Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 20 novembre 2017 - 03:05  

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Point de vue : Et maintenant, quel avenir pour l'Amiga ?
(Article écrit par Sébastien Jeudy - mars 2007)


Ça faisait un moment que je n'avais pas écrit d'article sur l'Amiga, à vrai dire depuis mon "passage" sur Macintosh en 2004. A travers cette opinion personnelle de la situation actuelle et future, je ne vais pas tenter de convaincre quiconque de quoi que ce soit, mais plutôt synthétiser un regard plus "extérieur" à cette communauté très passionnée.

Je ne vais pas m'attarder sur les raisons de mon "départ" qui se résume seulement à une frustration de manques et de retards agrémentée d'une fatigue ou lassitude exacerbée, ni même de vous convaincre de changer de "camp". Ce n'est pas ici non plus que vous trouverez des informations techniques ou croustillantes (y'en a-t-il encore ?) sur ces fameux Amiga NG, mais plutôt la synthèse de tout ce qui est plutôt positif ou négatif à retenir de cette plate-forme alternative. Depuis 2004, jamais je n'ai cessé de suivre l'actualité Amiga et sa communauté, quasi quotidiennement sur le Net, gardant de nombreux amis et contacts, ou encore en me rendant à un certain nombre de rassemblements (Alchimie 2006, HunoParty 2005, plusieurs "bouffes", Club AMF et 20 ans de l'Amiga à Lausanne).

Des rachats improductifs

Depuis la faillite de Commodore en 1994, l'Amiga a connu un enchaînement de rebondissements et de rachats l'ayant finalement davantage enfoncé au fond du trou plutôt que lui donner une réelle seconde chance : Escom et sa rapide faillite, l'éphémère et illusoire VIScorp, Gateway et son désintérêt flagrant (en-dehors du nom). A chaque fois, que de faux espoirs et désillusions, mais surtout une communauté d'utilisateurs, de développeurs, d'éditeurs, de constructeurs et de vendeurs divisée par 10 ou 100 ! La communauté Amiga a toujours été des plus passionnées, mais aussi des plus rêveuses. C'est ce qui l'a certainement fait tenir encore plus longtemps, mais ce qui la conduira peut-être aussi à sa perte.

Janvier 2000 : le début du concret

Quoi qu'on en pense, ce n'est finalement qu'en janvier 2000 que les choses vont enfin bouger avec l'arrivée d’Amiga Inc. d'un côté et l'aboutissement de professionnels Amiga indépendants de l'autre (bPlan GmbH issue de Phase 5 déjà spécialisée en matériel Amiga). Pour la première fois depuis 1994, l'avenir de l'Amiga ne dépend plus d’une société tierce et de son passé culturel, technique et financier. Mais d’indépendants réellement motivés voulant reprendre les choses en main, quitte à repartir de zéro. On ne va pas s'attarder sur les projets initiaux d'Amiga Inc., de son CEO Bill McEwen trop "excited" et de son AmigaDE (AmigaAnywhere) sans succès, peut-être louables mais trop hors-sujet ou révolutionnaires pour la communauté (et même au-delà) qui n'y adhère pas. Mais plutôt de son ouverture à vouloir poursuivre AmigaOS sur machines PowerPC en déléguant - officiellement et légalement - son avenir à d'autres sociétés (Eyetech pour l’AmigaOne et Hyperion Entertainment pour AmigaOS 4).

Même s'il était question un temps d'être également officialisé "AmigaOne/AmigaOS 4" (mais avorté pour des raisons de licences apparemment exagérées), la société bPlan GmbH continue sa route seule avec son Pegasos tournant sous MorphOS compatible Amiga, pour être reprise plus tard (courant 2002) par Thendic-France refondue encore plus tard en Genesi (attention, ce n'est pas fini).

Très rapidement, on voit en 2001 des prototypes fonctionnels AmigaOne et Pegasos (hormis le premier AmigaOne folklorique se branchant en extension de l'Amiga 1200 !). Le premier étant tout simplement la reprise d'une carte mère PowerPC Teron produite par la société MAI Logic, et le second partant de l'étude d'une Teron mais entièrement redessinée en carte mini-ATX par bPlan.

