Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 25 septembre 2017 - 17:11  

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Entrevue avec Imré Antal
(Entrevue réalisée par Jean-Francois Horvath et extraite d'Amimag - janvier 2003)


J'ai le plaisir de vous offrir en exclusivité galactique l'entrevue du grand, du géant, Imré Antal, celui qui a été pour tous les amigafans un vrai héros de la lutte anti-PC.

Imré Antal - Imré, pouvez-vous vous présenter en détail à nos lecteurs ? Qui êtes-vous, d'où venez-vous ?

Journaliste indépendant et auteur spécialisé dans le multimédia, je suis également administrateur indépendant de réseaux informatiques. Créateur et ancien rédacteur en chef de plusieurs magazines informatiques, dont Amiga Concept, CD-Rom Magazine et PC Jeux par exemple, j'écris aujourd'hui principalement pour l'Ordinateur Individuel.

- Vous souvenez-vous de votre première "rencontre" avec l'Amiga ?

Avec la complicité d'un ami d'enfance, je suis tombé dans la bidouille de l'informatique dès 1983. Pas encore âgé de 13 ans, un Sharp 1401 dans la poche et un ZX-81 sous le bras, on passait pour des illuminés à vouloir écrire un ouvrage réunissant une cinquantaine de jeux programmés en Basic. Sept ans plus tard, je rentrais en IUT d'Informatique et de Statistique et je devais faire le choix d'un micro-ordinateur pour assurer le succès de mes études.

Tous mes camarades de classe, poussés par l'instinct grégaire, s'étaient résignés à acheter un PC, 386 à l'époque. Pour le même prix, j'ai craqué pour la puissance et la convivialité d'un Amiga 500 - dont le prix était devenu beaucoup plus raisonnable - en y ajoutant une carte d'émulation PC. Et je ne l'ai pas regretté : le coup de foudre ! Sa couleur grisâtre lui donnait en revanche une apparence trop austère. Alors je l'ai repeint d'un blanc brillant et éclatant.

- Tout le monde se souvient du formidable magazine Amiga Concept, comment aviez-vous débuté cette aventure ?

Cette aventure a commencé par un formidable concours de circonstances ! Passionné d'Amiga, de jeux, de programmation et de bidouilles informatiques en tout genre, je suis rapidement devenu un fervent défenseur de l'Amiga ; un fanatique au même titre que tous les autres utilisateurs. Porté par l'enthousiasme de cette communauté, j'ai diffusé une petite annonce dans Amiga Revue pour organiser un tournoi de Tennis sur Great Courts 2. C'est à cette occasion que Jérôme Quettard, rédacteur en chef du fanzine Furax Fanzine, m'a contacté. Il cherchait lui aussi à organiser un tel tournoi. Je l'ai rencontré avec ses amis, Alexandre Bel, Fabien Dupressoir (Fabinou) et Séverine Ducly.

Ils m'ont présenté leur fanzine - qui en était à son troisième numéro - et je me suis tout de suite découvert une vocation. J'ai retravaillé l'aspect de la maquette avec Publishing Partner Master (PageStream), amélioré les rubriques et assuré la médiatisation en participant à différents salons informatiques... Furax Fanzine, qui était ainsi passé de quelques lecteurs à près de 200 abonnés en moins de deux mois, a suscité l'intérêt d'investisseurs suisses italiens. On a failli succomber au charme diabolique des sirènes du lac Léman de Genève...

Après mûre réflexion, on s'est donc décidé à lancer nous-mêmes un magazine "pro" en diffusion nationale et francophone. En réunissant seulement 70 000 FF - mais en s'appuyant sur une caution immobilière conséquente - sans la moindre expérience du monde de la presse, nous nous sommes lancés dans cette aventure, non sans quelques belles frayeurs financières. J'ai mis un terme à mes études et, de nos élucubrations passionnelles, est né Amiga Concept qui aurait d'ailleurs pu s'appeler Amigalibaba, Amiga Furax ou encore Amiga Magazine.

- Quand vous êtes passé du côté obscur de la force (au PC pour ceux qui ne suivent pas :-)) certains dans l'univers Amiga l'ont pris comme une trahison, comment avez-vous vécu les événements ?

