Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : Classic Reflections - Qu'est-il arrivé à ASDG ?
(Article écrit par Trevor Dickinson et extrait de Amiga Future - août 2012)


Note : Traduction par David Brunet.

Qu'est-il arrivé à ASDG Inc. ?

ASDG Inc. a été fondée au début de 1985 par Perry Kivolowitz et Dan Esenther. Ils avaient l'intention de nommer leur société "Advanced Systems Design Group" mais après avoir trouvé une autre société avec un nom similaire, ils décidèrent de l'écourter en ASDG Inc. Au départ, ils souhaitaient concevoir du matériel et des logiciels dédiés au traitement et au contrôle en laboratoire mais, afin de joindre les deux bouts, ils commencèrent par fabriquer des cartes mémoire pour le nouvel Amiga 1000.

ASDG

Au début, ils ne gagnèrent rien avec leur société. Cependant, cela changea en 1988 lors d'une rencontre fortuite dans un taxi ; cela lança véritablement leurs affaires. Le reste, comme ils le disent, c'est de l'histoire. ASDG allait devenir un acteur majeur sur la scène Amiga et allait gagner une renommée internationale avec son logiciel de déformation qui transforma l'industrie des effets spéciaux. Voici leur histoire.

Les racines

Perry Kivolowitz, né à New York en 1961, est un enfant de la micro-informatique. Son intérêt pour les ordinateurs a commencé dans les années 1970 où il fut inspiré par le roman de Michael Crichton, L'Homme Terminal. Il apprit la programmtion en C en étudiant le jeu vidéo Empire de Peter Langston, et en déchiffrant le code source d'Unix que lui fournissait Ken Thompson, le père d'Unix.

ASDG ASDG
Perry Kivolowitz dans les années 2000 (à gauche)
et bidouillant sur ordinateur dans les années 1980 (à droite)


En 1981, il obtint un diplôme en informatique à l'université Stony Brook de New York. Et entre 1981 et 1984, en tant qu'édudiant en doctorat, il étudia le domaine en évolution rapide de l'infographie. Bien qu'il termina ses recherches, il en avait plus qu'assez de l'université et ne soumit pas sa thèse finale. Cependant, il créa durant cette période l'un des premiers programmes d'enregistrement de clés pour Unix, qui introduisit une sécurité supplémentaire pour le système Unix en restreignant l'accès des utilisateurs à /dev/kmem. Après avoir quitté Stony Brook sans son doctorat, il déménagea à Madison afin de travailler pour le compte de Heurikon Corp en tant que directeur des produits logiciels.

ASDG
L'équipe d'ASDG

Pendant ce temps, Dan Esenther, originaire du Wisconsin, étudiait le génie électrique à l'université du Wisconsin. Quand il obtint son diplôme, il rejoignit également Heurikon Corp. En 1985, ils décidèrent de créer leur propre société avec un troisième partenaire non nommé : ASDG était né. Cependant, la société n'était pas en mesure de financer leurs dépenses, deux d'entre eux gardèrent leur ancien emploi. Perry Kivolowitz travaillait en tant que consultant indépendant pour AT&T alors que Dan Esenther continua de travailler chez Heurikon. Après avoir vu qu'il n'y avait pas de marché pour les équipements de contrôle de processus, ils commencèrent dans leur temps libre à concevoir des cartes mémoire pour le nouvel Amiga.

ASDG
Les premiers bureaux d'ASDG à Piscataway, New Jersey

Fish...

Perry Kivolowitz acheta un Amiga le premier jour de sa disponibilité en 1985 et cofonda peu de temps après le groupe d'utilisateurs Amiga de Jersey (JAUG) avec Eric Lavitsky, frôlant par la même le titre de premier groupe d'utilisateurs Amiga. Ce titre revint à FAUG, fondé quelques jours plus tôt à Palo Alto, en Californie. Il commença par écrire des programmes pour l'Amiga qu'il partagea avec les membres du JAUG. Il créa une simple animation en 3D ombrée d'une pendule de Newton nommée "Balls" afin de démontrer les opérations en virgule flottante, qui à cette époque, était très difficiles à réaliser sur Amiga.

Nous étions alors à une époque avant Internet et les accès réseau rapides. Les logiciels Amiga étaient soient distribués commercialement, soit mis à disposition en téléchargement sur les bulletins électroniques qui étaient souvent synonymes de coûteux appels téléphoniques longue distance. Il y avait une pénurie de logiciels Amiga et les nouveaux possesseurs de la machine réclamaient désespérément des applications afin de montrer la puissance et les capacités de leur nouvelle acquisition. Fred Fish, un programmeur connu pour son travail sur le débogueur GNU, était au courant de ce besoin et commença à collecter des logiciels du domaine public pour les diffuser aux groupes d'utilisateurs Amiga sur des disquettes librement redistribuables. Perry Kivolowitz envoya son animation Balls à Fred Fish. Elle fut incluse dans la première disquette de cette collection, aux côtés d'autres contributions émanant de grands de l'Amiga comme Dale Luck, Robert Pariseau et Rob Peck.

