Obligement - L'Amiga au maximum

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Actualité : Les pirates se mettent à table
(Article écrit par Mathieu Brisou et extrait de Tilt - janvier 1990)


Éditeurs et APP intensifient leur lutte contre les pirates. Ces derniers exposent leur position au grand jour. Une confrontation intéressante.

L'une des conférences du Salon De La Micro (13, 14 et 15 octobre 1989) organisée par Tilt, avait pour sujet le piratage micro-informatique. Elle rassemblait Laurent Weill de Loriciel, Benoît De Maulmin d'Infogrames, Hervé Caen de Titus, Daniel Duthil de l'APP (Agence pour la Protection des Programmes), Jean-Christophe Agobert d'EAM, un pirate venu de Suisse ainsi que deux journalistes de Tilt.

L'APP : agir...

Le premier sujet concernait le rôle de l'APP. Daniel Duthil précise qu'il s'agit d'une organisation dont le but est la protection des programmes. Elle regroupe éditeurs et créateurs de logiciels. Il ajoute : "Nous sommes à la fois association régie par la loi de 1901 et société d'auteurs en vertu de la loi du 11 mars 1957. A ce titre, nous avons le droit d'agir en justice pour défendre le droit de nos adhérents. Pour un particulier, l'adhésion coûte 600 FF par an. Cela permet d'enregistrer des logiciels et de les inscrire sur le répertoire de l'APP, qui sert notamment en cas d'action de notre part pour le compte d'un adhérent."

Signalons que Titus et Loriciel en sont membres, contrairement à Infogrames... C'est étonnant, d'autant plus que cette société estime que si les pirates achetaient des jeux, le marché français du logiciel représenterait 1,5 milliard de francs au lieu des 300 millions actuels ! Cela pose d'autant plus de problèmes que le développement d'un jeu coûte à l'heure actuelle entre 2 et 3 millions de francs.

Laurant Weill de Loriciel précise que les auteurs de Shadow Of The Beast de Psygnosis ont ainsi annoncé que ce serait leur dernier jeu sur ordinateur : désormais, ils développeront sur consoles. Benoît De Maulmin complète : "Sur Amiga, lorsque les ventes se limitent à un jeu par magasin, on décide d'arrêter les développements. Aux États-Unis, plus personne ne développe sur ST sauf Titus, Loriciel et Infogrames ! Tout cela parce qu'une société comme Electronic Arts explique que développer sur ST et Amiga n'est pas assez rentable."

Le message passe : le piratage excessif tue les ordinateurs, le piratage est en train de tuer les ST et Amiga. Jean-Michel Blottière de Tilt rappelle qu'aux États-Unis, il s'est vendu 17 millions de consoles Nintendo en deux ans, malgré leur infériorité technique et que le marché du jeu se segmente de plus en plus. Action = consoles de jeux, simulation et aventure = PC compatibles. Les ST et Amiga en sont exclus, malgré des qualités techniques indéniables, du fait d'une logithèque au renouvellement de plus en plus aléatoire.

Pour favoriser l'avancée de nouveaux concepts en matière de micro ludique et de loisirs, les éditeurs et l'APP sont d'accord : l'exemple américain prouve la nécessité d'éduquer le public mais aussi de frapper fort pour marquer les esprits...

Daniel Duthil précise qu'il n'existe qu'une seule loi sur la protection des logiciels et qu'elle s'applique aussi bien aux entreprises qu'aux amateurs de microloisirs. En outre : "Pour les mineurs, ce sont les parents qui sont responsables et cela peut coûter très cher en cas de commercialisation de copies illégales."

Les mots du pirate

Face à ces arguments, notre invité venu de Suisse explique que les déplombeurs doivent savoir ce qu'ils font. "Aucun des programmes que j'ai déprotégés n'a circulé, par respect de l'auteur." Notre invité est le premier à faire un distinguo entre les déplombeurs et les autres pirates. Pour lui, les premiers ne sont pas toujours dangereux pour l'industrie du logiciel et il précise que ce sont les meilleurs. Ainsi, il affirme que les déplombeurs qui diffusent ne sont pas au top niveau. C'est pourquoi, selon lui, les éditeurs devraient faire des protections réellement performantes. Ainsi, il explique que Dungeon Master sur Atari ST n'est toujours pas "cracké", il se vend toujours notamment à Londres. Il en profite du reste pour expliquer que "cracker" ne se limite pas à changer un ou deux octets sur une disquette...

