Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 24 octobre 2017 - 11:25  

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Test d'Artiodactyl Block Editor 3.051.e
(Article écrit par Pierre Ardichvili et extrait d'Amiga News - décembre 1993)


Mon disque dur n'est plus valide ? J'ai essayé divers programmes sans succès, que faire ? Comment puis-je modifier les textes d'un programme ? Comment avoir des vies infinies sur un jeu ? Comment réaliser une protection efficace de mes logiciels et des images qu'ils contiennent ? Comment créer un fichier vraiment invisible ? L'écriture et la gestion des fichiers sur disque, disquette, comment ça marche ? Peut-on faire des modifications sur une disquette non-AmigaDOS ? A toutes ces questions, Artiodactyl Block Editor, et son auteur, Pierre-Philippe Launay, peuvent vous apporter des réponses.

Disons-le d'emblée, ABE est un programme qui récolte déjà un franc succès, à telle enseigne que la moitié des ventes résulte d'un parrainage, autrement dit de la recommandation par un autre utilisateur, suivie d'achat. Nous avons eu envie de voir ce produit d'un peu plus près. Comme ABE s'adresse tant à des débutants en matière d'organisation des fichiers de l'AmigaDOS, qu'à des programmeurs confirmés, nous nous sommes partagés la tâche. Dans cette première partie, je présenterai le résultat de mes essais en ce qui concerne l'utilisation d'ABE comme didacticiel et réparateur de disques.

Présentation

ABE a été conçu en vue de trois usages principaux : l'apprentissage du système d'enregistrement des fichiers de l'AmigaDOS, la réparation des erreurs survenant sur les mémoires de masse (disques durs, disquettes) et enfin un certain nombre d'opérations de modifications sur les blocs, telles qu'on peut les réaliser avec un éditeur binaire, cela va de la francisation des messages d'un programme à la création de protections des logiciels, mais aussi à la neutralisation de ces protections.

Entendons-nous bien sur ce dernier point. Il ne faut pas punir l'épée mais la main qui s'en sert. La documentation d'ABE comporte un chapitre sur les considérations juridiques relatives à la modification des programmes et le logiciel est bien protégé en ce sens que toute copie pirate laisse des traces difficilement effaçables, permettant de remonter à l'origine de la fuite. Nous n'y reviendrons pas.

ABE nous vient sous la forme de six disquettes : Programme, Tuteur, Sources, Test, et deux recueils de DP. S'y ajoute un manuel de bonne qualité.

Artiodactyl Block Editor 3.051.e

Prise en main

L'installation ne pose aucun problème. Malgré la mise en garde de la documentation, faisons comme tout le monde, jetons-nous allègrement sur l'icône, cliquons deux fois (l'auteur dit cliqueter, c'est plus joli). Le programme teste un tas de choses, en particulier la présence de virus en mémoire. Ne vous affolez pas, au fur et à mesure des additions de cartes et d'utilitaires divers à votre machine, vous vous trouverez de plus en plus fréquemment devant des détournements de vecteurs dont ABE vous avertit consciencieusement, comme tout détecteur de virus qui se respecte.

Une boîte de demande apparaît, vous choisissez df0:, on vous signale que la disquette "Programme" est toujours là et qu'elle est protégée en écriture. N'y changez rien, cliqu(et)ez sur "Merci" car vous êtes poli ; l'écran d'ABE ouvre dans une multitude de couleurs.

Si vous êtes un familier de l'organisation des fichiers d'AmigaDOS, vous constaterez immédiatement la quantité d'information fournie, ce qui ne vous empêchera pas d'apprécier le confort offert par le codage en couleurs des mots longs selon leur signification, tout comme la fourniture en clair et en temps réel de l'information relative au mot long sur lequel vous amenez le pointeur. D'aucuns diront que dans le fond ABE n'apporte pas plus d'information que le bon vieux DiskX par exemple. C'est partiellement vrai : l'information contenue dans un bloc racine par exemple, n'est pas infinie et un programme comme le bon vieux DiskX en donne la totalité. Mais que diantre, un peu de convivialité et une présentation synoptique de l'information sont tout de même un gros progrès et un facteur d'efficacité !

