Obligement - L'Amiga au maximum

Jeudi 27 juillet 2017 - 16:48  

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Entrevue avec Alan Redhouse
(Entrevue réalisée par Benjamin Yoris et extraite d'Amiga Power - février 2001)


Voici un entretien avec Alan Redhouse, président d'Eyetech, le constructeur du futur AmigaOne que nous attendons tous.

Alan Redhouse - Quand a été fondé Eyetech ? Dans quel but ?

J'ai personnellement fondé Eyetech en 1983 en tant que filiale d'une société d'impression anglaise, côtée en bourse. Notre but était d'utiliser les nouvelles technologies d'impression laser pour permettre de gérer un gros volume de données qui auparavant était très coûteux à traiter.

Nous avons installé Eyetech dans de nouveaux locaux, et nous vendions un modèle d'ordinateur et d'imprimante. Ce n'était pas votre machine de bureau habituelle mais plutôt le genre à remplir une salle climatisée et qui traitait du papier de 50 cm de largeur à la vitesse de 75 centimètres par seconde. Ou si vous préférez, on rentrait trois troncs d'arbre d'un côté, et il sortait à l'autre bout 180 000 papiers imprimés de 10x7,5 cm !

Le gros défi c'était de savoir si on allait pouvoir vendre tout ça ! Nous nous sommes concentrés sur cette activité. C'était assez difficile mais en deux ans nous avions installé des systèmes chez FedEx (au Royaume-Uni), et dans les divisions de la poste britannique. Nous leur fournissions aussi leur système de codes-barres uniques, selon les différents bureaux, qui nous étaient envoyés pendent la nuit et qui devaient être traités en quelques heures.

Durant cette période, mes collègues et moi avons racheté Eyetech à la société mère, et nous avons continué à développer l'activité. A la fin des années 1980, Eyetech était la deuxième plus grosse société d'impression de codes barres en Europe et nous avions également développé une conséquente activité de logiciel et de conseil, employant environ 35 programmeurs et techniciens pour intégrer le traçage des codes barres dans les systèmes compatibles IT nos clients. Au fur et à mesure que l'intérêt pour un tel système augmentait, nous nous sommes rendu compte qu'il nous fallait plus de ventes, ce qui impliquait l'embauche de commerciaux, voire de faire du porte-à-porte auprès des sociétés potentiellement intéressées.

Nous avions deux possibilités : soit racheter une société plus grosse que nous pour travailler plus, soit vendre l'activité codes barres et nous concentrer sur le secteur logiciel et le conseil. Alors que nous réfléchissions, nous avons reçu une offre l'achat de la part d'une société publique britannique. Comme l'offre était bonne, nous n'avons pas refusé !

- Est-il vrai qu'Eyetech travaille encore avec la poste britannique ? Pourquoi ?

Travailler avec de telles sociétés publiques nous a donné un savoir et une connaissance des affaires que nous n'avions pas, notamment dans le domaine de la modélisation et de l'informatisation de leurs opérations. De plus en plus, le travail se portait non sur de la fabrication mais sur du conseil ou de la gestion de projet. Nous avons dû concevoir, créer et nous adapter. Bien sûr ce savoir-faire nous a profité dans nos produits Amiga. Actuellement, nous travaillons sur des systèmes de contrôle d'accès temps réel pour les étudiants britanniques que ce soit dans les universités, les bibliothèques ou les laboratoires de recherche.

- Comment Eyetech est-il entré dans le monde de l'Amiga ? Était-ce avant ou après la chute de Commodore ?

Eh bien, c'est vraiment quelque chose de familial. Lorsque Will (mon fils) avait neuf ans, il avait un Spectrum de Sinclair et en avait un peu marre. Alors j'ai demandé à l'un de nos responsables logiciel ce qu'il fallait acheter. Il m'a répondu qu'il était important de prendre une machine qui avait de bonnes capacités pour le jeu mais qui avait aussi un bon OS avec un langage de programmation simple, AMOS à l'époque, au cas où ça intéresse Will plus tard. En gros, il me conseillait un A500, et je suivis le conseil.

Les deux années qui suivirent, ce 500 fut mis à niveau : lecteurs de disquette supplémentaires, Workbench 2.0 et une puce Denise pour avoir l'ECS. Mais il tournait toujours sur des disquettes et il était complètement inutile pour quoi que ce soit de sérieux. Alors on lui a acheté un A600 flambant neuf avec 20 Mo de disque dur !

A part ça, j'étais un observateur occasionnel. Dans mon idée, les Amiga étaient des jouets, et pour l'activité professionnelle nous continuions à acheter des cartes Unix "sérieuses", en mode texte, à 150 000 FF l'unité.

En 1993, nous faisions du conseil pour une société de transport. Leur gros problème était le suivant : comment leurs commerciaux pouvaient faire des démonstrations simples pour expliquer des points compliqués. A cette époque, il n'y avait que les PC portables (en fait, c'était plutôt des "écrase-jambes" qu'il fallait dire) et ils coûtaient dans les 50 000 FF chacun, n'avaient aucune capacité sonore, un affichage moche et n'étaient pas assez fiables pour des présentations sérieuses devant une réunion de directeurs.

