Obligement - L'Amiga au maximum

Dimanche 18 novembre 2018 - 11:05  

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Entrevue avec Hogne Titlestad
(Entrevue réalisée par Tommy Strand et Vidar Karlsen et extraite d'AmigaZone - août 2017)


Note : traduction par David Brunet.

Hogne Titlestad est le concepteur en chef d'un nouveau système d'exploitation basé sur Internet. Et il a une expérience sur Amiga !

Hogne Titlestad

- Qui êtes-vous ? (nom, profession, où vous habitez, conduisez-vous une Volvo ou non, animaux domestiques, passe-temps...)

Salut ! Je m'appelle Hogne Titlestad, je suis ingénieur en chef chez Friend Software Corporation. Je vis dans la périphérie de Stavager dans le Rogaland. Je suis marié mais je n'ai pas d'enfants. J'utilise tout mon temps libre sur cette planète pour travailler sur FriendUP !

- Comment fut votre première rencontre avec les ordinateurs ?

La première fois que j'ai vu un ordinateur, c'était chez un voisin qui avait un Commodore 64. L'un des jeux qu'il m'a montré était Bluz Max. Il y avait aussi Beach Head. Il y avait quelque chose de magique là-dedans, c'était comme voir un monde différent sur l'écran de la TV.

- Comment fut votre première rencontre avec l'Amiga ?

Après avoir eu un Commodore 64, j'ai voulu un Commodore 128. Nous allions souvent à la boutique Commodore de Stavanger. C'était aux environs de 1989 et l'Amiga commençait à faire parler de lui. J'étais à l'époque endoctriné avec les lignes de commandes en BASIC du C64 et je ne comprenais pas vraiment ce que je voyais sur l'écran de cet Amiga 500, il me paraissait venir du futur. Il y avait plusieurs démos qui s'affichaient. L'Amiga produisait des effets et pouvait lancer des jeux du style arcade... le C128 fut alors vite oublié.

Après ça, il ne se passa pas beaucoup de temps pour que mon frère aîné veuille cet Amiga. Et c'est à ce moment que mon destin fut scellé.

- Avez-vous été impliqué dans une quelconque organisation Amiga ? Un groupe de demomakers ou similaire ?

Mon implication dans la scène démo a débuté assez tardivement. Je n'y ai pas participé avant 1998, et ce fut en tant que graphiste. Avec le temps, mon implication s'est accrue, j'ai commencé à soumettre mes productions lors de rassemblements de démos. J'ai rejoint le groupe Resistance et mes principales contributions furent des graphismes pour les plates-formes rétro.

A part cela, j'ai participé à quelques initiatives dans la création de sites d'informations dans le monde Amiga. J'ai rédigé quelques articles pour Amiga Globe et j'ai maintenu mon propre blog intitulé AmiUpdate.

- Quels Amiga possédez-vous aujourd'hui ?

Aujourd'hui, je dispose d'un Amiga 1000 et d'un Amiga 1200 étendu. Ils couvrent mes besoins pour le dessin et pour lancer des démos lors des froides nuits d'hiver.

- Qu'est-ce que le système d'exploitation FriendUP ?

FriendUP signifie Friend Unifying Platform. C'est un méta-système d'exploitation. Son but est de fournir un tout nouveau système d'exploitation voué à Internet et à la technologie de l'infonuagique. Les concepts et les solutions que nous connaissons de Tripos et AmigaOS sont également développés dans Friend. Ces technologies étaient en avance sur leur temps et cadrent bien avec le traitement des données pour Internet et pour les infonuages.

Friend

Friend permet aux utilisateurs d'utiliser toutes les applications Windows ou Linux, aux côtés des applications HTML5. De plus, tout ceci profite de pilotes DOS (pour Google Drive, Dropbox, etc.), du glisser et déposer, un gestionnaire de fenêtre réactif fonctionnant à la fois sur mobiles et ordinateurs de bureau, et beaucoup d'autres technologies d'intégration qui font que vous ne savez plus quel système d'exploitation a été utilisé par les applications que vous avez lancées.

Ceci résulte en un bureau pleinement graphique qui utilise les ressources de données disponibles sur Internet. De cette manière, vous devenez indépendant du matériel, du système d'exploitation et des contraintes de l'architecture.

Le système peut également être installé sur un serveur local à la maison. Vous n'êtes pas obligé d'utiliser l'infonuage. Mais à notre époque, infonuagique est là où le marché est. Par conséquent, l'entreprise derrière Friend va bien sûr construire d'étonnantes solutions commerciales.

