Obligement - L'Amiga au maximum

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Test d'AmigaOS 4.1
(Article écrit par David Brunet - avril 2009)


Un peu plus d'un an après la dernière mise à jour d'AmigaOS 4.0 ("July Update 2007"), Hyperion Entertainment a annoncé la sortie d'AmigaOS 4.1. Cette nouvelle mouture, payante, a d'abord été disponible sur AmigaOne et MicroA1 mais des versions spéciales Sam440ep et Pegasos II ont débarqué respectivement en octobre 2008 et mars 2009.

AmigaOS 4.1

Présentation et installation

AmigaOS 4.1 est livré dans une boîte avec un CD et un manuel d'installation. Son prix est de 105 euros HT, soit 120 à 135 euros selon le revendeur. Pour ceux, comme moi, qui ont commandé chez le revendeur suisse Relec, un bonbon aux herbes est offert en prime :-). Le distributeur mondial officiel est la société italienne ACube Systems et l'enregistrement du produit (pour télécharger les mises à jour) se fait sur le site de Hyperion Entertainment. Le test se base sur la version pour Pegasos II (doté ici d'un processeur G4 7447 à 1 GHz, un giga de mémoire et une carte graphique Radeon 9250).

AmigaOS 4.1

La liste du matériel nécessaire pour faire fonctionner AmigaOS 4.1 a un peu changé par rapport à la dernière version. Comme mentionné dans l'introduction, maintenant AmigaOS 4.1 peut tourner non seulement sur AmigaOne/MicroA1 mais aussi sur Sam440ep et Pegasos II. Le minimum en terme de mémoire a bondi à 256 Mo et les cartes graphiques Radeon des familles 1xx ou 2xx (Radeon 7000 à 9250) sont à présent recommandées pour pouvoir gérer le nouveau mode de composition matérielle. Celui-ci ne fonctionne pas avec les cartes à base de puces Permedia 2, Voodoo3/4/5 ou encore Radeon 8500. A noter aussi que la version Amiga Classic PowerPC d'AmigaOS 4.1 n'est pas à l'ordre du jour pour le moment.

La procédure d'installation est décrite dans le manuel. Elle peut se faire via une mise à jour sur un ancien système 4.0 ou bien via une installation complète. Une procédure détaillée pour l'installation sur Sam440ep est disponible sur Obligement tout comme celle pour Pegasos II.

Nouveautés

L'incrémentation du numéro de version de 4.0 à 4.1 indique obligatoirement des nouveautés. Voici un panorama des principales.

Aspect de l'interface graphique

C'est ce qui se remarque en premier. L'interface graphique a été revue sur plusieurs points comme des bords arrondis pour les fenêtres, une barre de titre élargie et de la transparence pour les fenêtres inactives ou en déplacement. La transparence est possible grâce à un nouveau mode de composition matérielle, celui-ci se règle dans l'onglet "Options" de Prefs/GUI. Cet effet est assez sympa, surtout pour le déplacement des fenêtres : cela permet de voir ce qu'il y a dessous sans la nécessité de tout bouger. Par contre, voir en permanence toutes les fenêtres n'est pas forcément une bonne chose pour la lisibilité.

AmigaOS 4.1
Réglages de l'interface

Le mode de composition est possible uniquement pour les cartes graphiques Radeon de la famille 1xx et 2xx. Ce mode est particulièrement gourmand en mémoire vidéo et si 32 Mo est le minimum, il faudra dans la pratique plutôt 64 ou 128 Mo pour une utilisation confortable. De plus, avec ce mode activé, le déplacement de très grandes fenêtres devient lent et/ou saccadé. Les possesseurs de petites configurations seront plus à l'aise sans le mode de composition.

