, Ted Waitt, sema la confusion en déclarant publiquement que l'Amiga n'était pas une entreprise. Malgré cela, les signes étaient prometteurs lorsque des concepts de prototype pour un nouvel Amiga MCC furent révélés. C'était trop beau pour être vrai. Le 31 août 1999, le contrat de Bill McEwen fut résilié et, un jour plus tard, Jim Collas démissionna de son poste de président d'Amiga Inc. au milieu de rumeurs selon lesquelles il aurait refusé de céder aux pressions internes visant à annuler le projet Amiga MCC. Thomas J. Schmidt fut alors nommé président et directeur général d'Amiga Inc. et sa première décision fut d'annuler le projet Amiga MCC. Le 17 septembre 1999, il confirma qu'aucun nouveau matériel Amiga ne serait développé, indiquant que la capacité d'Amiga Inc. à fournir l'Amiga MCC était irréaliste. Pendant ce temps, la situation financière de Phase 5 s'affaiblissant, Haage & Partner négocia avec Gateway pour porter AmigaOS sur la carte mère PowerPC POP d'IBM. Cependant, quelques mois après, Gateway confia son enfant Amiga non désiré à deux anciens employés. Le 27 décembre 1999, Gateway vendit en effet sa branche Amiga à Amino Development et peu après, Amino fut rebaptisée Amiga Inc. Bill McEwen et Fleecy Moss, avec le soutien de capital-risque, devinrent les nouveaux propriétaires. Presque immédiatement, ils signèrent plusieurs partenariats stratégiques et, le 11 février 2000, ils annoncèrent un accord avec Haage & Partner qui, selon eux, profiterait aux utilisateurs d'Amiga Classic et assurerait une transition en douceur vers la prochaine génération de systèmes Amiga. Markus Nerding assura à la communauté Amiga qu'elle travaillerait avec le nouvel Amiga Inc. pour assurer la compatibilité avec les logiciels Amiga Classic et pour faire avancer l'Amiga avec de nouveaux et passionnants produits. ![]() Bill McEwen et Jürgen Haage Le traitement de texte AmigaWriter fut commercialisé dans sa version 2.0 en mai 2000. Les principales améliorations concernèrent l'importation de fichiers Word et la gestion des polices TrueType. Une ultime mise à jour 2.20 apparue en été, permettant au programme d'importer des fichiers au format Final Writer mais aussi Wordworth (seulement en ASCII). Édition finale d'AmigaOS 68k ? Suite à l'annonce inattendue par Amiga Inc. en octobre 2000 à propos du développement d'AmigaOS 3.9 en partenariat avec Haage & Partner, cette version du système fut étonnamment publiée à temps, le 4 décembre 2000. La première démonstration publique eut lieu au salon World Of Amiga à Cologne, en Allemagne, le 9 décembre 2000. Bien que généralement bien accueillie, cette mise à jour ne fut pas sans controverse. En réalité, elle n'offrait que des améliorations mineures par rapport à la précédente mise à jour 3.5 et certaines critiques suggéraient qu'il s'agissait d'une tentative cynique de Haage & Partner et d'Amiga Inc. de soutirer de l'argent durement gagné à une communauté Amiga captive. Hormis quelques améliorations, il s'agissait principalement d'une collection de programmes et d'utilitaires tiers dont beaucoup (par exemple AMPlifier) étaient disponibles gratuitement en téléchargement sur Aminet ou sur les sites Web des auteurs. Une accusation sérieuse fut également portée pour avoir inclus une version non autorisée et illégale d'AmiTCP/IP qui était intégrée dans le nouveau logiciel de réseau Genesis. Cela conduisit Tomi Ollila de Network Solutions Development Inc. (NSDi) à publier un communiqué de presse à la veille du salon World Of Amiga, annonçant que Haage & Partner n'avait pas d'accord de licence avec NSDi pour inclure AmiTCP/IP dans AmigaOS 3.9 et qu'ils encourageaient donc le piratage de logiciels. Outre AMPlifier et Genesis, AmigaOS 3.9 comprenait également un lecteur vidéo AVI et Quicktime, un nouveau lecteur de CD, des pilotes WarpOS PowerPC mis à jour, une édition spéciale du navigateur Internet AWeb 3.4 SE, AmiDock (une puissante barre de lancement de programme), un excellent outil de décompression et un nouveau et puissant Shell. De nombreuses autres améliorations mineures furent apportées aux bibliothèques et aux datatypes, sans oublier des corrections de bogues. Cette version fut de nouveau publiée sur CD et la spécification minimale recommandée comprenait un processeur 68020, un disque dur, un lecteur de CD, des ROM Kickstart 3.1 et 6 Mo de mémoire Fast. Mais pour profiter de performances optimales, une carte accélératrice avec 68060 et PowerPC, une carte graphique RTG, une carte son 16 bits, 32 Mo de mémoire Fast, un modem et une carte d'entrées/sorties étaient recommandés. La réception d'AmigaOS 3.9 par les amigaïstes ne fut pas entièrement négative et de nombreux utilisateurs furent satisfaits de cette mise à jour. Une autre mise à jour officielle fut également livrée aux utilisateurs d'AmigaOS 3.5, ce fut