Si Commodore avait eu la présence d'esprit - et le choix difficile - de partager la technologie de l'Amiga avec d'autres constructeurs pour en faire un standard mondial domestique, et surtout professionnel, nous serions aujourd'hui des dizaines de millions à tapoter fièrement sur un Amiga doté du Workbench 12. Commodore s'est contenté, durant des années, de récolter les fruits engendrés par cette communauté enthousiaste - et enthousiasmante - sans anticiper le futur. La puissance de l'Amiga, sa convivialité et ses performances graphiques notamment ont construit la notoriété de la machine. Mais c'est à sa communauté d'utilisateurs que l'Amiga doit son succès naguère persistant, et sa perte également en partie à cause du petit piratage domestique. C'est avec amertume et nécessité professionnelle que nous nous sommes adaptés au PC.

Ce que nous avons perdu en enthousiasme d'utilisation nous l'avons gagné en compatibilité, en richesse logicielle et en variété d'équipement. Le roi est mort, vive le roi...

- Vous aviez créé votre propre magazine, Amiga Wave, il n'a jamais réussi à se retrouver dans les kiosques. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cet échec ?

Amiga Wave se voulait une sorte d'édition française du fameux Amiga Format outre Manche. Un magazine fort de sa pagination de 150 pages, consacré aussi bien à l'univers du jeux, du matériel que celui des logiciels professionnels. Après avoir créé Amiga Concept puis CD Concept avec mon associé, Jérôme Quettard, ce dernier n'a pas su gérer de front le succès d'Amiga Concept et l'échec financier de CD Concept. Erreur de jeunesse ? Sans aucun doute.

Les deux magazines ont donc déposé leur bilan parce que les comptes financiers étaient liés. Avec mon équipe rédactionnelle nous avons donc entrepris la mise en oeuvre d'Amiga Wave. En moins d'un mois, nous avons vendu nos voitures pour réunir 210 000 FF, constitué la nouvelle société, emménagé dans de nouveaux locaux, élaboré la nouvelle maquette et enthousiasmé l'ensemble des annonceurs publicitaires de feu Amiga Concept et de Dream (ex Amiga Dream). En juillet 1995, quinze jours avant d'éditer le premier numéro d'Amiga Wave, notre banquier de la BRED nous a fait faux bon, nous privant du prêt de 100 000 FF dont nous avions besoin, malgré deux cautions solidaires. Dream a profité de cette crise pour "récupérer" mon jeune associé fébrile et tout a basculé. Il ne faut pas croire que les professionnels de l'Amiga étaient plus compréhensifs, plus solidaires ou mieux intentionnés que dans le monde du PC ou du Mac. C'est la loi du business malheureusement.

- Vous considérez-vous encore comme un défenseur de l'informatique alternative, ou le PC a-t-il définitivement gagné vos faveurs ?

L'informatique alternative doit subsister et permettre aux utilisateurs de choisir une solution adaptée à leurs besoins. L'informatique alternative garde un sens tant qu'il s'agit de travailler mieux tout en payant moins cher. C'était le cas d'ailleurs pour l'Amiga. Dans un registre logiciel, la suite bureautique (gratuite) Star Office, de Sun, constitue par exemple un excellent palliatif à Office de Microsoft. Mais gardons bien à l'esprit tout de même que dans bien des cas la gratuité d'un logiciel - ou d'un service sur Internet - n'est que passagère selon un principe de promotion commerciale bien connu, autrefois utilisé par un certain Bill Gates pour imposer son MS-DOS.

Linux, par exemple, requiert encore des compétences techniques que l'utilisateur moyen ne peut acquérir aisément. Quant au Macintosh, sa spécialisation dans les arts graphiques l'a littéralement sauvé. Le PC a heureusement - ou malheureusement ? - normalisé la micro-informatique pour la banaliser finalement. Il faut garder les yeux ouverts, et ne pas suivre la masse comme un mouton. Surtout ne pas succomber aveuglément à la nouveauté qui vous entraîne dans la spirale du renouvellement du matériel. Les logiciels freewares ou sharewares suffisent dans bien des cas et ne réclament que de modestes configurations. Je cherche systématiquement à les valoriser dans mes articles.

