Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 21 novembre 2017 - 07:23  

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Dossier : Spécial 100e numéro d'Amiga News
(Article écrit par divers auteurs et extrait d'Amiga News - avril 1997)


Cent numéros, neuf années de bonheur (par Bruce Lepper)

Amiga News 100 Malgré une envie presque irrésistible d'arrêter Amiga News au numéro 99, nous voici en plein numéro 100, avec la ferme intention de continuer au moins jusqu'au 199. Le devoir de faire un journal tous les mois est un peu similaire à la construction d'une cage, barreau par barreau, autour de soi-même. Les mois semblent durer deux semaines et les années passent à grande vitesse. Les numéros successifs du journal balaient tout devant eux, comme les vagues de l'océan, juste pour faire place aux suivantes. En ce moment s'ajoute à cette existence étrange, la tristesse du mal-aimé : nous sommes comme la troupe de Napoléon battant en Russie, encerclé d'ennemis qui nous ridiculisent et qui lancent des attaques de plus en plus efficaces.

Un état d'esprit

On pourrait presque se convaincre que l'Amiga est une machine extraordinaire, unique, et que ceux qui n'ont pas été intimes avec lui, n'ont pas vraiment vécu. Malheureusement, il suffit d'ouvrir ST Magazine (oui, il existe encore) pour lire : "Le ST est le seul ordinateur pour lequel il sort encore des programmes plus d'une décennie après sa sortie. Le ST n'est pas un simple ordinateur, c'est tout un état d'esprit qui l'anime et qui fait que le camp retranché d'Atarix résiste toujours et encore à l'envahisseur."

En fait, on s'adapte à son ordinateur, quel que soit le système, et avec le temps, l'ordinateur devient une extension du corps, aidant au fonctionnement de certaines parties de la tête, comme la voiture est une extension des jambes il est peu surprenant qu'on s'attache émotionnellement à cet objet que nous avons incorporé dans nous-mêmes. Si l'Amiga provoque ce phénomène plus qu'un Mac, un Atari, ou un PC, c'est sans doute parce que ce système totalement multitâche et unixien invite à l'exploration, le bricolage, et la "personnalisation" dès le premier abord, tandis que les autres ont tendance à encourager l'utilisateur à se contenter d'une interface standard. Mais tout est relatif dans ce domaine, et nombreux sont les PCistes, Macistes et Atarix qui ont une relation "spéciale" avec leur machine. A l'Amiga Show 96 à Paris, j'ai posé la question à Pascal Kazmierczak, grand ex-utilisateur Amiga et organisateur des expos Atacom, qui travaille sur plate-forme Intel : "As-tu trouvé l'esprit du PC ?" Il a réfléchi longtemps, parce qu'il savait que la question était fondamentale. Puis il a répondu "Oui".

Le côté "cool"

Bof. On peut regarder la vie autrement, aussi. Sous la pression de la majorité (150 millions de PC dans le monde, contre 5 millions d'Amiga ?) nous sommes devenus, malgré nous, obsédés par les actualités informatiques, par les lacunes logiciels, par les comparatifs de vitesse de calcul, par les Pentium. Mais, il y a une autre façon de vivre des choses. Voici, par exemple, un message électronique de Franck d'Audio Service, auto-proclamé "hot rod" et cannibaliste Amiga : "Je suis la personne qui s'occupe du club Amiga à Périgueux. Si tu n'as jamais entendu parler de nous depuis quatre ans, c'est qu'on se fout un peu de ce qui se passe dans le monde des galères et autres problèmes de reprise. Moi, j'ai une machine qui fonctionne, le reste je m'en fous. Je bosse sur Amiga et dans l'ensemble (musique, bureautique, fax, minitel, etc.) c'est cool..."

Et bien Franck, je peux te dire qu'aux bureaux d'Amiga News, c'est le même climat : les mois se suivent et se ressemblent, l'A2000, l'A3000 et l'A4000 ronronnent et le boulot se fait sans souci. Hier, pour les besoins de ce spécial numéro 100, nous sommes allés chercher les données du numéro un d'Amiga News (A-News à l'époque) sur quelques disquettes dans un tiroir où elles se reposent depuis neuf ans. Pas de problème, elles sont comme neuves, et les fichiers de Professional Page v1.0 se chargent dans ProPage 4.1 sur l'A4000. En neuf ans, nous n'avons jamais eu de désastre informatique ou autre. Plus important encore, nous avons trouvé cette machine plutôt efficace et agréable - admettons-le, géniale ! - pour la production d'un journal mensuel.

Notre Spécial Numéro 100

C'était l'idée d'un lecteur : pourquoi ne pas inviter les anciens collaborateurs à revenir dans ce numéro cent, pour donner des nouvelles de leur vie et leurs commentaires sur l'évolution de l'Amiga et le monde micro en général. Nous en avons donc contacté certains, et ils ont tous répondu "présent". Il y a évidemment beaucoup d'autres ex-collaborateurs, car les écrivains de ce journal sont essentiellement les utilisateurs, d'expériences et d'activités très variées. Je tiens à dire que la totalité des auteurs de ce Spécial n°100 (et beaucoup d'autres) ont écrit des articles bénévolement pendant les premières années fragiles du journal. Sans leur travail, l'aventure Amiga News n'aurait pas eu lieu.

Ô mon amour (par Éric Langlois)

Beaucoup sont déjà tombés, et parmi eux quelques poètes. Lisez, par exemple, cette lettre d'Éric Langlois de Nantes :

"Cher Alain (Bourgery) cher ANews, chers amigaïstes.

Je viens vous faire un aveu. J'ai quitté mon amour, la seule et unique "petite amie" qui ait compté pour moi. Je l'ai quittée parce que de moins en moins de personnes croyaient en elle, parce que trop de monde rigole quand je viens à parler d'elle. Cette chère amie aux, pourtant, innombrables qualités, et au "feeling" si magique.

Ô mon amour, excuse-moi de t'avoir trahie, toi que j'ai chéri durant sept années de bonheur. Oui, je te quitte pour une autre, ho... elle est bien moins souriante que toi. Elle ne répond pas à mes volontés les plus extravagantes, et son charisme est inexistant face au tien. Mais les cadeaux qu'elle me demande sont souvent moins onéreux et beaucoup plus disponibles, que les tiens. Et surtout, elle travaille beaucoup plus vite que toi, pas mieux mais plus vite. Voilà, j'espère que cette séparation n'est pas définitive. Réfléchis bien ; évolue physiquement et mentalement, alors nous nous retrouverons. De toute façon, je te surveille de près.

Je t'aimerai toujours."

Cupertino's Aloha Newsletter n°100 (par Giorgio Cupertino)

Qui a assassiné l'Amiga ?!

Mes chers Amigàdos et gentilles Amigamines,

Pour cet article (au fait il s'agit plutôt d'une "lettre ouverte") j'aurais pu choisir un titre plus banal dans le style : "L'Amiga est morte*... Vive l'Amiga !".

Les plus perspicaces parmi vous observeront que l'Amiga n'est pas morte mais a été tuée. Faux ! L'Amiga n'a pas été tuée, elle a été bel et bien assassinée. Mais, si l'on connaît la victime, on ne connaît pas son assassin car au fait il y a plusieurs coupables. En réalité, il s'agit d'un véritable complot. Une sorte de roman noir diriez-vous ? Pas du tout. Il s'agit tout simplement d'une banale histoire de "bêtise humaine généralisée". En effet, le complot auquel je me réfère a des racines lointaines et ses acteurs ont les origines les plus diverses et cela sans qu'il y ait eu préméditation par qui que ce soit. Je vous fais remarquer, de plus, que la plupart de ceux qui ont participé à cet assassinat ne se connaissaient même pas entre eux tout en agissant dans la même direction : la suppression, à terme, de l'Amiga.

En gros, il y avait trois factions : les gens de Commodore, les revendeurs et les utilisateurs.

Chez Commodore, parmi les coupables, il est facile de citer les responsables du marketing. Il suffit de relire la presse de ces dix dernières années (et tout spécialement les anciens numéros d'Amiga News) pour se rendre compte des erreurs que les responsables (ou bien devrais-je dire les irresponsables ?) du marketing ont cumulé les uns après les autres.

Il y a dix ans, ils avaient entre les mains la meilleure machine du moment (à l'époque j'écrivais que l'Amiga, telle qu'une jolie femme, ne se compare pas avec une autre, mais on admire sa splendide et unique supériorité). Des professeurs d'universités réputées telles que le MIT, CalTech et autres concordaient sur un point : il aurait fallu attendre au moins cinq ans, sinon plus, avant de voir sur le marché une machine qui, aussi bien sur le plan matériel que logiciel, aurait pu s'approcher des capacités de l'Amiga et cela notamment au niveau du multitâche. A titre d'exemple je vous rappelle que l'Amiga 1000 travaillait avec 512 ko de mémoire et son système multitâche avec son interface graphique tenait sur deux disquettes ! Après plus de dix ans, aucune machine n'a été capable de répéter cet exploit. Aujourd'hui les systèmes soi-disant sérieux nécessitent plusieurs mégas (voire des dizaines des mégas) et malgré leurs sophistication et montée en puissance ne sont pas du tout exempts des bogues et plantages. Sincèrement, je ne sais pas s'il y a de quoi rire ou pleurer...

Donc, avec cette merveille qui était l'Amiga, avec toute son avance technologique, les "seigneurs du marketing" sont arrivés à ne pas profiter de la situation. Bien au contraire... on dirait qu'ils ont fait de leur mieux pour la reléguer dans les rangs de machine de jeux en "tuant" définitivement sa vocation naturelle de "Personal Workstation" haut de gamme. Voilà donc un groupe de coupable.

L'autre groupe, les revendeurs, ont pu agir en fonction toujours du "génie marketing" de Commodore qui choisissait les points de vente (ainsi que ses distributeurs en général) avec des critères discutables. Le meilleur côtoyait le pire. Les plus sérieux devaient subir la concurrence des incapables et même, parfois, des malhonnêtes dont le seul but était de vendre un maximum en privilégiant le profit immédiat plutôt que de se créer un marché sûr et stable à moyen et long terme.

