Obligement - L'Amiga au maximum

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Dossier : La bureautique sur Amiga
(Article écrit par Stéphane Schreiber et extrait d'Amiga Spécial Environnement - juillet 1994)


S'il est un domaine dans lequel l'Amiga a longtemps accusé un retard évident par rapport au Macintosh et au PC, c'est bien la bureautique... Mais depuis l'avènement de l'AGA et du Workbench 3.0, notre machine est en train de refaire son retard à la vitesse grand V. A tel point que si la concurrence ne réagit pas, elle sera bientôt dépassée !

Bon, la bureautique, c'est très large : on inclut dans cette catégorie toutes les applications à vocation professionnelles ou semi-professionnelles, comme le traitement de texte, la publication assistée par ordinateur (PAO), la comptabilité, la gestion de tout ce qui est gérable (stocks, compte bancaire...), etc. De par ses capacités graphiques et la puissance de ses applications dédiées, le Macintosh s'est rapidement taillé la part du lion dans le domaine de la PAO. Le PC, quant à lui, grâce à un affichage en mode texte hyper-rapide et au soutien de compagnies énormes comme Microsoft, Borland, Lotus ou WordPerfect, s'est approprié la majorité des applications de traitement du texte et des nombres (tableurs, bases de données).

Or, l'Amiga dispose des mêmes qualités techniques que ces deux machines, et sa faiblesse dans le domaine de la bureautique n'avait d'égale, jusqu'à ces derniers temps, que sa force en termes de multimédia. On peut essayer de trouver bien des raisons à cela, j'en vois quant à moi deux principales : d'une part, la diffusion de l'Amiga étant toujours restée presque "confidentielle" (tout est relatif ! On estime tout de même le nombre d'Amiga vendus à travers le monde à 5 millions d'unités, tous modèles confondus) grâce à une politique commerciale désastreuse de la part de Commodore, les compagnies majeures citées plus haut n'ont pas jugé bon de porter leurs logiciels phares sur notre machine. Qui pourrait les en blâmer ?

D'autre part, soyons honnêtes, comment voulez-vous travailler sérieusement avec un traitement de texte ou une base de données avec une résolution de 640x256 pixels ? Le nombre de couleurs n'entre pas ici en ligne de compte, mais un minimum de 640x512 pixels est indispensable pour une utilisation professionnelle d'un ordinateur (aujourd'hui, un PC offre du 640x480 en mode VGA, voire du 800x600 en SVGA). Or, jusqu'à l'arrivée des modes AGA et du moniteur 1942, cette résolution n'était réellement accessible qu'au prix d'un désentrelaceur et d'un moniteur multisynchrone (à moins bien sûr d'être suffisamment fou pour accepter l'insupportable scintillement du mode entrelacé).

Conclusion : l'Amiga n'a jusqu'ici eu droit qu'à des applications adaptées aux configurations les plus basses, qui ne supportaient pas la comparaison avec leurs concurrentes Mac et PC.

Le supplice du double PAL

Fort heureusement, Commodore a tout de même fini par comprendre cela, et a entrepris des efforts louables en ce sens. D'abord avec l'Amiga 3000, dont le désentrelaceur intégré (mais pourquoi diable ne pas l'avoir conservé dans l'A4000 ?) autorisait l'utilisation d'un moniteur VGA classique, très répandu, donc peu cher. Ensuite, avec le mode Productivité, qui permettait d'obtenir les mêmes résolutions qu'un PC VGA (seul le nombre de couleurs était encore limité à... quatre !), mais réclamait, hélas, l'adjonction d'un moniteur multisynchrone. Enfin, avec le jeu de puces AGA et son mode Double-PAL qui, couplé à un moniteur spécialement conçu pour lui (le 1942, ou un équivalent d'un constructeur tiers, par exemple le Microvitech), ouvrait enfin l'accès à des résolutions élevées, sans scintillement, et surtout sans se ruiner !

Signalons au passage que le 1942 permet théoriquement l'utilisation du mode Super72, qui offre une résolution de 800x600 pixels, c'est-à-dire autant qu'une carte SVGA. J'insiste ici sur le mot théoriquement, car Commodore n'a jamais soutenu officiellement cette possibilité. En fait, suivant la série de fabrication, certains 1942 acceptent le mode Super72, d'autres pas.

