Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 19 septembre 2017 - 21:03  

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Entrevue avec Carl Sassenrath
(Entrevue réalisée par Sébastien Jeudy - mai 2007)


Pour fêter le 1000e article d'Obligement, Carl Sassenrath revient à travers cette longue entrevue sur ses origines chez Amiga Inc. dans les années 1980 (responsable du développement d'AmigaOS et du système de l'Amiga CDTV, entre autres), la faillite de Commodore, ses passages chez Apple Computer et VIScorp, les Amiga NG, ou encore sur son nouveau langage révolutionnaire REBOL. Un grand nom de la Silicon Valley !

Carl Sassenrath - Carl, d'abord quelques informations personnelles : pouvez-vous vous présenter (âge, famille, loisirs) et nous dire quelques mots au sujet de vos études et métiers avant 1983 et Amiga Inc. ?

Cette année, je passerai les 50 ans.

En 1988, je suis parti de la prenante Silicon Valley pour les paisibles montagnes d'Ukiah, en Californie, à environ 170 kilomètres au nord de San Francisco. Je vis au SassenRanch avec mon épouse Cindy, mes trois enfants, un chien, trois chats, divers poulets, dindes, et animaux sauvages de toutes sortes.

Au SassenRanch, nous cultivons des vignes pour l'amusement, pas pour le profit. Nos raisins sont de type français, Cabernet-Sauvignon et Merlot, que nous récoltons, fermentons, et transformons en vin tous les ans.

Nous aimons faire du bateau et du ski nautique sur un lac voisin. Je suis également très intéressé par l'énergie solaire (nous vivons dans une maison solaire), la radio amateur et la photographie/vidéo. Et curieusement, ces temps-ci mon passe-temps le plus passionnant est l'électrodynamique quantique. Ma vie entière, j'ai voulu la comprendre. C'est un sujet difficile, mais un but noble.

- Pourquoi et comment avez-vous rejoint Amiga Inc. en 1983 ? Quelle était votre mission dans l'équipe ?

En 1983, je travaillais en tant qu'Ingénieur Logiciel pour Hewlett Packard où je créais de nouveaux concepts d'interfaces graphiques utilisateur basés sur les dernières idées : affichages bitmap et interface souris.

Un ami avait eu un entretien pour un poste dans une jeune société appelée Amiga, et moi dans une autre jeune société appelée Symantec. Mon ami n'a pas obtenu la place et m'a suggéré de m'intéresser à Amiga, moi je lui ai parlé de Symantec.

Le jour suivant, le vice-président logiciel d'Amiga appela chez moi, mais je n'étais pas là. Mon épouse lui parla. Elle trouva qu'il était dur au téléphone et ne voulait pas que j'aille faire un entretien chez Amiga. Je lui répondis que je devais au moins aller voir ce qu'il en retournait et je me suis immédiatement rendu chez Amiga. Au bout de deux heures, j'ai obtenu le poste de responsable du système d'exploitation.

J'ai accepté la place chez Amiga pour deux raisons : 1) Il était évident pour moi que les concepts matériels étaient très avancés, et 2) Ils m'ont offert la chance de développer n'importe quel genre de système d'exploitation que je voulais. J'avais déjà travaillé pendant plusieurs années sur mes propres concepts de traitements multitâches, ainsi Amiga était une chance de les réaliser.

Team Amiga
L'équipe Amiga de 1985 (Carl est accroupi à droite de la pancarte)

- Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de l'ambiance et du climat au sein de l'équipe Amiga d'origine (avant Commodore), et particulièrement au sujet de Jay Miner ?

Amiga était un endroit très occupé et nous étions tous excités au sujet de son étonnant système. Il était un rêve devenu réalité pour beaucoup d'entre nous.

Les locaux d'Amiga étaient très petits et il n'y avait pas beaucoup de place pour travailler. L'équipe logiciel avait une pièce et l'équipe matériel une autre. Entre les deux, il y avait un laboratoire où les prototypes étaient fabriqués et testés.

Dans la salle matériel, Jay était toujours occupé à travailler à son bureau, avec Mitchie se reposant tout près. Jay était sérieux et concentré, mais il avait un bon sens de l'humour.

Plusieurs fois, il y eut quelques-uns d'entre nous de l'équipe logiciel qui allèrent essayer de convaincre Jay et l'équipe matériel d'ajouter une caractéristique à l'Amiga. Parfois ils réalisaient les modifications, d'autres pas. Par exemple, Dale Luck pouvait obtenir des changements sur le Blitter, ou j'obtenais des changements sur Paula, etc. C'étaient de petites modifications comparées à l'importance du projet matériel global, mais il a rendu l'équipe heureuse de travailler ensemble. Et parfois les personnes côté matériel venaient à nous pour ajouter quelque chose côté logiciel plutôt que matériel (telle que la méthode d'encodage des disquettes). C'était vraiment une grande équipe.

