Obligement - L'Amiga au maximum

Jeudi 24 juillet 2014 - 15:00  

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Entrevue avec Dave Haynie
(Entrevue réalisée par Alexandre Rey et extraite de Boing Attack - janvier 2002)


- Bonjour Dave ! Mais qui est le VRAI Dave Haynie ?

J'ai eu 40 ans en mai dernier... Mes hobbies ? Si j'avais le temps, en ce moment, ce serait la menuiserie, l'ébénisterie, la musique informatique, mais aussi la photo, vidéo, vélo, natation, rollers, aïkido, bateau... bref, ce genre de choses. Je collectionne aussi les caméras 35 mm, vu que je n'ai jamais trouvé les collections d'ordinateurs aussi intéressantes. Je suis marié depuis 17 ans à Liz, et j'ai deux enfants : Sean (10 ans) et Kira (7 ans). Nous habitons une ferme de 13 hectares dans le sud du New Jersey ; il n'y a quasiment que des fermes par là-bas... J'ai aussi trois soeurs : Linda (en Floride), "Harmony" Sue (qui vient de déménager pour le Nouveau Mexique), et Kathy, qui vient de terminer son doctorat à l'université de Stanford et qui habite New York, dans la moitié nord de la ville. Ma mère habite à 10 km au nord de chez moi, et mon père... 1 000 km au sud.

- Quels emplois avez-vous tenu avant d'entrer chez Commodore ? Comment avez-vous fait pour faire partie d'un tel personnel ?

Avant Commodore... Eh bien, j'ais travaillé à la "General Electric" (NdT : équivalent de notre EDF) pendant quatre mois, et ce dès ma sortie de l'université. On nous promettait du travail sur des navettes spatiales, mais en fait, à cet endroit précis (qui a fermé depuis, d'ailleurs) ils faisaient essentiellement des armes nucléaires... Je suis donc parti chez Commodore. Avant la General Electric, j'avais travaillé deux étés dans les labos de Bell. Encore avant, je gagnais ma vie en faisant des programmes, de la plonge, de la photo et même laveur de carreaux !

Pour ce qui est de mon entrée chez Commodore, je pense que j'ai dû être le bon gars qui est arrivé au bon endroit et au bon moment. Une fois parti de chez General Electric, j'ai envoyé un courrier à un cabinet de recrutement (c'était un mardi) et ils m'ont appelé directement pour un entretien. Ce jour-là, d'ailleurs, je portais un T-shirt que j'avais moi-même créé :-). Je suis donc allé à l'agence, et je me suis retrouvé devant un gars style hippie : cheveux longs (encore plus longs que les miens), lunettes à la John Lennon, et on devait discuter ensemble lors de cet entretien...

Il m'a fait entrer dans la pièce où je me suis entretenu avec l'un des dirigeants de Commodore (Joe Krasuki), puis à l'un des techniciens : le gars du bureau, justement. Il s'agissait de Bill Herd, le chef technicien/système du projet TED (qui a mené au PLUS/4 et au C16). Il m'a questionné sur mes connaissances en la matière, m'a posé quelques questions sur les circuits, etc. Quoi qu'il en soit, l'entretien s'est bien passé. Ils m'ont rappelé le lendemain, m'ont demandé de venir dans leurs locaux le lundi suivant pour un entretien sur le site et m'ont offert un emploi dans la foulée. J'ai accepté illico ; à partir de là, il a fallu quelques semaines à Commodore pour la paperasse...

- Que vous reste-t-il de cette période (1984/1994) ?

Des souvenirs, surtout. Il me reste quelques morceaux d'ordinateurs tout poussiéreux : divers prototypes, des cartons remplis de tout et de rien que je n'ai pas ouvert depuis des années. Je sens qu'un jour ou l'autre, certains de ces protos finiront sur eBay... J'en connais qui les apprécieront mieux que moi. L'une des raisons pour lesquelles je faisais du bon travail était que, chez Commodore, je n'étais jamais vraiment satisfait de ce que je faisais... Le C128 a été la première machine sur laquelle j'ai travaillé, et que j'ai vraiment appréciée. J'avais travaillé sur une nouvelle version du C128 (qui n'a jamais été officialisée) qui a été remplacée directement par l'Amiga. J'adore le 3000, bien que j'avais commencé à bosser sur le 3000+ (abandonné, d'ailleurs ; une partie de cette machine a été utilisée pour le 4000).