Cela déclencha une guerre des prix qui, ne laissant plus de marges suffisantes pour une saine activité commerciale, entraîna une insupportable dégradation de l'assistance aux utilisateurs (SAV lent et inefficace, manque de suivi, etc.).

D'autres au contraire importaient des produits qu'ils vendaient deux ou trois fois plus chers qu'ailleurs en faisant ainsi fuir terrorisés (dégoûtés peut-être ?) les possibles acheteurs.

Il faut remarquer que par "revendeurs" ici j'entends toute la chaîne commerciale : magasins, importateurs/distributeurs, VPC et autres. En tout cas, leur péché est vieux comme le monde : aveuglés par un excès de gourmandise ils ont tué la poule aux oeufs d'or. Ceci, encore une fois, était la conséquence des responsables marketing de Commodore qui n'ont pas su "trier" leurs partenaires commerciaux.

Ce deuxième groupe de coupables en revanche a bien profité de la complicité des utilisateurs. Parmi ceux-ci en effet, il y en avait qui cherchaient seulement le prix le plus bas, tandis que d'autres cherchaient la nouveauté à tout prix quitte à constater que le produit acheté n'était pas à point ou seulement partiellement compatible pour ne citer que deux parmi les problèmes les plus courants.

Cela a permis le développement et la diffusion de produits décevants qui ont "terni" l'image de l'Amiga qui progressivement s'est retrouvée mal positionnée sur le marché : trop chère en tant que machine ludique et non "crédible" en tant que haut de gamme. Pourtant les utilisateurs Amiga aimaient bien leur machine... oh, oui ! Mais l'amour peut tuer aussi. Un crime passionnel donc ? Non, tout simplement un délit fruit de l'incompréhension. Je vous avais parlé de complot et cela sans qu'il soit possible de nommer des coupables qui pourtant ont bien participé à l'assassinat de l'Amiga. Malheureusement, ces coupables sont toujours là avec des complices qui s'ajoutent à eux chaque jour car le "crétinisme du marketing" nous guette constamment, les commerçants pas sérieux empoisonnent notre existence (de même que celle de leurs concurrents sérieux) et nous, les utilisateurs, nous les aidons en tombant victimes (actives) de l'engrenage commercial d'aujourd'hui.

Je vous donnerai un seul exemple : aux États-Unis, à l'occasion du lancement de W...... 95, M.......t avait fixé une date bien précise pour la mise en vente. Bien, ce jour-là devant certains magasins il y avait une queue de centaines de personnes qui voulaient absolument être les premiers à pouvoir dire "je l'ai installé le premier".

Est-ce que vous pensez que cela peut changer la vie de quelqu'un ?! Toujours la course à la nouveauté, à la dernière version, à un "plus je ne sais pas quoi". Pour constater souvent que l'ancienne version était meilleure ou moins boguée (oui c'est du franglish). De même que l'achat d'une machine encore plus rapide souvent offre le seul avantage que "ça plante plus vite" !

Mais évidemment, s'il y a des gens (je vous laisse la responsabilité de les classer stupides ou fanas ou autre) qui sont disposés à faire la file pendant des heures pour avoir le plaisir (d'après moi masochiste) de pouvoir dire au copain "moi je l'ai eu avant toi", il est évident que certaines maisons peuvent bien se permettre de sortir des produits mal ou non finis sinon tout carrément défectueux (et je me réfère non pas à l'exemple cité mais à toute une série de produits informatiques et autres qui vivent grâce à la stupidité humaine).

Donc, si cela peut vous soulager, l'assassinat de l'Amiga n'est pas un cas unique. Le complot, tel que je l'ai décrit, se renouvelle chaque jour sous plusieurs formes et pour plusieurs produits (inclus ceux que vous achetez au marché !).

Dans ce contexte quel sera l'avenir de l'Amiga ? Est-ce qu'elle est vraiment morte ou serait-elle dans le coma ? Je n'ose pas avancer ni des opinions, ni des prévisions. Tout simplement, soit qu'il s'agisse de l'Amiga, soit d'une autre machine qui reprenne la philosophie de ce qui était l'Amiga à l'origine, j'espère sincèrement qu'un jour ou l'autre nous pourrons voir un ordinateur capable, encore une fois, de nous faire frémir de joie et de passion.

Amigalement Vôtre,

Giorgio Cupertino
ex-développeur agréé Amiga

* Mes anciens lecteurs se souviendront que j'avais baptisé l'Amiga "the first female computer". Donc ils ne seront pas surpris de constater que j'utilise le féminin quand je me réfère à cette machine.

PS : la réponse est non ! Ah bon... et c'était quoi la question ? Savoir si j'allais me remettre à écrire des articles. Non, cet article est tout à fait exceptionnel. Il s'agit d'un acte de respect envers Bruce, éditeur d'Amiga News qui, un soir, m'a appelé pour me demander si je voulais écrire un article pour le numéro 100 d'Amiga News. Une occasion importante, unique. Il m'avait précisé aussi que d'après ses statistiques la plupart des lecteurs de la revue sont à compter encore parmi les tous premiers que j'espère se souviennent encore de moi. Cette lettre est donc pour moi l'occasion, après des années de silence, de leur dire comme j'ai aimé et j'aime toujours l'Amiga et quel respect je porte envers mes lecteurs et surtout envers Bruce à qui, nous tous, devons reconnaître le courage et la constance dont il a fait preuve en soutenant l'Amiga pendant tout ce temps. Merci Bruce, keep-up the good work !

Il était une fois les Gourous (par Georges Tarbouriech)

Les lecteurs de la première heure se souviennent peut-être d'un groupe d'hurluberlus qui sévissait dans les premiers numéros d'A-News et qui s'était baptisé "Les Gourous" (non, ils n'étaient pas rouge et ils ne clignotaient pas).

Amiga News 100

Il se trouve que ces jeunes gens m'ont accueilli parmi eux à peu près à cette époque. Comme nous travaillons fréquemment ensemble, je n'ai eu aucun mal à les retrouver !

Je précise qu'ils ne connaissent pas la teneur des commentaires que je fais sur chacun d'eux.

Jean-Pierre (Jeep, pour les intimes, c'est même son adresse électronique !)

Monsieur Plus ! Plus grand, plus vite, plus beau... Incapable de travailler avec moins de dix fenêtres à l'écran, sur des résolutions d'enfer (s'il pouvait en 12800x10240 !). Sur son Amiga, on ne voit pas le fond de l'écran à l'ouverture, tellement il y en a, et en plus il défile sur deux pages ! Sur le Mac, il y a presque un demi-écran d'"inits" ! Et c'est pour tout comme ça !

"Personnellement, j'ai toujours mon A1000, c'est ma grand-mère qui joue avec ! J'ai aussi une PlayStation et un A3000 UX."

"Depuis ANews, notre équipe a eu beaucoup d'activités autour de l'Amiga : création d'un groupe d'utilisateurs (French Amiga User Group = FRAUG) ; création d'une association de développement baptisée InfoBorn... Cette association est devenue une société dont je suis le gérant. C'est une société de services, spécialisée dans le multimédia (CD, bornes, prestations Internet...)."

"Nous travaillons avec un Power Mac et des PC sous NT 3.51 et 4.0 (accessoirement avec un A1200 ou mon A3000). Pour moi, l'an 2000 sera l'avènement du Web sur la télé par câble ou par satellite et la multiplication des "objets intelligents"."

Norbert (nono, bien sûr !)

Une espèce de surdoué ! Graphiste de génie, roi de la PAO, programmeur à ses heures... Il vous concocte une animation en cinq minutes, vous fait une image 3D en dix, et en plus, c'est réussi ! Le voir travailler sur XPress est extraordinaire, à croire qu'il a inventé des raccourcis clavier !

"J'ai toujours mon 1000 équipé d'une extension 2 Mo, d'un commutateur 68000/68010 et d'une tablette graphique ; j'ai aussi un 500 avec deux disques durs externes, un lecteur CD, un genlock, une table de mixage audio, un scope Sony 8mm EVS 9000 pour le montage et un égaliseur audio. Enfin, j'ai un P166 de 32 Mo avec Laser Canon et jet d'encre Apple."

"Professionnellement, je suis responsable informatique dans une imprimerie où il m'arrive encore de faire des travaux de PAO."

"La micro : on continue à ne pas s'ennuyer... Avec l'Amiga, on ne s'ennuyait pas par passion et émerveillement ; avec W95, c'est pour comprendre comment ça essaie de marcher..."

"Le meilleur est à venir ; enfin, si Bill Gates meurt..."

Gérald

Monsieur Microvision, nom du magasin Amiga de la Côte Basque, lieu de rendez-vous de toute l'équipe. Siège des différentes associations créées au fil du temps (Les Gourous, FRAUG, InfoBorn), le magasin de Gérald était le lieu de vie de l'Amiga dans le sud de l'Aquitaine ; malheureusement, il a dû fermer.

Mais Gérald, c'est aussi quelqu'un qui en plus de réparer n'importe quel Amiga est un as de la vidéo ou de la 3D.

"J'ai toujours un A2000 accéléré."
"Je travaille dans une imprimerie où je m'occupe du réseau informatique."
"Pour le futur proche, je vois bien un A5000 avec parabole et écran holographique."

Philippe

On pourrait l'appeler IBM il est presque capable de vous donner le numéro de la page d'un article qu'il a lu trois ans plus tôt ! Mais pour moi, Philippe se résume en une phrase : "Pourquoi s'em.. à programmer, alors qu'il y en a qui le font si bien pour nous" (sic). Tout est dit !

"Chez moi, j'ai une PlayStation. Au boulot je travaille sous NT 4.0."
"Je trouve la micro d'aujourd'hui trop compliquée et "vache à lait"."
"Pour demain : faisons simple et moins cher !"

Aitor

Le discret ! Spécialiste de la vidéo dont il a fait un métier. Sa société réalise un chiffre d'affaires de 2,5 MF.

"Professionnellement, j'utilise un Quadra 650 et un Power Mac 9500."

