Obligement - L'Amiga au maximum

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Comparatif : Les jeux d'aventure de 1990
(Article écrit par Jacques Harbonn et extrait de Tilt - mars 1991)


Angoisse, mystère, suspense... Émule à la fois des héros d'Agatha Christie et d'Isaac Asimov, l'aventurier micro doit résoudre des énigmes, combattre des adversaires rusés et sans pitié, déjouer les pièges qui s'ouvrent sans cesse sous ses pas, rassembler les objets ou les indices et suivre la piste qui l'amènera enfin à découvrir l'assassin, chasser les extra-terrestres ou délivrer la belle princesse (rayer la mention inutile). Jacques Harbonn vous propose une sélection des meilleurs jeux d'aventure du moment...

Jeux d'aventure

Les jeux d'aventure sur micro ne cessent de s'enrichir. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis les premières aventures en mode texte, bien que certaines étaient loin d'être inintéressantes, celles d'Infocom par exemple. Les genres se sont diversifiés : aventures graphiques classiques ou animées, enquêtes policières où les dialogues et les relations avec les personnages sont de grande importance, aventures mêlées de jeux de rôle ou encore aventures en vraie 3D calculée relevant plus de l'exploration.

Pour ce comparatif, nous avons limité notre choix aux aventures classiques dans l'esprit, c'est-à-dire celles où la découverte et l'utilisation des objets revêtent une certaine importance. Des programmes comme Murders In Space, Damocles ou Xenomorph ont ainsi été écartés, non pas du fait de leur niveau (plus que correct), mais pour conserver une certaine homogénéité et, par là même, de meilleures possibilités de comparaison. Nous avons fixé notre choix sur cinq logiciels aux thèmes très divers, tout d'abord les trois nominés aux Tilt d'Or 1991, à savoir Maupiti Island de Lankhor, Operation Stealth de Delphine Software et Colonel's Bequest de Sierra complétés du plus ancien mais toujours excellent B.A.T. d'Ubi Soft et du tout nouveau Elvira d'Accolade.

Operatron Stealth et Colonel's Bequest sont toutes deux des aventures animées où vous voyez votre personnage évoluer au milieu des décors. Les trois autres programmes proposent des images fixes, complétées cependant d'une certain nombre d'animations.

Deux choses sont à remarquer. Tout d'abord, ces programmes tournent sur les trois micros les mieux implantés pour le jeu, à savoir l'Atari ST, l'Amiga et le PC. Les consoles 16 bits, quelles que soient leurs performances, n'offrent pas pour l'instant d'aventure de niveau comparable. Toutefois, cette situation pourrait fort bien évoluer à l'avenir, comme on a pu l'observer pour les jeux de stratégie pure ou mêlée d'action et les jeux de rôle classiques.

Ensuite, sur ces cinq programmes, trois sont français. Il ne s'agit en aucun cas de chauvinisme mais, si dans le domaine du jeu d'action, les logiciels français peuvent rarement prétendre à la même qualité que leurs équivalents anglo-saxons, les équipes françaises n'ont rien à apprendre dans le domaine du jeu d'aventure. Analysons maintenant les les différents aspects qui départagent ces cinq logiciels.

Thème

Maupiti Island nous propose une nouvelle aventure policière menée par le célèbre détective Jérôme Lange, celui qui vous a permis de résoudre les mystères du Manoir De Mortevielle. Vous vous retrouvez sur une île en compagnie d'une douzaine de personnages plus ou moins louches. La jeune Marie, disparue depuis peu, semble être tombée entre les griffes de trafiquants d'esclaves. La traite des blanches serait-elle de nouveau à l'ordre du jour ? A vous de résoudre cette énigme.

En fait, on ne comprend pas grand-chose au début et les pièces du puzzle vont se mettre en place grâce aux indices collectés dans les premières minutes de jeu. Bien entendu, il faudra faire preuve d'un certain doigté si vous ne voulez pas vous retrouver aux fers dans la cale d'un bateau.

