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Dossier : Gagner sa vie dans la micro-informatique
(Article écrit par Mathieu Brisou et extrait de Tilt - avril 1991)


Quoi de mieux que d'exercer une profession dans son domaine de prédilection ? Rien, répondrez-vous. Dans ce cas, pourquoi ne pas envisager une carrière dans la micro ? Encore faut-il savoir quelles sont les formations adaptées pour exercer la profession qu'on lorgne. Car, contrairement à ce que pourraient croire certains de nos lecteurs, travailler dans la micro ne veut pas nécessairement dire devenir programmeur ! Non, on peut aussi être chef de projet, graphiste, journaliste, vendeur, technicien de service après vente, ou autre...

Terminée l'époque des pionniers où il suffisait d'aligner deux lignes de code pour faire fortune. Fini le temps où l'on pouvait inventer un ordinateur dans son garage et en faire l'une des plus belles "success stories" de l'histoire. La micro, les nostalgiques ne me démentiront pas, n'est plus tout à fait ce qu'elle était. Elle est plus pro, plus sérieuse, et la micro ludique n'échappe pas à cette règle. En ce qui concerne le développement des jeux, par exemple, tous s'accordent à dire que les équipes de programmation de demain n'auront plus grand-chose à voir avec celles d'hier ou d'aujourd'hui.

Ainsi, Éric Caen de Titus évoque la mise en place, pour le développement de logiciels destinés au CDI, d'équipes situées à mi-chemin entre production audiovisuelle et "pools" d'informaticiens. Dans le même ordre d'idées, Nicolas Choukroun (Kildhozen, Pic'n Pile, et autres) met en avant la nécessité de préciser la notion de scénariste. Bref, les métiers de demain n'existent pas forcément aujourd'hui et certains de ceux que nous connaissons devront très rapidement faire face à des mutations...

Voilà pourquoi, quel que soit le métier que l'on envisage d'exercer en micro, il est important de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il est nécessaire de choisir une formation en parfaite adéquation avec ses objectifs tout en se ménageant malgré tout des portes de sortie. C'est-à-dire éviter toute sur-spécialisation inutile et sortir, dans des limites acceptables, des sentiers battus.

Enfin, n'oubliez pas qu'une des caractéristiques fondamentales de la micro est d'offrir un nombre important de métiers différents. L'informatique recouvre deux domaines bien particuliers : le matériel et les logiciels. A chacun de ces domaines correspond une spécialité particulière, de la programmation à la saisie au kilomètre en passant par la conception d'extensions ou la réparation de machines...

Un logiciel, une équipe

De manière générale, le développement d'un logiciel fait appel à une équipe, sauf cas très particuliers du genre de Publishing Partner. En matière de jeux, on trouve ainsi un programmeur, un musicien, un graphiste, indépendants ou salariés par l'entreprise ; s'ajoutent bien évidemment un chef de projet et, souvent, un scénariste.

Le chef de projet a en charge la définition et l'avancement du projet. Il suit l'équipe de développement, la conseille, tente de faire respecter les délais. Sur un produit particulier, il est associé à la réalisation du scénario et à la définition du produit, en fonction des impératifs du marché tant du point de vue de la demande des acheteurs que du parc de machines installées. On lui demande aussi de bien maîtriser certaines connaissances techniques. Sur des points de détails comme par exemple la mise en oeuvre d'une protection, il sera en effet amené à jouer le rôle d'interface. Or, il faut bien savoir de quoi on parle... Son rôle est aussi de prendre en charge les équipes externes proposant des projets ou des maquettes de produits. Titus, par exemple, reçoit environ quatre propositions par semaine et il s'agit de juger de leur pertinence, ce dont en théorie s'acquitte le chef de projet.

En résumé, ce poste requiert à la fois des connaissances techniques et un sens du contact pour correctement gérer les relations avec les auteurs ainsi qu'une bonne connaissance du marché. Bien entendu, aucune formation spécifique n'existe.

