Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 08 août 2022 - 03:56  

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Actualité : Commodore, la fin d'une dynastie ?
(Article écrit par Jérôme Bonnet et extrait de Joystick - juin 1994)


Vendredi 28 avril 1994, après une très longue semaine d'espoirs et de craintes mêlés, le communiqué tombe. Commodore International Limited annonce son intention de "transférer tous ses biens et avoirs vers un syndic "non identifié", ainsi que de placer sa principale filiale, Commodore Electronics Ltd, en liquidation judiciaire".

Au-delà du jargon juridico-financier, le message est très clair : Commodore est en pleine banqueroute (ce n'est pas un scoop), ce qui a poussé une majorité des actionnaires de la société à décider de déposer le bilan afin de vendre au plus offrant toutes les possessions et technologies du constructeur. Il faut dire que bon nombre de signes laissaient présager depuis quelques semaines de cette issue. La fermeture de Commodore France, Commodore Belgique et Commodore Espagne n'auguraient rien de bon, mais c'est surtout la suspension à Wall Street des cotations de l'action Commodore (cette dernière ayant chuté jusqu'au chiffre record de 87 cents !) qui annonçait comme une quasi-certitude la très prochaine faillite du fabricant de l'Amiga.

Serait-ce donc la fin d'un géant de l'industrie micro-informatique, que l'on croyait immortel tant il a, au cours de la dernière décennie, marqué les esprits de tous les passionnés de micro-ordinateurs ? Des millions d'utilisateurs à travers le monde, dont la passion n'a d'égale que la fidélité au constructeur, se retrouvent-ils, en l'espace d'une fraction de seconde, orphelins ? Peut-être... mais pas si sûr que cela ! Car pour mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui Commodore, il convient d'explorer un peu les subtils rouages qui forment la société.

Commodore France à Massy
Le siège de Commodore France à Massy, maintenant déserté, a de sinistres allures de ville fantôme.

Mais au fait, Commodore, c'est quoi ?

Eh oui ! Bonne question parce que, comme vous allez le constater d'ici peu, l'univers Commodore est loin d'être aussi simple qu'il n'y paraît à première vue. En effet, plusieurs entités distinctes composent la société, ces dernières répondent aux noms de Commodore Electronics Limited (possesseur de l'usine située aux Philippines), Commodore Amiga Incorporated (une filiale américaine), Commodore Business Machines Incorporated (une autre), Commodore Software Division, Computer Systems Division, Consumer Products Group, et Commodore Semiconductor Group... ouf ! Toutes ces filiales et divisions américaines sont chapeautées par Commodore International Limited, multinationale américaine domiciliée... à Nassau, aux Bahamas ! C'est donc de là qu'est parti l'ordre de liquider tous les actifs de la société, sous la supervision de la Cour Suprême de ces mêmes Bahamas.

Toutes les raisons sociales précédemment citées dépendent donc directement de Commodore International Limited, et doivent donc accompagner leur maison mère dans sa fermeture définitive. Mais attention, voici l'astuce : les filiales de Commodore essaimées un peu partout dans le monde, telles que Commodore Allemagne, Commodore Royaume-Uni, Commodore Italie, et bien d'autres encore sont en réalité totalement indépendantes du siège sur le plan de leurs statuts. Bref, rien n'oblige toutes ces filiales à mettre la clef sous la porte, même si leur approvisionnement en machines, ainsi que le secteur de la recherche et du développement, étaient assurés par Commodore Intl Ltd.

Comme le dit un vieux proverbe moldo-slovaque que je viens d'inventer, tant qu'il y a du stock, il y a de l'espoir ! Cependant, si les divisions allemandes et anglaises sont pour le moment toujours en place, il faut impérativement que Commodore Intl Ltd trouve dans les plus brefs délais un repreneur susceptible de relancer, sans jeu de mot, la machine. Car la dernière et unique usine de Commodore, aux Philippines, ne produis plus rien depuis le mois de mars 1994, on se dirige tout droit vers la rupture de stock. Voilà donc la vraie question, celle dont la réponse conditionne totalement l'avenir ou le non-avenir de l'Amiga. Des repreneurs se déclareront-ils intéressés, auront-ils les reins suffisamment solide pour soutenir et promouvoir l'Amiga comme il le mérite ? Pour l'heure, il est impossible de répondre avec certitude à cette angoissante question, les rumeurs les plus folles aussitôt démenties (ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elles ne soient pas fondées) se succédant à vive allure sur tous les serveurs fréquentés par les utilisateurs d'Amiga.