Maupiti Island
Maupiti Island

Dans Operation Stealth, vous allez plonger dans une sombre affaire d'espionnage. Vous y incarnez un agent américain, John Glames. Le Stealth Fighter, fleuron de l'aviation, a été volé ! Le KGB ne semble pas en cause et les soupçons se tournent plutôt vers le Santa Paragua. En effet, le président, jusqu'alors démocrate et éclairé, s'est métamorphosé en un dictateur sans pitié. Dès le début, vous devrez agir avec circonspection pour ne pas terminer votre enquête dans les sombres geôles du pays. Ainsi, il est capital de connaître l'état actuel des relations du Santa Paragua avec les autres états. Riche de cette information et de votre équipement d'espion, vous serez à même de fabriquer un faux passeport, indispensable pour sortir de l'aéroport où commence le jeu.

Colonel's Bequest propose aussi une enquête policière. Vous incarnez une jeune femme, Laura, invitée par une amie sur une île appartenant au colonel Dijon. Vous y serez en compagnie de sa famille, réunie au grand complet. Tous ces personnages sont plus suspects les uns que les autres et, entre eux, l'inimitié et la haine sont plus fréquents que les amitiés sincères. Assez rapidement (au cours du premier repas présidé par le colonel), celui-ci fait part de son intention de faire hériter sa famille.

Lors de votre exploration, vous risquez fort de passer à côté d'indices capitaux si vous allez un peu trop vite. Les crimes vont alors de multiplier et vous-même n'êtes pas à l'abri d'une tentative d'assassinat (un superbe clin d'oeil à Psychose pour la scène de la douche). Les accidents mortels sont en revanche plus faciles à éviter. Ainsi, dans la chambre qui vous a été attribuée, vous n'allez pas tarder à découvrir une petite porte qui donne sur un sombre toboggan. Si, en dépit des mises en garde voilées du programme, vous décidez de l'explorer, c'est la mort immédiate !

Les deux autres programmes quittent l'univers réaliste pour un monde totalement imaginaire. Ainsi, dans B.A.T., l'histoire se place dans un futur assez lointain, l'année 2192. L'univers entier est colonisé et les Terriens ont fondé un service spécial pour régler les conflits interplanétaires, le Bureau des Affaires Temporelles. Agent du B.A.T., vous allez débarquer sur la planète Sélénia, et tenter de mettre la main sur l'infâme Vrangor qui menace de coloniser la planète.

La création de votre personnage reprend le principe des jeux de rôle avec l'attribution d'un certain quota de points pour les caractéristiques de base et les aptitudes complémentaires. Si la découverte des objets revêt une certaine importance (armement, objet que l'on pourra vendre), c'est surtout au niveau des relations et des dialogues avec les autres races que se place cette aventure. Chaque espèce rencontrée possède son caractère et sa langue propre, et votre ordinateur intégré va se révéler capital pour les traductions, et pour bien d'autres choses d'ailleurs.

Elvira reprend lui aussi le principe des jeux de rôle pour l'attribution des caractéristiques de votre héros, mais cette création est entièrement gérée par le programme. Vous devez aider la belle et plantureuse Elvira à rétablir l'équilibre du Bien et du Mal. Le ton est donné par l'atmosphère angoissante proche des films d'horreur. Cela commence mal vous vous faites rapidement jeter au fond d'un sombre cachot. Heureusement, Elvira veille et viendra vous sortir de là. Le principal but de l'aventure est de récupérer les ingrédients très variés indispensables à la réalisation des sorts d'Elvira. Mais vous devrez aussi faire face aux nombreux gardes dans des combats simples, mais bien réglés.

La richesse du scénario

Cet élément est bien entendu d'une importance capitale dans les jeux d'aventure. Maupiti Island et Colonel's Bequest sont les deux grands gagnants dans ce domaine.

