Suivez-nous sur X

|
|
|
0,
A,
B,
C,
D,
E,
F,
G,
H,
I,
J,
K,
L,
M,
N,
O,
P,
Q,
R,
S,
T,
U,
V,
W,
X,
Y,
Z,
ALL
|
|
0,
A,
B,
C,
D,
E,
F,
G,
H,
I,
J,
K,
L,
M,
N,
O,
P,
Q,
R,
S,
T,
U,
V,
W,
X,
Y,
Z
|
|
0,
A,
B,
C,
D,
E,
F,
G,
H,
I,
J,
K,
L,
M,
N,
O,
P,
Q,
R,
S,
T,
U,
V,
W,
X,
Y,
Z
|
|
A propos d'Obligement
|
|
David Brunet
|
|
|
|
Entrevue avec Olivier Adam
(Entrevue réalisée par Mathias Parnaudeau et extraite d'Amiga Power - décembre 2005)
|
|
Quand on parle de AROS (Amiga Research Operating System) en France, un site vient à l'esprit : c'est
reziztantia.free.fr/aros/ créé par Olivier Adam.
Aujourd'hui, Olivier a sympathiquement répondu à mes questions qui permettent de se faire un avis
à partir de ces regards croisés sur AROS.
Olivier, vous vous
intéressez depuis très longtemps, et de près, à AROS. Quelle place occupez-vous dans ce vaste projet ?
Qu'est-ce qui a motivé cette implication ?
J'ai été technicien dans une boutique Amiga/PC où j'étais auparavant client,
je m'intéresse à cette ligne de machines depuis 1990. Dès qu'une disquette de
démarrage pour AROS fut disponible, j'ai eu envie de m'impliquer dans ce projet,
mais ce n'est que plus tard (lorsque j'ai disposé d'une connexion Internet à
vrai dire) que je m'y suis inscrit. N'ayant que bricolé avec le langage E, je
me suis proposé, comme beaucoup de nouveaux venus, pour la traduction de la
"Locale" en français. Puis, je me suis aperçu qu'il manquait cette "localisation"
à beaucoup d'applications, ce qui m'a obligé à découvrir le langage C pour la leur ajouter !
Je me suis alors mis en tête d'ajouter des fenêtres à mes brins de programmes, etc.
Je dois préciser ici que tout ceci n'a été possible que parce que les sources de AROS étaient
libres et ouvertes, ce qui m'a permis d'enfin découvrir comment un système Amiga pouvait
bien fonctionner, ce qui me tiraillait depuis des années !
AROS fait régulièrement
parler de lui et cela lui donne un côté dynamique qui suscite la curiosité et l'intérêt. On lui reconnaît une grande
vélocité, un paquetage abouti, un "feeling" garanti... Est-ce que cela sera suffisant pour qu'il puisse se démocratiser ?
Il faut savoir que AROS n'a pas vocation à dominer la planète, ni à faire la joie des foules. S'il
pouvait ne satisfaire que ceux qui appréciaient le système Amiga cela suffirait. AROS a vocation
d'être un outil pour la recherche sur la famille des systèmes Amiga. De nombreux développeurs Amiga et
MorphOS en font partie et peuvent ainsi comparer leurs visions, ou publier leurs modifications afin qu'elles soient partagées.
Dans le fond, est-ce que
son but repose sur sa démocratisation et son utilisation par un public généraliste ? Je demande cela par rapport
à la vocation de recherche du début, sa raison d'être initiale. Et aussi parce que des manques certains font qu'il
est difficilement utilisable au quotidien comme système d'exploitation principal.
A l'heure actuelle, il est parfaitement utilisable et est livré avec des centaines de programmes en plus que ne l'était
AmigaOS 3.1. Seules lui manquent des applications tournées vers Internet ou certains pilotes (USB ?).
De plus, sa "planche de bord", le Wanderer, mériterait d'être grandement améliorée. Mais il est toujours le terreau
d'expériences qu'il était à l'origine et personnellement, j'adorerais qu'il soit une base de code destinée à
l'évolution de cette famille de systèmes.
Les ressources sont limitées
et il reste des efforts à fournir pour en arriver à une gestion complète des fonctionnalités d'AmigaOS 3.x. Ce constat
laisse-t-il cependant la possibilité d'innover et d'apporter des concepts qui pourraient être repris par AmigaOS 4 ou MorphOS ?
Il ne manque, parmi les fonctions d'AmigaOS 3.1 que celles qui ne sont pas transposables hors Amiga (par exemple le
port PCMCIA, le port audio, les exotismes graphiques, tous liés au matériel). Le reste est là et fonctionne,
nous nous sommes arrêtés de compter au-delà de 75% faits, puisqu'ensuite il
ne restait que des parties comme expansion.library, scsi.device, audio.device, etc. qui ont été remplacées par
les "HIDD" (abstractions matérielles) et par AHI, CyberGraphics, etc.
AROS existe précisément pour l'innovation et apporte déjà certains concepts aux autres. Bien que AmigaOS 4 n'en utilise
peu ou pas, MorphOS possède encore du code AROS et l'ouverture de ce code est justement là pour qu'il soit repris,
modifié ou amélioré ; tout l'autorise et même le conseille pour une interface ou une fonctionnalité : AHI, UAE ou MUI
sont autant de "points triples" et garantissent ainsi leur large adoption et leur pérennité.
