Obligement - L'Amiga au maximum

Samedi 27 mai 2017 - 06:23  

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Entrevue avec Nicolas Fournel
(Entrevue réalisée par Bruce Lepper et extraite d'Amiga News - décembre 1992)


Notre collaborateur Nicolas Fournel, qui s'occupe des affaires musicales dans Amiga News, est aussi développeur de logiciels. C'est à ce titre qu'il était présent au salon Atacom 92 en tant qu'invité, avec un engin pour le moins bizarre...

Nicolas Fournel

- Pouvez-vous nous parler de l'instrument de musique qui était sur ton stand au salon et qui a intrigué pas mal de monde ?

Il s'agit du Semekrys, un instrument de musique "fait-maison" constitué de quatre dalles tactiles en verre, montées sur une architecture en Plexiglas. Ces dalles sont identiques dans le principe à celles que l'on peut trouver dans les FNAC par exemple pour écouter les disques, ou à la SNCF pour prendre un billet de TGV : le fait de les toucher renvoie des informations, par effet capacitif. Ces informations sont traitées par l'Amiga puis envoyées vers les synthétiseurs sous forme de signaux MIDI.

Les dalles tactiles utilisées, conçues par MORS Composants, sont à la fois très précises et très rapides, ce qui permet de bien restituer la gestuelle du musicien. Elles sont de deux types : il y a deux dalles continues, et deux dalles à zones. Les dalles continues renvoient, entre autres, les coordonnées du doigt dans une grille de 1000 par 1000 et servent à faire évoluer de façon continue un paramètre du synthé, comme par exemple la fréquence de coupure ou la résonance d'un filtre, ce qui au final donne un résultat tout à fait Jarrien...

Les dalles à zones sont, quant à elles, divisées en 96 zones : à chacune d'entre elles peut être associé un message MIDI, cela peut être une note, un bruitage échantillonné (voix, boings, etc.) mais aussi, comme on travaille en MIDI, un message contrôlant le déclenchement d'un séquenceur, d'une boîte à rythmes, etc. On peut même envisager de piloter des lumières et d'autres choses. En ce qui me concerne, j'espère pouvoir relier le Semekrys à la vidéo, en plus de la musique, ce qui serait un bon exemple d'application multimédia sur Amiga. Ceci dit, il faudrait sans doute une configuration Amiga assez puissante...

- A l'arrivée, le nombre de câbles était déjà assez impressionnant...

Oui, car chaque dalle tactile était connectée à sa carte contrôleur, elle-même reliée à l'Amiga par un port série. Comme il fallait quatre ports série, j'ai dû installer deux cartes Serial Solution de Checkpoint Technologies dans l'Amiga. Le port série d'origine de l'Amiga permettait, quant à lui, de piloter les synthétiseurs, via une interface MIDI tout à fait ordinaire. Ajoutons à cela les câbles audio et MIDI et cela nous fait une jolie toile d'araignée !

- Quelle a été la réaction des visiteurs ?

En général, la réaction a été très bonne. Il ne faut pas oublier que les fans d'Amiga de la première heure ont été séduits par le côté innovateur, voire magique de la machine. A l'heure où les cartes graphiques 24 bits fleurissent un peu partout, et où l'on cause de 68030 et de 68040 sur tous les stands, il me semble important de réaliser des applications qui sortent de l'ordinaire et apportent encore leur parlée rêve, participent au côté magique de l'Amiga.

Mais puisque nous parlions des câbles : la réaction des visiteurs par rapport à l'aspect de l'instrument a été partagée entre deux extrêmes : entre "maintenant que cela marche, il vous faudrait un concepteur pour cacher tout ça" et "ouah, le look d'enfer, tout transparent avec des câbles partout". Personnellement, j'adore ce côté "avec des câbles partout"... il y a avait de toute façon certains impératifs techniques, comme par exemple pour les cartes contrôleur des dalles qui sont maintenues posées sur les pieds en Plexiglas ; on pouvait difficilement les mettre plus loin, pour des raisons de parasitage et de distorsion du signal.

- En dehors du Semekrys, présentiez-vous quelque chose de, disons, plus conventionnel sur ce salon ?

Oui, tout à fait. Bien que les gens aient été plus attirés par l'instrument, ce qui me paraît normal, je présentais également le WS Librarian : un bibliothécaire pour le synthétiseur Korg Wayestation. En fait, ce logiciel fait partie d'une gamme qui pour l'instant compte trois bibliothécaires : le WS Librarian pour le KORG Wavestation, le Proteus Librarian pour l'EMU Proteus, et le JD800 Librarian pour le JD800 de chez Roland. Normalement, début novembre 1992, un quatrième bibliothécaire, pour le KORG M1 cette fois, devrait être disponible.

WaveStation 1.1
WaveStation 1.1

- Pouvez-vous nous expliquer brièvement à quoi sert un bibliothécaire ?

C'est un programme permettant de faire des transferts entre la mémoire d'un synthétiseur et celle de l'Amiga. Cela autorise par exemple la sauvegarde de l'intégralité des sons du synthé sur disque dur, et évite d'avoir à acheter de coûteuses cartes mémoire (pourtant au format carte de crédit !) pour son synthé ou, quand cela n'est même pas possible, d'écraser irrémédiablement les anciens sons lorsqu'on veut en créer de nouveaux.

