Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Classic Reflections - Qu'est-il arrivé à Phase 5 ? (première partie)
(Article écrit par Trevor Dickinson et extrait de Amiga Future - juillet 2015)


Note : traduction par David Brunet.

Qu'est-il arrivé à Phase 5 ?

Après avoir passé en revue Haage & Partner dans le dernier numéro, nous restons en Allemagne pour examiner les réalisations d'une autre entreprise allemande qui a apporté une contribution tout aussi spectaculaire à la scène de l'Amiga Classic. Bien qu'elle soit entrée tardivement sur le marché Amiga, elle a non seulement réussi à créer une gamme impressionnante de cartes graphiques et accélératrices pour Amiga, mais elle a également soutenu la campagne post-Commodore visant à adopter l'architecture PowerPC. Elle a exercé une influence majeure pendant les années Escom et Gateway et a contribué à définir l'orientation future du développement de la nouvelle génération de matériels et de logiciels Amiga avant de succomber à la faillite à l'aube du nouveau millénaire. Toutefois, ses successeurs renaquirent de leurs cendres pour créer un matériel moderne à base de PowerPC et d'un système d'exploitation PowerPC inspiré d'AmigaOS. Cette société s'appelle Phase 5 Digital Products et voici son histoire Amiga.

Phase 5

La naissance d'un blizzard

Phase 5 Digital Products (Phase 5) débuta en fait en 1990 sous le nom d'Advanced Systems & Software. Cofondée par Wolf Dietrich et Gerald Carda, elle fut d'abord le distributeur allemand des produits de la société américaine Advanced Storage Solutions, une filiale de Preferred Technologies, Inc. Les deux hommes se rencontrèrent alors que Wolf Dietrich travaillait en tant que rédacteur indépendant. Selon Wolf Dietrich, "je me suis intéressé à l'Amiga en 1986, lorsque les premiers A1000 sont arrivés en Europe". Son partenaire Gerald Carda, qui étudia l'ingénierie électrique, travailla avec le premier A1000 arrivé en Europe et cofonda Amiga Kickstart, le premier magazine allemand consacré à l'Amiga (numéro d'août 1988, numéro de mai 1989).

Advanced Systems & Software

Phase 5
Gerald Carda et Wolf Dietrich

La société était détenue à 100% par Wolf Dietrich et Gerald Carda qui lancèrent l'entreprise avec un investissement initial de 5000 £. Malgré son entrée tardive sur le marché, elle devint en cinq ans un leader sur le marché européen et nord-américain de l'Amiga, avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 6 millions de livres sterling. Au départ, la société était basée au nord de Francfort, au 412 Homburger Landstrasse, mais elle déménagea ensuite vers son siège permanent à Oberursel (dans la région de Taunus), à environ 14 km au nord-ouest de Francfort. L'entité Phase 5 fut créée en 1991 pour servir de filiale de développement matériel d'Advanced Systems & Software et, bien que ses produits portaient le logo Phase 5, la plupart des premières ventes étaient encore commercialisées par Advanced Systems & Software. Au fur et à mesure du succès de Phase 5, Advanced Systems & Software fut abandonnée et le nom Phase 5 fut pleinement adopté.

Phase 5 Phase 5
Les premières publicités d'Advanced Systems & Software

Gerald Carda travailla dans un premier temps, dès 1990, sur la carte SCSI Nexus, un contrôleur de disque dur Zorro II pleine longueur pour Advanced Storage Solutions. Ce contrôleur disposait d'une place pour un disque dur de 3,5" et pouvait gérer jusqu'à 8 Mo de mémoire Fast.

Phase 5
Nexus

Cependant, comme beaucoup de développeurs tiers sur Amiga, le premier vrai produit Amiga de Phase 5 fut une inévitable carte d'extension mémoire. En 1992, Phase 5 sortit la carte Blizzard Turbo Memory Board pour les modèles A500 et A2000. Cette carte se connectait à l'emplacement du 68000, remplaçant le processeur d'origine par un 68000 fonctionnant à 14 MHz qui pouvait être commuté logiciellement à 7 MHz. La Blizzard Turbo Memory comprenait également seize emplacements DIP qui pouvaient gérer jusqu'à 8 Mo de mémoire Fast et disposait en option de 512 ko de "Shadow RAM" pour la recopie du Kickstart. La carte était vendue au prix de 329 DM sans mémoire installée et Phase 5 proposait 2 Mo de mémoire au prix de 169 DM.