- A la fin de Commodore, vous avez écrit une lettre expliquant le pourquoi de sa banqueroute. La gestion était-elle si mauvaise que ça ?

La mauvaise gestion de Commodore est la seule cause de sa chute. Ils n'ont jamais vraiment su ce qu'ils avaient entre les mains. Commodore avait même la possibilité de mettre un coup de douze à l'industrie PC. Nous avions en travaux des architectures (voir www.thule.no/haynie) qui nous auraient permis d'utiliser du matériel standard tout en conservant le meilleur de l'Amiga. Et il ne s'agissait pas que de moi : tout le monde chez Commodore était au top, la meilleure équipe avec laquelle j'ai eu le plaisir de travailler. Ce n'était pas qu'un travail, c'était aussi une famille : vous ne trouvez pas ça dans le monde du PC. Mais les meilleurs ingénieurs de la planète ne peuvent rien faire sans argent pour financer leurs projets. Pendant qu'Irving Gould et Mehdi Ali se versaient des salaires plus importants que ceux des dirigeants d'Apple, IBM ou Microsoft, l'équipe d'ingénieurs de Commodore, début 1990, était diminuée et sous-payée. Ils ont embauché des manageurs comme Bill Sydnes, qui étaient honnêtement plutôt cons, rapaces, et inaptes à utiliser un ordinateur : des gens qui n'ont rien à faire dans une société d'informatique...

A l'époque, je disais déjà que mon chat pouvait mieux diriger Commodore qu'eux... J'étais vraiment 100% sérieux. Mon chat (un gros bestiau noir et blanc que j'ai appelé Iggy ;) n'aurait pas agi comme eux, il n'aurait pas avalé tout l'argent et toute la vie de cette société, et il faut bien avouer que les ingénieurs de Commodore n'avaient pas besoin de tant de responsables au-dessus d'eux. C'est ce que je pensais à l'époque, mais avec du recul (et depuis que je travaille là-dedans), je peux dire que je n'étais pas loin de la vérité. Si Jeff Porter (à l'époque PDG de Scala Inc.) avait été nommé sous-directeur de la section ingénierie, début 1990, avec un budget décent, je pense que Commodore serait encore là aujourd'hui. Et même si ce n'avait pas été le cas, je pense que l'on n'aurait pas eu un tel arrière-goût de défaite. Si nous avions fait de notre mieux et que Wintel avait quand même gagné, on aurait malgré tout fait de notre mieux. Mais la mort de Commodore était un suicide : l'équipe de Gould/Ali, sauf rares exceptions, était un parasite mortel, rien d'autre. Ils ont résolument tué Commodore.

- Nous avons tous entendu parler du DeathBed Vigil, votre film... Qu'en est-il de ce "mythe" ?

Ok, mais d'abord, voici l'histoire complète. C'était vers la mi-avril 1994. Tout le monde s'inquiétait de l'état de santé de Commodore. La plupart d'entre nous cherchait plus ou moins du travail, juste au cas où. Je ne voulais pas quitter Commodore, mais c'était clair que la société s'autodétruisait. Je me suis donc rendu au Texas le week-end du 24, et ce lundi-là, j'ai discuté avec une société plutôt intéressante (et dont personne n'avait entendu parler : Compaq). J'avais apporté mon caméscope pour filmer les lieux, mais je savais que je ne voudrais pas déménager pour travailler là-bas. Je suis alors retourné dans les locaux de Commodore le mardi ; j'avais encore ma Sony et les batteries dans le coffre, et il y avait des cassettes vierges 8mm en grande surface. J'ai donc décidé de faire une vidéo de Commodore, parce que la fin approchait. Ce mardi-là, justement, il y a eu plein de rumeurs concernant la fermeture des bureaux, du départ imminent d'ingénieurs, etc. J'ai donc décidé de m'entretenir avec tout le monde, juste pour connaître leurs sentiments : une vidéo non pas personnelle, mais pour mes amis de Commodore.