"J'ai créé une société en 1993 qui se nomme Comedia. L'activité initiale est la production audiovisuelle. Au départ, nous étions deux et maintenant six, car nous avons étendu nos activités. Nous faisons aujourd'hui de la réalisation audiovisuelle et multimédia, du conseil marketing et des études de marché, et de la conception d'outils commerciaux."

"Pour demain je vois un développement de l'industrie graphique par l'intermédiaire du Mac, d'OpenStep et de l'audiovisuel."

"Dans d'autres domaines d'activité, je crois que l'hégémonie du compatible IBM + Windows va se confirmer. Le Net va se généraliser au plan professionnel, mais il faudra attendre dix ans pour une utilisation large au niveau personnel en France (problème de génération)."

Emmanuel

Manu est le frère de Philippe et il partage avec lui cette capacité à mémoriser les choses. A l'époque des Gourous, il connaissait tous les jeux disponibles sur l'Amiga ! C'est pour ça qu'il en faisait les tests.

"Je n'ai plus d'ordinateur ni de console."
"Je suis instituteur."
"En ce qui concerne la micro, je considère qu'il n'y a pas eu d'évolution majeure depuis dix ans ; surtout pas la révolution prévue !"
"Je ne suis pas convaincu qu'Internet changera grand-chose pour ce qui est du futur proche."

Jean-Marc

Le spécialiste des systèmes d'exploitation ! Il a certainement travaillé sur presque tout ce qui existe, que ce soit à titre personnel ou professionnel.

"J'ai un A1000 avec une extension Spirit 2 Mo, un portable Zenith 386 8 Mo, disque dur 120 Mo et un Cyrix 166 avec un 17", un graveur Yamaha 102, un lecteur de CD x4 et trois disques durs (1,7 Go, 1,05 Go et 250 Mo).

"Je m'occupe de l'informatique sur des plates-formes de forage."

"Pour moi, l'avenir c'est NextStep ou assimilé (tout système capable de tourner sans connaître le processeur). N'importe quoi, mais stopper Gates (Mr. Balsen, sans la qualité !)."

"Il faut arrêter l'escalade à la puissance pour que le Net soit rapide pour tout le monde ! Il serait bien aussi de rationnaliser les logiciels pour qu'ils tournent avec les configurations actuelles."

Frédéric

Fred est le frère de Jean-Pierre (c'est presqu'une histoire de famille !). Il est aussi "touche à tout" que son frère, sans le côté "Plus" !

"J'ai un A500 et une CD32 plus un Pentium 100."

"Je vais sans doute travailler dans une imprimerie pour remplacer Gérald qui rejoindrait Norbert ! Demain, nous verrons sans doute une uniformisation du matériel PC (cartes son, graphiques...)."

"Probablement un développement du virtuel (casques, villages...). Très certainement, une amélioration du réseau Internet (accélération) et de Windows 3e millénaire. Nous verrons sans doute l'apparition du CD-ROM laser bleu."

Georges Tarbouriech

Amiga News 100

Voilà, ils ont tout dit (ou presque !).

J'ajouterai qu'à peu près la moitié du groupe est actionnaire d'InfoBorn ; que Jean-Pierre était à l'Université avec Franck Lafage et Bruno Lesté, les fondateurs de CIS, entreprise employant l'inénarrable Frédéric "El Yéti" Autechaud" ; que FRAUG avait pour correspondant Pierre Ardichvili, plus connu des lecteurs sous le nom de Zorglub ; que la première couverture du magazine FRAUG a été réalisée par Ze Kiko de Tecsoft... Qui a parlé de Microcosme ?

Bilan (par Charles Vassallo)

Amiga News arrive au numéro 100. L'exploit n'est pas mince dans le monde des revues informatiques, surtout quand on sait la tempête que traverse sa machine fétiche. J'espère que je choisis bien mes mots et que la "traversée" mènera bien vers une autre rive, à bon port. Malheureusement, beaucoup d'utilisateurs n'auront pas pu tenir bon et auront été emportés vers d'autres machines ; j'en suis. J'ai longuement expliqué pourquoi il y a quelques mois et je ne vais pas y revenir.

Amiga News 100

Bruce m'a néanmoins convié à cocélébrer ce chiffre 100, en pleine connaissance du fait que je suis passé au Mac et en me laissant carte blanche en tant que compagnon d'origine de l'Amiga et d'A-News. Je ne voudrais pas radoter des histoires d'ancien combattant et pleurer le bon vieux temps. J'ai passé un long moment avec l'Amiga et je n'ai rien à regretter, sinon le dénouement. Comme beaucoup, j'ai été convaincu de la supériorité de ma machine et j'aurais même aimé continuer, au-delà du raisonnable, en faisant avec TVPaint ce que je fais maintenant avec Photoshop (tout de même plus facilement). Mais je n'ai pu ni faire évoluer ma machine à mon goût, ni faire tourner correctement le nouveau TVPaint ; je me suis senti intimement trahi, d'autant plus que les amigaïstes se sont toujours gaussé des problèmes d'installation dans le monde Windows.

J'ai toujours mes Amiga. Je travaille en ce moment sur des compositions d'images fractales de Lyapounov et c'est mon A4000 qui me fournit la matière première, à partir de vieux programmes de mon cru. Par ailleurs, s'il me faut un effet spécial sur ces images, je le programme sur Amiga. Faute de BASIC, je suis tout bonnement incapable de programmer mon Mac ; les PC sont plus accueillants sous ce plan-là.

Il y a aussi un A1200 qui tourne très professionnellement à longueur de journée depuis quatre ans entre les mains de mon épouse, auteur-traducteur, et qui tient vaillamment le coup. Un moniteur multisynchro en mode super NTSC pour ne pas scintiller (mieux que le mode VGA), un tout petit disque dur de 40 Mo, 4 Mo de mémoire, et Final Writer. Le gros avantage, c'est le silence de fonctionnement (pas de ventilateur, juste le petit sifflement du disque dur), inappréciable aux dires de mon épouse. Transfert en natif sur disquettes PC pour les maisons d'édition. Quoi demander de plus ? Si, tout de même, la sortie imprimante sous Final Writer est vraiment très lente, nous sortons les gros manuscrits sous l'A4000 mais ça devrait pouvoir s'arranger avec une carte 68030 : à voir.

Incidemment, les éditeurs se sont contentés longtemps de la sortie ASCII, éventuellement mise à la sauce Mac pour les accents. Puis est venue une série d'ouvrages de botanique avec force noms latins en italique et un éditeur a émis le souhait très ardent que lesdites italiques survivent dans la disquette... La version 5.0 de Final Writer arrivait à ce moment et je comptais bien que sa sortie en RTF (Rich Text Format) allait nous sauver la mise. Hélas, j'ai découvert par la même occasion que Final Writer sortait bien du RTF, mais seulement pour PC. Il y a aussi un RTF en Mac, mais c'est apparemment autre chose. Évidemment, l'éditeur voulait les italiques pour un Mac. Nous avons tout de même été sauvés par FînalWriter 5.0, grâce à sa sortie en HTML (non signalée dans la pub initiale), qui se lit parfaitement sur un Mac dans Claris-Works, à part quelques borborygmes faciles à nettoyer, et on peut alors resauver le fichier sous un format accessible à XPress. Toute la mise en page est ainsi conservée (ouf).

Reviendral-je jamais à l'Amiga ?

Je ne crois guère. Je me définis comme un amateur, passionné de graphique (pour l'image fixe et la diapo), sans peur des maths, et capable de programmer à l'occasion en BASIC. La situation a bien changé depuis la naissance de l'A1000, où il n'était pas ridicule de se lancer soi-même dans ses propres applications graphiques ou 3D. Aujourd'hui, il y a pléthore de programmes de dessin bitmap, vectoriel, 3D (Photoshop, Painter, Illustrator, Corel Draw, LightWave...). Idem pour faire des calculs (Maple, Mathematica, Math-lab...). Pas grand-chose d'équivalent ne tourne sur Amiga (à part la 3D) et il me paraît peu probable qu'on ait jamais un portage et un suivi après la résurrection tant attendue. J'ai choisi une machine pour faire tourner Photoshop, et comme c'est assez loin d'un jeu de massacre, peu importe qu'elle soit largement dépassée au bout d'un an. Par contre, ma femme serait désolée de renoncer à l'A1200 pour revenir à une machine surdimensionnée pour ses besoins et bruyante.

Est-ce croyable, une machine en avance qui aurait pris du retard ? (par Frédéric Autechaud)

Amiga News 100 J'hibernais tranquillement dans les entrailles de mon F12 rupestre quand le téléphone sonna.

C'était Aniouz qui, usant du prétexte que j'étais abonné à titre gratuit au journal de micro le plus cher de France - et du monde - voulait mon avis sur les 100 premiers numéros.

Et alors, qu'est-ce qu'il pense de tous ces changements au sein de la communauté ? Moi, les seuls gars de la communauté que je côtoie c'est cette sale bande de beatniks qui organisent des raves à chaque solstice et qui piétinent le jardin zen que je me tue à entretenir à la dynamite sur le versant ouest de mon territoire de chasse. Communauté Amiga ? Ah, bon. Mais ça leur fait quel âge à ces vieux ? Oh, ça ne nous rajeunit pas. Bon, let's go (après tout, ce journal est bien pratique pour mettre sous les vêtements et faire des cales pour le mobilier).

Analyse clairvoyante de Frédéric Autechaud en ce qui concerne l'Amiga et les projets connexes de développements d'OS multitâches (bandant, non ?)

Notre bel OS de 1985 a mis dix ans pour virer du bleu rigolo au gris triste. La victoire des développeurs sur les artistes est la seule vraie raison de la ruine actuelle de notre pétoire magique. A quoi sert le multitâche ? A jouer de la techno pendant qu'on balance des graphs en pleine rave. A contrôler un automate conceptuel pendant qu'on incruste la tronche des visiteurs de l'expo. En niant la fonction d'outil créatif au profit de la pure branlette technologique, les moustachus variés qui se disputent la dépouille de la miga n'arriveront nulle part. Le seul ordinateur qui me ferait changer d'ordinateur serait une machine tellement éloignée des autres qu'elle n'aurait pas le même rôle.