D'autres éléments de l'interface sont également gérés par la carte 3D comme le tirage des écrans (ou plutôt "déplacement" puisque ce tirage peut se faire par tous les côtés) ou bien AmiDock dont l'arrière-plan bénéficie ainsi d'une vraie transparence. On notera enfin que l'interface dispose de nouveaux thèmes graphiques : l'onglet "Styles" de la préférence "GUI" permet de définir un style graphique parmi quatre proposés. Ces styles sont aussi activables en double-cliquant sur une icône du répertoire Prefs/Presets/Default. Le style présent dans AmigaOS 4.0 (sans transparence et avec bords carrés) est également disponible.

Nouveau système de fichiers : JXFS

JXFS est un nouveau système de fichier créé spécialement pour AmigaOS 4.1 par Jörg Strohmayer. Ce développeur allemand est la personne qui maintient le code d'autres systèmes de fichiers comme SFS et SFS2. JXFS peut gérer des disques et partitions de plusieurs téraoctets, ce qui n'est pas le cas de FFS ou SFS. De plus, lors de l'annonce d'AmigaOS 4.1 par Hyperion en juillet 2008, JXFS fut présenté comme le système de fichiers le plus rapide et le plus robuste sur Amiga. Je me suis donc livré à quelques tests pour en avoir le coeur net.

Voici un comparatif entre quatre partitions fraîchement créées sur le même disque IDE et ayant chacune 600 tampons mémoire. La partition source des deux premiers tests est sur un autre disque dur.


Copie d'un gros fichier de 318,5 Mo d'une partition SFS vers une partition...

FFS (bloc de 512 octets) 8 m 2 s
FFS (bloc de 1024 octets) 1 m 49 s
FFS (bloc de 4096 octets) 22 s
SFS 21 s
SFS2 21 s
JXFS 19 s

Copie d'un répertoire de 57,9 Mo rempli de 2707 petits fichiers d'une partition SFS vers une partition...

FFS (bloc de 512 octets) 4 m 9 s
FFS (bloc de 1024 octets) 2 m 53 s
FFS (bloc de 4096 octets) 3 m 14 s
SFS 6 s
SFS2 6 s
JXFS 12 s

Copîe d'un gros fichier de 318,5 Mo d'une partition ci-dessous vers la RAM

FFS (bloc de 512 octets) 28 s
FFS (bloc de 1024 octets) 22 s
FFS (bloc de 4096 octets) 19 s
SFS 19 s
SFS2 20 s
JXFS 19 s

On remarque ainsi que JXFS est très performant pour la copie de gros fichiers. L'écart avec les différentes variantes de SFS n'est pas flagrant mais on gagne effectivement un peu de temps. Par contre, pour les petits fichiers, JXFS ne semble pas très optimisé. En outre, JXFS dispose d'autres points faibles : il n'a pas (encore ?) d'outil pour réparer/récupérer les partitions, il n'est reconnu par aucun autre système d'exploitation et il ne peut pas être utilisé pour une partition amorçable.

Cairo

AmigaOS 4.1 arrive avec une implémentation de Cairo, une bibliothèque de rendu graphique 2D. Cairo dispose d'une grande quantité de fonctions graphiques qui se substituent à Picasso96 pour les applications qui en font appel. Cette bibliothèque va beaucoup plus loin qu'un Picasso96 car elle gère aussi le rendu des polices de caractères, des images vectorielles ou bien l'impression (via le PostScript ou le PDF).

Ce portage est assez important car Cairo est une API graphique très utilisée par les applications hors Amiga comme Firefox, Origyn Web Browser ou certaines versions d'OpenOffice. Ainsi, le portage d'applications inter-plates-formes s'en trouve(ra) facilité.

Mémoire virtuelle

AmigaOS 4.1 propose, lors de son installation, la création d'une partition d'échange, alias "swap", qui permet de pallier le manque de mémoire vive quand vous en avez besoin. Cette mémoire supplémentaire est donc située sur votre disque dur et représente normalement deux fois la taille de votre mémoire vive. L'annonce de Hyperion faisait mention de la "pagination intelligente de la mémoire", c'est-à-dire que la mémoire virtuelle n'entre en jeu uniquement quand la mémoire vive tombe à zéro. Si un programme demande trop de mémoire, les blocs mémoires les moins utilisés seront automatiquement enregistrés sur la partition d'échange, sans que l'utilisateur s'en rende compte.