Qu'est-ce que ça peut me faire ?

Évidemment, dans le cadre d'une utilisation strictement personnelle de son Amiga, toutes ces remarques n'entrent pas forcément en ligne de compte. Après tout, pour écrire une lettre à sa grand-mère, concevoir un carton d'invitation à la super boum de samedi soir ou gérer le découvert bancaire des parents, la configuration de base est amplement suffisante. J'essayais simplement d'expliquer pourquoi l'Amiga n'a pas eu le succès auquel il pouvait prétendre dans les entreprises (autres que celles de vidéo, d'image de synthèse et de multimédia) et, d'une manière plus générale, auprès d'un public à mi-chemin entre l'utilisation strictement familiale et complètement professionnelle...

Pour résumer : ce fut longtemps un problème de la machine elle-même, mais la balle est maintenant dans le camp des éditeurs de logiciels. Des éditeurs qui l'ont d'ailleurs bien saisie au rebond, cette balle, et dont le smatch risque de faire très mal à la concurrence (même si, à mon humble avis, le traitement de texte et le tableur qui détrôneront Word 6 et Excel ne sont pas encore nés, toutes machines confondues).

Les traitements de texte

C'est évidemment, c'est la première application à laquelle on pense lorsque l'on parle de bureautique. Dès le début, l'Amiga a bénéficié de plusieurs traitements de texte, dont beaucoup ont aujourd'hui disparu. Tiens, par exemple et puisqu'on en parlait tout à l'heure, saviez-vous qu'il avait existé une version (pas terrible, d'ailleurs) de WordPerfect Amiga ? Étonnant, non ?

Excellence! 3.0

Nous trouvons en la personne d'Excellence! (avec le point d'exclamation, si, si) l'un des vétérans en la matière. Et l'un de mes préférés encore aujourd'hui, même si, objectivement, il est depuis longtemps dépassé par des Wordworth, FinalCopy et autre FinalWriter. En fait, Excellence! est certainement l'un des traitements de texte les moins pourvus en fonctions qu'il m'ait été donné de voir sur Amiga, mais en contrepartie, il est simple d'emploi et somme toute assez rapide à l'utilisation.

Excellence!
Excellence!

Excellence! représente pour moi le compromis idéal entre puissance et convivialité. Il s'adapte parfaitement aux longs projets, comme l'écriture d'un livre ou d'un article pour un magazine (et ces deux exemples ne sont pas cités au hasard : nous l'utilisons réellement pour ça !), mais ne pourra que difficilement être utilisé pour la rédaction de documents demandant une présentation très soignée (rapport de stage, curriculum vitae, thèse...). Il lui manque pour cela quelques outils importants, comme le dessin vectoriel (des images bitmap peuvent cependant être importées), ou la gestion automatique des titres, sous-titres, rubriques, etc. Par contre, il sait créer un index et un sommaire d'après une liste de mots sélectionnés dans le texte, possède un correcteur orthographique et un dictionnaire des synonymes, gère les notes de bas de page, et sait parler PostScript.

A ma connaissance, il n'est guère plus possible de se procurer ce logiciel qu'en passant par le marché de l'occasion. Mais je tenais à en parler ici, ne serait-ce que pour lui rendre hommage.

Wordworth

D'origine anglaise, Wordworth a fait un tabac lors de sa sortie. Non pas à cause de ses qualités, mais plutôt grâce à une politique commerciale agressive de la part de son éditeur, Digita International. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit parfaitement nul, loin s'en faut, mais simplement que l'on a peut-être quelque peu exagéré ses performances...

La plus grosse attraction de Wordworth premier du nom fut son interface utilisateur, spécialement conque pour être simple d'utilisation et accessible à tout un chacun, particulièrement à ceux qui n'avaient jamais touché un ordinateur, et encore un moins un Amiga, auparavant. En ce sens, Wordworth était une réussite, même si l'esthétisme laissait quelque peu à désirer. Quant aux fonctions proposées, rien de bien transcendant, ma foi. On y retrouvait tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un traitement de texte, ni plus, ni moins.

Wordworth
Wordworth

Wordworth fut ensuite décliné en plusieurs versions, dont les plus intéressantes restent Wordworth 2 et l'édition spéciale AGA (on oubliera pudiquement d'aborder la version rebaptisée Kindwords 3 pour profiter de l'aura d'un ancien traitement de texte fort apprécié des premiers amigaïstes...).