On voit nettement la tendance des outils mutants se dessiner en musique avec des machines hybrides d'échantillonneurs, séquenceurs et tables de mixages. Alors on doit repenser l'Amiga futur à partir de ce qui n'a pas encore à ce jour été égalé par aucune machine en y superposant les évolutions techniques les plus pointues. La miga doit se contenter de 16 couleurs en résolution vidéo mais pouvoir les animer à plein pot en jouant des mods 16 pistes derrière. Elle doit avoir sa propre puce magique de rendu 3D simple et rapide et d'incrustation numérique multicanal. Elle doit pouvoir communiquer avec un PC sans faire le moindre compromis en ce qui concerne ses formats de données. Spécialisée et optimisée, la miga devra avoir un nom rigolo, un boîtier phosphorescent, une souris velue et un prix ne dépassant pas les 4000 FF. Et l'OS ? Le moins possible d'OS, merci. Juste de quoi adresser les puces et faire tourner la boutique.

Si je me fie à ce que je lis dans ces pages, on en est très loin. Dommage.

Pour moi, la vérité est ailleurs. X-files ne serait-il pas un projet de manipulation mondiale de très grande envergure ? Un projet visant à discréditer les gouvernements au profit d'une vision plus mondiale ? Chris Carter a-t-il quelque chose à voir avec Jimmy Carter ? Le scénario est-il écrit par des gars de la CIA pour discréditer ceux du FBI ? Et le "lobby" des vendeurs de Maglite ? Que devient Charlie, la boîte parlante de Drôles de Dames qui était posée sur le bureau de Bosley ?

AAARRRGGGhh, mes migraines me reprennent

Je me souviens pourquoi j'avais arrêté d'écrire dans Aniouz. Depuis cette fameuse nuit ou, semble-t-il, j'ai confondu deux extraterrestres en panne de soucoupe avec une barquette de moussaka surgelée. je sais mais je ne peux pas dire. Pourtant, il le faut. L'Amiga était un piège extraterrestre ourdi par les rose-croix ayant compris le rébus de Nazca ou bien, mais est-ce croyable, une machine en avance qui aurait pris du retard.

Rendez-vous vers 2030 pour le n°500.

Nettoyez et pelez vos pigistes (par Frédéric Autechaud)

Vous aimez la cuisine exotique ? Voici une recette festive tibétaine à faire une fois de temps en temps.

Le Ha-Nih-Ooz dans son 100.
  • Niveau de difficulté : pas fastoche.
  • Temps de préparation : à peu prés neuf ans.
Commencez par massacrer des forêts entières sous prétexte de tenir au courant quelques individus francophiles des évolutions de couleur de leur pointeur de souris. Alors que la biche affolée et le marcassin perplexe se demandent où ils vont aller refaire leur vie -on vient de leur bousiller leur forêt- faites-les rissoler doucement dans une sauteuse avec un peu de graisse de canard. Nettoyez et pelez vos pigistes. Attention, l'été le pigiste ne donne pas bien. On en trouve maintenant en boîte mais ils prennent un goût détestable (il leur arrive de marier le magenta primaire avec le vert pomme). Un bon pigiste se reconnaît au fait qu'il est tardif et vaguement rigolo. Mettez du plomb dans l'encre et de la dioxine dans la pâte à papier. Si on vous pose des questions. dites simplement que vous voulez informer la Terre des entreprises louches de la multinationale Commodore. Remuez ce sujet de temps en temps. Pour donner du sel, attaquez alternativement la maison mère et sa filiale la plus proche. Vous avez une bonne base. Retirez le gibier du début et remisez.

Le Ha-Nih-Ooz tire sa consonance festive de sa décoration. Véritable concentré de l'histoire récente du Tîbet, l'aspect du Ha-Nih-Ooz est un défi perpétuel aux règles académiques qui tire sa puissance dévastatrice du seul logiciel satanique authentifié : Professional Page. C'est dans les recoins les plus sombres des arcanes pouilleuses de cet outil du démon que prennent source la lumière et l'irreproductibilité du Ha-Nih-Ooz. Car, ne vous y trompez pas, le Ha-Nih-Ooz est inclonable. Certains restaurants en proposent mais ce n'est que de la pâle copie dont les couleurs criardes et le langage cohérent ne sauraient tromper le véritable amateur.

Le Ha-Nih-Ooz est un mystère. Je ne veux pas dire par là que c'est une glace vanille enrobée de miettes pour fin de repas mais bien au contraire un incroyable truc incompréhensible. Servi chaque mois à un panel de tests, il provoque des hallucinations collectives. Dérangés au plus profond de leur tête, les accros vivent dans l'attente du retour du premier messie à base de processeur MotoroIa. La transe atteint son paroxysme dans le 100 : une gigantesque élucubration autour du passé glorieux et de l'avenir radieux. On peut ajouter des légumes.

Avec un prix au kilo indexé sur le caviar premier choix, le Ha-Nih-Ooz est un plat simple et roboratif qui se suffit à lui-même. Et quand le fond de la marmite apparaît, on se demande avec angoisse ce qu'on va bien pouvoir manger après.

Nom de code Roméo Rapido (par Philippe Rulleau)

Amiga News 100 Nom de famille : Rulleau.
Prénom : Philippe.
Age : 31.
Profession : ingénieur analyste.
Dernier lieu de résidence connu : banlieue bordelaise.

Le suspect a découvert les ordinateurs en 1984 lorsqu'il achète un Atari 800 XL. Très vite il comprend tout le parti qu'il pourra tirer d'une telle machine, en particulier avec des jeux comme Galaxian, Bruce Lee, Donkey Kong... C'est en 1987 qu'il succombe aux charmes d'un Amiga 500 puis profitant de ses études en informatiques, il développe conjointement avec trois autres suspects (Chorizo Kid, Batchman et Frédéric Autechaud) le projet BITNIC (Billard Informatique Tridimensionnel Novateur Interactif et Convivial) plus connu sous le nom de Billard Simulator. Parallèlement à ces activités, il collabore à la revue A-News dès le n°3 pour une longue série d'articles sur la programmation en C, en assembleur ainsi qu'à quelques tests de périphériques et de logiciels.

Signes particuliers : aime le ski, la plongée sous-marine et les voitures de sport.

Voici le compte-rendu de son interrogatoire.

AN : Pourquoi avez-vous choisi l'Amiga ?

RR: A l'époque j'étais étudiant en licence d'informatique et j'ai tout de suite été séduit par les possibilités graphiques, sonore et le multitâche, c'est pourquoi j'ai acheté un des premiers A500. Et puis Frédéric Autechaud avait déjà un A1000 sur lequel il dessinait grâce à Deluxe Paint.

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Le Dahu et Frédéric Autechaud

Comment vous êtes-vous infiltré dans la rédaction d'A-News ?

C'est la faute à Laurent Fabre, il habitait la même résidence que Bruce Lepper et il nous a mis en contact. Comme à l'époque les rédacteurs n'étaient pas nombreux nous lui avons proposé nos services, et puis c'était une expérience nouvelle.

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Laurent "Tropic" Fabre

Pourquoi avez-vous cessé votre activité dans Amiga News ?

C'est triste à dire mais les PC offraient un meilleur rapport puissance-prix pour les jeux et puis surtout F1 Grand Prix, que je considère comme la référence des jeux de course de F1, n'existait pas sur Amiga. J'ai donc commencé par acheter un 386 que j'ai mis à niveau en 486 puis en Pentium. Mais surtout, je commençais à manquer de temps pour rédiger des articles sérieux.

Que faites-vous actuellement ?

Je travaille sur des logiciels de pilotage de machines de coupe et de traceur et plus particulièrement de leur passage d'Unix à Windows. Nous utilisons la chaîne GNU sous Unix et Visual C++ pour les développements sous Windows.

Comment voyez-vous le futur de la micro ?

Quand on sait que le parc micro est constitué a 80% de PC l'avenir portera sûrement le label Microsoft et on n'aura certainement plus la multitude de machines différentes que l'on a connu dans les années 1980 (Atari 800, Commodore 64, Apple II, Dragon, SincIair, TRS 80, Amstrad...), on le constate actuellement avec le semi échec des PowerPC qui auraient du remplacer les processeurs Intel, mais le parc installé est tellement important qu'il s'auto génère le marché. De plus, Intel, stimulé par la concurrence de Cyrix et AMD, continue à innover pour sortir des processeurs toujours plus rapides et plus puissants. La plupart des gros logiciels de CAO existent désormais sous Windows NT, alors qu'ils n'étaient disponibles que sur stations genre Sun ou Digital par le passé ce qui donne bien la tendance du marché des stations de travail, qui lui aussi est en train de migrer vers le PC. En bref, Bill Gates est probablement encore maître du monde pour quelques années bien que personne ne puisse vraiment prévoir ce que vont devenir des machines comme la BeBox qui sont certes excellentes mais souffrent du manque de logiciels face à la logithèque des PC.

Fin de l'interrogatoire.

Mon Amiga est toujours entouré de souris... (par Chorizo Kid)

Picture. Bordeaux. 1990.

En compagnie du "grassouillet programmant", plus connu des anciens lecteurs sous le pseudo de Kéké Rozen, nous avons participé, avec deux autres mercenaires, à la création d'une société de haute technologie, informatique graphique et tout le toutim.

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Deux ans plus tard, évitant de peu la justice pour abus de biens sociaux, nous étions rachetés par une société française, leader sur le marche mondial de la découpe de tissu, le design de fringues et la consommation de Ricard. Notre contact sur place n'était autre que l'agent Roméo Rapido, qui avait choisi, pour passer incognito dans les soirées drag queens fréquentes dans son service, de se renommer Roméo. L'équipe était en partie reconstituée. Seul Frédéric Autechaud n'avait pas voulu rejoindre le monde impitoyable de la confection.