Phase 5
Blizzard Turbo Memory Board

L'extenstion mémoire Blizzard CDTV fut également développée pour le CDTV et lui ajoutait 2 Mo de mémoire Fast mais, bien que des prototypes furent fabriqués et envoyés à plusieurs développeurs tiers, ce produit ne fut jamais commercialisé. En 1993, Phase 5 lança une carte d'extension mémoire pour la trappe d'extension située sous l'Amiga 1200. Il s'agissait de la Blizzard 1200/4, qui était fournie avec une horloge temps réel optionnelle et 4 Mo de mémoire Fast installés en surface en usine, qui se vendait au prix de 449 DM, ou 499 DM avec une horloge temps réel. Cette carte pouvait également inclure en option un FPU 68881 ou 68882 fonctionnant à 14 ou 20-40 MHz selon le FPU et l'oscillateur installés. La version 68882 à 20 MHz se vendait à 149 DM, tandis que la version 33 MHz était proposée au prix de 199 DM. Une option Blizzard 1200/ADD4 Memory Module (329 DM) fut également disponible, elle se connectait à la carte Blizzard 1200/4 et ajoutait 4 Mo de mémoire Fast supplémentaires (note : taux de change utilisés : 3 DM = 1£ = 1,65 USD).

Phase 5
Blizzard 1200/4

Conduisez sur la voie rapide !

Signe de sa croissante sophistication technique, Phase 5 sortit sa première carte accélératrice pour A1200 en 1993. La Blizzard 1230, qui s'installait dans la trappe interne de l'A1200, était équipée d'un processeur 68EC030 cadencé à 40 MHz et comprenait deux emplacements mémoire SIMM à 72 broches pouvant gérer jusqu'à 64 Mo de mémoire Fast. Elle proposait également une horloge sauvegardée par pile ainsi qu'une fonction MapROM matérielle (pas besoin de MMU) ainsi que des emplacements vides pour des composants FPU, PLCC et PGA optionnels. Le processeur 68030 pouvait être synchrone ou asynchrone avec le FPU jusqu'à 50 MHz. Un kit Fast SCSI-II (FAS216) était disponible en option et proposait un connecteur externe DB25. La carte Blizzard 1230 fut initialement vendue au prix de 595 DM sans mémoire installée tandis que le kit Fast SCSI-II était disponible pour 249 DM. Phase 5 proposa également des offres spéciales de reprise de la Blizzard 1200/4.

Phase 5
Blizzard 1230

Cependant, ce fut le produit suivant qui confirma les compétences techniques de Phase 5. La Fastlane Z3 était une carte Zorro III pleine longueur disposant d'un contrôleur Fast-SCSI II DMA et d'une extension mémoire qui établit de nouvelles normes en tant que contrôleur SCSI haute performance, tout système informatique confondu. Elle fut conçue pour l'A4000 mais pouvait également être utilisée avec un A3000 pour améliorer ses performances SCSI. La carte offrait une vitesse de transfert SCSI asynchrone de 7 Mo/sec et synchrone de 10 Mo/sec et comprenait seize emplacements SIMM à 30 broches pouvant comporter 64 Mo de mémoire Fast avec un module de mise à niveau optionnel pour 256 Mo. Sa mémoire FIFO bidirectionnelle de 32 bits de large atteignait des vitesses de transfert mémoire maximales de plus de 20 Mo/sec. La Fastlane Z3 comprenait également une ROM de démarrage automatique (z3scsi.device), un logiciel de mise en cache dynamique et un système de fichiers pour CD. Elle était dotée d'un port SCSI interne à 50 broches et d'un port SCSI externe Centronics à 50 broches avec terminaison de bus active. La carte Fastlane Z3 non peuplée était initialement vendue au prix de 795 DM.

Phase 5
Fastlane Z3

Une tempête se prépare !

Malgré la dégradation de la situation financière de Commodore, Phase 5 continua à développer et à commercialiser de nouveaux matériels Amiga. Au début de 1994, Phase 5 sortit une carte accélératrice 68020 pour l'A1200. La Blizzard 1220/4 s'installait à nouveau dans la trappe de l'A1200 et comprenait un processeur 68EC020 cadencé à 28 MHz et possédait un emplacement pour un FPU 68881 à 14 MHz ou un 68882 cadencé à 40 MHz en option. Elle proposait également un bouton de désactivation, une horloge sauvegardée par pile et 4 Mo de mémoire Fast embarqués, extensible jusqu'à 8 Mo avec l'ajout de la carte fille optionnelle 1220/ADD4. La Blizzard 1220/4 était proposée au prix de 499 DM alors que la carte fille 1220/ADD4 se vendait au prix de 349 DM. Un FPU 68882 à 33 MHz était proposé au prix de 149 DM.

En 1994, Phase 5 sortit également sorti la Blizzard 4030 Turbo Board pour l'A4000 et l'A3000. Cette carte, qui se connectait au port processeur, était fournie avec un 68030 fonctionnant à 40 ou 50 MHz et comprenait un emplacement pour un FPU 68882 PGA optionnel fonctionnant jusqu'à 50 MHz. Il n'y avait pas d'option d'extension mémoire mais elle intégrait une MMU et disposait d'un accès mémoire à la carte mère plus rapide que la carte processeur A3640 de Commodore. La Blizzard 4030 était vendue au prix de 595 DM, alors qu'un FPU 68882 à 50 MHz était proposé au prix de 299 DM.

