Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 29 mai 2017 - 05:52  

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Entrevue avec Dean Brown
(Entrevue réalisée par un auteur inconnu et extraite d'Amiga World - août 2000)


Note : traduction par Yann-Gaël Guéhéneuc

Dean Brown Vous avez entendu la rhétorique : la société Amiga ne fabriquera pas de matériel. Elle développe des logiciels. Indépendance vis-à-vis de la plate-forme, couche d'abstraction et processeurs virtuels : tout est logiciel. À la fin de la journée, pourtant, s'il doit y avoir un nouvel ordinateur Amiga, il faut qu'il y ait des spécifications matérielles sur ce que ce que sera l'Amiga. Quelqu'un doit écrire ces spécifications. Idéalement (au moins dans le monde Amiga), ce devrait être quelqu'un avec les connaissances, l'expérience et la vision pour les porter tout en gardant la philosophie "Amiga" intacte, celle qui rend l'Amiga si extraordinaire.
Légende : Nom féminin singulier
1. Récit concernant des faits historiques transformés par l'imagination populaire ou par des poètes.
2. Explication des signes, symboles qui accompagnent une carte, un plan.
3. Célébrité, personne céléèbre admirée pour son talent.
Petites questions de présentation

Votre cuisine épicée favorite ?

Coréenne.

Décivez-vous en un seul mot...

Hacker.

A quel âge avez-vous eu votre premier ordinateur ?

Tandy Color Computer à 17 ans.

La plus grande avancée du siècle selon vous ?

Le transistor (espériez-vous une autre réponse ?).

Le meilleur en-cas pour les longues sessions de développement la nuit ?

Popcorn et bière.

A quelle vitesse tapez-vous au clavier ?

Je tapais à deux doigts mais je me suis amélioré.

Un programme que vous souhaitez voir développer par quelqu'un ?

Un programme qui puisse lire directement depuis mon cerveau - je déteste taper au clavier !

Votre activité favorite avec un ordinateur ?

Navigation sur Internet pour la recherche.

Combien d'ordinateurs avez-vous ?

Au dernier pointage, j'en ai 33, la plupart étant des Amiga et des PC.

Il y a quoi sur votre étagère à livres ?

Foundation's Triumph, par David Brin.

Êtes-vous un anti-geek, un geek normal ou vous n'êtes pas un geek ? (NDLR : geek = mordu d'informatique)

Je suis un geek avec une seule perspective : les ordinateurs sont un outil pas un mode de vie.

Votre jeu vidéo préféré ? Votre meilleur score ?

Les jeux de tir à la première personne. Le score ? Juste survivre !

Rencontre de Dean Brown avec l'Amiga

Dean Brown a eu son premier Amiga 1000 au début de février 1986. Il est arrivé sur la plate-forme après plusieurs années à gérer sa propre entreprise de conseil et de développement pour le Tandy Color Computer, Model III et un clone du MS-DOS de Sanyo. Sa frustration avec les produits "fantômes" (vaporware) le poussa à créer ce qui deviendra la légendaire DKB Insider, une carte d'extension mémoire de 1 Mo pour A1000. La DKB Insider fut l'un des premiers périphériques disponibles sur cette nouvelle plate-forme et la réponse s'est montré prophétique.

"Au début de février 1987, nous avons construits 250 cartes en pensant que cela serait suffisant pour quatre mois de vente, mais la production entière fut vendue en deux semaines" dit Brown, et la demande venait du monde entier. "Je recevais des appels des quatre coins du monde - France, Japon, Afrique du Sud - ce qui, pour moi, était incroyable". La vente de plus de 6000 cartes Insider en 1987 représenta le vrai commencement de la société DKB Software.

Matériels et fiabilité

Le succès continua avec d'autres produits, incluant les cartes MegaChip et MultiStart, chères aux coeurs de nombreux possesseurs d'Amiga. "À un moment donné, je vendais 1700 MultiStart par mois" dit-il. "Une fois installées, elles faisaient leur boulot et les gens oubliaient qu'elles étaient là, dans la plupart des cas".

Pour beaucoup, c'est la définition même de fiabilité, un sujet qui passionne Brown. "Quand vous concevez un produit, vous faites une analyse temporelle pour voir si les choses vont répondre dans une limite de temps acceptable" explique-t-il.

"Ce dont je me suis aperçu, c'est qu'il y avait un nombre considérable de produits sur le marché qui utilisaient les synchronisations typiques de leurs composants plutôt que les synchronisations dans le pire des cas ("worst-case timings"). Si vous utilisez les synchronisations dans le pire des cas, le produit fonctionnera lui aussi dans le pire des cas et sera plus fiable". Comme les ordinateurs personnels subissent beaucoup de variations de température, de courant électrique et autres, cette fiabilité devient essentielle.

