Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 25 juillet 2017 - 22:29  

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Point de vue : Informatique et monopole
(Article écrit par Lionel Menou - mai 2001)


Le marché des logiciels non ludiques est monopolisé depuis de nombreuses années par une société proposant des produits coûteux, de qualité souvent médiocre, face à une concurrence ayant proposé des produits de qualité supérieure (AmigaOS, par exemple) et/ou gratuit (Linux, pour n'en citer qu'un).

Pour quelle raison ? Conspiration mondiale ? Phénomène surnaturel ?...

Des mécanismes beaucoup plus simples permettent, en fait, d'expliquer cet état de fait...

Rentabilité

On sait que la production d'un système d'exploitation, ou d'un logiciel "commercial" a un coût élevé, car elle nécessite l'intervention d'un grand nombre de personnes hautement qualifiées à tous les niveaux de la conception. Par contre, une fois finie, la duplication du logiciel ne coûte quasiment rien, est presque instantanée, et n'est pas limitée...

Une société de logiciels a donc tout intérêt à en produire le plus grand nombre possible : plus le nombre diffusé est important, plus le coût de revient diminue, jusqu'à "pratiquement rien". Le prix de revient baissant, il est alors possible d'augmenter ses marges, et de faire beaucoup plus de bénéfices. Ainsi, si Machinsoft dépense 10 000 000 euros pour développer un logiciel, le coût de revient sera :
  • De 10 000 euros si elle en vend 1000.
  • De 1 euro si elle en vend 10 millions.
Ce n'est évidemment pas le cas pour le reste de l'industrie, y compris celle du matériel informatique.

Voilà donc l'explication d'un premier paradoxe apparent : les plus grosses sociétés de logiciels sont infiniment plus rentables que les plus profitables des sociétés de matériel (qui gèrent stocks et dévaluations rapides des composants). Pourtant, on penserait intuitivement l'inverse, puisque la totalité des utilisateurs d'ordinateurs achètent leur matériel et qu'une grosse partie d'entre eux piratent leurs logiciels...

Le marché est donc, de fait, limité à quelques grosses boîtes pouvant vendre en masse pour rentabiliser, soutenir leur développement, et tirer des bénéfices dont elles utiliseront une bonne partie pour faire de la pub et bourrer encore plus le mou des consommateurs sur les qualités de leurs produits.

Le fait qu'un nombre limité de compagnies contrôlent le marché, permet aussi d'utiliser la publicité comme arme de rétorsion sur la presse. Le risque de la suppression d'un budget pub en cas de critique malvenue étant un excellent argument pour calmer les journalistes récalcitrants (voir pas mal d'articles parus dans le Virus Informatique à ce sujet).

Externalités

Mais cela n'explique pas tout. En effet, une concurrence pourrait s'exercer dans ce milieu, si un deuxième facteur majeur ne venait pas interférer : dans le cas où les utilisateurs d'un bien forment un réseau, par exemple s'ils doivent échanger des informations entre eux, apparaît des externalités liées à ce bien. Cela signifie que l'utilité du bien croît avec le nombre de personnes l'utilisant. Ainsi, je peux ne pas aller voir un film même si des millions de personnes l'ont déjà vu, ou préférer une voiture peu vendue à une autre, parce que je pourrais faire des choix, basés sur le prix, la qualité du véhicule, mon goût personnel... Par contre, l'utilisation de Word, de Windows ou des cassettes VHS, apporte un intérêt, parce que pratiquement tout le monde les utilise déjà, et c'est donc beaucoup plus facile pour acheter ou s'échanger un document, un exécutable ou un film dans ce cas.

Donc, n'en déplaise aux informaticiens bavant les discours marketing de Microsoft, la principale raison d'utiliser Windows... c'est que tout le monde l'utilise !

L'effet des externalités est en boule de neige : au-dessus d'un seuil, la part de marché progresse très vite, jusqu'à obtenir un taux proche de 100%. Pas d'équilibre possible : supporteriez-vous de ne pouvoir visionner que la moitié des titres vidéo disponibles sous prétexte que l'autre moitié est produit dans un format conçu pour un type de magnétoscope différent ?

