Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 22 mai 2017 - 17:22  

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David Brunet

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Entrevue avec David Pleasance
(Entrevue réalisée par Simon Plumbe, Mark Platts, Bill Bakayi - décembre 1994)


David Pleasance Note : traduction par David Brunet.

Nous avons pensé qu'il serait intéressant de partager avec vous cette entrevue avec David Pleasance, ancien directeur général de Commodore UK. Bien qu'il n'ait plus d'influence sur l'avenir de l'Amiga, David Pleasance offre ici un aperçu fascinant de ce qu'aurait pu devenir l'Amiga après le rachat de la plate-forme par sa société.

Alors que David Pleasance participait au salon World Of Amiga Show 1994, il nous a gentillement accordé une heure de son temps pour répondre à quelques-unes de nos questions. Simon et Mark ont mené l'entrevue alors que Bill a fourni le soutien "moral". Dawn Levack, directeur commercial de Commodore UK nous a aussi rejoints durant l'entrevue.

- Comment avez-vous commencé à travailler pour Commodore ?

(rires) Je revenais d'Australie où j'y ai habité pendant plusieurs années, et je voyageais pratiquement partout dans le monde afin de découvrir la prochaine chose que je voudrais faire. Et l'informatique familiale était juste au top à ce moment-là, c'était en 1983. J'ai répondu à une annonce pour un poste dans le secteur de l'informatique, via une agence, mais je n'ai pas obtenu ce travail. Néanmoins, les gens de cette agence avait été informés par Commodore, le matin même, qu'ils cherchaient quelqu'un pour vendre des PC.

C'est vraiment drôle car si nous avions poursuivi dans cette voie (nous n'avions pas assez de produits pour fournir tous nos canaux de distribution), cela aurait ressemblé à ce qu'Amstrad a fait. Enfin bref, je suis resté à ce poste pendant trois mois puis on m'a muté dans le secteur de l'informatique familiale, un secteur qui était en pleine croissance. Le reste, c'est de l'histoire.

- Quelles sont les dernières informations concernant votre tentative de rachat ?

Eh bien, mardi dernier nous avons fait une offre définitive qui a été appuyée par une documentation prouvant que nous disposons des fonds nécessaires et que nous pouvons bel et bien mettre une quantité substantielle d'argent sur le compte bancaire des liquidateurs. Lors de cette réunion, les liquidateurs vont s'interroger sur la viabilité de cette offre (nous n'avons pas réellement besoin de leur approbation, mais mieux vaut disposer de leur aide que de les avoir contre nous). Ils iront ensuite au tribunal des faillites à New York, ils demanderont aux juges de renoncer à leur compétence. C'est très compliqué car environ 30% des actifs de Commodore sont sous la juridiction des États-Unis et 60% sont aux Bahamas. Nous voulons tout regrouper aux Bahamas, car tout est plus rapide là-bas. Et pour ce faire, nous devons indiquer aux juges de New York que nous allons passer par le processus d'appel d'offres ouvert obligatoire des États-Unis, ce qui signifie que toutes les personne intéressées par le rachat seront invitées à la cour, elles détailleront leur offre et pourront surenchérir entre elles... Ce processus garantie un maximum d'argent pour les créanciers.

Si le tribunal n'autorise pas le transfert de la procédure aux Bahamas, l'affaire devrait être réglée en trois ou quatre semaines. Donc nous espérons que Commodore sera en notre possession en janvier prochain. Il faudra deux ou trois mois pour que les documents finaux soient signés, mais à ce moment-là, il n'y aura pas de retour en arrière possible. Donc une fois le processus d'appel d'offres terminé (je ne pense pas qu'un autre acquéreur-désirant se manifeste, ils sont maintenant tous connus !), nous disposerons d'une licence intérimaire de fabrication pour que nous puissions acheter des composants, et commencer la fabrication pour, je l'espère, avoir des produits en vente aux alentours d'avril.

- Quand vous démarrerez à nouveau la production, est-ce que Commodore produira une alimentation plus puissante pour la CD32 ? Sur ma CD32, j'ai un SX-1, un disque dur 120 Mo, 6 Mo de mémoire et un lecteur de disquette, et l'alimentation a beaucoup de mal à gérer tout cela...

Je ne suis pas surpris ! (rires) Vous n'avez pas ajouté une alimentation pour le SX-1 ?

- Non, le SX-1 s'alimente via la CD32

C'est assez étrange. Pour être honnête, je n'ai pas regardé ce problème de près. En gros, ce que vous nous demandez de faire est d'engager des frais supplémentaires sur des choses que beaucoup de personnes n'auront jamais besoin. Mais nous allons fournir une alimentation avec notre propre extension pour la CD32.