Phase 5
Blizzard 4030

Une version mise à jour de la Blizzard 1230 fut également commercialisée en 1994 pour l'A1200. Il s'agissait de la Blizzard 1230-II, qui était disponible soit avec un processeur 68EC030 à 40 MHz sans MMU (529 DM), soit avec un processeur 68030 à 50 MHZ avec MMU (679 DM). Elle conservait toutes les caractéristiques du modèle précédent : horloge sauvegardée par pile, fonction MapROM matérielle et emplacements pour composants FPU, PLCC et PGA en option, ainsi que la synchronisation du processeur 68030 en mode synchrone ou asynchrone jusqu'à 50 MHz. Là encore, elle pouvait gérer jusqu'à 64 Mo de mémoire Fast via deux emplacements mémoire SIMM à 72 broches. La carte Blizzard 1230-II SCSI Kit fut également mise à jour et vendue au prix de 169 DM.

Phase 5
Blizzard 1230 MK II

En 1994, Motorola lança son nouveau processeur 68060. Il était pourvu d'une architecture superscalaire, d'un pipeline sophistiqué et d'une puissance de traitement beaucoup plus importante, quatre fois plus rapide qu'un 68040 à 25 MHz et comparable avec tous les processeurs Pentium de l'époque. Ce fut le dernier modèle et le plus avancé de la série 680x0, Motorola abandonnant cette gamme de processeurs au profit du PowerPC de technologie RISC.

Entre-temps, en avril 1994, Commodore déclara des pertes de 8,2 millions de dollars sur des ventes de 70,1 millions de dollars pour le trimestre se terminant le 31 décembre 1993. Et le 29 avril 1994, Commodore International Ltd. déposa une demande de liquidation volontaire aux Bahamas. Il faullut presque un an avant que la société Escom n'acquière enfin les droits sur l'Amiga et, pendant cette période, de nombreux développeurs de matériels et de logiciels quittèrent la scène Amiga. Malgré la disparition de Commodore, Phase 5 fut parmi les premiers à annoncer une carte accélératrice Amiga utilisant le processeur 68060, prétendant qu'il serait mis en service à l'été 1994.

La nouvelle carte CyberStorm devait avoir une conception modulaire et être construite autour d'un 68060 fonctionnant à 50 MHz qui, selon Dietrich, devait faire fonctionner les Amiga haut de gamme à plus de 90 MIPS. Une version 68040 avec un processeur fonctionnant à 40 MHz devait également être produite et permettre d'atteindre les 35 MIPS. Le système CyberStorm se composait d'une carte principale (porteuse) qui contenait le module processeur, le module mémoire et les modules SCSI et entrées/sorties optionnels qui étaient encore en cours de développement. Il disposait également de deux emplacements pour ROM pour les ROM Kickstart de la carte mère. Le module processeur disposait d'une vitesse d'horloge maximale de 80 MHz et contenait le processeur et un cache de deuxième niveau optionnel. Le module mémoire était monté verticalement dans la carte principale et comprenait quatre emplacements mémoire SIMM à 72 broches qui pouvaient contenir jusqu'à 128 Mo de mémoire Fast et permettre un accès en rafale. Le module Fast SCSI optionnel contenait un contrôleur Fast SCSI-II qui gérait la terminaison active du bus et offrait des vitesses de transfert de 7 Mo/s en mode asynchrone et de 10 Mo/s en mode synchrone. Ce module était livré avec un connecteur interne à 50 broches et un connecteur externe MiniDB50. Le module d'entrées/sorties optionnel, quant à lui, devait contenir une carte Fast SCSI-II ayant les mêmes spécifications que le module SCSI, ainsi qu'un port Ethernet 10BaseT de 10 Mo et un port série RS232 à grande vitesse de 2 Mo.

Phase 5
CyberStorm 060

Phase 5
Manuel et disquettes pour la CyberStorm 060/040

Phase5 fit de la publicité pour les deux versions de CyberStorm dans plusieurs magazines Amiga grand public, dont Amiga Plus. Le prix initial sans mémoire était fixé à 2895 DM pour la CyberStorm 060 et 1995 DM pour la version CyberStorm 040. Phase 5 proposa même la CyberStorm 040 sans le processeur 68040 à un prix réduit de 1095 DM. Phase 5 annonça également que les versions CyberStorm pour l'A3000 et l'A4000T seraient commercialisées au cours du troisième trimestre 1994. Cependant, toutes les dates de sortie furent inévitablement repoussées, bien que la version CyberStorm 040 fut quand même livrée en 1994. Le CyberStorm 060 fut présentée en novembre 1994 au salon Computer '94 à Cologne et plus tard au salon World Of Amiga à Londres, mais il fallut attendre le début de l'année 1995 pour qu'elle soit véritablement commercialisée. La carte accélératrice CyberStorm était un début intéressant et constitua la base d'une grande partie des développements matériels futurs de Phase 5.

