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Dossier : La genèse de l'AmigaOne X1000
(Article écrit par Trevor Dickinson et extrait d'Amiga Power et d'Amiga Future - septembre 2010)


Note : traduction par Mehdi Boulahia.

Les prémices d'un rêve

La vie est souvent pleine de circonstances, coïncidences et d'occasions et le développement de l'AmigaOne X1000 ne s'est sûrement pas décidé la nuit dernière. L'histoire a commencé à l'occasion d'un rassemblement en août 2006 avec Michael Battilana de Cloanto (Amiga Forever) et Trevor Dickinson. Michael était en visite à Londres pour promouvoir sa dernière version d'Amiga Forever 2006 et il avait invité un petit groupe de développeurs passés et présents pour un dîner informel. Étaient aussi invités Robert Williams, l'éditeur de feu Total Amiga (magazine Amiga anglais) et son collègue Mick Sutton (fondateur et trésorier du groupe d'utilisateurs SEAL). Malheureusement, Mick ne put venir pour raisons professionnelles. Néanmoins, alors que Trevor Dickinson était sur le point d'attaquer l'écriture de la série "Amiga Retrospective" pour Total Amiga (autre coïncidence), il fut invité à prendre part au dîner. En tant qu'utilisateur de longue date d'Amiga Forever, il sauta sur l'occasion de rencontrer Michael en personne. Comme la plupart des amigaïstes, il s'entendirent très bien et restèrent en contact après le retour de Michael Battilana en Italie. Leurs contacts réguliers se transformèrent en amitié pour finalement devenir une vraie relation professionnelle.

Bond rapide dans le temps pour arriver en avril 2007, Dickinson avait rejoint Battilana pour un cours voyage d'affaires en Europe. Ils venaient juste d'arriver à Bruxelles après avoir visité la manifestation Commodore Gaming au Pays-Bas le jour précédent. En fait, Dickinson accompagnait juste Battilana mais ce dernier avait organisé une rencontre autour d'un verre avec Evert Carton, le gestionnaire associé d'Hyperion, et Ben Hermans, pour discuter de leurs problèmes mutuels avec Amiga Inc. Ironiquement, Amiga Inc venait juste d'intenter des poursuites judiciaires à l'encontre d'Hyperion pour violation de copyright et de marque déposée, suite à la sortie d'AmigaOS 4 à la fin de 2006.

Durant les 12 mois qui ont suivi, Trevor Dickinson eut plusieurs discussions avec Hyperion sur comment faire revivre la gloire de l'Amiga, ce qui était rendu encore plus difficile par le doute qui planait suite à la plainte d'Amiga Inc. Finalement, début 2008, une rencontre se tint à Londres pour discuter de la possibilité de développer un nouvel Amiga PowerPC haut de gamme pour les professionnels et les utilisateurs d'Amiga ayant besoin de puissance. L'entrée de gamme était idéalement couverte par les excellentes Sam d'ACube mais le marché Amiga avait besoin d'un modèle haut de gamme très puissant, de manière à attirer de nouveaux utilisateurs en manque de puissance.

Un accord de principe fut passé dans le but de développer un nouvel ordinateur et une équipe fut créée, incluant Hyperion et plusieurs développeurs clés d'AmigaOS 4. Après avoir décidé d'une architecture Power CPU 64 bits, l'équipe passa en revue une liste de spécifications qu'elle voulait idéale pour un ordinateur Amiga et se mit en quête d'un partenaire industriel pour la réalisation d'une telle machine et permettre la réalisation de ce rêve.

Le fabricant du processeur qui fut sélectionné fit aussi un certain nombre de recommandations et après diverses rencontres, une société anglaise de conception matérielle fut choisie, elle avait déjà connu le succès à plusieurs reprises avec la création de différentes machines PowerPC. Ils firent immédiatement sensation et démontrèrent rapidement leur savoir-faire en émettant un certain nombre de suggestions visant à améliorer la conception de la carte mère.

