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A sa sortie en 1985, l'Amiga 1000 était le meilleur des ordinateurs sur de nombreux points. Par la suite, il laissa sa place à d'autres modèles pour divers secteurs : par exemple l'A500 pour le grand public, l'A2000 pour les professionnels ou le CDTV pour le multimédia. Cependant, il manque un vrai Amiga portable parmi ces modèles ; les PC, Mac et même Atari ou Amstrad s'étaient, eux, laissés tenter par une variante portable de leurs ordinateurs. Mais l'Amiga a toujours été en retrait de ce côté-là, cette faute incombe majoritairement à Commodore qui ne prit jamais au sérieux ce segment de marché. Nous allons donc aborder dans ce dossier les quelques machines dites "portables" ou "transportables" qu'a connu l'Amiga. Nous n'aborderons pas les catégories d'appareils comme les PDA ou les téléphones portables ni les projets de portables qui n'ont pas dépassés le stade de l'annonce. Le premier ordinateur portable En avril 1981, Adam Osborne de la société Osborne Computer Corporation présenta ce que l'on considère comme le premier ordinateur portable au monde : l'Osborne 1. Il pesait 12 kg et coûtait 1795 $, soit un prix bien plus bas que les ordinateurs "fixes" de l'époque. Il était notamment doté d'un processeur Zilog Z80 à 4 MHz, de 64 ko de mémoire et d'un moniteur de 5 pouces (53 colonnes de 24 lignes en mode texte). Une chose importante à noter est que, dans les années 1980, le terme "portable" signifiait que l'on devait brancher la machine à une prise de courant pour s'en servir, alors que le terme "portatif" désignait une machine avec batterie et donc indépendante électriquement. Actuellement, le terme "portable" est utilisé dans le sens du "portatif" des années 1980. SX Amiga Le premier portable Amiga a été conçu vers 1988 par Dale Luck, un des ingénieurs de l'Amiga 1000. Dale Luck, encore chez Commodore à ce moment-là, reprit le boîtier du SX64 (un Commodore 64 portable) et y intégra une carte mère d'Amiga (A2000 ?). Le moniteur trop petit fut un frein à de plus amples développements. Le projet ne vit jamais le jour. Dynamac Dynamac est une société spécialisée dans le matériel Macintosh. En 1988, ils lancèrent le développement d'Amiga portables. Ceux-ci étaient basés sur l'A500, qui devait être reconditionné dans un boîtier portable. L'affichage devait fonctionné avec une batterie. Le projet fut annulé par les investisseurs de Dynamac qui jugèrent que ce projet n'en valait pas la peine. Journey Man Lors de l'AmiExpo de New York en mars 1989, la société Micro Momentum présenta un Amiga "transportable" : Journey Man (le voyageur). La carte mère Amiga (sans doute un A500) semblait avoir été placée dans une sorte de valise. Comme le SX Amiga, il était équipé d'un petit écran mais cette fois-ci pas en couleur, seulement en ambre-jaune. Les raccordements pour le clavier et la souris étaient à l'extérieur, ce qui obligeait à les brancher/débrancher à chaque transport. Micro Momentum vendit les machines pour 2495 $ (prix salon : 2200 $). Edotronic Amiga 2000 Toujours en 1989, la firme ouest-allemande Edotronic présenta au salon Systec de Munich un Amiga 2000 portable. Il s'agissait d'un A2000 non modifié mais pourvu d'un boîtier avec un petit écran comme sur le SX Amiga. ![]() Gigatron GmbH, entreprise ouest-allemande, projeta de lancer sur le marché un Amiga portable lors du salon Hannover Fair en mars 1990. Il était basé sur une carte mère d'A500 entièrement nouvelle et dessinée par Gigatron. La carte était dotée d'un 68000 et d'un seul port d'extension (un Zorro II), permettant d'utiliser les nombreuses cartes additionnelles destinées à l'A2000. Un port IDE 2,5 pouces permettait de brancher un disque dur de 20, 40 ou 100 Mo. Le prix variait ainsi selon la taille du disque dur mais aussi le type d'écran : LCD 16 tons de gris (2400 $) ou plasma (3300 $). La disponibilité des machines était prévue pour une date entre avril et juillet 1990. Gigatron tenta d'obtenir une licence pour les puces Amiga (dont Super Agnus) mais