le BoingBag #2, mis à disposition par Haage & Partner en téléchargement gratuit le 3 janvier 2001. Quelques jours plus tard, un BoingBag #2a fut ensuite publié, corrigeant un bogue sur le datatype AmigaGuide. StormC fut également mis à niveau vers la version 4 (498 DM) et Haage & Partner proclama être un bond en avant vers le nouvel AmigaOS. Cela fut suivi par une mise à jour officielle et gratuite pour AmigaOS 3.9, qui fut publiée sous le nom de BoingBag 1, le 31 mars 2001, et qui fut rapidement suivie, un jour plus tard, par une version de 1.1 corrigée d'un bogue. x86, le signe du diable ? Le magazine Amiga Active publia dans son édition d'août 2001 un article sur un nouvel émulateur Amiga 68k inconnu qui pourrait faire tourner le jeu 3D Quake à dix fois la vitesse d'un Amiga équipé de 68060. Plus tard, il fut révélé que Haage & Partner en étaient les développeurs et avaient produit l'émulateur AmigaXL pour le système d'exploitation QNX, fonctionnant sur x86. ![]() Selon le communiqué de presse, le logiciel AmigaOS XL gérait les processeurs Athlon, Duron, Pentium et Celeron (minimum 500 MHz) équipés de cartes graphiques, audio et réseau standard. La configuration recommandée était un processeur Athlon 1,2 GHz de gamme moyenne. L'émulateur AmigaXL était hébergé sous QNX 6.1 avec AmigaOS 3.9 et QNX émulés fonctionnant simultanément. Cela permit à l'environnement Amiga de bénéficier des fonctionnalités associées au système QNX hôte telles que les pilotes, les périphériques USB, le son, le réseau, les cartes graphiques, la mémoire virtuelle, etc. En outre, grâce à une implémentation partielle de l'émulation des puces spécialisées Amiga, cet émulateur offrait une meilleure compatibilité avec de nombreux programmes Amiga, mais cela le rendait également plus lent qu'Amithlon. Ce dernier comprenait une distribution ISO Linux allégée qui pouvait démarrer directement dans l'émulation AmigaOS 3.9 sans avoir besoin d'interagir avec un système d'exploitation hôte. Ainsi, Amithlon ressemblait à un véritable Amiga. Le Native Developer Kit pour AmigaOS 3.9 fut finalement publié début janvier 2002 et, le 20 mars, Haage & Partner annonça la mise à jour BoingBag 2 pour AmigaOS 3.9 qui proposait plusieurs applications multimédias améliorées et un certain nombre de corrections de bogues, dont l'utilitaire HDToolBox nettement amélioré. Il fut intéressant de noter que les propriétaires d'AmigaOS XL pouvaient également installer la mise à jour. Quelque temps après, Amiga Inc. informa finalement Bernd Meyer que Haage & Partner n'avait pas de licence pour inclure la propriété intellectuelle d'Amiga Inc. avec son lot d'émulateurs. Bernd Meyer contacta Jürgen Haage qui confirma qu'une licence n'avait pas encore été conclue. Dans un effort pour éviter un litige personnel, Bernd Meyer publia une déclaration selon laquelle il considérait que toute copie d'Amithlon expédiée après le 8 mars 2002 avait été distribuée en violation directe du contrat de distribution d'Amithlon. Les retombées furent instantanées et Haage & Partner fut bombardé de courriels, car de nombreux amigaïstes se rangèrent du côté de Bernd Meyer et appelèrent à un boycott des produits de Haage & Partner. Bernd Meyer continua à travailler sur une mise à jour d'Amithlon, dont le nom de code était Berniethlon, et tenta de conclure un accord directement avec Amiga Inc. Néanmoins, après des mois de retard, Bernd Meyer fut frustré et désenchanté par le manque de progrès dans cette affaire et, le 1er décembre 2002, il annonça qu'il avait suspendu tous les travaux sur ce projet. Bernd Meyer blâma Haage & Partner pour les problèmes et, une fois de plus, ils furent mis au pilori dans les listes de diffusion et les forums Internet. En représailles, Haage & Partner retira Bernd Meyer de la liste de diffusion d'assistance Amithlon, ainsi que plusieurs de ses détracteurs les plus virulents. Cela provoqua une migration massive vers la liste de diffusion ouverte d'Amithlon et les espoirs d'un Amiga x86 subirent une fois de plus un revers massif. Malgré quelques mises à jour logicielles mineures, Haage & Partner quitta effectivement le marché de l'Amiga peu de temps après. Ce fut une triste fin pour une société qui avait tant contribué à AmigaOS dans l'ère post-Commodore. Où sont-ils maintenant ? Après avoir quitté les coulisses de l'Amiga, Haage & Partner poursuivit la distribution, la vente et la traduction en allemand de logiciels et de documentations pour des éditeurs internationaux. La société est désormais basée à Wiesbaden, à environ 50 km à l'ouest de Francfort. Note : en 2006, Haage & Partner publia une note sur les pages Amiga longtemps inactives de son site Internet, indiquant qu'Alinea Computer avait repris la distribution de tous ses logiciels Amiga.
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