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Spheres, la nouvelle version du programme Balls, par Perry Kivolowitz

Fred Fish envoya une copie de la disquette à Perry Kivolowitz qui l'emmena à une réunion du JAUG. Il utilisa un Amiga 1000 équipé de plusieurs lecteurs de disquette afin de réaliser des copies pour les personnes qui étaient venues avec une disquette. Ceci devint un événement régulier des réunions du JAUG, tout le monde attendait avec impatience les dernières disquettes de la compilation de Fred Fish. Au cours de cette période, Perry Kivolowitz et Fred Fish devinrent de bons amis et c'est à ce moment-là que Perry Kivolowitz proposa le nom de "Fish Disk" à cette collection de disquettes. Selon Perry Kivolowitz, "Fred Fish's Freely Redistributable" ou un autre nom similaire était trop pompeux. Afin de l'écourter, il commença à les appeler simplement "Fish Disks", ce qui devint par la suite leur nom final.

Recoverable RAM Drive - Périphérique mémoire réutilisable

Perry Kivolowitz créa un certain nombre de programmes sharewares qui furent également inclus dans la collection de disquettes Fish. Un programme en particulier se révéla être un vrai succès et aida ASDG à rester à flot financièrement. Au début de 1986, Perry Kivolowitz entendit une rumeur qu'un de ses concurrents au niveau des cartes mémoire travaillait sur un périphérique mémoire capable de "survivre" à la plupart des plantages et des redémarrages de l'Amiga. Si cela se révélait vrai, alors cette société aurait un avantage concurrentiel majeur, car le système d'exploitation Amiga était notablement instable et les Guru Meditations étaient fréquents. Décidé à ne pas être devancé, il créa, un vendredi soir après une journée de conseils pour AT&T, le premier périphérique mémoire réutilisable.

Ce fut un défi difficile, rendu encore plus difficile par le manque de protection mémoire de l'Amiga. Perry Kivolowitz indiqua : "J'ai programmé jusqu'au dimanche soir. Sans arrêt. Je dispose quelque part d'une photo de moi recouvert d'une couverture devant mon A1000 (la machine ne supportait pas trop la chaleur) à la fin de ce week-end. Je n'ai pas l'air bien." Il nomma ce périphérique, programmé en assembleur 68k, "ASDG Recoverable Ram Disk", alias RRD (ou Virtual Disk - VD0:). Cela fonctionnait en allouant la mémoire dynamiquement dans l'ordre inverse de l'allocation de mémoire par défaut, afin de réduire la fragmentation de mémoire. Au début, le RRD était fourni (et verrouilé) dans les cartes mémoire d'ASDG, il s'est avéré très populaire et aida ASDG à vendre de nombreuses cartes. Plus tard, une version déverrouillée fut diffusée en tant que shareware (10 $) et apparue sur les disquettes Fish 58 et 241.

Ironie du sort, le RRD du concurrent ne fut jamais commercialisé. Le flux financier continu qu'ASDG reçu grâce aux paiements sharewares de ce produit fut suffisant pour maintenir la société à flot. Le succès commercial de RRD fit réaliser à ASDG que les ventes de logiciels pouvaient être rentables et la société commença à changer de priorité en se démarquant des projets purement matériels.

...et chips (puces)

Le premier produit matériel d'ASDG fut l'extension mémoire Convertible 2M qu'il commercialisa pour Amiga 1000 en 1986. Il s'agissait une carte Zorro I, adaptable à n'importe quel châssis Zorro I, et était peuplée de mémoire supplémentaire jusqu'à 2 Mo. La version à 2 Mo coûtait 900 $. Elle était bien sûr fournie avec le RRD révolutionnaire d'ASDG.

Ceci fut suivi par les cartes d'extension mémoire 8M et 8MI en 1987. Il s'agissait des versions Zorro I et Zorro II pour, respectivement, l'Amiga 1000 et le nouvellement sorti Amiga 2000, qui pouvaient inclure jusqu'à 8 Mo de mémoire supplémentaire. La société fabriqua également une version Zorro II de la 2MI qui fut concédée sous licence à Micron Technology. La 8MI fut aussi concédée sous licence à Progressive Peripherals.

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Carte mémoire 8M/8MI

Afin de loger ces cartes d'extension, ASDG annonça les Mini-Rack et Mini-Rack B, des châssis d'extension Zorro pour l'Amiga 1000 coûtant respectivement 300 et 500 $. Mais le temps de commercialiser ces châssis, leurs spécifications et leur nom changèrent en Mini-Rack C et D. Des rabais furent proposés quand ces châssis étaient fournis avec une carte mémoire Convertible. Les deux châssis se connectaient au port latéral de l'Amiga 1000 et contenaient deux ports Zorro I et une alimentation interne de 85 Watts.

Après le succès du RRD, ASDG compléta ses maigres revenus avec un autre utilitaire qui permettait d'accélérer les temps d'accès des disquettes. En 1987, ils commercialisèrent Facc, un accélérateur de disquettes au prix de 34,95 $, qui, selon eux, utilisait un tampon mémoire géré dynamiquement en mémoire Fast afin d'accélérer les opérations du lecteur de disquette jusqu'à 1000%. Facc devint l'un des dix programmes les plus vendus de l'année 1987.

