Obligement - L'Amiga au maximum

Samedi 11 juillet 2020 - 23:12  

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Entrevue avec Rainer Benda
(Entrevue réalisée par Andreas Neumann et extraite de AmigaGadget - septembre 2000)


Note : traduction par Vincent Viaule.

Rainer Benda, expert en matériel, a travaillé de 1989 à la fin septembre 1993 chez Commodore Allemagne à Francfort-sur-le-Main. Son apparition chez Amiga Technologies, deux ans plus tard, s'est terminée après quelques jours en raison de divergences d'opinions avec le directeur général d'Amiga Technologies, Petro Tyschtschenko. Depuis, Rainer Benda dirige un petit magasin Amiga à la périphérie de Rüsselsheim, il est devenu une institution, voire une légende vivante, surtout en tant que connaisseur incontournable du matériel Amiga. Il est une source de soutien pour les utilisateurs d'Amiga toujours plus désabusés d'un marché Amiga en déclin qu'il est difficile de maintenir du côté officiel. Dans une histoire en plusieurs parties, intitulée "C=-Untergang aus meiner Sicht" (La chute de C= de mon point de vue) et qu'il a publiée sur sa page Internet et qui est actuellement publiée dans le magazine Amiga Aktuell, Rainer Benda retrace ses années mouvementées au service de l'ancien propriétaire de l'Amiga. Il y décrit, avec beaucoup de détails, les développements technologiques et les prototypes qui n'ont jamais vu le jour (comme le C65, l'A1000+ et les A2200/A2400) ou ce qui a causé préjudice à la société (comme pour le lot Desktop Video-Master et l'A600).

Rainer Benda
Rainer Benda

- Quand le premier Amiga de nouvelle génération, annoncé depuis longtemps, est sorti, vous, un des derniers qui fut présent à l'époque de Commodore, avez annoncé votre retrait et l'abandon de votre activité Amiga. Est-ce une coïncidence ou l'Amiga "classique" a été officiellement déclaré mort pour vous avec le SDK ?

En fait, c'est autre chose qui m'a amené à cette décision. La principale raison, cependant, est que depuis la mi-1999, je suis employé "à plein temps" et je travaille à plein régime, je ne peux pas me diviser davantage. Comme je n'ai pas réussi non plus à motiver une deuxième personne (qui aurait ma confiance) pour ce poste, cette décision a finalement été prise. Je ne voudrais pas que mes potentiels clients ou moi-même attendions plus de trois semaines entre la commande et la livraison, en raison de mon manque de temps.

- Sur votre page Internet, on peut voir que vous déstockez en vue d'une liquidation. Allez-vous fermer votre entreprise d'ici le 30 septembre ? N'avez-vous pas envisagé de céder votre entreprise ou de vendre votre stock à des revendeurs Amiga existants ?

Je n'ai pas encore pris ma décision. Peut-être que je vais garder un "petit" assortiment de pièces Amiga et ne proposer que celles-ci, ou, si la liquidation conduit vraiment à ne plus avoir de stock, je pourrais alors tout abandonner. Cela deviendra évident et vous pourrez voir sur le site quel sera le résultat.

- A quoi ressemblera votre prochain Amiga ? Allez-vous vous retirer définitivement de "la vie Amiga" ? Ou resterez-vous avec nous en tant qu'observateur et contributeur occasionnel, par exemple dans le cadre de l'Amiga Club im BTX & Internet ?

Dans la mesure où mon temps me le permet, je garderai certainement l'Amiga Club Im Internet, et peut-être aussi d'autres groupes de discussion. Je vais également continuer à utiliser mes Amiga existants, la vente de mes ordinateurs est inenvisageable. Je continuerai à les utiliser pour la PAO, la gravure de CD et des trucs en HTML - quoi qu'il arrive.

- Vous souvenez-vous d'une histoire tumultueuse entre Amiga et Commodore ? Comment fut votre première rencontre avec un ordinateur Commodore ? Quand et comment avez-vous découvert l'Amiga ?