La connaissance des phénomènes d'externalités a permis d'élaborer des stratégies consistant à inonder le marché avec son produit gratuit pour le rendre incontournable (technique du "tapis de bombe"). Ainsi, Netscape s'est installé sur le marché pratiquement vierge des navigateurs, et a rapidement dominé le marché avec son produit gratuit, les revenus venant de la vente de produits (ou services) liés.

Se sentant menacé sur un marché potentiellement rémunérateur, Microsoft, a, on s'en souvient, lancé la grosse cavalerie. Il a fallu à la société, en plus de proposer son navigateur maison "gratuitement", le fournir directement avec Windows, et forcer la porte d'Apple pour l'imposer sur Mac... La ficelle était grosse, tellement grosse d'ailleurs, qu'elle a valu à Microsoft un procès très médiatique...

Microsoft avait pourtant déjà bien expérimenté la concurrence déloyale et le "faussement gratuit" en liant son produit à la vente du PC, pour rendre son achat transparent à l'utilisateur. Cela a assuré la diffusion de ses systèmes, rapporté une rente pratiquement inépuisable, et cela lui a permis d'imposer son MS-DOS puis Windows sans aucun effort.

On remarquera que si les moutures successives de Windows nécessitent des machines plus puissantes, c'est entre autres, pour s'assurer de l'achat d'une nouvelle machine à chaque génération, incluant un nouvel achat de Windows. On dit achat "indolore" car le surcoût est masqué dans le prix important du PC, et limitant les pertes de revenus lié au piratage. La course à la puissance n'a que des avantages, sauf, bien sûr, pour le porte-monnaie des consommateurs.

De nombreuses sociétés ont eu recours aux produits gratuits, comme AOL pour son accès Internet propriétaire, ou comme les opérateurs de téléphonie mobile : le prix moyen d'un téléphone portable est de 1500 FF (228 euros). Il est généralement offert avec la souscription d'un forfait, ce qui permet de diluer le prix du téléphone sur plusieurs mensualités.

Une fois un téléphone placé, il génère parmi les proches de l'abonné d'autres utilisateurs, parce que c'est moins cher de se téléphoner entre portables que d'un fixe à un portable (comme par hasard...) ou parce que c'est plus pratique, ou encore parce que c'est "tendance".

Les forfaits Millenium offrant des communications gratuites le soir et le week-end suivaient la même logique, en générant des utilisateurs payants, autours des utilisateurs gratuits (externalités ! externalités !). Malheureusement, les utilisateurs visés n'ont rien compris à la manoeuvre et se sont inscrits en masse, provoquant pas mal de difficultés chez SFR...

En effet, cela ne marche pas à tous les coups. Une fois le marché dominé, la gratuité fonctionne beaucoup moins bien. Linux tarde à s'imposer dans le grand public, des suites bureautiques gratuites ont des parts de marchés ridicules malgré leur compatibilité avec Microsoft Office.

On notera cependant que Linux profite lui aussi d'externalités, car, malgré l'existence de nombreux autres systèmes gratuits (NetBSD...), on ne parle que de lui. Il n'y aura probablement de la place que pour un seul système d'exploitation libre...

Piratage

Autre paradoxe lié aux externalités : le piratage représente en fait un facteur compétitif pour les grosses sociétés. Au-dessus d'un certain revenu, les copies piratées permettent d'occuper le terrain dans des "segments de marché" (principalement des particuliers) ne pouvant pas se permettre d'acheter le produit, et donc clients potentiels de solution moins chère ou réellement gratuite (pourquoi utiliser Linux si on peut avoir Windows gratos ?). Le piratage représente donc un moyen miraculeux de "casser les reins" des concurrents.