ASDG

ASDG

ASDG continua cependant à se focaliser sur la fabrication de cartes mémoire génériques pour l'Amiga, avec des circuits RAM importés principalement du Japon. Quand Ronald Reagan, le président des États-Unis, imposa des droits d'importations sur les composants d'ordinateurs afin de protéger les constructeurs américains, le prix des puces mémoire augmenta de près de 700% et plaça ASDG dans une situation difficile. Chose étonnante, au début de 1988, soit trois ans après le démarrage d'ASDG, Perry Kivolowitz et Dan Esenther ne s'étaient toujours pas versés de salaires et continuaient à travailler dans leur emploi principal. Mais tout ceci allait changer.

Masse critique

Au début de 1988, ASDG commercialisa Satellite Disk Processor, un contrôleur de disque dur pour Amiga 1000 doté de ses propres processeur, mémoire et capacités DMA. En mai de cette même année, Perry Kivolovitz assista au salon Comdex à Atlanta afin d'essayer de développer ses affaires pour sa nouvelle carte d'entrées/sorties Twin-X (également nommée General Purpose I/O Board - GPIB). Alors qu'il attendait devant son hôtel la navette qui devait l'emmener au centre des congrès, la pluie commença à tomber et Perry décida de prendre un taxi. Et alors qu'il s'apprêtait à fermer la porte du taxi, un inconnu lui demanda s'il pouvait partager le trajet avec lui jusqu'au salon. Cet inconnu était le directeur général de la nouvelle division Imagerie de Sharp Electronics, qui était sur le point d'introduire le premier scanner couleur pour PC. En 1988, un scanner couleur (7000 $) était une nouvelle technologie étonnante et cela provoqua un grand engouement lors du salon.

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Twin-X

Perry Kivolowitz se rendit rapidement compte que sa carte Twin-X était compatible avec le nouveau scanner de Sharp. Il réussit à convaincre son partenaire de taxi de prêter à ASDG un scanner pendant 30 jours afin de créer un pilote Amiga. A la fin de cette période de prêt, Sharp fut tellement impressionné par les résultats qu'il laissa le scanner à ASDG pour qu'il puisse finaliser son logiciel et le mettre sur le marché. ASDG commercialisa sa carte d'entrées/sorties Twin-X en août mais le pilote du scanner n'arriva qu'en janvier 1989.

Toutefois, ce pilote pour scanner Sharp donna confiance à ASDG sur le fait qu'il pouvait construire et maintenir des affaires dans le secteur des pilotes et logiciels pour scanners et imprimantes haut de gamme. Dan Esenther et Perry Kivolowitz quittèrent leur emploi principal et commencèrent à consacrer tout leur temps à ASDG. Ils déménagèrent dans leur "nouveaux" locaux au 925 Stewart Street à Madison, dans le Wisconsin. Le petit bâtiment en parpaing était en fait un ancien atelier d'usinage qui, selon l'ex-technicien d'ASDG Chris Edgin, "était froid comme une tombe en hiver et grillé en été, et le bâtiment n'avait qu'un seul petit climatiseur qui ne faisait la plupart du temps que de cracher de la poussière". ASDG avait pourtant bel et bien fait le saut entre une activité à temps partiel et une à plein temps.

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Les bureaux d'ASDG à Madison, Wisconsin

ASDG publia une version mise à jour de son accélérateur de disquettes, Facc II. La société prétendait maintenant que son logiciel pouvait accélérer les accès disque jusqu'à 1200% bien que 512 ko de mémoire était nécessaire. Son prix était inchangé à 34,95 $. ASDG commença aussi à ajouter de nouvelles lignes de produits et à devenir distributeur pour le compte d'autres développeurs. Par exemple, il commença à distribuer, pour le compte de CygnusSoft, CygnusEd Professional, un éditeur de texte avancé pour Amiga dédié aux programmeurs, à un prix de 99,95 $. Perry Kivolowitz s'était même essayé en 1987 au jeu vidéo en créant et publiant Cubemaster, un jeu de tir, compatible NTSC uniquement et doté d'effets sonores et d'une animation fluide.

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Cubemaster

Scantastique

En janvier 1989, ASDG annonça la sortie de SpectraScan, un appareil de capture et de manipulation d'images couleur et haute résolution pour Amiga 2000. Ce matériel était basé sur le scanner couleur JX-450 de Sharp, la carte Twin-X GPIB d'ASDG et les pilotes associés. La carte Twin-X, avec ses câbles et ses logiciels, coûtait 995 $. Un scanner pouvait également être fourni pour un supplément de 6995 $. Ce paquetage offrait aux utilisateurs le contrôle total du scanner JX-450 pour la numérisation de documents en couleur jusqu'à 11x17 pouces, avec une résolution de 30 à 3000 DPI, en 21 bits par pixel sur une palette de 16 millions de couleurs.

Le logiciel inclus au paquetage fournissait un retour écran en temps réel durant la numérisation et pouvait recoloriser automatiquement une image 24 bits en n'importe quel nombre de couleurs de 2 à 256. Au cours des années suivantes, ASDG publia des logiciels et des pilotes Amiga pour plusieurs scanners couleurs et imprimantes haut de gamme. Aucun de ces produits n'étaient bon marché et ASDG se rendit compte qu'il existait un marché pour les logiciels coûteux et de qualité sur Amiga. Le produit fut réellement publié en mai 1989 et il changea alors de nom en Professional ScanLab, des versions pour les scanners couleurs JX-450 et JX-300 de Sharp furent disponibles. Son prix était de 995 $, ou bien de 6995 $ (avec le scanner JX-450) et 4995 $ (avec le JX-300). A ces prix, ces paquetages visaient clairement le marché professionnel.