Au départ, je ne pensais pas qu'un ordinateur pouvait m'intéresser. Je n'étais pas enthousiaste à l'idée de m'asseoir devant une machine et de taper pendant des heures des listings. Je suis entré en contact avec une telle "chose" chez un ami, qui avait un TI99/4A. A cette époque, je ne voulais même pas en avoir un... Ça a changé quand j'ai vu un C64 fin 1983 et que je l'ai acheté avec une disquette... A part quelques trucs en BASIC, je n'ai rien fait. A l'instar des "jeunes", jouer fut un argument de poids en cet instant. :-)

En 1986, j'ai vu dans notre club informatique local un Amiga 1000, avec Deluxe Paint et Defender Of The Crown. Il était clair pour moi que je devais en avoir un et je l'ai donc acheté avec un moniteur 1081, 512 ko de mémoire, etc. chez Karstadt pour 2999 DM.

- Était-ce spécial pour vous de travailler pour Commodore à cette époque ? Ou était-ce juste un travail comme les autres ?

Comme je l'ai déjà décrit dans mon article sur Commodore (sur mon site Internet), cette société était extrêmement "spéciale" pour moi. Il n'a pas été du tout facile d'y entrer. On pourrait presque dire, qu'avec mes 25 ans d'expérience professionnelle et mon diplôme, vous ne deviez idéalement pas avoir plus de 20 ans. Bien sûr, ces conditions ne pouvaient pas être satisfaites, mais c'était assez "élitiste".

- Dans la chronique de vos activités chez Commodore, vous énumérez sans pitié de mauvaises décisions qui annoncèrent la fin de la société et la fin de l'Amiga. Au lieu des révolutions technologiques, vous vous êtes simplement concentré sur la gestion de la clientèle existante. Mais tout cela n'a-t-il pas commencé bien avant 1990 ? La décision de construire les A500 et A2000, moins chères et conçus à Braunschweig, au lieu du successeur techniquement ambitieux de l'A1000 prévu aux États-Unis, n'était-elle pas le premier pas sur cette mauvaise voie ?

Cette question a également été fréquemment posée chez Commodore. Le principal problème de l'A1000 était sa difficile extensibilité, et quand celle-ci était possible, elle ne l'était généralement que de façon externe. J'ai toujours essayé de tirer le maximum de mon A1000, mais ça n'a pas marché. Malheureusement, l'A1000, qui était déjà en concurrence avec le Macintosh à l'époque, ne s'est pas aussi bien vendu, et Commodore a essayé d'aller vers le marché de masse tout en réduisant les coûts, ce qui n'était pas possible avec l'A1000.

Il était coûteux à produire, et son prix ne pouvait pas être celui d'un A500 de l'époque, ou alors seulement durant la courte période des offres promotionnelles. Je ne pense pas que Commodore ait fait une erreur de principe en proposant un A500 ou un A2000, ils se sont simplement fiés trop longtemps à leurs possibilités techniques. Ce qui est devenu bien pire aujourd'hui, c'est que la réflexion trimestrielle basée sur des chiffres et une bonne visibilité pour les actionnaires, ne peut être réalisée que si vous êtes en croissance constante et Commodore a pris trop de temps pour cela.

- La véritable innovation était alors le CDTV, avec lequel Commodore Amiga a courageusement mis toute sa confiance dans le support CD-ROM des années avant la concurrence. Ça n'a pas payé. C'était trop radical ? Pourquoi le CDTV n'est-il pas devenu le nouveau produit phare sur le marché de l'informatique grand public ?

Commodore a fait l'erreur de dire que les produits devaient être rentables immédiatement après leur lancement, parce que fondamentalement l'avenir de Commodore a toujours reposé sur un nouveau produit, c'est-à-dire de mauvais chiffres de vente, de mauvais résultats entraînant une chute des actions, une diminution des fonds disponibles, etc. On ne pouvait pas se permettre trop d'échecs.

Cela s'est déroulé ainsi avec le CDTV, disponible sur le marché américain, il est arrivé en Allemagne/Europe, mais en fin de compte, il n'y a pas eu d'applications utiles pour son lancement (presque pas de titres allemands). La machine a été vendue à ceux qui voulaient simplement "essayer" un nouveau support ou qui venaient du monde Amiga et voulaient acquérir cette innovation technique. Cependant, il n'y avait pas d'autres arguments pour l'acheter.

Le succès attendu ne s'est pas concrétisé et on s'est demandé si le produit n'était pas mal positionné sur le marché. Doit-il être maintenant dans le rayon hi-fi ou plutôt avec les ordinateurs ? Ou plutôt avec les jeux vidéo ? On ne savait pas, l'absence de soutien de la part de Commodore lui-même et ses fréquents changements de "stratégie" - ils doutaient de leur propre produit en raison du manque de ventes - ont brisé le cou du CDTV à mon avis. Peu importe à quel point ça aurait pu être génial, Commodore ne pouvait raisonnablement en faire la publicité.