En situation réelle, avec par exemple la copie de plusieurs fichiers de 100 Mo en RAM, la mémoire virtuelle prend bel et bien la relève quand la mémoire vive n'est plus disponible. La machine de test ayant 1 Go de mémoire vive et 2 Go de mémoire virtuelle, on peut en théorie se reposer sur 3 Go. Mais dans la réalité, c'est autre chose. Il m'a été impossible de mettre plus de 1,5 Go de données en RAM, le système disant que le "disque est plein". Cela est dû à une limitation d'AmigaOS 4.1 : c'est un système 32 bits qui ne peut adresser que 2 Go de mémoire vive (1,5 Go dans ce cas). De plus, la suppression de tous les fichiers d'exemple stockés en RAM est assez longue (bien plus qu'une suppression sur une partition "classique"). Pire, la mémoire n'est pas rendue entièrement !

J'ai procédé à un autre essai : le chargement d'un gros fichier dans NotePad. Le résultat n'a pas été terrible puisque NotePad est resté figé indéfiniment. La même procédure avec NoWinEd n'est pas possible non plus, l'éditeur refuse de charger des gros fichiers. En résumé, la mémoire virtuelle est une avancée intéressante, très utile pour ceux qui ont peu de mémoire vive mais à réserver pour de brèves utilisations.

Gestion du PTP

La pile USB Sirion reconnaît maintenant le protocole PTP (Picture Transfer Protocol) utilisé par certains appareils photo numériques. Il s'agit d'un véritable standard dans l'échange de fichiers entre ordinateurs et appareils photo. Au branchement d'un appareil photo compatible PTP, une fenêtre s'ouvre sur le Workbench. L'utilisateur peut ainsi visualiser les photos et les transférer sur son ordinateur.

Amélioration des fonctionnalités du DOS

Le DOS, qui était partiellement 64 bits dans la précédente version d'AmigaOS 4, est à présent complètement en 64 bits. Le DOS s'est aussi amélioré via deux fonctions : la gestion de notification universelle et l'effacement/rechargement automatique des ressources disque mises à jour. Rappelons qu'un DOS en 64 bits permet au système de gérer des données (fichiers, allocation disque...) de plus de 4 Go.

MiniGL 2.0

MiniGL est une implémentation du standard graphique OpenGL dans AmigaOS 4. MiniGL passe ainsi à la version 2.0. En parallèle, les pilotes Warp3D pour les cartes Radeon ont été revus. Cela se traduit par un gain de vitesse léger mais surtout par une gestion de plus de fonctions OpenGL. De nouveaux jeux utilisant MiniGL 2.0 ont d'ailleurs débarqué quelques jours après la sortie officielle d'AmigaOS 4.1 (Chromium BSU, The Goonies, etc.).

Cette mise à jour du secteur 3D est un pas dans la bonne direction mais on n'est pas à l'abri de bogues. Par exemple, nombre d'économiseurs 3D d'écran gèlent au bout d'un certain temps et la démo Dr. Fungi (ainsi que d'autres) ne sont pas rendues correctement. J'ai aussi constaté des déformations audio (avec un gros "bip") dans plusieurs applications 3D. MiniGL 2.0 semble être en version bêta dans AmigaOS 4.1, ceci expliquant ces bogues.

Par contre, les résultats concernant la vitesse dans les quelques applications que j'ai testées sont largement inférieurs à ceux obtenus avec MorphOS ou Linux sur la même machine, ou bien sur un matériel équivalent sur Mac OS X et Windows. Les pilotes 3D sur AmigaOS 4.1 sont sans doute les moins avancés de l'informatique actuelle.