ASDG continua à viser des secteurs de niche sur le marché Amiga. Son produit suivant fut le Dual Serial Board, commercialisé en juin 1989 au prix de 299 $. Bien que le système d'exploitation multitâche de l'Amiga était capable d'envoyer et de recevoir des informations depuis plusieurs ports à la fois, son unique et lent port série limitait l'ordinateur à une seule opération série à la fois. Nous étions bien avant l'époque de l'USB, quand les périphériques comme des imprimantes, traceurs, numériseurs audio, scanners, tablettes tactiles, interfaces MIDI, enregistreurs vidéo, lecteurs de vidéodisque, etc. disposaient d'interfaces série.

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Dual Serial Board

Le Dual Serial Board disposait de deux ports série RS232 supplémentaires avec un taux de transfert fiable jusqu'à 76 800 bps sur un port ou 38 400 bps sur deux ports simultanément. Une version à 8 MHz de la carte fut également produite, elle augmenta les vitesses de transfert jusqu'à 115 200 bps (avec un port) ou 57 600 bps (avec deux ports à la fois). Plusieurs cartes Dual Serial Board pouvaient être installées et le port série de l'Amiga pouvait être utilisé en même temps.

En 1990, ASDG proposa une solution de numérisation couleur pour les utilisateurs Amiga soucieux de leur budget avec la sortie du paquetage ScanLab 100 pour 995 $. Pour ce prix, vous disposiez d'un scanner portable Sharp JX-100 avec logiciel, câbles et manuels. Contrairement aux scanners plus chers, le JX-100 se connectait directement au port série de l'Amiga. Le logiciel ScanLab 100 était capable de numériser en noir et blanc, 64 nuances de gris ou 262 144 couleurs des images d'une taille de 3,9x6,3 pouces en 200 DPI. Il gérait aussi tous les modes d'écran Amiga dont le HAM ainsi que les modes spéciaux d'ASDG : A-HAM, ARZ0 et ARZ1.

Fin 1989, ASDG publia une mise à jour de l'éditeur de texte CygnusEd. La nouvelle mouture, CygnusEd Professional 2.0 était vendu à 99,50 $ et les utilisateurs enregistrés pouvaient retourner leurs disquettes originales afin d'obtenir ce logiciel pour seulement 16 $. Le passage à un travail à temps plein et l'ajout de nouvelles lignes de produits augmenta les revenus de la société. Le total de ses ventes en 1989 tourna autour de 340 000 $. Dans une entrevue pour un journal, un Perry Kivolowitz haussier affirma que les ventes, qui étaient principalement générées par des clients à l'étranger, atteindraient les 500 000 $ en 1990.

Au dessus de l'arc-en-ciel

Il y a un moment fondateur dans l'histoire de la plupart des entreprises, un moment où un produit ou un événement forme l'avenir de la société. Pour ASDG, ce fut le développement du logiciel de traitement d'images Art Department qui fut commercialisé en juillet 1990 au prix de 89,95 $. Art Department était un logiciel révolutionnaire, à la différence de tous les autres programmes graphiques Amiga de l'époque, et permettait de traiter les images en 24 bits pour la première fois. Au cours des cinq années suivantes, ASDG élargira les capacités de son logiciel avec la venue de plusieurs importantes mises à jour. Art Department apporta du crédit à ASDG en terme de logiciels et poussa un peu plus la société vers le développement de son "application qui tue" ultime.

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En réalité, Art Department était un programme de traitement d'images très simple qui pouvait travailler sur des images IFF de 1 à 24 bits (dont le Sliced HAM, A-HAM, A-Res et les propres formats IFF d'ASDG) et permettait à l'Amiga de traiter les images en 24 bits couleur ou en nuances de gris 8 bits. Le logiciel utilisait des modules spéciaux de chargement (les "Loaders") pour importer des fichiers 8, 21 ou 24 bits créés par d'autres programmes Amiga comme Digi-View, Sculpt-Animate 4D, Turbo Silver, Caligari Rendition et même les versions MS-DOS de Deluxe Paint et des formats de fichiers non-Amiga comme le GIF et le TIF.

Quel que soit le nombre de bits de l'image d'origine, Art Department stockait les informations de l'image en 24 bits (16 777 216 couleurs). Une fois chargée, l'image pouvait être traitée via divers opérateurs (les "Operators") afin de la redimensionner, de la pivoter, d'ajuster la balance des couleurs, etc. Le moteur de rendu réinterprétait et optimisait les données 24 bits afin de produire les meilleurs résultats possibles suivant les paramètres choisis. La palette d'Art Department, qui faisait correspondre les images avec le nombre de couleurs sélectionnées, combiné à ses six modes de tramage, pouvait faire passer une image 16 couleurs pour une image disposant de centaines de couleurs. Ceci était rendu possible par la façon dont Art Department manipulait les données. Bien que l'affichage de l'Amiga ne contenait que 15 valeurs de rouge, de vert et de bleu, Art Department calculait tous les changements pour une image disposant de 255 niveaux de ces couleurs, ce qui donnait beaucoup plus de choix de couleurs pour le tramage, la génération de palette ou l'anticrénelage. Les résultats se comparaient souvent favorablement à une image 24 bits affichée sur un framebuffer.