- En 1993, Commodore a tout misé sur sa dernière carte : la CD32. Toujours au salon World Of Commodore de novembre 1992, Dr Kittel a déclaré que si la CD32 ne se vendait pas bien, Commodore n'existerait plus l'année suivante. Comme on le sait, le pronostic s'est avéré exact. Mais la catastrophe était-elle vraiment inévitable ? Une console de jeux qui aurait pu utiliser la riche ludothèque Amiga (via un lecteur de disquette interne, contrairement à la CD32) aurait-elle eu une chance ?

J'ai également abordé cette question dans mon histoire personnelle. Aujourd'hui encore, après Commodore, Escom/Amiga Technologies et Amiga International, je suis toujours d'avis que soit on aborde un projet de la bonne manière, soit il est voué à l'échec.

A mon avis, Commodore n'a pas eu le temps et surtout l'argent pour développer une CD32 de telle sorte qu'au moment de sa mise en vente, qu'aux moins deux logiciels soient disponibles, ainsi que suffisamment de titres pour une campagne de publicité qui aurait permis de renflouer les caisses. La CD32 est arrivée un an trop tard pour Commodore. En d'autres termes, encore une fois, il aurait peut-être été préférable de se concentrer sur l'activité principale plutôt que de se précipiter sur une console et espérer vendre 300 000 unités ou plus en peu de temps pour éviter la faillite. Les retards dans la fourniture des logiciels, la qualité parfois médiocre des unités, n'ont pas suffi à convaincre les revendeurs de les vendre en quantité suffisante.

Il faut aussi se demander ce qui se serait passé si Commodore avait vraiment rectifié le tir ? Une console rapporte de l'argent alors qu'un Amiga ne peut plus en rapporter : quels développements auraient été possibles après la CD32 ? Juste quelques modules de plus, un adaptateur quatre manettes, etc. similaire à celui de la PlayStation ? Je pense que même avec les modifications apportées à la carte mère CD32, cela n'aurait pas été mieux.

- Quand, bien plus tard, il a été question de la vente d'Amiga Technologies, des représentants de diverses banques, de l'agence pour l'emploi ainsi que des délégués d'Intel ont participé à l'assemblée des créanciers. Quel est le rapport entre Intel et Amiga Technologies ? Voulaient-ils seulement recouvrir les créances existantes contre Escom, la maison mère Amiga ?

D'après ce que j'ai constaté lors de la réunion, Intel a participé à la production d'une ou deux pièces de l'Amiga. Ils étaient certainement là pour voir s'ils pouvaient tirer quelque chose de cette réunion pour eux-mêmes dans le cadre de la faillite d'Escom.

Cependant, il ne restait rien pour les personnes présentes, il n'y avait rien à distribuer. Comme on le disait à l'époque, l'inventaire n'a pas été touché.

- Lors de cette réunion des créanciers, d'après vos mémoires sur Commodore, les efforts de la société Eagle Computer Systems pour acquérir les droits sur l'Amiga ont été peu appréciés. Vous citez le mandataire M. Hembach, décédé entre-temps, en disant que sous sa responsabilité, Eagle ne se verrait jamais accorder les droits. Pouvez-vous expliquer cette aversion véhémente à une société qui était l'un des plus importants fabricants de matériel Amiga à l'époque ?

M. Konjevic Senior (directeur d'Eagle Computer Systems) a essayé de me faire comprendre, pendant les pauses, ce qu'il avait fait pour obtenir les droits de Commodore et combien de contacts il avait déjà eu avec M. Hembach, et il était le seul qui pouvait réellement aider l'Amiga. Je ne l'ai certainement pas forcé à me dire ça, il l'a fait tout seul... Il m'a même montré son dossier avec toutes les procédures. Je suppose qu'il l'a "communiqué" à M. Hembach de telle sorte que ce dernier ne voulait plus parler à Eagle. Il a également dit à M. Konjevic que tout avait déjà été fait par écrit et qu'il ne serait pas logique, lors de l'assemblée des créanciers, de tout reprendre depuis le début et de lui faire comprendre à nouveau, M. Hembach a dit exactement cette phrase, à en juger par l'expression du visage de M. Konjevic Senior, qui se trouvait juste devant lui.