Dans Maupiti Island, l'enquête combine avec bonheur l'exploration à la recherche d'objets ou d'indices importants et les interrogatoires des personnages pour mettre à jour un point obscur. La recherche des objets est facilitée par un certain nombre de qualités du jeu. Tout d'abord, le graphisme très précis des écrans permet de reconnaître facilement les objets ce qui est loin d'être le cas pour tous les logiciels d'aventure. Rien ne vous empêche d'ailleurs d'obtenir un complément d'information en "regardant" l'objet. L'icône loupe, que l'on peut promener sur l'écran, agrandit réellement une portion d'image et permet, par exemple, de trouver des indices à moitié cachés comme l'épingle sous le lit ou la broche dans les draps de Marie.

Les relations avec les autres personnages sont également très complexes. Votre détective est à même de poser des questions précises, de montrer un objet à un personnage ou de lui opposer le discours d'un autre pour voir ses réactions. Grâce au calepin, géré par le programme, vous pourrez enregistrer les réponses d'un suspect et les réentendre à loisir. Le côté enquête policière a été élevé vers des sommets jusque-là inégalés. Il est ainsi possible de demander à chaque personnage son alibi pour un moment précis de telle ou telle journée. Le jeu se déroulant en temps réel, il faudra en tenir compte pour ne pas rater ses rendez-vous.

Ce facteur temps intervient aussi pour les demandes d'alibi. Votre détective pourra se cacher dans certaines pièces pour tenter de surprendre une conversation ou un acte suspect ou même suivre une personne sur l'île pour vérifier son emploi du temps. En dernier recours, il est même possible de tenter de soudoyer un témoin ou de lui soutirer quelques renseignements par la force. L'aventure n'est absolument pas linéaire et vous pourrez mener votre enquête à votre convenance, ce qui n'est pas si courant dans ce domaine.

Colonel's Bequest offre lui aussi une grande richesse de scénario, mais reste en deçà de Maupiti Island. Là encore, l'aventure n'est pas linéaire et vous aurez tout le loisir de revenir en arrière pour réexplorer un lieu, ou reposer d'autres questions à un membre de la famille. L'interrogatoire des personnages vous permettra de mieux appréhender les rapports complexes qui existent au sein de cette famille pour le moins originale. Amitiés, connivences ou, au contraire, haines farouches lient tout ce petit monde en un écheveau difficile à démêler. Vous devrez utiliser au mieux les passages secrets qui permettent d'écouter sans être vu, et tenter de vous introduire à l'improviste dans certains lieux pour découvrir une situation intéressante.

En revanche, contrairement à Maupiti Island, il est ici impossible de filer les personnages. Dès que l'un d'eux sort d'une pièce, il disparaît, même si vous étiez sur ses talons. En ce qui concerne la recherche des objets, les graphismes moyens, propres aux logiciels Sierra, ne facilitent pas la reconnaissance immédiate. Mais un simple clic permet de les identifier, et le programme vous évitera de fouiller en vain certains meubles.

Les trois autres logiciels se situent globalement au même niveau sans pour autant atteindre la richesse des deux précédents.

Dans Operation Stealth, si l'aventure est moins linéaire que les Voyageurs Du Temps, on reste cependant loin de la liberté d'action des autres programmes. On a certes la possibilité de revenir un peu en arrière effectuer une action importante. Mais, en fait, le jeu se déroule en différentes phases et cette liberté d'action ne concerne que la phase en cours. En revanche, deux points sont à porter au crédit du programme. Tout d'abord les morts violentes et imprévues sont quasiment inexistantes. Certes le trépas est assuré si vous pénétrez dans la chambre d'hôtel du troisième étage sans bracelet pneumatique. Vous allez alors vous retrouver assez vite au fond de l'eau lesté par une pierre, sans aucune possibilité d'intervention. Mais une sauvegarde régulière évite d'avoir à refaire une trop grande partie de l'aventure.