Profession : chef de projet
  • Salaire : de 10 000 à 13 000 FF par mois.
  • Cursus recommandé : au minimum BTS d'informatique, de préférence universitaire. Possibilité de formation sur le tas de plus en plus difficile.
  • Opportunité : le développement de machines comme le CDI oblige à jouer l'interface entre l'éditeur et les équipes informatiques d'une part et, les réalisateurs du son ou de l'image d'autre part, devrait être de plus en plus demande dans les cinq ans à venir.
Le scénariste - ou les personnes qui remplissent ce rôle, ce peut être un programmeur, un graphiste ou un musicien - fait partie de ce que l'on appelle les créatifs. Comment devenir créateur ? Inutile de se casser la tête, c'est une question de "feeling" comme disent les Anglais. Cependant, le scénariste a pour tâche de cerner les envies - même cachées - des acheteurs potentiels. Une bonne connaissance des produits disponibles chez les concurrents est demandée. Signalons que, depuis quelque temps, ce poste tend à prendre une certaine importante et que divers auteurs indépendants s'attachent les services de telles personnes. Le cas de Sylvain (Le Manoir De Mortvielle) est intéressant : acteur de théâtre, Sylvain a pu, grâce à sa connaissance des clés de la mise en scène, réaliser un scénario papier parfaitement crédible.

Quelqu'un venant du cinéma ou plus largement de l'audiovisuel aurait aussi pu remplir ce rôle. On est ici bien loin des trucs du genre "c'est l'histoire des glorbks qui attaquent les sblashs" qui immanquablement virent au shoot-them-up le plus classique. Non, le rôle du scénariste est plus complet et devrait, aux dires de Nicolas Choukroun, par exemple, se renforcer avec la venue de produits sur CD/CDI.

Profession : scénariste
  • Salaire : impossible à évaluer actuellement.
  • Formation : actuellement les filières théâtrales et cinématographiques sont les meilleures mais une connaissance de la micro est nécessaire.
  • Opportunité : le scénariste travaille sur papier et conçoit un jeu en prévoyant le maximum d'éléments. Il établit en fait l'historique du jeu. Avec la complexité grandissante des jeux, ce poste commence à faire parler de lui car les scénaristes micro sont trop rares. Le scénariste cherche aussi des idées originales.
Méconnu du grand public, le graphiste a trop souvent un rôle ingrat. Véritable artiste dans l'âme, c'est lui qui crée le premier élan de sympathie par rapport à un logiciel. Il est vrai que la micro est quelque chose de très visuel et l'on s'attache souvent à la beauté ou au style des dessins. Le graphiste réalise en outre les diverses phases d'animation. D'une manière générale, les graphistes micro ont suivi une filière classique. Bac A puis école d'art et ensuite découverte de la micro par le biais d'amis ou de la famille. Vient ensuite la formation à la DAO, par le biais de stages en entreprise. Soulignons que certaines sociétés - comme Sierra avec King Quest V - font réaliser les graphismes sur papier puis les numérisent pour les intégrer dans les jeux. Dans ce cas, une formation sur micro n'est pas nécessaire. Elle reste malgré tout fortement recommandée, notamment lorsque l'on travaille sur des logiciels requérant de nombreuses animations.

Profession : graphiste
  • Salaire : de 7000 à 15 000 FF par mois.
  • Formation : suivre une école de dessin puis compléter sa formation en informatique par un stage en entreprise.
  • Opportunité : le rôle du graphiste est de plus en plus reconnu en matière de micro. La concurrence de l'image numérisée n'est en outre pas très importante. Les perspectives en ce domaine sont donc bonnes pour le moment mais, à terme, rien n'indique que cette situation durera. En revanche, les graphistes pour serveur le télématique devraient voir un afflux de travail en parallèle avec le développement des réseaux numériques de type RNIS.
En ce qui concerne le musicien, disons que la situation est à peu de chose près la même que pour le graphiste, hormis la formation, bien entendu... Le musicien sur micro dispose de nombreux outils mais on lui demande souvent une bonne connaissance de la machine sur laquelle il travaille. En effet, la musique vient souvent en dernier et les impératifs de place mémoire posent souvent problème. Ainsi, le musicien sur micro doit être en mesure de concilier effets "boeuf" et place limitée.