Conditions de blizzard

Finalement, le sort de l'Amiga se résolut en avril 1995 lorsqu'Escom AG, un fabricant allemand de PC, acquit les droits de l'Amiga. La société créa la filiale Amiga Technology GmbH pour gérer la marque Amiga et nomma Petro Tyschtschenko, un ancien directeur de Commodore, au poste de directeur général. Cette filiale établit son siège à Bensheim, à environ 56 km au sud de Francfort et à seulement 50 minutes en voiture des bureaux de Phase 5.

Pendant ce temps, Phase 5 continua à sortir de nouveaux matériels et améliora sa gamme de produits existante. La CyberStorm 060 à 50 MHz fut enfin mise sur le marché, et des versions à 66 et 80 MHz du module processeur 68060 furent annoncées pour la fin de 1995. La carte accélératrice Blizzard 1230 pour l'A1200 reçut deux mises à jour. La Blizzard 1230 III, qui conserva la plupart des caractéristiques du modèle précédent, était une version à coût réduit qui ne contenait qu'un emplacement SIMM à 72 broches pouvant gérer jusqu'à 32 Mo de mémoire Fast. Là encore, deux variantes de processeur furent produites. Un modèle de processeur 68EC030 à 40 MHz (399 DM) et une version de processeur 68030 à 50 MHz (499 DM). Le kit SCSI Blizzard 1230-III était également disponible en option pour 169 DM. Ces cartes furent livrées sans mémoire installée et Phase 5 offrit des modules SIMM de 4, 8 et 16 Mo pour respectivement 299, 599 et 1099 DM.

Phase 5
Blizzard 1230 MK III

Peu de temps après, Phase 5 lança la Blizzard 1230 IV qui comprenait un processeur 68030 à 50 MHZ et un FPU 68882 optionnel fonctionnant jusqu'à 50 MHz. Ce nouveau modèle incluait un emplacement SIMM à 72 broches qui pouvait gérer jusqu'à 128 Mo de mémoire Fast. Il comprenait également une détection automatique de la taille de la mémoire, une MapROM sélectionnable par cavalier et une option pour désactiver la carte d'une simple pression sur une touche afin de maintenir la compatibilité avec certains logiciels et jeux. La carte coûtait 349 DM sans mémoire installée. Phase 5 commercialisa également plusieurs variantes avec un FPU 68882 à 50 MHz ou 4 Mo de mémoire Fast ou une combinaison des deux, à un prix de 499, 599 et 749 respectivement. Et à nouveau, un Blizzard 1230-IV SCSI Kit optionnel fut mis sur le marché, au prix de 179 DM.

Phase 5
Blizzard 1230 MK IV
Phase 5
Blizzard 1230-IV SCSI Kit

Après la réussite de la CyberStorm 060 pour l'A4000, Phase 5 produisit une version pour l'A1200 qui s'installait, comme d'habitude, dans la trappe en dessous de la machine. La Blizzard 1260 Turbo Board était basée sur le processeur 68060 fonctionnant à 50 MHz. Elle comprenait un emplacement SIMM à 72 broches qui pouvait gérer jusqu'à 64 Mo de mémoire Fast simple face. Cette carte disposait de toutes les caractéristiques habituelles de Phase 5, telles qu'une horloge sauvegardée par pile, la détection automatique de la taille de la mémoire, une fonction MapROM sélectionnable par cavalier et, pour des raisons de compatibilité, elle pouvait être désactivée par une simple pression sur une touche, désactivant par la même la mémoire et l'optionnel kit SCSI. La Blizzard 1260 fut vendue pour un prix de 1249 DM ou 1499 DM avec 4 Mo de mémoire. Phase 5 proposa également des offres pour davantage de mémoire. L'optionnelle Blizzard 1260 SCSI Kit, qui était également compatible avec la Blizzard 1230 IV, était vendue à 199 DM. Une version nommée Blizzard 1240 T/ERC fut également produite, elle utilisait des processeurs 68040 à 40 MHz apparemment récupérés de Mac recyclés.

Phase 5
Blizzard 1260

Cyber visionnaire

Non content de produire une multitude de cartes accélératrices Amiga, Phase 5 s'attacha à améliorer les performances graphiques de l'Amiga. Lorsque l'Amiga fut commercialisé en 1985, ses capacités graphiques étaient révolutionnaires, mais en 1995, après la disparition de Commodore, les graphismes natifs de l'Amiga commençaient à paraître dépassés. La bibliothèque Intuition d'AmigaOS était limitée aux écrans 8 bits, mais des bibliothèques RTG spéciales permirent à AmigaOS de s'interfacer avec des cartes graphiques tierces afin d'afficher des modes d'écran 24 bits TrueColor.