On peut cependant imaginer divers cas de figures et évaluer les chances pour ce standard qui nous est cher (en tout cas, il me l'est, à moi personnellement, et je dis ce que je veux, non mais !) de survivre à la plus grande crise de son histoire.

Scénario 1 : la mort de l'Amiga

Je sais, dit comme ça, cela fait froid dans le dos, mais c'est une hypothèse qui n'est, hélas, pas à écarter. Le scénario le plus catastrophique est également le plus simple : Commodore dépose son bilan, mais ne trouve pas de repreneur désireux de poursuivre la gamme Amiga, les biens immobiliers sont morcelés et vendus par petits bouts, aux plus offrants. Il en va de même avec les brevets déposés par la firme américaine, la technologie est rachetée par diverses sociétés intéressées par des points spécifiques de l'Amiga. Il va sans dire que cela signerait sans recours aucun la mort de ce standard, tout juste retrouverait-on un jeu de puces (AAA, par exemple) dans telle station de travail, un clone du système d'exploitation multitâches sur tel autre standard, un coprocesseur ici ou là, bref, l'Amiga en tant qu'ordinateur n'existerait plus. On peut alors imaginer que les développements se poursuivraient sur une courte période chez certains éditeurs, le temps que le parc de machines (plus de 5 millions d'Amiga, tout de même !) ne se résorbe de lui-même, les utilisateurs finissant par délaisser leurs vieux micro-ordinateurs au profit de PC à la pointe de la technologie, puisque eux auront évolué. Bref, après une année de soubresauts, l'agonie de l'Amiga prendrait fin par l'abandon pur et simple de la gamme, au grand désarroi de quelques irréductibles restés fidèles à leurs bécanes.

Autre scénario digne des plus acharnées des Cassandre, Commodore se voit racheté par l'un de ses concurrents directs, qui fait ainsi d'une pierre deux coups. En effet, ledit acquéreur (Philips, Sony, Sega, Nintendo, 3DO, choisissez votre cible de prédilection) prend possession des connaissances accumulées par les ingénieurs américains, ce qui peut toujours servir, et en profite pour retirer définitivement du marché la CD32 qui menaçait de s'imposer durablement comme le standard CD le plus répandu. La route est ainsi ouverte pour la bécane "maison", ainsi débarrassée d'une dangereuse rivale. Cependant, il faut en être conscient avant de se livrer à la chasse aux sorcières, une telle action coûterait fort cher à son auteur, aussi bien sur un plan financier qu'en termes d'image de marque, et les bénéfices qui en découleraient ne seraient en aucun cas garantis.

CD32
La CD32 est actuellement la console la plus performante parmi les importations officielles
dans notre pays. C'est pourquoi, malgré une ludothèque bien en dessous de ce que l'on attendait, elle a pu
s'imposer comme la plate-forme CD n°1.


Scénario 2 : debouts, camarades !

Allez, cessez de vous rouler par terre, de vous cogner la tête contre le plancher, séchez vos larmes et venons-en à de beaucoup plus réjouissantes perspectives. La force de l'Amiga a toujours résidé dans le génie créatif des concepteurs de la bécane, bien-sûr, mais également dans sa capacité à susciter chez ses possesseurs une passion dévorante, confinant parfois presque au fanatisme.

Il suffit de lire votre courrier, de dialoguer sur 3615 Joystick pour s'en rendre compte. Dès que le sujet abordé est l'Amiga, les débats s'animent de manière spectaculaire. Le rapport avec le sujet qui nous (pré)occupe ? Eh bien, justement, cet engouement existe également de l'autre côté de la barrière, parmi certains des développeurs (logiciels ou matériels) spécialisés dans les bécanes de Commodore. Le choc de l'annonce de la chute de la maison Commodore a donc suscité les mêmes réactions d'angoisse et de colère que celles de tout utilisateur d'Amiga. Et si, comme le réclame bruyamment Jim Drew (voir paragraphe plus bas), tous ces développeurs s'alliaient afin de racheter la société et remettre en route le structures laissées à l'abandon, telles que l'usine principale Commodore aux Philipines, ou celles d'Allemagne et d'Écosse (fermées depuis longtemps pour des raisons de compétitivité) ? Seul problème, l'immensité de la dette laissée par Commodore (pour vous donner un ordre d'idée, sachez que sur la seule année 1992/1993, les déficits cumulés s'élèvent à 356 millions de dollars, une bagatelle) rend la reprise particulièrement indigeste.