Pour prendre un exemple de situation comparable, j'ai toujours trouvé plus agréable d'utiliser un éditeur comme AZ qui marche à la souris et aux menus, que l'ineffable MicroEmacs ou DME dans ses premières versions où il fallait mémoriser un grand nombre de commandes au clavier.

Le manuel

L'impression est excellente, la reliure spirale est commode, les 120 pages sont bourrées d'informations. Pour celui qui veut s'attaquer à l'AmigaDOS, ce manuel est un vrai trésor. En particulier on y trouvera tout ce que l'on doit savoir sur la gestion des fichiers par l'AmigaDOS. On peut discuter de l'ordre dans lequel ces informations sont données, pour ma part je n'aurais pas commencé par un sujet relativement difficile comme les hunks. Je conseillerais plutôt l'ordre de lecture suivant : la gestion des volumes, l'AmigaDOS, les types de blocs, les formats OFS et FFS, le système des hash, les sommes de contrôle, les principes des fichiers AmigaDOS, les hunks.

Allons-y !

Le premier exercice est simple : dans le bloc racine d'une disquette, il s'agit de remettre à la bonne place l'adresse d'un bloc, adresse qui, suite à un malheur inconnu, se trouve ailleurs, signalée en rouge, avec en prime l'indication de l'endroit où elle devrait se trouver. C'est simple et démonstratif. L'écran d'ABE donne, comme nous l'avons dit, une profusion d'informations. Évitons une longue description, reportez-vous à la figure 1 pour en comprendre l'organisation générale.

Artiodactyl Block Editor 3.051.e
Figure 1

Incidemment, cette figure 1 est l'une des onze images IFF qui, selon le contexte, s'affichent lorsque l'on appuie sur la touche "Help" du clavier. Si l'on souhaite une information en mode texte, il suffit de presser "Ctrl-Help" pour basculer d'un mode à l'autre. Pour bénéficier de ce type d'aide, il faut avoir dans le tiroir "Utilities" du système l'utilitaire "Multiview" du Workbench 3.0. Si vous ne travaillez pas sous Workbench 3.x, tant pis pour le moment.

Au moment où vous lirez ces lignes, la version disponible comportera un menu permettant d'utiliser l'afficheur d'images et de textes de votre choix. Cette conception d'une aide à la fois graphique et textuelle est tout à fait innovante, c'est une des choses qui contribuent à la convivialité d'ABE. A ce jour, je ne connais que Pierre-Philippe Launay avec ABE et Charles Vassallo avec LirePic qui aient pris la peine de présenter des fonctions d'aide ou de documentation s'appuyant à la fois sur le texte et l'image.

Le didacticiel

Après avoir lu une première fois les chapitres du manuel conseillés ci-dessus, il devient très facile d'examiner le contenu d'une disquette, en commençant par le bloc racine sur lequel ABE se positionne d'emblée.

Artiodactyl Block Editor 3.051.e
Figure 2A

Artiodactyl Block Editor 3.051.e
Figure 2B

Les cases du grand rectangle central correspondent aux mots longs qui composent le bloc. La signification de leur contenu est donnée en clair, soit par un texte, soit par des symboles assez intuitifs, soit par leur couleur. Ce codage des couleurs est un élément essentiel de l'interface utilisateur d'ABE. Un complément d'information est donné en temps réel dans une petite fenêtre en haut à gauche. Lorsque l'on se positionne sur un mot long qui pointe sur un bloc racine de répertoire ou sur un bloc d'en-tête (Header) de fichier, la couleur de soulignement indique s'il s'agit d'un fichier ou d'un répertoire.