- Vous ne trouverez pas non plus de bons mots pour Petro Tyschtschenko. Entre-temps, le sauveur autoproclamé de l'Amiga a été largement déstabilisé par Bill McEwen et son domaine de responsabilité a été considérablement réduit. On dit qu'il n'apprend les décisions importantes que par la presse. Avez-vous de la peine pour lui ?

Eh bien, de la peine n'est pas la bonne expression. Je n'aurais pas agi comme Petro Tyschtschenko et je me demande même parfois si je lui ai fait du mal, mais cet état de fait ne dure généralement pas deux secondes et je ne pense pas qu'il en soit ainsi. Je ne pense pas non plus que j'ai besoin de connaître Petro Tyschtschenko (encore) mieux pour cela. Il a certainement utilisé sa situation pour faire l'éloge de l'Amiga auprès d'autres entreprises, de sorte que d'une certaine manière, l'argument "maintenant, ça commence vraiment avec cette entreprise parce qu'il y a de l'argent derrière" ne s'est jamais avéré vrai. À mes yeux, c'est une question de caractère. Si je ne peux pas changer une situation pendant des années, soit je l'accepte et on ne me félicite pas pour cela, soit je prends ma retraite et je laisse le champ libre à d'autres qui poursuivent leurs objectifs avec plus d'engagement.

Au fil des ans, cela m'a amené à ne pas dire tout ce que je pensais. Les utilisateurs d'Amiga sont un peu plus émotifs que les utilisateurs d'autres plates-formes et ils écoutent x fois certaines choses et espèrent (ils se disent que l'espoir meurt en dernier) que cela se produira, et si ce n'est pas le cas, une annonce viendra, mais si certains obtiennent quelque chose, ce ne sont certainement pas les gens qui ont fait les annonces.

- Vos mémoires sur Commodore montrent beaucoup d'amertume et encore plus de déception. Vos souvenirs de l'époque sous le grand Commodore sont-ils vraiment si sombres ? Ou bien y a-t-il eu aussi de bons moments, de belles expériences ?

Oui, il y a également eu de bons moments où l'on pensait, c'est comme ça que ça doit être et rien ne peut nous déstabiliser. Mais ils sont redevenus négatifs. Si vous ne pouvez mettre en oeuvre que deux actions positives sur dix, c'est trop peu, et s'il y avait suffisamment de choses positives à signaler, je serais probablement encore à Commodore aujourd'hui.

- Avez-vous encore des contacts avec d'anciens compagnons d'armes de l'époque ? Rencontrez-vous encore le Docteur Kittel pour boire une bière de temps en temps ?

Eh bien, je ne l'ai pas vu dernièrement, car lorsqu'il est passé chez Met@box (anciennement PIOS), il a dû déménagé, et il n'y a donc plus de bière à partager. :-)

Curieusement, je vois davantage d'anciens collègues de Commodore qu'auparavant... Peter Keshishian, par exemple, qui était à l'époque le chef de produit Amiga, travaille maintenant chez JDEdwards, un cabinet de conseil en gestion, qui se trouve directement dans le bâtiment de Dell, où je suis installé :-). Et depuis Amiga International à Langen, je peux les voir par la fenêtre.

Récemment, j'ai reçu un courriel de Bernd Rohlfs (à l'époque, il était responsable de gros clients comme le transport ferroviaire, etc.) concernant une réunion d'anciens collègues de Commodore. A ce jour, il n'y a eu qu'une seule grande réunion après la faillite de Commodore, il y avait environ 30 personnes présentes. Les connexions ne sont donc pas complètement mortes. :-)

- Y a-t-il eu des réactions de la part des sociétés officielles (Amiga Inc. ou Amiga International) suite à vos mémoires sur Commodore ? Ou le silence règne-t-il ?

Je ne suis même pas sûr que l'histoire que j'ai écrite soit allée aussi loin mais si c'est le cas, je peux imaginer qu'ils ne réagiront pas et qu'ils penseront "laissez-le dire". J'imagine que les mémoires de Petro Tyschtschenko vont être publiées, et je saurai alors s'il connaît ou non mon histoire.

À mon avis, les autres personnes mentionnées ont déjà tellement vécu dans ce "monde des affaires" qu'elles ne devraient pas s'intéresser à ce que quelqu'un pense d'elles et aux expériences vécues avec elles... Après tout, ces gens se disent "Qu'est-ce que ça peut bien me faire, mes ragots d'hier ?".