Début 2009, ils commencèrent la conception de cette nouvelle carte mère si secrète qui avait pour nom de code Nemo. Avec l'action en justice d'Amiga Inc toujours en cours, aucune de ces informations ne fut rendue publique et, en coulisses, les ingénieurs continuaient leur travail de manière à créer l'Amiga "Next Gen" le plus puissant. Il fut décidé de formaliser le processus de fondation et en janvier, tout était en place pour la création d'une nouvelle société gérant le projet de développement matériel pour AmigaOS 4. A-EON Technology CVBA fut donc créée en avril 2009, avec Trevor Dickinson, Tony Moorley, son ami de longue date et partenaire professionnel, ainsi que Ben Hermans d'Hyperion Entertainment, compagnie dont ils devinrent les trois principaux actionnaires. Le nom A-EON était l'anagramme d'A-ONE.

Alors que les plans de la carte mère étaient quasiment finalisés, les contrats pour la conception furent signés et le travail sérieux pouvait maintenant commencer pour la production du nouveau matériel.

NEMO-(NEw 64Bit MOtherboard) d'A-EON

L'équipe de développement matériel était bien décidée à ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé et plutôt que d'essayer de modifier une carte mère déjà existante, ils décidèrent de créer la carte mère Nemo en partant de zéro. Elle devait être une machine spécifique approuvée par les développeurs Amiga pour les utilisateurs Amiga. Elle devait être basée sur un unique processeur 64 bits basse consommation de type double coeur, à 1,8 GHz ou plus, répondant à la norme PowerISA(TM) V2.04+, qui, jusqu'à aujourd'hui, avait été utilisé uniquement dans des applications embarquées industrielles et militaires.

En plus de ce processeur, la carte mère Nemo de facteur de forme ATX incluait : quatre ports mémoire DDR2, dix ports USB 2.0 (huit externes et deux internes), un port Ethernet Gigabit, deux ports PCIe x16 (un x16 ou deux x8), deux ports PCIe 1x, deux ports PCI, deux ports série RS232, quatre connecteurs SATA2, un connecteur IDE, un connecteur JTAG et un Compact Flash. En bonus, elle devait aussi contenir Xena, une puce XMOS XS-L1 128D SDS à 400 MHz et un port correspondant nommé Xorro.

genèse de l'AmigaOne X1000

Au début du développement de la carte mère, de nombreux changements furent opérés de manière à fournir les meilleures performances et fonctionnalités. La puce XMOS fut donc mise à jour vers une version à 500 MHz et un southbridge AMDSB600 fut ajouté pour permettre le contrôle de toutes les entrées/sorties et pouvoir utiliser toutes les capacités intégrées à la carte mère. Cette modification du southbridge amena inévitablement des délais dans la réalisation du projet mais les concepteurs pensaient que les bénéfices apportés en performances contrebalançaient de manière sensible la perte de temps occasionnée.

La révision de la carte mère fut achevée en octobre 2009, juste après que les problèmes légaux avec Amiga Inc étaient définitivement réglés. Hyperion pouvait dorénavant accorder légalement une licence à A-EON pour pouvoir utiliser les nom et marque déposée AmigaOne et AmigaOS tout en pouvant de plus utiliser le logo "Boing Ball".

genèse de l'AmigaOne X1000

genèse de l'AmigaOne X1000

"AmigaOne Power X" fut une première tentative de choix de nom pour la première carte mère Nemo et en un mois, la première production de cartes fut terminée. Après plusieurs semaines de tests intensifs, les cartes furent dispatchées auprès de développeurs clés d'AmigaOS 4. Alors que le "teaser website" était mis en ligne le 31 décembre 2009, le travail de portage d'AmigaOS 4 sur la carte mère Nemo avait déjà commencé. Le nom pour ce nouveau système avait lui aussi évolué et, en hommage aux 25 ans de l'Amiga et pour confirmer l'ajout de Xena, la puce personnalisable XMOS, il fut décidé de le renommer AmigaOne X1000. Dès le départ, A-EON avait décidé de vendre ce nouvel ordinateur en tant que système complet, intégrant un boîtier, une souris et un clavier de la marque.

genèse de l'AmigaOne X1000

genèse de l'AmigaOne X1000

Pour faire taire les doutes et rumeurs arguant que le X1000 était du vapourware (NDT : produit annoncé mais qui n'existe pas en réalité), Hyperion annonça, le 20 février, qu'un partenariat stratégique venait d'être formé avec A-EON pour apporter à la communauté Amiga une plate-forme haut de gamme pour AmigaOS 4.x, "qui aspire à être le digne héritier matériel de la tradition née avec l'AmigaOne X1000 de Commodore".

genèse de l'AmigaOne X1000

En avril, le site A-EON (le fameux "teaser website") fut enfin remplacé par un site plus traditionnel mais toujours dans le style Amiga de façon à fournir plus d'actualité, d'informations et de mises à jour.