La ligne située juste au-dessous du rectangle central donne le nom du fichier. J'ai personnellement regretté que lorsque l'on quitte ce mot long et que l'on se déplace sur un mot long sans signification, les indications relatives au dernier mot long examiné restent en place au lieu d'être effacées. L'historique du programme montre toutefois que c'était là le fonctionnement prévu à l'origine, qui a été modifié suite à des demandes d'utilisateurs. Vox populi...

Il suffit de cliqueter dans un mot long portant l'adresse d'on bloc pour s'y transporter. Moyennant quoi, vu l'abondance et la forme des indications données, on dispose de tout ce qu'il faut pour progresser très vite dans la compréhension de l'enchaînement d'une structure de fichiers AmigaDOS.

Également didactique est le bélinogramme. Joli nom pour une chose qui n'est pas nouvelle en son principe. Des programmes classiques comme DiskCraft ou DisqVue donnaient déjà une vue synoptique des blocs d'une disquette, avec un codage en couleurs indiquant soit leur utilisation, soit leur fonction, soit leur état.

Dans le cas d'ABE, ce concept a été poussé plus loin (figure 3). Pour bien comprendre la nature et l'utilité du bélinogramme, rappelons-nous que toute disquette comporte un bloc dit BitMap (carte de bits), dont les bits des mots qui la composent sont à 1 ou à 0 selon que le bloc correspondant de la disquette est libre ou occupé. C'est donc une carte de l'occupation de la disquette, c'est elle qui permet au système de trouver les emplacements libres pour l'écriture. Les différents types de bélinogramme d'ABE sont des modes d'exploitation de cette information à différents niveaux.

Artiodactyl Block Editor 3.051.e
Figure 3

Le plus simple est le bélinogramme dit "Olympique", qui pour chaque bloc, indique s'il est occupé et si c'est un bloc de la structure de la disquette (bloc racine, différents blocs d'en-tête, bloc libre). En pointant sur une case, le numéro du bloc est affiché, en cliquant dessus, le contenu apparaît. C'est là que l'on peut constater qu'un bloc libre n'est pas nécessairement vide. L'effacement d'un fichier ou un formatage rapide (option Quick), se contente de faire disparaître des pointeurs.

Le bélinogramme intermédiaire donne les fonctions des blocs par le codage des couleurs, et indique les blocs litigieux. Le bélinogramme complet est l'outil de réparation d'ABE, nous l'examinerons plus loin.

Enfin, il y a un bélinogramme dit en mode bloc, qui permet de travailler sur le bloc BitMap ; il y a dans ce bloc des mots longs disponibles, on peut se servir de cette place où le système n'ira jamais écrire, pour y installer une protection par exemple. Un article de menu dénommé "SuperList" fait apparaître la liste des fichiers et répertoires sous le format d'une requête, avec le numéro de leurs blocs d'en-tête, ce qui est commode pour aller se positionner directement sur un fichier dont on connaît le nom.

Une autre fonction, appelée "Supergate", vous donne accès au RDB, c'est le bloc du disque dur sur lequel sont enregistrées les données relatives aux partitions, aux priorités de démarrage et au type de formatage. Comme une modification inconsidérée des données de ce bloc risque de vous causer des ennuis sérieux si vous ne savez pas comment remettre un tel bloc en état, ABE vous demande gentiment avant de l'afficher si vous êtes expert. A vous de juger car il n'a évidemment aucun moyen de vérifier la validité de votre réponse. Mais on ne vous prive pas de la liberté d'aller voir comment c'est fait. J'ai plaisir à dire que ce travail d'examen d'ABE au niveau didactique m'a vraiment clarifié les idées sur certains aspects de la gestion des fichiers de l'AmigaDOS, qui étaient restés quelque peu flous dans mon cerveau peu rapide.

Le réparateur

Comme nous l'avons vu plus haut, ABE permet des réparations "à la main", dans le cas d'erreurs peu nombreuses. Dès qu'une disquette a été sérieusement bousillée, il vaut mieux avoir recours aux services d'un programme de réparation. Seulement voilà, je suis bien de l'avis de l'auteur d'ABE, bien des programmes de ce type n'effectuent que des réparations partielles, quand ils ne détériorent pas franchement la situation.