Après que Commodore ait racheté Amiga Corp, nous avons déménagé dans des locaux beaucoup plus grands et acheté des équipements de développement bien meilleurs.

- Dans les années 1980, pourquoi l'ordinateur Amiga était-il si innovant (matériel et puces propriétaires) ainsi que son système d'exploitation (AmigaOS et Exec) ?

L'innovation est venue de l'esprit de l'équipe de développement de l'Amiga. Nous voulions changer le monde des ordinateurs. Nous savions tous que les ordinateurs Atari, Commodore et Apple II étaient juste des jouets, et chacun de nous dans l'équipe voulait réaliser un système plus puissant.

Nous avons travaillé jour et nuit sept jours par semaine pour faire de notre rêve une réalité. Nous observions étroitement le développement du Macintosh chez Apple, et nous recueillions autant d'informations que possible à son sujet (naturellement, il était très différent de l'Amiga). En fait, Andy Hertzfeld lui-même est venu un jour visiter Amiga, et lui et moi avons eu une très longue discussion au sujet de la conception de nos systèmes d'exploitation respectifs et comment nous avions fixé nos priorités. Au coeur du Mac il y avait un modèle avancé d'utilisation de la mémoire, alors qu'au coeur de l'Amiga il y avait un réel traitement multitâche.

C'est intéressant de noter que, plus tard, quand je suis allé travailler pour Apple, ils m'aient demandé ce qu'il faudrait faire pour transformer le Mac en un système multitâche préemptif. Je leur ai répondu que "vous ne pouvez pas rattraper le traitement multitâche". C'est vrai parce que toutes les applications existantes auraient de sérieux problèmes si elles devaient être préemptives. Ce ne fut pas le cas jusqu'à OS X, plus d'une décennie plus tard, pour qu'elles le deviennent finalement.

- Quels étaient vos autres projets et travaux chez Commodore/Amiga (langages, systèmes, Amiga CDTV...) ? L'Amiga CDTV n'a pas vraiment été un succès, pourquoi ?

Après que l'Amiga ait été commercialisé, j'ai quitté la société parce que j'étais déçu par certaines des choses que je voyais se produire. Ils parlaient de rendre compatible PC l'Amiga et je pensais que c'était une grave erreur. J'étais également inquiété par le fait que l'Amiga n'était pas vendu correctement sur le marché.

Un mois après avoir quitté Amiga, Irving Gould (président de Commodore) m'a appelé chez moi et pendant plusieurs heures m'a supplié de revenir chez Amiga. Je lui ai demandé s'il pouvait avoir l'avion d'affaires de Commodore pour la Californie afin de me rencontrer et parler. Je n'oublierai jamais cette réunion. Nous avons pris le déjeuner à Cupertino, directement dans la rue d'Apple Computer. Je lui ai dit, "Ici-même (en pointant Apple), il y a une compagnie qui sait comment vendre des ordinateurs. Commodore doit faire la même chose. Qu'allez-vous faire pour que ça se réalise ?" Sa réponse n'était pas claire. Il n'avait pas la passion Amiga, j'ai alors dit à Irving que je ne reviendrai pas chez Amiga.

Cependant, pendant plusieurs années j'ai continué à travailler sur des projets Amiga, écrivant le premier pilote de disque dur SCSI, réalisant un outil pour EA (Electronic Arts), créant le langage Logo pour Amiga, écrivant le Guide du Guru, etc.

En 1989, j'ai pris avec beaucoup de sérieux le potentiel du CD et du multimédia, et j'ai été contacté par Commodore pour aider à concevoir le CDTV. J'ai dirigé la partie système logiciel du projet et j'ai également écrit tout le code relatif au CD, aussi bien les outils pour créer et tester le contenu du CD.

CDTV
Le CDTV

Je considérais le CDTV comme un système merveilleux. Sur plusieurs plans, il était ce que nous avions rêvé à l'origine pour l'Amiga. C'était une puissante combinaison de ce que devait devenir les nouvelles consoles de jeux Nintendo ou Sony. De plus, il était bon pour l'éducation et faisait aussi un grand ordinateur personnel.