Un certain nombre de sociétés tierces avaient déjà développé d'excellentes cartes graphiques RTG pour l'Amiga, donc si Phase 5 voulait faire son entrée sur ce marché, il devait produire quelque chose de spécial. Fin 1994, la société allemande fit la démonstration d'une nouvelle carte graphique à l'occasion de plusieurs salons informatiques, mais il fallut attendre 1995 pour que la carte soit officiellement lancée au public Amiga. Baptisée CyberVision64, il s'agissait d'une carte graphique à haute vitesse pour tous les Amiga équipés de bus Zorro III. Elle comportait une puce graphique 86C764 Trio64 64 bits de S3 et un DAC vidéo 24 bits capable, avec un écran adapté, de piloter des écrans 8 bits jusqu'à 1600x1200 (135 MHz), 16 bits jusqu'à 1280x1024 (80 MHz) et 24 bits TrueColor jusqu'à 1024x768 (50 MHz), tous en mode non-entrelacé, ainsi que des écrans 24 bits jusqu'à 1152x864 (50 MHz) en mode entrelacé. Elle était livrée avec 2 Mo de DRAM vidéo soudés à la carte et disposait d'un emplacement pour 2 Mo de DRAM supplémentaires qui pouvaient être ajoutés ultérieurement.

Phase 5
CyberVision64

Parmi les autres caractéristiques de la CyberVision64, on pouvait citer Roxxler, une puce de conversion des pixels de planar à chunky et un bus VL à 50 MHz autorisant un accès plus rapide à la mémoire vidéo sans avoir besoin d'un pont PCI. La gestion des opérations de dessin de ligne, de copie et de remplissage fut également étendue. L'une des caractéristiques les plus utiles fut l'ajout d'une passerelle vidéo qui permettait de faire passer automatiquement les modes d'écran natifs de l'Amiga à un second moniteur. La carte comprenait également un bus d'extension vidéo numérique pour les futurs modules JPEG, MPEG et DSP, mais ceux-ci ne furent jamais développés.

Cependant, ce qui rendait les performances de la CyberVision64 particulièrement spéciales fut l'inclusion de CyberGraphics, un ensemble de pilotes graphiques avancés créé par Thomas Sontowski et Frank Mariak. CyberGraphics, qui fut plus tard rebaptisé CyberGraphX, était un pilote graphique et un logiciel d'émulation développé pour les cartes graphiques Amiga RTG tierces qui utilisaient les puces graphiques Cirrus et Logic. Ce logiciel shareware était conçu pour définir un standard graphique Amiga indépendant pour les cartes graphiques et était basé sur des pilotes graphiques dépendant du matériel et des bibliothèques indépendantes du matériel. Le logiciel fournissait également une émulation Workbench stable qui conservait les écrans glissants de l'Amiga mais ne nécessitait pas de mémoire Chip pour l'affichage de l'écran. Le logiciel CyberGraphics pouvait également gérer la présence de plusieurs cartes graphiques dans la même machine et utilisait le Blitter de la puce Cirrus pour les conversions planar/chunky. Il gérait de nombreuses cartes graphiques, notamment EGS Spectrum, Opal, Retina Z3, Domino, Merlin, Picasso II et Piccolo SD64.

CyberGraphX

Phase 5 utilisa une version allégée du logiciel shareware CyberGraphics pour piloter et contrôler sa carte CyberVision64. Un pilote d'écran était fourni pour la CyberVision64, qui devait s'installer dans le répertoire Devs/Monitors du système. L'utilitaire spécial CVMode, également inclus, permettait de paramétrer des modes d'écran personnalisés pour chaque moniteur. Cette procédure était assez délicate et constituait l'une des faiblesses de la version initiale. Enfin, l'utilitaire CyberGfx_SetEnv était aussi fourni afin de définir un certain nombre de variables d'environnement spécifiques à CyberGraphics. La CyberVision64 couplée à un écran 17" transformait complètement les performances d'un Amiga 4000, permettant l'affichage d'écrans Workbench 24 bits en haute résolution. Et cela était encore mieux lorsqu'une carte accélératrice CyberStorm 060 était utilisée. La carte CyberVision64 avec ses pilotes était vendue au prix de 679 DM pour la version avec 2 Mo de mémoire vidéo et 849 DM pour la version avec 4 Mo. La version complète du logiciel shareware CyberGraphics pouvait également être achetée directement auprès des développeurs au prix de 50 DM.

Phase 5
Informations et disquette de CyberGraphX

Mise sous tension ?

En mai 1995, peu après le rachat de l'Amiga par Escom, le média PowerPC News rapportait que "la société produira une version de l'Amiga basée sur la nouvelle plate-forme PowerPC Common Hardware Reference Platform (CHRP)". Le rapport poursuivait en disant que "l'utilisation de la plate-forme matérielle CHRP permettra à la société d'accorder une licence pour son système d'exploitation à d'autres fabricants de matériels PowerPC. Un porte-parole de la société Escom déclara que la politique de licence serait "aussi ouverte que possible", sans toutefois pouvoir donner de détails, au moment où nous mettions sous presse".