Le mercredi, c'était différent, il y avait des licenciements. Les caméras étaient interdites dans l'établissement ; 30 personnes ont été licenciées ce jour-là, mais moi, j'étais toujours employé : je savais néanmoins qu'il n'y aurait plus de travail. A midi, ceux qui restaient de chez Commodore se sont réunis au Margarita, qui était une sorte de point de rencontre pour les gens de Commodore. Ce passage est la seconde partie de la vidéo.

C'est à ce moment-là que j'ai voulu faire de ma vidéo quelque chose de plus sérieux. Tous avaient quelque chose à dire, et tous éprouvaient quelque chose. On le savait, c'était l'un des derniers instants de Commodore, donc j'ai continué à filmer. Il y avait ensuite une petite fête chez Randell Jesup, la "Deathbed Vigil" (traduisez "La veillée funèbre"). Le vendredi soir, Mike Sinz se mariait, et de nombreux employés de chez Commodore étaient là. Bien que nous soyons restés très tard, peu d'entre nous étaient au courant de la banqueroute de Commodore. J'ai donc commencé à filmer comme au Margarita (entrevue des employés sur leurs sentiments, etc.). Comme on avait du temps, on s'est raconté nos histoires... Je devais ramener mon fils Sean à la maison, en fin d'après-midi suivant (deux heures de trajet) : j'ai donc laissé ma caméra à Keith Gabryelski et Fred Bowen. Ils ont pris quelques scènes en extérieur. Quelqu'un a alors eu l'idée d'installer un trépied : les gens venaient, s'installaient devant la caméra, et racontaient ce qu'ils avaient à dire. Pour la dernière partie de la vidéo, c'est toujours un secret.

En fait, en filmant, je ne savais pas vraiment ce que je faisais. Je n'ai jamais rien fait en vidéo, mais je me suis dit qu'il fallait que je fasse cela moi-même, en utilisant les outils basiques de l'Amiga. C'est ce que l'Amiga nous promettait, en quelque sorte, alors c'est ce que je voulais, même si j'avais plein d'amis professionnels de la vidéo. Un peu plus tard, j'ai passé un accord avec l'Assets Manufacturing pour éditer DiskSalv 3, et il était intéressé pour vendre la vidéo aussi... C'est à ce moment-là qu'elle est devenue un projet commercial.

Du côté technique, tout a été créé sur cassette vidéo 8mm. J'ai utilisé Scala MM300 avec le paquetage EE100 Echo ainsi qu'un magnétoscope contrôlé par infrarouge et le Camcorder avec un port série LANC. J'ai emprunté un SuperGen 2000, pour le relier à mon Amiga 3000+, ainsi qu'un GVP TBCPlus (Scala pouvait contrôler le TBCPlus via ARexx, ce qui m'a permis de gérer l'éclairage et la couleur dans le script lui-même). Tous les graphismes ont été faits avec Deluxe Paint IV, en utilisant ma propre version du logo "eject" qu'Andy Finkel et Bryce Nesbitt ont sorti (pour le T-shirt qu'ils ont fait, avec les signatures de tout le monde dans le dos ; je ne suis pas sûr que vous l'ayez vu). La musique a été créée pour l'occasion ; Mike Rivers l'a écrite et composée ; j'en ai écrit les paroles, ainsi que les choeurs sur FYM, la chanson jouée lors du générique. Le son a été mixé sur un six canaux de la radio Shack.

