Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Histoire de l'Amiga - année 1984
(Article écrit par David Brunet - avril 2008)


1984 : premier prototype

Première présentation

Après deux années de développement, le monde allait enfin découvrir la machine d'Amiga Inc. Afin de trouver des financements pour le projet, le Lorraine (également nommé "Amiga PC") fut présenté à plusieurs investisseurs intéressés au Consumer Electronics Show de Las Vegas le 4 janvier 1984. Les circuits intégrés n'étaient cependant pas terminés et la totalité du projet reposait sur quatre cartes séparées reliées par de nombreux câbles. La présentation eut lieu dans un endroit confiné entouré de matière antistatique afin de protéger le matériel et de ne pas troubler les démonstrations.

CES 1984 CES 1984
Le stand d'Amiga Inc. au CES de janvier

CES 1984 CES 1984
La pièce dans laquelle le Lorraine était présenté à des personnes triées sur le volet

Le pire faillit arriver puisque quelques heures avant l'ouverture du salon, le Lorraine ne fonctionnait pas ! La partie logicielle avait été créée sur des simulateurs et terminée dix jours avant ce salon. Mais quand il fallut inclure le système dans le Lorraine, les résultats n'étaient pas ceux prévus. Il a fallu un travail acharné de l'équipe Amiga pour que le prototype puisse enfin marcher correctement. Durant le salon, RJ Mical et Dale Luck améliorèrent une démo de Sam Dicker, The Spinning Ball, afin d'en faire une animation représentant une balle rebondissante. Ce fut une démonstration qui affichait une sphère rouge et blanche, ombrée, qui rebondissait verticalement.

Boing Ball
La démo "Boing Ball"

Au final, bien qu'il y eut un considérable intérêt pour le matériel, le salon de cette année là n'aboutira à aucun résultat concluant.

Rechercher des investisseurs

A cette période-ci, les sept millions de dollars du capital initial avaient été engloutis et les dettes se creusaient. Les investisseurs initiaux ne voulurent pas mettre de nouveau la main à la poche. Après de nombreuses demandes d'argent, l'équipe Amiga put tenir jusqu'au salon CES de juin. Elle y présenta pour la première fois le Lorraine avec le jeu de composants miniaturisé et sur du silicium. Stupéfaits par ce qu'elles voyaient, certaines personnes regardèrent sous la table du prototype pour voir s'il n'y avait pas un gros ordinateur caché qui générait cet affichage. La société Amiga montrait ainsi sur son ordinateur (qui n'était contrôlable que via une station de travail Sage IV) quelques démos comme une synthèse vocale ou bien une version améliorée de la démo Boing : maintenant, la sphère rouge et blanche pouvait rebondir dans toutes les directions et émettait un son (un "boom") lorsqu'elle touchait un bord de l'écran. Ce son était généré en stéréo par la puce Paula, ce qui ne manqua pas d'interloquer les visiteurs du salon qui se demandait d'où provenaient ces sons. La "Boing Ball" (ou "Bouncing Ball") allait bientôt devenir le symbole de la prouesse technique de la machine de chez Amiga.

Ce CES de Chicago eut également une onde de choc dans la presse avec des articles relatant "le probable plus avancé des ordinateurs" (Compute! numéro 51). RJ Mical estima à 49 millions de dollars les besoins financiers de l'idée de concept jusqu'à la sortie commerciale. Une somme que, bien sûr, Amiga Inc. n'avait pas. L'équipe Amiga fut forcée de se serrer encore plus la ceinture : par exemple, Dave Morse leva une deuxième hypothèque sur sa maison. Mais comme dans de nombreuses petites entreprises, dès que l'argent entrait, il était aussitôt dépensé.

Le seul moyen d'éviter la banqueroute était de se faire racheter. Amiga Inc. reçut la visite de poids lourds de la technologie comme Sony, Apple, Silicon Graphics, Hewlett-Packard et d'autres. Bien que ces sociétés exprimèrent un intérêt dans la machine, elles ne proposèrent pas d'offre appropriée. Par exemple, Silicon Graphics n'était intéressé que par les composants, et non par un projet de machine. Steve Jobs d'Apple, qui avait déjà visité les locaux d'Amiga Inc. plusieurs fois, n'aida pas non plus prétextant qu'il y avait trop de circuits, bien que la nouvelle conception de la carte comporta juste trois puces.