En outre, des modules spéciaux de sauvegarde (les "Savers") pouvaient être utilisés pour convertir l'image et la sauver dans presque n'importe quel format. Les opérateurs, les modules de chargement et de sauvegarde étaient en fait des modules individuels et, au fil du temps, ASDG en augmenta le nombre et la variété. Art Department pouvait aussi effectuer des séparations de couleurs, convertir des images couleur en nuances de gris et créer une image en Line Art 16 couleurs à partir d'une image en nuance de gris. Il pouvait aussi convertir des images en 256 nuances de gris (8 bits), qui était le standard en PAO sur Mac et PC, et même réaliser une séparation de couleurs de n'importe quelle image 24 bits, quelle soit numérisée et réalisée avec un logiciel de 3D. Art Department gérait pas moins de 208 modes vidéo et de rendu Amiga dont le PAL. En fait, ses options étaient presque illimitées.

Art Department Professional

En 1991, ASDG annonça Art Department Professional. Ce fut une mise à jour majeure d'Art Department et son prix était lui aussi majeur. La version complète coûtait 240 $ et les utilisateurs enregistrés pouvaient se l'offrir à un prix réduit de 130 $. Il était basé sur les fonctionnalités introduites dans Art Department et les améliorait toutes. Ceci incluait la conversion sans limite d'images dans n'importe quel format, résolution et profondeur, une excellente mise à l'échelle des images grâce à des techniques avancées de tramage, ou encore la composition et le recadrage avancés d'images combiné à des techniques supérieures en terme d'anticrénelage et d'affichage.

La gamme de modules de chargement, de sauvegarde et d'opérateurs fut étendue et pouvait gérer la plupart des formats graphiques Amiga et non-Amiga. Une gestion flexible d'ARexx fut également implémentée. Art Department Professional était aussi capable de contrôler du matériel de traitement d'image comme le Transport Controller de MicroIllusion ainsi que divers scanners et imprimantes. En fait, Art Department Professional pouvait fonctionner en tant que programme de contrôle central pour les vidéos, les enregistreurs de films, les imprimantes PostScript et les cartes graphiques RTG couleur haute résolution.

Lors du salon Amiga World Expo à NewYork en mars 1991, ASDG annonça la sortie d'une mise à jour gratuite d'Art Department Professional (1.03) pour tous les utilisateurs enregistrés. Cette nouvelle version comprenait un module de sauvegarde pour les périphériques d'affichage FireCracker 24 d'Impulse, FrameGrabber de Progressive Peripherals et Framebuffer de Mimetics, ainsi que pour les formats graphiques HAM-E, créé par Black Belt System, et MacPaint. Les modules de sauvegarde pour les FireCracker 24, FrameGrabber et Framebuffer permettaient à un Amiga 2000, 2500 ou 3000 de communiquer directement avec le matériel connecté ou installé dans la machine, afin d'afficher une image 24 bits.

ASDG annonça aussi la gestion de plusieurs périphériques coûteux. On vit l'arrivée de pilotes pour le scanner à plat 300 DPI couleur ES-300C d'Espon, l'enregistreur numérique de film CI-3000 33 bits de Polaroid et l'imprimante à sublimation SV6510 de Kodak. ASDG indiqua que ces nouveaux pilotes, vendus respectivement au prix de 200 $, 200 $ et 250 $, faisaient d'Art Department Professional un dénominateur commun pour le traitement d'image. Il s'agissait de pilotes pour des machines coûteuses qui devaient se montrer populaires auprès des imprimeurs commerciaux et les bureaux de service. Plus tard, ASDG vendit le scanner ES-300C seul pour 1199 $ ou en lot avec son pilote pour 1299 $. Vers la fin de 1991, la société indiqua que la gestion de la compression d'images JPEG avait été ajoutée, ce qui promettait une compatibilité avec les fichiers créés sur Mac et PC. ASDG révéla aussi quelques détails sur LAN Rover, une nouvelle carte réseau Ethernet pour Amiga 2000 et 3000 qui disposait d'un DMA, d'un bus de données 16 bits et d'une gestion de la mémoire directement sur la carte.

Mises à jour d'Art Department Professional

Art Department Professional avait fixé la norme en matière de traitement d'images sur Amiga, mais au début de 1992, un nouveau concurrent entra dans l'arène : Black Belt Systems avec son logiciel Imagemaster vendu au prix de 199,95 $. En fin d'année, GVP entra aussi sur ce marché avec ImageFX.