Cette vidéo est disponible seulement sur le dernier CD Amiga Forever, en MPG d'assez moyenne qualité. Je leur ai donné l'autorisation de l'inclure gratuitement, juste pour que quiconque y ait accès. Je l'ai remastérisée le printemps dernier, en utilisant des outils adaptés sur PC. Il y a encore du travail en perspective ! Il se peut que Merlancia commercialise la version une fois finie... si je la termine.

- Vous avez ensuite participé au développement de Scala. Que diriez-vous de participer à une nouvelle version du programme ?

J'ai travaillé sur la version "post-Commodore" de Scala, sur le Scala prévu pour les set-top boxes, et bien sûr pour la version PC. Je ne pense pas qu'Eyetech fasse une nouvelle version de Scala. Peut-être un clone, je ne sais pas ; ce n'est pas le type de programmes que l'on sort facilement. Si c'était le cas, d'autres sociétés l'auraient fait... Se pose aussi le problème du choix de l'OS. Comme pour chaque développeur sur Amiga aujourd'hui. Y aura-t-il vraiment un AmigaOS 4 PowerPC sous peu ? Doit-on développer pour l'AmigaDE qui n'est pas encore terminé ? Ce n'est pas une situation enviable, et même si je sais qu'ils veulent le faire (et le leur souhaite), ce sera difficile pour une aussi petite société.

- Pouvez-vous nous parler de l'échec du PIOS ?

Eh bien Met@box AG (PIOS a été rebaptisé Met@box il y a quelques années, à cause d'une embrouille avec notre avocat et la déclaration de la marque trop tardive) n'est pas encore mort. Je vais vous en raconter l'histoire, vu qu'on me l'a déjà demandé auparavant ; elle n'est pas aussi tragique que celle de Commodore, mais elle le fut encore plus pour moi vu que j'ai été trahi comme avec Ali et Gould. En novembre 1995, Stefan Domeyer, l'un des deux responsables d'Amiga Technologies (l'autre étant le bon vieux Petro) nous a contactés, Andy Finkel et moi-même, car voulant créer un Power Amiga. Ni une ni deux, on a pris le prochain avion pour rencontrer Amiga Technologies. Nous avons soumis nos idées et nos plans (qu'ils ont adorés d'ailleurs), et nous avons été embauchés comme consultants (je travaillais alors parallèlement, mais sans concurrence, pour Scala). J'ai alors rencontré Motorola et IBM pour monter un possible Amiga PowerPC en 1997. Andy a planifié le portage de l'AmigaOS en PowerPC, en montant une équipe, etc.

Nous sommes allés en Allemagne en mars pour le CeBIT où l'administration d'Amiga Technologies a été présentée. Même pas un mois après, le Power Amiga a été annulé, les contrats n'ont pas été payés ; peu après, les employés d'Amiga Technologies ont été virés et Escom a déposé le bilan. Peu après le crash d'Amiga Technologies, Domeyer a envisagé la création d'une nouvelle société. Mi-mai 1996, Domeyer, Geerd Ebeling, Andy et moi avions créé PIOS Computer AG. Le but était de créer un clone du Mac en utilisant comme base un système issu de l'AmigaOS. Ce principe n'a pas fonctionné, et c'est pour cela que j'ai décidé de créer une solution maison : le PIOS One.

A l'origine, il s'agissait d'un clone du BeBox : dans l'impossibilité d'obtenir les licences de l'Amiga, on s'est d'abord basé sur BeOS pour débuter, d'autant que j'étais déjà développeur pour Be ; PIOS aurait même pu devenir distributeur du BeBox en Allemagne. Des protos étaient opérationnels en mai 1997, mais n'étaient pas fonctionnels (le développement a eu quelques difficultés d'amorce, vu que mon labo était... mon garage, et qu'on avait eu un hiver assez froid...). On avait prévu, au début, d'ouvrir un bureau d'ingénieurs aux États-Unis, à mi-chemin entre Andy et moi, mais ça coûtait au final plus que ne l'envisageait Domeyer. Bien sûr, j'ai dû bosser entre-temps... pour en arriver à cette décision-là. Après coup, c'est clair qu'on a fait une grosse erreur : on aurait dû créer un bureau d'ingénieurs aux États-Unis et se baser là-bas...