- Allez-vous poursuivre votre série sur le naufrage de Commodore ? Si oui, à quoi d'autre pouvons-nous nous attendre ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir y arriver un jour :-). J'y travaille toujours quand j'ai le temps. Il y a des documents à côté de moi sur le sol, mais je n'ai pas le temps de les numériser et de le mettre sur Internet. J'ai préparé un CD avec une correspondance de cette époque. Soit je l'inclurai (éventuellement) entièrement pour qu'il soit téléchargeable depuis mes mémoires, soit sous forme d'extraits. Les documents sont disponibles en format PageStream.

- Rétrospectivement, pensez-vous qu'il aurait été préférable de ne pas résoudre en interne les nombreux problèmes liés à la gestion de Commodore, comme vous avez essayé de le faire, mais de les rendre publics dès cette époque et d'exercer ainsi une pression suffisante pour motiver la direction ?

Oui, j'ai aussi tenté de faire cela mais j'ai failli recevoir un avertissement. Quoi qu'il en soit, la conversation qui a suivi avec le successeur de Peter Keshishian (Wolfgang Trompetter) a été assez intense.

À cette époque, je me voyais comme un "porte-parole" entre les utilisateurs d'Amiga et Commodore, d'autant plus que j'avais un contact direct avec les clients grâce à mes activités d'assistance. Quoi qu'il en soit, à l'époque, un sujet a été abordé sur le forum de l'Amiga Club im BTX (aujourd'hui Amiga Club im Internet), où l'on m'a demandé ce qu'en pensait Commodore. Comme je n'étais pas autorisé à révéler des secrets d'entreprise, je n'ai fait qu'évoquer la position de Commodore sur ce sujet et j'ai dû décevoir les attentes des utilisateurs... Mais à cette époque, la presse Amiga (Olaf Winkler) a adressé une demande à Commodore sur le même sujet, et bien que Commodore savait qu'ils agiraient différemment, la presse a reçu d'autres informations. On en est arrivé au point où il y a eu une déclaration de ma part différente de celle de Commodore. Ils ont transmis ma déclaration à Commodore... Vous pouvez probablement deviner le reste. C'est assez désagréable, mais j'ai pu m'expliquer et à la fin, ma déclaration s'est réalisée, le "public" a été informé, il y avait aussi l'opinion des utilisateurs "nous avons toujours su que l'on se moquait de nous", mais pour Commodore, cela n'a pas eu de conséquences en soi.

La direction de Commodore n'a pas été mise sous pression, du moins pas de manière décisive. Pas même de la part des développeurs qui ont exprimé leur mécontentement plus d'une fois... "Les choses se sont terminées ainsi".

- Qu'est-ce qui a contribué à l'échec de l'Amiga : est-ce la rivalité de longue date entre la partie américaine de la société et la partie allemande ? Celle-ci a eu une grande influence sur le développement de l'Amiga, non seulement en raison des bons chiffres de vente mais aussi en ce qui concerne la planification des produits (A500/A2000).

L'Allemagne est le marché qui a réalisé le plus gros chiffre d'affaires. Si quelqu'un ici dit que nous avons besoin du produit A, alors vous l'obtenez et vous le vendez. Il est bien connu qu'il y a eu de nombreux développements aux États-Unis, qui ne sont pas arrivés sur le marché, parce que personne n'en voulait. Comme nous l'avons déjà mentionné, la vente rapide était clairement plus importante. Les "États-Unis" ne sont pas à blâmer, mais seulement les décideurs.

- Vous étiez responsable du service clientèle chez Commodore. Auriez-vous une anecdote de votre vie professionnelle, de vos contacts avec les clients, qui vous fait encore sourire (ou hocher la tête) aujourd'hui ? Y avait-il des bricoleurs en électronique qui faisaient avec leur Amiga des choses auxquelles la machine n'était pas destinée ?

Non, je ne me souviens pas... Il y a eu trop de demandes, de contacts et de choses "extraordinaires". Pour l'instant, je ne me souviens que de deux clients qui ont vraiment essayé de pousser leur Amiga 2000 à leurs limites. J'ai en fait construit une réplique chez Commodore, juste pour voir si ça marchait. Il s'agissait en fait seulement d'un Amiga équipé d'une carte accélératrice, d'un disque dur et de mémoire qui possédait une carte PC avec un disque dur, un port série/parallèle, un lecteur de disquette, de la mémoire et une carte VGA, ainsi qu'une version de Windows 3.0/3.1 et le tout fonctionnait sans problème.