Il y a moins d'un mois, j'ai donc fait le point. Neuf ans que je bosse, j'ai une femme de rêve, ma fille Tallulah est demandée par les plus grands photographes, j'ai une voiture rouge avec toit ouvrant, allume cigare et condamnation centralisée des portes si je remets des piles, et j'aurais 30 ans la semaine prochaine. J'ai donc donné ma démission et je me lance dans un nouveau projet rempli d'Internet. D'ici quelque temps, je devrais donc être hébergé à une adresse du genre lp.gilliard@cec.fr. Sinon, vous me trouverez très régulièrement sur le groupe fr.rec.cinema.discussion.

Et l'Amiga ? Je vous ai dit que je bossais dans la haute technologie, on n'utilise pas de l'Amiga pensez-vous ! Non, je plaisante. Mon Amiga est toujours entouré de souris bien actives puisqu'il est dans ma cave dans son joli carton. Alors joyeux numéro 100 et cramponne-toi Bruce, tous les anciens de l'hospice sont avec toi (mais ils voudraient des nouvelles de G. Cupertino (on m'avait dit qu'il avait été en principe ôté de Monaco)).

Chorizo Kid (un peu moins Kid, mais toujours Chorizo)

Esprit, es-tu encore là ? (par Cédric Beust)

Amiga News 100 Cent numéros d'un magazine, ça se fête... surtout quand il s'agit d'une revue dédiée à un ordinateur qui n'est ni un Apple, ni un PC. Mon histoire amigaphile a commencé en 1986, et toutes les personnes internationales de la scène Amiga avec lesquelles j'ai communiqué et mentionné ANews ont toujours été surprises par notre longévité. C'est d'autant plus méritoire que les débuts n'ont pas été faciles, et il fallait quelqu'un comme Bruce pour croire jusqu'au bout que l'aventure en valait la peine. J'ai commencé à écrire pour ANews dans le numéro quatre, et même si j'étais très enthousiaste à l'époque, j'étais bien loin de me douter que neuf ans plus tard, je serais encore en train d'écrire sur le sujet...

Les premiers pas

Mes contributions au journal ont évolué au fil du temps, et j'espère avoir fait de même. Bien que mon Amiga soit hors d'usage depuis près de deux ans maintenant, je continue de me tenir au courant dans les limites du temps dont je dispose. Le contenu de cet article ne sera donc pas technique, mais plutôt centré sur des réflexions générales, inspirées par le recul que m'a apporté ces dernières années. Et de par la nature de cet article, les propos qui suivent contiendront également un nombre d'interrogations plus élevé que d'habitude. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Mais pour commencer, quelques mots sur moi, qui aideront peut-être le lecteur à comprendre les divers points de vue que je vais exprimer dans les paragraphes qui viennent.

J'ai passé ma thèse l'année dernière. Elle s'est faite à Finria de Sophia Antipolis pour le compte de Bull, pour qui j'ai travaillé pendant quatre ans. J'ai quitté Bull à la fin de mon contrat et je travaille désormais pour une société du nom d'ILOG (www.ilog.com) depuis un an. Mon travail : développeur Unix/C++. Ma spécialité : les applications distribuées (quelques mots-clés : CORBA, Java, RMI). Une autre partie de mon travail consiste en ce que l'on appelle communément de la "veille technologique". En gros, je lis énormément, et j'essaie de distinguer les technologies émergentes, les tendances à venir, les projets intéressants et les produits prometteurs. C'est un très vaste travail qui pourrait aisément prendre 100% de mon temps. C'est également un travail passionnant.

Une veille... et un grand sommeil ?

L'expérience Amiga est en grande partie responsable de mon intérêt pour ce genre de travail fait de recoupements et de synthèses. Pris dès les premières années par un enthousiasme sans limite, j'ai commencé à prendre un peu de recul au fil des années pour finalement arriver à la conclusion que l'Amiga était un représentant parmi tant d'autres de l'histoire informatique. Ni plus, ni moins. Et c'est déjà beaucoup, si l'on mesure le nombre de squelettes qui jonchent l'histoire de la micro-informatique de la décade passée.

Un représentant parmi tant d'autres... voilà un jugement qui doit consterner plus d'un lecteur. Pour eux, l'Amiga n'est pas qu'une machine. C'est un style de vie. Un esprit. Je suis en partie d'accord. L'erreur est de penser que seul l'Amiga possède cette magie, cette vérité ultime, cette conviction de procurer des sensations uniques.

Ce que je retire de ces années passées, c'est qu'en informatique, il ne faut pas faire de sentiment. Une machine n'est rien de plus qu'une machine. Et pour cette raison, c'est à l'utilisateur d'y projeter ce qu'il recherche. Ne vous méprenez pas : l'esprit Amiga, c'est vous. Pas les composants siliconés qui transportent votre pensée.

Tous les esprits s'accordent pour reconnaître que l'Amiga tel qu'il a été connu ces dernières années est mort. S'il doit renaître un jour, ce sera sous une forme qui n'aura plus grand-chose à voir avec ce que nous connaissons aujourd'hui. Les plus acharnés des partisans sont ulcérés. Eux continueront d'utiliser leur Amiga jusqu'au bout, tant que celui-ci sert leurs desseins. Rien à redire a cette position, elle est parfaitement défendable, mais ses proposants en font souvent une question de principe, alors que ça ne devrait jamais dépasser le cadre de la nécessité. Toujours au nom de ce mystérieux "esprit" qui, ils en sont persuadés, disparaîtra complètement s'ils arrêtent un jour d'allumer leur machine favorite quotidiennement.

Amiga News 100

Ailleurs, l'herbe est-elle plus verte ?

Et pourtant, beaucoup d'entre nous sont depuis longtemps passés sur une autre machine. C'est en général massivement sur PC (Windows ou Linux). Et là... surprise. On découvre un monde moins passionnant et moins passionné que celui de l'Amiga, mais il offre lui aussi un certain charme. Plusieurs en fait. Le charme de la multiplicité dans un premier temps, et de toutes ses retombées : une communauté gigantesque, un marché logiciel foisonnant, du matériel bradé, un approvisionnement inépuisable. Autant d'aspects qui ne nous manquaient pas vraiment quand nous étions sur Amiga, mais auxquels nous nous étions habitués insensiblement. Sans oublier un point qui est cher aux amigaphiles : les OS. Les amigaphiles n'aiment pas le PC. C'est génétique. C'est tellement gravé dans leurs chromosomes qu'ils en viennent souvent à faire l'amalgame entre système d'exploitation et matériel. C'est d'autant plus dommage que dans le monde PC, les OS ne manquent pas. Au point qu'il est très facile de tous les tester afin de déterminer celui qui convient le mieux.

Un lecteur de la liste électronique Amiga m'a un jour demandé sur un ton plutôt agressif pourquoi je fréquentais encore la communauté Amiga alors que je n'en possédais plus depuis longtemps. Je lui ai répondu que c'était dans une petite mesure purement sentimental (eh oui, même moi) et pour une large part, de la simple curiosité intellectuelle. Et que je ne m'arrêtais pas aux forums Amiga mais que je consultais également ceux dédiés au Mac, à l'Atari, à la BeBox, etc. Je lui ai suggéré de faire de même. Je ne sais pas s'il l'a fait, mais s'il est allé lire par exemple les messages du groupe Mac, il aura sûrement eu la surprise de constater une grande similarité dans les propos. Pas les propos techniques naturellement, mais les propos sentimentaux. Ceux qui servent de défouloir, et qui suivent la grande mode "online" qui consiste à insulter Bill Gates, Microsoft, Intel et tout ce qui y est rattaché (leurs utilisateurs entre autres). Ça fait bien dans le monde électronique de tenir de tels propos. Mais est-ce vraiment utile ? Y a-t-il vraiment un quelconque intérêt à laisser ces "gènes" se manifester ? Et puis... l'idée de partager des gènes avec des utilisateurs de Mac n'est-elle pas dérangeante ? (je plaisante).

Le dernier d'une lignée ?

Avec la mort de l'Amiga, sommes-nous en train d'assister à la fin d'une époque, comme on le lit un peu partout ? La réponse est oui, sans ambiguïté. La disparition d'une machine marque toujours un tournant dans l'histoire de la micro-informatique. Mais devons-nous être tristes pour autant ? En ce qui me concerne, je ne suis pas vraiment "passé" sur PC. En fait. j'en ai toujours eu un chez moi. Il (il y en a eu plusieurs en fait) a passé de longues périodes d'inactivité à côtoyer mon Amiga. Ce qui fait que je suis réellement "passé" sur PC, c'est avant tout la nécessité. Et le constat que l'Amiga ne suffisait plus à mes besoins. Et le dicton populaire a une part de vérité : "quand on n'a pas ce que l'on aime, on aime ce que l'on a". J'aurais envie de transformer cette maxime en "quand on n'a pas ce que l'on aime, on finit par apprécier ce que l'on a". Et on n'est pas plus malheureux pour autant, mais je pense qu'il faut vraiment le vivre pour s'en convaincre. Une autre raison de ne pas être malheureux ? Il y a une réponse qui marche à tous les coups quand ce genre de pensée commence à vous préoccuper : c'est de trouver plus malheureux que soi. Et bizarrement, ce n'est pas très difficile. Il y a quelques mois, Apple a annoncé qu'il achetait NeXT, au lieu de Be, qui était initialement pressenti. Peu de temps après, Be annonçait qu'il arrêtait de produire du matériel pour se concentrer sur le logiciel, et notamment sur BeOS (dont les licences commencent à se vendre en nombre très honorable). Ces annonces ont naturellement causé beaucoup de remous dans les diverses communautés. Et la plupart des réactions sont négatives.

Les possesseurs de BeBox se sentent lésés, d'une part, et d'autre part, les utilisateurs de Mac sont inquiets par le retour de Jobs à un poste stratégique chez Apple. Steve Jobs est en effet bien moins considéré que ce que la presse spécialisée le laisse entendre, et la lecture de sa biographie est assez édifiante à ce sujet. Les personnes informées ne sont pas dupes... Steve Jobs a su saisir une occasion à un moment précis de l'histoire, occasion qui s'est matérialisée sous le nom de Steve Wozniak. Mais depuis, ses réalisations suscitent plus de la défiance que de l'admiration.

Un article qui ne mentionnerait pas Java ?