ASDG commercialisa Art Department Professional 2 en mars 1992 qui coûtait encore plus cher (299 $) mais les utilisateurs enregistrés peuvent se l'octroyer pour un prix moindre, à 75 $. La nouvelle technique de compression JPEG fut incluse en standard, tout comme la gestion du format d'image Framestores du Video Toaster. La gestion des cartes Harlequin, Opal Vision, DCTV et A2410 fut également ajoutée. La technologie interne de gestion des couleurs d'Art Department Professional fut complètement revue pour offrir une plus grande précision, une meilleure vitesse et une consommation mémoire moindre. La technologie de mise à l'échelle fut grandement améliorée en gérant désormais la précision sur 64 bits. L'impression couleur 24 bits, via les imprimantes couleur reconnues par les préférences du Workbench, fut ajoutée, tout comme la gestion des images HAM-E en 262 144 couleurs.

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Plusieurs nouveaux opérateurs furent ajoutés, notamment au niveau l'affinement d'image via un module de convolution et pour la gestion de la technologie de Commodore de mise à l'échelle des polices. En outre, divers opérateurs furent remodelés pour gérer l'affichage WYSIWYG permettant un contrôle plus précis, et un opérateur universel fut inclus pour détecter et charger automatiquement des types de fichiers. Enfin, l'interface utilisateur fut modifiée pour tirer parti du nouvel AmigaOS 2.04, un véritable mode vidéo PAL fut ajouté, quelques retouches furent effectuées pour l'affichage AGA et la gestion des scripts ARexx fut améliorée.

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Publicités d'ASDG pour Art Department Professional 2.0

Alors que la rivalité avec Imagemaster s'intensifia, ASDG publia une autre mise à jour d'Art Department Professional au milieu de l'année 1992. Ce fut Art Department Professional 2.1 qui était gratuit pour tous les utilisateurs enregistrés de la version 2, et achetable respectivement à 75 $ et 130 $ pour les utilisateurs d'Art Department Professional 1.0 et d'Art Department. Cette nouvelle version améliora les capacités de transfert de fichiers du logiciel en intégrant un nouveau fichier SPLT IFF pour faciliter le transfert de fichiers volumineux entre l'Amiga et un PC ou un Mac à l'aide de nouveaux outils de découpe/concaténation.

Art Department Professional 2.1 intégra également FRED (Frame EDitor), un nouveau programme d'édition d'images clés qui comprenait une option simple de traitement par lot qui permettait à Art Department Professional de générer automatiquement des effets d'animations. D'autres améliorations furent apportées au niveau du tramage pour l'impression, et deux nouveaux opérateurs (Roll et Broadcast) furent ajoutés.

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ASDG continua à publier des pilotes de périphériques coûteux pour Art Department Professional. Son dernier pilote fut dédié aux enregistreurs de films numériques LFR et LFR+ de Lasergraphics, vendus à 250 $ et permettant à Art Department Professional de produire des sorties films 24 bits 35 mm et des impressions jusqu'à 4x5 pouces en utilisant une interface SCSI haute vitesse. De plus, utiliser FRED avec le contrôleur d'animation d'Art Department Professional permettait à des animations entières (avec leurs effets spéciaux) d'être sauvées automatiquement en film. A 8750 $ et 13 750 $ chacune, ces coûteux équipements soulignèrent une fois de plus l'engagement d'ASDG dans le marché professionnel.

Métamorphose

ASDG avait établi ses références logicielles avec Art Department Professional mais son produit suivant eut un impact considérable sur la direction future des activités de la société. A la fin de l'année 1992, ASDG annonça la sortie imminente de MorphPlus, un ensemble d'outils de déformation et d'animation pouvant être utilisé de façon autonome ou bien en tant que module pour Art Department Professional. ASDG affirma qu'il s'agissait d'un outil de déformation différent des autres outils sur Amiga ou sur d'autres ordinateurs, même sur Macintosh.

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MorphPlus

MorphPlus, qui coûtait 295 $, permettait à l'Amiga de réaliser des effets spéciaux "dans le style d'Hollywood". Ironiquement, il annonçait un changement au niveau de l'imagerie numérique qui finira par révolutionner l'industrie des effets spéciaux d'Hollywood elle-même. Ce logiciel était un produit hybride combinant plusieurs techniques haut de gamme qui autorisaient la création d'effets de déformation en mouvement ou fixes, et des transitions telles que la distortion, le tourbillon, la rotation, la perspective, l'ondulation et la sphérisation. Les logiciels de déformation n'étaient pas uniques mais MorphPlus définit une nouvelle norme à un prix incroyablement bas.

Le paquetage MorphPlus comprenanit en fait trois programmes séparés : Morph (mise en place des séquences animées), MorphPlus (le module principal) et FRED (l'éditeur d'images clés, fourni à l'origine avec Art Department Professional, qui traitait les animations). Contrairement aux autres programmes de déformation, MorphPlus utilisait le plein écran pour les images de début et de fin. Son interface simple aida les utilisateurs à créer des effets étonnants de déformation, rendant simple le processus de déformation d'un visage en un autre visage. MorphPlus donnait à l'utilisateur le contrôle total sur la dissolution croisée et la correspondance des sources entre les images source et de destination.

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Exemple de déformation avec MorphPlus

De nombreux points vectoriels pouvaient être fixés pour définir les points de départ, les points de fin et la direction de toutes les parties de la transformation. Chaque vecteur déformait mathématiquement l'image dans une direction donnée en fonction de ses points de départ et de fin. Les résultats étaient vraiment étonnants et faisaient pleinement usage des capacités multitâches de l'Amiga. MorphPlus pouvait aussi être utilisé pour effectuer des effets spéciaux sur n'importe quelle image. Les images pouvaient être déformées, plaquées sur des sphères, déplacées en perspective, tournées, ondulées et ces effets pouvaient même être animés. En fait, les options étaient nombreuses et variées et certaines d'entre elles pouvaient même imiter certains des effets spéciaux générés par le Video Toaster.