- Avez-vous une idée sur la date de sortie de cette extension ?

On ne va rien produire de nouveau avant que toutes les anciennes lignes de production redeviennent opérationnelles. Donc cinq ou six mois après la sortie des matériels actuels, nous construirons de nouveaux produits. Ils sont tous prêts, mais il y a encore quelques problèmes. La chose la plus importante est de remettre les Amiga sur les rayons des supermarchés. Nous sortirons aussi le module FMV dans le même temps, donc la première salve de produits sera représentée par des CD32, des A1200, des A4000, des A4000T et des FMV, qui seront tous disponibles à peu près au même moment.

- Quand Commodore aura réglé ces problèmes de production, qu'en sera-t-il pour l'ordinateur RISC ?

Le projet d'ordinateur RISC est complété à environ 30%. Les ingénieurs ont conçu le coeur de la puce et ont réalisé des tests en laboratoire. Jusque-là, tout a fonctionné, mais nous ne sommes qu'aux premières étapes. Rien n'est encore sur silicium. Mais cette puce fonctionnera sans doute très bien et sera époustouflante. Je dirais qu'il faudra encore 18 mois de travail pour mener à bien ce projet et avoir un premier produit. Mais après cela, divers produits arriveront rapidement car nous utiliserons cette technologie pour les produits familiaux et aussi pour les produits haut de gamme. Le projet est conçu pour être modulaire : vous pourrez avoir un module dans une console de jeux (sur CD) et avoir quatre ou cinq modules dans une station de travail, et toutes ces machines auront la possibilité d'être mise à niveau. Je pense que c'est une possibilité intéressante à proposer.

- Il s'agit donc d'un module de base, qui peut être démultiplié selon vos besoins, afin d'obtenir un modèle d'entrée de gamme ou haut de gamme ?

Tout peut-être basique puis être mis à niveau. Notre console CD disposera d'un lecteur de CD x4. Nous pensons que la console ayant les meilleures caractéristiques sera l'Ultra 64 (NDLR : renommée en Nintendo 64), elle sera plus puissante que tous les autres produits de ce marché. Mais notre console CD est environ 20 fois plus puissante.

Notre station graphique sera environ 35 fois plus rapide que l'actuel Amiga 4000. Et avec la puce utilisée, vous pourrez exécuter des logiciels MS-DOS via Windows NT, et je pense que ces logiciels MS-DOS tourneront cinq fois plus vite que sur un Pentium : c'est un matériel sacrément puissant. Il s'agit d'un coeur processeur RISC, avec fonction de rendu 3D intégrée pour le placage des textures et le contrôle des polygones.

- Cela a l'air excellent, j'en veux un !

Il y aura aussi un son sur 22 voies en 16 bits stéréo, une compatibilité avec les vidéos MPEG, le tout intégré à la puce. Elle est assez impressionnante...

- Dans une de vos précédentes entrevues, vous avez dit que les nouvelles machines ne seront pas compatibles avec les anciennes.

C'est exact. Ce n'est pas un produit Amiga. Le 68060 est le dernier processeur de la série, il n'y en aura pas d'autres et nous devons faire un bond en avant vers quelque chose d'autre. Ce que nous essayons de faire est de prendre la majeure partie du système d'exploitation qui fonctionne sur Amiga pour le mettre sur la nouvelle plate-forme, car notre système d'exploitation est merveilleux. Mais je ne pense pas que cela soit la meilleure façon de faire, car la nouvelle plate-forme est tellement avancée techniquement que ce serait comme d'essayer de s'accrocher à une ancienne technologie.

- Est-ce que Commodore va davantage se concentrer sur la vidéo sur le marché britannique ? Car cela a été, de mon point de vue, une des forces principales de la machine et c'est ce qui a gardé la société en vie.

Je n'en sais pas trop à ce sujet. C'était peut-être le cas aux États-Unis, mais ce marché américain ne représentait que 9% du chiffre d'affaires global de Commodore, et seulement 2% à des époques plus récentes. 85% du marché est situé en Europe et 90% du chiffre d'affaires est issu des produits de consommation. Voilà ce qu'est (ou ce qu'était) la réalité de Commodore.

