Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 25 juillet 2017 - 22:32  

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Point de vue : Le positionnement de l'Amiga 1000
(Article écrit par Véronique Charreyron et extrait de Tilt - juin 1986)


Comment positionner l'Amiga ? La question doit empêcher Kléber Paumier, PDG de Commodore France, de dormir. Personne ne sait encore ce que va devenir la diva des micros. Tilt fait le point... et donne son avis.

Amiga diva

Comme pétard mouillé, difficile de faire mieux. L'Amiga joue les divas de la micro-informatique : on en parle mais personne ne le voit. Parmi les journalistes à avoir présenté la machine il y a six mois, combien sont ceux qui peuvent se vanter d'avoir posé un doigt sur le clavier ? Au SICOB 1985, tout le monde l'attendait... en vain. Au dernier CES de Las Vegas tout le monde le traquait... quelques exemplaires traînaient sur les stands des développeurs. A Hanovre au CeBIT : la vague. Des Amiga partout, des logiciels, des périphériques... Bref, fini le mauvais esprit, les rumeurs de la faillite imminente, il est là, à deux pas du Rhin.

SICOB 1986 : Commodore annonce son arrivée en France avec fanfares et trompettes, jouant à plein sur l'innocence. "Quoi, vous doutiez, il a toujours été prévu de sortir l'Amiga en avril 1986 pour qu'il ait suffisamment de logiciels, la presse a défloré le sujet. Par ailleurs, il a fallu adapter une machine au marché européen, la convertir en 220 volts et changer le signal NTSC en signal PAL, soit un circuit à refaire, des tests..."

Les concurrents ne manqueront pas de faire remarquer que la machine n'est pas encore déboguée. Objectifs de vente : 10 000 Amiga dans les foyers avant fin 1986, diffusés par le réseau des SSCI et des GMS. Côté porte-monnaie, le "byte" est à la baisse avec un moniteur couleur NTSC, un clavier "Qwerty" et 512 ko de mémoire pour 16 300 FF HT (tarif promotionnel jusqu'au début du mois de juin en attendant une probable chute des prix, qui suivrait celle enregistrée aux États-Unis...).

Le lot suivant devrait apporter un plus de taille : clavier "Azerty" et sortie PAL. N'espérez pas le SECAM, le marché est trop réduit. Et après ? "Tout dépend du positionnement de la machine aux États-Unis". Un mot ressort : professionnel. Ainsi que l'indique Laurence Fruleux, directrice du marketing, "l'Amiga évolue entre les créneaux hobbyistes de très haut de gamme, l'éducation et surtout le professionnel, notamment dans les applications de EAO (enseignement assisté par ordinateur), DAO (dessin assisté par ordinateur), CAO (conception assistée per ordinateur) ainsi que celles de communication et de vidéo jusqu'à présent disponibles sur des machines beaucoup plus onéreuses. Ses atouts : synthèse vocale, capacités graphiques, entrée vidéo et multitâche".

Amiga pour jouer ?

Il ne s'agit en aucun cas d'une machine pour jouer. D'ailleurs, son prix s'avère limitatif pour cet usage. Dans ce sens, il se place dans un créneau entièrement différent de celui de l'Atari ST 520, une machine gonflée qui s'adresse uniquement aux "hobbyistes". Le concurrent le plus proche serait le ST 1040 mais comme l'indique Benjamin Pfister, responsable Amiga chez Commodore France : "s'il peut faire tout ce que l'Amiga sait faire, il le fait beaucoup moins bien. 16 couleurs affichables simultanément en basse résolution au lieu de 32 dans une palette de 4096 par exemple" et de poursuivre : "d'ailleurs, un mode graphique spécial plus contraignant, le Hold And Modify" permet d'afficher les 4096 couleurs sur le même écran en utilisant six plans, même en haute résolution".