L'avantage est tout de suite donné au Pegasos, de par sa carte réellement propriétaire mais aussi de son MorphOS déjà en développement sur Amiga Classic depuis la fin des années 1990. D'entrée, AmigaOS 4 prend du retard, d'une part à cause de ses spécifications AmigaDE imposées par Amiga Inc., d'autre part par ses contraintes de la première carte AmigaOne d'extension pour Amiga 1200, ou encore des mésententes au sein de la première équipe (Haage & Partner et ses sources AmigaOS 3.5 et 3.9). Ce n'est finalement qu'en 2002 que son développement démarre réellement avec Hyperion Entertainment, mais repartant de zéro (ou du moins des sources d'AmigaOS 3.1 fournies par Amiga Inc.). On passera à côté des déclarations irréalistes de sorties annoncées par Hyperion (fin 2002, 2003, 2004, 2005, 2006...), faisant patienter ses utilisateurs sous... Linux !

Une communauté, deux camps

Après de longues années de désillusions et malgré les dernières difficultés techniques et financières, la communauté Amiga se retrouve maintenant avec deux nouvelles machines Amiga PowerPC et deux AmigaOS entièrement PowerPC. Alors qu'elle a déjà été réduite comme peau de chagrin, la voilà encore divisée par deux ! Et cette division sera certainement la plus dévastatrice de son histoire. De part les intérêts de chacun, et surtout des conflits de personnes, les combats font rage au sein des acteurs et des utilisateurs partisans, sur Internet, lors des rassemblements mais aussi devant les tribunaux (divers problèmes de licences).

Amiga Inc. et Bill McEwen en difficultés ne contrôlent et n'arbitrent rien. Et les différents acteurs, anciens professionnels du monde Amiga des années 1990, campent sur leurs positions et certainement dans le rêve (illusoire) de détenir un nouvel avenir glorieux pour l'Amiga. Hyperion Entertainment (AmigaOS 4, Ben Hermans, les frères Frieden) et Eyetech (AmigaOne, Alan Redhouse) d'un côté ; bPlan GmbH (Pegasos, Gerald Carda, MorphOS, Ralph Schmidt) repris par Thendic-France et Genesi (Bill Buck et Raquel Velasco alias BBRV) de l'autre. Les premiers revendiquent la légitimité du nom (obtenu légalement), les seconds leur travail démarré plus tôt et davantage professionnel (carte et système d'exploitation). Sans compter les conflits internes entre Genesi et la MorphOS Team qui semble maintenant plus autonome, mais aussi moins subventionnée. Vous n'arrivez plus à suivre ? Rien d’étonnant, surtout si vous ne suivez pas le monde Amiga au quotidien ! Et du coup, ça ne vous motive pas non plus de vous lancer en investissant dans tout ce merdier.

Durant quatre ans, les développements matériels et logiciels se poursuivent du côté des deux clans et au gré des guerres ouvertes. Après quelques versions alpha et bêta (depuis 2003), AmigaOS 4 finit par sortir officiellement fin 2006 pour quelques centaines de cartes AmigaOne produites au total (1000 ou 2000 au grand maximum) déclinées en différents modèles (SE, XE, Micro). De 2002 à 2005, MorphOS évolue de la version 1.0 à la version 1.4.5 et différentes mises à jour récentes, mais toujours dans l'attente de MorphOS 1.5 (ou 2.0 selon BBRV) depuis près de deux ans, pour quelques milliers de Pegasos I (G3) et Pegasos II (G3/G4) produites, ainsi qu'une version pour Amiga Classic PowerPC.

Le partenariat avec Freescale obtenu par Genesi comme plate-forme Linux semble avoir davantage dopé la machine (plusieurs milliers de Pegasos certainement vendus). Quoi qu’il en soit, ça reste - très - peu en cinq ans. Pas de quoi faire vivre des dizaines de développeurs nécessaires à de tels développements. Même si pendant un temps, l'hémorragie a semblé être jugulée par un freinage des départs d'utilisateurs, voire un retour de certains anciens ou autres nouveaux venus. Depuis au moins un an, la tendance semble de nouveau repartir à la baisse : lassitude des utilisateurs restants surtout dans l'attente de logiciels, de nouveaux départs, moins de développements, peu ou pas de communication des protagonistes (surtout du côté de la MorphOS Team), et pire depuis quelques mois : plus aucune production de machines que ce soit AmigaOne et Pegasos ! Ce qui devrait une nouvelle fois avoir raison des derniers revendeurs restants (en dehors de ceux "travaillant" sur leur temps libre ou diversifiant leur activité au monde PC). Eyetech a semble-t-il lâché l'affaire, et bPlan son super Pegasos III.

