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A propos d'Obligement
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David Brunet
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Test de Batman Returns
(Article écrit par un auteur inconnu et extrait de CU Amiga - février 1994)
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Le justicier masqué revient affronter ses pires ennemis : le Programmeur Incompétent, le Développeur Triste
et toute leur clique. Malheureusement, cette fois, le scénario a été réécrit et même le Chevalier Noir ne
pourra pas le sauver.
Très librement inspiré du deuxième film Batman, l'alter ego super-héroïque de Bruce Wayne est de nouveau
prêt à protéger Gotham City. Cette fois, c'est l'armée de clowns tueurs du Pingouin qui menace de prendre
le contrôle. On ne comprend cependant pas pourquoi ils choisiraient un véritable cloaque plutôt qu'une
île hawaïenne, par exemple. Le seul obstacle sur leur chemin ? Batman.
Ce jeu d'action, développé par Denton Design et publié par Gametek/Konami, fait fi de l'intrigue et de
l'action du film, offrant bien peu de contenu. Le résultat est un jeu de combat d'une créativité aussi
fade qu'un hareng rassis, et d'une puanteur à l'avenant. Batman affronte des clowns tueurs et des motards
fous dans divers lieux, un peu sombres mais sans aucune incidence sur la mécanique de jeu. On trouve
parfois une plate-forme sur laquelle sauter, mais cela ne sert à rien, car les méchants vous poursuivent
et vous font tomber.
Les mouvements de Batman sont aussi laborieux que ceux d'un retraité arthritique par temps froid.
On imagine que Bruce Wayne était occupé et qu'Alfred a dû prendre le relais. Les techniques de
combat sont tout simplement catastrophiques ; à côté, l'aïkido vénusien de Jon Perwee dans Doctor Who
passerait pour une prouesse digne de Bruce Lee. Il ne dispose que d'un seul coup de poing et de trois
types de coups de pied, alors qu'un seul, le coup de pied sauté, suffit à vaincre la plupart des ennemis.
Pour se défendre, il peut se sortir d'une situation délicate en roulant si vous tirez la manette
vers le bas et dans une direction, mais la plupart du temps, il glisse simplement sur le sol en
ressemblant à un patineur artistique souffrant du dos.
Conscient de ses faiblesses au combat, Batman s'est équipé de gadgets ingénieux qui lui facilitent
grandement la lutte contre le crime. Parmi eux, un batarang redoutable qui ne revient pas à Batman
après avoir été lancé, le batdisque qui permet de désarçonner les motards et un batatrape qui
attire les ennemis à portée de poing. Chaque gadget a un nombre d'utilisations limité et, une fois
épuisé, il faut patienter quelques minutes avant que des remplaçants n'apparaissent.
L'action, au sens large du terme, frise le ridicule. Lorsqu'un personnage saute, il vole à travers
l'écran comme s'il était suspendu par des câbles. Après avoir vaincu deux vagues d'ennemis, l'écran
défile et le cycle recommence. Seuls les chefs, comme Catwoman, offrent une certaine variation :
ils sont tellement coriaces qu'il vaut mieux abandonner l'idée de progresser et éteindre l'ordinateur.
L'introduction est assez bonne et les graphismes sont bien réalisés. Mais à l'ère des puces AGA et des
sprites 256 couleurs, les graphismes de Batman Returns proposent de petits sprites assez laids.
La détection des collisions
est pour le moins aléatoire : parfois, on peut écraser un ennemi sans le toucher, d'autres fois, on
le traverse sans même s'en rendre compte. Le même problème se pose pour les ennemis : on se demande
souvent ce qui s'est passé lorsqu'on est éjecté d'une plate-forme sans avoir l'air d'avoir touché
quoi que ce soit.
Mais ce n'est pas tout. Il faut s'attendre à patienter au moins une minute entre chaque partie,
le temps que votre Amiga recharge le niveau où vous venez de mourir. La difficulté est également
exaspérante. Combattre sans encaisser plusieurs coups est quasiment impossible, et la mort est
monnaie courante : il arrive même que le jeu vous retire deux vies d'un coup. C'est extrêmement
frustrant et c'est sans conteste le coup de grâce porté à ce jeu.
Le jeu se déroule sur cinq niveaux, culminant en un combat contre le Pingouin en personne. Son approche
évolue légèrement vers la fin, devenant plus orientée plate-forme et, par conséquent, plus difficile.
Ce qui me désole particulièrement, c'est que le jeu soit conçu par Denton Designs, studio à qui l'on
doit des classiques 8 bits comme Shadowfire et Enigma Force. J'avoue m'attendre à une adaptation du
jeu d'action-aventure PC auquel j'ai joué l'an dernier. Il n'était pas exceptionnel, mais au moins il
était joli et avait un lien avec le film.
Batman Returns manque de moments excitants et d'atmosphère et il semble que l'argent ait été dépensé
pour acquérir la licence officielle plutôt que pour le jeu lui-même.
Quel que soit l'angle sous lequel on l'aborde, ce jeu n'aurait jamais dû voir le jour. A part la belle musique,
bien adaptée, C'est un véritable fiasco, un navet complet, avec tous les ingrédients d'un navet raté. J'aurais
plus de facilité à sortir un bus à impériale de mon derrière qu'à recommander ce jeu. Ne perdez pas votre temps.
Nom : Batman Returns.
Développeurs : Denton Design.
Éditeurs : Gametek, Konami.
Genre : jeu de combat.
Date : 1993.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 1 Mo de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : 14,99 £ (environ 150 FF).
NOTE : 3/10.
Les points forts :
- Belle musique bien adaptée.
- Petit prix.
Les points faibles :
- Combats insipides, action répétitive.
- Les mouvements de Batman sont laborieux.
- Petits sprites.
- Un seul coup de pied sauté suffit à vaincre la plupart des ennemis.
- Très difficile, surtout les combats avec les chefs.
- Détection des collisions aléatoire.
- Il faut patienter au moins une minute entre chaque partie.
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