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Effets spéciaux

ASDG commercialisa d'autres pilotes pour Art Department Professional, cette fois destinés aux professionnels de la vidéo équipés d'Amiga et de lecteur de bande Exabyte EXB-8500. Le pilote Abekas, vendu au prix de 200 $, permettait à Art Department Professional de lire et d'écrire sur des bandes vidéo numériques de 8 mm au format Abekas, sans avoir besoin d'un enregistreur numérique.

Cependant, en coulisses, ASDG commença à lorgner dans une autre direction. Son pilote Abekas fut créé en fait pour Foundation Imaging, un studio d'effets spéciaux qui utilisait des Amiga avec Video Toaster pour la plupart de ses travaux d'imagerie numérique. Ce studio était en train de travailler sur un épisode pilote d'une série télévisée de science-fiction qui devint Babylon 5 : il avait besoin d'une méthode pour déplacer des quantités massives de vidéos de l'Amiga vers une bande numérique. Et ASDG créa le pilote nécessaire. Dans le même temps, Foundation Imaging avait besoin d'un logiciel avancé de déformation mais avait rejeté ImageFX et Imagemaster car il les jugeait impraticables. ASDG développa sa propre technologie de déformation et après une démonstration, elle fut sélectionnée pour réaliser le travail voulu par Foundation Imaging.

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Perry Kivolowitz créa même quelques-uns des clichés avec déformation de l'épisode pilote de Babylon 5 en utilisant son propre Amiga 3000. Ce logiciel de déformation, qui devint MorphPlus, fut largement utilisé avec Art Department Professional sur le pilote de Babylon 5. Cette série télévisée connue une belle réussite. Foundation Imaging reçut l'Emmy Award du meilleur effet visuel pour le pilote de Babylon 5. De leur côté, Perry Kivolowitz et Dan Esenther gagnèrent en 1993 un certificat pour "Réalisation Exceptionnelle dans les Effets Spéciaux" décerné par l'Académie Américaine des Arts et des Sciences de la Télévision. Ce fut le début de la collaboration réussie entre ASDG et Hollywood, mais cela signifiait aussi l'éloignement de l'Amiga de la part d'ASDG.

Activités habituelles

Tout au long de 1993, ASDG continua à publier de nombreux excellents produits pour l'Amiga. Ceci comprenait notamment TruePrint/24 (89 $), un utilitaire d'impression couleurs 24 bits ou gris 8 bits autorisant la plupart des imprimantes compatibles avec les préférences du Workbench d'imprimer des images en tons continus. Dans le cadre d'une promotion spéciale nommée "Power Up", Commodore livra, avec son nouvel Amiga 4000, Art Department Professional et Deluxe Paint IV AGA pour un prix fortement réduit de 2693 $, soit une économie de 1500 $. Ceci aura de futures répercutions lorsque Commodore fit faillite un an plus tard.

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TruePrint/24

En août 1993, ASDG, qui avait acquis le code source de T-Rexx, un générateur de scripts ARexx pour le Video Toaster, publia une mise à jour substantielle de ce dernier avec la sortie de T-Rexx Professional 2 (249 $). CygnusEd Professional reçut une autre mise à jour avec la publication de la version 3.5 vendue au prix de 119,95 $ ou 35 $ pour les utilisateurs de la version précédente. Cet éditeur de texte proposait à présent une localisation en anglais et en allemand. ASDG ajouta aussi la gestion du ScanJet IIc, un scanner SCSI couleur à plat valant 1599 $. Le pilote (200 $) était disponible en tant que produit autonome ou pouvait être intégré à Art Department Professional et MorphPlus.

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T-Rexx Professional 2

Le LAN Rover, la carte réseau Ethernet fut rééditée au prix de 349 $ et pouvait être installée dans tous les gros modèles d'Amiga à partir de l'A2000. Un logiciel réseau pair à pair était disponible séparément. Le LAN Rover fut plus tard rebaptisé EB920.

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EB920

Enfin, ASDG publia ProCONTROL (90 $), une interface graphique pour le traitement par lot utilisable avec Art Department Professional et MorphPlus. Ceci permettait aux utilisateurs de facilement mettre en place leur imagerie et des effets spéciaux sans avoir à recourir à la programmation ARexx. Toutes ces améliorations étaient des retombées directes du travail dans lequel ASDG était de plus en plus impliqué. MorphPlus était utilisé dans un nombre croissant de productions télévisuelles américaines et de films hollywoodiens : c'est là qu'ASDG voyait son avenir.

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ProCONTROL

Elastic Reality, le dernier chapitre

ASDG poursuivit l'amélioration d'Art Department Professional et, en juin 1993, publia la version 2.3 au prix initial de 295 $. Cette nouvelle version pouvait désormais charger et sauver les fichiers au format Framestores du Video Toaster et permettait à Art Department Professional de réaliser des transferts Framestores vers le format numérique D1 en utilisant le pilote vidéo numérique Abekas.