Wordworth est en est aujourd'hui à sa troisième édition, laquelle inclut des dizaines d'options et de fonctions nouvelles. Notamment, il gère désormais aussi bien les polices vectorielles Compugraphic (le standard de l'Amiga) que celles au format PostScript, possède plusieurs outils de dessins vectoriels simples (lignes, cercles, rectangles...), sait créer des tableaux complexes, autorise des effets de déformation du texte... Bref, au fil du temps, Wordworth s'est amélioré pour finalement devenir un véritable mini-studio de PAO, un outil véritablement efficace pour mener à bien tout projet, quel qu'il soit.

Wordworth
Wordworth 3

FinalCopy et FinalWriter

De même qu'à leur époque, Excellence! a toujours été en rude bataille avec un certain ProWrite pour le titre de meilleur traitement de texte sur Amiga, ce sont aujourd'hui deux nouveaux concurrents, Wordworth 3 et FinalWriter qui se livrent un combat sans merci.

FinalCopy 2
FinalCopy 2

FinalWriter est produit par la société américaine SoftWood qui oeuvre dans le traitement de texte depuis fort longtemps, puisque l'une de ses premières productions en la matière fut PenPal, un programme par ailleurs toujours disponible aux États-Unis, et qui se situe directement en entrée de la gamme. De PenPal fut dérivé FinalCopy, qui venait alors directement concurrencer Wordworth 2, et qui, enfin, donna naissance à FinalWriter, lequel attaque sans vergogne Wordworth 3. Le duel tourne d'ailleurs à l'avantage de FinalWriter, qui non seulement possède une interface plus esthétique et ergonomique, mais dispose également de fonctions que l'on croyait jusqu'ici réservés aux bienheureux utilisateurs de Word 6 : feuilles de styles, création automatique de tables des matières et des illustrations (en plus des classiques sommaire et index), gestion des polices vectorielles TrueType (en plus des formats Compugraphic et PostScript), etc. Il ne lui manque que les tableaux pour être réellement complet.

Malheureusement, le plus gros reproche que l'on puisse faire à FinalWriter, mais il est essentiel, est... de ne pas être disponible en France ! Car SoftWood estime que le marché français est trop restreint pour justifier l'investissement propre à l'élaboration d'une version française. On peut toutefois se le procurer en langue anglaise soit en Angleterre ou aux États-Unis, soit, en cherchant un peu, par le biais de l'importation directe. A vérifier également, la piste d'une version francophone destinée au Canada.

La PAO

Le choix en matière de logiciels de mise en page est relativement restreint : il n'en existe que deux principaux, à savoir Professional Page et PageStream. Pour ce domaine particulier, il est toutefois également intéressant d'aller regarder du côté des outils de dessin vectoriel, des logiciels de retouche d'image, et, d'une manière plus exotique, des outils de création et de modification des polices vectorielles.

Professional Page et PageSetter

Honneur aux anciens : Professional Page existe depuis les premières années de l'Amiga. D'abord faisant partie d'un logiciel intégré (traitement de texte, PAO, tableur) de Gold Disk, il a rapidement pris du galon pour devenir un programme indépendant, évoluant lentement mais sûrement, au point d'être aujourd'hui réellement incontournable, même s'il est encore (très) loin d'égaler un X-Press ou un PageMaker.

Professional Page est ce que l'on appelle un logiciel "orienté page", c'est-à-dire qu'il est plus facilement utilisable dans le cadre de petits projets, comme une affiche, un mode d'emploi en deux ou trois pages maximum, etc. Cantonné à cela, il se révèle agréable d'emploi, même si plusieurs bogues inacceptables continuent de provoquer des blocages de l'ordinateur, quand ce ne sont pas des plantages, aux moments les moins opportuns.

Professional Page 4.1
Professional Page 4.1

Bénéficiant (c'est une manière de parler) d'une interface utilisateur des plus simplistes, Professional Page est l'exemple même de programme à vocation professionnelle qui ne pourra jamais être utilisé de manière professionnelle (bien que des magazines comme Amiga News, Amiga Revue ou le présent Amiga Spécial soient entièrement réalisés avec lui !). Il lui manque pour cela beaucoup trop de ces fonctionnalités indispensables au vrai maquettiste : habillage irrégulier des images par le texte, ancrage d'un bloc-image à un point précis du texte, gestion des colonnes dans un bloc de texte, création automatique des filets sur les colonnes, affichage précis des couleurs quadrichromiques (malgré la gestion des couleurs Pantone, l'approximation de leur affichage est désastreuse), séparation quadri des couleurs aléatoire, etc.