La disponibilité de copies pirates de logiciels professionnels permet aussi d'éduquer des utilisateurs débutants à un produit donné, produit qui sera par la suite preféré dans la carrière professionnelle.

Donc la position de Microsoft lui permet de tirer profit des réseaux de piratage, qui en propageant des logiciels "pour Windows", affermissent ses parts de marché, et occupent l'espace pouvant rester à la concurrence.

Dans le cas de l'Amiga "Classic", on l'a vu, du fait du marché très limité, les logiciels sont chers, avec cependant une marge ridicule. Ainsi, les navigateurs sont payants, alors qu'ils sont "gratuits" par ailleurs (en fait le prix est simplement dilué dans d'autres coûts).

Si l'on se procure une version "pirate" d'un logiciel Amiga "qu'on n'aurait de toute façon pas acheté", on commet en apparence un larcin limité... Cependant, on entretient de cette façon les réseaux de piratage, et on alimente le cercle vicieux qui conduit les éditeurs à l'arrêt des activités sur notre plate-forme.

Donc... Ne piratez pas...

Amiga Inc.

Et Amiga Inc. dans tout cela ? Eh bien elle semble partie à la conquête en premier lieu de territoires vierges, en attaquant des marchés pas encore mûrs, comme les set-top boxes ou les PDA, zones ou Microsoft peine à imposer son avatar de Windows.

Son "alliance" avec Sharp sera probablement un test décisif qui permettra de voir si les développeurs veulent suivre Amiga Inc. dans la voix du DE : si la masse de "contenu" généré par la communauté des programmeurs est suffisante, il est probable que le cercle vertueux soit bouclé, et que le marché décolle. Donc, plus il aura de programmeurs sur le support, plus les chances de succès du support sera élevé.

Deuxième paradoxe apparent : plus il y aura de concurrence sur le terrain, plus il y aura de revenus pour les "vainqueurs". Et s'il n'y a que peu d'acteurs, il n'y aura de sous pour personne... Le marché informatique n'est pas un gâteau qui ce partage, c'est une auberge ou l'on consomme ce que l'on y apporte.

Les changements de direction observés dans la politique d'Amiga Inc. sont sans doute le signe de bouleversements occultes dans les partenariats de la société (retraits de gros clients en cours de route, par exemple en raisons des difficultés de la bourse). Ces changements sont troublants, mais ils ne surprendront pas les habitués du monde des entreprises, en particuliers informatiques... (voir la trajectoire acrobatique de Be Inc.).

Des handicaps certains pèsent sur la société, comme le manque de sens de la communication de ses dirigeants (plusieurs gaffes monumentales que chacun a pu apprécier) et un apparent manque de fonds chronique. Rien ne permet cependant d'y voir ou pas les signes certains de la débâcle prochaine...

Et MorphOS ? Eh bien, je ne suis pas assez malin pour savoir ce que nous réserve cette voie. A priori, dans la position actuelle du marché, MorphOS ressemblerait à une voie de garage d'AmigaOS, qui le confinerait à une extrême marginalité. Mais peut-être que l'équipe de MorphOS cache dans sa manche des atouts décisifs (je dis cela en raison d'allusions présentes dans plusieurs messages parus sur les listes de diffusion et les forums, pas parce que je suis au courant d'autre chose...).

Conclusion

En conclusion, la position de Microsoft semble, dans l'état actuel du marché, pratiquement inexpugnable face à une attaque frontale (voir le cas de BeOS). Il est possible que Linux puisse modifier la donne, s'il parvient à s'imposer au grand public, avant que Microsoft ne trouve une riposte appropriée.

Cependant, la stratégie d'Amiga Inc. est probablement la meilleure qui soit compte tenu de leur potentiel. Manque juste l'étincelle, les logiciels miracles qui donnent envie, qui font rêver. Ou le grand partenaire industriel...

Il ne reste plus qu'à croiser les doigts, pour certains, ou à les agiter sur le clavier pour les autres afin de donner à l'Amiga le plus de chances sortir de l'ornière...

Donc... Codez !


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