Il y eut aussi la visite de Jack Tramiel, ancien PDG de Commodore, qui avait quitté cette entreprise en janvier 1984. Il était à la recherche, pour le compte de sa holding Tramel Technology Ltd., d'une société proposant de nouvelles technologies. Jack Tramiel fut intéressé par le jeu de composants de chez Amiga mais pas par l'équipe qui l'avait créé. Il demanda néanmoins à son ingénieur en chef, Shiraz Shivji, de commencer à développer un ordinateur de nouvelle génération bon marché.

Tramiel et Atari

Atari Inc., filiale de Warner Communications, qui était en discussion avec Amiga Inc. depuis fin 1983 fit une offre sérieuse pour les circuits intégrés. Elle prêta même 500 000 dollars pour maintenir en vie la société en attendant qu'une licence d'utilisation soit faite. Dans un entretien de 1992, Jay Miner indiqua que cette offre était leur ultime chance :
"Atari nous a donné 500 000 dollars avec une clause qui stipulait que nous avions un mois pour trouver un accord avec eux à propos de l'avenir des circuits intégrés Amiga. Dans le cas contraire, soit nous devions les rembourser, soit il obtenait les droits du Lorraine. C'était un accord invraisemblable, mais nous n'avions pas le choix."
Les tentatives d'accords entre Amiga et Atari mentionnaient qu'Atari achèterait un million d'actions Amiga à trois dollars pièce d'ici le 1er septembre 1984. Atari savait toutefois qu'Amiga Inc. ne pouvait pas rembourser cette somme (elle fut dépensée en un jour) et commença à jouer de façon déloyale, réduisant progressivement la somme offerte jusqu'à 85 cents par action.

Jack Tramiel négociait la reprise d'Atari Consumer à Warner Communications depuis le mois de mai, et l'équipe Amiga était au courant de ces rumeurs. Se souvenant de la visite (peu engageante pour eux) de Tramiel au printemps, ils se mirent à rechercher un autre investisseur. Trois jours avant l'échéance (du 30 juin) des négociations avec Atari, Commodore International Ltd appela David Morse en proposant une offre de quatre dollars par action. Cette offre arriva à point nommé mais, au lieu de signer sans plus attendre, le président d'Amiga Inc. persuada Commodore de réévaluer son offre à 4,25 dollars par part et de lui donner un million de dollars pour payer ses dettes vis-à-vis d'Atari. Heureusement, ce coup de poker réussit et Commodore accepta de signer l'accord.

De son côté, Jack Tramiel finalisa le rachat d'Atari le 3 juillet 1984 ; à cette date, l'Amiga lui avait donc glissé des mains. Il chamboula l'organisation de l'entreprise en plaçant ses fils à des postes clé (Garry, Sam puis Leonard). Et c'est seulement durant les jours suivants, fin juillet, que Leonard Tramiel découvrit qu'Atari, sous l'ère Warner, avait un contrat d'exclusivité avec Amiga. Jack Tramiel tenait sa revanche : il intenta un procès, le 13 août, contre Commodore et Jay Miner, les accusant d'une violation de contrat. Atari indiqua qu'Amiga avait frauduleusement traité avec d'autres acheteurs potentiels, alors qu'il avait accepté un accord de licence des puces spécifiques en échange d'un paiement anticipé de 500 000 dollars. C'était un moyen pour Jack Tramiel de contre-attaquer son ancienne société, qui le poursuivait en justice depuis le début de l'année, et de tenter d'empêcher Amiga de fournir ses puces à une autre société. Le procès ne se clôtura qu'en mars 1987, se soldant par le versement d'indemnités en faveur d'Atari.

Jack Tramiel
Jack Tramiel

Nouveau départ pour l'Amiga avec Commodore

Commodore prit officiellement le contrôle de la société Amiga le 17 août 1984. L'équipe d'Amiga Inc. avait arrêté pratiquement tout développement durant l'été à cause du procès. Commodore les informa plus tard que le projet Lorraine pouvait être repris. Le matériel du Lorraine et ses créateurs furent ainsi déplacés dans une nouvelle filiale, "Commodore-Amiga Inc.", dont les spacieux locaux étaient basés à Los Gatos, toujours dans la banlieue de San José en Californie. Le projet se renomma alors en "Amiga" avec 27 millions de dollars de budget supplémentaire. L'Amiga était sauvé !