Lors d'un salon BeOS en Californie, en janvier 1997, nous avons rencontré Apple. Ils étaient à fond dans le PowerPC, appelé alors CHRP, en guise d'avenir pour la marque. Ils nous ont convaincus, Domeyer et moi-même, que le CHRP était l'avenir, et nous avons revu le système pour qu'il supporte le CHRP. Ça a été une nouvelle erreur. Avec le CHRP, PIOS s'intégrait dans le business du Mac, vu qu'il pouvait lancer le Mac OS, à l'instar des clones que l'on supportait déjà. Apple a alors fait marche-arrière, nous mettant un coup de poignard dans le dos, et a arrêté les licences Mac OS en septembre (ironie du sort, j'ai commencé à bosser à plein-temps sur le PIOS One en septembre...). Cette manoeuvre a tué le PIOS One, bien qu'il se soit passé un moment avant qu'on ne le reconnaisse.

Par la suite, on s'est donc intéressé au concept de terminal Internet, appelé aussi set-top box. Début 1998, je travaillais à plein-temps là-dessus. Une fois la conception du prototype effectuée, nous avons découvert que nous pouvions faire un meilleur produit... meilleur marché, juste en personnalisant un concept de PClone (basé sur le jeu de composants Cyrix/National MediaGX). Cela a été fait, et c'est devenu le Met@box 500. Le Met@box 500 utilisait la technologie BOT (Broadcast Online Television), qui permettait aux données d'être envoyées, cachées dans les intervalles horizontal et vertical du signal télé, ainsi les données pouvaient être envoyées de manière constante à l'unité centrale. Cela permettait de passer de la vidéo (MPEG-1), des MP3, etc. et permettait aussi l'accès Internet.

Au printemps 1999, nous avons débuté le projet "Phoenix", dont le but avoué était de proposer un nouveau set-top box basé entièrement sur une technologie maison et ce à l'origine pour remplacer le Met@box 500, qui n'était qu'un petit terminal web bon marché. Au fur et à mesure que le projet avançait, il était complété : ce système devait devenir un ordinateur avec accès au Net bien plus efficace que ce qui était fait jusqu'alors. Malgré tout, la conception finale avait des défauts, issus de la conception d'origine. Vous trouverez plus d'informations là-dessus sur www.metabox.de.

Mais avec le matériel, il vous faut du logiciel. Andy et son équipe ont cherché un OS pour cette machine, mais les a tous trouvés trop simplistes. Ils ont donc décidé de créer un nouvel OS, appelé CaOS (appelé aussi MetaRTOS), qui est très proche du style Amiga, mais malgré tout non-compatible avec lui. Cela nous a permis d'acquérir les licences pour des programmes Amiga comme MUI, Voyager et autres qui étaient dans l'ensemble de bien meilleure qualité que ce qui est habituellement disponible sur les autres set-top box. L'OS était donc près d'aboutir...

Voilà donc ce que j'ai fait chez Met@box. Les problèmes rencontrés sont autrement plus importants... et plus récents. Jusqu'à sa chute en 2000, Met@box allait plutôt bien : le développement suivant son cours, les finances étaient bien là... Je pense que Stefan Domeyer et d'autres personnes de la société ont bien profité de ces finances, justement. Ce que l'on ignorait, c'est qu'ils dépensaient de l'argent pour des trucs bien inutiles : ils ont acheté des parts d'un petit studio de cinéma, ont parrainé une équipe de foot et une écurie de F1. De même avec le basket professionnel, mais là ils ont voulu mettre en place un championnat professionnel en Allemagne, qui a foiré de A à Z ; avec Andy, on ignorait tout ça, même si nous avions financièrement participé à la création de la société...