Âge des ténèbres

Une fiabilité supérieure est un plus mais les gens doivent toujours acheter vos produits. Quand le marché de l'Amiga se réduisit en peau de chagrin, durant "l'âge des ténèbres" après Commodore et avant Bill McEwen, Brown dut chercher des alternatives. "Je ne peux pas dire que j'ai abandonné le marché Amiga, mais l'Amiga était moins important pour moi" dit-il. "En 1997, j'ai dû fermer les portes de DKB car elle ne pouvait plus subvenir à ma famille. Pendant presque deux ans, j'ai soutenu le marché le mieux possible avec des accords avec Joe Rothman de Mr. Hardware Computers." Mais quand Rothman mourut, cet accord mourut avec lui.

Amiga NG

Cependant, la passion de Brown pour la plate-forme resta et trouva un renouveau lors de la formation du Industry Council on Open Amiga (ICOA). "L'objectif du groupe était de définir un ensemble de standards grâce auxquels les gens pourraient concevoir la prochaine génération d'Amiga. Voici comment on va faire ces choses ; voici le standard qu'on va utiliser pour les faire", explique Brown, "et tout le monde va travailler avec ce standard". La direction changea quelque peu quand Gateway s'impliqua dans l'Amiga. "L'idée était qu'on pourrait fournir nos services comme une interface avec les développeurs et fournir de la veille technologique sur les attentes des gens".

Les choses au début étaient plutôt positives. En août 1997, les responsables de l'ICOA s'envolèrent pour Gateway afin de présenter leurs travaux. Mais quand Gateway montra de l'intérêt, l'ICOA fit marche arrière. "Si une entreprise devait conduire les choses, l'objectif de l'ICOA n'aurait plus été important" dit Brown. "Malheureusement, il se trouva que Gateway n'avait aucune idée de ce qu'ils faisaient eux-mêmes et aucun intérêt à faire avancer le marché de l'Amiga et le résultat fut que l'ICOA agonisa lentement avant de disparaître."

Rencontre avec Fleecy Moss

Mais quelque chose de positif sortit de cette phase, au moins pour Brown. Il rencontra Fleecy Moss, d'abord en ligne puis en personne durant les portes ouvertes d'un revendeur. "Nous nous sommes tout de suite très bien entendus" dit-il. "Nous avions beaucoup d'intérêts en commun". Comme l'exploration spatiale et les plats épicés. Et aussi les possibilités des ordinateurs : "comment et pourquoi les ordinateurs d'aujourd'hui ne font-ils pas ce qu'ils devraient faire ?" dit-il. "Par exemple, les interfaces utilisateur sont vraiment destinées aux informaticiens". Et d'ajouter : "si vous essayez de pénétrer un plus grand marché, vous devez fournir une interface qui est facile d'utilisation pour la plupart des gens".

La synergie entre Brown et Moss dura. "Juste avant l'achat par Amino Development des actifs Amiga de Gateway, Fleecy et moi rediscutâmes des possibles directions à prendre. Ce ne fut donc pas une surprise qu'on me demanda de travailler à nouveau pour l'Amiga." Brown eut d'abord des contrats avec Amino/Amiga pour aider à définir et développer leurs premiers produits Amiga. Ensuite, il reçut une offre d'emploi à temps plein. "Depuis le 5 juin 2000, je suis à nouveau employé à temps plein" dit-il. Et son rôle sera, logiquement, directeur du matériel.

Rôle de Dean Brown chez Amiga Inc.

Son rôle inclut de nombreuses responsabilités. "Avant tout, mon travail est de créer et de mettre en place les plates-formes de test qui vont être utilisées par les équipes logicielles en interne" explique Brown. Il va résulter (au début) des systèmes qui ressemblent à des ordinateurs existants. "Ces mêmes plates-formes, ou leurs versions modifiées, seront rendues disponibles à nos associés comme architecture de référence. Dans le moyen terme, je pense développer une nouvelle architecture qui résout beaucoup des problèmes qui plombent les ordinateurs existants. Des problèmes qui ne peuvent être résolus par les systèmes d'exploitations rigides actuels" dit Brown.