Non, il n'y a aucun doute sur le fait que nous avons constamment commercialisé nos produits haut de gamme en Europe, et c'est une des choses que nous allons continuer à faire. Et la mise en place du réseau ACE (NDLR : Amiga Center of Excellence, réseau d'assistance mutuelle qui aurait été capable de lancer des campagnes de publicité et de marketing) va être déployé de manière spectaculaire. Nous espérons en avoir une centaine au Royaume-Uni. Ce sera une franchise, donc nous pourrons commercialiser nos produits. Ce seront des produits ACE et non Amiga, mais au final, ce sont bien les produits Amiga qui seront vendus. C'est donc une façon détournée de faire de la publicité pour l'Amiga, car le problème est que comme l'Amiga a du succès en tant qu'ordinateur familial, les gens ne le considèrent pas assez puissant pour réaliser des choses sérieuses. Donc même si Amiga est un nom bien connu, la meilleure façon de le commercialiser est de le faire comme si ce n'était pas un Amiga, mais en tant que fournisseur de solutions.

- C'est une manière similaire à IBM...

J'espère que je ne ferais jamais ce qu'IBM fait !

- Avec ses publicités à la télévision, IBM ne mentionne pas le nom de ses machines. Ils disent juste qu'elles vont améliorer votre vie, etc.

Dawn Levack : Oui, c'est un message générique.

- IBM a aussi une autre publicité, à l'affiche en ce moment, où ils indiquent qu'ils disposent d'un service d'aide 24H/24.

David Pleasance : Il existe déjà. Tout est géré par la société ICL en tant que service d'assistance téléphonique. Il dispose d'un système de numéros que vous sélectionnez par téléphone, et c'est un système fabuleux. Ce sont les meilleurs du monde au niveau de l'organisation logistique. Au début, il a fallu faire quelques réglages pointus, mais nous en sommes maintenant satisfaits. Nous avons néanmoins l'intention d'améliorer tous les services, car il y a toujours matière à amélioration.

Nous prévoyons en outre de produire un Amiga sur une carte PC...

- C'est quelque chose que j'allais vous demander...

Je pense qu'il y a des millions d'utilisateurs de PC qui essaient de transformer leur ordinateur en machine multimédia. Alors ils achètent une carte son Soundblaster, une carte graphique, puis d'autres périphériques et ainsi de suite... Au final, ils dépensent une fortune mais n'arrivent pas à faire ce que l'Amiga peut faire. Donc si nous pouvions leur donner une carte avec un Amiga dessus, nous leur apporterions par exemple le multitâche...

- Pour leur montrer ce qu'il leur manque...

DP : Oui, absolument, et pour montrer ce qu'il fera bien sûr : il permettra pour la première fois au PC de devenir une machine compatible vidéo. Nous pensons donc qu'il y a une énorme opportunité ici. Ce sera sans doute un produit que nous ne commercialiserons pas nous-mêmes. Il va probablement l'être via une licence sur le marché PC, ce sera plus logique pour nous de faire cela. Je pense que ce produit sera très excitant, il apportera beaucoup de développements en retour.

L'autre chose que nous voulons faire est d'activer la recherche... J'ai eu deux conversations avec des entreprises qui construisent des produits Hi-Fi, car je souhaite que la CD32 en soit équipé. Cela fournira donc un équipement audio : au lieu d'avoir un simple CD dans une chaîne Hi-Fi, les gens pourront utiliser une CD32. Cela permettra d'augmenter les développements logiciels et d'introduire davantage de technologie Amiga dans les foyers.

DL : C'est une excellente idée.

DP : J'ai eu deux entretiens avec ces sociétés. Ce sont deux petites sociétés que j'ai rencontrées cette semaine. Et les deux sont...

- ...intéressées ?

Oui.

- Depuis que vous êtes sous le feu des projecteurs, vous êtes plus visible, vous réalisez plus d'entrevues, vous apparaissez dans les magazines, etc. Est-ce juste votre style de faire les choses ou est-ce une attitude normale chez Commodore ?

DP : C'est une attitude tout à fait délibérée. Il faut se rappeler de mon histoire chez Commodore : je l'ai rejoint en 1983 en tant que vendeur, puis directeur des ventes en 1988, puis je suis devenu directeur général de Commodore Electronics en 1990. Là, je suis parti pour la Suisse où je gérais 37 pays qui n'avaient pas de filiale nationale. Ensuite, j'ai travaillé aux États-Unis en tant que vice-président des ventes pour le grand-public sur une durée de moins d'un an. Puis, je suis retourné au Royaume-Uni pour m'occuper des affaires internationales qui s'étaient détériorées durant les quelques mois de mon absence.

On m'a ensuite demandé de prendre en main la filiale britannique de Commodore, et j'ai repris la société en temps de crise. Durant le premier mois, nous avons annoncé des pertes massives, et comme j'ai eu le sentiment que Commodore était une société sans visage, nous avons décidé que nous devions davantage interagir avec les magazines. Ceci car nos racines étaient les utilisateurs et il était important de leur parler, de répondre à leurs questions, etc. Donc oui, c'est une attitude délibérée. C'est mon style de gestion, et je crois en ce style. Par le passé, nous avons spectaculairement réussi à ignorer les utilisateurs : cela doit changer...