Justement, à propos de nos deux
OS PowerPC : ils tirent parti de machines plutôt modernes, émulent les applications Amiga 68k en toute transparence,
bénéficient d'un bon nombre d'applications... Que pensez-vous de ses systèmes d'exploitation ? D'autre part, l'intérêt d'AROS est de bénéficier
de la puissance des machines x86. En quoi peut-il se distinguer de UAE ou Amithlon qui fait tourner dans d'excellentes
conditions AmigaOS original sur cette plate-forme ?
AROS-PPC tourne en émulation sous Linux-PPC pour l'instant, il reste encore quelques efforts pour qu'il tourne
"natif" sur des machines PowerPC...
Sous sa forme x86 AROS ne pourra jamais faire tourner de code 68k : ce débat est souvent remis sur le tapis
mais il doit être clair que ce n'est pas faisable, à moins de réduire drastiquement la vitesse de AROS,
ce à quoi tout le monde se refuse. Compatible ? Peut-être. Lent ? Jamais. Par contre, AROS-PowerPC pourrait
sans doute faire tourner les applications 68k à la manière de AmigaOS 4 ou de MorphOS. Notez que AROS-68k
est en cours de dépoussiérage et fera aussi tourner les applications Amiga-68k.
Je n'ai aucun avis sur les autres systèmes, je ne les utilise pas. Je suis sûr par contre qu'ils offrent chacun
des possibilités très intéressantes, mais en ce qui concerne les programmes 68k, AROS utilise E-UAE en version JIT,
ce qui nécessite donc une vraie ROM et les fichiers Amiga originaux qui l'accompagnent pour fonctionner : AROS
n'est pas Amiga, du tout, et est appelé à faire tourner ses propres applications. On peut dire qu'il utilise la
même philosophie que Amiga dans son fonctionnement mais n'a pas pour objectif de remplacer Amiga, MorphOS
ou d'ailleurs Windows ou Linux ou n'importe lequel des centaines d'autres systèmes d'exploitation. Je pense
qu'il a simplement sa place parmi eux, en toute humilité.
Le portage du système Amiga sur x86 n'a en aucun cas été motivé par la vitesse
des processeurs actuels, mais parce qu'à l'époque Amiga-maison-mère avait
disparu de la scène et que le système était fermé et propriétaire. Quelques
mordus qui aimaient ce système ont donc décidé de le réimplémenter librement
et ouvertement, "by the Book". Comme le matériel PC était moins cher, plus
disponible et surtout remplaçable (tous mes Amiga, 2x500 2x1200(060) 1x2000
1x4000(040), ont plus de dix ans !), le portage qui a dominé fut le port x86, tout simplement !
Au cas où vous n'y avez
pas déjà répondu via les questions précédentes, pouvez-vous nous dire si AROS est guidée par une stratégie particulière
ou si l'équipe progresse patiemment ? Quelles sont selon vous les priorités pour AROS ? Comment voyez-vous
son avenir et son statut, disons... dans les deux ans à venir ?
AROS évolue très patiemment, librement, ouvertement. Lorsqu'une fonction de
l'API Amiga doit être implémentée il n'y a que peu de débats. C'est lorsqu'on
sort de l'API 3.1 qu'il est nécessaire de discuter d'une innovation, si tant est que s'en soit une...
Une des stratégies, tournée vers l'utilisateur, consiste en un système de cagnottes (les "bounties" de
Team-AROS), cagnottes fixées par les utilisateurs pour les fonctionnalités ou applications qu'ils
souhaiteraient voir ajoutées, ce qui oriente les développeurs vers les besoins, mais ce qui a tendance
aussi à freiner les travaux non rémunérés.
Il n'en reste pas moins qu'un travail de fond régulier est effectué dans le même temps, pour épurer le coeur
du système et adopter les innovations acquises par rapport à AmigaOS 3.1 (abstraction matérielle, système orienté
objet par exemple).
Dans les deux ans, j'espère que AROS aura acquis un peu de maturité, des pilotes (USB, ACPI, MMU, FAT32...)
et quelques applications manquantes, comme une suite logicielle Internet !
Merci à vous de nous
avoir éclairé (rassuré peut-être ?). Si vous souhaitez ajouter quelque chose, vous êtes libre ! A vous
de jouer.
D'abord, je dois avouer qu'il est très (trop ?) simple de programmer pour AROS, au moins en utilisant le build-system
sous Linux-x86. Tout est prémâché : de la construction d'applications à celle de bibliothèques, de pilotes, fichiers
de traductions, etc. tout est prévu pour simplifier le travail du développeur. Je dirais que comme toujours ce
qui fait cruellement défaut c'est la documentation. Malgré tout le forum de AROS a (en novembre 2005) quelque
500 utilisateurs dont certains, comme moi, ont installé AROS sur leur PC et jouent avec, voire programment avec !
Si l'on ne considérait que les chiffres, on pourrait dire que le potentiel de machines où AROS peut être actuellement
installé est sans comparaison possible avec celui de machines PowerPC, puisque le parc des PC-x86 se compte par
dizaines voire centaines de millions de machines !
De plus, installer AROS-x86 avec une carte graphique gérée (NVidia), une carte son gérée (SB-Live!), une
carte réseau gérée (3c905, RTL-8029, Prism...) revient beaucoup moins cher que n'importe quelle machine PowerPC !
En conclusion j'ajouterais que AROS est la contribution du Logiciel Libre au monde Amiga, et qu'il serait heureux
que tout un chacun y puise des idées ou des bouts de code voire y ajoute aussi sa contribution. Pour l'instant,
nous espérons autant de nouveaux utilisateurs que de nouveaux développeurs, les premiers apportant besoins, idées
et exigence de qualité aux seconds.
|