Le fait est que d'un point de vue strictement familial, le ST 520 est grandement suffisant. Il remporte d'ailleurs la palme des 68000 dans la catégorie ratio qualité/prix. Le drame avec l'Amiga est que l'on arrive à la conclusion paradoxale qu'il n'est pas assez cher. A partir du moment où le milieu professionnel très sectoriel est visé et où la concurrence se place dans une autre échelle de prix, Commodore pourrait sans risque augmenter ses marges. S'il essaie de se placer sur le terrain domestique, il est grillé par le ST 1040.

Ce que l'on sait moins, c'est que depuis plusieurs mois, Commodore arrose les développeurs de logiciels français (100), anglais (160), belges... : tarifs préférentiels et disponibilité immédiate en 110 volts. Les domaines sont très variés : aide à la création de tissus ou optimisation de l'espace dans un projet architectural.

Tilt a rencontré Nicolas Costes, un étudiant en maîtrise d'économétrie à Nanterre, développant actuellement en indépendant un programme de recherche opérationnelle en mathématiques. Son avis sur la machine est teinté par cette approche scientifique.

Ses caractéristiques

Un bref rappel des caractéristiques de l'Amiga ne peut pas faire de mal. Son aspect proche de l'IBM PC est familier. Il s'axe autour d'une unité centrale de sept centimètres de hauteur intégrant un lecteur de disquette 3,5 pouces ainsi qu'un ventilateur particulièrement silencieux, un clavier détachable pouvant se glisser dessous (pratique), une souris à deux boutons, et un moniteur 640x400 points version NTSC. Le moniteur PAL 640x.512 points, est à venir. Pour des raisons de confort visuel (scintillement), il vaut mieux les utiliser en 640x256. C'est beau mais en soulevant le tout, vous risquez le tour de reins. Le clavier est agréable, agrémenté d'une superbe touche "Help". Dure réalité, seul un logiciel l'utilise.

Amiga 1000

A côté du lecteur de disquette, un panneau amovible permet de connecter une carte mémoire de 256 ko. Mine de rien cela double la capacité mémoire du premier Amiga, la version avec 256 ko que l'on trouve aux États-Unis. A droite, deux prises manette sur lesquelles viennent se brancher la souris et un connecteur de bus pouvant gérer jusqu'à 8 Mo (méga-octets) de mémoire, modem, coprocesseurs, genlock... Le dos de la bête donne dans le genre "jungle". On ne peut pas lui reprocher d'être un système fermé. Avis du spécialiste : "il y a plein de connecteurs mais un utilisateur individuel risque rarement de les utiliser tous. Certains sont redondants".

En vrac : sorties séries (RS 232C) et parallèles (Centronics), un connecteur pour lecteur de disquette externe 880 ko formatés (à partir du deuxième, il faut une alimentation externe), deux sorties de son stéréo (quatre canaux de sortie audio paramétrables indépendamment), un port RGB analogique et numérique ainsi qu'un connecteur composite à la norme américaine NTSC ou PAL. Étant donné que l'Amiga est livré avec son moniteur, ce dernier point n'est pas fatidique. Par ailleurs, certains moniteurs spéciaux accepteraient PAL et NTSC grâce à un commutateur.

Dans la rubrique nouveautés, notons la présence d'une entrée vidéo. Génial dans le principe, le hic est qu'il faut pour l'instant rentrer des images au standard NTSC. Combien sont les magnétoscopes disponibles sur le marché français à présenter cette connexion ? Espérons qu'un genlock acceptant les entrées PAL accompagnera les futurs moniteurs.

D'autres petits détails font tiquer. Le moniteur avec un seul haut-parleur exploite mal les capacités sonores surprenantes de la machine. Bref, pour en profiter au maximum, il est préférable d'avoir une chaîne Hi-Fi stéréo ou un baladeur. On regrettera amèrement l'absence de modem intégré, faute de place paraît-il, ainsi qu'une sortie MIDI. "Son utilité n'a pas paru évidente aux constructeurs" constate Benjamin Pfister. Ces lacunes devraient être réparées avec des périphériques pas trop chers : interface MIDI (75 $), modem 1200 bauds... Pour ceux que la soudure ne rebute pas, il est possible de transformer le port série RS 232C, avec vingt-cinq broches mâles en port MIDI, en choisissant celles affectées aux signaux MIDI. Mise à part l'absence de vérification, cela marche.