Alors par hasard, j'ai vu une démo multimédia tourner sur l'A600 de Will. C'était exactement ce qu'il nous fallait ! Comment Commodore pouvait-il cacher ces possibilités du monde des affaires ! (NDBen : en faisant ce qu'ils ont toujours fait... rien). Étaient-ils fous ? On connaît tous la réponse aujourd'hui... Mais l'A600 n'avait pas l'image adéquate pour des présentations commerciales. Le CDTV était prometteur mais il n'était pas très portable et ne tournait que sous AmigaOS 1.3. L'A1200 avait une vitesse suffisante et de bons graphismes mais pas de lecteur de CD facilement transportable. Alors est arrivée la CD32. En la recarrossant, cela donnait la solution idéale.

Nous nous sommes penchés sur le matériel Amiga, nous sommes devenus un développeur Commodore enregistré, nous avons commencé des négociations avec les fournisseurs de logiciels (Scala et Optonica), bref tout ce qu'il fallait pour vendre ce nouveau produit de présentation professionnelle. Et puis Commodore a disparu. Comme aucune société majeure du marché n'allait investir l'argent nécessaire pour remettre à flot Commodore, nous sommes rentrés dans le marché de détail pour augmenter notre expertise en attendant que quelqu'un rachète les propriétés intellectuelles Amiga. Le reste, c'est de l'Histoire.

- Qu'est-ce qui a vous a décidé à produire le premier Amiga depuis des années ?

Nous en avons fait l'une de nos activités pour nous rapprocher d'Amiga Inc. depuis que Bill et Fleecy l'ont racheté l'an dernier. Plus que tout, il faut être honnête, je voulais voir leurs plans et leur direction pour savoir si Eyetech allait continuer avec l'Amiga. Bill et Fleecy étaient très au courant du fait que la communauté était, et est toujours, impatiente d'avoir un nouveau matériel qui leur permettrait de tenir la tête haute parmi tous les PC cadencés au Gigahertz.

Mais ils étaient tous deux d'accord que la solution n'étaient pas celle proposée auparavant par Jeff Schindler, c'est-à-dire juste un PC recarrossé avec un nouveau système de fenêtres pour Linux. Bill a aussi été très clair sur le fait que lui et son équipe ne feraient pas du matériel mais du contenu logiciel, tout du moins pour le futur immédiat.

Mais créer le nouvel AmigaDE et avoir de nouvelles applications et jeux ne pouvait pas se faire en un jour. Lui et moi (parmi d'autres) pensions que la plupart des fans d'Amiga ne pouvaient pas attendre plus longtemps sans risquer de diminuer encore plus les chances de succès de la nouvelle machine. Et manque de chance, les autres sociétés qui semblaient capables d'amener cette nouvelle machine (comme le BoXeR de Mick Tinker ou les cartes PowerPC d'ex-Phase5, maintenant DCE) n'avaient pas la réputation de livrer à temps, voire d'être sacrément en retard. Et, à mon avis, ce n'est pas par manque de fonds ou de maîtrise mais plutôt par manque de rigueur dans la gestion des projets.

Donc, après plusieurs rencontres aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, de très nombreux coups de fil et d'innombrables bavardages, nous en sommes arrivés à une solution qui semble réaliste, rapidement disponible et bénéficiable à tous les utilisateurs d'Amiga. Ceci tout en leur donnant un matériel impressionnant, qui fera aussi tourner AmigaDE et ses propres applications lorsqu'elles seront là.

Ce qui a rendu cette solution possible est la présence et l'enthousiasme d'ingénieurs logiciel et matériel qui adorent la robustesse de l'OS classique et sont déterminés à faire revenir l'Amiga sur le plan mondial, en tant que plate-forme viable. Ces personnes sont Martin Schuler et Michael Rock d'Escena, l'équipe de Juergen Haage chez H&P, les légendaires frères Frieden pour Warp3D, etc. Tous sont en train de travailler sur divers aspects de l'AmigaOne. Et le rôle d'Eyetech dans tout ça ? Nous faisons ce que nous savons faire : gérer le projet, aider à le financer, pour que les développeurs puissent se concentrer sur leur travail à temps et en respectant leur budget.

Je suis sûr que les lecteurs d'Amiga Power le savent déjà, mais l'AmigaOne est vraiment une machine à elle toute seule (oui, elle tiendra dans une tour ATX avec un kit d'adaptation) qui peut être connectée à une machine AGA afin de faire tourner les applications existantes qui réclament ce jeu de composants (Scala est un bon exemple) mais de manière beaucoup plus rapide. L'amélioration de la vitesse sera particulièrement remarquée pour les applications qui utilisent déjà la redirection graphique ou sonore, car alors elles utiliseront entièrement le processeur de l'AmigaOne, sa mémoire et ses ressources d'entrée/sortie. Par exemple, Hyperion estime que leurs jeux 3D seront jusqu'à 1000% (mille pour cent) plus rapide sur l'AmigaOne que sur le meilleur Amiga d'aujourd'hui.

