Obligement - L'Amiga au maximum

Jeudi 30 mars 2017 - 10:48  

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Test de Publishing Partner Master 2.1 (PageStream 2.1)
(Article écrit par Gilles Bihan et extrait d'Amiga News - juillet 1991)


L'Amiga cherche à se donner les moyens de rivaliser avec ses grands "frères" implantés sans partage dans le monde de la PAO. On pense inévitablement aux PC et autres Mac qui foisonnent dans les ateliers sombres de création de feuille de papier-journal. La machine élue Meilleur Micro de l'Année 1991 à l'European Computer Trade Show à Londres récemment (encore une fois) a-t-elle aujourd'hui, en juin 1991, les moyens de rivaliser avec les "fabriqueurs de page" ?

Publishing Partner Master 2.1

PAO et concurrence

Pour répondre à cette question essentielle, une autre question doit être posée : y a-t-il sur Amiga un logiciel de mise en page, et dans l'expectative d'une réponse affirmative, qui est-t-il ? Nous l'avons découvert au détour d'un bois. Sans tapage, ni fioriture, il place la machine "aux mille fantaisies graphiques" dans le pool de création de la publication assistée par ordinateur.

Son nom de code : Publishing Partner Master 2.1, à la conquête des pages perdues. Descendant d'une longue lignée de logiciel de PAO (son grand-père était Publishing Partner sur Atari ST, faut-il le rappeler), il est venu dans le microcosme de la publication, comme un cheveu sur la soupe. Autant le dire tout de suite : il fait tout, et sait tout faire. Ses références sont sans reproches, et sa puissance sans réserve. Ses versions précédentes (que se soit sous la forme de PageStream ou de Publishing Partner Master), souvent critiquées par l'érection de quelques bogues, faisaient déjà très fort. La nouvelle mouture va encore plus loin : elle se paye le luxe d'avoir une ergonomie hors pair.

En PAO, chacun a son logiciel phare. Pour les uns, PageMaker (PC ou Mac) est le mieux adapté pour un travail rapide et efficace. Seulement, à la longue, on s'aperçoit que ce n'est pas un outil d'une très grande précision. Pour d'autres, Quark Xpress est puissant et convivial. Mais il faut au moins un Mac FX à plus de 60 unités pour faire quelques choses de propre. D'autres encore ne jurent que par les monuments de la PAO tel que Xerox Ventura Publisher (à plus de 9000 FF). Chacun de ces logiciels a ses propres qualités et ses propres défauts. Si l'un est précis, l'autre ne l'est pas, si l'un est convivial, l'autre est très lourd à mettre en oeuvre, etc. Mais de tout cela se dégage une idée directrice, une idée de la solution idéale pour répondre à tous les maux. Les gens de SoftLogik ont sûrement longtemps pratiqué tous ces logiciels pour en tirer la conclusion que les temps nouveaux sont venus de réunir toutes les bonnes idées, pour en faire une seule et unique.

Réfléchissons un peu à une situation type : je dois construire la page 3 du journal de l'union des commerçants de mon quartier. Ils me donnent une après-midi pour la faire. Seulement ces clients ont des caprices et quelques volontés abstraites dans leur tête dégarnie sur la manière de monter une page. Cependant, ils payent, et comme le dit à juste titre un grand homme illustrement inconnu, "le client est roi".

PPM est précis comme un pied à coulisse

Et alors le "paoïste" est pris pour le dernier des esclaves, et la moindre remarque tourne immédiatement au printemps de Pékin. Néanmoins, j'ai quand même un petit problème. Il faut mettre un cadre à 103 mm du haut de la feuille et à 57 mm de la gauche, avec une hauteur de 177 mm et une largeur de 29 mm. De plus, ce cadre doit avoir une épaisseur de filet de 11 mm.

Où vais-je trouver mes 5133 mm2 ? Tous les logiciels de PAO proposent une règle. Essayez donc d'avoir une précision au millimètre avec une règle. Très peu offrent un menu permettant de choisir les caractéristiques de placement d'un objet donné. Publishing Partner Master donne l'un des menus de réglage de coordonnées les plus complets et précis que j'ai eu l'honneur et l'avantage de fréquenter. Le travail se fait au 1/2 millimètre près, voire plus si cela vous fait plaisir.

