Obligement - L'Amiga au maximum

Mercredi 13 décembre 2017 - 04:08  

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Entrevue avec Susumu Hirasawa
(Entrevue réalisée par Franco Battiato et extraite d'Ikir Sector - avril 2004)


Note : traduction par Philippe Ferrucci.

Susumu Hirasawa est né le 2 avril 1954 à Tokyo. En 1979, il fait ses premiers pas dans le monde de la pop techno japonaise, avec le groupe P-Model, distribué par le label Warner Pioneer. Le groupe vogue sur la vague du succès de la musique techno qui, ces années-là, influençait même la mode et le design. Il obtint ainsi une grande visibilité grâce à son domaine sonore innovant.

En 1984, il découvre l'Amiga, et ses activités arrivèrent à un point décisif. En 1989, il commença une carrière solo, en dehors de P-Model, axée sur l'utilisation d'images informatiques pendant ses concerts. Poussé par esprit d'innovation et par un désir grandissant d'interagir avec les spectateurs durant ses représentations, il commença à beaucoup utiliser l'Amiga autant dans le processus de composition (par l'intermédiaire du séquenceur MIDI Bars&Pipes) et dans la génération d'effets visuels temps réels mixée à la musique pendant les spectacles.

En 1994, tous ses efforts de création ont créé le premier concert interactif en direct, dédié à la mémoire de Jay Miner (le père jamais oublié de l'Amiga) qui nous quitta cette même année. Le concert interactif est une expérience bien différente des concerts traditionnels, plus similaire à un jeu de rôle. Il mixe la réalité physique avec des images et des animations générées par ordinateur (projetées sur des murs semi-transparents placés sur scène), en plongeant l'artiste dans des mondes imaginaires dans lesquels le public décide des évolutions de l'histoire. Tout est géré par Scala (un logiciel fantastique d'édition multimédia) grâce à ARexx (le langage d'intercommunication entre différentes tâches utilisé dans AmigaOS).

En vingt-cinq années de vie musicale, avec environ 30 albums enregistrés dont 10 en solo, il s'est éloigné du Techno Pop, en évitant une contamination des styles ethniques et électroniques, pour rejoindre une musique inspirée par l'énergie de l'univers. Entre ses créations, il est l'auteur de musiques pour des programmes de télévision, des jeux et surtout les bandes sons des animes : Berserk, de Kentaro Miura, en 1997 et le film d'animation Millennium Actress, de Satoshi Kon en 2003. Ce dernier, distribué par Dreamworks aux États-Unis, a été un énorme succès et il a remporté de nombreux prix de par le monde.

Il a parcouru une route longue et sinueuse, entre technologie et tradition, sur laquelle le passé et l'avenir se sont mélangés dans le présent ; avec Amiga comme compagnon de route, un instrument créatif mais aussi comme source d'inspiration.

Susumu Hirasawa

- En Italie, vous êtes surtout connu pour la bande originale de l'anime Berserk, et comme la musique ne devrait pas avoir de barrière, vous avez fait ça seulement pour la publicité ?

Le plus grand problème peut être le mode de distribution. J'ai pu contacter un label européen par l'intermédiaire d'un coordinateur mais la réponse n'a pas été bonne. De l'avis d'un certain Anglais, cela a pu être parce que je chantais en japonais. En plus, ma musique a un problème pour trouver le bon label à cause de la difficile division des genres musicaux.

J'ai toujours voulu exporter ma musique à l'étranger. De toute façon, les personnes qui, à l'étranger, connaissent mon travail grâce aux animes ou aux jeux, ont accès à ma musique en téléchargeant ou achetant mes CD sur le site du label Teslakite, ou encore en achetant les CD aux magasins japonais qui acceptent les commandes depuis l'étranger.

- Quand sera votre prochain concert, peut-être un de vos fameux "spectacles interactifs en direct", en Italie ou ailleurs en Europe ?

Comme ces spectacles interactifs demandent un long travail à beaucoup de monde, notamment pour l'équipe de soutien Amiga, nous ne pouvons en organiser qu'un tous les deux ans. J'ai réalisé le spectacle intitulé Limbo-54 en 2003 donc le prochain sera en 2005. J'ai bien peur qu'un concert en Europe soit trop difficile et cela, pour deux raisons : la première, c'est le coût et l'autre est le fait que je ne suis pas très connu en Europe. De plus, il y a un troisième problème moins évident mais peut-être qu'il l'est pour vous : tous mes Amiga supportent mal le transport.