Toutefois, il existe tout de même une alternative qui consisterait à acquérir uniquement la licence et les technologies permettant de fabriquer des Amiga, puis de repartir avec une autre raison sociale (par exemple, "Amiga"). Ainsi, il ne s'agirait plus de la même société, et l'ardoise s'en trouverait effacée d'un coup d'éponge magique ! C'est du reste un peu ce qu'a fait Commodore Allemagne (ex-Commodore Buromaschinen GMBH) en reprenant à son compte la distribution précédemment assurée par Commodore Benelux, France et Espagne sous le nom d'Amiga Computerexport GMBH. Aussi sympathique soit-elle, cette alternative semble, hélas, peu probable, car il paraît difficile de réunir en très peu de temps un si grand nombre de développeurs autour d'un projet commun.

Scénario 3 : des lendemains qui chantent

Autre cas de figure, nettement plus réalistes celui-là, Commodore déniche au terme de longues négociations un repreneur fiable pour relancer la gamme Amiga. Car tout de même, il s'agit là de l'un des plus grands noms de l'épopée de la micro-informatique, au même titre qu'Apple ou IBM. Certes, Commodore est en l'état actuel des choses un véritable gouffre financier, mais, contrairement à son frère ennemi Atari, il continue de jouir d'une bonne image de marque en Europe.

A condition d'avoir la volonté d'investir massivement dans un premier temps, une relance de l'Amiga semble tout à fait possible. Mais il faut pour cela une entreprise qui ait les reins solides, suffisamment puissante pour doper les ventes à grands renforts de promotion. Dès lors, il est inévitable que beaucoup de regards se portent vers l'est, car c'est bien en Extrême-Orient que se trouve la plupart des entreprises répondant au profil établi. Comme il est d'usage en pareil cas, de nombreuses rumeurs ont couru sur l'identité de l'éventuel repreneur, les pistes se multipliant au fil des jours. Reste tout de même à déterminer, si un rachat devait intervenir, les intentions des nouveaux propriétaires de Commodore. Car, encore une fois, il n'est pas à exclure que ces derniers ne lorgnent que sur la technologie de la firme américaine, sans pour autant émettre le souhait de promouvoir A600, A1200 et autres CD32.

Mais si tel n'était pas le cas, alors pourrait s'ouvrir pour l'Amiga une nouvelle ère de prospérité, comparable à celle qu'a connue le standard de 1988 à 1992, En effet, l'Amiga n'a jamais été mis en cause sur le plan qualitatif, son système d'exploitation en "vrai" multitâche, pourtant lancé en 1985, fait aujourd'hui encore figure d'exemple. C'est plus sur le plan de la gestion ou de la commercialisation que Commodore a multiplié les erreurs, entraînant le standard vers son déclin. Or, dans ces domaines, la réputation des Asiatiques n'est plus à faire, et il y a fort à parier que de tels faux pas ne se reproduiraient pas. L'Amiga se trouverait ainsi enfin en position de s'attaquer sérieusement au marché américain, grâce auquel il pourrait asseoir définitivement sa position. Voilà donc LE cas de figure idéal pour le constructeur, sur lequel tablent bon nombre d'optimistes, c'est tout le mal que nous lui souhaitons.

On nous cache tout, on nous dit rien !