Généralement, il travaille sur... micro à coup d'interface MIDI et autres. Cependant, il utilise aussi volontiers l'échantillonnage et sait se faire preneur de son. Ce rôle devrait en outre se renforcer à court terme, du fait de l'augmentation des capacités musicales des machines et de la venue en force de la qualité CD. Bref, à mi-chemin entre ingénieur du son et musicien, il sera à terme recruté plutôt côté musique que micro. Ici encore, la polyvalence est garante du succès.

Profession : musicien
  • Salaire : de 7000 a 15 000 FF par mois.
  • Formation : inexistante mais il faut privilégier les filières de type ingénieur du son. Connaissance et maîtrise de l'informatique conseillée.
  • Opportunité : le son jusqu'à présent portion congrue des développements compte de plus en plus, tant du point de vue bruitage que composition. Mais la concurrence avec la musique minute risque d'être rude.
Last but not least, le programmeur. Considéré par certains comme l'aristocrate de la micro et de l'informatique en général, il est le génial créateur de la "substantifique moelle" des kilos de code que votre machine engloutit voracement. Laissons la blague de côté, le programmeur est un élément de l'équipe. Comme les autres, il est associé au développement d'un produit qui fera votre plaisir. On lui demande de parfaitement connaître la machine sur laquelle il travaille et - en ce qui concerne le milieu du jeu - de maîtriser le microprocesseur autour duquel elle est architecturée.

Le problème est qu'il n'existe pas de filière typiquement micro ludique. Généralement, les actuels programmeurs ont appris sur le tas après avoir acquis quelques expériences soit en programmation pure soit en mathématiques. Mais, actuellement, les recrutements tendent à changer. On demande toujours aux programmeurs une preuve de leur talent mais cela suffit de moins en moins. Reste donc les formations académiques où après le Bac - généralement C, E voire D -, il est possible de s'orienter vers des cursus universitaires - institut universitaire de technologie (IUT), diplôme universitaire de technologie (DUT) - ou bien encore des filières d'ingénieur - École nationale des sciences appliquées (ENSA), Institut national des sciences appliquées (INSA) et autres.

Attention, mathématiques et anglais sont de rigueur... D'un autre côté, ces filières forment des programmeurs tout-terrain. Les programmes assurent la connaissance de divers langages - C et Pascal principalement - ainsi que la maîtrise de divers assembleurs - 6809 et 68000 de rigueur - et bien entendu du système d'exploitation Unix. Cela paraît un peu lourd pour qui désire se limiter à la programmation de jeux, pourtant, le bagage ainsi obtenu permet d'évoluer par la suite.

Cela est d'autant plus important que les places sont comptée... Pour Nicolas Choukroun, seuls une vingtaine d'auteurs français arrivent à bien vivre du développement de logiciels. Pour Dominique Sablon, ce chiffre s'établit entre 20 et 50. Cela s'entend, bien entendu, pour les équipes externes, c'est-à-dire pour les indépendants. Il existe en effet un certain nombre de programmeurs permanents, directement employés par les entreprises, qui sont généralement recrutés en fonction de leurs capacités mais aussi de leur bagage. Les salaires sont de l'ordre de 10 000 FF. Les auteurs indépendants sont plus libres et l'on ne leur demande que de faire leurs preuves. Le reste compte moins que pour les salariés. A titre indicatif, un auteur à la mode déclare environ 200 000 FF par an. Mais pour certains la vie est parfois dure trop nombreux sont ceux qui font des concessions pour se faire éditer...