Commodore refusa et menaça même Gigatron d'un procès si la machine était commercialisée. Model-10 Le Model-10 de la société américaine Newer Technologies était une machine avec une carte mère totalement nouvelle et basée sur le jeu de composants ECS. La carte était légèrement plus petite qu'une feuille A3 et était reliée à un écran mono ou couleur de 10 pouces. Une version haut de gamme était aussi prévue avec un 68030. Newer Technologies interdit à Commodore l'accès à cette conception portable et Commodore, en contrepartie, refusa de vendre une licence pour les puces et les ROM Amiga. Fabriquée vers 1990/1991, elle devait être distribuée par Briwall pour un prix d'environ 1800 $. Selon Shawn Randolph de Silent Paw Productions, Newer Technologies créa un Amiga portable nommé PL1. On ne sait pas, à l'heure actuelle, si le Model-10 et le PL1 sont deux noms d'un même produit ou bien deux ordinateurs différents. De plus, toujours selon Shawn Randolph, un accord de licence entre Commodore et Newer Technologies a été établi un mois avant la banqueroute de Commodore (donc vers le début de 1994). Mais apparemment, rien n'est sorti officiellement... PAWS PAWS (Portable Amiga WorkStation, station de travail Amiga portable) fut un kit permettant aux A600, A1200, A3000 et A4000 de devenir "portables". Un prototype fut présenté début 1995 au salon Toaster Expo à Los Angeles et plusieurs exemplaires ont été distribués à des revendeurs à des fins de démonstrations. Conçus par l'entreprise américaine Silent Paw Productions, les kits contenaient les composants nécessaires pour assembler un portable à partir d'un A600, A1200, A3000 ou A4000 : un boîtier portable, un écran TFT 10,4 pouces (640x480) et sa carte pilote, un module d'alimentation avec une batterie, un transformateur, une boule de commande PAWSTrac et les logiciels CrossDOS 6 et LinkIt. La version A3000/A4000 n'avait pas la possibilité de fonctionner sur batterie. L'ingénieur derrière les PAWS, Shawn Randolph, contacta Newer Technologies (le constructeur du Model-10) pour conseil durant la phase de développement de ses kits. Les PAWS furent disponibles courant 1996 pour un prix de 5300 DM environ pour la version A1200. Pour l'anecdote, la plupart des PAWS envoyés aux distributeurs ont été vendus par ces derniers (alors qu'ils devaient servir de démonstration) et l'argent n'a pas été retourné à Silent Paw. Ainsi la majorité des PAWS en circulation le sont de façon frauduleuse. Puma Anciennement nommé "Lynx", le projet Puma était mené par Silent Paw Productions. Ici, il s'agissait de construire un véritable Amiga portable et non juste une "carrosserie". Il aurait dû avoir un connecteur vidéo pour une carte de type Video Toaster, IV24 ou OpalVision. Prévu pour le printemps 1996, le Puma ne verra jamais le jour à cause des difficultés financières de Silent Paw. A4030L et A4060L Présenté à Atlanta le 10 août 1996 par Jason Compton (alors chez VIScorp), le projet de l'A40x0L devait être un portable grandement basé sur l'A4000T mais avec une nouvelle carte mère au format Baby AT. La conception de la machine devait être réalisée par Dave Ziembicki de chez QuikPak. Les premières versions devaient être pourvues de 68040 et 68060, de bancs mémoire acceptant jusqu'à 128 Mo et d'une option pour y inclure un Video Toaster Flyer afin d'en faire une station vidéo portable. Le boîtier était trop petit pour y placer une carte mère d'A4000T. QuikPak n'avait sans doute pas les moyens (ou la licence ?) pour construire une carte d'A4000T adaptable à ce boîtier. A la place, on pouvait voir sur le site de QuikPak un modèle avec carte mère de PC (photo ci-dessous à gauche) mais le site mentionnait toujours le projet d'A40x0L avec de nouvelles spécifications : carte processeur 68030 à 25 MHz ou 68060 à 50 MHz, 6 Mo de mémoire, disque dur de 1,08 Go en SCSI et lecteur de disquette LS120 (compatible avec les disquettes Amiga 880 ko). Le clavier n'était pas incorporé et on devait donc en brancher un en externe. Les prix s'échelonnaient entre 3997 $ (version 