Dans les coulisses, Phase 5 travaillait déjà sur le développement d'une preuve de concept d'un prototype à base de PowerPC. La carte, qui était connectée au port processeur d'un A4000, contenait deux processeurs. Un PowerPC 604 fonctionnant à 66 MHz et un 68030. La carte fut créée à des fins de diagnostic uniquement et ne pouvait pas faire fonctionner AmigaOS. Le jeu d'instructions simplifié de la conception RISC (Reduced Instruction Set Computing) permit aux ingénieurs d'optimiser l'architecture du processeur PowerPC pour traiter plus d'instructions par cycle de processeur. Le PowerPC 604 contenait 3,6 millions de transistors et était fabriqué par IBM et Motorola avec une puce processeur CMOS de 0,5 µm à quatre niveaux d'interconnexion. Il consommait entre 14 et 17 W à 133 MHz et fonctionnait à des vitesses allant jusqu'à 180 MHz. Le 604 était un processeur superscalaire capable d'exécuter quatre instructions simultanément et jusqu'à six instructions séparées pouvaient être envoyées et exécutées en un seul cycle d'horloge. Avec trois unités de traitement des calculs entiers, une unité à virgule flottante capable d'exécuter une instruction de double précision en un seul cycle d'horloge, et une unité de prédiction de branche dynamique avancée ainsi qu'une unité de chargement et de stockage, le 604 rassemblait beaucoup de puissance dans une seule puce. Il était également doté d'un double cache L1 (16 ko pour les instructions, 16 ko pour les données) et l'interface externe était un bus 60x de 32 ou 64 bits qui fonctionnait à des fréquences d'horloge allant jusqu'à 50 MHz. C'était un incroyable broyeur de calculs et il était capable de fournir le genre de performances qui mettrait sérieusement à l'épreuve une station de travail Indigo 2 de Silicon Graphics.

Lors du salon Video Toaster Expo qui se tint à Los Angeles en novembre 1995, Petro Tyschtschenko annonça dans son discours d'ouverture que le processeur PowerPC avait été choisi pour propulser la future génération d'ordinateurs Amiga et que la première machine serait équipée du processeur RISC PowerPC 604, qui serait disponible au premier trimestre 1997. M. Tyschtschenko révéla également que le Power Amiga serait développé conjointement par une douzaine d'entreprises en partenariat étroit avec Amiga Technologies, bien que le travail de portage d'AmigaOS sur la plate-forme PowerPC soit effectué en interne. Il déclara également : "Notre objectif est de rendre notre système d'exploitation indépendant du matériel afin de permettre d'autres portages sur d'autres plates-formes". Dans le même temps, il annonça une coopération stratégique avec Phase 5, qui produirait une gamme de cartes PowerPC pour les modèles Amiga existants (A1200, A3000 et A4000). Il affirma que les premières cartes PowerPC seraient disponibles avant la fin de 1996. Phase 5 annonça indépendamment qu'elle allait sortir une carte PowerPC MPC603e qui fonctionnerait à 100 MHz (et plus) et inclurait un bus local 64 bits avec des capacités PCI. Le prix de la carte serait compris entre 1000 et 2000 DM et serait disponible pour les A1200, A3000 et A4000. Phase 5 révéla également que les cartes de développement seraient commercialisées au cours du premier trimestre 1996 et que les cartes commerciales seraient disponibles pendant l'été, et affirma que les sociétés Almathera, Softwood et SoftLogik soutenaient déjà le projet.

Manfred Schmitt, le président et fondateur d'Escom, prononça un discours au salon Computer '95 de Cologne, réaffirmant l'engagement de la société dans la plate-forme PowerPC pour l'Amiga. Il révéla qu'Escom était l'un des principaux vendeurs de PC en Europe avec un chiffre d'affaires de 1,85 milliard de DM en 1994. L'entreprise employait 2300 personnes et vendait 410 000 PC par an dans toute l'Europe. Elle possédait 450 magasins dans neuf pays européens. Il déclara que "Amiga Technologies est devenue une multinationale petite mais efficace et emploie aujourd'hui 40 personnes". Il déclara également : "Amiga n'est pas un projet à court terme, c'est un élément stratégique de notre stratégie multimédia, comme je l'ai déjà mentionné. Pour donner à l'Amiga l'avenir qu'il mérite, en tant que plate-forme majeure pour les applications multimédias, vidéo et 3D, il est nécessaire de mettre à niveau ses capacités actuelles. C'est pourquoi nous avons décidé de quitter la gamme des processeurs Motorola 68000 et de mettre à niveau le système avec le processeur PowerPC l'année prochaine. Les futures machines fonctionneront bien sûr avec AmigaOS. Le choix du PowerPC a été fait pour sa rapidité, et aussi parce que c'est en fait le seul processeur RISC actuellement utilisé dans les ordinateurs personnels, ce qui nous assurera que les quantités nécessaires seront disponibles à des prix attractifs sur un marché de masse".

L'optimisme de Manfred Schmitt semblait de bon augure pour l'avenir de l'Amiga mais, quelques mois plus tard, Escom annonça des pertes de 125 millions de DM pour son exercice 1995, malgré une augmentation des ventes à 3,1 millions de DM et la vente de 500 000 PC, selon les estimations.

La dure réalité !