Parmi les autres interfaces sur la marché, signalons un clavier musical, un vidéodisque, une caméra vidéo et un numériseur (Framegrabber). Le périphérique le plus spectaculaire est certainement le genlock. Il permet de mixer l'image informatique à tout signal vidéo, magnétoscope, laser-disc ou caméra avec, à la clé, la possibilité de monter son propre film vidéo à coup d'images de synthèse, bancs titres, animations, incrustations. Décoder Canal+ devient à la portée du premier venu. Du matériel de haut vol qui ne manquera pas de séduire les YAP (young aspiring professionnel) pour environ 200 $. Mais toujours avec les restrictions précédentes.

Dans le domaine puissance, Techmar et Microforge déclinent les cartes mémoire de 256 ko à un méga-octet. On peut arriver à 8 Mo d'extension (quatre cartes de 2 Mo) en rachetant des boîtiers de mémoire que l'on place dans les cartes. Seul perdant : son porte-monnaie. Pour les voraces, il existe un disque dur de 20 Mo. Un Amiga "plus" ou "1040", selon sa confession, devrait sortir dans le courant de l'année avec un disque dur et des ports d'extension intégrés. Une grande et belle nouvelle.

Une quinzaine d'imprimantes sont directement utilisables qui regroupent tous les cas de figure imprimante jet d'encre, thermique, laser, à marguerite... Si par malchance vous ne possédez pas le standard, il faudra en changer (cas le plus fréquent, vu la panique des gens face au matériel) ou bricoler. Il suffit de confectionner un câble, d'écrire un programme de paramétrage et de le décrire comme générique dans "Preferences" (un week-end de travail). Il s'agit d'un outil permettant de modifier plusieurs caractéristiques de la machine du style vitesse de la souris, les couleurs de bases du Workbench. C'est dans "Preferences" que l'on vient cliquer pour avoir accès ou pas à la deuxième interface utilisateur, le CLI, pour remettre les pendules à l'heure. L'Amiga n'a pas d'horloge permanente, ce qui n'est pas dramatique.

Vous avez dit multitâche

L'Amiga prend sa pleine puissance dans le matériel. Des tonnes d'encre ont déjà coulé sur Daphne, Portia et Agnus, les circuits de gestion de l'écran, animation graphique et contrôle des périphériques qui viennent seconder le processeur central 16/32 bits 68000 de Motorola, véritables coprocesseurs et non processeurs esclaves, comme la puce 8 bits qui gère les sons de l'Atari ST. De là, une vitesse sidérante : une seconde pour l'affichage à l'écran d'un million de points, soit dix fois supérieure à celle du Mac fonctionnant avec le même 68000.

Côté puissance de calcul, rien à redire : 1000 multiplications en moins d'une seconde, trois fois plus vite qu'un IBM AT sur des nombres réels double précision, les tâches de lecture et d'écriture étant déchargées du processeur central. "Je ne vois pas d'utilisateurs ayant besoin de plus de puissance", explique Nicolas Costes "sauf moi, mais c'est très spécial. Je vais le remplacer par un 68020, un 68881 et un 68551 pour aller encore cinq fois plus vite".

Reste que le grand luxe consiste en une ouverture au multitâche. La démo des "balles rebondissant lentement sur fond musical quatre voies" reprise pernicieusement par Atari, en est le plus pur exemple. 8% du temps de calcul du processeur sont mobilisés sur Amiga, 98% sur ST 520. Avantage évident : la possibilité d'utiliser les capacités du processeur sur d'autres tâches. En d'autres termes, on peut jouer à Mindshadow tout an tapant une lettre sur une autre fenêtre en cherchant ou chargeant un fichier sur disquette et programmant un utilitaire en BASIC.

Outre un gain de temps, ce système offre la possibilité de vérifier à tout moment comment se déroulent les opérations. Cela évite de douloureuses surprises. "Les seules limites", précise Benjamin Pfister, "reposent sur la taille mémoire et la patience de l'opérateur, les opérations étant plus longues". Et de poursuivre : "j'ai lancé jusqu'à trente-deux opérations en simultané sans planter la machine. A la trente troisième, bien sûr...".