Operation Stealth
Operation Stealth

Ces sauvegardes sont aussi conseillées, d'ailleurs, avant de franchir les labyrinthes, à moins que vous ne soyez un as des jeux d'action. Autre point capital : les difficultés ont toutes une solution logique, ce qui peut sembler élémentaire, mais ce qui est loin d'être le cas dans beaucoup de jeux d'aventure. Ainsi, vous pourrez passer la douane à l'aéroport en emportant les bagages d'un autre. Le douanier vous laissera passer une fois. Mais si vous recommencez l'opération, vous irez croupir au fond d'une geôle, car les douaniers peuvent pardonner une méprise mais pas une tentative de vol. De même, après la mort de votre contact tué d'une rafale de mitraillette, il semble judicieux de quitter les lieux au plus vite si vous ne voulez pas vous faire accuser de l'assassinat.

Après avoir été capturé par les agents du KGB, votre situation n'est pas des plus brillantes. Ligoté comme un saucisson au fond d'une mine désaffectée dont on a bouché l'issue, vous ne pouvez que vous tortiller comme un ver. En grattant à côté de vous, vous découvrez un objet coupant qui vous aidera à vous débarrasser de vos liens. Cet objet va se réveler être une pioche. Comme la sortie est définitivement fermée, il ne vous reste plus qu'a trouver un autre passage en cassant une paroi.

L'aventure s'enrichit aussi d'un certain nombre de phases d'action (la sortie de la mine par le tunnel sous-marin et les différents labyrinthes aux nombreux gardes et portes coulissantes) qui apportent une certaine variété au jeu.

B.A.T., pour sa part, offre un choix un peu plus restreint au niveau de l'aventure. Vous devez certes trouver et utiliser certains objets mais c'est principalement l'interrogatoire des créatures de rencontre qui vous feront progresser dans votre enquête. Cependant, à mesure que vous obtiendrez des réponses à vos questions, vos possibilités d'action vont s'en trouver améliorées. Par ailleurs, B.A.T. est l'aventure qui propose le plus vaste champ d'investigation (pas moins de 1100 lieux différents !).

Un certain nombre de facteurs enrichissent le jeu. Tout d'abord, le côté temps réel de l'aventure apporte un certain réalisme : il faut ainsi attendre la nuit pour s'introduire dans les maisons de passe, ou se rendre à l'heure dite pour rencontrer un indicateur. Il faut veiller à la bonne gestion de son énergie en mangeant, buvant et dormant pour récupérer.

L'argent revêt aussi une grande importance et il faudra donc veiller à ne pas dépenser à tort et à travers et à regarnir votre bourse grâce aux différents moyens proposés (jeux de café, marchandage pour vendre au meilleur prix vos acquisitions). Votre ordinateur programmable par quelques ordres simples s'avère ici capital pour vous prévenir à temps. Mais il sert aussi à traduire les langues galaxiennes les plus complexes ou à vous fournir des renseignements sur votre état physique.

L'action est aussi de la partie avec des combats simples mais bien gérés (avec possibilité de fuite en particulier, bien utile quand le combat tourne en votre défaveur, et gestion du nombre de projectiles), des jeux de café pour acquérir quelque argent et même le pilotage d'un vaisseau en fin d'aventure. Enfin, le côté jeu de rôle avec progression des capacités à mesure de votre réussite ne pourra que séduire les amateurs du genre.

Elvira est un peu particulier, avec de bons et de mauvais points. L'aventure elle-même est assez riche et l'on est plutôt submergé par le nombre d'objets récupérables. En fait, seuls certains d'entre eux sont vraiment utiles. Vous pourrez transporter un grand nombre d'objets avec pour seule limitation, le remplissage complet de vos vastes "poches" et le poids de l'ensemble (le programme vous signale alors que vous risquez de vous fatiguer rapidement). La quête des ingrédients indispensables aux sorts d'Elvira vous oblige à farfouiller un peu partout. Ainsi dans la cabane au fond du jardin, vous allez découvrir un cadavre rongé de vers. Ce n'est pas le moment de faire l'âme sensible, car ces vers interviennent comme élément dans un sort.