En quelques jours à peine, le nom de nombreuses compagnies a été prononcé comme éventuels repreneurs. Difficile de se prononcer avec certitude, mais il est probable que figure parmi ces sociétés le nom tant recherché. A vous de faire votre choix.
  • Mike Levin, porte-parole des actionnaires de Commodore : "Je pense que Newtek (NDLR : les créateurs du Video Toaster) va tenter de s'emparer de la technologie. Comment pourraient-ils ne pas le faire ?" Newtek ?
  • Mike Levin : "J'espère que Philips n'essaiera pas d'enterrer tout cela, mais la possibilité demeure." Philips ?
  • Alex Amor, président de Creative Equipment International (une société de Miami qui a la charge de la plus grande partie de la distribution de Commodore aux États-Unis) : "CEI est très intéressé par l'acquisition de la licence de l'Amiga. Nous serions en mesure de démarrer la fabrication de nos premières unités à peine 60 jours après l'obtention d'une telle licence." CEI ?
  • Karola Bode, porte-parole de Commodore Allemagne : "Notre maison mère de Nassau espère, en dépit de la liquidation, pouvoir continuer l'oeuvre de Commodore, à une moindre échelle. Nous espérons également pouvoir garder les noms "Commodore" et "Amiga" avec l'aide d'un investisseur asiatique. Ici, en Allemagne, seules cinq personnes connaissent l'identité de cet investisseur : alors qui ? Sony (après Psygnosis, Commodore, cela ressemblerait assez à la stratégie "maison", qui consiste à contrôler autant de maillons de la chaîne qu'il est possible) ? Acer (qui avait déjà repris en son temps la partie compatibles PC de Commodore) ? Samsung (de nombreuses rumeurs prétendent qu'une délégation du constructeur coréen se seraient rendue aux États-Unis pour "visiter" les locaux de Commodore) ?
  • Enfin, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, la rumeur en course pour le titre d'aberration de l'année : Hewlett-Packard souhaiterait également se mettre sur les rangs afin de récupérer la technologie Amiga pour... ses imprimantes ! Bientôt une imprimante laser multitâche chez HP ?
Entrevue d'Alvin Stumpt, président de Commodore Allemagne

- L'intégralité de l'univers des utilisateurs d'Amiga est choquée par l'annonce de la fin de Commodore International. Pourriez-vous nous expliquer les raisons de cette brutale interruption d'activités ?

Les nouvelles qui nous sont parvenus n'apportaient pas beaucoup d'explications quant à la liquidation de Commodore États-Unis. Toutefois, je puis vous assurer que nous n'assistons pas en ce moment à la disparition définitive de Commodore. Bien sûr, ces dernières années ont été très difficiles pour nous, et nous sommes actuellement en proie à de grosses difficultés financières, mais c'est le cas de la plupart des manufacturiers de micro-ordinateurs aujourd'hui.

- Beaucoup de rumeurs nous sont parvenues concernant le rachat de Commodore par des investisseurs japonais. Sont-elles fondées, et cela signifie-t-il la fin de l'Amiga ?

En réalité, la situation est beaucoup plus complexe que ce que l'on pourrait croire à première vue. Voyez-vous, il n'existe pas une société du nom de "Commodore", mais bien 35 compagnies portant ce nom, situées dans différents pays. A la tête de ce groupe se trouve Commodore Holding, une société cotée en bourse et domiciliée aux Bahamas. Le problème, c'est que le capital de départ est maintenant épuisé, il va donc falloir trouver de nouveaux investisseurs pour reconstituer ce dernier, le cours de l'action Commodore étant durant ce laps de temps suspendu. C'est là une démarche très classique, par laquelle passent bon nombre d'entreprises désireuses de trouver de nouveaux fonds.

- Concrètement, Commodore va-t-il être vendu, oui ou non ?

Nous sommes actuellement en pleine négociation, ce qui m'impose un évident devoir de réserve : je ne peux donc vous répondre actuellement. En tout état de cause, la décision finale appartiendra à Irvin Gould (fondateur et actionnaire principal de Commodore).

- Le marché allemand est, avec la Grande-Bretagne, l'un des plus importants pour Commodore en Europe. Commodore France vient de fermer et il est probable que Commodore Belgique suive dans peu de temps le même chemin. Vous sentez-vous concerné par ces tristes nouvelles ?

Naturellement, chacun des présidents des filiales Commodore à travers le monde doit se sentir concerné même si, comme vous me le faites remarquer, les marchés allemands et anglais sont les plus importants en Europe, conséquemment moins exposés à ce type de déconvenue.

- Dans l'éventualité d'un rachat, ne pensez-vous pas que les prochains investisseurs risquent d'arrêter la diffusion de la CD32, qui pose beaucoup de problèmes à ses concurrentes ?

Non, cela n'arrivera assurément pas.

- Même si ces derniers se nomment Sega ou Nintendo ?

Nous avons été en contact avec Nintendo il y a un an, mais la période n'était pas propice à l'aboutissement des négociations. Pour ce qui est de Sega, nous n'avons jamais été approché par cette société.

- Ne pensez-vous pas que tout cela nous mène droit vers la fin des ordinateurs Amiga, une fois le rachat officialisé ?