- L'Amiga a toujours été pour ses utilisateurs, y compris vous, plus qu'une simple machine sur laquelle vous pouvez travailler. N'est-ce pas là peut-être le mal fondamental qui a fait périr le système ? A-t-on trop longtemps négligé d'examiner les faits avec lucidité et de reconnaître objectivement ses lacunes ?

Je ne sais pas si on peut répondre à la question aussi facilement. Avec un développement constant, l'Amiga actuel serait certainement différent de ce que nous connaissons. Je ne partage pas non plus l'opinion selon laquelle la longue durée de vie des produits a empêché la vente d'autres machines. Pourquoi un Amiga 500 ne devrait-il plus être utilisé si l'utilisateur peut encore faire son travail ? S'il n'achète pas un nouvel Amiga juste pour financer le progrès, vous ne pouvez pas le blâmer.

L'A500 a longtemps été la principale source de revenus de Commodore. Le simple fait de le retirer afin de changer de stratégie aurait précipité Commodore à la faillite deux ans plus tôt. Vous devez présenter aux utilisateurs de nouvelles machines dotées de nouvelles capacités et les convaincre d'acheter. Je ne pense pas qu'un utilisateur de Macintosh de 1984 serait fâché contre Steve Jobs s'il y avait aujourd'hui des Mac G3 ou G4 qui sont nettement meilleurs que les machines de l'époque. Seul le développement continu n'a pas réussi à se concrétiser chez Commodore.

- La relation entre Commodore (et ses successeurs respectifs) et la presse écrite Amiga n'est pas moins équivoque. Le manque de critique était flagrant, la tolérance sans faille des éditoriaux des magazines a-t-elle finalement fait plus de mal que de bien à l'Amiga ? L'Amiga aurait-il eu besoin d'une presse pour le guider au lieu de s'incliner gentiment devant lui ?

Encore une fois, il y a deux aspects à cela. Un magazine qui vous dit constamment à quel point la situation est mauvaise et que la situation est désespérée ne se vend pas très bien et conduit probablement à ce que plus de gens quittent le système. Dans l'autre cas, un magazine qui ne voit que la situation en rose risque de ne pas être pris au sérieux et de perdre des lecteurs.

J'aurais aimé que les rédacteurs en chef respectifs exercent davantage de "pression" et fassent clairement comprendre aux décideurs de Commodore ce que veulent les clients. Si aujourd'hui, dans le secteur des PC, un fabricant fait des siennes et qu'une enquête auprès des lecteurs est menée dans un magazine, l'existence du fabricant peut être en jeu. Mais je peux imaginer que les interdépendances entre Commodore et les magazines de l'époque étaient si fortes qu'ils ne voulaient pas se faire de tort.

- Au plus fort de la crise Amiga Technologies, vous avez dû faire face à des désagréments sur un autre front : un "plaisantin" a falsifié un bulletin néo-Nazi du réseaux "CHIP" ("Braune Socken", CHIP 3/97) , en remplaçant le nom de la boîte aux lettres d'extrême droite par le nom de votre boîte "Black-Zone BBS" ainsi que le nom du vrai sysop néo-Nazi par le vôtre et a publié ce faux bulletin sur Usenet. Cela vous a-t-il nui personnellement ou professionnellement ? Ce n'était pas la première fois que quelqu'un représentant la scène de droite essayait de vous diffamer. Les rumeurs venaient-elles du même "camp" les deux fois ? Et qu'en est-il de vos efforts pour engager des poursuites contre le(s) coupable(s) ?

On dit qu'une fois que votre réputation est ruinée, vous pouvez vivre heureux pour toujours - je ne crois pas que ce soit si inoffensif. Cette action a certainement conduit certains clients à annuler une commande au motif que "je ne veux pas soutenir les néo-Nazis" et toute tentative d'explication a échoué. C'est ce qui m'est arrivé au téléphone et aussi par courriel. Malheureusement, je ne sais toujours pas qui était le coupable - je ne me souviens pas avoir joué un si mauvais tour à quelqu'un qui justifie une telle action (s'il faut avoir une raison à tout cela aujourd'hui) - la LKA (police allemande judiciaire) a enquêté, j'ai transmis toutes les informations que j'ai reçues... En fin de compte, je n'ai fait qu'embêter les sysops qui n'ont pas réussi à empêcher la propagation. En fin de compte, la ou les personnes n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs.