Toutefois, il reste l'espoir d'un côté d'une nouvelle carte mère PowerPC gérant pour l'instant uniquement AmigaOS 4 (la Samantha de la petite société ACube), et de l'autre une autre carte au facteur de forme propriétaire gérant MorphOS (l'Efika 5200B de bPlan GmbH/Genesi). Des deux côtés, on fait évidemment spéculations de la gestion des deux systèmes... Toutefois, ces cartes font plutôt office de roues de secours pour la communauté Amiga. Dans les deux cas, elles sont techniquement inférieures aux derniers AmigaOne et Pegasos II (eux-mêmes déjà en retard technologiquement), moins adaptées à la micro-informatique personnelle mais plutôt orientées solutions embarquées. Les amigaïstes survivants ayant connu pire en treize ans de galère, s'y accrochent cependant comme un avenir certain. A part quelques passionnés de techniques pointues, qui d'autre pourrait s'en intéresser réellement ?

AmigaOS 4 / MorphOS : quelle utilité ?

Du côté OS, l'avenir semble tout aussi sombre. Après ces longues années de développement souvent sur les temps libres, peu financés ou en bénévoles, que reste-t-il comme développeurs motivés à poursuivre les versions, et avec quelle énergie ? AmigaOS 4 Final vient tout juste de sortir après un très long et laborieux développement de cinq ans, et MorphOS, commencé fin des années 1990 ne voit toujours pas offrir sa version 1.5 (ou 2.0). Ça sent l'essoufflement.

Avec le peu de machines vendues, les caisses n'ont certainement pas été renflouées. AmigaOne/AmigaOS 4 et Pegasos/MorphOS laissent souvent l'impression d'avoir été un miracle pour des vieux passionnés rêvant du retour de leur machine glorieuse en des temps lointains. Vous rêviez d'un AmigaOS 4 sur un nouvel Amiga PowerPC ? On l'a fait ! Même s'ils resteront sans suite. Du coup, les plus réalistes espèrent pouvoir encore utiliser leurs récentes machines encore quelques années (comme les Amiga Classic auparavant) tout en attendant de nouvelles versions de logiciels et des systèmes.

Quoi qu'on en dise, les développements ne sont plus à la hauteur de ceux de la fin des années 1990. Il suffit aussi de jeter un oeil sur le nombre des derniers fanzines, des derniers revendeurs Amiga, des clubs, des manifestations ou des inscrits à l’Annuaire Amiga Francophone, pour se rendre compte que la reprise tant attendue avec les Amiga NG n'a pas eu lieu, et n'est pas prête d’arriver. Aujourd’hui, il doit rester tout au plus quelques centaines d’utilisateurs - quotidiens - d'Amiga en France et quelques milliers dans le monde. Tout diminue, tout s'espace, encore et toujours.

L'unique souffle qu'a connu l'Amiga ces dernières années a été celui insufflé par Genesi et ses financements aux sources pas toujours claires (voir l'affaire Pretory/Thendic) et terni par le coup de froid avec la MorphOS Team. Mais toujours pas de quoi perdurer. On n'est plus en 1985, tout le monde économique et informatique a évolué (depuis plus de dix ans sans l'Amiga) et trouver l'investisseur milliardaire nécessaire à un avenir crédible relève maintenant de la science-fiction. Même Apple et ses milliards n'arrive pas à décoller, tout juste à maintenir sa part de marché (même si une ouverture semble s'opérer depuis le passage aux microprocesseurs x86).

Il faudrait qu'AmigaOS ou MorphOS, ou bien leurs matériels gérés, soient révolutionnaires aux yeux d'un investisseur, du moins apporter un réel avantage par rapport à la multitude d’OS alternatifs qui inonde déjà le marché dominé par les PC et Windows. Ils en sont loin, très loin. Hormis la réactivité du système et la légèreté de sa structure, qu'apportent AmigaOS et MorphOS ? Rien de plus qu'un Windows, un Linux ou un Mac OS X. La beauté de l'interface, c'est une histoire de goût et de couleur. Son ergonomie, elle est toute relative par le nombre de manipulations système encore à faire ou les instructions au clavier encore à saisir.

Pire, de nombreux manques côté système (protection mémoire, sécurité, supports de cartes, périphériques et nouvelles technologies) ainsi que logiciels (bureautique, Internet, jeux) sont encore à combler. Cela fait des années que Windows et Mac OS plantent beaucoup moins qu'un système Amiga et qu'on ne les redémarre quasiment plus à cause d'une application instable. Certes, AmigaOS et MorphOS démarrent en moins de 15 secondes, mais tout perdre et devoir le subir fréquemment en font une utilisation peu fiable, surtout pour un travail sérieux et sensible. Avec de telles spécifications, il faut croire que l'avenir (?) des Amiga NG est plutôt destiné à l'embarqué.

