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Entrevue avec Jean-Pierre Chevènement
(Entrevue réalisée par Véronique Charreyron et extrait de Tilt - septembre 1985)


IPT : y'a un micro dans le potache

Derrière ces trois lettres sibyllines se cache le plan "Informatique Pour Tous". Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Éducation Nationale, a reçu Tilt. Sur le plan scolaire, l'objectif est d'initier à l'outil informatique, dès la rentrée 1985 les onze millions d'élèves des établissements publics et de former les enseignants à cette tâche. Les constructeurs français se frottent les mains.

En termes concrets : 35 000 micros-ordinateurs implantés dans les écoles fin 1984, 100 000 de plus en 1985 et 110 000 enseignants formés. Côté micro-ordinateurs familiaux, Thomson livrerait 70 000 machines, Exelvision 9000. Bull, Logabax, Persona, SMT, Goupil et Léanord se partagent le matériel professionnel avec quelques apparitions ponctuelles de marques étrangères.

Pour ce qui est des logiciels, les choses semblent être moins au point. Il va falloir créer une véritable industrie du logiciel éducatif intégrant les enseignants pour répondre à la demande. Une tâche de titan... sous le signe de la qualité précise-t-on dans les hautes instances. Les réalisations seront-elles à la hauteur des ambitions ? On ne peut reprocher à l'éducation française de ne pas se mettre à la page, de ne pas tenir compte des exigences d'un monde moderne qui passent par la connaissance et la maîtrise de l'outil informatique.

Et pourtant, les avis divergent à l'image de cette lettre que nous a envoyé François Lourbet de Coulommiers : vouloir enseigner la programmation aux enfants ou aux adolescents, alors qu'on ne sait pas encore leur inculquer des bases de mathématiques ou de français et que l'avenir de la programmation apparaît très bouché, relève de l'art de l'à propos. Comme moyen d'apprentissage et compte tenu de l'extraordinaire médiocrité des didacticiels proposés aux enseignants, l'informatique à l'école demeure pour l'instant sans intérêt. Reste à démontrer le caractère formateur du BASIC tel qu'il sera enseigné."

Devant un tel réquisitoire, Tilt a décidé de donner la parole à la défense en la personne de M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Éducation Nationale.

Jean-Pierre Chevènement

- Comment, en termes concrets, s'organise la mise en oeuvre du plan "Informatique Pour Tous" à la rentrée 1985 ? (nombre de machines, de professeurs formés, d'heures d'enseignement...)

La mise en oeuvre du plan lui-même a commencé dès les congés de Pâques, qui ont vu les premiers équipements et les premières formations. Plus de 12 000 enseignants ont ainsi pu être formés aux utilisations pédagogiques de l'informatique. Le plan se poursuit jusqu'à la rentrée de septembre - plus de 100 000 enseignants auront été formés pendant les congés d'été. A l'automne, tous les établissements seront équipés. Plus précisément, les écoles disposeront de 9000 ateliers et 35 000 micro-ordinateurs. Chacun des 4800 collèges et des 2500 lycées et LEP disposera d'un atelier informatique. Le nombre très important d'enseignants formés permettra une utilisation très rapide des matériels et des logiciels, au plus grand bénéfice des élèves. Mais la mise en ceuvre de ce plan implique des prolongements. Il ne s'arrêtera pas le 15 septembre.

- Quel sera le suivi au cours des années suivantes, dans ce domaine où tout évolue particulièrement vite ?

Avec "Informatique Pour Tous", le système éducatif prend en charge en un temps record les nouvelles technologies pour les introduire dans la formation des jeunes. Il ne s'agit pas d'un effort de circonstance. Nous voulons faire de l'école un véritable fer de lance de la modernisation de notre société.

Les maîtres vont devoir approfondir leur premier contact avec l'informatique. Pour cela, se dérouleront pendant l'année molaire 1985-1986 des stages divers d'approfondissement ; des fournées de "mise à niveau" qui permettront aux enseignants de connaître rapidement les logiciels nouveaux ; et naturellement des stages d'une année, désormais ouverts à l'audiovisuel, destinés à former des enseignants formateurs.

- Le marché de l'enseignement va-t-il s'ouvrir aux marques étrangères, qui offrent de meilleures performances ?

Le plan IPT s'est inscrit, s'agissant de l'achat des matériels, dans le droit-fil des précédents marchés de l'Éducation Nationale. Il faut remarquer que ces marchés sont établis après "appel d'offres" et que les matériels présentés sont longuement testés par des experts. Il s'est avéré que les matériels français supportaient bien la concurrence et qu'en conséquence il était naturel de les retenir. Cependant, un appel d'offres complémentaire a permi une ouverture vers des matériels étrangers.

- Vu la qualité relativement médiocre des logiciels éducatifs qui tournent sur Thomson et Exelvision, quelles mesures comptez-vous prendre pour redresser le niveau ? Comment vont se répartir les 200 millions de francs consacrés à l'achat de logiciels en 1985 ?