AmigaOne PPC 1200
Schéma de l'AmigaOne PPC 1200

Ainsi, si tout se passe bien, quelque temps après la sortie de ce magazine, vos lecteurs auront la possibilité d'acheter une machine fabuleuse, et nous, ainsi que les autres revendeurs à travers le monde, aurons une raison irréfutable de continuer à supporter l'Amiga.

- Comment comptez-vous vendre l'Amiga : des machines complètes avec tour, des cartes nues, avec des lots de logiciels ?

Nous avons fait très attention de nous investir à deux niveaux dans ce projet. La responsabilité de la gestion du projet, du financement et de l'assemblage sera assurée par notre division industrielle. D'autres que nous ont un grand intérêt à la sortie de ce produit, et particulièrement à sa bonne distribution via le réseau de revendeurs actuels. Cela signifie que la division revente d'Eyetech sera à la même enseigne que n'importe quel autre revendeur : ils achèteront les produits au même prix.

Nous avons travaillé de sorte que l'on dégage une juste marge entre le coût de revient et le prix public, afin notamment qu'un bon support technique et SAV soient correctement assurés et financés (NDBen : on se souvient du SAV catastrophique de Phase 5). Toutefois, les revendeurs resteront libres de choisir leur prix et nous nous attendons à des différences en fonction des territoires, monnaies et règles de concurrence, qui sont le pain quotidien du marché mondial du matériel.

En ce qui concerne les machines "tout-monté", ce sera le choix individuel des revendeurs. Très certainement notre propre division proposera une fourchette de configurations basée sur nos tours EZTower-Z4 1200 et 4000, et ces configurations seront disponibles chez d'autres revendeurs également. La carte rentre aussi parfaitement dans les tours Elbox et ses dérivés Power/Winner. Nous pensons donc que les revendeurs qui stockent ces tours pourront proposer des systèmes préfabriqués avec des AmigaOne.

- Travaillez-vous en parallèle avec Haage & Partner pour l'émulation 68k ?

Haage & Partner travaillent très étroitement avec nous mais aussi Amiga Inc., Escena et Hyperion pour ne citer qu'eux afin de pouvoir fournir un AmigaOS 3.9 qui fonctionne avec l'AmigaOne. Il contiendra de nouvelles fonctions, des utilitaires et des pilotes prêts à être exploités sur l'AmigaOne.

- Avez-vous une idée, même approximative, de la date de sortie et du prix de l'AmigaOne PPC 1200 ?

Des discussions techniques, en particulier à propos de l'OS, ont pris plus de temps que prévu mais ont permis une meilleure compatibilité au final. D'autres parties en revanche sont allées plus vite. Les cartes pour les développeurs existent déjà avec l'OS et les pilotes de nos partenaires. Nous pensons que nous pourrons envoyer les cartes aux bêta-testeurs fin mars/début avril. Si les tests se déroulent bien, nous pourrons livrer fin avril.

Depuis le début en octobre dernier, le projet a glissé de 10 jours. En ce qui concerne le prix, nous avons nos propres estimations internes. Mais cela peut tellement varier, surtout sur le marché des composants, sur le cours des devises qu'il est impossible de donner un prix. Si on devait déterminer un prix maintenant, alors il faudrait le faire en étant le plus pessimiste possible sur tous les terrains (le moins bon taux de change, les tarifs de composants les plus chers, etc.) et bien sûr ça ne serait pas intéressant pour les acheteurs potentiels. Tout ce que je peux dire maintenant est que l'AmigaOne 1200/4000 sera significativement moins cher que la meilleure carte accélératrice Amiga du moment tout en donnant une amélioration majeure des performances et des fonctionnalités et le confort d'une machine PowerPC à part entière.

- Comment pourrons-nous le trouver en France ?

Vous n'aurez qu'à taper "AmigaOne + revendeur + France" dans un moteur de recherche sur votre navigateur préféré et ça devrait vous retourner le revendeur le plus proche de chez vous. Ou bien, vous pourrez l'acheter à distance dans la communauté européenne avec des taux de TVA plus avantageux que la France. Ou bien depuis les États-Unis où la legislation parfois permet d'être exonéré de taxes pour les imports personnels.

- Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Pourquoi pas "fin" ? (NDBen : en français dans le texte ;)).

En fait, j'essaie d'apprendre le français, mais ça va prendre du temps avant que je puisse répondre à une telle entrevue dans votre langue, je le crains ! Plus sérieusement, nous savons qu'il y aura de grosses et bonnes nouvelles lors du salon de St Louis fin mars, je recommande donc à vos lecteurs de rester connecté sur l'IRC ce week-end-là. Et merci à tous de soutenir l'Amiga !


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