Profession : programmeur
  • Salaire : variable mais dans une moyenne de 7000 a 15 000 FF par mois.
  • Formation : de préférence passer le Bac puis utiliser les filières existantes. Les BTS ou les IUT. Ces derniers sont toutefois des plus côtés, Autrement, il existe formations d'ingénieurs informaticiens mais on est loin de l'univers micro. Les salaires aussi d'ailleurs (généralement le double) ! Notez que les exigences de formation varient énormément - les salaires aussi - que l'on soit salarié ou auteur.
  • Opportunité : s'assurer des formations de plus en plus larges afin de faire face à la venue de l'interacte. Le programmeur est de plus en plus considéré comme un technicien, il perd son aura ! Notez qu'on en trouve aussi chez les dupliqueurs, dans les services télématiques, etc.
La duplication

Une fois un logiciel créé, reste à le finaliser puis à le produire en masse pour qu'il arrive chez vous. Pour cela, il existe un corps de métier pratiquement inconnu du grand public, celui de dupliqueur. A la base, c'est-à-dire au tout début de la micro de loisir, le dupliqueur n'était qu'un intervenant parmi d'autres. Peu à peu son rôle a changé. Désormais, ils ont souvent rôle de conseil pour la mise en place de protections, voire pour leur développement. C'est pourquoi, à côté des "manoeuvres", c'est-à-dire ceux qui effectuent directement la manipulation des disquettes, il existe des postes de développeur dans certaines sociétés. Généralement, ces dernières sont de taille moyenne mais il existe aussi des poids lourds comme Berteisman en Allemagne, par exemple. Il est bien entendu plus facile de se retrouver chez les premières...

Cependant, il ne faut pas rêver, les postes sont peu nombreux et l'on demande aux techniciens d'être très pointus. Un mélange entre formation classique de programmeur, expérience du piratage - du déplombage - et une bonne dose de culot peut cependant se révéler payant. Il n'existe en France que trois sociétés véritablement performantes en ce qui concerne la duplication informatique. Les débouchés sont donc très limités du point de vue programmation. Il en est de même d'ailleurs pour les autres métiers liés à la duplication, notamment en ce qui concerne les personnes chargées de la manipulation des robots de duplication. L'aspect commercial des choses semble plus accessible, nous y reviendrons.

La communication

Une fois développé, un produit, quel qu'il soit, doit savoir se faire connaître du grand public. Cela est évidemment vrai tant pour les logiciels que pour le matériel. Pour ce faire les sociétés disposent de la communication, une arme d'ailleurs à double effet puisqu'elle s'oriente d'une part vers les journalistes et d'autre part - grâce à la publicité - vers le grand public.

Dans le premier cas, évoquons tout d'abord le travail d'attaché de presse. Ce poste, souvent dévolu à de pulpeuses et séduisantes représentantes de la gent féminine, consiste à faire circuler en direction des journalistes l'information à propos des nouveautés. Ces personnes visitent ainsi souvent les rédactions des journaux spécialisés pour les tenir au courant de la venue de tel ou tel produit, de la signature d'un accord particulier ou autre. Bien entendu, il s'agit avant tout d'un travail de contact et de relation.

On demande donc aux personnes recrutées pour ces postes une bonne culture générale, une facilité d'apprentissage et d'élocution ainsi que des capacités concernant la rédaction. Enfin, la pratique d'au moins une langue étrangère est souvent appréciée. Bien entendu, tout cela ne s'acquiert pas sur le tas. Des écoles d'attachés de presse existent, la formation dure trois ans après le Bac. Soulignons pour conclure que connaître l'informatique n'est pas une condition sine qua non pour occuper un tel poste mais ça aide, bien entendu.