Ces enchantements vont vous servir directement. En effet, outre les quelques sortilèges donnés par Elvira au début de l'aventure, vous pourrez utiliser tous ceux que vous aidez la magicienne à préparer. En revanche, certaines morts violentes sont quasi-imprévisibles et obligent à de fréquentes sauvegardes. Ainsi, la belle femme que vous découvrirez dans le château va se transformer en un vampire qui vous sucera tout votre sang. De même, le fauconnier apparemment inoffensif dans le jardin induira votre mort si vous l'approchez.

L'aspect jeu de rôle se manifeste à la fois dans l'amélioration des caractéristiques à mesure du jeu et dans les combats avec les gardes et autres créatures. Ces combats sont simples mais bien gérés. Ils se deroulent en temps réel et vous devrez choisir rapidement de parer à droite ou à gauche ou de porter un coup en haut ou en bas. Vous pouvez éviter le combat en fuyant avant qu'il ne commence, mais un fois en cours, il faudra obligatoirement en attendre l'issue. Ces combats sont un peu trop fréquents à mon goût et cassent le rythme de l'aventure.

D'autres points sont, en revanche, plus positifs. L'aventure n'est pas linéaire et vous pourrez évoluer à votre guise (en tenant compte évidemment des dangers). De plus, Elvira a son petit caractère et si elle est disposée à vous aider, sa patience n'est pas sans limite. Ainsi, lors de la création des sorts, si vous faites trois erreurs dans la liste des ingrédients, elle vous zappera sans espoir de pardon, non sans vous avoir prévenu auparavant.

La facilité de jeu

Il ne s'agit pas ici du niveau de difficulté de l'aventure mais de la facilité à se faire comprendre par le programme et d'agir de diverses façons. Quatre programmes se tiennent dans un mouchoir de poche en ce domaine.

Dans Maupiti Island, les menus déroulants permettent de choisir facilement une grande variété d'action. La richesse de ces menus autorise presque tout ce qui peut vous venir raisonnablement à l'esprit, sans qu'il soit besoin de taper un quelconque texte. Une facilité supplémentaire vous est offerte : un simple clic droit rappelle l'action précédente sans avoir besoin de la resélectionner. Cela s'avère vraiment très commode quand on veut, par exemple, fouiller différentes choses dans un même lieu.

Operation Stealth joue lui aussi la carte de la facilite grâce au menu d'actions appelé à la souris. Si le nombre d'ordre est restreint, les possibilités d'action sont en fait assez vastes, grâce à l'utilisation des deux boutons souris pour moduler l'ordre. Deux autres éléments facilitent ce dialogue. Tout d'abord les objets importants sont grossis, ce qui permet de les analyser à loisir. Ensuite, il n'est nul besoin de se trouver à proximité d'un objet pour l'examiner. Le programme se charge tout simplement de vous l'approcher automatiquement avant d'exécuter votre ordre. Cela change agréablement des aventures Sierra ou ce genre d'ordre amène une réponse du style "Vous êtes trop loin de l'objet". Quant aux déplacements de votre personnage, ils sont commandés par vos incitations souris sans qu'il soit besoin de trop viser pour passer une porte par exemple.

B.A.T. s'inspire du même principe de choix à la souris mais les possibilités d'action sont ici plus limitées. En revanche, le curseur "intelligent" change de forme en fonction de sa position sur l'image pour vous signaler les issues, les dialogues possibles, les interpellations ou les actions. Ce système fait gagner un certain temps car il n'est plus besoin de chercher précisément ce qui est important, mais de balayer l'image avec le curseur.