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Cela dit, ASDG était déjà en train de travailler sur un logiciel alternatif de déformation pour les stations de travail Silicon Graphics et les Macintosh : ce fut Elastic Reality. La version pour Silicon Graphics fut publiée en premier et s'accapara rapidement le marché déjà rempli des logiciels de déformation sur Silicon Graphics. Les versions Silicon Graphics et Macintosh d'Elastic Reality partageaient le même code source interne que MorphPlus. Une version d'Elastic Reality fut plus tard commercialisée pour Windows. Au début de 1994, l'équipe de production de Babylon 5 utilisait les logiciels d'ASDG sur Amiga et Macintosh pour réaliser les déformations, ainsi qu'Art Department Professional pour le travail vidéo numérique sur Abekas sur les quatre plates-formes. Art Department Professional 2.5 (299 $) fut la dernière version publiée sur Amiga. Celle-ci ajouta beaucoup de nouvelles fonctionnalités et améliora l'interface graphique en se basant davantage sur Intuition.

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Art Department Professional 2.5

Tout s'effondra lorsque Commodore fit faillite en avril 1994. Le constructeur de l'Amiga fut incapable de payer ses créanciers, dont ASDG qui perdit 50% de ses revenus du jour au lendemain car les distributeurs annulèrent des commandes et les ventes de logiciels se tarirent. ASDG prit alors des mesures drastiques. Le mois suivant, il changea son nom en "Elastic Reality, Inc." afin de prendre ses distances avec le défaillant Commodore. Les produits Amiga continuèrent à être vendus sous le nom d'ASDG, mais tous les autres produits furent commercialisés sous le nouveau nom d'Elastic Reality, Inc. Le passage sur Macintsoh, et dans une moindre mesure sur Silicon Graphics, sauva la société.

Son logiciel de déformation Elastic Reality continua à dominer le marché des effets spéciaux. En mars 1995, Perry Kivolowitz et Dan Esenther vendirent leur affaire à Avid Technology qui avait également racheté la société Parallax Software, basée à Londres, via un accord tripartite d'une valeur de 45 millions de dollars. Avid Technology était le numéro un mondial des systèmes de montage professionnels, mais il cherchait à étendre ses activités dans les technologies pour le son et les effets. Après ce rachat, Avid Technology cessa tout soutien officiel envers l'Amiga, au grand désarroi des utilisateurs Amiga. Mais en dépit de la ligne officielle de l'entreprise, les employés d'Elastic Reality continuèrent à soutenir officieusement les clients Amiga durant leur temps libre.

En 1996, Perry Kivolowitz se vit offrir un prix commun de l'Academy Award pour la Réalisation Scientifique et Technique pour la conception du logiciel de déformation Elastic Reality. Son corécipendaire fut le docteur Garth Dickie de l'université du Wisconsin, un mathématicien qui développa les algorithmes spéciaux du logiciel. Elastic Reality fut utilisé dans des centaines de longs métrages hollywoodiens, dont Independence Day, The Mask et Batman Forever, et comptait 40 000 clients répartis dans 20 pays. Il était devenu le produit standard de facto pour la technologie de déformation. Et tout cela a commencé sur Amiga.

Où sont-ils aujourd'hui ?

Perry Kivolowitz quitta Avid Technology un an après la vente et Dan Esenther l'a suivi environ un an après. Il fonda plusieurs autres sociétés liées aux effets visuels numériques et à l'infographie, mais aucune n'eut le succès d'ASDG. Aujourd'hui, il est directeur du programme d'enseignement à l'université de Wisconsin-Madison. Il y enseigne des cours sur l'informatique graphique.

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Perry Kivolowitz et Trevor Dickinson en 2015

Mise à jour de 2015

Voici quelques informations issues d'une entrevue avec Perry Kivolowitz en 2015.

Dans mon article original sur ASDG, j'avais écrit que vous aviez quitté ASDG un an après Dan. Est-ce exact ?

Non, c'est incorrect. Je suis partie un an avant Dan. Et nous avons quitté Avid Technology. Pas ASDG. Mon temps passé chez Avid ne fut pas agréable. Référez-vous à la question sur ce que je ferais différemment si j'en avais eu l'occasion. Voici une photo que j'ai prise le jour où j'ai quitté Avid. Il y a, de gauche à droite, Curtis Huffman (assistance technique), Paul Miller (directeur de tous nos produits SGI), Dan Esenther (partenaire et cofondateur), Brian Paul (créateur du système Mesa 3D) et Jeff Almasol (responsable de l'assistance technique, de la documentation et de notre infrastructure Internet). Vous pouvez voir le bord droit de la peinture murale en arrière-plan. Le bord gauche fut détruit dans un incendie. Le feu a détruit beaucoup d'objets : c'était en quelque sorte un signal pour moi me disant qu'il était temps de passer à autre chose.

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Le jour du départ de Perry Kivolowitz d'AVID

Note : le logiciel de déformation Elastic Reality continua à dominer le secteur des effets spéciaux pour le cinéma et la télévision pendant de nombreuses années. Il fut finalement retiré en 1999 mais le coeur de son moteur de déformation fut intégré dans d'autres logiciels.


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