"Si vous regardez les architectures d'aujourd'hui, vous voyez un paquet de processeurs qui tournent en gigahertz. Si vous comparez un processeur à 500 MHz et un autre à 1 GHz, vous verrez que l'augmentation en performance est en fait plutôt petite" dit Brown. Petite au point que multiplier la fréquence de l'horloge par deux résulte seulement en une augmentation de performance de 20%. La raison est simple. "Le facteur limitant n'est pas la vitesse du processeur. C'est la vitesse à laquelle vous pouvez déplacer les données dans le système et les sortir du système". Il continue : "Le pire est que la tendance courante consiste à baisser les prix en augmentant la vitesse des processeurs et en leur demandant d'en faire plus. C'est une centralisation malheureusement très similaire à ce qui ce passe quand on compare les gros ordinateurs centraux (mainframes) et les micro-ordinateurs".

Tao et le calcul distribué

"Le calcul distribué est la solution et c'est ce que je veux faire. Il y a de nombreux problèmes" dit-il, "mais honnêtement, Tao a résolu une grosse partie du problème." Tao peut exécuter un logiciel sur plusieurs processeurs en parallèle sans en changer le code d'origine. "Au moment du chargement, le traducteur du processeur virtuel (PV) transforme le code du PV en code natif, ce qui veut dire que le choix du traducteur détermine le choix du processeur sur lequel le code va s'exécuter. C'est très puissant" insiste Brown. "Le résultat final est que nous pouvons avoir plusieurs processeurs dans un seul système et que le code peut s'exécuter sur le processeur qui convient le mieux à ce code, et que la décision est prise au moment du chargement." "En plus", explique-t-il, "alors qu'un système centré sur un processeur doit activement charger des données plusieurs fois pour exécuter une action, dans le modèle de distribution de Tao, la seule préoccupation est que le transfert des données ait lieu. Cela permet l'utilisation de plusieurs processeurs plus petits et moins chers qui, ensemble, livrent une puissance qui dépasse celle d'un processeur "plus rapide"."

L'idée de calcul distribué est philosophiquement similaire à l'architecture de l'Amiga avec son jeu de puces dédiées, bien qu'il y ait une différence fondamentale. "Les puces dédiées étaient ultra spécialisées et liées au système d'exploitation, du point de vue de l'architecture" explique Brown, "donc, à chaque fois que vous vouliez changer le matériel, vous aviez à réécrire complètement le système d'exploitation." Ce qui, avec Commodore qui encourageait l'accès direct au matériel, rendait impossible une mise à jour du matériel.

"On ne va pas laisser la même chose se produire cette fois. Commodore gérait l'Amiga classique en s'obligeant à garder le code hérité fonctionnel sur des versions différentes du matériel et du système d'exploitation. Cela empêchait l'Amiga classique de bénéficier des nouvelles technologies du jour" ajoute-t-il. La couche d'abstraction centrale à la nouvelle architecture va servir à garder la rétro-compatibilité dans le nouvel Amiga, une idée qui enthousiasme Brown. "Je suis d'avis que les logiciels qui tentent de contourner cette couche d'abstraction devraient être automatiquement empêchés de fonctionner !"

Créer quelque chose de nouveau

"Peu après la parution du premier système matériel qui fera tourner nativement le système d'exploitation, nous ferons paraître un autre ordinateur qui sera incompatible au niveau du matériel mais qui fera tourner le même système d'exploitation." Les logiciels seront testés sur les deux ordinateurs côte-à-côte. "Notre idée est que si un logiciel marche sur les deux ordinateurs, on est sûr qu'il n'accède pas directement au matériel et, donc, que c'est un logiciel vraiment compatible avec notre système" dit-il.

"Nous essayons de créer quelque chose de complètement nouveau" dit-il. "Il y aura sûrement des faux pas sur le chemin, j'en suis sûr. Mais en ce qui me concerne, une entreprise vraiment innovante est une entreprise qui est capable de les regarder en face, de déterminer ce que sont ces faux pas, de les corriger, et de continuer son chemin" explique Dean. En tout cas, il donne vraiment l'impression de savoir où il va.

Ce n'est que justice que Dean Brown, un Amiga fan et développeur de la première heure, une des premières légendes de l'Amiga, fasse partie de cette entreprise qui est en position de redéfinir l'informatique telle que nous la connaissons. Ce sont peut-être des idées trop ambitieuses, mais on n'accuse pas une légende de vouloir trop en faire. "Je suis revenu sur Amiga avec l'ambition d'en faire quelque chose de beaucoup plus que ce qu'il est aujourd'hui" dit Brown. "Nous avons la chance de pouvoir nous décharger du poids des retards accumulés et je suis fier de faire partie de cette entreprise !"


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