La situation financière d'Escom se détériora. En plus de ses pertes massives, la société devait couvrir le coût de développement de ses marques Amiga et Commodore ainsi que l'expansion de ses activités, notamment l'acquisition de plus de 200 points de vente à Rumbelows au Royaume-Uni. La société avait réussi à obtenir 100 millions de DM de nouveaux financements de ses créanciers et de ses actionnaires, ce qui semblait avoir résolu les problèmes de financement immédiats.

Escom

Malgré les difficultés financières d'Escom, le magazine Amiga Format signala dans son édition de mai 1996 que le développement se poursuivait sur les Amiga à base de PowerPC et qu'Amiga Technologies s'attendait toujours à ce que la nouvelle génération de super Amiga soit prête au cours du premier semestre de 1997. En coulisses, l'histoire était très différente. Amiga Technologies signa un accord de licence international avec Bill Buck, le PDG de Visual Information Service Corp. de Chicago (VIScorp), pour permettre à cette dernière d'utiliser et de distribuer la technologie Amiga dans son décodeur intelligent pour les services de télévision interactive et l'accès à Internet. Alors que les activités PC d'Escom continuaient à souffrir, ses principaux actionnaires et créanciers commencèrent à s'inquiéter et, malgré le refinancement, Manfred Schmitt démissionna de son poste de PDG le 31 mars 1996. Il fut remplacé par Helmut Jost en tant que nouveau PDG d'Escom AG et, quelques jours après la démission de Manfred Schmitt, il signa une lettre d'intention pour vendre à VIScorp l'ensemble des activités Amiga, dont les brevets, les marques déposées et la technologie, pour environ 40 millions de dollars.

La principale activité d'Escom poursuivit son déclin et, début juin 1996, Escom AG demanda la protection contre ses créanciers. Étonnamment, aucune offre de rachat de l'entreprise ne fut faite et, le 24 juillet 1996, Escom fut déclarée en faillite. La faillite d'Escom eut un effet négatif sur les négociations avec VIScorp, qui traînaient encore en longueur malgré plusieurs communiqués de presse et articles de magazines annonçant la conclusion d'un accord.

Où voulez-vous être demain ?

Avec la popularité croissante d'Internet et son importance commerciale grandissante, Phase 5 adopta sans hésiter ce nouveau média et utilisa son site Web pour publier des communiqués de presse et correspondre avec ses clients Amiga. Malgré les préoccupations financières d'Escom, Phase 5 poursuivit son propre effort de développement PowerPC. En mai 1996, Phase 5 publia une déclaration sur son site Web annonçant que les travaux se poursuivaient sur le développement de cartes accélératrices PowerPC pour les modèles Amiga existants. Elle développa plusieurs cartes prototypes PowerPC en utilisant comme support la carte CyberStorm Mk II. Les cartes prototypes étaient connectées au port processeur 680x0 de la CyberStorm. Une version, qui couvrait toute la longueur de la carte CyberStorm hôte, comprenait un processeur PowerPC 603 ou 604e ainsi qu'un 68040 à 25 MHz ou un 68060 à 50 MHz. Une autre version, qui fut envoyée aux développeurs de logiciels, était une carte beaucoup plus petite qui comprenait un processeur PowerPC 603e fonctionnant à 150 MHz avec un 68040 à 25 MHz ou un 68060 à 50 MHz et un port DB9 à des fins de diagnostic.

Phase 5
Les cartes prototypes PowerPC de Phase 5

Phase 5 En outre, et de façon plus spectaculaire, Phase 5 révéla que, dans le cadre de l'extension de son projet PowerUP (qui visait à apporter le PowerPC à l'Amiga), elle travaillait sur un nouveau système d'exploitation indépendant et révolutionnaire compatible AmigaOS qui serait disponible au cours des six premiers mois de 1997. Wolf Dietrich déclara à ce sujet : "il est grand temps de faire un saut technologique radical qui doit être porté par une vision d'un ordinateur pour le prochain millénaire. Nous avons vu trop d'efforts timides au cours des dernières années". Gerald Carda indiqua également qu'il était nécessaire de faire un pas vers une complète innovation afin de réaliser une telle vision.

Ils affirmèrent que leur nouvel "Amiga" serait basé sur le processeur PowerPC et construit autour d'une conception de puces personnalisées hautement intégrée offrant des performances jusqu'alors inconnues. Ce nouvel Amiga offrirait une gestion matérielle pour le multimédia (MPEG), des fonctions 3D et, au minimum, un affichage 24 bits 1600x1200 à un taux de rafraîchissement de 72 Hz. Il comprendrait également des fonctions graphiques et vidéo gérées matériellement ainsi qu'une entrée/sortie audio stéréo de qualité CD, une sortie vidéo 24 bits compatible genlock ainsi qu'une entrée vidéo FBAS/S-VHS. En plus des interfaces habituelles, un contrôleur Fast SCSI-II, une interface réseau et une interface RNIS seraient également inclus. Un système complet équipé d'un PowerPC 603e à 120 MHz, de 16 Mo de mémoire, d'un disque dur SCSI de 1 Go et d'un lecteur de CD quadruple vitesse devait être vendu pour environ 3000 DM. Un système équipé d'un processeur PowerPC 604e à 150 MHz devait être vendu pour environ 4000 DM.