Impossible... il faut absolument parler de Java, sinon on n'est pas pris au sérieux. Alors je sacrifie au rite. Comment peut-on mettre Java et Amiga en relation ? La situation est telle que de nos jours, ce sont les créateurs de logiciels qui ont droit de vie et de mort sur le matériel. Imaginez quelques secondes un monde où ni Netscape ni Microsoft n'auraient porté leur navigateur sur Mac... Nul doute que cela aurait eu un impact terrible (voire fatal) sur les ventes de la machine. On peut étendre le cas de figure à Java. Un système d'exploitation qui ne donnerait pas la possibilité d'exécuter du bytecode Java serait promis à un avenir bien sombre. La conclusion pour l'Amiga ? (disons, son éventuel avatar) Il lui faut une machine virtuelle Java. Et si possible, couplée à un environnement de développement convenable.

Sun vient d'annoncer la JavaBlaster, une carte pour PC avec une puce Java. Le mot-clé ici, c'est "carte pour PC". Autrement dit, bus PCI. Là encore, le mot est clair : on peut disserter à l'envi sur les carences du bus PCI, une machine ne peut pas se vendre si elle n'offre pas au moins cette option. Java s'apparente de très près à une religion. A un tel point que ses adeptes ont parfois du mal à rendre leur pensée cohérente. Je parle des "stratèges", là, pas des techniciens (développeurs). On lit des propos parfois tellement insensés qu'on se demande où est passée la raison. Je ne prétends naturellement détenir la vérité, mais quand je lis des affirmations comme "C++, n'importe qui peut faire une extension au langage, alors que Java au moins, c'est un langage ouvert", je me demande de quelle planète provient leur auteur. Bon, voyons un peu ce que dit cette boule de cristal.

Ce que je vois dans les années qui viennent, c'est Microsoft propulsé par Java, et Javasoft (et dans une moindre mesure, Sun) qui sombre lentement dans les oubliettes. Là encore, je ne fais pas de sentiment, je constate. Je constate que Javasoft est incapable de fournir un environnement de développement stable sur leur propre OS. Celui de Microsoft (J++) n'est pas fameux non plus, mais Microsoft a les moyens et la volonté d'en faire un produit de haute qualité. Ils y arriveront, n'en doutez pas une seconde. Ils l'ont déjà fait avec C++, et pourtant Borland avait quasiment deux ans d'avance technologique sur eux (et c'est énorme dans le domaine). Résultat des courses : Microsoft n'a jamais vendu autant de compilateurs, et Borland a licencié 30% de ses effectifs le mois dernier (trois cents personnes).

Microsoft va-t-il "capturer" Java ? (je fais référence à leur annonce de faire des extensions propriétaires à la machine virtuelle). Je ne crois pas. C'est un fait qu'une écrasante majorité des applications Java seront exécutées sur une architecture Windows. Les développeurs ne recourront aux extensions propriétaires de Microsoft que si celles-ci apportent vraiment quelque chose au Java "standard". Et pour le moment, la seule et unique valeur ajoutée, c'est la vitesse. "L'outil" qui fera tourner Java le plus vite aura un avantage énorme sur ses concurrents (je dis "outil" au sens large : machine virtuelle, compilaleur, JIT, etc.).

Restons-en là pour ces considérations sur Java, je pourrai y revenir si vous en exprimez le souhait.

Le bout de la route ?

Où nous mènent donc toutes ces considérations ? Toujours au même point : une machine n'est rien de plus que ce que l'on en fait. Cet "esprit Amiga", je l'avais déjà avant d'acheter mon premier Amiga (j'avais un Apple II à l'époque). J'espère qu'il m'arrivera encore de m'enflammer, même si l'âge a tendance à lénifier ce genre de comportement.

En fait, je n'en doute pas un instant. Le sentiment continuera de se manifester en moi. Il prendra d'autres formes, mais il sera toujours là. Il fait partie de moi. Et je suis sûr qu'il fait partie de tous ceux qui lisent ces lignes. Et maintenant, j'aurais besoin d'un peu d'aide : je n'ai pas assez de souffle pour éteindre cent bougies à moi tout seul. Alors prenez une grande inspiration, et joignez-vous à moi pour souhaiter à Amiga News, à Bruce et à toute l'équipe un joyeux centième numéro.

Où va-t-on à présent ? (par Xavier Leclercq)

Amiga News 100 A) Les voies possibles pour l'Amiga

Pour comprendre mon raisonnement à propos de l'avenir de notre machine préférée, voyons un peu quelle a été la stratégie de l'OS/2 d'IBM afin de déterminer si l'Amiga pourrait suivre la même voie.

OS/2 a déjà coûté des milliards de dollars à IBM. Cet OS, jusqu'en 1994, possédait des qualités techniques supérieures au système Windows 3.x. A la sortie de Windows 95 on pouvait encore comparer les deux systèmes. Actuellement, Windows 95 OSR2 (FAT 32) en association avec le duo DCOM/ActiveX creuse l'écart avec Merlin (successeur d'OS/2 Warp) même si ce dernier possède encore au moins un avantage technique : la reconnaissance vocale.

Quelles tactiques envisagea IBM pour tenter de faire sortir du lot son OS ?

1. Le choix de l'émulation Windows. Cela fonctionne en 16 bits car Windows 3.x n'est pas vraiment encore un véritable OS. Windows 3.x est en effet plus proche de l'interface graphique utilisateur que du véritable système d'exploitation, car toutes les règles régissant le fonctionnement d'un véritable système d'exploitation n'y sont pas respectées. Prenons trois points clés cités par l'expert international Andrew Tanenbaum, auteur bien connu des étudiants : "ordonnancement des processus, protection de la mémoire de ces derniers et contrôle des ressources par accès multiple". Tout utilisateur Amiga qui se respecte approuva d'ailleurs ce point de vue. Bref, le passage à Windows 95 marqua la fin de cette échappatoire. L'émulation en tant "qu'arme ultime" n'est donc pas une solution fiable et finale.

2. En fait, une étude approfondie de Windows mit en lumière que la syntaxe d'appel des services API du monde OS/2 était assez semblable aux appels Windows. Seulement 700 appels sur plus de 2000 ont été notés comme étant incompatibles. L'objectif d'IBM qui portait le nom de code "SMART" était de traduire les appels Windows spécifiques en appels OS/2. Ceci fait, il suffirait de recompiler une application écrite en C pour qu'elle puisse tourner sous OS/2. Et lorsqu'on sait que la majorité des applications de haut niveau ont été écrites en C... A terme une telle stratégie aurait pu se défendre. Mais elle nécessite une recompilation et un travail de réécriture partiel. Le projet n'a pas été abandonné et un kit de développement allant dans ce sens existe aujourd'hui mais ce n'est plus la voie propriétaire et le succès d'une telle formule se fait toujours attendre.

3. L'ultime solution est-elle Java ? IBM se lance désormais coeur et âme dans cette voie. Car une fois qu'une machine virtuelle Java existe (et elle existe déjà avec la dernière version d'OS/2 !) n'importe quelle application Java est censée fonctionner sur l'OS cible. Au départ il y avait le frein de la vitesse : Java est en effet très lent (normal puisqu'il s'agit d'interpréter des instructions au sein d'une machine virtuelle) mais ce premier argument ne tiendra plus à moyen terme. En effet, des microprocesseurs Java (comprenant donc les instructions Java en mode natif !) vont bientôt voir le jour. Le deuxième contre-argument est simple. La solution Java est en effet une cage dorée pour les développeurs mais pour l'utilisateur final cela importe peu. N'oublions pas non plus les applications disponibles ! Un OS a beau gérer Java, gérera-t-il Microsoft Word ? (je précise que mon ordinateur idéal n'est pas un ordinateur qui pourrait "faire tourner" Word). Bien entendu, des applications verticales existent sous OS/2 dans de très nombreux secteurs industriels tels que l'alimentation, la construction, les hôpitaux, la menuiserie, les agences de voyage, etc. mais le grand public n'en a cure. Bien entendu, il existe, comme pour l'Amiga, un très grand foisonnement d'utilitaires de très bonne facture dans le monde du "shareware", mais les professionnels l'ignorent... "Nous voulons Office !" crient les entreprises. "On n'a pas pu vous proposer Office..." proclamera l'épitaphe qui risque bien de s'inscrire un jour sur la tombe de cet OS... Vision teintée d'humour noir ou dure réalité ?

Et l'Amiga ?

A la lecture de ceci on peut en déduire pour l'Amiga les points suivants :
  • L'Amiga peut-il renaître avec le même OS ? Visiblement non, car techniquement il a pris trop de retard (je parle en connaissance de cause et je pourrais remplir des pages pour me justifier). Ceci condamne une initiative comme la réécriture du noyau puis de l'ensemble de l'OS afin d'obtenir un OS sans droits de copyrights... L'effort est louable, mais sans espoir.

  • Aucun repreneur au monde n'aura les mêmes moyens qu'IBM pour redorer le blason de la marque. Un kit de compilation permettant de recompiler des applications d'un autre OS pour qu'elles évoluent sur Amiga ne sauvera donc pas l'OS. L'adaptation de l'OS sur un autre processeur que la famille des 68000 de Motorola aura le même effet. Sur Amiga de nombreuses applications ont été écrites en assembleur. Pour ces dernières, un travail d'adaptation sans le recours à l'émulation est impensable.

  • Un OS techniquement supérieur à tout ce qui existe maintenant ne serait même pas la garantie d'un succès commercial. OS/2 en est bien la preuve et avec (beaucoup) moins de budget, il sera impossible de faire mieux.
Pourtant, pour l'Amiga il n'y a pas 36 choix possibles : soit le status-quo (et alors c'est l'oubli total à moyen terme), soit la recompilation des applications pour le nouvel OS (quel qu'il soit), soit l'adoption d'une machine virtuelle Java par ce nouvel OS.