Il en va de même pour les utilisateurs. En dehors des férus d’informatique alternative et de technique qui peuvent attirer ces systèmes ? Contrairement à la majorité des amigaïstes, le commun des mortels se soucie peu du système d’exploitation sur lequel tourne son ordinateur et duquel se lancent ses logiciels. Cela se résume à une interface graphique organisée en icônes, menus et fenêtres. L'argument du système est donc vite limité.

Même si les Amiga NG ne sont pas si coûteux que ça à l'achat (quand ils sont disponibles), ça reste tout de même un certain investissement pour une utilisation aléatoire pour ne pas dire limitée. En contrepartie, AmigaOne et Pegasos peuvent également lancer LinuxPPC pour combler tous ces manques, voire Mac OS X à travers une très bonne émulation. Mais alors, où est l'intérêt de passer sur ces machines (peu produites, technologiquement à la traine ou limitées) si c'est pour se retrouver à l'utilisation comme sur un PC ou un Mac ?

Ce n'est pas non plus ces nouvelles cartes mères à base de PowerPC, mais avec des cartes annexes standard du monde PC (graphique, son, réseau), qui vont réellement faire la différence. Car au final, c'est toujours pour lancer des applications sur un système. Depuis les Amiga Classic, les coprocesseurs propriétaires ont été abandonnés. Même s'ils faisaient la force et l'originalité de l'Amiga des débuts (époque Commodore), aujourd’hui leur développement seraient trop coûteux et trop limitatif par rapport aux cartes standards du monde PC largement produites et évolutives, surtout pour un marché de niche aux faibles moyens comme celui-ci.

Le choix des processeurs

Historiquement, le microprocesseur 68000 des Amiga était déjà une alternative matérielle. Dans cette philosophie, et dans la lignée d'Apple et ses Macintosh, l'Amiga est aussi passé logiquement au PowerPC, mais avec plusieurs années de retard (faillite de Commodore oblige), que ce soit avec les PowerPC 603/604, ou les G3/G4. Toujours en avance et face à l'inertie d'IBM, depuis un an Apple a abandonné le PowerPC et migré toute sa gamme Macintosh (bureau et portables) sur x86.

Après de longs débats conflictuels sur les forums, tout le monde n'y prêtent maintenant plus attention. Que ce soit PowerPC ou x86 qu'on ne voit pas sous le capot, les Mac, Mac OS X et leurs logiciels sont toujours aussi efficaces et agréables à utiliser. Mieux, ils ont gagné en puissance et apparemment la part de marché des Mac sur les PC est de nouveau à la hausse. Le dernier et unique gros consommateur de PowerPC du marché grand public ayant lâché l'affaire, quel avenir reste-t-il aux machines alternatives PowerPC de bureau comme l'AmigaOne et le Pegasos ? Peu de chance de voir un jour un PowerPC G5 sur Amiga, encore moins sur les cartes attendues comme la Samantha ou l'Efika 5200B plutôt orientées systèmes embarqués.

Certes, il reste une multitude de machines à base de PowerPC : stations de travail, serveurs, gros et mini-systèmes IBM, consoles de jeux, set-top boxes. Il reste aussi son dérivé prometteur, le Cell. Mais sans Apple, plus de marché pour les ordinateurs de bureau, uniquement des puces et cartes spécialisées. Certes, l'Amiga et sa micro-communauté pourront s'en contenter, en dehors du marché grand public. Mais une nouvelle fois depuis la chute de Commodore, toujours en retard d'un train, dépendant des autres locomotives. Dans ces conditions, comment attirer de nouveaux utilisateurs nécessaires à un avenir plus sûr ?

L'Amiga peut donc se contenter de ce marché embarqué, pour ses propres applications et utilisateurs hobbyistes, ou même y trouver pourquoi pas de nouveaux créneaux commerciaux. Mais toujours sans grande gloire si des investissements ne tombent pas dans les caisses, en vivotant comme depuis plus de dix ans. A moins d'un revirement d'utilisation de la micro-informatique personnelle, une telle solution matérielle et logicielle pourra difficilement exister face au rouleau compresseur PC/Windows, ou même Linux et Mac OS X.

Sans une dynamique PowerPC grand public comme l'apportait Apple, l'Amiga devra suivre les autres sur ce marché, à savoir peut-être migrer à son tour sur x86. Certains amigaïstes diront qu'il ne restera plus rien de l'Esprit Amiga, que c'est une hérésie ou un combat perdu d'avance face à Windows et Linux (ou tous les autres OS alternatifs déjà présents). D'autres amigaïstes diront que la migration d'AmigaOS 4 et/ou de MorphOS sur x86 est une nouvelle montagne infranchissable vu le peu de ressources de développement et de motivations restantes, tout en perdant au passage tout l'héritage des logiciels 68k et PowerPC (à moins de les émuler à leur tour). Après ça, qui restera-t-il pour porter des applications Amiga x86 ?