Elvira propose encore une fois le choix d'action à la souris, mais complété cette fois d'une initiative originale. Un bon nombre d'actions possibles sont présentées, mais seul un petit nombre d'entre elles sont illuminées (sélectionnables), ce qui évite de perdre du temps en essais infructueux. Le choix de la direction à prendre peut s'effectuer sur la rose des vents mais aussi, le plus souvent directement sur l'image des lieux.

Dans le même ordre d'idée, lors des combats, les actions d'attaque et de parade sont prises en compte indifféremment dans les menus ou sur l'écran de bataille. Un bon point encore pour l'oeil qui vous signale une attaque dans le dos. La récupération des objets aussi est facilitée. Un clic sur l'image transforme le curseur en une main qu'il suffira de placer sur l'inventaire pour prendre l'objet. Si l'objet ne peut être transporté, ce même clic n'amènera qu'une description plus précise de ses caracteristiques.

Le dernier programme de ce comparatif, Colonel's Bequest est un peu à la traîne dans ce domaine. Certes, il dispose de certaines facilités pour rappeler la dernière commande ou raccourcir la frappe. Mais ces dialogues texte ouvrent la porte aux incompréhensions de l'analyseur de syntaxe (assez rares heureusement). D'autres points sont plus agaçants. Il faut vraiment viser pour franchir certaines portes représentées en perspective fuyante. De plus, contrairement à Operation Stealth, il faut impérativement se placer juste à côté d'un objet pour pouvoir l'utiliser de manière quelconque.

Colonel's Bequest
Colonel's Bequest

Le graphisme et l'animation

Le graphisme a acquis une importance de plus en plus grande dans les jeux d'aventure, au point qu'une aventure uniquement textuelle devient difficilement envisageable de nos jours, quel que soit l'intérêt du scénario. Cette évolution s'est faite à la fois grâce à l'amélioration des capacités graphiques des micros et au passage à la disquette comme support de stockage.

Encore une fois, Maupiti Island se place particulièrement bien dans ce domaine. Les graphistes de Lankhor ont effectué un véritable travail d'artiste. Les écrans de Maupiti Island allient en effet une esthétique superbe à une grande richesse de détails. En outre, de fréquentes animations viennent compléter l'image pour renforcer l'ambiance souris qui traverse la coursive du bateau, ventilateur qui tourne, etc.

Elvira se situe juste derrière. La plupart des images sont bien travaillées et certaines véritablement impressionnantes (résultant semble-t-il d'images numérisées retravaillées, comme le chef des gardes à l'aspect inquiétant). Certaines actions donnent lieu à des séquences animées souvent remarquables. Là encore, l'utilisation d'images numérisées permet d'accentuer le réalisme. D'autres animations sont plus restreintes (vers qui grouillent sur le cadavre, préparation des potions par Elvira) mais apportent une certaine variété au jeu.

B.A.T. se place aussi très bien. Si les images sont en général un peu moins jolies (à mon avis) que celles de Maupiti Island, elles sont tout aussi riches de détails. De plus, la mise en image très variée utilisant à fond la carte du multifenêtrage rompt la monotonie engendrée par un cadre immuable. Les nombreuses animations complémentaires (oiseau qui s'envole dans le parc, personnage qui passe, boule lumineuse qui disparaît soudainement par une porte) complètent la riche ambiance des images.

B.A.T.
B.A.T.

Operation Stealth est un peu en dessous, tout en restant excellent. Si certains décors sont superbes, d'autres écrans sont un peu moins fouillés et surtout les détails sont en général peu nombreux. En revanche, ce jeu offre une certaine variété dans sa mise en image, l'animation de votre personnage est sans reproche (fluide et assez rapide) et quelques séquences animées viennent s'intercaler dans le cours de votre aventure.

Face à ces quatre jeux, les dessins de Colonel's Bequest apparaissent bien grossiers bien que paradoxalement très riches en détails. Côté animation, on retrouve cette dissociation. L'animation de votre personnage sur PC 386 est de vitesse correcte, mais sur Amiga, il (ou plutôt elle) se traîne lamentablement. En revanche, les animations complémentaires sont vraiment très nombreuses et soutiennent bien l'action.