AmigaOS 4.1 MorphOS 2.2
GLQuake en 640x480 98 fps 115 fps
GLQuake en 1280x1024 51 fps 97 fps
Quake 3 Arena en 640x480 32 bits (demo four) 23,1 fps 45,5 fps
Quake 3 Arena en 1280x1024 32 bits (demo four) 10,0 fps 26,1 fps
WipEout 2097 en 1280x1024 (dans le premier tableau) 22 à 25 fps 66 à 75 fps

Amélioration des fonctionnalités du Workbench

Le Workbench n'a que très peu bougé depuis AmigaOS 3.0 (voire 2.0). Dans sa version pour AmigaOS 4.1 (53.1), le bureau de l'Amiga dispose de deux petites nouveautés : un mode "listeur" pour les fenêtres et une entrée afin d'ouvrir un volume directement depuis le menu "Workbench/Ouvrir un volume". Le mode listeur, aussi nommé texte, a ses préférences dans "Prefs/Workbench", onglet "Mode texte", où l'on peut y modifier son apparence, afficher ou non les types de fichiers, afficher ou non les entêtes des colonnes (utile pour les tris), régler la transparence lors d'un déplacement, etc. Les listeurs affichent également l'icône de chaque fichier, que ce soit un dossier, un fichier ayant sa propre icône ou bien un fichier avec icône par défaut. Les listeurs font gagner du temps concernant l'utilisation du Workbench, mais ils ne sont pas enclenchés par défaut : il faudra alors passer chacune des fenêtres en mode texte puis sauver la disposition de ladite fenêtre, un travail qui peut se révéler très long si l'on souhaite avoir ce mode partout.

AmigaOS 4.1
Les listeurs d'AmigaOS 4.1

L'autre élément du Workbench qui a changé (du point de vue utilisateur), ce sont les fenêtres de requêtes. Gérées par l'asl.library, elles ont été entièrement revues et disposent de plus d'options. Il y a par exemple une amélioration de la lisibilité (lignes colorées, mise en gras des noms des répertoires, soulignement des noms de liens) ou de l'ergonomie (utilisation du troisième, quatrième ou cinquième bouton de la souris). En outre, la requête ASL pour la sauvegarde n'est plus en noir mais est identique aux autres. Il faudra donc bien vérifier dans la requête s'il faut "charger" ou "sauver" un fichier.

AmigaOS 4.1
Plus de réglages pour les requêtes ASL

Localisation complète

Cette version 4.1 est la première de la série 4.x à avoir une localisation complète en français. Ce travail a été réalisé presque exclusivement par Philippe Ferrucci et ce n'est pas une mince affaire car les moindres petits outils ou bulles d'aide semblent bel et bien avoir été francisés. Cela apporte incontestablement un confort supplémentaire d'utilisation, surtout pour les allergiques à l'anglais.

Nouveau navigateur

Le navigateur par défaut des précédentes versions d'AmigaOS 4 était IBrowse 2.4. Celui-ci est toujours présent (en version démo) mais est accompagné d'OWB, un navigateur compatible CSS venant du monde Linux et porté par Andrea Palmatè puis Jörg Strohmayer. Origyn Web Browser dispose d'un moteur Web et JavaScript meilleur qu'IBrowse mais la version livrée avec AmigaOS 4.1, la 1.25, est maintenant obsolète. L'auteur a en effet poursuivi son travail en améliorant son portage mais aussi en se basant sur les dernières versions originales. La 1.25 n'avait, par exemple, ni menu ni d'onglet. Il est donc préférable de télécharger la dernière version sur os4depot.net.

AmigaOS 4.1
Orygin Web Browser 1.25

Aide

Pour ceux qui débutent sur AmigaOS 4.1 ou bien qui ne connaissent pas tous ses secrets, un effort a été fait en matière de documentation. Je ne parle pas de manuel papier mais bien d'aide en ligne. Par exemple, un nouvel outil nommé "Help" et situé dans le répertoire "System" présente quasiment toutes les commandes du Shell et leur syntaxe. De plus, AmiDock dispose par défaut d'une icône "WBHelp" qui est une aide sur le bureau, ses fenêtres, ses menus, ses raccourcis, etc. Enfin, un répertoire "Documentation", à la racine du système, regroupe un paquet de docs sur différents éléments du système tels que la pile TCP/IP, le menu Early Startup, les écrans, la pile USB, Python et plus encore.