- Le Net connaît un formidable essor depuis plusieurs années, comment voyez-vous son développement ?

Vaste sujet. Internet supplante déjà la télévision auprès de nombreuses couches de la population. Moi-même, je ne regarde presque plus la télévision car les informations y sont distillées, simplifiées, parfois manipulées et les programmes souvent aliénants.

Internet, sorte de média alternatif, nous offre aujourd'hui un accès à toutes les informations. La richesse de ces informations nous entraîne à la réflexion, au discernement. Demain, Internet nous permettra - je l'espère - de contribuer aux mécanismes d'État par une consultation véritablement démocratique (comme le soulignait Rousseau et tel que la mairie d'Issy-les-Moulineaux semble vouloir l'appliquer prochainement, par exemple).

Mais la croissance exponentielle du Net, et l'avènement du haut débit, risque d'accroître la fracture sociale et les inégalités. Il y aura une tranche croissante de la population qui n'aura pas les moyens d'accéder à Internet, et qui sera de plus en plus marginalisée. D'autant qu'Internet pose le problème de la rentabilité pour les sociétés qui développeront de plus en plus des services payants, réservés aux plus fortunés. Le développement d'Internet est donc fascinant et à la fois inquiétant : allons-nous bientôt tous rester rivés sur nos écrans d'ordinateur à longueur de journée ? Il faut peut-être savoir consommer avec modération... et intelligence.

- Toujours à propos du Net, pensez-vous que le réseau pourra rester un espace de liberté et garder un côté "amateur", ou le fric risque-t-il de tout gâcher une fois de plus ?

Internet restera, quoi qu'il en soit, un espace de liberté car il est impossible d'en contrôler toutes les informations. Mais comme je le soulignais, il risque d'y avoir une évolution à deux vitesses. Les sites amateurs gratuits, et les espaces pros payants.

- Amiga, PC, Mac, au fond, tout cela a-t-il de l'importance, ou n'est-ce pas à l'utilisateur de faire tout simplement la différence ?

C'est exact. Comme je le soulignais, il ne faut pas foncer tête baissée en acceptant tout ce qui nous est proposé. Il faut savoir consommer avec intelligence, discerner l'arnaque technologique de la véritable innovation. Ne pas payer le prix fort pour un logiciel, lorsqu'un shareware/freeware peut faire l'affaire. Savoir se mettre en marge des modes passagères, garder intact son sens critique et d'autodérision ainsi que ses propres convictions. Les communiquer enfin aux autres.

- Comment imaginez-vous le développement de l'informatique dans les dix prochaines années ?

Plus on avance dans notre société de consommation, et plus la notion de service prend de la valeur. Je continue à penser qu'un jour le micro-ordinateur domestique n'aura plus aucune valeur fiduciaire - ou très peu. On se le procurera gratuitement, comme à l'âge d'or du Minitel M1. Seulement, pour pouvoir utiliser un logiciel, on devra se connecter à Internet et payer le temps d'utilisation du logiciel en question. Je reste persuadé qu'un constructeur - ou un éditeur - aux reins solides proposera en premier lieu une console de jeu gratuite (ou presque) pour inonder tout le marché et imposer son propre standard. Une fois cette étape franchie, la même stratégie sera appliquée pour le successeur du PC.

- Un grand merci à vous Imré pour vos réponses à mes questions. Pour conclure avez-vous un message à adresser à nos lecteurs ?

La déchéance de l'Amiga a rendu en quelque sorte orphelins de nombreux amigaphiles. Après avoir appartenu à une communauté forte, restreinte et solidaire, chacun s'est senti noyé dans la masse comme un mouton dans un troupeau. La communauté des utilisateurs de Mac ou de PC est juste un peu plus vaste et il appartient à chacun de faire entendre sa voix et de transmettre sa passion de l'informatique dans les mêmes conditions. Qu'il s'agisse d'un site Internet, d'un fanzine, d'un magazine ou d'une association (...). Soyez actifs et faites preuve d'originalité !


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