Profession : attaché de presse
  • Salaire : au moins 9000 FF par mois.
  • Formation : après le Bac (A ou B), suivre une école d'attaché de presse ou une filière universitaire de communication. Cette dernière n'est cependant pas assez pratique et doit être complétée par des stages.
  • Opportunité : il existe bien des gens sur ce créneau. Il reste cependant des possibilités en ce qui concerne les agences de communication, la publicité et les relations de presse. Cette situation est propre à la micro.
Second maillon de la chaîne de l'information, les journalistes sont souvent enviés par les lecteurs. Imaginez donc : être payé à jouer toute la journée ! Oui, certes, mais être journaliste spécialisé en informatique consiste aussi à écrire des articles comme celui-ci. D'ailleurs, l'essentiel du travail consiste à écrire... Il ne suffit pas d'être un as de la manette. Capacité de synthèse, logique dans le raisonnement, rigueur dans le travail et bonne connaissance du français - grammaire et orthographe - font partie des règles du métier.

Il existe en gros deux types de filières pour devenir journaliste. La première consiste à faire des études de journalisme. Après le Bac, diverses écoles forment en deux-trois ans. Le niveau de recrutement, souvent élevé, fait que bien souvent les étudiants sont recrutés au niveau licence voire maîtrise. Seconde possibilité : le hasard... Devenir journaliste n'implique pas forcément de faire des études poussées, de journalisme ou non. Un tiers des représentants cette profession n'ont pas de diplôme particulier.

Ici encore, les places sont chères. En effet, il n'existe qu'un nombre limité de supports, d'ailleurs, les signatures changent peu... Une solution devenir pigiste. Le pigiste est payé en fonction de la quantité de travail qu'il fournit et n'est pas intégré à une entreprise. Il est plus facile d'aborder le métier de journaliste par ce biais car les rédactions ont souvent besoin, pour des opérations ponctuelles, de renfort ou de spécialistes pour un sujet donné. D'où appel aux pigistes. Attention cependant avant de vous précipiter vers les rédactions de journaux de micro, entraînez-vous à écrire. Comparez vos articles avec ceux écrits par d'autres. Et n'hésitez pas à prendre contact avec les revues. Sait-on jamais...

Profession : journaliste
  • Salaire : de 6000 à 20 000 FF selon les postes (les pigistes gagnent généralement moins).
  • Formation : l'idéal est de passer par une école de journalisme après le Bac, mais des possibilités existent par la formation sur le tas en commençant par des piges puis en intégrant une rédaction.
  • Opportunité : CDI et autres vont changer bien des choses en élargissant le marché. Il est ainsi concevable que la presse non-spécialisée s'intéresse à la micro par ce biais. En ce qui concerne la presse spécialisée, les rédactions sont souvent en quête de spécialistes pour des opérations ponctuelles.
Dernier maillon de la chaîne de la communication : les publicitaires. Ce domaine est important car il permet aux entreprises de toucher directement l'acheteur potentiel. Mais, distinguons dès maintenant ceux qui achètent et ceux qui vendent des pages de pub. Ces derniers sont rattachés à des journaux, ils vendent des pages, se chargent de récupérer les films qui servent à imprimer les pages et sont en contact permanent avec les sociétés directement concernées. D'une manière générale, les gens occupant de tels postes viennent d'univers variés et se retrouvent là un peu par hasard. Il existe cependant des filières possibles, notamment un brevet de technicien supérieur (BTS) de publicité. Cependant, par le biais de stages ou par la formation permanente, il est tout à fait possible de se mettre à niveau.

En ce qui concerne les autres, c'est-à-dire les mandataires ou ceux qui achètent les pages de publicité pour le compte des annonceurs, la situation est comparable, à savoir une grande diversité de cursus et de parcours. Mais, comme le précise Antoine Stina de l'agence Scor, avoir des connaissances en informatique peut faciliter les choses lorsque l'on travaille avec des sociétés de logiciels ou de matériel. Encore une fois, on ne parle pas de ce que l'on ne connaît pas. En outre, le véritable lien entre publicité et informatique est la PAO. L'ordinateur est en effet fort utilisé en tant qu'outil de création. Certes, dans ce cas de figure, on travaille plus dans la publicité que dans l'informatique : on peut être amené à réaliser des travaux sur d'autres sujets. Mais comme le précisent divers publicitaires : mieux vaut éviter de trop se spécialiser, la mobilité est en effet une des règles de base de la publicité.