On peut donc en déduire que le choix du matériel se trouve au deuxième plan. Pour s'en convaincre, il suffit de se remémorer l'histoire du PowerPC (qu'IBM a finalement laissé plus ou moins tomber) ou encore, par exemple, de l'initiative NEST de Novell (OS embarqué pour périphérique et que la société essaie maintenant de revendre). Bref, le marché a désormais ses standards et toute l'industrie des périphériques ne se développe que pour ces seuls standards ! Standards Internet (ISAPI, CGI, HTML, etc.), standards pour le matériel, citons par exemple le bus AGP (acronyme de Accelerated Graphics Interface) ou encore l'USB (Bus Série Universel). Côté logiciel, j'apprécie la voie tracée par PIOS : BeOS, pOS et Linux.

B) Une solution ?

Sauver le matériel de la machine est illusoire. Ci-dessus, quelques voies logicielles sont lancées. Mais que reste-t-il de l'esprit Amiga ?

Mon choix personnel correspond aux choix de PIOS et s'arrête surtout à Linux. L'amateur éclairé et/ou le programmeur issu du monde Amiga y retrouvera pleinement son compte. Il aura sauvé l'esprit Amiga, il trouvera une machine ouverte pour réaliser n'importe quel projet informatique. Le rêve est là, à la place d'une machine de travail austère et fermée comme sont le PC ou le Mac. Et surtout, l'utilisateur Amiga peut déjà passer à Linux avec sa machine actuelle. Puis, le jour où il voudra changer de matériel, il aura à sa disposition un large éventail de possibilités.

C) Et Amiga News ?

La voie de traverse qui a consisté à lancer un complément Vidéo Numérique n'emporte pas mes suffrages. Bruce Lepper m'a déclaré il y a maintenant bien longtemps "nous sommes revenus à l'utilisation première de notre machine et à ce qui était au coeur des premiers A-News". Ce n'est pas ce que j'ai ressenti... même s'il est vrai que Bruce déclarait dans l'édito du numéro 1 : "Néanmoins, nous espérons proposer des rubriques séparées et régulières pour le son et la vidéo". Et même si je classe à part la "Trame Du Yéti".

El Yéti 100% error free warranty included : "vous en rêviez secrètement depuis des mois sans oser l'avouer à vos proches, vous n'espériez plus la voir arriver et pourtant la voilà : rien que pour vous, une rubrique spécialisée Amiga-Vidéo toute neuve dans votre canard préféré dès ce mois-ci et même maintenant... tout de suite" (A-News n°6 page 12 !).

Il me semble que les projecteurs du magazine devraient désormais se braquer d'urgence vers le BeOS, Java et surtout Linux tout en gardant une place de choix pour les rubriques "DP du mois", ou "Internet". ou les actualités (du genre de la "Techno-futur" de Jac Pourtant), ou le "Courrier des Lecteurs" (ou encore des rubriques comme on n'en retrouve pas ailleurs : je pense par exemple à "Qu'est que le packet Radio" du mois de février ou encore à la rubrique "Real 3D"). Comment installer Linux sur Amiga ou d'autres machines, comment recompiler des sources C Amiga vers Linux ? Quels sont les logiciels GNU phares ? Que penser des projets d'émulation Windows sous Linux ? Quid du Java et des applications proposées ? (je pense à la future suite de Corel). Pour que le magazine survive, il faudra bien qu'il trouve ce que l'on nomme une "niche commerciaIe" en marketing. Un "Linux Magazine" ayant comme sous-titre "pour Amiga/BeOS/PC" n'aurait-il pas plus de chances de perdurer ?

D) A qui le dernier mot ?

Tout ce qui précède reflète mon point de vue personnel et bien entendu je ne prétends pas détenir le dernier mot. Mais disons que j'ai pas mal roulé ma bosse. Mes premiers pas (très) maladroits en informatique, je les ai réalisés grâce à Commodore puis avec l'Amiga. Je dois beaucoup à ma machine à rêves. Beaucoup aussi à Bruce Lepper et à Amiga News. Aujourd'hui je suis programmeur dans le monde PC, et depuis deux ans je rédige des articles pour un magazine informatique technique parisien (le "virus" de l'écriture ne m'a pas lâché :-)). D'ici les vacances d'été, j'espère que vous pourrez lire aussi "Shareware : le livre du développeur" aux Éditions Eyrolles (enfin si le projet aboutit car je n'ose plus vraiment l'affirmer après deux années de démarches et deux éditeurs différents !).

Je salue au passage toute l'ancienne équipe d'A-News et j'attends avec impatience le numéro 100 pour avoir des nouvelles !

J'ai sous les yeux ce fabuleux A-News n°1 (avril 1988) (avec la Cupertino's NewsLetter et la rubrique "Gourou Méditation" !). Je donnerai finalement le dernier mot à Bruce qui proclamait "Que le lecteur ne s'étonne pas qu'un sujet soit traité par deux ou même trois auteurs différents dans un seul numéro. A-News est non seulement multitâches, il est aussi multi-opinions, et surtout indépendant". Et la dernière note souriante du regretté Frédéric Autechaud : "Sur ce, bonne production, écrivez-moi nombreux et que les frères B meurent dans d'atroces contractions verdâtres...".

Longue vie à A-News !

Pierre Ardichvili

N'ayant pas fait mes premières armes sur un Amiga 1000, je ne suis pas vraiment un pionnier. Lorsqu'en 1987 j'ai décidé de remplacer mon calculateur de bureau HP par un ordinateur, un rapide tour du marché m'a convaincu de ce que l'Amiga était LA machine à acheter pour se faire plaisir. J'ai donc acquis un des premiers A2000A, converti dès que possible en A2000B, avec 1 Mo de mémoire et un énorme disque dur de 20 mégas. J'ai fait mes délices de Deluxe Paint, qui me fut livré avec le tout premier virus de l'Amiga, pas méchant du tout, puis de l'AmigaDOS, dont j'ai voulu faire partager la passion par les lecteurs d'Amiga News. Le brave Amiga 2000, bourré de cartes additionnelles, m'a accompagné jusqu'en 1993 (sept ans pour un même ordinateur, il n'y a que ma vieille Toyota pour battre ce record), année de ma retraite. Il me fut offert à cette occasion une assez jolie configuration de PC, que je ne pouvais évidemment pas revendre immédiatement. J'ai donc conservé deux systèmes en parallèle pendant six mois, mais, comme le dit un collègue, la maintenance d'un système est un boulot à plein-temps... deux machines, c'était trop, surtout pour un retraité classiquement débordé.

Amiga News 100

Après moult réflexion, c'est l'Amiga que j'ai lâché pour trois raisons : ni l'A3000 ni l'A4000 ne m'avaient séduit à l'époque, ensuite les domaines d'excellence de l'Amiga étaient (et sont toujours, ce me semble) la vidéo et le graphisme, mais les meilleurs programmes ne peuvent compenser l'absence de dons et de formation artistique ; enfin, ne pouvant plus voler, je me suis rabattu sur la simulation, et dans ce domaine l'offre sur Amiga est pour le moins limitée.

Je n'oublierai jamais pour autant que c'est sur Amiga que j'ai appris ce qu'est un système multitâche, comment trifouiller un disque, comment programmer (un peu) en C, ce qu'est une fractale (merci Charles et Serge), comment travailler à distance, avec le Minitel en guise de modem, et bien d'autres choses encore. Bruce a eu la gentillesse de continuer à me faire parvenir la revue ; à l'occasion de son centième numéro, je suis heureux de lui adresser mes cordiales félicitations, ainsi qu'à toute la communauté Amiga, pour son incroyable vitalité malgré les tribulations qu'a traversées la machine, et pour son inépuisable créativité.

Club Amiga Télécom Paris (ATP)

Et voici les vétérans du Club Amiga Télécom Paris (ATP).

Peut-être les plus anciens d'entre vous se rappellent-ils la première Saga de l'Amiga, qui du numéro 41 à 46 en 1992 vous a conté l'histoire de notre belle machine, et décrit ses principaux aspects (matériel, Exec, Intuition, etc.). Peut-être les un peu plus jeunes ont-ils connu la fameuse Saga des Grands Utilisateurs, qui du numéro 51 à 70 en 1993-1994 a arpenté pour vous la planète, histoire de faire un reportage sur des labos ou des entreprises qui ont tiré le meilleur de la machine, ce qui était également une bonne occasion de découvrir différents domaines (astronomie, cardiologie, matériaux composites, calcul formel, télétel et j'en passe). Le club ATP, ça a été aussi des cours dans l'enseignement d'informatique à Télécom Paris, et une petite partie du fameux TVPaint...

C'était l'époque où il fallait se battre contre Commodore France pour obtenir qu'à défaut de faire leur boulot, ils laissent les autres faire leur travail de soutien à la machine (A-News en sait quelque chose)...

Aujourd'hui, l'équipe d'ATP est dispersée, comme ça arrive à beaucoup de groupes formés d'étudiants, lesquels ont vocation à émigrer un jour ou l'autre pour aller faire leur nid quelque part ailleurs, où l'herbe est plus verte, les processeurs plus rapides, les crédits moins réduits et où hélas parfois, on parle surtout l'anglais.

Nous avons avec difficulté retrouvé trois des principaux anciens d'ATP, Laurent Itti qui est maintenant à Los Angeles, Olivier Jeannet qui travaille en région parisienne, et Fabrice Neyret qui est en ce moment du côté de Toronto.

Ils nous donnent quelques nouvelles quant à leur parcours, et expriment leur pensée sur l'informatique, la micro, l'Amiga.

Fabrice Neyret

Amiga News 100 Aux débuts d'ATP, je venais d'obtenir mon DESS de math appli, et j'entrais à Télécom Paris, dont je suis sorti ingénieur en 1991, option Image. J'avais fait mon stage à TDI, la société produisant Explore, la fameuse plate-forme de synthèse d'image tournant sur Silicon Graphics, et c'est donc là que j'ai commencé véritablement ma carrière en synthèse.

Fin 1992, je me suis inscrit en thèse, la dernière occasion avant d'être trop vieux. Je me suis donc trouvé à Vinria à Rocquencourt, jusqu'à ma thèse obtenue en juin 1996 (déjà !), avec comme sujet les textures volumiques (pour faire des scènes très très chargées en raytracing sans crénelage, Cf. www-syntim.inria.fr/syntim/recherche/neyret).