Non, la seule chose qui importe pour la survie du standard est la persistance d'un support technique, peu importe si telle ou telle société l'assume. Le standard Amiga existera toujours. Tout le reste peu être révolutionné sans préjudice pour les possesseurs de ces machines.

Jim Drew, l'appel du 2 mai 1994

Jim Drew est à la tête d'Utilities Unlimited International Incorporated, célèbre société américaine spécialisée dans le développement d'émulateurs matériels. Parmi les prochains produits prévus chez UUI, on dénombre des cartes Emplant d'émulation 486DX, PowerPC et Mac à destination de l'A4000 et l'A1200 ! Les citations qui suivent sont extraites d'une conférence donnée par Jim Drew sur Compuserve, un serveur très fréquenté.

"Après m'être entretenu longtemps avec Mike Levin (NDLR : le porte-parole des actionnaires de Commodore Intl), nous sommes parvenus à plusieurs solutions pour éviter la perte irrémédiable du plus puissant des ordinateurs familiaux jamais construit (l'Amiga). Il m'a suggéré de prendre la tête d'une alliance de développeurs visant à acquérir les droits du matériel Amiga. Cette licence serait ensuite rendue au domaine public. J'aimerais que tous les développeurs intéressés par les applications Amiga, ainsi que ceux qui seraient prêts à soutenir cet effort, me contactent sur Compuserve ou GEnie."

"Grâce au succès d'Emplant, je n'aurais en principe plus jamais à travailler un seul jour de ma vie. Pourtant, je suis prêt à tout investir pour cette opération. Je crois en cette machine, cette plate-forme ainsi que ses utilisateurs. Mais j'ai besoin de votre aide. Faisons du bruit autour de l'Amiga, Commodore a réussi à en faire l'un des secrets les mieux gardés de la micro-informatique, il est temps maintenant de se montrer au grand jour ! Je vais entrer en contact avec tous les fabricants de périphériques pour tenter d'obtenir leur appui. Si nous arrivons à former une corporation publique et à obtenir la licence du matériel, je pense que nous pourrons le relancer."

"D'après les informations obtenues par mes avocats, les droits ont été saisis par un syndic pour être revendus. Si tout cela est vrai, il serait extrêmement intéressant d'en faire l'acquisition, car la technologie est en réalité le seul atout de Commodore, il ne resterait plus alors aux créanciers qu'une coquille vide."

"Contactez les plus importants développeurs sur Mac ou PC (Adobe, Aldus, etc.) et proposez-leur de faire des conversions de leurs meilleurs programmes à un prix abordable. Une fois que les gens se seront rendus compte que ces mêmes logiciels, bien programmés, tournent mieux sur Amiga que sur les autres plates-formes, ils y réfléchiront à deux fois avant d'acheter leur prochain Mac ou PC."

"Vous vous demandez peut-être quel est mon intérêt dans tout ceci. Rien. C'est juste l'expression de ma gratitude. Comme je l'ai déjà dit, je pourrais très bien m'en laver les mains, mais je ne le veux pas ! Il y a beaucoup d'argent à se faire pour tout le monde, et, plus important, un standard à sauver de l'extinction. Je connais beaucoup de développeurs qui sont devenus riches grâce à l'Amiga, certains voudraient bien l'oublier... Je trouve cela d'un égoïsme forcené. Je suis prêt à renvoyer l'ascenseur pour sauver ce qui m'a permis de devenir ce que je suis. Achetons la licence et rendons-la publique, afin que tout le monde y ait accès et puisse produire des Amiga "à la" (NDT : en français dans le texte) PC."

"Si vous êtes développeur, peu importe votre envergure, contactez mon bureau au numéro de télécopie suivant : 602 453 6407. Une importante liste de programmeurs prêts à soutenir l'Amiga pourrait suffire à le maintenir en vie ! Je me fiche de savoir qui fabrique des Amiga, tant que ces derniers sont fabriqués".