Publishing Partner Master 2.1

Tout est modifiable au choix de l'utilisateur : largeur, hauteur, placement par rapport au haut, au bas, à droite ou à gauche, facteur d'agrandissement en pourcentage horizontal et vertical. Dans l'hypothèse de notre cadre, je dessine un rectangle quelconque sans tenir compte du placement ni de la taille. Je le sélectionne, puis invoque la fenêtre de requête de coordonnées par [Amiga droite + E]. J'entre les desiderata de ces messieurs, puis PPM fait le reste. Précise et conviviale, cette fenêtre de requête varie selon le type d'objet sélectionné. On pourra retrouver dans le cas d'une image des options afin de modifier le tramage ou la coloration de celle-ci.

Pour un arc, la possibilité est offerte de faire varier au degré près sa longueur. Avec cette faculté, plus de travail à tâtons, plus de calculs fastidieux sur la règle afin de trouver le bon point de départ et le bon point d'arrivée, rapidité et rigueur du placement sont le mot d'ordre. Reste alors à mettre un cadre d'une épaisseur de 11 mm. Là encore, on est parti de l'idée qu'il faut offrir à l'utilisateur un choix quasiment illimité. Sélection du cadre, appel à la fonction "Filets" du menu "Objet". Une fenêtre de requête fournie apparaît. Des types et des tailles de lignes standard sont proposés. Chaque type et chaque taille sont modifiables. Pour une ligne de 11, je tape 11 dans la case "choix", pour un cadre avec un pointillé bien spécifique, je fais appel à un module de modification de ligne, où la matrice de point d'une ligne standard peut être modifiée afin de répondre au besoin de l'utilisateur. On peut également décider si la ligne, l'arc, ou le polygone sélectionné doit avoir une flèche en son début ou en sa fin, ou aux deux. Bref, on peut tout lui demander.

Dans les versions antérieures, la spécification de la couleur du cadre se faisait dans une autre partie du logiciel. Aujourd'hui, et pour les bienfaits d'une plus grande convivialité, la couleur peut être sélectionnée directement dans la fenêtre de requête de choix de "Filets". Ceci est également valable pour le choix du motif de l'objet. On garde l'idée de précision et de souplesse absolue, pour y ajouter la rapidité d'utilisation. Tout est sous la main. On diminue les appels menus. On accélère les mises en page. On facilite la création.

Cet exemple montre à quel point l'ergonomie et les fonctions proposées retiennent l'idée qu'avec PPM on doit toujours pouvoir faire, et tout faire dans un minimum de temps. Avec un logiciel de la marque X... du nom Y... j'aurais mis 30 minutes de plus, la rigueur n'aurait pas été garantie, et surtout je n'aurais pas pu mettre un cadre avec une épaisseur de 11 mm.

La continuité

Une autre idée me vient à l'esprit : si ces commerçants veulent le mois suivant la même mise en page, mais avec un texte différent, se serait dommage de tout recommencer. Je peux reprendre l'ancienne page, effacer le contenu qui doit changer et placer le nouveau texte. Cela prend un peu de temps, et ce n'est pas toujours exempt d'erreurs. Alors PPM 1991 offre l'idée de gabarit. Ce n'est pas nouveau, mais il le permet. On crée un masque prêt à être rempli. Plus besoin de refaire les encadrements, les colonnages, plus besoin de faire le vide pour remettre à jour la page. On prévoit dès le départ une page-type que l'on sauvegarde comme telle. On sauve comme un gabarit, et on est sauvé. Il est possible ensuite de reprendre à tout moment le modèle de mise en page. Il ne reste plus qu'à remplir.