AmigaOne X1000 - Varisys Ltd

En juin 2010, A-EON révèle que Varisys Ltd est la société partenaire derrière la conception de l'AmigaOne X1000. Il devint vite évident que Varisys n'était pas une petite société et qu'elle avait gagné, tout au long de ces dernières années, une réputation bien méritée grâce à des produits de qualité, durables dans le temps et à prix serrés. Encore mieux, leur expérience dans le domaine de la conception PowerPC et de calculs parallèles en firent le partenaire idéal. Varisys a été fondée en 2000 par Adam Barnes et Paul Gentle mais leur partenariat remontait déjà à plus de 10 ans en arrière, lorsqu'ils travaillaient ensemble pour Transtech Parallel Systems sur les produits transputer basés sur l'Inmos T800.

Barnes s'occupait de la conception des processeurs embarqués Intel i860, ainsi que des périphériques utilisant les DSP de TI et Analog. Durant les années 1990, il prit la tête du développement d'une série de produits PowerPC basés sur les processeurs G2 (603), G3 (750) et G4 (7400). Après avoir cofondé Varisys, il combina le rôle d'homme d'affaires s'occupant du développement à celui de technicien travaillant sur plusieurs produits basées sur des machines PowerPC et FPGA très avancées et destinés à l'armée ou aux industriels. Pendant ce temps, Gentle s'occupait d'étendre l'emprise de Varisys sur le marché mondial, tout en utilisant ses connaissances pour créer des solutions matérielles embarquées permettant une très bonne dissipation thermique sans sacrifier aux hautes performances.

Bien que Gentle et Barnes n'étaient pas d'origine des amigaïstes purs et durs, il y avait une curieuse relation historique datant de Transtech lorsqu'ils travaillaient sur la plate-forme transputing Helios de Perihelion Software. "Nous étions très proches, professionnellement parlant, pendant un moment, puis Transtech intégra une société de systèmes qui avait son propre OS et Perihelion commença de développer ses propres produits matériels. À partir de là, nous sommes entrés en compétition", se rappelle Barnes. "Dr King (fondateur de Perhelion et anciennement architecte d'AmigaDOS chez MetaComCo) avait travaillé sur AmigaOS".

La plupart des travaux de Varisys ont été effectués sous le sceau du NDA mais il y a un produit dont nous pouvons parler, c'est la console de contrôle d'éclairage WholeHog 3 pour laquelle Varisys a développé la carte mère PowerPC. D'après Barnes, "L'un des tout premiers projets qui fut achevé était une carte processeur pour une console de contrôle de l'éclairage. Elle était basée sur du PowerPC et s'apparentait plus à une station de travail avec des interfaces Ethernet, USB, MIDI, graphiques, disquette et disque dur. Le système final devait pouvoir fonctionner en refroidissement passif et devait être capable de soutenir de longs trajets par route avec un groupe de rock. dix ans plus tard, nous vendons toujours cette machine et vous pouvez l'apercevoir durant les concerts de Kylie Minogue. Le client avait choisi un southbridge de carte mère PC pour la gestion des périphériques et nous donna comme défi de le faire fonctionner avec un processeur PowerPC. Parfois, il semble que nous n'apprendrons jamais !" ajoute Gentle.