Profession : publicitaire
  • Salaire : de 8000 à 12 000 FF plus les commissions.
  • Formation : la pub, c'est le vague tellement les cursus des pros sont variés. Mais, un BTS d'action commerciale ou toute autre formation équivalente ne peut pas faire de mal.
  • Opportunité : en pub, tout bouge et change très vite. Il existe toujours une place a prendre...
La distribution

Rendre accessibles à tout un chacun les produits : tel est le leitmotiv de la distribution. En résumé, celle-ci s'organise en deux temps. Les grossistes livrent les revendeurs qui eux-mêmes diffuseront ce produit auprès du public.

Côté grossistes, le métier le plus courant est téléacteur. Il s'agit de prendre contact avec les boutiques pour les tenir au courant des nouveautés, les informer des promotions et bien entendu prendre les commandes. Pour ce type de poste, une grande facilité d'élocution est nécessaire. Une bonne connaissance des produits que l'on propose est aussi un atout important. En effet, il faut savoir argumenter face à d'éventuels concurrents. C'est pourquoi certains distributeurs ont des équipes de testeurs chargés d'évaluer les nouveautés. Cela est plus particulièrement important en ce qui concerne les applications personnelles par exemple.

Profession : téléacteur et intervenant en télé-assistance
  • Salaire : environ 6000 à 8000 FF.
  • Formation : il s'agit d'emplois assez peu qualifiés donc sans véritable formation. Sens du contact et de l'élocution demandés.
  • Opportunité : en micro, les téléacteurs se trouvent avant tout chez les distributeurs. Ce rôle est assimilé à l'intervenant en télé-assistance. Dans tous les cas, une telle profession en micro-informatique demande une bonne connaissance des produits.
Avant de diffuser - voire d'importer un produit - le distributeur cherchera évidemment à connaître sa valeur réel. En fait, cela peut s'assimiler à la veille technologique et constitue une activité intéressante. On baigne dans le milieu de la micro-informatique. Les nouveautés arrivent sans cesse et les testeurs les mettent à l'épreuve. La connaissance des machines mais aussi des grands principes de base propres à certains types d'applications - traitements de texte, tableurs et autres - est fortement recommandée. Il s'agit là de se comporter comme un utilisateur mais il faut savoir aussi synthétiser ses impressions et laisser de côté les analyses subjectives. Bref, il faut pouvoir produire des rapports de synthèse... c'est-à-dire écrire. Signalons en outre qu'il est possible de remplir ce rôle sans faire partie d'une entreprise mais en venant en tant que collaborateur extérieur. Cette pratique reste assez marginale en France mais peut-être, à l'image de ce qui se passe aux États-Unis par exemple, se répandra-t-elle. Avis aux amateurs ! Bien entendu, il n'existe pas de formation pour ce type de poste mais nous recommandons un BTS d'informatique de gestion ou bien encore un IUT d'informatique - considéré comme plus généraliste.

Profession : testeur
  • Salaire : de 6000 à 8000 FF.
  • Formation : une bonne connaissance de la micro-informatique est demandée, disons qu'en de dehors de toute formation, une bonne connaissance de l'informatique peut suffire.
  • Opportunité : les places sont désormais assez rares chez les distributeurs. En revanche, les grosses entreprises commencent à chercher des gens en mesure d'évaluer la qualité de tel ou tel produit. Cependant, en ce cas, une formation de type BTS est plus que recommandée.
En ce qui concerne la vente directe, c'est-à-dire les boutiques, le contact avec le public peut en attirer certains. D'autant plus que le vendeur est aussi amené à avoir un rôle de conseil. Cela est plus particulièrement notable en ce qui concerne les boutiques spécialisées car, en grandes surfaces, la situation est un peu différente. En ce qui concerne les boutiques spécialisées, signalons qu'il existe souvent des possibilités d'emploi notamment en période de "bourre". Pour les fêtes par exemple, les gros revendeurs cherchent des extras. Une bonne connaissance des machines et des jeux mais aussi, tout dépend de la boutique, des applications personnelles suffisent souvent. En effet, il est rare que l'on demande une formation pour ce type de travail. De même, diverses boutiques acceptent de prendre des débutants. Cela dit, plus le matériel vendu est haut de gamme, plus l'on vous demandera des références. Enfin, les revendeurs ont souvent quelques avantages pour se procurer matériel et logiciels à des prix très intéressants...