Sans pour autant prendre leur défense, notre invité, ainsi que Dany Boolauck, expliquent la position des diffuseurs pirates qui font payer leurs services. Tout d'abord, ils précisent que rares sont les groupes exerçant une telle activité. En outre, passionnés de micro, ils désirent tout voir, tout connaître mais ne le peuvent du fait du prix trop élevé des logiciels, notamment sur machines 16/32 bits. En outre, il semble que les bénéfices réalisés soient destinés à l'achat de matériel.

Des jeux à 50 FF ?

Jean-Christophe Agobert précise à ce sujet qu'il partage l'analyse concernant le coût trop élevé des logiciels. C'est pourquoi sa société prépare la sortie d'un jeu performant sur ST et Amiga pour un prix de 50 FF environ. Du reste, soulignons que Virgin et Codemaster suivent une direction similaire avec une approche "budget" sur les machines 16/32 bits. Mais, ne s'agit-il pas là d'un arbre cachant la forêt ? Tous s'accordent sur l'analyse suivante : la vente de copies illégales diminue les ressources potentielles des éditeurs. En outre, Benoît De Maulmin précise : "Revendre des logiciels à 20 FF, c'est faire de l'argent ? Vous êtes des passionnés, en fait vous avez la même passion que nous mais vous n'êtes pas du bon côté du mur. Si c'est une question d'argent, nous sommes prêts à financer vos talents. Nous pouvons vous fournir des machines, même des idées."

Et Hervé Caen de Titus renchérit. Le message des éditeurs est très clair. Plutôt que d'aller plus avant dans la chasse aux sorcières, ils préfèrent se transformer en fées. Voilà qui donnera à réfléchir ! Laurent Weill tempère toutefois cette position : "Créatifs, les pirates ? Dommage que l'ex-groupe pirate Ackerlight ne soit pas présent. Devenus éditeurs, leur premier produit, que je n'ai pas encore vu, se nomme Wings Of Glory. Ce jeu est proche de 1943. Où est la créativité ? Il y a deux ans, Broderbund a développé Wings Of Fury avec un avion aussi. Il me semble qu'il y a un problème."

Ce qui permet à Jean-Michel Blottière de dire que les véritables créateurs sont les programmeurs et non les pirates. En résumé, la position des éditeurs est de condamner durement les diffuseurs de copies pirates et les utilisateurs. En revanche, il se disent prêts à exploiter leurs talents. Ce à quoi Daniel Duthil rétorque ironiquement : "En matière de piratage, il faut savoir utiliser le glaive aussi bien que la balance. Les éditeurs semblent prêts à le faire."

Bilan

Cette conférence de deux heures a abordé de nombreux autres points. Elle n'a certes pas permis de régler le problème et nul ne se faisait d'illusion à ce propos. Toutefois, la position affirmée par les éditeurs de jeux est intéressante et mérite réflexion. Espérons que ce nouveau discours provoquera les réactions attendues.

Annexe : un pirate parle

Après la conférence sur le piratage organisée par Tilt à l'occasion du Salon De La Micro, notre invité venu de Suisse expose son point de vue.

Genève, 6 heures du matin : je me retrouve dans un TGV à destination de Paris. Arrivée Paris, 11 heures : me voilà arrivé dans la plus belle ville du monde, d'après certains. Une heure plus tard, je me trouve au Salon De La Micro ou je dois participer, à la demande de Tilt, à une conférence sur le piratage.

Avant de me rendre sur le stand du journal, je fais le tour du salon. L'organisation à la sauce PC Show se fait tout de suite sentir. La plupart des sociétés françaises sont là. Bonne surprise, un pavillon britannique est présent malgré sa taille modeste, il s'avère intéressant. Évidemment, comme tous les salons, divers pirates et déplombeurs sont présents. Il en est ainsi de Transcom, de Braintrust, un membre d'ACS et Numéro 6. Pour conclure ce bref aperçu et avant de rentrer dans le vif du sujet, un constat s'impose. Nombre de logiciels présentés l'avaient déjà été lors du PC Show. Dans la mesure où nombre de visiteurs n'ont pas eu le loisir de s'y rendre, je trouve que c'est une bonne chose que le Salon De La Micro ouvre ses portes à Paris. Il permet aux Français de découvrir en avant-première des logiciels très récents. J'espère que les exposants qui n'ont pas jugé cette expo suffisamment importante seront là l'année prochaine. A bon entendeur, salut !