Et enfin, qui pour les utiliser, surtout avec les manques systèmes toujours présents ? Potentiellement, certainement davantage qu'avec la plate-forme actuelle et son trop peu de machines NG à l'avenir matériel incertain. Il existe déjà beaucoup plus d’utilisateurs d'AmigaOS classique sur PC à travers l'émulateur UAE que d’utilisateurs d'Amiga NG, probablement prêts à tester - à moindre coût - AmigaOS 4 et MorphOS, ou mieux à venir y développer. L'émulateur Amithlon (abandonné), avec son micronoyau Linux démarrant directement sur AmigaOS 3.9 et ses accès directs à certaines cartes, ou encore le système AROS (Amiga Research Operating System) toujours en développement, auraient pu constituer un point de départ pour une migration x86. Et ce, depuis des années. Que de temps encore perdu si un jour une telle migration a lieu... Cependant, ils partent tous deux de l'architecture ancestrale d'AmigaOS classique (3.x), contrairement à AmigaOS 4 et surtout MorphOS avec sa fameuse QBox partant, eux, sur de nouvelles bases systèmes, plus évolutives.

L'Amiga, le poète maudit

La situation actuelle de l'Amiga est certainement la plus compliquée de son histoire, la plus incertaine face à des choix maintenant sans erreur possible, tant la communauté restante est au plus bas, en nombre d’utilisateurs, de développeurs et d'investisseurs. De toute l'histoire de l'informatique, l'Amiga a eu la chance unique de voir revenir des nouvelles machines après plus de 8 ans d'absence, une éternité sans nouveautés, à vrai dire totalement disparu de l'échiquier pour le commun des mortels. Un véritable miracle rapidement terni par un conflit fratricide entre les deux nouvelles solutions AmigaOne/AmigaOS 4 contre Pegasos/MorphOS qui a certainement freiné la plupart des ardeurs, que ce soient pour les anciens ou nouveaux utilisateurs qui n'ont pas franchi le pas, apeurés, dégoutés ou déçus. Ce sursaut peut aider à la survie des derniers résistants pendant encore quelques années, utilisant leurs nouvelles machines NG, même si elles ne sont plus produites, et les mises à jour au compte-gouttes des systèmes et des logiciels.

Tout le monde ne peut pas accepter d'être ainsi dépendant ou à la traine de l'évolution technologique générale imposée par les géants de l'informatique. L'arrivée de nouvelles cartes telles Samantha ou l'Efika 5200B, trop limitées, peuvent encore perdurer un peu l'espoir, mais toujours sans réel rebond de la Boing Ball ou d'envol du papillon bleu. A moins de trouver de nouvelles applications dans un domaine spécialisé tel l'embarqué, mais peu intéressant pour l'amigaïste des premiers jours (que restera-t-il de l'Amiga qu'on a connu avec ce genre de solutions ?). Une autre solution, aussi de la dernière chance, consisterait à migrer AmigaOS 4 et MorphOS sur x86 pour bénéficier de tout son potentiel matériel et utilisateurs (consommateurs). La communauté Amiga en a-t-elle encore les moyens humains et financiers ? Sans compter les idéalistes réfractaires à toute cohabitation (trahison) avec les ennemis de toujours : les PC et Windows.

La communauté Amiga reste la plus motivée et la plus passionnée des communautés que j'ai connues, même si elle semble bien fatiguée et lasse ces derniers temps, et pour cause. La franche camaraderie qu'on a plaisir de retrouver à chaque Amiga-bouffe ne sera peut-être plus suffisante. A chaque nouvelle issue, une nouvelle désillusion, de nouveaux morts au combat et une nouvelle énergie à retrouver pour la prochaine lutte.

On dit souvent que l'Amiga est maudit, qu'il a laissé passer sa chance. Certains disent depuis longtemps "place aux autres", les amigaïstes convaincus resteront jusqu'au dernier, même reclus sur eux-mêmes. La passion et la raison ne font pas souvent bon ménage. Il restera toujours la cohorte des nostalgiques de la grande époque, certainement la plus inépuisable, allumant de temps à autre leurs bons vieux Amiga 68k (ou UAE), pour le souvenir, rarement pour l'avenir. On dit aussi que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Il y a toujours des solutions possibles, faut-il encore choisir les bonnes, les plus réalistes. L'Amiga a presque grillé toutes ses cartes. Personnellement, je vais rester observateur de tout cela, dans l'attente du train le plus pérenne à mes yeux, s'il arrive un jour.


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