De la préhistoire â la conquête de l'espace

Si Commodore venait à disparaître, ce serait un pan entier de l'histoire de la micro-informatique qui partirait avec lui. Depuis les premiers balbutiements jusqu'à nos jours, la firme américaine a toujours tenu le haut du pavé. Pas convaincus ? Alors, lisez plutôt :
  • 1959 : Création d'une petite société spécialisée dans les machines à écrire portable dénommée Commodore Portable Typewriter.
  • 1969 : Eh oui, déjà, Commodore effectue son premier coup d'éclat en lançant la première calculatrice de poche, répondant au doux nom de C108.
  • 1977 : Après une longue période de mutations successives, Commodore délaisse les calculatrices pour s'orienter vers la micro-informatique. C'est la sortie du PET, l'un des tout premiers ordinateurs dits "personnels".
  • 1982 : Commodore crée l'événement en lançant le C64, qui allait rencontrer un succès inouï et devenir le micro-ordinateur le plus répandu au monde, avec plus de 14 millions d'unités vendues !
  • 1986 : Enfin arrive le chef d'oeuvre, l'aboutissement de la gamme Commodore avec la sortie de l'Amiga 1000 qui éblouit littéralement tout le monde par des performances jusqu'alors insoupçonnées. Il ne faudra pas moins de six ans à ses concurrents pour combler (et encore, c'est discutable) l'avance technologique prise par Commodore avec l'Amiga 1000.
  • 1991 : Aïe, première grosse boulette de Commodore avec la création du CDTV. Pourtant, cette machine est elle aussi en avance sur son temps, mais Commodore a sous-estimé l'importance du développement pour la survie d'une bécane et n'apporte pratiquement aucun soutien technique ou financier, aux éditeurs. Résultat des courses ; une machine très chère et sans logiciels, un bide commercial retentissant.
  • 1993 : Longtemps retardée, voilà enfin la sortie des A1200 et A4000, ordinateurs 32 bits aux capacités graphiques améliorées. Las, il est trop tard, Commodore s'est endormi sur ses lauriers sans réaliser le danger représenté par la formidable montée en puissance des PC. Jamais les nouveaux Amiga ne parviendront à déloger les compatibles de leur statut de "standard universel".
Commodore 64
Le Commodore 64 est, à ce jour, la bécane ayant remporté le succès le plus important.
La plupart des vétérans qui ont connu cette époque épique lui attribuent du reste
le titre de meilleur ordinateur 8 bits.


De belles réussites... et de belles gamelles !

Réussites
  • La gamme A4000/A1200 a permis à l'Amiga de retrouver un second souffle dont il avait bien besoin.
  • Avoir toujours su maintenir la politique de prix au ras des pâquerettes pour les modèles d'entrée (A600) et de milieu de gamme (A1200).
  • Avoir compris relativement vite que Commodore n'obtiendrait pas grand-chose de sa gamme PC et Compatibles.
  • Avoir su, à l'inverse des Japonais, imposer des prix raisonnables pour les jeux CD32.
  • Avoir pris tous ses concurrents (3DO, Jaguar) de vitesse avec la sortie de la CD32.
Gaffes
  • Le prix de vente de l'A4000 à son lancement (19 000 francs !).
  • Les pseudo-évolutions désastreuses des A500+ et autres A600.
  • Ne pas avoir su obtenir le soutien des développeurs pour le CDTV et l'A570 (lecteur de CD-ROM compatible CD-TV pour l'A500).
  • Avoir dans un premier temps annoncé que l'A1200 n'avait pas besoin de DSP, puis annoncer une future extension DSP à la sortie du Falcon, pour enfin abandonner discrètement le projet.
  • Continuer à proposer des ordinateurs en version de base sans disque dur à une époque ou cela n'est plus concevable.
  • N'avoir appuyé la sortie de l'A1200 d'aucune campagne de publicité, tandis que Commodore France versait dans le mécénat sportif des plus coûteux (Bruno Peyron, le PSG...).
  • Un lancement de la CD3Z aux États-Unis aussi tardif que discret.
Commodore France à Massy
Ordinateur pourtant très en avance sur son époque, le CDTV n'a cependant pas
pu s'imposer, en grande partie à cause d'un prix de vente trop élevé ainsi qu'une dramatique
absence de logiciels dédiés.


La fin de Commodore : ce qu'ils en pensent

Voir article détaillé ici.

Réactions sur 3615 Joystick

Sur 3615 Joystick, les connectés ont rapidement réagi à la nouvelle, en rubrique "commentaires" (mot-clé : *COM). Voici une sélection de leurs messages.

Bad News : Je vois mal un repreneur délaisser l'Amiga... C'est tout de même un énorme marché dans le domaine de la micro-informatique de loisirs (et même professionnel pour la vidéo :!).