Pour vérifier ceci, j'ai commencé par prendre une copie de la première des deux disquettes de test que j'avais reçues. Pour la première, en faisant un "Dir" sous Shell, on obtient un message d'erreur de somme de contrôle sur les blocs 914 et 1650, ensuite, classiquement, le reste de la disquette se laisse lire. ABE nous révèle immédiatement que le premier bloc litigieux, dont le pointeur est mal placé, est l'en-tête du répertoire "Devs", que ce répertoire contient deux fichiers, dont les pointeurs sont également mal placés, mais qui sont eux-mêmes en parfait état.

Par ailleurs, il y a aussi au bloc 1650 l'en-tête d'un fichier qui s'appelle "Fichier.foutu" et qui porte bien son nom. En particulier, plusieurs blocs comportent des mots longs réservés, sur lesquels ont été écrites des informations quelconques. Ayant essayé de réparer à la main, sans succès (normal, dit la doc, lorsque les dommages sont trop complexes la réparation à la main est parfois impossible), je confie la suite des opérations à ABE en lançant le bélinogramme complet, avec les options "Sauver", afin que les corrections s'effectuent, et "Attente", pour que le programme sollicite mon autorisation avant d'effectuer les corrections. Ceci possède l'avantage didactique de donner le temps de bien voir les corrections effectuées. Cela dure à peu près 10 minutes, à l'issue desquelles la disquette a été réparée complètement, on peut lire avec un programme ad hoc tout aussi bien les fichiers du répertoire "Devs" que le fameux fichier foutu.

La deuxième disquette de test n'offrait pas beaucoup de chances pour une réparation à la main : bloc d'amorce endommagé (d'où disquette non-DOS) et bloc racine particulièrement ravagé, au point de ne pas être reconnu comme tel. L'examen des blocs montrait quelques jolis entrecroisements dans les enchaînements de blocs ainsi que des incompatibilités au niveau des longueurs des fichiers. Une passe du bélinogramme l'a remise en état.

Bien, il ne me reste qu'à faire quelques autres copies de la disquette "Test" et à essayer de réparer avec d'autres programmes. J'ai pris ceux qui dans le passé m'avaient donné les moins mauvais résultats (voire annexe sur DiskSalv 1.42, FixDisk 1.2 et Quarterback Tools 1.5F).

Et les disques durs ?

ABE a fait bon ménage avec ma carte accélératrice Combo et son contrôleur SCSI. La différence principale vient évidemment de la taille des disques durs ou des partitions. Une partition de 20 Mo fait environ 40 000 blocs. Il sera donc exclu de représenter le bélinogramme en une fois, il serait illisible. Il se présente par conséquent par "pages" de 1760 blocs, que l'on peut parcourir sans problème grâce à un gadget ad hoc. A noter une erreur d'affichage : sur le nombre des blocs libres et des blocs occupés ; elle est en cours de correction.

A part cela l'utilisation est la même que pour les disquettes. Les disques durs étant désormais généralement formatés en FFS, on remarque évidemment la disparition des informations d'enchaînement dans les blocs de données. Cette perte d'information a été acceptée en vue d'augmenter la capacité des disques, étant donné leur fiabilité actuelle. Néanmoins, il est certain qu'elle rendra certaines opérations de réparation plus laborieuses, et les programmes de réparation n'y sont pour rien.

L'exécution d'un bélinogramme complet sur une partition de 20 Mo n'est pas beaucoup plus longue que sur une disquette, les temps d'accès plus rapides compensant le volume du traitement.