Mais on peut sauver d'autres types de données que les sons : si on prend l'exemple du WS Librarian, on peut sauver des patches, des performances, des banques entières de patches et de performances, des séquences d'ondes, des données systèmes, des gammes micro-tonales, l'ensemble de la mémoire de la machine, etc. Mes bibliothécaires disposent en plus d'une base de données intégrée, permettant d'affecter à chaque objet (patches, séquences d'ondes...) une suite de mots les définissant et ensuite de faire une recherche sélective : par exemple, je peux rechercher tous les sons de "nappes" et qui sont "aériens", ou encore tous les sons de "basse" soit "slapée", soit "fretless" etc.

- A part ce que vous avez présenté au salon, avez-vous réalisé d'autres choses, en tant que développeur ?

Oui bien sûr, et pas seulement sur Amiga. Mais sur notre machine, on peut citer quelques logiciels freewares assez anciens concernant la 3D et plus particulièrement Sculpt 3D : Sculptor qui convertit une image IFF en fichier 3D, Explode qui fait exploser un objet, et également MetaObjet et PatchWork. Ils ont le plus souvent été réalisés sur des idées de Pierre Bretagnolle, un ami infographiste (idées que l'on retrouve maintenant dans de nombreux logiciels de 3D mais qui n'étaient pas du tout évidentes à l'époque).

J'ai également réalisé Scribe, un traitement de texte pour personnes handicapées, dont Philippe Ducalet a parlé récemment dans le dossier sur le handicap. Mais je me consacre maintenant uniquement au domaine musical ou à des choses sortant de l'ordinaire : par exemple j'ai présenté MIDIpaint, un logiciel de dessin musical, au salon Paris Cité en septembre 1991, et je viens juste de finir SampleLink, un logiciel de traitement d'échantillons.

- SampleLink apporte-t-il quelque chose de nouveau, par rapport aux nombreux logiciels d'échantillonnage que l'on connaît déjà sur Amiga ?

SampleLink est un éditeur d'échantillons 8, 12 ou 16 bits mais son principal intérêt réside dans le fait qu'il s'agit d'une véritable plate-forme de conversion et de transfert des échantillons (à l'instar d'ImageLink pour les images, d'où le nom). SampleLink est en effet le seul logiciel sur Amiga permettant à la fois de lire et d'écrire des échantillons aux formats Amiga (IFF 8SVX, SAMP (format de Synthia Professional et MIDI Sample Wrench)), et aux formats AIFF (utilisé sur Mac et par les nouvelles cartes SunRize sur Amiga), .SND (utilisé sur le NeXT), .WAVE (format des échantillons adapté par Microsoft pour les compatibles PC) ou Sound Designer (logiciel très apprécié sur Mac).

SampleLink est également capable d'échanger des sons avec un échantillonneur professionnel (Akai, Roland...) par une interface MIDI, ou même, avec les échantillonneurs le permettant, par le port SCSI, ce qui améliore grandement la vitesse de transfert (il s'agit là encore d'une première sur Amiga). Comme on l'aura compris, le plus de SampleLink est son côté professionnel.

- Mais qu'est-ce qu'un logiciel professionnel selon vous ?

Un logiciel professionnel, c'est avant tout un logiciel productif. C'est le reproche que l'on pourrait faire à bon nombre de logiciels sur Amiga : il y a des idées géniales, mais il manque souvent le petit plus, qui les rendrai réellement exploitables en milieu professionnel. Un logiciel professionnel, c'est pour moi un logiciel qui apporte des solutions simples à mettre en oeuvre et efficaces aux problèmes rencontrés par les gens de la profession, sans avoir besoin de rajuster une tonne de gadgets multicolores qui ne servent à rien.

Quand on regarde l'écran de SampleLink, la présentation est très claire, très sobre : outre les renseignements indispensables concernant l'échantillon en cours de traitement (longueur, période, point de boucle, type de boucle...), on y trouve les touches style magnétophone, le graphe de l'échantillon, et des gadgets pour les commandes les plus souvent utilisées (couper-coller, bouclage...), et c'est tout. Bien sûr, en plus de cela et de ses facultés de transfert et de conversion de fichiers, SampleLink dispose dans ses menus de toutes les fonctions classiques des éditeurs d'échantillons sur Amiga (ceci dit, avec des calculs sur 24 bits afin de ne pas perdre d'informations lors des algorithmes de calculs...).

- Quels sont vos projets maintenant ?

Je travaille à la création de nouveaux instruments de musique originaux et je programme actuellement Virtual Synth, qui sortira au début de l'année. Il s'agit d'un logiciel permettant au musicien de se créer un synthétiseur virtuel en reliant différents modules entre eux. Seront disponibles toutes les techniques de synthèses actuelles : du simple oscillateur à la synthèse par table d'ondes en passant par la synthèse additive, le modèle de Karplus-Strong pour générer des sons de cordes pincées, etc.

Différents modules ayant rapport au traitement du signal pourront être connectés : modulation d'amplitude, de fréquence, distorsion de phase, modulation en anneau, modification du spectre, filtrage... D'autres plus proches du musicien seront également utilisables : délais, réverbérations, mixage, etc. Virtual Synth est avant tout un outil de recherche sonore. Le résultat des calculs sera un échantillon sonore qui pourra être utilisé dans les programmes de musique sur Amiga, ou bien transféré vers un échantillonneur professionnel en qualité 16 bits. Il y a énormément de travail sur ce logiciel.

- Un mot pour conclure ?

Juste pour les remerciements de circonstance, en particulier à messieurs Dominique Papazian et Nicolas Zerbib de MORS Composants, à Jérôme Toret de Z77, sans qui l'instrument n'aurait pas si belle allure, et enfin à Pascal Kazmierczak et aux gens du club Atacom pour nous avoir fait un salon si sympathique et m'y avoir offert un stand.


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