- Désolé pour ces questions mais ici, en Italie, elles sont obligatoires quand on réalise une entrevue avec un artiste connu. Vous aimez l'Italie ? Vous connaissez la musique italienne ? Et si oui, qu'est-ce que vous en pensez ?

Je ne connais pas bien l'Italie et c'est bien dommage. Pourtant, je vais dans un restaurant italien de pâtes une fois par semaine et je me détends en écoutant de la vieille pop italienne et en contemplant les photos de Venise que j'ai sur le mur. C'est un de mes moments préférés.

Dans les années 1970, j'écoutais BAnco (NdR : Banco di mutuo soccorso), un groupe italien de musique progressive. Même si je ne comprenais pas leur langue, j'étais fasciné par les performances vocales d'un géant habillé en ouvrier (NdR : Francesco Di Giacomo, chanteur de Banco), qui brandissait un marteau et chantait avec une voix très aiguë. C'est une remarquable performance.

- Une question à un million de dollars : d'où vous vient l'inspiration pour vos compositions ? Est-ce qu'à un moment l'inspiration disparaît et le musicien doit se mettre à travailler ? Dernièrement, on entend souvent des chansons créées plus par des règles du marketing que par l'inspiration, comment jugez-vous ce phénomène ?

Tout peut être une source d'inspiration pour moi. Lire des livres, écouter des histoires traditionnelles japonaises, des échanges avec des transsexuels en Thaïlande et divers événements qui se passent dans le monde me stimulent. Souvent je note immédiatement des mots-clés pour faire revivre l'inspiration obtenue de ces stimulations. Les sentiments se ravivent en moi quand je reçois l'inspiration en me rappelant ces mots-clés. Quand je compose de la musique, j'utilise l'inspiration obtenue grâce à ces mots-clés. Quelquefois ces mots-clés deviennent même les titres de mes chansons.

Une industrie musicale trop étendue qui produit avec des rythmes industriels demande une consommation élevée pour maintenir sa structure. Les gens perdent l'opportunité de profiter d'une bonne musique, car nous sommes inondés de musique médiocre poussée par un marketing agressif. En conséquence, la sensibilité qu'on peut avoir pour la musique se réduit et la grande industrie musicale ne semble pas s'en apercevoir. De ce fait, elle a affaibli le marché. L'industrie discographique au Japon est en déclin continu. Il y a quelques années, ils disaient que la cause de la baisse de la vente des CD était que tous les jeunes achètent un téléphone mobile, et que du coup ils n'ont plus d'argent pour acheter des CD. Mais aujourd'hui, ils disent que tout le monde achète des CD d'importation parce qu'ils coûtent moins cher. Ils n'ont jamais réfléchi sur la "qualité" des produits qu'ils fabriquent. Ce sont des ignorants pour ce qui est de la "culture" musicale et ils s'en fichent.

- Depuis quelque temps, on parle beaucoup de piratage musical des nouveaux formats numériques qui, comme le MP3, sont accusés de pousser les personnes à télécharger de la musique illégalement sur les réseaux. Toi qui dernièrement as beaucoup misé sur les médias numériques pour vendre ta musique, que penses-tu de tout cela ?

Je doute que la violation des droits d'auteur ait augmenté à cause de la musique qui est numérisée. Avant l'expansion d'Internet, on enregistrait et copiait la musique soumise aux droits d'auteur depuis les radios FM, etc., et on se les échangeait. Cela arrivait assez souvent qu'on copie aussi les CD et les vinyles achetés pour ensuite se les échanger. En plus, quelqu'un qui écoute une copie et trouve que c'est de la bonne musique, voudra avoir l'original même s'il doit dépenser des sous. De nombreuses personnes faisait vraiment comme cela. L'idée que la musique numérique pousse à la violation des droits d'auteur reflétait l'inquiétude de l'industrie discographique de perdre sa position dominante si la musique n'avait plus besoin de l'actuelle structure de distribution. Ou on peut voir cela comme la propagande de quelqu'un qui veut contrôler toute la musique, y compris celle sur Internet.

- Quel poids a eu l'Amiga dans tes travaux ? Et quel poids a-t-il encore ?