Est-il besoin de préciser qu'il s'agit de la seule machine capable de telles performances dans ce créneau de prix ? Les priorités gérées par plusieurs routines s'étalent de -127 à +127 avec en principe une priorité pour les tâches système (indice 0). Cette hiérarchie est entièrement modifiable par l'utilisateur.

AmigaDOS

Commandé à MetaComCo, une petite entreprise anglaise, après de longs pourparlers avec Digital Resarch, le premier système d'exploitation Tripos est conçu pour travailler sur les réseaux locaux avec intelligence distribuée. Il est remplacé par l'AmigaDOS, toujours multitâche mais monoposte (à la différence d'Unix dont on le rapproche souvent). Il peut y avoir interférence entre les zones mémoire utilisées par différents opérateurs liée à l'absence de gestionnaire de mémoire.

Comme tous les systèmes d'exploitation, l'AmigaDOS a ses qualités et ses défauts. Première innovation de taille, il n'y a plus de zone catalogue avec à la clé une gestion de l'espace mémoire des disquettes (10% de plus dans le cas des disquettes 3,5 pouces) ou disques optimisés. Tout l'espace est rempli. Les fichiers sont en fait chaînés les uns à la suite des autres. Problème qui en découle : un accès au répertoire très très lent, facilement énervant. Pouvoir garder le catalogue en mémoire serait appréciable. C'est l'un des principaux défauts à reprocher à l'Amiga. Avantage : sécurité par rapport aux systèmes classiques. Les chaînages sont double ou triple, si un chaînage casse, on peut le récupérer.

Malgré ce que peut bien dire Laurence Fruleux, "nous ne voulons surtout pas positionner l'Amiga en tant que compatible PC", le problème est là. Bon nombre de portes lui sont fermées du fait de son système d'exploitation. Pour l'instant, la compatibilité avec MS-DOS - lecteur de disquette 5,25" et logiciel émulateur 8088 - s'avère plutôt bringuebalante, lente et incomplète. L'émulateur de PC Amiga, Transformer (99,95 $), ne fonctionne pas en mode graphique, il ne sait faire que du texte. Mais Commodore répare les pots cassés avec un projet d'émulateur matériel.

A l'instar de l'Atari ST 520, les logiciels de base (gestionnaires de différentes parties de la machine, DOS et Intuition, la bibliothèque de sous-programmes contenant les outils pour la gestion graphique des fenêtres, le déplacement de la souris et du curseur) ne sont pas en mémoire morte mais sur une disquette. A la différence de l'Atari, ils viennent se charger dans une zone de mémoire vive protégée de 256 ko qui n'empiète pas sur la zone de programmation. L'Amiga est un vrai 512 ko. Il y a assez de mémoire visiblement. "Je rentre les matrices de 200x200 voire 300x300 que même l'ordinateur de la Fac a du mal à traiter. Seules les applications de calcul ou de banques de données peuvent nécessiter plus de mémoire".

Sachez qu'il n'est pas prévu dans l'immédiat de mettre le DOS et les routines en ROM : "c'est beaucoup plus souple pour la diffusion, l'actualisation et la rectification en cas de bogues", explique Benjamin Pfister. Avant toute utilisation, il faut donc charger le Kickstart. Vingt secondes sur une journée de travail, c'est supportable, d'autant qu'en cas de plantage ou de "reset" (réinitialisation), il n'y aura pas à le recharger. Deuxième opération - s'il ne figure pas sur la disquette programme - charger le "Workbench" (l'équivalent du bureau du Mac), avec ou sans CLI (Command Line Interface), sous peine de ne pouvoir faire fonctionner l'AmigaDOS.