Constant dans sa mise en page

Il peut arriver qu'au cours de la mise en page d'un long "pamphlet" dénonçant le massacre honteux et inavouable des grenouilles sur les routes communales, que le colonnage, bien que variant selon les pages, doive rester dans un cadre bien défini. En quelque sorte, je m'en moque que la colonne soit à 2 ou 3 cm du haut de la feuille, mais je veux que dans toutes les pages, quel que soit le placement horizontal, que ma colonne soit toujours à la même hauteur que celle choisie dans la première page.

Là encore PPM reprend efficacement à son compte le principe des guides. Ces guides sont des repères de maquettage qui n'apparaîssent pas à l'impression. mais qui permettent de servir de point d'ancrage à un objet ou un texte. Quand ces guides sont actionnés, lors du placement d'une forme, si celle-ci s'approche de la ligne suffisamment près, PPM encolle le sommet ou la base, selon l'approche, sur la distance horizontale ou verticale voulue. Cela peut paraître confus, mais à la longue on s'aperçoit de l'utilité du principe.

La création des guides se fait dans la page maître, sorte de page-gabarit où on crée en cliquant sur la règle les repères d'alignement. PPM permet également de placer une grille, dont la grandeur est à la discrétion de l'utilisateur, et qui permet un placement par zone régulière, un peu comme le permet Deluxe Paint. La précision est choisie une fois pour toute. Un objet placé sur guide gardera la même précision au fil des pages. A noter dans la même idée que la page maître permet de décider que sur toutes les pages un logo (par exemple), apparaîtra à une place donnée, comme on le fait avec l'option en-tête d'un traitement de texte. La seule différence est que le dit logo peut aller n'importe où sur la page.

Multicolonnage

Dans le placement de texte, l'essentiel est la création de la colonne, entité-objet où le texte se place. Cet objet peut être créé à l'aide de la fonction "Colonne" de la boîte à outil. Cela est bien quand on veut une mise en page où un colonnage strict et régulier n'est pas demandé. Mais pour créer cinq colonnes de la même hauteur, de la même largeur, à la même distance du haut de page et séparées de 5 mm, ce n'est pas adapté.

La solution peut être de les créer l'une après l'autre, et de les placer avec la fonction "Coordonnées". Mais c'est long et fastidieux. PPM offre une option "Créer colonnes" : une fenêtre de requête propose le choix du nombre de colonnes, de la largeur de celles-ci, de leur placement de départ, de la longueur de la gouttière les séparant, ou encore de la liaison automatique de ces dernières. PPM ensuite place à partir de ces données les colonnes. Il ne reste plus qu'à les remplir. Une fois encore PPM sait se montrer convivial (il offre une possibilité de raccourci).

Dessin vectoriel

Un autre aspect de la mise en page est l'adjonction d'éléments graphiques dans une page. Ces éléments peuvent être des traits, des rectangles vides ou pleins. L'objet graphique remplit alors généralement une fonction d'habillage, d'embellissement du travail de mise en page. Classiquement, les logiciels de PAO permettent l'insertion de cadres (carrés et arrondis) et de lignes. PPM va plus loin, et offre "deux logiciels" pour le prix d'un. En effet, dans sa boîte à outil, il donne des fonctionnalités permettant de créer ces formes classiques, mais également de créer des arcs, des cercles ou des ellipses, pleins ou vides, colorés ou non, des polygones ouverts ou fermés et des dessins à main levée.

On peut créer une étoile ou une maison grâce à des vecteurs. Une fois encore, parce que personne ne le fait, et qu'il faut aller en avant, PPM en rajoute, et offre directement, sans supplément de prix, les fameuses courbes de Bézier, égales à elles-mêmes et ne s'apparentant à rien. Celles-ci s'obtiennent par la création d'une ligne d'un polygone à laquelle on applique une courbure. La modification se fait grâce au module de modelage (une icône carré barré). Deux points de courbure peuvent être modifiés à souhait. A nous les montagnes russes.