- Avec les deux nouveaux produits Amiga, AmigaOS 3.5 et le SDK, une nouvelle législation a été créée. Les deux produits ne peuvent être revendus conformément aux conditions d'utilisation énoncées et sont également soumis à des restrictions d'utilisation autrement discutables et probablement en grande partie illégales. De plus, même les auteurs de logiciels gratuits doivent demander officiellement une licence pour la simple utilisation du nom "Amiga" en référence à leur programme. Ce genre de comportement, qui tente de rendre l'utilisateur largement dépourvu de droits, n'est-il pas anachronique à l'ère de l'Open Source ? Ou ne sont-ils que les effets secondaires d'une plus grande confiance en soi sur le plan juridique, que Commodore lui-même n'avait pas à l'encontre des pirates Amiga qui vendaient des copies illégales ?

D'après ma propre expérience avec Amiga International, je dirais que quelqu'un devrait vérifier la conformité de la procédure sur le plan juridique. Je ne pense pas qu'elle soit parfaite, mais lorsqu'il n'y a pas de plaignant, pas de jugement, et tant que vous acceptez les conditions, rien ne changera.

La seule question est de savoir si cela en vaut la peine, car en fin de compte, les utilisateurs sont toujours dans la même situation qu'à l'époque. Je peux l'acheter ou pas, l'utilisateur n'a aucune influence sur ce point. À l'époque et aujourd'hui, même si l'opinion des utilisateurs n'a jamais été la même, nous nous défendons, il est possible que nous nuisions encore à l'entreprise, dont les produits nous plaisent tant.

- Vous avez failli être vous-même victime de ce nouveau modèle juridique lorsqu'Amiga Inc. vous a demandé de retirer les disquettes Workbench et les fichiers Kickstart de votre site Internet, produits que vous gardiez en ligne à des fins d'assistance dans le cadre de la succession de la boîte aux lettres officielle de Commodore (ComBo). Aviez-vous à l'époque le consentement écrit de Petro Tyschtschenko pour ce service ou pensiez-vous simplement qu'il se souviendrait de sa parole - après tout, c'est un acte qui aurait des conséquences judiciaires, s'il avait été fait sans autorisation ?

Dans les derniers courriers échangés, il y a des semaines, je mettais toujours Petro Tyschtschenko en copie. Il n'y avait jamais répondu.

Cela faisait déjà partie de mon travail à l'époque d'Amiga Technologies de développer à nouveau une assistance et de lui fournir des contenus qui étaient déjà disponibles dans la ComBo. Le Docteur Peter Kittel, par exemple, le savait, mais on n'en est plus là. Enfin, Petro Tyschtschenko savait que j'avais déjà transmis les données de ma machine après la faillite de Commodore, car d'où devraient provenir les données de la nouvelle assistance chez Amiga Technologies, si ce n'est de moi ? Il n'y avait pas d'autres archives et ils voulaient se débarrasser des tentatives d'assistance inutiles déjà à l'époque.

De plus, je ne comprends pas pourquoi divers fichiers (dont on veut empêcher la distribution) se retrouvent ensuite sur des CD de magazines, avec l'accord de Petro Tyschtschenko. Les procédures juridiques des États-Unis et de l'Allemagne ne s'accordent pas très bien.

- A votre avis, où le marché de l'Amiga va-t-il se développer ? TAO/Amiga a-t-il une chance de réussir ? Ou bien les utilisateurs d'Amiga vont-ils plutôt se tourner vers des solutions comme MorphOS ou AROS ?

Bonne question, à laquelle je ne peux certainement pas non plus répondre de manière concluante.

En tout cas, je ne pense pas qu'un clone de PC qui utilise un système d'exploitation "similaire" à l'Amiga, sur lequel est écrit le nom "Amiga" et qui est maintenant censé être le successeur de nos ordinateurs Classic, soit très utile. Comme nous sommes déjà habitués à attendre, je mesure une entreprise comme Amiga Inc. à ses résultats visibles et non à ses annonces. Après tout, le SDK devra "l'emporter" sur les autres systèmes d'exploitation et je ne vois pas beaucoup de chances pour cela.