Le plan IPT a prévu de réserver une part importante de son budget pour une relance de la politique du logiciel éducatif en France et une amélioration des bibliothèques existantes. 200 millions de francs sont consacrés à l'acquisition de logiciels, selon un dispositif original, qui concilie la nécessité, pour les établissements, de disposer d'un certain nombre de produits, immédiatement exploitables, dès l'arrivée du matériel, et la possibilité qui doit leur être laissée d'exercer un libre choix parmi les logiciels disponibles, selon la demande qu'engendrera l'utilisation pédagogique de l'informatique.

Avec les matériels, arriveront donc dans les établissements des ensembles constitués sous forme de "valises", pour une valeur totale d'environ 100 millions de francs. Une centaine d'autres millions seront affectés aux établissements sous la forme d'un "droit de tirage" sur un catalogue de logiciels, à concurrence de 1000 FF pour les 45 000 écoles, 2000 FF pour les 4800 collèges et 4000 FF pour les lycées. Ce catalogue rassemble environ 700 logiciels français et francophones présentés de façon documentée. Il témoigne de la vitalité de ce secteur d'activité, en même temps qu'il lui donne l'occasion de se développer, par l'enrichissement qu'y apporteront - qu'y apportent déjà - les enseignants, en concevant des applications pédagogiques diverses.

Pour 70% d'entre eux, il s'agit de logiciels éducatifs de qualité, qui couvrent la majorité des disciplines et permettent l'apprentissage, le contrôle de l'acquisition des connaissances, sans négliger une dimension récréative qui facilite l'utilisation de l'ordinateur autant que la maîtrise de la discipline. Les logiciels "outils" professionnels en constituent 30%, dans une double perspective de familiariser les élèves à l'utilisation de techniques qui leur seront, à brève échéance, indispensables dans leur vie professionnelle (traitement de texte, gestion de bases de données, tableurs...) ; et d'enrichir et renouveler la vie scolaire et la pédagogie par leur utilisation grâce au traitement de texte pour un journal de classe, l'aide à la création graphique, la gestion de bases de données pour toutes les activités qui nécessitent classement et recherche de documents...

Dans tous les cas, ont été privilégiés les logiciels permettant aux enseignants et à leurs élèves de créer eux-mêmes leurs applications. Parmi eux, figurent les logiciels élaborés par le CNDP ou par les enseignants. La richesse et la diversité de la valise comme du catalogue sont le fruit de l'illustration des savoir-faire que les enseignants ont acquis dans le cadre des formations que, depuis plusieurs années déjà, le Ministère de l'Éducation Nationale a mises en oeuvre.

- Pensez-vous que les enseignants seront capables et/ou prendront le temps de créer leurs propres logiciels dans un avenir à moyen terme ?

C'est déjà le cas et le Ministère y contribue en attribuant des moyens spécifiques pour de telles réalisations. L'actuelle bibliothèque du CNDP qui comprend environ 400 logiciels est pour l'essentiel composée de produits créés par les enseignants. Naturellement, chaque enseignant ne créera pas l'ensemble des produits qu'il utilise. Mais il est important que les enseignants, pris collectivement dans leur ensemble, restent maîtres du contenu des logiciels.

- Laurent Fabius, dans sa note de présentation du plan "Informatique Pour Tous", indique que "l'accès à l'ordinateur au cours de la scolarité permettra une meilleure égalité des chances". Dans quelle mesure ?

Cette préoccupation a un double sens. D'une part, l'ampleur du plan - tous les établissements engagés - montre que notre objectif est l'accès de tous les élèves à l'ordinateur, et au-delà à la maîtrise de l'outil informatique. Il s'agit donc de réaliser l'égalité dans l'accès des futurs citoyens aux technologies qui vont jouer un rôle essentiel dans le monde de demain. L'utilisation courante de ces ordinateurs installe les jeunes dans un rapport immédiat et familier avec une technique et des matériels qu'ils rencontreront dans leur vie professionnelle.

D'autre part, en tant qu'outil au service de l'enseignement, l'informatique peut faciliter l'aide aux élèves en difficulté. L'ordinateur est en effet un répétiteur inlassable, il respecte le rythme de l'élève ; il est donc à même de renforcer l'action du maître pour certains apprentissages tels que lecture, calcul, connaissances techniques. En cela, utilisé pour combattre les situations d'échec, il est un facteur de meilleure égalité des chances.

- Concevez-vous l'informatique à l'école comme support d'enseignement ou comme initiation à la programmation ?

Ces deux orientations sont pour nous inséparables, même si elles se réfèrent à des pratiques différentes. Il est vrai qu'un vif débat a opposé l'informatique "outil" et, l'informatique "objet". Mais, je vois mal pourquoi l'école dissocierait ces deux aspects. Il existe toujours un rapport étroit entre une science, son apprentissage, et les outils qu'elle engendre. Le recours, dans une discipline à une banque de données, par exemple, apprend autant sur "l'objet" informatique que sur les informations consultées. On profite de son usage en même temps qu'on établit une connaissance.