Tous ces objets graphiques créés par PPM peuvent être modifiés, déplacés, et effacés à volonté. Ils peuvent faire l'objet d'un couper/coller. On peut à loisir les grouper ensemble pour n'en faire qu'un seul. Cela est très pratique quand on veut déplacer un groupe d'objets vers une autre point de la page (ce qui est pour ce dernier point une constante des logiciels de PAO). On peut également, afin d'éviter des manipulations hasardeuses, les bloquer sur la page, ce qui interdit toute modification sur leur personne. Ce modelage est également effectif sur des blocs de texte (les colonnes), qui, comme les objets, peuvent être modifiés dans tous les sens à l'aide de poignées. On peut pratiquer sur un objet ou un groupe d'objet des alignements : je veux que la boîte soit exactement au milieu de la page. Je la sélectionne, fais appel à "Alignement" dans le menu "Objet", et grâce à six icônes, centre exactement ma forme. Gasp ! Facile et puissant. Rapide et efficace.

On ne s'arrête pas là : pourquoi ne pas faire souffrir encore l'Amiga ? Tous ces objets peuvent subir une rotation au degré près. Ces rotations peuvent également se faire uniquement sur l'axe horizontal ou l'axe vertical, bien sûr. Par exemple, s'il faut que le texte "Matin" ait une inclinaison de 37 degrés, je crée un bloc de texte, y écris "Matin", place le bloc aux dimensions du texte, puis par simple appel au menu de rotation je lui demande de tourner de 37 degrés (par contre, si voulez faire une rotation de 37,2 pour le matin, ce n'est pas possible, c'est Béa qui ne va pas être contente). Clac ! C'est fini.

Cette géniale fonction a encore un petit défaut, que les années n'ont pas fait disparaître : une modification de la taille du bloc texte une fois tournée, et l'inclinaison de celui-ci risque de varier. Alors on règle à nouveau l'angle. Enfin... la notice prévient sur la potentialité de ce risque.

Pour finir sur le thème "je sais faire des pâtés de sable", parlons de la notion de duplication : par exemple je veux construire un tableau constitué de case de 1 cm par 1 cm. Ce tableau contient 20 cases sur 20 cases. On peut créer une case, la copier, déplacer celle-ci en dessous ou à côté, et ainsi de suite. C'est toujours très lent, et encore plus lent si on veut que cela soit précis. Pas de panique. PPM offre la fonction "dupliquer" qui permet à partir d'un carré de créer "x" fois le même carré (ou tout autre objet), décalé de "x" centimètres horizontalement et verticalement. Deux appels à cette fonction permettent de créer le tableau.

Importation des fichiers graphiques

Malgré toutes ces potentialités artistiques, on ne peut pas faire certains graphiques avec lui. Heureusement, car les logiciels spécialisés en la matière tomberaient en quenouille technique. Si on veut inclure une photo, un dessin, ou un dessin orienté objet (fait grâce à un logiciel de conception assisté par ordinateur), pas de problèmes une fois encore : PPM propose un module d'importation qui n'attend plus que les pilotes (à ce sujet, il suffit par la suite de rajouter les pilotes adéquats pour importer de nouveaux formats, pourquoi pas des images Archimedes un jour ?).

De nombreuses importations sont proposées dès aujourd'hui. On peut importer de l'IFF, du DEGAS (Atari) normal ou compressé, du Metafile (Atari), du GIF (PC), du PostScript PC et Mac, du IMG, du Aegis Draw, du Mac Paint (Mac), du Neochrome (Atari), du Professional Draw, du TIFF et du TINY. J'en oublie sûrement, mais les principales sont là. Cela fait du monde. Le petit Atari est là bien représenté (c'est normal PPM a d'abord été développé sur Atari), mais les Mac et autres PC n'ont pas été oubliés.

Dans le cadre d'une importation, on peut insérer directement le graphique dans la page. Dans ce cas, il est directement placé comme un objet. Sa taille est définie à discrétion. Ou bien on peut désirer ne prendre qu'une part de l'image importée. Alors on passe dans le mode graphique de PPM qui affiche l'image, et qui permet d'en prendre une partie par l'inévitable Couper/Coller. En théorie les couleurs d'origines sont gardées intégralement. Cela ressort en noir et blanc sur l'Amiga.