Friend

- Comment FriendUP est née ?

Friend a vraiment commencé avec le bon vieil AROS. J'ai rejoint le projet AROS vers 2002, mais il m'a fallu quelques années avant que je m'y implique vraiment. En 2003, j'étais très actif sur un des projets AROS : le logiciel de dessin LunaPaint. Mais en 2007, j'ai commencé à comprendre qu'AROS n'irait jamais plus loin.

Avec d'autres développeurs AROS, j'ai démarré le projet Anubis. On devait déplacer la base de code AROS sur un noyau Linux. Les routines de mémoire devaient être réécrites afin qu'Anubis puisse profiter de la protection mémoire et de toutes les autres fonctionnalités de Linux qu'AmigaOS et AROS n'ont jamais eues.

Mais nous n'avons jamais soumis nos contributions à la base de données de code d'Anubis. Cela s'est terminé par des discussions. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé à quel point il était difficile de concrétiser un projet Open Source.

Quelques années plus tard, j'ai créé ma propre société avec quelques partenaires. Nous faisions du développement logiciel. Je me suis occupé d'un projet passionnant pour un client. J'ai un peu dépoussiéré mon propre code pour Anubis et réalisé un petit prototype d'un Workbench en HTML5. Le client était alors si impressionné qu'il mit de l'argent sur la table et c'est ainsi que Friend Software Labs est née. Et le reste, c'est de l'histoire.

- Qui développe FriendUP ?

FriendUP est développée par Friend Software Labs, une filiale de Friend Software Corporation. Friend Software Labs est constituée des développeurs suivants : Thomas Wollburg (Norvège), Espen Olsen (Norvège), Chris André Strømland (Norvège), Pawel Stefanski (Pologne), François Lionet (France) et Paul Lassa (États-Unis). De plus, nous avons un certain nombre de consultants qui apportent divers éléments ici ou là. En regardant cette liste, vous remarquerez que nous disposons (et pas seulement dans l'équipe de développeurs) de plusieurs personnes avec une forte expérience Amiga, issues à la fois de Commodore ou d'autres sociétés qui participaient à ce marché. Ceci combiné avec une grande expérience complètement différente de l'Amiga, vous arrivez à une équipe tout à fait unique pour trouver des idées intéressantes.

Dans le même temps, nous disposons de l'expérience nécessaire pour nous adapter aux marchés que nous devons exploiter.

- Selon vous, quel est le potentiel de FriendUP ?

Nous avons des ambitions, cela ne fait aucun doute. Mais nous sommes aussi assez réalistes. Nous voulons gagner de l'argent le plus rapidement possible afin que nous puissions nous débrouiller seuls. Mais il est évident que lorsque la version Open Source sera disponible avec toute sa documentation, ce système aura une présence mondiale. Nous avons déjà plusieurs acteurs prêts à prendre la balle au bond partout dans le monde. L'objectif est d'être pour l'infonuagique ce que Linux est pour les serveurs, c'est-à-dire le système d'exploitation des infonuages qui fonctionne sur tout et partout. Remplacer Apache par Friend Core et bien plus...

En d'autres termes, nous prévoyons d'être une société informatique norvégienne forte au cours des prochains trimestres. Et nous nous préparons à devenir une entreprise mondiale dans les prochaines années.

Pour vous donner une comparaison, nous avons une opportunité pour construire une société de type RedHat pour la plate-forme Friend. Nous étudions ceci avec beaucoup de sérieux. Mais une telle chose prend du temps.

- Est-ce que tous les services (applications, etc.) seront disponibles dans la version Open Source ? Cela permettrait d'héberger votre propre FriendUP complet.

Oui, "entrer" dans FriendUP sera gratuit. La version Open Source téléchargeable sera complète. Il y aura des restrictions de licence là où cela aura du sens et, bien sûr, il y aura des services qui ne pourront pas être ouverts lors de cette phase. Mais fondamentalement, Friend sera aussi ouvert que Linux.

- Y aura-t-il un navigateur dans FriendUP ?

Aujourd'hui, nous utilisons Firefox dans Friend à travers une intégration Windows. Mais la question fait allusion à un besoin. Les logiciels seront-ils natifs sur PC ? Sur ce sujet, nous allons créer une intégration avec les logiciels Linux afin d'avoir plus de choix. Rien ne manquera dans Friend. C'est un peu le but de la manoeuvre.

- Y aura-t-il une suite bureautique ? Un tableur par exemple ?