Profession : vendeur
  • Salaire : aux alentours de 6000 FF plus les commissions.
  • Formation : ici encore un BTS d'action commerciale ne fait pas de mal mais il est possible de trouver un tel emploi sans véritable formation.
  • Opportunité : celles du marché...
Et ensuite

Une fois un produit vendu, les choses continuent. Ainsi, imaginons que vous achetiez une machine avec disque dur, imprimante laser et tout et tout. Reste à installer l'ensemble afin d'en assurer le bon fonctionnement. C'est pour répondre à cette demande que la qualification d'installateur a été créée. Le rôle de ce dernier consiste à prendre contact après achat avec le possesseur de matériel afin d'assurer la connexion de l'ensemble des systèmes, formater les disques durs et assurer l'implantation des éléments logiciels - DOS ou autre - nécessaires au système.

Ce travail méconnu des amateurs de jeu prend tout son sens pour les utilisateurs portés sur les applications personnelles et dont le budget s'établit aux alentours des 10 000 FF. Dans ce cadre, des machines telles les ST, Amiga et autres PC sont très présentes. Évidemment, pour ce poste, une bonne connaissance de l'informatique est nécessaire. Cependant, inutile de chercher des qualifications très importantes, un Bac H suffit largement.

Profession : installateur et formateur
  • Salaire : au moins 7000 FF.
  • Formation : après le Bac, s'orienter de préférence vers un BTS électronique et informatique. Sens du contact et bonne élocution recommandés.
  • Opportunité : on n'achète plus une machine ou un logiciel comme avant. De plus en plus de boutiques mettent en avant le service. Cependant, les places tendent à se raréfier compte tenu du tassement de la progression du marché.
Mais le rôle d'installateur ne se limite pas forcément à des éléments strictement logiciels ou connectables par le biais de câbles. Un installateur peut être amené à mettre en place une extension requérant l'ouverture de la machine (extension mémoire sur Amiga ou ST, par exemple). Dans ce cas, on se trouve en face d'un travail de technicien en électronique, ce qui est plus proche du rôle dévolu au service après-vente que nous évoquons plus loin. Toujours est-il que l'installateur fait aussi, dans des petites structures - c'est-à-dire dans la micro personnelle -, office de formateur. Ce dernier a pour fonction d'apprendre aux utilisateurs à se servir de leur machine ou d'un logiciel particulier.

Le formateur est en quelque sorte un professeur. On lui demande donc d'importantes capacités pédagogiques et une élocution aisée. Enfin, une parfaite connaissance du matériel et des logiciels sur lesquels le public est destiné à être formé est fortement recommandée. En ce domaine, l'expérience parle avant le reste, mais une formation de formateur ne peut pas faire de mal, de même d'ailleurs qu'une base informatique qui peut s'acquérir par le biais d'une option dans le cadre du lycée, par exemple.