(Note de la rédaction : PPM à l'affichage d'images est lent, même un simple changement de page prend un temps important. Dans le cas d'un article comportant plusieurs images sur une page, PPM ne permet pas l'affichage de l'image de son choix, c'est toutes les images ou rien, et les temps d'attente en souffrent. Dommage)

Comme je n'ai qu'une imprimante noir et blanc, cela sort en noir et blanc tramé. S'ils le disent, il n'y a pas de raison de ne pas les croire. En tout cas, une chose est certaine, le tramage respecte a peu près correctement les variations de couleur. Seule restriction : éviter de lui faire avaler des images trop sombres. Un conseil : placez des images bien contrastées entre les différentes couleurs, ou alors ne mettez que des images noir et blanc (une numérisation par exemple). Comme j'ai eu l'occasion de le dire plus haut, ces images-objets peuvent, grâce à l'option "Coordonnées" subir des variations dans leur tramage ou leur coloration.

Toujours dans un esprit de précision, PPM offre dans son ultime version la possibilité de forcer le nombre de DPI de l'image IFF : en effet, celle-ci est d'origine fixé à 68 DPI. On peut au moment de l'importation mettre celle-ci à 300 DPI (attention à la mémoire).

Deux ombres malheureusement au tableau

L'importation de fichiers EPS (Encapsuled PostScript) et l'exportation. Les fichiers EPS (Mac ou PC) n'apparaissent pas sur l'écran. Ils sont représentés par un cadre barré. Ils ne sont visibles qu'à l'impression sur une imprimante PostScript, ou si l'émulateur UltraScript est mis en fonction. Il est regrettable que PPM ne convertisse pas ceux-ci en fichiers vectoriels PPM qui pourraient être directement imprimés sur une imprimante non PostScript.

Ce n'est pas essentiel, mais cela ferme pour les possesseurs d'imprimantes, généralement matricielles, l'importation de fichier faits avec des logiciels comme Adobe Illustrator ou Corel Draw. Personnellement, je ne sais pas si je vais m'en remettre. Remarquez, vous connaissez un logiciel de PAO sur Mac ou PC qui prend à la fois des images TIFF, IFF et les autres ?

Le deuxième hic, qui lui aussi est d'une importance dirons-nous capitale, est l'exportation d'images, prévu dans les menus, exportation qui a repoussé toutes mes avances les plus sincères. Echec complet. J'ai eu beau refaire dans ma tête toutes les grandes lignes de la procédure, fiasco général. C'est bien d'y avoir pensé, mais il aurait mieux valu que cela marche. Deuxième soupir. Il n'y a vraiment plus de jeunesse. Mais quel peut être réellement l'intérêt d'exporter une image ? PPM se place normalement comme un produit de fin de traitement...

L'impression n'a rien à envier aux autres

J'entends déjà certaines voix dans le fond de la salle, murmurer que je commence à traîner sur la mise en forme. Il serait peut être temps de parler d'une fonction essentielle : le texte.

Eh oui, un journal ne serait pas un journal s'il ne contenait pas quelques lettres constituant autant de mots que de bêtises à la ligne. La lettre, ou caractère, est la base de tout. L'Amiga, comme le Mac, possède un jeu de polices servant à la fois pour l'affichage écran et l'impression graphique. Ces polices sont bitmaps, ce qui ne donne jamais de bon résultat à l'impression. On aura beau taper des pieds par terre, une police bitmap reste un amalgame infâme de points. Certains logiciels sur Amiga les reprennent à leur compte pour imprimer (Excellence!, PageSetter ou Professional Page).

Publishing Partner Master 2.1

Rajoutez à cela que ces polices sont imprimées par les pilotes imprimantes Amiga. Là encore ce n'est pas folichon. Une fois les nombreux problèmes de paramétrage écartés (si cela est possible, car j'ai longtemps essayé de faire fonctionner une Okimate 20 sur le port série, j'attends toujours la sortie, alors que le pilote est prévu), la qualité obtenue est loin d'être parfaite : tramage irrégulier, ligne blanche impromptue, irrespect des proportions, etc.

