Obligement - L'Amiga au maximum

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Entrevue avec Roland Oskian
(Entrevue réalisée par Stéphane Lavoisard et extraite de Génération 4 - septembre 1993)


En exclusivité pour Génération, le directeur de Coktel Vision répond à nos questions, notamment sur les origines et les futurs produits de cet éditeur français.

Roland Oskian
Roland Oskian

- Comment est né Coktel Vision ?

J'ai monté la société en 1984 avec un copain, mais comme j'ai travaillé pour Matra jusqu'en 1985, on peut dire que la compagnie n'a vraiment fait ses débuts que cette année-là. C'était avec l'aide de Thomson. Soit dit en passant, il faut reconnaître que Thomson a largement contribué à la création d'entreprises françaises, en proposant un marché sans concurrence. Si aujourd'hui nous avons des Infogrames ou des Coktel en France, c'est, entre autres, grâce à Thomson.

- Quelles ont été les grandes dates de Coktel Vision ?

En 1986, j'ai rencontré Arnaud Delrue, qui dirige aujourd'hui MDO, notre structure de développement, située à Bordeaux. C'était un ingénieur Supelec, plein de talents, qui aujourd'hui dirige une équipe de 25 programmeurs, qui non seulement s'occupent de nos produits, mais aussi développent des utilitaires très complets et puissants.

En 1987, on a commencé à exporter nos jeux à l'étranger... Des produits comme Astérix ou Blueberry ont eu un très bon accueil en Allemagne. C'est également à ce moment que nous avons lancé notre première gamme éducative, ce qui était une première. avec des produits peut-être pas parfaits, mais qui couvraient tous les domaines !

En 1988, nous avons pris une grande décision arrêter de faire des jeux dans tous les sens (il est vrai qu'on touchait à tous les domaines : action, aventure, simulation, réflexion...) et surtout travailler pour devenir le numéro un européen de l'éducatif. Nous avons donc créé A.D.I., qui est sorti en 1990.

Le succès est énorme, nous en aurons vendu 200 000 cette année, qui s'ajoutent aux 160 000 de l'année dernière. Nous avons atteint nos objectifs, puisque nous représentons 65% du marché français de l'éducatif, que nous sommes aussi numéro un en Espagne, où nous nous sommes lancés en 1992, numéro un en Italie, parmi les premiers en Angleterre... et nous nous lançons en Allemagne en octobre 1993. Enfin, depuis cette année, nous sommes distribués par Sierra aux États-Unis, où nous venons de lancer Adibou. A l'heure actuelle, avec 35% du marché européen, nous avons atteint nos objectifs.

- Comment voyez-vous évoluer l'éducatif ?

Les programmeurs, tout comme moi, avaient envie d'intégrer des jeux aux éducatifs. C'est ce que nous avons fait avec A.D.I. et Adibou, et c'est la voie à suivre.

- Et côté jeux ?

Nous avons décidé de nous spécialiser dans le jeu d'aventure, et d'en faire très peu, mais d'excellente qualité. Nous prévoyons donc trois à quatre produits par an, mais nous en ferons des succès internationaux. Nos jeux commencent même à cartonner en Israël, en Corée ou à Taïwan.

- Vous avez été parmi les premiers à croire au CD...

Oui, c'est un rêve que j'avais depuis bien longtemps, et en 1989/1990, on a commencé à envisager des développements CD, et on a fait l'acquisition d'une console pour faire de l'image de synthèse. Nous avons pris la décision de ne pas travailler sur le format cartouche, dont on savait pourtant qu'il allait cartonner, et de passer directement au CD. C'était une envie également des créateurs, et ainsi, nous avons voulu nous spécialiser dans le multimédia. Aussi, nous avons développé de nombreux outils dans ce but.

- Soutenez-vous tous les supports CD ?

Aujourd'hui, nous sommes axés sur le CD-ROM PC et le CD-I. Ainsi, nous sommes en train de préparer les versions CD d'A.D.I. Mais nous mettons tout en oeuvre pour que nos outils permettent de travailler au plus vite sur de nouveaux supports. Aujourd'hui, nous conservons les images de synthèse dans leur meilleure définition, ce que nous filmons est conservé en haute résolution sur disque dur... Bref, nous pouvons demain faire une version largement améliorée d'un produit dédié aux machines d'aujourd'hui.

- Vous pensez travailler sur de nouveaux formats CD ?

Comme tout le monde, nous examinons attentivement actuellement les possibilités sur 3DO et Mega-CD. Mais la priorité est au CD-ROM PC pour le moment.

- La plupart des éditeurs s'allient actuellement avec des gros groupes, ayant des rôles importants dans le cinéma, la télévision ou l'édition. Qu'en est-il pour Coktel Vision ?

Nous sommes très sollicités, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. Mais c'est nécessaire. Vous en saurez plus sous peu... Aujourd'hui, il y a des problèmes de droits pour obtenir des images, de la musique ou des voix. Acheter des images est très complexe, et la juridiction n'est pas adaptée au support multimédia. Je pense que de ce fait, les oeuvres originales seront favorisées par rapport à des adaptations de films, où vous n'obtiendrez jamais la possibilité de filmer les acteurs ou même d'utiliser leur image. Il faudrait intégrer la réalisation d'un jeu au moment du tournage, mais on n'en est pas encore là.


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