Actuellement, les utilisations de l'informatique dans l'enseignement sont multiples traitement de texte, banque de données, calcul, activité de structuration, mais aussi enseignement assisté par ordinateur. Il s'agit d'un champ continu de pratiques, dans lesquelles je précise que l'apprentissage des bases scientifiques de l'informatique ne se réduit pas à la programmation.

- Pensez-vous qu'avec une trentaine d'heures théoriques de travail sur ordinateur par an, un élève du secondaire va réellement évoluer ?

Il évoluera certainement plus qu'en l'absence d'heures et de matériels. Il ne semble pas qu'il faille prendre la question sous l'angle d'une comptabilité. L'envisager sous celui des activités d'un élève utilisant avec son professeur dans le cadre d'une discipline, ou avec d'autres élèves dans le cadre d'un club est beaucoup plus important. Ce qui a été fait, c'est de créer les conditions d'une utilisation effective des nouvelles technologies, c'est de faire en sorte que les élèves puissent, à l'issue de leur scolarité, être des utilisateurs de l'informatique conscients et intelligents. Il ne s'agit pas de transformer tous les élèves en informaticiens, même si certains d'entre eux - une petite minorité - le deviendront plus tard.

- Face à l'échéance du baccalauréat et à un programme déjà chargé, l'informatique ne risque-t-elle pas d'être considérée par les élèves et les professeurs comme un à-côté ?

Sur ce point, une enquête a été menée auprès des élèves de second cycle qui suivent l'option "informatique". Et les réponses sont éloquentes dans leur majorité les élèves ne perçoivent pas cet enseignement comme une surcharge, ni comme un à-côté, mais l'intègrent parfaitement dans leur cursus. Cela suppose évidemment que l'informatique soit toujours associée aux autres disciplines, dont elle traite la matière même.

- Quelle a été la réaction du corps enseignant à l'annonce de ce plan ?

La réaction des enseignants a généralement été très positive. Les demandes de stage ont été trois à quatre fois plus nombreuses que les possibilités d'accueil offertes. C'est sur ce point un succès incontestable.

- Quel type de formation suivent les professeurs ?

La formation de base des enseignants se déroule sous forme de stages d'une cinquantaine d'heures. Il s'agit avant tout de leur permettre de maîtriser l'usage des matériels et des logiciels de tous types dont ils disposeront désormais dans leurs établissements. Ensuite de les amener à réfléchir à la meilleure façon d'intégrer ces outils dans leurs pratiques pédagogiques, de les mettre sur la voie d'échanges pluridisciplinaires et de travaux d'équipe, et de les inciter à poursuivre et élargir cette initiation. C'est par le maniement et l'analyse d'outils logiciels de toutes sortes (traitement de texte, tableurs, dessin assisté, didacticiels...) que sont abordés les différents domaines d'application de l'informatique.

- Va-t-on profiter de l'occasion pour informatiser les établissements scolaires ?

Cette informatisation se fait en cohérence avec l'extension de l'équipement à tous les établissements. Certains personnels administratifs suivent parfois les stages d'initiation "Informatique Pour Tous" mais il existe par ailleurs à leur intention un plan spécifique de formation à l'informatique administrative.

- Peut-on envisager à long terme que les établissements d'enseignements secondaires développent un secteur prestations de services pour les associations, les entreprises ?

En ouvrant les ateliers à tout le public, l'école peut se trouver en contact avec les demandes venant de partenaires extérieurs. Sans aller jusqu'à une "prestation de service", il faut noter que déjà certains établissements (notamment au niveau des BTS, ou dans le cadre de la formation permanente) ont pu répondre à des commandes précises de PME ou PMI, l'établissement prenant en charge la conception et la réalisation d'un produit.

C'est aussi l'une des conséquences de rapprochement entre l'école et l'entreprise, en faveur duquel nous avons développé une politique de jumelage. Il y a là des voies de collaboration à explorer et préciser, en gardant à l'idée que l'objectif central est de fournir aux jeunes une formation plus vivante, plus empreinte des réalités économiques.

Annexe : matériel

Écoliers, pianoterez-vous sur un micro familial, un semi-professionnel, un terminal, ou pas du tout... faute de matériel ? Voyons voir... Pour les établissements d'enseignement primaire à faible effectif et les 33 171 écotes à classe unique : un micro-ordinateur familial par unité, accompagné d'une Imprimante de type professionnel, un téléviseur couleur et un mini K7. Le kit de base !

Pour 11 733 établissements, dont 9040 écoles par groupes de 400 élèves et 2733 collèges : un nanoréseau intégrant un micro-ordinateur 16 bits doté de deux lecteurs de disquette 256 ko avec assistance logicielle (système d'exploitation MS-DOS, BASIC, Logo...), relié à six postes de travail de type micro-ordinateur familial dont la capacité mémoire est étendue à 96 ko.

Pour 500 lycées : un nanoréseau comprenant huit postes de travail agrémenté de trois micros de type professionnel pour utilisation indépendante, avec imprimante.

Pour les universités : un lot de 3500 micros de type professionnel à se répartir.


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