Ces aides sont les bienvenues, cela évitera bien des déboires. Par contre, il serait plus futé de les rassembler en un seul document uniforme plutôt que de les avoir ainsi éparpillées.

AmigaOS 4.1

Des intérêts toujours présents

D'un point de vue réactivité, AmigaOS 4.1 fait partie des tout meilleurs systèmes d'exploitation. L'ouverture d'une fenêtre ou l'affichage d'une image se fait quasi instantanément. AmigaOS 68k était compact et rapide à son époque, c'est encore plus le cas avec cet AmigaOS PowerPC, sauf peut-être avec l'activation de la transparence sur de petites configurations. Cette vitesse est aussi visible lors du démarrage de la machine (30 secondes) ou bien du redémarrage à chaud du système (6 secondes).

Le système est assez complet. Côté Internet par exemple, on dispose, en standard, d'une pile TCP/IP, de navigateurs Web (OWB et IBrowse) et d'un gestionnaire de courriel (YAM). De plus, le contenu des différents répertoires du système s'est étoffé au fil des versions 4.0 et 4.1, on peut compter de nombreux outils : FormatCDRW (gestion des CDRW), Mounter, RAWDisk et PartitionWizard (gestion des partitions), Python (langage de script), Ghostscript (gestion/impression des PDF), etc. Le système sait aussi gérer le changement d'heure été/hiver, une chose banale mais qui est pénible à régler dans les systèmes qui ne le gèrent pas.

Quelques points de l'interface sont particulièrement appréciés, tels les écrans tirables de n'importe quel côté (permettant de voir facilement tout ce qu'il se passe sur les autres écrans), les bords d'écran aimantés (on ne perd plus de temps à tenter de placer une fenêtre au pixel près), les interfaces Triton adaptées à l'aspect Reaction par défaut et un thème pour MUI proche de celui de Reaction (pour une meilleure harmonie de l'interface graphique).

Manques et limites

Un Workbench vieillissant

Le premier point faible que l'on peut souligner concerne les insuffisances du bureau, le Workbench. Son menu n'a quasiment pas changé depuis le 3.9, tout comme ses fenêtres. On se croirait devant un Workbench 3.9 en PowerPC. L'élément le plus intéressant qui a été ajouté depuis AmigaOS 3.9 est sans doute la commodité ContextMenus. Comme son nom l'indique, elle affiche un menu contextuel (bouton droit de la souris) quand on est sur une fenêtre, une icône ou le bureau. Mis à part cela, le Workbench laisse une impression de "retour vers le passé" qui peut, certes, séduire les nostalgiques qui y retrouveront leurs marques mais qui ne fait pas oublier que ce Workbench doit bel et bien être refait dans une prochaine version majeure du système.

Voici quelques exemples de ce qui manque actuellement à ce Workbench : des boutons d'action dans les fenêtres (retour/avance dans l'arborescence, sélection de fichiers par filtres...), la visualisation des images/vidéos par miniatures, la reconnaissance par défaut de fichiers courants (MP3, Ogg Vorbis, MPEG, AVI, etc.) ou encore la possibilité d'iconifier, de cacher ou de maximiser les fenêtres.