L'Amiga est nécessaire et indispensable pour mon activité. De la composition aux concerts interactifs, on ne peut rien faire sans Amiga. Aujourd'hui, j'ai trois A4000, un A1200 et deux A600 mais toutes ces machines sont instables. La plus instable, c'est le nouvel A4000 Power Tower que j'ai acheté l'an dernier. Depuis que j'ai acheté le premier A1000 au milieu des années 1980, j'ai perdu beaucoup de temps à cause de problèmes liés à la machine. En conséquence, j'ai essayé plusieurs fois de migrer sur PC, mais je suis finalement arrivé à une conclusion : l'Amiga fonctionne plus vite que le PC même en comptant le temps que je perds à résoudre tous ces problèmes.

Susumu Hirasawa

Scala a un rôle fondamental dans les concerts interactifs même si un jour j'ai dû interrompre un concert à cause de difficultés sur un ordinateur. J'ai essayé Scala sur PC dans le spectacle de 2003, mais j'ai compris qu'encore beaucoup de choses ne peuvent se faire que sur Amiga, et je suis donc revenu sur Amiga. J'utilise Bars&Pipes (la version d'Alfred Faust) pour la composition. Je l'utilise depuis sa première version, et même aujourd'hui je ne le trouve pas trop vieux comme séquenceur. Je trouve que c'est un logiciel excellent et sophistiqué. Je voudrai exprimer mes remerciements pour monsieur Alfred Faust qui a rendu l'utilisation de Bars&Pipes encore plus simple. L'Amiga est pour moi un instrument pratique et son originalité a eu une grande influence sur mon activité. En utilisant cette étrange machine et son logiciel, j'ai appris que même ce qui semble "difficile à réaliser", "devient faisable, en changeant d'angle d'approche".

Susumu Hirasawa

Susumu Hirasawa

Si je n'avais pas été un utilisateur Amiga, j'aurai pensé que c'était impossible de réaliser un concert interactif. Ce que j'ai appris de l'Amiga c'est : "Cherche une solution insolite avant d'abandonner".

- Tu es au courant des développements qui se profilent à l'horizon ? Que penses-tu des nouveaux AmigaOne et du futur AmigaOS 4 ? Et de MorphOS et du Pegasos ?

Oui, je les connais. Mais ce qui m'intéresse pour le moment c'est de savoir si Bars&Pipes et Scala fonctionneront bien sur les Amiga de nouvelle génération. Vous avez une information sur ce sujet ? J'espère voir sur cette nouvelle génération d'Amiga un flot de logiciels de tierces parties qui, comme par le passé, sortiraient pour recréer cette excitation qui rend possible l'impossible comme la grande révolution qu'avait introduit le Video Toaster.

- Tu penses soutenir l'Amiga à l'avenir, s'il y a un futur meilleur bien sûr ?

Certainement, je continuerai à soutenir l'Amiga. Je veux voir un DAW (Digital Audio Workstation) qui sera supérieur à Bars&Pipes et qui participera beaucoup à la bizarrerie de l'Amiga.

- Le 10 novembre 2001, tu as réalisé un concert, inspiré par ton opéra Solar Ray, en utilisant seulement de l'énergie solaire. Tu n'arrêtes jamais de surprendre, non ? Tu travailles à quelque chose de nouveau de ce type pour 2004 ? Ou vas-tu profiter d'un repos bien mérité ?

En 2004, je participe à deux projets liés à des animes. Les deux seront exportés à l'étranger et vous connaissez l'un des deux en Italie, mais je ne peux pas vous donner plus de détail pour le moment. Un autre projet concerne la bande son de la série TV dirigée par Satoshi Kon qui a reçue de nombreux prix dans le monde. Je réalise le CD en ce moment.

J'ai planifié depuis un certain temps, des concerts non interactifs pour octobre 2004. Ces spectacles sont prévus seulement à Tokyo. Ceux qui m'écoutent et qui sont habitués à voir mes étranges concerts pourraient être surpris de voir ce concert proposé comme un concert normal. Malheureusement, je n'aurais pas beaucoup de vacances, même en 2004.

Millenium Actress
Millennium Actress de Satoshi Kon

- Au nom de tout le site Ikir Sector, nous te remercions encore pour ta disponibilité ! Tu voudrais faire un coucou à tous les membres d'Ikir Sector (qui sont nombreux) et à ceux qui ne te connaissent pas encore !

C'est une grande surprise pour moi de pouvoir entrer en contact avec vous qui habitez la lointaine Italie à travers l'Amiga. Et ce plaisir est unique pour moi vu que je suis le seul musicien professionnel qui utilise l'Amiga au Japon. À partir d'aujourd'hui, je repenserai à vous à chaque fois que j'allumerai l'Amiga. Soutenons ensemble cette machine étrange et originale pendant encore longtemps. Merci beaucoup à vous tous !


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