68030) à 4497 $ (version 68060). Vers la fin de l'année 1996, c'est-à-dire à peu près au même moment, le constructeur allemand Eagle Computer avait aussi annoncé des "A4040LE" et "A4060LE (photo ci-dessous à droite). Ces Amiga portables ressemblaient fortement à ceux projetés par QuikPak, que ce soit dans les spécifications ou l'aspect extérieur. Ils n'ont malheureusement pas été commercialisés et le(s) projet(s) A40x0L(E) s'évanouirent au cours de l'année 1997. ![]() ![]() Un A40x0L et A40x0LE vers la fin 1996/début 1997 Durant l'année 1996, le constructeur allemand MacroSystem présenta à plusieurs reprises une version portable de son ordinateur DraCo. Celui-ci avait les mêmes caractéristiques que la version de bureau (processeur 68060 ou 68040, carte VLab Motion, système AmigaOS 3.1...) mais était proposé dans un boîtier transportable avec clavier détachable et écran LCD 12 pouces 800x600 en 24 bits. MacroSystem annonça pouvoir fournir une telle machine, sur commande, pour un prix de 13 000 DM (envrion 43 000 FF). ![]() DraCo Portable Suzanne est un projet mené en 1997 par Simon Archer. Il visait à transformer un Amiga 600 en portable. Un prototype fut montré pour la première fois en octobre 1997 mais aucune commercialisation ou production ne fut envisagée (ce n'était qu'un projet personnel). L'Amiga 600 disposait d'une carte accélératrice A620 (68020 à 28 MHz), de 2 Mo de mémoire Chip, de 4 ou 8 Mo de mémoire Fast et d'un disque dur IDE 2,5 pouces. Un lecteur de CD fut inséré sous la carte mère de l'A600 et la souris fut remplacée par un pavé tactile. L'écran était de type LCD et au standard VGA. Une petite alimentation était incluse. Koffer Amiga 600 Une autre tentative concernant un Amiga 600 portable fut effectuée par l'Allemand Frank Cieslewicz, autour de l'année 2000. Comme pour Suzanne, le but n'était pas de le commercialiser. L'Amiga 600 disposait du Kickstart 3.1, d'un disque dur 420 Mo, d'une carte accélératrice Apollo 68030 avec 16 Mo de mémoire Fast et d'un lecteur de CD. L'écran LCD venait d'un vieux modèle d'ordinateur nommé Goupil Golf. Tous ces matériels étaient regroupés dans une valise. ![]() Koffer Amiga 600 Anti Gravity est une société américaine qui tenta de racheter l'Amiga à Gateway en 1999. Après avoir racheté le projet BoXeR en 2000, ils ont annoncé, durant l'été de cette même année, vouloir créer un Amiga Classic portable. Les travaux sur le BoXeR, notamment la puce AGA/AA+, aurait peut-être été la base de cet ordinateur. Ce projet fut annulé en 2001 car Anti Gravity ne payait pas ses développeurs. Amiga portables de Volker Mohr L'Allemand Volker Mohr est le concepteur de plusieurs prototypes d'Amiga portables, que ce soit à base d'Amiga 600 ou d'Amiga 1200. Ses prototypes avaient cependant le point commun de nécessiter une prise de courant : ils n'étaient pas électriquement indépendants à cause de la grosse consommation de 20 W pour ces Amiga et bien plus lors de l'adjonction de périphériques. Son premier portable date de 1997. C'était un Amiga 600, logé dans un boîtier noir en contreplaqué et doté d'un écran LCD de mauvaise qualité (seuls quatre tons de gris était affichés par l'Amiga). En 1998, le deuxième essai fut très bien réussi avec pour base un Amiga 1200. L'écran TFT couleur était de 10,4 pouces pour une résolution de 640x480 en mode "Multiscan Productivity" raccordé à l'Amiga avec un simple adaptateur VGA. L'Amiga 1200 avait été amélioré avec une carte Blizzard 1260, un contrôleur SCSI-2, 48 Mo de mémoire et un disque dur de 4 Go. Le clavier est en infrarouge et peut être bougé de son emplacement. Un lecteur de CD et des hauts-parleurs complètent le tableau. Le modèle suivant intègre un écran à critaux liquides placé dans une plaque d'aluminium. La plaque peut coulisser pour venir recouvrir l'A1200. Un autre modèle présentait un Amiga 1200 dans une valise en aluminium. Il fut présenté au World Of Amiga de Cologne en décembre 2000. ![]() Un Amiga 1200 dans une valise Amiga 1200 Black Edition En avril 2009, une personne anonyme mit