Mais le CDTV était en avance sur son temps et a été mal lancé sur le marché. Commodore n'a pas vraiment su quoi en faire et le prix était trop élevé pour une machine de jeux personnelle. Malheureusement, quand le CD32 (un excellent système) sortit, il était trop tard pour Commodore.

- Qu'est-ce qui a changé avec Commodore (choix commerciaux, techniques et stratégiques) ? Pourquoi la faillite de 1994 ?

Comme beaucoup de compagnies, Commodore s'était éloigné de ce qui avait fait son succès. Lorsqu'ils ont acheté Amiga Corp, ils étaient le plus important fabriquant d'ordinateurs au monde. Ils avaient vendu plus de cinq fois plus d'ordinateurs qu'IBM, Apple et tous les autres réunis.

Mais, et je n'aime vraiment pas le dire, quand Jack Tramiel est parti pour aller chez Atari, les cadres supérieurs de Commodore se sont égarés et ont essayé de transformer Commodore en une compagnie d'ordinateurs de gestion. Ce genre de transition était très difficile et ils n'ont pas eu la force commerciale de la rendre possible.

En outre, bien que Commodore ait développé en interne beaucoup d'avancées importantes pour l'Amiga, telles que les couleurs 24 bits, du son pleinement CD, une unité centrale plus rapide, la gestion réseau, et tellement plus, ces améliorations étaient très longues à être intégrées dans les produits finis. Ainsi, Commodore commença à perdre de l'intérêt pour beaucoup d'utilisateurs techniciens et artistiques qui avaient contribué au succès de l'Amiga.

Je dois noter pour la petite histoire qu'Irving Gould, le président de Commodore, a toujours cru en la vision de départ de Commodore et c'est la raison pour laquelle le CDTV est devenu une priorité si importante. Nous avions l'habitude de plaisanter que l'équipe principale de développement du CDTV était Irving Gould, Don Gilbreath et moi-même. Nous étions en contact permanent et en retour le projet s'est réalisé très rapidement (naturellement, il y avait beaucoup d'autres personnes qui ont contribué au CDTV). Mais malgré cela, sans objectif clair de vente, Commodore allait rapidement à sa perte.

- Que pensez-vous des nouveaux Amiga NG : AmigaOne/AmigaOS 4 et Pegasos/MorphOS ? Vous y intéressez-vous et croyez-vous qu'ils ont un avenir ?

C'est difficile à dire. Il y a six mois, j'ai assisté au salon AmiWest pour en savoir davantage. AmigaOS 4 semble très sympa d'après les démos que j'ai vues, mais il y avait un manque matériel de qualité pour l'utiliser. J'ai posé beaucoup de questions à l'exposition et j'ai constaté que le ressentiment général des utilisateurs était qu'il n'y avait aucun matériel Amiga viable de disponible ! Le matériel ne fonctionnait pas correctement, n'était pas fini ni livré, ou était trop cher. La plupart des utilisateurs étaient très déçus.

Bien sûr, pour moi l'exception matérielle semble être Genesi, qui m'a en fait envoyé un système fonctionnel et bien fabriqué. Cependant, il avait seulement Linux, donc je n'ai jamais réellement utilisé MorphOS ou AmigaOS 4. Ça serait tout à fait intéressant si ce matériel pouvait lancer AmigaOS 4, mais je n'ai pas le temps d'essayer de le faire fonctionner (et je sais qu'il y a des clauses légales sérieuses entre les diverses sociétés impliquées. C'est très néfaste, mais c'est la réalité).

- Vous avez également travaillé pour Apple Computer (après Amiga, en 1986), quel était votre rôle au sein de l'Advanced Technology Group ?

Après Amiga, je suis allé travailler chez Apple Computer pendant une paire d'années, comme plusieurs autres ingénieurs d'Amiga. Mais Apple n'avait pas le même enthousiasme qu'Amiga. Steve Jobs venait juste de quitter Apple et la compagnie était alors dirigée par un directeur de Pepsi Cola. C'était un bon gars, mais ce n'était pas Steve Jobs.

Chez Apple, c'était intéressant de voir ce que les ingénieurs pensaient de l'Amiga. La plupart d'entre eux pensaient que l'Amiga éliminerait totalement Apple. Techniquement, l'Amiga pouvait le faire, mais ils n'étaient pas au courant de ce que je savais au sujet du marketing de Commodore.