Le premier, seul, permet la gestion des entrées, des sorties et des fichiers à partir d'icônes et de menus déroulants, souris oblige. Le deuxième à partir de commandes par ligne. Nostalgiques du CP/M ou MS-DOS, programmeurs, réjouissez-vous. Notons que l'Amiga est la seule machine à proposer ce choix. Nicolas Costes utilise un CLI résident (30 ko) fourni par Fred Fish, un distributeur de programmes domaine public, qui s'avère nettement plus pratique.

Du côté des logiciels

Parmi les logiciels fournis avec l'Amiga, on trouve le BASIC étendu de Microsoft. Commodore a finalement renoncé à inclure l'ABC Basic de MetaComCo, moins performant de l'avis général, y compris celui des créateurs. Les autres langages sont disponibles sont : Macro Assembler, Pascal, Lisp, langage C, BCPL, Forth, Logo. Le langage C est principalement utilisé par les développeurs. La programmation sur Amiga s'avère relativement longue mais propre. La définition de structure d'un "proportionnai gadget prend vingt informations, reste qu'une fois la structure définie n'importe quel programmeur est capable de la comprendre, manuel en main. Très important quand on développe un programme à plusieurs".

La façon de travailler s'assimile à celle du Mac. Sur les 250 programmeurs contactés à la première conférence développeurs de Commodore, 80% programmaient sur cette machine. Beaucoup essaient de tirer parti des commandes de son et des quatre voies qui permettent à l'Amiga de rivaliser avec certains synthés. Le fin du fin, pour épater, reste celle de la synthèse vocale avec deux instructions clés qui renvoient à un ensemble de sous-routines. L'outil Translator traduit une chaîne de caractères en sons et Say les prononce avec toutes les modulations possibles, lente, rapide, masculine, féminine, enfantine et comble de l'égocentrisme à la manière d'un ordinateur. Les phonèmes français devraient remplacer les anglais d'ici fin 1986.

Mis à part les logiciels développés actuellement en France et en Europe disponibles en français avant la fin de l'année, l'Amiga compte au printemps une petite centaine de logiciels aux États-Unis, professionnels à l'image de VIP Professionnel (l'équivalent de Lotus 1-2-3 annoncé chez VIP Technologies), Maximilian (de Maxicorp, qui est un tableur, traitement de texte, graphiques intègres multitâches), Texcraft (le traitement de texte maison) ou, plus créatif, le fameux Aegis Animator (d'Aegis, développé pour l'animation) et Deluxe Paint (d'Electronic Arts, pour le graphisme).

EA complète sa collection par trois logiciels de la même veine Deluxe Music pour la création musicale, Deluxe Video Construction Set pour la réalisation de cassettes vidéo sur disquettes et Deluxe Print, un genre de Printshop. Graphicraft et Textcraft, diffusés pas Commodore, se substituent aux Mac Paint et Mac Text du Mac, à la différence près qu'il faut les payer (50 et 100 $).

Les jeux ne sont pas complètement absents même si l'Amiga ne leur reste pas dédié. Au contraire, ils représentent la moitié des logiciels disponibles. Un hiatus entre le discours Commodore et les faits ? Les titres disponibles sentent le "déjà vu" sur Apple, Mac, ST voire C64 : Archon, One-on-One, Borrowed Line, Hacker, Mindshadow, The Seven Cities Of Gold, Brattacas... pas de mystères, les capacités sonores et graphiques font la différence avec le ST, n'en déplaise aux fanatiques d'Atari. L'adaptation de Flight Simulator de Sublogic avec moult fenêtres et perspectives, critères de vol redéfinissables et bruitage angoissant finira de les convaincre.

Séduisant, innovant, intelligent, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l'Amiga. Nicolas Costes insiste : "C'est une machine passionnante qui s'adresse à des gens exigeants. Je garderai le mien pendant six-sept ans, et je ne peux rien vouloir de plus. Le ST 520 est conçu au rabais en n'utilisant que du matériel connu selon la bonne vieille recette. Dès sa sortie, il est dépassé. Le ST 1040 est moins performant, moins simple d'emploi et moins solide. C'est gênant pour les pros".

Le problème du succès ne se pose pas en terme de matériel mais du marché. L'Amiga donne la singulière impression d'être assis entre deux chaises.


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