"Nous sommes très fiers d'être impliqués dans ce projet et j'espère que lorsque les premières machines seront livrées aux clients, ils se diront qu'elle justifie sa place dans les livres d'histoire consacrés à l'Amiga" et, comme le veut la tradition Amiga, les membres clés de Varisys qui participent au développement de la carte mère Nemo ont apposé leurs signatures sur celle-ci. Parmi ceux-ci, il y a Adam Barnes, architecte en chef de la carte mère et concepteur des sous-systèmes processeur et mémoire ; Andrew Armitage, l'ingénieur logiciel, responsable pour l'écriture du micrologiciel (firmware) de la carte ; Peter Oakley, l'ingénieur matériel, chargé d'intégrer l'architecture de Barnes et la capture schématique ; et Chris Avent, l'ingénieur chargé de l'agencement de la carte.

genèse de l'AmigaOne X1000

genèse de l'AmigaOne X1000

Xena et Xorro

Le but premier de l'AmigaOne X1000 était d'apporter à la communauté Amiga une plate-forme matérielle réellement moderne capable de fonctionner avec AmigaOS 4. Néanmoins, l'un des bénéfices apportés par Varisys au projet est que ceux-ci ont un partenariat privilégié avec David May, fondateur de XMOS et inventeur du transputer. Ils se connaissent depuis l'époque Transtech (May était alors à la tête de Inmos). Varisys a apporté son aide à XMOS, lui permettant de grandir, en validant les systèmes de cartes systèmes de développement. Depuis, Varisys a produit un certain nombre de cartes basées sur le processeur XMOS et en a vendu plusieurs milliers.

genèse de l'AmigaOne X1000

XMOS pour décrire leur puce utilise le terme "Silicium Défini Logiciellement" (Software Defined Silicon) mais en des termes plus simples, on pourrait dire qu'il s'agit d'une nouvelle génération de périphérique programmable par traitement événementiel, qui est à mi-chemin entre le FPGA et un microcontrôleur ultra rapide, capable de traiter plusieurs fils d'exécution matériels de façon bien plus fine que les processeurs traditionnels. Il navigue entre ses fils d'exécution à chaque instruction de cycle horloge, avec au minimum quatre fils d'exécution matériels, chacun fonctionnant à la vitesse de 125 MIPS et s'occupant de lier fermement le processeur XMOS aux entrée/sorties. Malgré l'introduction des processeurs multicoeurs, le matériel moderne atteint ses limites en terme d'instruction par cycle d'horloge. Dans le futur, il deviendra inévitable de combiner plusieurs processeurs en parallèle. XMOS réintroduit le concept de traitement parallèle de gestion fine qui est l'origine du développement du transputer.

Quand Varisys fut approché pour la conception du X1000, il leur parut évident que c'était là une opportunité unique d'ajouter la puce XMOS à la carte mère Nemo. La technologie XMOS est très prometteuse mais encore très jeune et à travers leur travail sur les systèmes de développement XMOS, ils se sont bien rendus compte de l'attrait de cette technologie auprès des "geeks". Alors quoi de mieux que la communauté Amiga ? "L'idée d'utiliser le processeur XMOS sur l'AmigaOne X1000 était d'attirer l'utilisateur Amiga haut de gamme", explique Paul Gentle. "Le processeur XMOS peut être programmé et interfacé, via des liens parallèles, aux autres processeurs XMOS, tout comme le faisait le transputer. XMOS a une communauté de développeurs très importante avec beaucoup d'applications déjà créées et des conceptions de référence. Il donne une autre dimension au X1000".

En ajoutant la puce XMOS à la carte mère Nemo, l'Amiga X1000 devrait devenir le premier ordinateur de bureau à le posséder en standard. En hommage aux noms des puces originelles de l'Amiga, la puce XMOS a été nommé "Xena" et l'interface standard PCI-e x8 reliant Xena au monde extérieur se nomme le port "Xorro". En ajoutant la puce XMOS à la conception basique de la carte Nemo, Varisys voulaient que les enthousiastes avec peu de connaissances en électronique soient capables de créer leurs propres cartes filles et que cela leur ouvre le monde du calcul parallèle en gestion fine. N'importe qui ayant une bonne connaissance du C peut aussi travailler avec la puce XMOS. Les utilisations sont infinies et ne sont limitées que par l'imagination : contrôle matériel, fonctions DSP, robotique, affichage voire émulation du son SID ou émulation de consoles.


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