Mon travail chez Apple ATG était de concevoir le prochain système multitâche, qui deviendrait le successeur du Macintosh. Le projet global était tout à fait semblable à l'Amiga, mais avec environ 10 fois plus d'argent pour le développement. Nous concevions une puce quatre coeurs (quad-core) d'unité centrale qui allait presque à la vitesse d'un super-ordinateur Cray. Comme chez Amiga, l'équipe côté matériel était géniale. Malheureusement, à ce moment-là Apple n'était pas un bon endroit pour obtenir des produits finis. Il y avait de loin trop de réunions et pas assez d'objectifs. C'était vraiment frustrant pour moi. J'ai par la suite compris que le projet ne serait jamais accompli et j'ai quitté la société pour déménager dans les montagnes du nord, loin de la Silicon Valley. Six mois plus tard, le projet était abandonné et l'équipe système partit mettre sur pied une nouvelle société appelée Taligent.

- Quel était votre travail chez VIScorp (dans les années 1990) et votre rapport avec Bill Buck ?

J'avais en charge de développer le système d'exploitation de VIScorp pour leur set-top box TV, ED. Après ça, VIScorp avait la chance de devenir le nouvel Amiga, mais ils n'ont pas eu le financement nécessaire pour y arriver. Pendant plusieurs mois, il y avait beaucoup de discussions et pas assez d'action. Je sentais que la société n'était pas crédible pour la communauté Amiga.

Je n'ai pas travaillé directement pour Bill. Mais je crois qu'il voulait que VIScorp réussisse avec l'Amiga. Il y avait juste trop de facteurs externes impliqués pour avoir de bons résultats.

REBOL - En 1996, pourquoi avez-vous décidé de développer le nouveau langage REBOL ? Quels sont ses caractéristiques et avantages ? Pourquoi est-il si innovant et une révolution pour vous ?

J'avais déjà travaillé sur mes propres concepts de langages avant l'époque d'Amiga Corp ! En fait, quand j'ai quitté Commodore/Amiga, j'ai passé beaucoup de mon temps sur le développement de langages. Depuis les années 1970, je prenais plaisir à étudier des langages et à apprendre tous ceux de cette époque. Au cours des années, j'ai conçu plusieurs compilateurs et interpréteurs. Le premier que j'ai écrit était un langage pour HP en 1980.

De 1980 à 1996, j'ai observé attentivement quels nouveaux langages étaient conçus. J'espérais que chacun soit le langage que j'avais imaginé. Mais tous les langages étaient seulement des améliorations d'autres concepts. Il n'y en avait pas beaucoup de nouveau ou d'innovant. Ainsi, en 1996, après avoir vu sortir Java une année auparavant, j'ai décidé qu'il était temps de réaliser mes propres concepts.

L'idée principale de REBOL est de faire un langage qui soit extrêmement avancé et puissant, mais en même temps très petit et facile à travailler avec. REBOL atteint ces objectifs.

Comme simple exemple de comparaison, un langage tel le C possède 5 types de données primaires (integer, float, char, etc.) par rapport à REBOL 3 qui en a 58. Ce facteur donne à REBOL une dimension entièrement nouvelle d'expression. Et l'expression est la base de tout pour un langage. Mais c'est juste un petit aspect de REBOL. Je l'ai pris ici parce qu'il est facile à expliquer. REBOL introduit plusieurs autres dimensions d'expression.

L'une de mes principales raisons de concevoir REBOL était de résoudre le problème de la façon dont vous partagez l'information et du traitement entre beaucoup d'ordinateurs différents en même temps. J'appelle ceci "le problème de l'informatique distribuée". Je pense que les propriétés spécifiques de REBOL résolvent ce problème mieux que n'importe quel autre langage.

- Combien d'employés et d'ingénieurs travaillent actuellement sur REBOL (chez REBOL Technologies) ? Quel est pour vous le plus important logiciel/application jamais développé avec REBOL (qui montre toute la puissance du langage) ? Pouvez-vous nous donner quelques grandes sociétés utilisant REBOL ?

RT (REBOL Technologies) est une petite société. Nous avons six personnes, mais la communauté REBOL nous fournit beaucoup plus de capacités et à l'avenir avec REBOL 3.0 ça deviendra un facteur bien plus important.

Je pense qu'en ce moment l'application la plus importante est QTask. C'est un système incroyable d'organisation et de gestion de projet. En outre, le système de messagerie AltME et REBOL/IOS sont aussi des produits importants pour REBOL, et une partie de notre futur. Mais je dois également mentionner qu'il y a un bon nombre de développeurs qui ont créé un éventail d'applications intéressantes et utiles.