en vente sur eBay un Amiga extrêmement personnalisé. Il s'agissait d'un Amiga 1200 transportable (boîtier d'alimentation toujours en externe), peint en noir et rouge, et incluant un écran TFT 15". L'affichage était géré via le doubleur de fréquence Indivision AGA 1200. Cet Amiga avait des haut-parleurs intégrés et également un lecteur de CD inséré dans son boîtier sur sa partie gauche. Un disque dur de 5 Go et une carte accélératrice Blizzard 68030 à 50 MHz avec 32 Mo de mémoire complètait cette configuration. ![]() A l'instar de ses Amiga portables, Volker Mohr a transformé un Pegasos en "transportable". La réalisation a été effectuée entre 2004 et 2005. Cet ordinateur est à base de PowerPC G3/600 MHz et de carte graphique Radeon 7000. Volker lui a ajouté un boîtier aluminium peint en noir (non rabattable), un écran TFT couleur 14 pouces, des hauts-parleurs miniatures, un clavier et un pavé tactile. Il n'y a pas de batterie. Les émulateurs Peu voire aucune des solutions avancées depuis le premier essai d'Amiga portable en 1988 n'a été satisfaisante pour une utilisation mobile. L'amigaïste en manque de mobilité a donc dû se contenter de l'émulation. Par exemple, l'émulateur UAE, disponible depuis 1996 sur de nombreux systèmes pouvant tourner sur des portables, fut la première solution pour avoir un AmigaOS sur un "portable moderne". Il fut suivi en 2002 par Amithlon, malheureusement plus commercialisé. Et en 2014, une nouvelle version de WinUAE avec la gestion du PowerPC a également permis de lancer AmigaOS 4.0/4.1 (les seules versions qui n'étaient pas encore émulables) sur des PC portables. Les PC portables sous AROS AROS est une variante d'AmigaOS écrit en C et porté sur plusieurs plates-formes, dont des machines portables à base de processeur x86. AROS a plus ou moins fonctionné sur ordinateurs portables x86 durant la décennie 2000 mais il fallut attendre 2011 pour avoir un système fonctionnel. En effet, en juillet 2011, AspireOS, une distribution spécialement destinée aux ordinateurs portables Aspire One 110 et 150 d'Acer, a été créée. Par la suite, d'autres ordinateurs portables comme le Toshiba Satellite Pro A200 se sont montrés compatibles avec AROS/AspireOS. Et plus généralement, une part de plus en plus importante de portables PC x86 sont utilisables sur AROS, grâce à une meilleure compatibilité de ce dernier. ![]() Aspire One 110 Les iBook G4 et PowerBook G4 sont des machines portables fabriquées entre 2003 et 2006 par Apple. En 2012, la version 3.0 de MorphOS, système d'exploitation assimilé Amiga, a été portée sur PowerBook G4. La gestion des iBook G4 a été ajoutée en 2013 avec MorphOS 3.2. Pas tous les modèles sont gérées par MorphOS. Les iBook G4 sont des machines à base de PowerPC G4 (de 800 MHz à 1,42 GHz) avec 256 à 512 Mo de mémoire, écran TFT de 12,1 ou 14,1 pouces, une carte graphique Radeon 9200 ou 9550, un disque dur de 2,5 pouces, un lecteur/graveur de CD/DVD, un port Wi-Fi (AirPort), un port Ethernet 10/100 Mbps, etc. Les PowerBook G4 proposent, en plus, notamment un processeur PowerPC G4 jusqu'à 1,67 GHz, un écran de 12,1 à 17 pouces et une carte graphique Radeon 9600 ou 9700. LimeBook Z9 Lors de son discours au salon américain AmiWest (21 au 23 octobre 2011), Steven Solie, chef du développement chez Hyperion, a révélé l'existence d'un projet d'ordinateur portable pour AmigaOS 4. Il s'agissait d'un "netbook", autrement dit d'un ultraportable, dont la disponibilité n'était prévue pour le deuxième trimestre 2012, pour un prix de 300 à 500 $ HT incluant une licence AmigaOS 4. Il s'est révélé que cet ordinateur portable était un LimeBook Z9 proposant notamment comme caractéristiques : un écran de 12", un processeur PowerPC MPC5121e à 400 MHz, puce graphique PowerVR intégrée et 512 Mo de mémoire. Les développeurs de chez Hyperion ont pu porter AmigaOS 4.1 dessus mais sa commercialisation n'a pas eu lieu. La faute au fournisseur qui n'a pu fournir des prix et des conditions de paiement acceptables.
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