On note aussi des choses pas vraiment à la hauteur pour un système de 2008 :
  • Le Workbench ne met pas à jour automatiquement le contenu d'une fenêtre ! Il faut télécharger et installer AutoUpdateWB pour cela.
  • L'option "Quitter" du Workbench ne quitte rien du tout : il y a toujours une/plusieurs tâches en cours.
  • Les économiseurs d'écran sont dignes de Windows 3.1.
  • La présence de Memacs, un éditeur de texte à la sauce Unix créé en 1986, et qui sert à trois personnes dans le monde. Il y a aussi Ed qui fait doublon/triplon. Pourquoi ne pas intégrer les éventuelles fonctions utiles de Memacs et Ed directement dans NotePad ?
  • IconEdit, l'outil pour dessiner les icônes, ne reconnaît pas les icônes avec beaucoup de couleurs (donc quasiment toutes celles d'AmigaOS 4.1...).
AmigaOS 4.1
IconEdit n'arrive pas à afficher toutes les couleurs

Compatibilité PowerUP et WarpOS absente

AmigaOS 4.1 n'est pas compatible avec les programmes PowerUP ni avec ceux pour WarpOS. Heureusement, les programmes PowerUP ne sont pas nombreux, ce qui ne fait pas une grosse perte. Et concernant WarpOS, un adaptateur nommé "WarpOSEmu" peut-être téléchargé sur Aminet qui contient aussi la warp3dppc.library pour pouvoir lancer les programmes Warp3D tels WipEout 2097.

Quelques instabilités

L'utilisateur d'AmigaOS 4.1 va vite connaître ce qu'on appelle le "Grim Reaper", une fenêtre de débogage regroupant des informations sur une erreur ou un plantage qu'une application en cours a produit. Dans le système lui-même, le Grim Reaper apparaît très rarement, mais ce n'est plus le cas lorsque l'on lance des applications. La situation semble s'être améliorée depuis les premières versions bêta d'AmigaOS 4.0 mais on retrouve toujours des logiciels instables. Serait-ce dû à la gestion de la mémoire apparue dans AmigaOS 4.0 "Final Update" ? Ou à Petunia, l'émulateur JIT 68k ? Ou bien à WarpOSEmu pas encore terminé ? Ou encore à la version AmigaOS 4.1 ici utilisée (pour Pegasos II) ? C'est sans doute un mélange des quatre qui fait qu'un bon nombre de programmes (Magellan, AZap, Shogo, DigiBooster Pro, Sample Manager...) ne se lancent pas ou font venir le Grim Reaper. Fort heureusement, la gestion des ces erreurs/plantages permet de ne pas effondrer tout le système : généralement, en appuyant sur "Terminer le programme" dans la fenêtre Grim Reaper, le programme fautif est neutralisé et on peut continuer à utiliser le système. Un pistage des ressources et une vraie mémoire protégée permettraient, cela dit, de neutraliser plus efficacement ces tâches instables.

Versions démo

Avec un prix de 127 euros, l'utilisateur attend un système en version complète. C'est bien sûr le cas mais il faut souligner que trois applications, et non des moindres, sont disponibles en version démo : MUI 3.9, IBrowse 2.4 et DvPlayer. Il faudra donc ajouter quelques dizaines d'euros pour s'enregistrer auprès des auteurs respectifs pour disposer d'un système vraiment complet. Mais à terme, peut-être que IBrowse laissera définitivement sa place à OWB et que MPlayer supplantera le rapide mais limité DvPlayer.

AmigaOS 4.1
DvPlayer limité au strict minimum dans AmigaOS 4.1

Un Shell pour amateur

Si le bureau semble ancien et peu fonctionnel, il en va de même pour le Shell, l'interface en ligne de commande. Ces insuffisances sont telles (pas d'ascenseur, pas d'historique, pas de menu...) que tous les développeurs sur AmigaOS 4.1 et antérieurs ont installé une alternative. La meilleure semble KingCON, téléchargeable sur Aminet.

AmigaOS 4.1
Le Shell

Une gestion matérielle limitée

Les deux priorités de développement entre AmigaOS 3.9 et 4.0 fut le portage du système 68k en code PowerPC et de le rendre indépendant des puces spécifiques des Amiga Classic. Le reste de la gestion matérielle a donc un peu été mis de côté. On s'en rend compte actuellement avec la version 4.1 du système où il manque la gestion de l'USB 2.0, des pilotes 3D performants ou bien des cartes graphiques "pas trop vieilles", des tuners TV, de la détection automatique des moniteurs (DDC), dees imprimantes "pas trop vieilles", etc.