Les bruitages

La palme des bruitages revient sans conteste à Operation Stealth en version ST MIDI. Quasiment toutes les actions que vous entreprendrez ou qui surviennent dans le jeu sont ponctuées de superbes bruitages au réalisme saisissant. Les bruitages sur Atari ST non-MIDI et sur Amiga, s'ils sont moins impressionnants, restent d'un bon niveau.

Dans Maupiti Island, chaque lieu dispose de son propre fond sonore (bruit des vagues, bruissement du ventilateur, etc.) et la plupart des actions sont accompagnées des bruitages correspondants. De plus, les réponses des personnages s'effectuent par une synthèse vocale parfaitement compréhensible et de nombreux morceaux de musique numérisée superbes et variés ponctuent l'aventure. Que demander de plus !

Le cas d'Elvira est un peu plus complexe. Dès le début de l'aventure, la bande son vous plonge parfaitement dans l'ambiance avec l'horloge qui égraine ses coups, les hululements de la chouette (à moins que ce ne soit un hibou !) et une excellente musique vraiment angoissante. Si la qualité du soutien musical ne va pas se démentir tout au long du jeu, les bruitages d'action sont trop rares. On a certes l'occasion d'entendre de bonnes numérisations vocales lors de certains dialogues avec Elvira, le claquement des portes ou le ferraillement des épées au combat, mais la plupart des actions s'effectuent silencieusement.

On peut faire le même reproche à B.A.T. Certes, les musiques sont aussi superbes que variées et la carte sonore offerte avec la version ST lui confère une qualité sonore excellente. Mais la fidélité des quelques bruitages d'action ne peuvent suffire à faire oublier leur rareté, ce qui gâche un peu l'ambiance.

Elvira
Elvira

Colonel's Bequest est un peu à la traîne dans ce domaine. En version PC, les bruitages sont rares et de piètre qualité (il faut dire que le PC sans carte sonore ne se prête pas particulièrement aux bruitages évolués !). En version Amiga, les choses s'arrangent un peu, sans atteindre cependant la richesse des autres logiciels présentés.

Les petits "plus"

Face aux fréquents changements de disquette de Colonel's Beguest et d'Elvira, Maupiti Island offre la solution la plus reposante avec tout simplement l'absence de toute permutation. B.A.T. et Operation Stealth se situent, eux, à un niveau intermédiaire avec quelques changements qui ne perturbent guère l'aventure.

B.A.T. et surtout Elvira sont des programmes ou l'atmosphère puissante envoûte complètement le joueur, un peu à la manière de Loom. Enfin, Operation Stealth est imprégné d'un certain humour. Le dialogue entre les deux agents du KGB qui vous enlèvent vaut à lui seul son pesant d'or !

Conclusion

En conclusion, que choisir ? Eh bien, Maupiti Island mérite tout à fait son Tilt d'Or. Si vous vous sentez une âme de détective, ce logiciel est fait pour vous. Il possède tout ce que l'on peut demander : scénario d'une grande richesse, graphismes très jolis et très fouillés, bruitages variés et de qualité, ergonomie sans reproche.

Operation Stealth est un petit moins réussi, mais se révèle cependant un excellent choix. Colonel's Bequest compense certaines défaillances par une grande richesse de scénario (l'intrigue évolue à mesure de l'aventure, tout comme Operation Stealth d'ailleurs) et une interactivité poussée.

B.A.T. et Elvira sont un peu à part et séduiront les amateurs de jeux de rôle et d'aventure. Leur ambiance prenante vous fera vivre le futur ou frissonner dans un monde vampirique. Bref, quel que soit votre choix parmi les cinq programmes de ce comparatif, il ne peut s'avérer mauvais.


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