Après mon petit tour, je me dirige vers le stand Tilt. Accueilli chaleureusement (dire que certains prétendent que les Français ne sont pas sympathiques), je me mets au courant du déroulement de la conférence. 14 heures : ça commence. Le débat s'engage sur le piratage et ses effets. Bien des éléments sont soulevés mais d'autres sont passés sous silence et il me parait important de les exposer.

Il est nécessaire de souligner que les éditeurs ont, en France, affaire à des... Français ! Donc à une population au caractère fondamentalement latin. Ainsi, il n'existe pas en France de borne à journaux (on insère dedans la somme correspondant au prix du journal et l'on se sert librement, sans aucune surveillance). Ce système fonctionne très bien en Suisse ; en France, il en serait bien autrement...

En conclusion, il est nécessaire d'éduquer les utilisateurs dont le comportement latin l'emporte trop souvent. Eduqué, l'utilisateur saurait que l'achat d'un logiciel professionnel original lui ouvre des services (téléassistance, garantie, etc.) ce qui n'est pas le cas d'une copie illégale. Nul doute qu'il s'oriente alors vers la voie légale ! De même, l'éducation passe aussi par les contacts entre revendeurs et acheteurs. Trop souvent, une boutique annonce la disponibilité d'un produit non encore distribué par les canaux officiels. Lassé d'attendre, l'utilisateur demandera le programme à un copain qui connaît un copain qui connaît un pirate... Cercle vicieux !

D'un autre côté, il faut se méfier de ceux qui stockent : ils deviennent pirates un jour ou l'autre. Enfin, il est temps de ne plus prendre l'utilisateur honnête pour un imbécile sous prétexte qu'il paye ce que les autres ont gratuitement.

Passons maintenant aux relations entre déplombeurs et pirates du genre "lammers". Les premiers ne s'intéressent qu'à l'aspect technique des choses. Ils sont souvent assez mûrs pour leur âge, maturité que je qualifierai même de sagesse. Ce sont généralement de bons programmeurs - le déplombage mène à un certain style de programmation qui n'est pas forcément mauvais. La plupart se connaissent et développent parfois pour des éditeurs (Sword Of Sodan écrit par Sodan, protection de Dragon's Lair créée par SCA).

Les lammers sont eux bien différents. Ils ont souvent soif de pouvoir et disposent de réseaux de distribution extrêmement performants qui leur donnent une certaine puissance. En outre, ils n'hésitent pas à voler des logiciels non publiés dans des salons par exemple. Certains déplombent mais en général pas très bien. Très souvent, ils se procurent les logiciels déprotégés auprès de déplombeurs... D'où la fameuse question : le déplombeur est-il responsable de la distribution ? Oui et non dans la mesure où, s'il n'avait ôté la protection du logiciel, un autre moins bon l'aurait fait. Pour ceux qui se permettent cela, et pour les lammers, je ne demande aucune pitié à l'APP !

En ce qui concerne les éditeurs, disons que ce sont des gens très sympathiques mais un peu bizarres. Ils condamnent le piratage en considérant qu'il y a manque à gagner mais ne se posent pas la question de la réelle demande du marché. On assiste toujours à l'exploitation des mêmes types de jeux. C'est lassant à la longue ! Il leur arrive aussi de faire de la publicité des mois avant la sortie d'un programme (NDLR : Iron Lord). A quoi cela sert-il ? A nous promettre le meilleur jeu du monde...

Les éditeurs pourraient aussi faire de meilleures conversions. C'est difficile mais faisable. Ils pourraient aussi baisser le prix des jeux. Surtout lorsque l'on sait que certaines boutiques prennent jusqu'à 70% de marge !

Pour conclure, je pense que demain la politique appliquée par les éditeurs de jeux sera : "On a gagné assez d'argent avec les consoles NEC, Sega, Nintendo et on peut donc développer sur ST et Amiga". L'utilisateur est de plus en plus un consommateur, et de moins en moins un bricoleur. C'est dommage, mais comme le dit le dicton : "qui vivra verra". Les arguments et constatations avancés ici ne sont pas très complets. Je n'avais pas envie de relancer un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre mais plutôt de signaler que cela ne sert à rien de fermer les yeux en disant que c'est l'autre ! Enfin, je remercie toutes les personnes citées et espère n'en avoir choqué aucune.


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