À mon avis, il n'y a plus de "marché" Amiga, mais une communauté d'utilisateurs qui est satisfaite de ce que l'Amiga fait encore pour eux, ou du moins qui ne considère pas qu'un changement soit absolument nécessaire. Je pense que peu importe que l'Amiga se développe vers MorphOS ou AROS, avec la diminution du nombre d'utilisateurs, cela restera sans importance.

- Avez-vous une idée approximative du nombre d'ordinateurs que vous possédez ? Combien d'entre eux utilisez-vous régulièrement ? Lesquels et pourquoi ?

Ouf... J'ai un Amiga 1000 avec Sidecar, qui est emballé et rangé dans ses boîtes d'origine et ne changera certainement jamais de mains, deux Amiga 3000T, qui sont tous deux en service (pour l'accès à Internet, les transferts de données, la gravure de certains CD et les autres choses déjà mentionnées), un Amiga 2000, que Commodore a un jour donné à un studio pour un film (je ne me souviens pas malheureusement du titre). De toute façon, il a été peint, mais pas à l'aérographe... il dispose d'une imprimante, d'un scanner et d'un moniteur de la même couleur. J'utilise encore régulièrement l'imprimante (NEC LC890) et l'écran (1084S), puis un C64 avec deux disquettes, prêtes à l'emploi, que j'allume de temps en temps pour jouer à Castle's Of Dr. Creep et des trucs comme ça. C'est un bon moyen de se souvenir de son âge :-(. Je possède également deux PC Amiga (selon les spécifications d'Amiga Inc.), deux ordinateurs AMD pour regarder des DVD, jouer sur Internet et en réseau... Voilà, je dois en avoir fait le tour.

- Vous étiez l'un des mécènes de l'événement Mekka/Symposiums 2k-1. Pourquoi ? Votre enthousiasme est-il dû à la scène démo et ses productions ?

Je devrais écrire "J'en avais envie" :-). J'étais présent aux rassemblements précédents, quand j'étais encore chez Commodore, juste pour voir comment était l'ambiance et ce qui se passait... et aussi pour rencontrer des amis. Je n'ai pas eu grand-chose à voir avec la scène démo à proprement dite après la fin de Commodore.

- Finissons par quelques questions sur l'homme Rainer Benda, si vous le permettez. Pouvez-vous parler un peu de vous à nos lecteurs : votre âge, votre travail, votre jeu de tir préféré ou le personnage historique que vous admirez le plus ?

D'accord... J'aurai 33 ans le 2 octobre 2000. Je travaille depuis près d'un an chez Dell Computer GmbH à Langen en tant que gestionnaire de compte. Avant cela, j'ai travaillé quelque temps comme représentant des ventes chez Lion GmbH à Francfort et pendant cette période depuis le 1er novembre 1993, je suis indépendant en ce qui concerne Amiga Inc. et ses filiales. Je suis moi-même un employé de bureau de formation, mais je n'ai jamais vraiment fait ce travail et j'ai fini directement dans l'industrie informatique "à l'époque".

Mes jeux préférés sont les jeux de stratégie ou les jeux à plusieurs comme Command & Conquer (PC), Castle's Of Dr. Creep (C64) et de temps en temps Quake (PC) :-). Mais je ne joue pas souvent en raison d'un manque de temps. Et concernant le personnage historique, je dirais sûrement Jay Miner, à qui j'aurais souhaité plus de succès et pas de repreneurs comme Commodore/Atari.

- Les traditionnelles questions "gadgets" sont également indispensables : qui sera champion d'Allemagne la saison prochaine ? Le Bayern Munich à nouveau ? Ou bien l'équipe de la Mannschaft réussira-t-elle cette fois-ci ?

En tant qu'ancien joueur du Hambourg SV, aucune des options ci-dessus n'est possible. :-)

- Connaissez-vous AmigaGadget ? Et si oui, qu'est-ce qui doit être amélioré et qu'est-ce qui peut rester inchangé ?

En gros, ça peut rester comme ça, mais il devrait y avoir plus de publicité...

- Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions. Et bonne chance pour l'avenir, qu'il soit au moins aussi passionnant que votre passé, mais dans un sens positif !

Je vous remercie également pour cette entrevue et j'espère que nous aurons encore un peu de "nos" Amiga pendant un petit bout de temps.


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