Par contre, le point fort de ce programme est sans conteste une gestion intelligente d'ARexx, qui permet la création de macro-commandes personnalisées, les Génies, qui simplifient énormément l'automatisation des tâches les plus complexes. Dans le cadre d'une utilisation plus personnelle, il sera sans doute judicieux de se tourner vers PageSetter, la version "light" de Professional Page. Ce que l'on perd en puissance (adieu la gestion des imprimantes PostScript, des couleurs Pantone...), on le gagne en simplicité d'utilisation.

PageSetter 3
PageSetter 3

PageStream

D'abord connu par chez nous sous le nom de Publishing Partner Master, excusez du peu, PageStream est certainement le plus abouti de nos logiciels de mise en page. Capable de travailler sur plusieurs documents à la fois, il est parfaitement "orienté document", par opposition à Professional Page, c'est-à-dire qu'il s'adapte beaucoup plus facilement à la création de longs documents comportant plusieurs dizaines de pages.

Publishing Partner Master 1.8
Publishing Partner Master 1.8

Bien qu'entièrement intégré au système de fenêtrage d'Intuition, l'interface utilisateur pêche par un manque de finition évident, notamment lorsque la police par défaut de l'Amiga, topaz 8, a été changée via les Préférences. Sinon, le confort d'utilisation est exemplaire, mais à part cela, PageStream n'offre rien de bien transcendant. Toutes ses fonctionnalités sont d'un classicisme désarmant. On pourra toute de même regretter certaines imperfections, notamment quant à l'affichage des couleurs (un bien grand mot en ce qui concerne les images, définitivement cantonnées à un affichage en noir et blanc) et des polices de caractères (la représentation écran en est exécrable), mais dans l'ensemble, ce sont là des manques auxquels on s'habitue somme toute assez rapidement.

Son plus gros défaut est peut-être d'utiliser un format de polices vectorielles propre. Compugraphic et PostScript ? Non merci, jamais entre les repas... PageStream, c'est également l'arlésienne de la mise en page sur Amiga. Ou plus exactement, PageStream 3 : en effet, depuis plus d'un an maintenant (oh oui, beaucoup plus d'un an !), on en attend la troisième version, annoncé par SoftLogik, son éditeur, comme trois fois meilleure que X-Press et PageMaker réunis. Évidemment, on attend de voir le résultat, mais d'après avoir assisté à une démonstration d'une version non finalisée chez l'importateur français VEM, je me suis laissé dire qu'effectivement, il y avait toutes les chances que PageStream 3 fasse parler pendant longtemps de lui, et pas seulement sur Amiga. Avec un peu de chance, peut-être sera-t-il enfin disponible lorsque vous lirez ces lignes, la dernière date de sortie timidement annoncée par VEM étant fin août, début septembre 1994.

Professional Draw

Nous ne nous attarderons pas très longtemps sur Professional Draw, un logiciel de dessin vectoriel édité par Gold Disk, et présenté comme le complément indispensable de Professional Page. En effet, les clips réalisés sous Professional Draw peuvent être importés dans Professional Page, et, mieux encore, si les deux tournent concuremment, Professional Page peut "transmettre" un dessin à Professional Draw, dans le but de l'éditer "en direct". Mais là non plus, rien de bien transcendant dans le nombre et la puissance des fonctions proposées.

Professional Draw
Professional Draw

Ah si, peut-être une chose : Professional Draw est à ma connaissance le seul programme capable de gérer les dégradés de couleurs dans un objet. Si vous désirez créer de tels dégradés dans Professional Page, il faudra obligatoirement passer par l'importation d'un clip Professional Draw. C'est toujours bon à savoir. Dernier point : si vous fonctionnez en Workbench 3.x, vérifiez bien que votre version de Professional Draw est au minimum la 3.03, les versions précédentes ne fonctionnant pas correctement avec ce système.