En 2000, les finances de la société ont commencé à se casser la gueule. A partir de là, un parfum de scandale s'est fait sentir chez Met@box : avaient-ils menti (ou exagéré) en ce qui concerne l'importance des commandes ? J'étais alors en train de passer un contrat avec NorDig (qui avait investi en masse chez Met@box) ; il y avait bel et bien eu un contrat en Israël, certainement aussi en France. En mai, la société n'avait plus d'argent et était en position de prébanqueroute, et de réorganisation. C'est cette période qui m'a le plus blessé.

Petit à petit, Met@box a cessé de nous verser notre salaire, à Andy et moi-même, même si Stefan nous assurait que ça allait être régularisé ; notre argent nous était versé au compte-gouttes en 2000, et a totalement arrêté de nous être versé au printemps 2001. A ce moment-là, ils me devaient près de 75000 $, et certainement encore plus à Andy. D'après ce que j'ai compris, même si la société avait les fonds maintenant, du fait de son dépôt de bilan elle ne pourrait nous les verser. Ils ont quand même dépensé 10 millions de $ pour un petit studio de cinéma, et n'ont pas payé les développeurs des produits qu'ils commercialisaient. Maintenant encore, je n'arrive pas à comprendre pourquoi mes soi-disant amis m'ont fait un tel coup ; tout ça m'a mis dans une sacrée merde financière, et je suis toujours couvert de dettes à cause de ça.

Mais attendez, ce n'est pas tout ! Tous les employés et les créateurs de Met@box ont des parts dans la société. Comme aux États-Unis (et dans d'autres pays aussi, je crois), ces parts sont bloquées quand la société en question devient publique : vous ne pouvez pas les revendre pendant une période déterminée. Andy, moi-même et les autres devions donc attendre janvier 2001 pour pouvoir vendre nos actions. Eh bien il est apparu qu'en janvier, on ne pouvait toujours pas revendre ces parts. Il semblerait que Met@box nous ait "emprunté" nos actions nominatives pour les donner à un nouvel investisseur : ils ne me payaient donc plus, et ont distribué mes actions sans ma permission !

J'ai attendu, et en février, celles-ci m'ont été restituées. Seulement, la société les avait remplacées par des actions non-nominatives qui ne pouvaient pas être rachetées, à moins de les rendre nominatives (quelle histoire !). Finalement, en mars-avril, Stefan nous a donné une partie de ses actions nominatives : j'ai pu en vendre, certaines à la moitié et d'autres au quart de leur valeur de janvier/février : encore, pour moi, c'est 60 000 $ de perdus... Pourquoi les avoir vendues ? Eh bien depuis le dépôt de bilan de 2000, je travaillais avec Met@box Corporation, une filiale américaine de Met@box basée à Austin, au Texas. Ils étaient au début une société de marketing, mais on bossait avec leur PDG, Clint Giles, pour leur adjoindre X-Ware, un groupe d'ingénieurs... Ces gars étaient d'excellents ingénieurs de chez Aureal très intéressés par un projet de set-top box nouvelle génération. Je leur avais proposé de vendre des parts pour les aider à créer leur société.

C'est pourquoi maintenant, avec la moitié des parts de l'investissement initial, je suis moralement obligé de verser de l'argent à Met@box Corporation, parce que je l'avais promis. Ils devaient investir de l'argent de leur côté, ce qui n'a jamais été fait. Malgré cela, on était à deux doigts de trouver d'importants investisseurs (et ce malgré l'ambiance qui régnait...) et de gros contrats (par exemple, Earthlink, le deuxième fournisseur de services sur Internet aux États-Unis, était très intéressé par le Phoenix (ou Met@box 1000). De même avec BlockBuster, une grande société de location de vidéos). Il se peut que cela fonctionne, un jour ou l'autre... Au moment du dépôt de bilan de Met@box, les investisseurs et clients potentiels se sont évaporés... 2001 n'était décidément pas l'année de Met@box : la filiale des États-Unis a coulé en juin : j'ai encore perdu 53000 $... et j'étais sans emploi. Gavé de l'attitude de Met@box et de mes "collègues", j'avais officiellement donné ma démission en avril : ça n'a rien changé, ils ne m'ont pas payé la note... J'avais rejoint Met@box en tant que directeur technique, et c'était à la vie à la mort pour moi avec cette société ; vous comprendrez que le résultat final m'a donné un sacré coup...