PPM choisit une solution radicalement différente : puisque ce qui existe sur Amiga est insuffisant, on va gérer soi-même polices et imprimantes. A cet effet, PPM comporte un jeu complet de polices PPM. Ces polices sont vectorisées et divisées en polices écran et imprimante. Et comme on est très intelligent chez SoftLogik on y a rajouté les polices équivalentes PostScript. PPM propose en standard toutes les polices les plus usuelles. La qualité est assez bonne, notamment grâce à ses propres pilotes imprimantes.

Effectivement, PPM se paye le luxe d'avoir ses propres pilotes dédiés. Pour ainsi dire toutes les imprimantes du marché sont gérées. On trouve toujours un pilote à sa chaussure. Upgrade offre également des disquettes de polices supplémentaires. Mais comme la collection ne semblait pas suffire, PPM nouvelle version offre la possibilité d'utiliser les célèbres polices Agfa Compugraphic Intellifonts, disposant de "Hints", sorte de matrice de forme, leur permettant une excellente qualité d'impression. Vous pouvez aussi acheter de telles polices, et les utiliser sans crainte sur votre machine (il y a une belle collection).

Publishing Partner Master 2.1

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? PPM offre en plus la possibilité d'utiliser des polices PostScript Adobe type 1 et 3. Réservées à certaines imprimantes, le choix de police est cependant très vaste. Grâce à tous ces vecteurs, PPM imprime très bien (certainement mieux que tout ce que l'on voit habituellement sur Amiga), même sur une 9 aiguilles. Les pilotes reprennent bien les graphiques, qu'ils soient bitmaps ou vectoriels, qu'ils soient tramés ou non, qu'ils soient grands ou petits. Les proportions sont respectées. Seule l'impression en matricielle, voire jet d'encre, est assez longue. Mais dans ce domaine, je crois que l'on ne peut pas faire mieux, à moins de temporiser l'imprimante, pour pouvoir continuer à travailler. Cela ne fera cependant pas aller plus vite l'imprimante.

Un truc cependant que l'on a pu remarquer à la longue, c'est qu'une succession d'impression différente effectuée sans quitter et recharger totalement PPM provoque des lenteurs désespérantes. Peut-être que PPM ne vide pas totalement la mémoire qu'il a utilisé lors des impressions précédentes ? En tout cas, plus vous avez de mémoire, plus l'impression est rapide. Effectivement, PPM calcule en une seule fois, si la mémoire le lui permet, l'impression de la page (calculez le nombre de point d'une feuille A4 à 360 DPI, et voyez le nombre d'octets nécessaire pour la stocker...). Si la mémoire n'est pas suffisante, il le fait par bande, ce qui met un certain temps, et un temps certain. En tout cas, ne vous leurrez pas, l'impression d'une image est considérablement plus longue.

Pour vous consoler, sachez cependant que la lenteur d'impression est l'apanage de la PAO. Sur le sujet de l'imprimante, PPM offre plusieurs options à l'impression. Si pour l'instant l'impression d'une planche globale (chemin de fer) n'est pas opérationnelle, la taille de la page à imprimer peut être réglée par pourcentage. Il est possible également de faire des sorties quadrichromiques (généralement quatre planches représentants les trois couleurs primaires, RGB, et la couleur noire), des sorties aplats (seuls les objets sont sortis par le procédé quadri), d'imprimer les grandes pages (plus que le format A4) sur plusieurs pages, de placer des lignes de rognage ou points de coupe sur la page, de sortir une impression inversée ou miroir. On peut enfin sélectionner aisément la densité d'impression.

Très simple à utiliser

La grande force d'un logiciel de PAO réside, entre autres, dans sa capacité à faire subir les derniers outrages à des polices. Par exemple, mettre un mot en gras-souligné-relief, ou encore de resserrer les caractères afin de faire tenir une phrase dans une seule ligne. La réalité souvent de la PAO c'est le manque de place. Combien de fois une mise en page doit se faire au chausse-pied ? L'article doit rentrer dans la page, il faut qu'il rentre dans la page, il rentre dans la page. Rogner ici la taille d'un interlignage, réduire par là l'espace entre deux paragraphes, truquer la ligne de base, augmenter le retrait de texte.