Commodore

La période qui suivit le rachat fut marquée par une générosité de la part de Commodore envers l'Amiga et son équipe. Peut-être que Commodore (en plein trouble financier et qui avait perdu bon nombre de ces cadres et ingénieurs les mois précédents), avait véritablement cru trouver le Saint Graal du marché des 16 bits. Le développement du Commodore 900 fut d'ailleurs annulé en faveur de celui de l'Amiga. Commodore régla les créanciers d'Amiga et s'initia dans le développement de la machine. Elle aida l'équipe d'ingénieurs sur certains points. Par exemple, le mode HAM (Hold And Modify) de l'Amiga s'améliora et permettait d'afficher les 4096 couleurs de la palette. Le lecteur de disquette 5,25 pouces laissa sa place à un modèle 3,5 pouces, plus récent. Un ingénieux boîtier style "garage", d'après une idée de David Morse, fut construit pour permettre au clavier de se loger sous la machine. Howard Stolz, concepteur industriel chez Commodore, créa le boîtier de l'Amiga 1000. Le niveau technique fut ainsi revu à la hausse et l'Amiga présentait beaucoup de caractéristiques comparables à une station de travail.

En échange de ces moyens mis à disposition, Commodore insista sur le respect du calendrier. Avant le rachat, l'équipe originelle prévoyait une sortie possible de la machine pour Noël 1984. La date sembla peu à peu irréaliste. Aussi, certains changements techniques débouchèrent sur de graves désaccords entre Commodore et Jay Miner. Si la mémoire du Lorraine fut doublée pour arriver à 256 ko, Jay Miner souhaitait aller plus loin en proposant 512 ko d'office. Idem pour le DSP, il voulut intégrer cette puce utile pour le traitement audio mais Commodore refusa. Ces choix étaient dictés par la volonté de réduire le prix de vente de la machine.

Plusieurs machines de développement, nommées Amiga Development System, furent produites. Elles furent utilisées pour les travaux internes de l'équipe mais aussi fournies à des développeurs tiers. Le but était simple : il fallait que l'Amiga ait des logiciels lors de son lancement public. L'Amiga Development System disposait des puces Agnus, Daphne et Portia sur circuits imprimés, et certains exemplaires furent montés dans un boîtier noir en acier et avec un clavier qui avait la particularité d'être fabriqué en bois.

Amiga Development System
Amiga Development System (numéro de série : D-002)

Pour l'anecdote, le rachat de Commodore eut également un impact sur la démo Boing Ball. Commodore demanda aux développeurs Amiga de retirer le texte "Amiga Computer, Inc." de la démo et de le remplacer par "Commodore". RJ Mical refusa et, à la place, n'inscrivit rien sur la nouvelle version de la démo Boing Ball.

Boing Ball
La nouvelle version de la démo Boing Ball

Au niveau du système d'exploitation, les choses avançaient aussi. Carl Sassenrath travaillait sur Exec, le noyau du système. Il était en train d'y intégrer des éléments comme le multitâche (pour permettre à diverses tâches de fonctionner en même temps), le mécanisme des messages et la structure des bibliothèques partagées.

De son côté, RJ Mical avait débuté le développement d'Intuition, l'interface graphique. L'équipe logicielle avait étudié le travail de Xerox et d'Apple (avec son ordinateur Lisa) pour créer sa propre interface graphique utilisable à la souris et disposant de menus déroulants. Les membres de l'équipe avaient des avis divergeants sur les choses à faire ou pas. Il fallait notamment s'occuper du problème des couleurs car les interfaces graphiques étudiées n'étaient qu'en monochrome. Une décision fut également prise pour utiliser une souris à deux boutons et non un seul : il fallait pouvoir à la fois pointer un élément sur l'écran et ouvrir un menu.

Tous les développements logiciels étaient réalisés sur des stations de travail Sage ou Hewlett-Packard. Cela permettait de tester le code avant la finalisation de la machine. Tout était programmé en assembleur 68k, d'abord sur les stations Sage (à base de 68000) puis sur Amiga quand un premier compilateur, celui de Green Hills, fut porté dessus.

Vers un lancement commercial

L'incroyable travail de l'équipe Amiga faillit ne pas continuer à cause d'incessants problèmes financiers. Le rachat par Commodore assura ainsi la poursuite du développement et tout le monde chez Commodore-Amiga était focalisé sur une sortie commerciale. Atari avait annoncé son intention de lancer un nouvel ordinateur (l'Atari 520 ST) et Apple avait déjà pénétré le marché avec le lancement de son Macintosh début 1984. Mais l'Amiga, de l'avis de tous (journalistes, analystes, etc.), représentait la prochaine génération d'ordinateurs.


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