On a dit pis que pendre des défragmenteurs. Il est vrai que Quarterback Tools vous conseille honnêtement de faire une sauvegarde avant de défragmenter. ABE étant l'outil idéal pour vérifier l'intégrité des structures d'une partition, j'en ai défragmenté une à l'aide de Quarterback Tools et tout s'est bien passé. J'ai vainement cherché dans mes archives un autre défragmenteur, pas de chance, je les ai tous virés. Personnellement, je préfère à l'utilisation d'un défragmenteur la méthode consistant à faire une sauvegarde suivie d'une restauration.

Encore une fois, ABE vous permettra de vérifier d'un coup d'oeil la qualité du travail de votre défragmenteur (ainsi d'ailleurs que celui de votre utilitaire de sauvegarde ou de votre copieur de disquettes préféré).

Méli-mélo

Les menus d'ABE comportent une quarantaine d'articles principaux, et à peu près autant de sous-articles, sans compter les trois menus personnalisables qui permettent de lancer depuis ABE tout ce que l'on veut. Pas question par conséquent de tout décrire. Je citerai :
  • La palette, bienvenue car le choix des couleurs initiales n'assure pas une lisibilité parfaite de tous les champs sur tous les types de moniteurs.
  • Le mode écran, qui permet, dans le cas d'un Workbench entrelacé (si vous avez un ECS ou un désentrelaceur et un moniteur de bonne résolution), d'afficher ABE sur la moitié inférieure de l'écran. Très pratique.
  • Un autre menu vous offre diverses possibilités de cacher des informations à votre choix, de manière à éviter qu'une trop grande abondance de chiffres ne vous prenne la tête.
Enfin, je dois signaler avoir observé occasionnellement des comportements erratiques comme l'affichage de tous les mots longs du bloc racine, précédés de deux points d'interrogation. Au pire, ce genre d'ennui peu reproductible et dont la source est peut-être quelque part dans la configuration de ma machine, a demandé de sortir d'ABE puis de le relancer. J'ai contacté l'auteur, auquel la plupart des petits ennuis que j'ai pu éprouver avaient déjà été signalés, il était occupé à leur correction.

Ce sont en général ceux qui font ou vendent les meilleurs produits qui ont également à coeur d'apporter le meilleur service après-vente.

Informations complémentaires (par Kamel Biskri)

Pour commencer, je ferai un peu de philosophie sur le sujet. Il faut savoir qu'un réparateur quel qu'il soit n'a rien de magique. Donc ne vous attendez à des miracles. Sur Amiga, il existe deux types de formats officiels, c'est l'OFS et le FFS (pour Old et Fast File System). Ces formats ont une structure bien déterminée : l'agencement interne des fichiers, la structure les différents blocs... nous enseignent comment sont stockées les données (programmes et données compris) sur disquette et sur disque Jur (Cf. le livre du lecteur de disquette, les docs commodore, la doc d'ABE...).

Une maîtrise de ces formats permet à une personne de pouvoir par différents algorithmes de réparer d'éventuelles erreurs. Mais si cela est rapide quand on rencontre peu d'erreurs, la tâche est plus ardue lorsque celles-ci se mettent à profuser. C'est là qu'entre en piste un réparateur comme ABE.

J'ai trouvé dommage qu'il n'y ait pas des numéros des pages dans l'index : il est difficile d'aller tout droit à l'info recherchée. Et j'ai été très étonné que le programme ne prive pas l'accès à l'unité en cours de réparation (pas de "Lock" comme le conseille pourtant la doc). La doc ne parle pas non plus du "Directory Cache" (cache de répertoire), apparu avec le système 3.0. Qu'advient-il si le cache contient une erreur ?

J'ai testé à deux reprises le module de réparation. Une première fois (partition de 50 Mo sur un A1200 d'un ami) pour remédier à une erreur de vérification. Lancement de la fonction Bélinogramme complet. Après 2H30 de travail par ABE, l'erreur était réparée... mais une vingtaine d'autres naissaient à sa place et, en quittant le logiciel, il y a eu plantage (Guru). Pour le deuxième essai, j'ai créé une erreur de vérification en bousillant avec ABE une somme de contrôle sur une partition de 10 Mo du disque dur 80 Mo d'un A600 de la rédaction. Après 1H30 la réparation a été réalisée sans surprise désagréable. Tout ceci pour vous dire que compte tenu des temps de réparation, je vous conseille fortement de faire une sauvegarde du disque dur (une copie pour la disquette) : vous aurez au moins cette sécurité. Ne lancez qu'après la réparation...