Autre exemple de poste méconnu : intervenant en télé-assistance. Existant depuis de nombreuses années en micro-informatique personnelle, cet emploi tend à se répandre en matière de micro ludique grâce aux clubs Nintendo et Sega. Il est ainsi désormais possible de composer un numéro de téléphone et d'obtenir des trucs et astuces concernant un jeu. Cette aide en direct très appréciée des utilisateurs n'est pas toujours un poste facile à remplir notamment le mercredi, jour des enfants... Mais, pour les véritables passionnés. il peut s'agit d'un bon moyen de gagner sa vie tout en étant dans le domaine du jeu. Bonne connaissance des programmes, bonne maîtrise de la manette sont recommandées. Espérons seulement que ce type de service aura tendance à se développer, ce qui permettrait de multiplier le nombre d'initiatives.

Dernier poste que nous évoquerons dans le cadre de ce dossier, celui de technicien de service après-vente. Cette personne est chargée de réparer les machines en panne. Qui dit machine dit matériel, et donc électronique. C'est vers ce type de formation qu'il faut s'orienter. Il est toujours possible de se former par le biais d'un brevet d'enseignement professionnel (BEP) électronique/électrotechnique. Cependant, il semble qu'un mouvement vers les BTS d'électronique se fasse au niveau recrutement. De toute manière, pour ce genre de poste, les critères techniques l'emportent. Le mot clé est toujours la compétence. Plus précisément, rapidité et fiabilité. En ce qui concerne le reste, plus précisément la connaissance de telle ou telle machine du point de vue électronique, l'expérience et l'apprentissage sur le tas font loi.

Profession : service après-vente
  • Salaire : de 7000 à 11 000 FF.
  • Formation : un BEP d'électronique et électrotechnique peut suffire mais nous conseillons un BTS d'électronique et informatique.
  • Opportunité : la maintenance est considérée comme secteur porteur. Cependant, avec l'augmentation de la fiabilité du matériel, le rôle du technicien SAV s'étend de plus sec aux problèmes logiciels. Un aspect à ne pas négliger.
Conclusion

Certains lecteurs, compte tenu de ce qui précède, vont dire que Tilt exagère, que la micro-informatique c'est facile et que les formations ne sont pas nécessaires pour réussir. Un parallèle permet de démentir une telle attitude. En micro professionnelle, les années 1975 ont connu l'épopée des autodidactes. D'ailleurs, Steve Wozniack d'Apple lui-même n'a pas eu son brevet d'ingénieur ! Mais, dès 1980, les recrutements en France se sont situés au niveau de Bac +2. Maintenant, à l'orée de la dernière décennie de ce siècle, les petites annonces font mention de Bac +5. L'ère des ingénieurs et autres universitaires long cours règne.

Vous pouvez certes travailler dans la micro-informatique sans bagage mais, à terme, cela est risqué. Autodidactes intégrés dans la vie professionnelle, sachez que rien n'est impossible. La formation pour adultes existe et nombre de stages permettent de se mettre à niveau. A cet égard, le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) fait office de référence bien que la théorie y prenne trop souvent le pas sur la pratique. Citons aussi l'Association de Formation pour Adultes (AFPA) ainsi que certains centres X2000. Rappelons que la micro-informatique est un milieu où le hasard occupe une bonne place. De plus, l'évolution actuelle vers de nouvelles machines laisse entrevoir bien des possibilités. Bien entendu, la conception de nouveaux standards internationaux par une poignés de passionnés n'est plus vraiment dans l'air du temps, toutefois, en ce qui concerne le développment d'applications, la création de nouveaux services ou encore le renforcement de ceux qui existent à l'heure actuelle permettent de voir le futur sinon rose tout du moins porteur d'espoir.

Adresses utiles
  • AFPA (Association de formation pour adultes) 13, place du Général-de-Gaulle, 93100 Montreuil.
  • CIDJ (Centre d'information et de documentation pour la jeunesse) : 101, quai de Branly, 75015 Paris.
  • CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) 292, rue Saint-Martin, 75003 Paris.
  • ONISEP (Office national d'information sur les enseignements et les professions) : 50, rue Albert, 75013 Paris.
  • Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et des Sports : 110, e rue de Grenelle, 75007 Paris.
  • entres X2000 : consultez les mairies des villes de relative importance les plus proches de chez vous.


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