Pour PPM, outre le choix des différentes polices de caractères, dans la même fenêtre de requête on peut leur attribuer, si ceux-ci sont disponibles d'origines dans les polices, les attributs gras, italiques, souligné. Si ce n'est pas le cas, un menu permet d'obtenir un grand nombre de variations par extrapolation sur les caractères. Par exemple, les caractères barrés, ombrés, légers, double souligné, etc. Les possibilités ne manquent pas. De plus, la taille des caractères est très variable. Cela va de la police 4 points à des polices de plus de 200 points. Le fait qu'elles soient vectorisées permet ce genre de fantaisie.

Les différents réglages de l'espace réservé à la police sont fait par une fenêtre de requête. Toutes les possibilités sont offertes. On augmente ou on diminue à loisir l'espace entre les caractères horizontalement et verticalement. De même, on peut régler la hauteur des caractères en indice ou en exposant. Quelle que soit la fonction de réglage, dans la fenêtre de requête, PPM offre de visu le résultat de la manipulation.

Dans le domaine de la gestion des textes, PPM permet également les classiques fer à gauche, fer à droite, centrer et justification. Sur ce dernier point, il permet une justification au mot, au caractère, voire combinée, permettant d'adapter la justification à l'éclaircissement de la ligne dans la colonne.

On trouve encore la classique fonction de césure, qui dans PPM existe en différentes langues, dont notamment française. On peut contrôler la coupure des mots, ou tout simplement laisser faire l'Amiga automatiquement. La notion de feuille de style n'a pas été oubliée, c'est une sorte de macro-commande, comprenant une suite d'options de format regroupant sous un seul nom toutes les options de textes et de formatages de textes à appliquer à un texte particulier. On peut alors appliquer sans qu'il y ait besoin de le rechercher, un style préétabli à des caractères.

Une fois un texte rattaché à une feuille de style, le moindre réglage de cette dernière se répercute automatiquement sur les caractères associés. Le réglage se fait automatiquement à la souris, et par le seul appel d'une fenêtre de requête. On ne peut pas faire plus simple.

Enfin, pour finir dans cette série "caractérielle", PPM gère également très bien les habillages de textes sur des objets graphiques. A cet effet, on peut provoquer plusieurs types d'habillage (habillage autour de l'objet, avant et après l'objet, etc.), ainsi que donner une distance d'habillage, c'est-à-dire l'espace entre le texte et l'objet. Tout cela se fait le plus simplement du monde, toujours par fenêtre de requête.

En ce qui concerne l'importation de texte, PPM donne la possibilité d'importer les textes provenants d'un grand nombre de traitements de texte. Hormis la classique importation de textes ASCII (à noter que PPM offre le choix entre CR et CR/LC), il reconnaît les textes provenants d'Excellence!, de ProWrite, de 1st Word (Atari), de WordPerfect et de Rediger. De plus, il comprend le format IFF Texte. Il permet de tenir compte des formatages de textes établis dans les traitements de texte. Cependant, il ne tient pas compte de certains attributs, tel que les entêtes, les notes en bas de page, ou encore les graphiques. Mais le principal est là : il sait lire autre chose que du code binaire ou de l'ASCII pur.

Épilogue

Je voudrais souligner ici l'environnement de PPM. Celui-ci, en effet, reprend les fenêtres Intuition classique. La nouvelle version a été plus prévue pour une utilisation en entrelacé. Cela marche très bien autrement, mais l'environnement graphique a visiblement été fait dans l'idée de l'utiliser en mode "vibrations".

Les fenêtres de requête de chargement et de sauvegarde sont propres, et relativement rapides. Pas d'encorbellements, mais un choix judicieux de bouton permettant de se balader dans les répertoires. Une option permet de régler les différents chemins ("paths") d'accès sur disque.