Utilité d'ABE pour un bidouilleur ou un programmeur ? L'intérêt pour le bidouilleur est par exemple la traduction d'un logiciel n'utilisant pas la locale.library (attention à ne pas dépasser le nombre d'octects du mot traduit ("Laden" = "Charge" est trop long, "Lire " avec un espace convient). Autre exemple (plus pointu) : admettons qu'un programme ouvre sa fenêtre dans un endroit qui ne vous plaît pas... que faire ? Un "Jsr OpenWindow" correspond à une suite d'octets (voir avec Monam la valeur en hexa) "4EAEFF34", le registre A0 pointe sur une structure NewWindow (Cf. include Intuition.i ou .h). Regarder la suite d'octets pointés par A0, la noter sur papier, faire ensuite une recherche sur le fichier avec ABE et modifier les coordonnées (X en Word et Y en Word) se situant à l'offset 0 (pointé par A0). Avant de vous lancer testez HelloWorld (dans Devpac). Une fois les occurences notées les rechercher avec l'option recherche d'ABE puis remplacer "0014 0014" par "00000000".

Ainsi, la fenêtre s'ouvrira à ces nouvelles coordonnées. Il en est de même pour les vies infinies, recherche du nombre de vies... Là, je vous conseille une cartouche, l'Action Replay MKIII, qui est pour cela bien meilleure.

Pour finir, j'ai aimé l'utilité didactique d'ABE. Ce logiciel est plus "parlant" que d'autres, et il convient dès lors aux débutants. Au sujet de la réparation, je citerai le vieil adage : "Mieux vaut prévenir que guérir". Alors faîtes des sauvegardes régulières sur des disquettes valables et en mode vérifié. Quand vous travaillez sur des données importantes, évitez de bidouiller avec des logiciels en multitâche. Le plus souvent les erreurs sur une disquette ou un disque dur arrivent lorsque vous sauvez et qu'il advient un Guru, ou après une réinitialisation trop rapide. Vous voilà informé, alors méfiez-vous à l'avenir. Un réparateur ne doit voir le jour qu'à la dernière extrémité !

Note : Pierre-Philippe Launay nous informe que la dernière version de son logiciel envoyé au journal était une version bêta bridée qui écrivait au-delà des espaces réservés et que cela explique le plantage à la fin du Bélinogramme. D'après l'auteur, les temps actuels de réparation sont de 3 à 8 minutes sur une disquette (selon la quantité des fichiers présents), 13 minutes pour une partition de 8,4 Mo sur Amiga 1200, 1h13 pour 230 Mo sur A4030 et 2h8 pour 1,2 Go. Le temps de réparation dépendra beaucoup des performances du matériel, du nombre de fichiers, du nombre et du type des erreurs, et de la fragmentation du support des données.

Conclusion

En ce qui me concerne, le souvenir de mes débuts sur l'Amiga m'engage à conseiller vivement ABE à ceux qui souhaitent aborder la gestion des fichiers d'AmigaDOS. C'est également sans aucun doute le meilleur réparateur de disques disponible à l'heure actuelle et il vous permet de vérifier la qualité des réparations. Ses défauts sont minimes, l'auteur est à l'écoute de ses clients pour améliorer constamment son produit. Si vous êtes professionnel, l'intégrité de vos fichiers mérite des outils professionnels d'une fiabilité complète. C'est un achat que vous ne regretterez pas.