Un des gars de chez X-Ware, Marc Stimak (qui était entré à Met@box en tant que ingénieur en chef, un excellent gars, on a vraiment eu du bol de tomber sur lui), m'avait dit : "Vous n'avez pas d'amis quand vous êtes dans le creux de la vague" ; c'était ce qu'il ressentait. Contrairement à mes collègues de travail, il a été très correct. Eux n'ont fait que mentir et voler de l'argent, pire que ce que j'avais vu jusqu'alors. M. Domeyer dit qu'il n'y a pas de Mehdi ou de Gould dans l'histoire de Met@box : c'est faux. C'est lui cette fois, par les mêmes misérables excès qui avaient tué Commodore, qui a empoisonné Met@box... peut-être pour de bon maintenant. Je souhaite que non, parce qu'on avait créé une sacrée technologie cette fois, et notamment Andy et les créateurs du CaOS. Andy, au travers de cette situation, a été et reste un très bon ami. Il travaille toujours avec Met@box, mais se fait payer d'avance (bien entendu, il ne lui ont pas payé ses arriérés...). Je souhaite que tout le monde sache qu'Andy n'a strictement rien à voir avec toutes ces histoires de corruption chez Met@box...

- Vous êtes maintenant chez Merlancia... Que pensez-vous de l'AmigaOne + AmigaOS 4 ? A-t-il des chances de succès ?

J'aimerais vraiment qu'il y ait un marché pour ce type d'Amiga, mais je préfère attendre et voir ce qui va se passer. Il n'y a toujours pas d'AmigaOS 4.0. Comme je l'ai déjà dit, Amiga a choisi une bonne voie et ils ont du bon personnel, et j'espère sincèrement qu'ils auront de bons résultats... Pour ce qui est de l'AmigaOne, je suis plutôt contre. Même si je ne sais pas énormément de choses à son sujet, ça m'a l'air d'être un peu "gadget"... Il ne faut pas regarder derrière, mais aller de l'avant. Un nouvel Amiga devrait avoir un matériel plus ouvert, pour que quiconque puisse y travailler, et de manière à ce qu'Amiga Inc. et les autres sociétés puissent avancer avec l'OS. Personne ne veut d'un gadget pour accélérer son 1200 ; inutile de préciser que tous ceux d'entre nous qui sont encore intéressés par l'Amiga n'ont plus de 1200. Le fait est que même si j'achetais une nouvelle bécane avec l'AmigaOS 4.0, j'aurais quand même un vieil Amiga à la base.

C'est juste une histoire de philosophie. Quand je travaillais chez Commodore, on voyait tout en grand, on créait aussi grand que l'on pouvait. Parfois, ça nous posait des problèmes : par exemple, le bus Zorro III a mis du temps à fonctionner correctement, et nous n'avons pas eu les moyens de passer à une deuxième génération encore meilleure. Mais encore une fois, le Zorro II, c'est tout de moi : l'architecture du bus, la conception du circuit et du système, et ce en reprenant les méthodes d'origine de Commodore. Parallèlement, si vous regardez l'évolution de l'ISA en EISA, des centaines de personnes sont concernées. C'est pour ça que je pense que l'AmigaOne ne voit pas en grand. Ce n'est pas le genre de trucs que Commodore aurait créé, c'est juste un petit produit d'une petite société. Maintenant, c'est clair qu'il ne s'agit pas de Commodore, et que nous ne sommes plus en 1990, mais voir aussi petit ne va pas aider à relancer l'Amiga ; Amiga inc. doit aller de l'avant, et les sociétés de matériel qui gravitent autour doivent voir plus grand ; elles doivent aussi s'entraider au lieu d'agir comme elles le font à longueur de temps. Je veux dire, depuis la chute de Commodore, ça a été plutôt folklorique...