De même, on peut changer les couleurs écran. Une fenêtre de requête permet de sélectionner le pilote imprimante, et de lui attribuer certaines propriétés, telles que la taille de la feuille qui sera imprimée, ou encore la sortie d'impression (parallèle, série, fichier disque (attention ici : une page = minimum 300 ko...), ou autre périphérique).

Dans la série "PPM continue à améliorer son ergonomie", il faut noter l'apparition d'un fond de page, permettant comme le fait PageMaker ou d'autres, de placer les objets à côté de la page, afin de les isoler, ou d'opérer certains changements. Une nouvelle option dans le menu "Page" est accessible : on peut changer la taille de la page, et y ajouter si besoin est un fond de page. Cela est très intéressant car les versions précédentes n'offraient pas la possibilité de modifier la taille d'une page en cours. Il fallait le prévoir dans la fenêtre de requête de création d'une nouvelle page.

De même, la fonction "Sélectionner tout" marche enfin pour le texte (l'ancienne version ne fonctionnait que pour les objets). Là, en mode texte, tous les caractères du bloc sont sélectionnés. Finies les séances pénibles de destruction d'un texte dans une colonne.

Au niveau de l'affichage, PPM offre un large panel de zoom (on peut même faire un zoom variable). Toutes les possibilités sont offertes jusqu'à voir notamment un détail au millimètre. On peut également remplacer les textes en dessous et au-dessus d'un certain coefficient par des bandes noires, afin d'augmenter la vitesse d'affichage. Heureusement, car sur des grosses pages, cela peut être long à rafraîchir. De même, certains rafraîchissements doivent être effectués manuellement à l'aide des ascenseurs de déplacement, ou des options de zoom, pour remettre de l'ordre dans l'affichage de la page. Tout cela n'a pas changé depuis le temps.

Pour en finir, les fenêtres de requête et autres fenêtres de messages sont enfin déplaçables à l'écran et escamotables, comme toute fenêtre Intuition qui se respecte.

J'en ai sûrement oublié sur les fonctionnalités de PPM, mais un livre devrait lui être consacré. On peut quasiment tout faire. Son gros défaut est de ne pas être soutenu par des traitements de texte sur Amiga à la hauteur de ses prétentions. Vivement que cela soit réparé par SoftLogik, si la bonne idée leur en prend. En tout cas, le logiciel est totalement francisé, et cela est très bien fait. La doc est énorme et très complète, avec elle vous apprenez la PAO de A à Z : toutes les techniques de PPM sont expliquées. On trouve également une partie didacticielle tout à fait correcte.

Enfin, et ce n'est pas négligeable, une partie est réservée pour expliquer les grands principes de la mise en page. C'est très clair et sans bavure. Le tout est compris dans un classeur plein à craquer. De plus, le logiciel est sur six disquettes. Un programme d'installation disque dur est inclus. La version d'installation en notre possession n'était pas très au point, mais ce fut facile de recoller les morceaux.

Upgrade, enfin, assure très bien son service clientèle, et prévient régulièrement les acheteurs dûment inscrits des mises à jour. Sans l'ombre d'un doute, PPM est l'un des meilleurs logiciels qui existent sur Amiga. Au niveau PAO, il n'a de leçon à recevoir de personne. Mais comme tout gros logiciel, il demande une configuration assez sérieuse. Un minimum de 1 Mo de mémoire est conseillée. A mon sens, 3 Mo sont au moins nécessaires, ainsi qu'un disque dur. Remarquez, avec 1 Mo on peut déjà s'amuser.

En conclusion finale

PPM c'est l'achat gagnant : mais si vos bourses ne sont pas trop pleines, et si à l'occasion vous tombez sur une version 1.8 de PPM, n'hésitez pas. Celle-ci est également de très bonne facture, même si elle ne bénéficie pas des nouvelles fonctionnalités.

Nom : Publishing Partner Master 2.1 (PageStream 2.1).
Éditeur : SoftLogik.
Genre : logiciel de PAO.
Date : 1991.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 1 Mo de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : 2990 FF HT.


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