De plus, pour la version spéciale Pegasos II, il n'y a pas de gestion du FireWire et il est apparemment impossible de désactiver le son du haut-parleur interne.

Autres

Deux manquent importants freineront les envies des gens qui ne connaissent pas l'OS à l'acheter : la petite logithèque et le manque de mémoire protégée. La logithèque native AmigaOS 4 est restreinte et celle en 68k (via émulation) est vieillotte. Certes, on trouve un navigateur récent (OWB), des logiciels de communication (SabreMSN, WookieChat, YAM...) et quelques autres perles (MPlayer, DvPlayer, POV Ray...) mais aucun éditeur de logiciel commercial est présent sur la plate-forme. Quelques lacunes peuvent être estompées par AmiCygnix (l'environnement X11 pour AmigaOS 4) qui apportent Abiword ou The Gimp, mais cela reste moyennement utilisable à cause de leur lenteur et de leur manque d'intégration à AmigaOS. Et concernant l'absence de protection mémoire, cela se traduit par des plantages de logiciels/tâches qui peuvent effondrer tout le système. C'est la même chose que sur les anciennes versions 68k du système ou que sur les systèmes apparentés Amiga (MorphOS, AROS). L'arrivée effective et complète de la protection mémoire couperait la compatibilité 68k : cruel choix en perspective.

Enfin, on peut noter d'autres choses, qui sont plus des détails. Par exemple, la petite mélodie de démarrage (alias "jingle") créée par Susumu Hirasawa n'est pas présente sur le CD de la version Pegasos II ni sur celui de la Sam440ep. Cet oubli sera réparé dans les prochains ISO. Il faut aussi faire attention à ne pas nommer l'une de vos partitions "Play" (par exemple, dédiée à vos jeux). Celle-ci n'aura pas une icône de disque classique mais une icône par défaut représentant la lecture d'un son. Il faudra soit effacer cette icône par défaut (dans Prefs/env-archives/sys/def_play.info) soit ne pas nommer votre partition ainsi (optez pour "Games").

Conclusion

AmigaOS 4.1 est une évolution intéressante des versions précédentes. Outre l'interface gérée par la carte 3D (qui est plus un gadget qu'une nécessité et qui en plus consomme beaucoup de mémoire), les améliorations sont vraiment utiles : par exemple, le système de fichiers JXFS va permettre d'utiliser les gros disques durs à venir de ces prochaines années et, ce, très efficacement. Il y a aussi la mémoire virtuelle qui est enfin implémentée, c'est une avancée, même si elle n'est pas encore parfaite. L'arrivée d'un système d'aide et la localisation complète permettent de mieux découvrir/comprendre le système. Il y a enfin de multiples petits ajouts (le PTP, la gestion des styles...) qui font d'AmigaOS un système de plus en plus complet.

Les critiques se concentrent actuellement sur les deux interfaces d'AmigaOS 4.1 : son bureau vieillissant et son Shell très pauvre. Le Workbench en l'état actuel est parfait pour ceux qui cherchent la continuité, mais il n'attirera pas de nouveaux utilisateurs à cause de ces nombreuses insuffisances. On peut enfin regretter d'autres choses pourtant quasi indispensables de nos jours : l'USB 2.0 (les transferts via USB 1.1 sont galère) et des pilotes 3D lents et peu avancés qui empêchent de jouer dans les meilleures conditions aux quelques jeux 3D que disposent la plate-forme.

Nom : AmigaOS 4.1.
Développeurs : Hyperion Entertainment.
Genre : système d'exploitation.
Date : 2008.
Configuration minimale : AmigaOne (SE, XE ou MicroA1), Sam440ep ou Pegasos II avec 256 Mo de mémoire et une carte graphique Permedia 2, Voodoo ou Radeon.
Licence : commercial.
Prix : 120 à 135 euros selon le revendeur.


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