Microquest : Je ne pense pas que, si quelqu'un rachète Commodore, ce soit pour garder l'Amiga. Ils utiliseront sa technologie, mais c'est tout.

EGS : Comment pouvez-vous penser que Commodore soit mort ? La CD32 est la machine CD numéro 1, d'après Joystick, et puis les éditeurs ne laissent pas tomber l'Amiga. Amigaphiles et Amigafans, ne perdez pas de vue qu'Amiga est la meilleure gamme du monde :!

Swab : Je ne pensais pas qu'une chose comme ça pourrait arriver, je dois vite revendre mon Amiga :!

Supermetz : Ben j'ai bien quelques petites économies depuis ma tendre enfance et je veux bien racheter Commodore mais c'est seulement pour rendre service :!

Grisburt : Je pense que peu de monde vendra son Amiga pour un PC ou autre :! Une chose est sûre, c'est que l'Amiga n'est pas mort, et n'est pas près de l'être... Moi je soutiens l'Amiga, qui est la machine ayant le meilleur rapport qualité/prix sur le marché actuel :!

Pato : Soyons objectifs, très peu d'éditeurs sortaient des jeux sur Amiga, ou en tout cas, peu étaient prévus (sauf Team 17 qui carbure).

JCK : Nous sommes des dizaines de milliers :! J'ai l'occasion de jouer sur 486DX, on sent vraiment l'inexploitation de la bécane...

The Terminator : La nouvelle du dépôt de bilan m'a fortement surpris : je ne m'y attendais pas le moins du monde. Mais Commodore a eu de très bonnes idées (avec le CD32), et seulement un manque d'argent pour ses nouvelles machines l'aura fait déposer son bilan.

Avenger : Je voudrais que Commodore survive, mais comme l'a dit Joystick, une époque de la micro-informatique est révolue, celle de la micro-informatique de loisirs. Celle de l'Atari ST, de l'Amiga, de Tilt :! Les trois ont plus ou moins disparu au profit des PC et du multimédia :! Avec l'arrivée du virtuel machin truc, je peux jurer qu'on ne s'éclatera plus jamais autant qu'avec un C64 ou un Amiga :! Le fric domine et l'Amiga n'en rapportait plus assez :!

Magnus Orator : La technologie Amiga n'est pas paumée pour autant, et le rachat semble probable :! Peut-être qu'avec l'éventuelle nouvelle gamme Amiga, les choses iront de mieux en mieux :!

Québec : Commodore était vraiment en léthargie : il n'a pas su faire évoluer le système de l'Amiga assez rapidement, idem pour les PC Commodore. Y'a pas eu assez de contraste entre les A500, A500+ et A600 (les deux derniers ont été un fiasco total), sans parler de l'A3000. Y'a eu un mieux dès la sortie des A4000 et A1200, ainsi que la CD32, mais c'était trop tard. Le gros reproche que j'ai à formuler envers feu-Commodore, c'est qu'ils n'ont jamais cru aux produits qu'ils représentaient.

Azury : C'est une véritable catastrophe pour le milieu informatique car Commodore fut un véritable précurseur.

Quel avenir pour l'Amiga

Nous avons imaginé pour vous un scénario volontairement catastrophe pour cette fin d'année. Voici ce que ça donne...

Juin

1 - Des utilisateurs d'Amiga créent le Comité Mondial des Utilisateurs d'Amiga (CMUA).
6 - Aberration 4 change de formule.
8 - Après Sony, Philips, Hewlett-Packard et Samsung, on soupçonne Apple de vouloir racheter la technologie "multitâche" de l'Amiga.
9 - Apple dément.
15 - Jérôme Bonnet boit onze cafés par jour.
20 - Le CMUA se transforme en CIUA (Comité International des Utilisateurs d'Amiga).
27 - Jack Tramiel déclare : "l'âme de Commodore, c'était moi".

Juillet

5 - La FNAC baisse le prix de la CD32 à 1490 francs.
6 - Aberration 4 change de maquette.
11 - Le bureau du CIUA vote la création du "Bulletin d'Information du CIUA" (BICIUA).
13 - Jérôme Bonnet passe à deux paquets de clopes par jour.
18 - Microsoft s'intéresserait à la technologie "souris à deux boutons qui servent tous".
19 - Microsoft dément.
24 - Un rassemblement démo est organisé sur le thème "Don't sell it - save it!".
28 - Des utilisateurs d'Amiga créent le Groupe d'Action Pro-Commodore (GAPC), ou Groupuscule Anti-PC.