Art Expression

Art Expression est présenté comme le pendant Amiga d'Adobe Illustrator, avec lequel il est d'ailleurs compatible, tout du moins au niveau des formats de fichiers (c'est de l'EPS). Tout comme Professional Draw, il s'agit d'un utilitaire de dessin vectoriel, plus spécialement destiné à la création de logos publicitaires, gros titres de magazines, etc. Courbes de Bézier, vectorisation des caractères, accrochage d'un texte à une courbe, etc. sont autant de ses caractéristiques essentielles.

Son interface utilisateur s'apparente à celle de PageStream (normal, les deux programmes sortent des mêmes ateliers), mais elle est beaucoup plus aboutie. Il ne gère pas les dégradés automatiques de couleurs, mais il est possible, en rusant un peu, d'en créer manuellement.

TypeSmith

Je tenais à parler ici de TypeSmith, non seulement parce que c'est un excellent logiciel, mais aussi pour souligner et soutenir l'effort de son éditeur, SoftLogik, dans le domaine de la publication assistée par Amiga. TypeSmith est un outil particulier en son genre, en ce sens qu'il permet la création et la modification de polices vectorielles. Compatible avec tous les formats les plus répandus, à l'exception de TrueType, TypeSmith peut évidemment être utilisé comme un simple convertisseur interformat, mais ce serait évidemment sous-exploiter ses possibilités.

TypeSmith
TypeSmith 2.5

Il suffit de quelques clics de souris bien placés pour transformer un "A" en "E" (oui, bon, l'exemple est idiot) ou pour arrondir quelques angles, ajouter ou supprimer des sérifs... Le travail de création d'une police entière est en effet tellement considérable (et pas seulement de lapin, comme aurait le regretté Pierre Desproges), qu'il vaut mieux toujours partir d'une autre police déjà existante. Mais attention au droit d'auteur : on pense trop souvent, à tort évidemment, que les polices de caractères font partie du domaine public. Il n'en est rien, bien au contraire, ce sont pour ainsi dire les "logiciels" (au sens large du terme) les plus protégés qui soient !

ADPro, ImageFX et les autres

Comment espérer faire de la mise en page professionnelle sans quelques outils de retouche d'image adéquats ? Que le maquétiste sur Mac qui n'a jamais utilisé Photoshop avant d'importer une image dans X-Press ose me dire le contraire... Pour en savoir plus sur les logiciels appropriés, reportez-vous aux articles sur les logiciels 2D et 3D du présent numéro spécial.

Les tableurs

Après le texte et l'image, restent les nombres. Additionner deux colonnes de chiffres, appliquer quelques formules et dessiner de jolis diagrammes en camembert, en perspective et en travers, n'importe quel ordinateur sait le faire. Alors, l'Amiga, vous pensez, c'est fingers in the nose.

Ben oui et non. Oui, parce qu'effectivement, il dispose de toute la puissance de calcul nécessaire, et que les problèmes d'affichage évoqués en début de cet article s'appliquent beaucoup moins aux tableurs. Et non parce que jusqu'ici, les quelques tableurs proposés pour l'Amiga ne volaient pas tous très haut...

Professional Calc

Heureusement, il y en a quand même un pour sauver le lot. Professional Calc (vous avez remarqué comment Gold Disk aime à appeler ses logiciels "Professional quelque chose", et comment tout le monde prend un malin plaisir à en diminuer en nom en "ProQuelque chose" ?), s'il ne gère pas encore tout à fait la comparaison avec Excel, se hisse tout de même largement à la hauteur d'un Lotus 1-2-3 ou d'un Quattro Pro.

Professional Calc
Professional Calc

D'un abord très engageant (Dieu merci, l'interface utilisateur est totalement différente de celles de Professional Page et de Professional Draw !), Professional Calc cache sous des abords austères, un confort d'utilisation rarement égalé sur l'Amiga. Par exemple, la saisie des plages de cellules dans les formules est facilitée par la possibilité de sélectionner les cellules concernées à la souris, pendant l'édition de la formule. Les formules sont évidemment recalculées en temps réel à chaque modification de la valeur d'une cellule.