DL : Je voudrais ajouter quelque chose ici. Non seulement le style de gestion a changé dans son approche vis-à-vis des utilisateurs, mais cela a aussi changé de façon interne. Quand David Pleasance est arrivé, j'ai tout de suite noté sa politique de la porte ouverte : les décisions étaient prises conjointement, tout le monde était impliqué. Son approche était la suivante : "Bon les gars, voyons ensemble ce problème. Voyons voir ce que nous pouvons faire pour le régler". Et les décisions étaient prises conjointement et cela a changé pas mal de choses. C'est dommage que David a dû revenir alors que la société était en crise aux États-Unis car nous aurions actuellement un tout autre Commodore, vraiment.

DP : La chute de Commodore est une opportunité pour moi, dans la mesure où je pourrais en prendre le contrôle. Nous avons fait beaucoup de choses à l'échelle mondiale que je n'ai jamais comprises. Par exemple, pourquoi n'avons-nous pas de politique commerciale pan-européenne ? Chaque filiale de Commodore prend de mauvaises décisions. Pourquoi devons-nous payer 5000 £ pour avoir des brochures ? Et les Français, Allemands et Italiens font de même, avec des brochures différentes. Il n'y a pas de stratégie commune là-dedans.

Notre marché est si petit aujourd'hui, tout le monde peut voyager à travers le monde. Je voudrais que, quand je voyage à Malaga (Espagne), les affiches postées là-bas fassent la publicité de l'Amiga de la même manière qu'à Londres ou à Francfort, et que cela donne confiance aux gens et montre que vous disposez d'une marque mondiale. A la fin, nous avons forcé les filiales à commercialiser les lots que nous avons conçu ensemble. Nous avons produits ces lots en différentes langues et nous leur avons demandé de les commercialiser sur leur marché national. En dépit de la réticence des directeurs généraux de commercialiser ces lots, ils l'ont fait et ils se sont vraiment bien vendus ! C'est donc un bon début, et nous pouvons apporter cette stratégie d'uniformité dans la nouvelle société. Les économies sont immenses.

- Selon vous, quelle était la raison de l'échec commercial du CDTV ?

Il est arrivé trop tôt, et ce genre de matériel doit être plus puissant. Le noeud du problème est que les utilisateurs d'aujourd'hui recherchent un niveau de réalisme qu'un matériel 16 bits ne peut fournir. Je ne me soucie pas de la somme d'argent que Philips a investi dans le CD-i, ce produit n'ira pas loin car il n'est pas assez puissant. Nous avons lancé la CD32, qui est vraiment puissante, mais même elle n'est pas dans la course lorsque l'on considère ce qui va arriver sur le marché. Nous avons sorti le CDTV trop tôt mais nous avons aussi fait d'autres erreurs fondamentales.

Nous avons payé une fortune pour avoir les services de consultants indépendants. Après avoir voyagés dans le monde entier, ils sont revenus pour nous expliquer comment commercialiser le CDTV, ils disaient : "Quoi que vous fassiez, ne le commercialisez pas en tant qu'ordinateur mais plutôt en tant que lecteur de CD". Ce qui est ridicule car la chose la plus puissante que nous avons en notre faveur est le nom Amiga. Dès que les Allemands ont commencé à le vendre en tant qu'Amiga, les ventes ont explosé. Mais nous avions rapidement compris qu'il ne serait pas une grande réussite, nous nous sommes donc retirés du marché. Le CDTV nous a beaucoup coûté, mais pas une fortune.

- On a vu la différence avec la CD32 qui a été bien mieux accueillie...

Oui.

- Dans le passé, Commodore disposait d'un département logiciel assez fort. Prévoyez-vous de le relancer ?

Nous sommes entrés dans le secteur de l'édition et, franchement, ce fut un désastre. Quand nous avons fermé COBE, je devais m'occuper des contenus de cette dernière. Il y avait quelque 580 000 exemplaires de logiciels que personne ne voulait et on nous les proposait à 5 ou 10 pence chacun. C'était absolument incroyable. Je me souviens d'une histoire assez drôle concernant le jeu Spirit Of The Stones sur Commodore 64. Je disposais de 20 000 exemplaires et on m'avait fait une offre pour environ 20 ou 30 pence l'unité. J'ai donc contacté les propriétaires de la licence du jeu, qui était l'office de tourisme de l'Île de Wight, ainsi que d'autres organisations.