Août

6 - Suite à des divergences quant au contenu du BICIUA, le CIUA se scinde en deux : la Fédération Européenne des Utilisateurs d'Amiga (PEUA) et le Rassemblement des Utilisateurs d'Amiga (RUA).
11 - Mickael Sportouch, d'Ocean, nous confie : "tant que ça se vendra, on fera des jeux Amiga".
12 - Mickael Sportouch rectifie : "Sur la vie d'ma mère, nous aimons l'Amiga".
20 - Jérôme Bonnet retire les filtres de ses clopes.
27 - Le GAPC revendique la création d'un nouveau virus sur PC.

Septembre

2 - Quelqu'un annonce que le magazine Amiga Concept va enfin publier quelque chose d'intéressant.
3 - Amiga Concept dément.
5 - Aberration 4 change de maquette et de formule.
8 - La CD32 est vendue pour 990 francs à la FNAC.
11 - Jérôme Bonnet en est à deux bouteilles de J&B par jour.
13 - Jack Tramiel déclare : "le Commodore 64, c'était moi".
16 - Nintendo veut acquérir la technologie CD de la CD32.
17 - Nintendo dément.
21 - Le RUA s'autodissout.

Octobre

2 - Des rumeurs courent sur la disparition d'Amiga Concept. Le Directeur de la Publication nie : "tant que j'aurrai ma foto en premiaire page, je continuerait, quite à me ruiné !".
5 - Aberration 4 change de formule : "nous voulons faire un magazine pour les jeunes, on va parler comme si nous étions comme eux, ça va être délire, yo, yo, yo". Les jeunes portent plainte.
11 - On trouve du Temesta dans les poches de jérôme Bonnet.
18 - La FEUA se transforme en Conseil Représentatif des Utilisateurs d'Amiga en France (CRUAF).
21 - Ocean arrête le développement des jeux pour Amiga et CD32.
26 - Le CAPC brûle un PC en direct sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, Jérôme Bonaldi proteste : "non, non, pas mon 286, pas mon prototype, je devais le rendre, c'est tout nouveau, vous êtes cons, j'avais que celui-là à montrer !".

Novembre

1 - Jérôme Bonnet est interpelé au cours d'une manifestation pour la légalisation des drogues dures.
6 - Aberration 4 titre en couverture : "Dernière minute ! Commodore France, c'est fini ! L'Amiga en danger ? Yo !".
11 - François Mitterrand dépose une gerbe sur la tombe du Soldat Inconnu. Amnistie pour Jérôme Bonnet.
14 - La FNAC baisse le prix de la CD32 à 490 francs.
21 - De la dissolution du CRUAF naît le Groupement Solidaire des Utilisateurs d'Amiga Français (GSUAF).
26 - "L'IBM PC et le Macintosh, c'était moi", affirme Jack Tramiel.
29 - Le GAPC incendie le local du GSUAF.

Décembre

3 - A la FNAC, une console CD32 est offerte à tout acheteur de PC.
4 - Amiga Concept a eu une nouvelle idée révolutionnaire : publier la photo d'une nana déguisée en Père Noël. "personne n'y avais jamais penser !", se réjouit le Directeur de la Publication.
6 - Aberration 4, le magazine des jeunes, publie des dossiers sur le smurf, sur le groupe Partenaire Particulier, donne en avant-première les paroles du prochain giga-succès de Jeanne Mas, et sort en exclusivité une entrevue hilarante de Roland Magdane.
8 - Jack Tramiel affirme : "La Jaguar ? Non, non, ça n'est pas de moi, je ne sais pas ce que c'est... Une machine d'Atari, dites-vous ? Vous êtes sûr ? On a sorti ça, nous ? En quelle année ?".
17 - Le GAPC fait sauter le Supergames Show : 258 morts et 741 blessés.
21 - Jérôme Bonnet s'enferme dans son bureau et tire sur les passants dans la rue. Le RAID parvient à maîtriser le forcené. Cyrille Baron en profite pour lui piquer son cendrier.
30 - Le GSUAF décide de se transformer en UUALLS (Union des Utilisateurs d'Amiga de Lons Le Saulnier).


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