REBOL a été utilisé par beaucoup de grandes sociétés et organismes, incluant des compagnies comme AMD (puces), Lockheed Martin, ING, le Gouvernement Américain et beaucoup d'autres. Je ne suis plus cela parce que je prête davantage attention sur ce que veulent les développeurs indépendants et les techniciens. Si REBOL peut résoudre leurs problèmes, alors il peut gagner une plus grande attention et l'intérêt dont il a besoin pour devenir un plus grand succès.

- Quels seront les changements du nouveau REBOL 3.0 ? Quand sera-t-il lancé ?

Il y a beaucoup d'avancées dans la version 3.0. Ça prendrait beaucoup de pages pour toutes les énumérer.

L'un des principaux buts de REBOL 3 est d'en rendre beaucoup de parties Open Source afin qu'il puisse être géré par un plus grand nombre de systèmes matériels et logiciels sans que RT n'ai besoin de faire tout cela. Maintenant les développeurs peuvent aider à intégrer REBOL dans de nouveaux produits et marchés.

Notez cependant qu'il y aura toujours le noyau de REBOL qui ne sera pas Open Source. Ce facteur nous garantit de maintenir le langage 100% compatible entre les différents ordinateurs et systèmes d'exploitation. Nous voulons être un endroit central où n'importe qui peut venir télécharger (oui, gratuitement) le système REBOL ainsi que ses composants et applications.

- REBOL/View était également disponible sur Amiga 68k jusqu'à la version 1.2. Mais vous avez cessé de soutenir la plate-forme Amiga depuis la version 1.3. Pensez-vous que vous porterez REBOL sur AmigaOS 4 ou/et MorphOS à l'avenir (ça serait une grande chance pour ces systèmes) ? Avez-vous des contacts avec Hyperion Entertainment pour un portage AmigaOS 4 et avec Genesi pour un portage MorphOS ?

Plusieurs développeurs de ces systèmes nous ont contactés pour nous aider, mais jusqu'à la version 3.0 ce n'était pas facile pour eux d'y contribuer. Maintenant avec la version 3.0, des développeurs extérieurs peuvent aider à porter correctement REBOL sur n'importe quelle configuration Amiga qu'ils veulent. La condition est que tout code soit téléchargé et disponible sur le site Web de REBOL afin de permettre à tous les développeurs et utilisateurs de bénéficier de ces avancées.

- Ne pensez-vous pas que REBOL n'est pas assez populaire et que vous avez besoin davantage de publicité pour le promouvoir ? Croyez-vous qu'un nouveau nom changera vraiment quelque chose ? Comment imaginez-vous REBOL à l'avenir ?

Ah, en fait c'est une partie de mon intervention à la REBOL DevCon de Paris les 10 et 11 mai 2007.

Il convient de noter que le succès d'un langage n'est pas simplement amélioré par l'argent seul. Java a nécessité des milliards de dollars pour arriver où il est aujourd'hui, mais des langages comme Ruby n'ont pas du tout nécessité d'argent !

Ce qu'il faut pour réussir c'est d'attirer constamment de nouveaux développeurs et utilisateurs. Pour que cela se produise un langage ne peut pas être seul ; il doit faire partie d'un système en quelque sorte. Par exemple, le C était le langage d'Unix. Le Perl était le langage des serveurs Web. Le PHP était pour le script côté serveur. Il y a beaucoup d'exemples. C'est ce qui rend un langage populaire, la solution finale.

Je pense que le nom du langage n'est pas ce qui est important. Pour les programmeurs, le nom REBOL est très bien et nous le garderons. Pour les entreprises, nous trouverons une "marque de vente" appropriée afin de les aider à reconnaître que REBOL est une bonne chose.

Ainsi, la grande vision de REBOL est que ça doit faire partie de quelque chose de beaucoup plus important qu'un simple langage. Nous l'avons prouvé avec REBOL/IOS. C'était déjà très puissant. Notre objectif est que REBOL soit le coeur du développement d'un nouveau type d'OS virtuel qui peut englober non seulement nos ordinateurs de bureau, mais également nos systèmes à la maison, les systèmes mobiles, les navigateurs Web, les serveurs Web, et plus.

Et, naturellement, mon objectif final est de pouvoir appuyer un jour sur l'interrupteur de mon ordinateur portable ou de mon ordinateur de bureau et qu'en seulement une seconde ou deux, le bureau de REBOL apparaisse sur l'écran, entièrement chargé, avec un éventail d'applications distribuées intelligentes et puissantes. Sans aucun autre système d'exploitation en dessous. Sans aucun autre système d'exploitation nécessaire.

- Merci beaucoup Carl et bonne chance pour votre grand projet !

"C'était mon honneur et plaisir".


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