Les redevances qu'ils percevaient quand le jeu était vendu au plein tarif s'élevaient à 2,30 £ par unité. Je les ai donc appelés en leur disant que j'avais 20 000 exemplaires de leur jeu et que je voulais m'en séparer. Je leur en proposait 5 pence par unité et ils m'ont répondu : "Pas question, nous voulons soit tout l'argent soit rien". J'ai répondu : "OK, cela signifie donc que je vais devoir jeter ces exemplaires". Ils ont alors rétorqué : "Vous ne pouvez pas faire ça !". Et moi de conclure : "Affaire à suivre...". Nous avons fait appel à un notaire, pris à une pelleteuse JCB, creusé un grand trou (rires) et mis tous les exemplaires du jeu dedans ! Le notaire a assisté à la scène, a tout consigné, et nous avons enterré tout ça. Fin de l'histoire.

Ce que nous voudrions vraiment faire est de nous associer, pour l'édition, avec les sociétés de création de logiciels. Je ne veux plus jamais entrer en concurrence avec elles. Je pense qu'il faut coexister. Je pense aussi que nous devrions les soutenir et construire une solide équipe pour le département du développement logiciel au Royaume-Uni. Je vais faire revenir Chris Ludwig des États-Unis, il va probablement diriger une équipe de 20-22 personnes ici au Royaume-Uni dont le seul but sera de soutenir les éditeurs. Je voudrais vraiment réaliser des développements conjoints avec eux, réaliser des cofinancements, etc. afin d'obtenir une bonne qualité pour les produits. En gros, nous les cofinancerons de sorte qu'ils développent d'abord sur notre plate-forme des programmes de haute qualité (les jeux sont également importants). Puis nous les laisserons porter ces programmes sur d'autres plates-formes, mais nous aurons été les premiers servis, et nous partagerons les bénéfices : c'est donc une proposition très viable.

- Cela n'a pas été le cas avec Microcosm

DP : Ouais, Microcosm a été un gâchis. Ce fut un produit pour CDTV mais ils ne l'ont pas produit. Ils ont donc décidé de le sortir sur CD32 et cela a été un désastre, le jeu manquait de jouabilité.

DL : Microcosm n'a pas été géré correctement.

DP : Ce dont il faut se rappeler, c'est que Psygnosis a été vendu à Sony et c'est à partir de ce moment qu'ils ont changé leur façon de penser. Mais nous avons investi dans beaucoup de logiciels pour CDTV... malheureusement, c'était pour des trucs dans le genre Garden Fax (rires), des trucs horribles... !

- Pouvez-vous nous en dire plus sur vous, personnellement ?

DL : David est un guitariste de Flamenco très accompli et a gagné le concours de l'émission New Faces. Nous avons encore la cassette de cette émission...

DP : J'ai une petite entreprise qui est en partenariat avec un producteur professionnel de musique. Nous disposons d'un studio d'enregistrement, qui est intégré à la maison. Nous allons bientôt produire un CD qui est composé de musiques spécialement écrites pour la relance de l'Amiga. Tout a été fait sur Amiga : un A4000 contrôle le studio, il est équipé d'une carte son de chez SunRize ainsi que du logiciel Bars 'N Pipes. C'est un véritable studio numérique 24 pistes. Le CD comprendra certaines choses dans lesquelles je suis impliquées, quelques musiques. Nous avons l'intention de le vendre en couverture des magazines Amiga. Si je trouve un peu de temps libre (ce n'est pas le cas en ce moment), voilà donc ce que j'ai l'intention de faire.

Je suis divorcé et j'ai deux fils. Mon fils aîné, Marcel, aura 14 ans en janvier prochain. Mon plus jeune fils, Emil, a 8 ans, et je les vois toutes les deux semaines.

- La musique semble être votre principal intérêt et vos deux fils semblent prendre la même voie.

Oui, c'est fantastique. Marcel joue très bien de la guitare.

- On aura donc bientôt un groupe composé de la famille Pleasance ?

DP : La dernière fois qu'ils sont venus à la maison, nous avons fait une chanson dans le studio. Emil a réalisé quelques partitions sur le synthétiseur et a utilisé Bars 'N Pipes pour les mettre en place. C'était amusant...

DL : On pourrait donc avoir la famille Pleasance à la place de la famille Partridge ! (rires)

DP : J'espère pas ! (rires)

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Nous avons ensuite remercié David et Dawn puis nous avons poursuivi notre visite au World Of Amiga '94. Nous étions satisfaits d'apprendre que l'Amiga étaient entre de bonnes mains avec David Pleasance. Mais les choses ont ensuite un peu changé. Le reste, c'est de l'histoire...


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