Encore une fois, Friend parle le langage Windows, donc vous pourrez utiliser Microsoft Office 2016, Google Docs ou LibreOffice. Certains pourraient vouloir développer de nouveaux logiciels pour notre plate-forme, mais cela prendra plusieurs années. C'est pourquoi nous avons conçu une technologie d'intégration pour d'autres plates-formes.

Friend

- Quelles autres applications sont à l'horizon ?

Outre un lot de jeux en HTML5, nous travaillons avec des partenaires. Mais il est encore trop tôt pour faire une annonce. Il faut souligner qu'il faudra du temps pour positionner Friend pour le "client" commun. Dans les deux prochaines années, seuls les utilisateurs finaux les plus intéressés installeront le système pour l'utiliser à la place de Windows ou Mac OS X. Mais donnez-nous une autre année, et nous pourrons vous en dire plus.

- FriendUP a-t-il des similitudes avec AmigaOS ?

Friend est très similaire à Tripos et AmigaOS en ce qui concerne la gestion des systèmes de fichiers, des bibliothèques et des communications inter-application. De plus, il présente quelques similarités graphiques. Nous avons été fortement inspirés par l'interface graphique d'AmigaOS. La plupart des gens qui aiment le Workbench aimeront probablement notre Workspace.

- Avez-vous une estimation du nombre d'utilisateurs Amiga en Norvège ? Et aussi en Suède, au Danemark et en Finlance ?

Je n'en ai aucune idée. Mon estimation serait de 500 à 800 utilisateurs. Le rassemblement Solskogen attire probablement 50 à 60 visiteurs par an. Si on estime que 10% des personnes intéressées par l'Amiga vont aujourd'hui à des rassemblements, cette estimation peut être crédible. Mais il m'est impossible de le savoir. Je pense que 70 de nos bêta-testeurs viennent de Norvège. Et parmi ceux-ci, 50% sont des amateurs d'Amiga.

- Avez-vous une estimation du nombre d'Amiga Classic vendus dans le monde ?

Encore une fois, non. Je n'ai jamais été impliqué dans un projet où ces chiffres étaient importants. On parle de plusieurs millions.

- Que pensez-vous du potentiel de l'Amiga et de ses systèmes d'exploitation ?

Le plus important est que la communauté Amiga mette le système d'exploitation à jour. Le matériel Amiga a été chaudement célébré lors des salons Amiga 30 dans le monde entier. Mais aucun mot à propos d'AmigaOS. Ceci est très étrange. RJ Mical a passé plus de quatre ans sur le développement d'AmigaOS 1.0 depuis sa création en 1982. L'équipe de développement dont il faisait partie n'était pas petite. Il mit beaucoup de ses compétences dans ce projet mais il n'a pas été mentionné dans le programme de l'Amiga 30.

Je pense que Tripos et AmigaOS peuvent encore défier beaucoup de solutions arrivées sur le marché avec Unix et Linux. Et je pense que cela peut être fait d'une manière plus agréable pour les utilisateurs que les "/usr/bin" et "/etc/init.d".

- Quelle expérience avez-vous avec les Amiga NG ?

Je n'ai ici qu'une petite expérience. J'ai utilisé exclusivement mon Amiga 4000/060 jusqu'en 2001. Je suis ensuite devenu (à contrecoeur) un utilisateur de Linux. Mais j'ai toujours eu des amis qui avaient des AmigaOne et des Pegasos. Aujourd'hui, je connais personnellement Trevor Dickinson (qui est un investisseur dans Friend). Je ne suis donc pas totalement néophyte de ce côté-là.

- Quels espoirs portez-vous dans les Amiga et Amiga NG pour l'avenir ?

J'espère que la communauté sera capable de se réunir comme les organisations Unix l'ont fait avec BSD, Linux, QNX et d'autres systèmes de cette famille. De cette façon, nous pourrons développer un avenir riche où chacun pourra combiner son expertise et produire des innovations Amiga utiles pour le marché. Un IEEE pour ASYS par exemple ?

- Un dernier mot ?

Il est temps pour les professionnels de l'informatique et les utilisateurs Amiga sérieux de s'unir dans de nouveaux projets qui étendront l'horizon des anciens projets hobbyistes et nostalgiques. Pour moi, AmigaOS ainsi que de nombreuses choses qui ont été développées dans les années 1980 et 1990 ne pourront jamais être oubliés, à l'instar de Betamax. Cela serait une grande tragédie. Ma contribution à cela est Friend. C'est une invitation à tous ceux qui sont en marge : prenez une pelle et rejoignez-nous dans les travaux de construction. Une nouvelle communauté est en train de naître !


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