Annexe : réparation d'une disquette avec DiskSalv 1.42, FixDisk 1.2 et Quarterback Tools 1.5F

Quarterback Tools 1.5 F

Sur la première disquette : détecte les erreurs, annonce qu'il les corrige. Résultat : restauration correcte du répertoire "Devs" et de ses fichiers, mais pas du fichier foutu. Succès partiel. Par ailleurs, QBT considère comme invalides les dates de tous les fichiers et propose leur correction. D'une certaine manière, il a raison, tous les fichiers de la disquette "Test" portent la date du 10 octobre 60. Or l'AmigaDOS. du moins dans la version 2.0 que j'utilise, ne reconnaît pas de dates antérieures à 1978, ni postérieures à 2002. C'est d'ailleurs pourquoi la commande "List" d'AmigaDOS affiche "Future" pour toutes ces dates.

Sur la deuxième disquette, les croisements dans le chaînage amènent QBT à restaurer des versions d'un fichier qui n'existent pas en réalité, et toujours pas de "Fichier.foutu".

En résumé

ABE est le plus performant des quatre logiciels soumis au test ci-dessus ; il fait toujours un travail propre ; dans tous les cas il présente l'avantage énorme de permettre l'examen et donc la vérification de la qualité du travail fourni, et de faire éventuellement des corrections additionnelles à la main.

DiskSalv 1.42

Première disquette. Je lui demande de copier les fichiers sauvés vers RAM:T. Tout le monde est là, tous les fichiers sont accessibles.

Deuxième disquette : exactement les mêmes problèmes qu'avec Quarterback Tools. Surprise, la version 2.0 de DiskSalv, que je me suis procurée entre-temps, donne de moins bons résultats que la première, en ce sens qu'elle ne retrouve pas le fichier foutu.

Essayons autre chose. Sur une copie de la disquette Workbench, à travers l'ouverture, faisons avec un cutter une griffe à travers toutes les pistes ! ABE se trouve face à un gros problème, car il n'est pas prévu de rediriger le résultat des opérations de restauration sur autre chose que la disquette testée elle-même ; dans le cas présent, c'est désespéré vu que le bloc racine et le bloc bitmap ont disparu dans la bagarre. Quant à DiskSalv, il se livre à tout un travail de récupération dans un répertoire de votre choix (disque dur, RAM:), tout en vous avertissant honnêtement que certains fichiers peuvent être incomplets. Un premier examen des résultats montre qu'environ 75% des fichiers récupérés ont la même longueur que l'original, mais comme on est méfiant, vite un petit coup de Diff entre les fichiers récupérés et les originaux. Là, çà se gâte évidemment, un quart des fichiers récupérés diffèrent des originaux. De plus, DiskSalv ne s'attache qu'à régénérer l'enchaînement des blocs et corriger les sommes de contrôle, mais il laisse à certains endroits des valeurs anormales sur des mots longs réservés.

Un deuxième essai du même genre, mais avec une griffe nettement plus petite, s'est mieux passé. En fin d'exercice, la disquette réparée par ABE causait encore l'apparition de messages d'erreurs de lecture. Néanmoins, les fichiers ont pu être recopiés sur une autre unité. Vingt-six fichiers en tout manquaient ou ont été rejetés par la commande Copy ; tous les autres ont passé avec succès le test de la commande Diff par rapport aux originaux.

Je tirerai pour ma part de cet essai difficile une conclusion prudente : en cas de dommages physiques importants, aucun réparateur n'est parfait.

FixDisk 1.2 (fournie avec Quarterback Tools)

Même résultat, restaure "Devs" mais échoue en ce qui concerne le fichier foutu. Il n'arrive pas à exploiter correctement l'information qui reste au niveau du bloc d'en-tête et dans les blocs de données pour reconstituer la chaîne complète. On arrive toutefois à récupérer environ la deuxième moitié du texte. Toutes les dates sont remises à la date du jour. Résultats encore moins satisfaisants avec la deuxième disquette.

Nom : Artiodactyl Block Editor 3.051.e.
Auteur : Pierre-Philippe Launay.
Genre : outil multifonction.
Date : 1993.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 512 ko de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : 609 FF.


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