Un outil particulièrement pratique et que je n'ai jusqu'à présent retrouvé dans aucun autre tableur, est la gestion des "outlines", un peu à la manière d'un processeur d'idées : ce système permet en effet "d'enrouler" ou de "dérouler" des parties de la feuille afin d'en mieux organiser les données. Enfin bref, le qualificatif "professional" n'est vraiment pas usurpé. On pourra cependant regretter que le nombre des graphes proposés ne soit pas plus important, ou bien encore que Professional Calc soit un tableur "à deux dimensions" (contre trois pour la plupart des tableurs modernes, grâce à des liens entre plusieurs feuilles), ou bien encore qu'il manque certaines fonctions mathématiques avancées... Mais il comblera à coup sûr tous ceux qui ont besoin d'un tableur puissant, rapide et convivial sur Amiga.

Maxiplan

Nous ne parlerons ici de Maxiplan que par pur souci d'exhaustivité, ce programme étant encore disponible chez quelques revendeurs çà et là, après avoir fait l'objet d'un paquet bureautique par Commodore. Très inspiré de Multiplan de Microsoft, Maxiplan n'en a cependant pas toutes les qualités. C'est un tableur d'envergure moyenne, qui suffira à la plupart des besoins personnels d'un utilisateur d'Amiga, mais attention à ne pas vous laisser abuser par un nom ronflant si vous souhaitez gérer les comptes d'une entreprise, même petite. Ce logiciel aurait nécessité des remises à jour afin de rester à la hauteur de l'évolution, ce n'est-ce que du système Amiga.

Les bases de données

Dans ce domaine, le choix est encore plus restreint puisqu'il se limite au célèbre SuperBase, décliné en plusieurs versions sur plusieurs plates-formes, et aujourd'hui renommé SBase. D'autres tentatives ont certes été faites (uniquement aux États-Unis), mais qui ont vite avorté.

SBase Pro 4

Capable d'importer les fichiers de données et d'index de l'inévitable dBase III et IV, SBase en est cependant bien différent. En mieux, ce qui n'est pas rien. D'une part, il gère un nombre plus important de types de champs. C'est ainsi qu'une base de données peut contenir des champs "images" ou "son", par exemple. D'autre part, SBase inclut un éditeur de formulaires séparé, qui permet de concevoir les écrans et masques de saisi spécifiques à une base de données.

SBase 4
Superbase Professional 4

Enfin, son langage de commandes, le DML (pour Database Management Language) est nettement plus étendu et pratique que celui de dBase. Il s'intègre évidemment parfaitement à un environnement graphique (fenêtres, menus, souris, etc.), SBase ayant toujours été conçu pour ce type d'environnements. Qui plus est, un programme écrit en DML sur Amiga fonctionnera parfaitement sous SBase pour Windows, et inversement (seuls les formulaires seront à refaire).

Il n'y a pas grand-chose à reprocher à SBase, sinon quelques bogues ennuyeux mais facilement contournables, et une gestion d'Intuition assez approximative (eh oui, au fait, il faut tout de même préciser à la décharge des développeurs, que l'Amiga possède l'un des systèmes d'exploitation les plus difficiles à maîtriser pleinement). Mais SBase est un excellent produit, qui, dans son domaine, hisse l'Amiga à la hauteur de ce qui se fait de mieux sur les plates-formes concurrentes.

Et le reste...

Ben oui : et le reste ? Car la bureautique ne se limite (mal)heureusement pas aux traitements de texte, à la PAO, aux tableurs et aux bases de données. On pourra toujours trouver d'autres logiciels spécialement adaptés à un cas bien précis, comme la comptabilité, la gestion de fichiers diverses, de stocks ou de comptes bancaires. Si l'un de ces domaines vous concerne plus particulièrement, essayez de jeter un oeil du côté de chez nos voisins d'outre-Rhin : l'Allemagne regorge en effet de logiciels extrêmement spécialisés. Les États-Unis ne sont pas en reste non plus, d'ailleurs.

Mais si l'allemand et l'anglais vous rebutent, il vous reste, comme toujours, la possibilité de regarder ce qui se fait dans le domaine public. Le domaine de la gestion de fichiers et autres mini base de données y est fortement représenté. On y trouve souvent de véritables petits chefs-d'oeuvre, qui de plus peuvent évoluer à votre goût et selon vos besoins propres, simplement en le signalant à leurs auteurs qui sont toujours en attente des impressions et critiques des utilisateurs pour faire évoluer tous leurs logiciels vers la demande.


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