Phase 5

Mais Phase 5 ne travaillait pas seulement sur un nouveau matériel. Ce nouvel ordinateur serait fourni avec un système d'exploitation entièrement nouveau, compatible au niveau binaire avec AmigaOS 3.x mais écrit en code natif PowerPC. Selon Gerald Carda, ils développaient déjà un noyau Exec PowerPC compatible Amiga avec une bibliothèque expansion.library et une version PowerPC de CyberGraphX dans le cadre des développements de PowerUP. Il s'agirait d'un système d'exploitation compatible avec AmigaOS 3.x permettant à l'utilisateur de continuer à utiliser les logiciels existants qui pouvaient fonctionner sous CyberGraphX. Gerald Carda révéla ses aspirations pour le nouveau système d'exploitation : il comprenait une interface 3D et multimédia CyberGraphX avec des améliorations de la structure interne et des ajouts importants à sa gamme de fonctions "pour obtenir un système d'exploitation vraiment très puissant et moderne". De manière quelque peu malicieuse, il affirma également que parler d'un nouveau système d'exploitation était davantage un battage publicitaire qu'une alternative réaliste.

Quelles que soient les motivations réelles de Phase 5, on ne pouvait pas dissimuler le fait que la société avait étendu ses activités. Wolf Dietrich révéla que "d'ici le milieu de l'année 1997, nous aurons investi des sommes à sept chiffres dans ce projet. Nous avons le savoir-faire, l'équipe de développement, l'équipement technique, le soutien de tiers (en particulier Motorola) et la base financière pour ce projet. La seule chose dont nous avons encore besoin est un soutien massif et positif de la part des utilisateurs Amiga". Dans le cadre de son engagement pour l'avenir, Phase 5 agrandit ses installations au siège d'Oberursel. L'entreprise comptait désormais 20 employés et elle créa une nouvelle filiale, Phase 5 Elektronikfertigungs GmbH, pour fabriquer tout son matériel, y compris les produits PowerPC prévus, à partir de sa nouvelle usine de fabrication très moderne utilisant les techniques de fabrication les plus récentes. Alors qu'Amiga Technologies semblait être en déclin, Phase 5 se mettait en route pour monter en puissance !

Phase 5
Publicité de Phase 5 en août 1995

Les luttes de pouvoir

Alors que VIScorp tentait toujours de finaliser son accord avec Escom, Bill Buck annonça qu'il était favorable au développement de l'Amiga en tant qu'ordinateur RISC PowerPC. Cependant, il se contenta de laisser d'autres entreprises comme Phase 5 développer le matériel proprement dit. Plusieurs entreprises étaient dans une lutte de pouvoir pour gagner le coeur et l'esprit des fidèles de l'Amiga et utilisaient Internet pour faire avancer leur cause. Alors que VIScorp tenait une conférence improvisée de développeurs Amiga à Toulouse, des systèmes informatiques alternatifs de type Amiga émergèrent (comme le DraCo et la BeBox) alors que PIOS, une nouvelle société dirigée par Stefan Domeyer qui avait été co-président d'Amiga Technologies aux côtés de Petro Tyschtschenko, annonça qu'elle était en train de développer un ordinateur PowerPC. PIOS comprenait un groupe d'anciens employés de Commodore et d'Amiga Technologies, à l'instar de Dave Haynie et d'Andy Finkel. Cette société établit rapidement une présence sur Internet pour promouvoir son propre programme PowerPC.

Alors que l'acquisition de VIScorp était au point mort, Wolf Dietrich critiqua publiquement le manque de réussite d'Amiga Technologies depuis l'acquisition des actifs d'Amiga. Gerald Carda admit que le projet PowerPC avait pris du retard, accusant les licenciements forcés d'Amiga Technologies qui le poussèrent à abandonner sa coopération avec Phase 5. Gerald Carda déclara : "Pour cette raison, nous ne perdrons plus de temps et nous continuerons notre projet par nous-mêmes, comme nous l'avons commencé. Nous ne pouvons pas non plus attendre plus longtemps les intentions de VIScorp". Wolf Dietrich était également ouvertement sceptique quant aux intentions de VIScorp. Il déclara : "Les actions de VIScorp ne nous convainquent pas de leur sérieux quant à la continuation de l'Amiga". Wolf Dietrich eut même une guerre de mots en ligne avec le développeur de PIOS Dave Haynie qui avait ouvertement critiqué la technologie PowerPC de Phase 5 et sa politique de prix. Finalement, malgré de nombreuses annonces publiques confirmant un rachat, jamais l'accord entre Escom et VIScorp ne se concrétisa. Heureusement pour la communauté Amiga, Phase 5 continuait à prospérer.


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