- Quel est votre travail chez Merlancia ?

Actuellement, je suis directeur technique. En gros, ça veut dire que je gère toute l'ingénierie. Merlancia n'a pas tellement d'ingénieurs que ça en ce moment, mais c'est en cours de changement. Je travaille pour mettre en place une équipe d'ingénieurs dès que possible. Dans le passé, ils avaient des projets qu'ils ont lancés par le biais d'autres sociétés, mais ça n'a pas très bien marché. Sur un autre poste, je suis aussi amené à définir les produits, la stratégie de commercialisation de ces produits, l'architecture des systèmes, etc. Cela va être très utile au cours des prochaines années. Cela ne dépend pas que de moi, tout le monde peut apporter ses idées en la matière ! Le fonctionnement en est de ce fait assez proche de celui de Commodore. D'un autre côté, je ferai de mon mieux pour m'assurer que l'on ne perd pas notre temps à bosser dans le vent. Je veux de vrais produits, et rapidement.

Récemment, on m'a aussi donné le poste d'ingénieur système. Je travaille actuellement sur un concept appelé le "petit ordinateur", à défaut d'un super nom de code style "Phoenix"... Il sera à la base d'une nouvelle série de produits de type set-top boxes comme ceux de Met@box mais sans les défauts du Met@box 1000. Mais nous sommes juste en début de projet et il faut bosser énormément sur le côté logiciel avant tout. Cette machine tournera bientôt sous Linux, et il se peut qu'AmigaDE fasse aussi l'affaire... Je suis particulièrement fan de ce que veut faire le trio Tao/Intent/Amiga dans le domaine des OS portables. Je serai très content de pouvoir faire tourner tous les OS que me demandent les clients. Si l'on a vraiment l'AmigaOS 4.0 cette machine pourra être utilisée comme un A500/A1200, par exemple. En d'autres termes, contrairement à mon travail chez Commodore ou chez Met@box, je suis en train de définir non pas un simple produit, mais une architecture système complète.

- Avez-vous prévu quelque chose pour l'Amiga ? Que devrait faire Amiga Inc. pour l'avenir de cette machine ?

S'ils le sortent, je pense utiliser l'AmigaDE pour nos produits. Il se peut même qu'on utilise l'AmigaOS 4.0, mais seulement s'il est bien fait. Je ne veux pas passer par l'ajout de gadgets quelconques pour l'utiliser. A l'heure actuelle, je ne pense pas que bosser uniquement pour l'Amiga ait un sens. Je ne crée pas ici un matériel de légende, et tant qu'Amiga Inc. n'a pas officiellement sorti quoi que ce soit, c'est très discutable... Mais il est clair que si leur OS fonctionne, on l'utilisera. Merlancia était et reste pour l'Amiga, mais pas exclusivement sur Amiga, ce qui n'aurait vraiment aucun sens.

- Nous nous rappelons tous du fabuleux A1000 et son clavier qui se rangeait dans son emplacement... Une telle configuration à base d'AmigaOne est-elle envisageable ?

Le gros problème avec l'A1000, c'est que le boîtier était très cher à fabriquer, et qu'il n'était pas vraiment plus extensible qu'un A500. Maintenant, l'extension d'une machine change avec des trucs comme le FireWire et l'USB, mais il faut prendre des précautions dans la conception matérielle. Et même chez Merlancia, il y a des gars qui voudraient faire des boîtiers tout en inox. :-) Je n'ai rien à faire de produits haut de gamme ; il faut seulement que ces produits soient pratiques... et vendables ! D'autre part, je ne vois plus d'avenir pour le fameux "Beige Commodore". A mon avis, les ordinateurs auront désormais de nouvelles allures et de nouveaux coloris...

- Quelque chose à ajouter ? ;)

Je pense que vous en avez suffisamment ;-). L'histoire de Met@box est pour la première fois entièrement rendue publique. Pour plus d'infos, n'hésitez pas à me contacter.

Merci à Dave Haynie pour sa sympathie !


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