A mes moments perdus, j'ai même commis quelques petites nouvelles de SF dont il paraît que je passe mon temps à faire la pub :^) : www-syntim.inria.fr/syntim/personnes/neyret.

Ensuite, j'ai été faire un petit tour de quatre mois à Alias-Wavefront Toronto, la boîte qui a racheté TDI et s'est fait racheter par Silicon Graphics. Depuis, je suis en stage post-doctoral au DGP à l'Université de Toronto, où je cherche à modéliser la forme et la dynamique des nuages convectifs et de la fumée : www.dgp.toronto.edu/people/neyret/.

Si les dieux de la synthèse sont avec moi, peut-être serai-je chercheur au CNRS ou à Finria à la fin de l'année. J'ai commencé avec le ZX81 en 1981. On faisait tout à l'époque avec 16 ko de mémoire (mais que fait donc xterm, le Shell Unix, de ses 8 Mo ?), puis le Spectrum, puis le QL toujours chez Sinclair. Je passais l'été à apprendre le BASIC aux vacanciers, ça se faisait à l'époque... Dans les associations où je travaillais, j'ai découvert le mythique Apple II, avec un truc nouveau bizarre appelé "floppy disc" (les IBM-PC étaient des casseroles méconnues avec lecteur de cassette), tandis qu'au lycée, un Bull Mitra 15 avec ses 4 ko de mémoire centrale faisait fonctionner une dizaine de consoles. Petites lumières et bandes perforées comme dans les vieilles séries américaines.

A l'époque, la micro était un univers bigarré, plein de variations et de tentatives, et il y avait même des machines françaises (TO7, Goupil...) et européennes. J'ai dû acheter mon A2000 vers 1987. C'était les débuts, et le revendeur m'avait installé des bouts du système 1.3 bêta pour me faire plaisir... A l'époque, les Mac découvraient tout juste la couleur et coûtaient 10 fois leur prix actuel, pour des performances vraiment inférieures à l'Amiga. Les Silicons Graphics aussi tournaient avec des processeurs 68k, toute la supériorité venant du matériel graphique 3D 24 bits.

Depuis, dans ma vie professionnelle, j'ai à disposition les derniers modèles de Silicon Graphics, capables d'afficher plusieurs millions de polygones 3D texturés anticrénelés par seconde en 24 bits avec double tampon. Alors mon Amiga ne me sert guère que pour taper des textes ou me connecter au boulot...

Mais songez : cette machine qui a connu le système 1.2 marche encore parfaitement en 3.0 sans "release" particulière. Ça donne quoi, Windaube 95 sur un PC de 1987 ? mhhh ? Je continue à trouver Exec efficace, bien pensé, et particulièrement pédagogique. Bien sûr en cinq ans d'immobilisme, la machine ne peut plus rivaliser avec les stations graphiques et le processeur est bien léger pour le calcul intensif. Mais Intuition se débrouille superbement bien avec les ressources dont elle dispose.

Ma foi, je pense que les temps héroïques sont finis, et je regrette les années bidouilles, en C, BASIC ou assembleur, comme votre père qui s'est fait sa radio à transistor au fer à souder ou votre grand-père qui a bricolé un aéroplane dans sa jeunesse. La programmation sera de plus en plus une technique discrète réservée à quelques usages professionnels, et vous, vulgaires particuliers, il ne vous restera peut-être plus que Linux pour bidouiller, et encore, qui sait si Unix, ce système pour les chercheurs, ne va pas lui aussi disparaître en dépit de ses mérites, au bénéfice de produits plus, disons, commerciaux... Mais bon. Demain est à I'Intemet nous dit-on, aux futures consoles-web à la maison, qui parlent en Java. Le BASIC de demain ? (pour peu que des moutures plus accessibles apparaissent...)

Laurent Itti

Amiga News 100 Après avoir reçu mon diplôme d'ingénieur de Télécom Paris en Traitement des Images en juin 1994, j'ai été chercheur en traitement d'images médicales au Harbor-UCLA Medical Center, Dept. of Neurology, à Los Angeles, Californie. J'ai développé plusieurs méthodes pour la fusion d'images cérébrales tridimensionnelles en provenance de différentes modalités (principalement IRM (voir ma photo), SPECT, IRM de perfusion, IRM fonctionnelle et spectroscopie par résonance magnétique).

L'idée générale est de corriger automatiquement pour les différences de position et d'orientation du patient entre plusieurs jeux d'images 3D acquis avec différentes machines, ou à différents moments. Une fois tous les jeux d'images parfaitement alignés, il est possible de combiner les informations spécifiques à chaque système, et en particulier d'améliorer la résolution des images fonctionnelles (~1 cm typ.) par injections d'information en provenance d'images structurelles à haute résolution (~1 mm typ.).

Depuis septembre 1995, je suis thésard (Ph.D.) au Califomia Institute of Technology (Caltech) à Los Angeles, dans le laboratoire du Pr. Christof Koch. Avec Christof, j'étudie les mécanismes neuronaux à l'origine de l'attention visuelle (voir www.klab.caltech.edu/~itti/attention, un petit logiciel qui détecte les objets saillants dans des images naturelles), avec pour but ultime d'essayer d'approcher de façon scientifique le problème de l'identification d'un substrat neuronal pour la conscience (pour plus d'informations, voir le livre "L'Hypothèse Stupéfiante" de notre collaborateur Francis Crick). En parallèle avec mon Ph.D., je continue ma recherche au Harbor-UCLA Medical Center, maintenant centrée autour de la cartographie anatomo-fonctionnelle cérébrale automatique (voir www.humc.edu).

Je regrette amèrement la grande époque de la micro, au début des années 1980. Je me rappelle l'achat de mon premier ordinateur à l'âge de 13 ans (un ZX81), et comment, parce que le système était si simple, j'ai pu programmer en BASIC quasiment immédiatement, et je finissais mon premier logiciel en assembleur seulement trois mois après. Je ne vois pas dans le panorama des machines actuelles une plate-forme aussi simple et facile d'accès pour débuter. L'Amiga reste à mes yeux la meilleure machine pour acquérir un savoir solide en informatique, matériel et système. Les connaissances acquises pendant de longues nuits de programmation et "hacking" m'ont été essentielles durant ma (courte) vie professionnelle.

Je n'ai plus d'Amiga à Los Angeles, et ça me manque beaucoup. En compensation, je fais pas mal de bidouille sur mes machines de travail (principalement un Pentium Pro 200 MHz sous Linux et une DEC Alpha 433 MHz). J'aime beaucoup Linux, un clone freeware d'Unix, et je trouve le système assez propre ; cependant, commencer la micro avec ce type de système est certainement trop abrupt. Mon conseil pour les débutants est d'éviter de suivre l'escalade logicielle et matérielle, et de ne pas se démoraliser devant la taille et la complexité des logiciels actuels ; achetez-vous un A1200 avec un assembleur et un compilateur C/C++, un jeu de Rom Kernel Manuals, et vous ferez des miracles en un rien de temps. Bien entendu, votre premier programme ne sera pas un méga Flight Simulator avec graphiques 3D temps réel et petits films MPEG décrivant la mission ; une petite bataille navale en mode texte fera bien l'affaire, car au moins, en la créant, vous aurez appris à programmer. Inutile de vous perdre dans les méandres de systèmes plus compliqués comme Unix, ou pleins de verrues et de correctifs comme Windoze. Vous aurez affaire à ces monstres bien assez tôt si vous décidez de poursuivre l'informatique de façon professionnelle.

Olivier Jeannet

Amiga News 100 J'ai connu l'ATP (Amiga Télécom Paris) au début de 1992 en lisant dans Amiga News (numéro 41) la Saga de l'Amiga. Cela coïncida avec mon DEA de math appliquées à Paris-5 dont certains cours avaient lieu à Télécom Paris. L'adresse électronique d'un des auteurs se trouvant à la fin d'un article, cela me fournit l'occasion d'inaugurer le courrier électronique de mon compte Unix pour le contacter. Je découvris ainsi l'Internet environ trois ans avant que tous les journaux informatiques ne se sentent obligés d'en faire leur sujet favori. Ce réseau était alors destiné au monde scientifique et géré par les centres de recherche, et les étudiants commençaient à en bénéficier.

Ma collaboration commença avec le club ATP, et j'eus par la suite l'occasion d'écrire les articles que vous connaissez peut-être (Aéroports De Paris, Robots à La Villette, Maple V, programmation système 2.0). Le club était près de son apogée, nous avions deux A3000 dans le local du club, qui avaient été donnés par Commodore. L'un d'eux était un des premiers A3000 Unix, et contenait une carte AVideo24, fruit de notre collaboration avec Tecsoft pour TVPaint. Les deux Amiga étaient reliés par ParNet (ceci a fait l'objet d'un article), ce qui était bien pratique pour économiser de la place sur les disques.

L'année scolaire suivante. je rempilai pour un DEA d'informatique théorique à Paris-6, avant le service militaire que j'effectuai en 1994 dans l'Armée de l'Air, dans le bureau informatique (tant qu'à faire !). Je m'occupais de veille technologique et de maintenir des PC, contre lesquels j'eus plus d'une fois l'occasion de pester. J'apportai même une journée mon Amiga pour montrer à mes camarades ses qualités graphiques et multitâches.

Depuis la fin 1994, je travaille dans une SSII (Société de Service en Ingénierie Informatique), dans le département gestion de réseau et télécom. Je programme en C (bientôt C++) sur des Sun sous Unix/Solaris, avec de la programmation X/Motif et utilisation de base de données relationnelle (Ingres). Il s'agit par exemple de collecter les informations envoyées par des commutateurs, de les stocker, les traiter et en afficher une vue synthétique pour un opérateur. Il faut être astucieux pour pouvoir absorber un flot important de données et offrir un affichage compréhensible des anomalies, tout en ayant une interface réactive. Pour cela, le multitâche d'Unix est fortement utilisé et pas moins d'une douzaine de tâches communiquent entre elles.

Côté machine, j'ai commencé la micro avec un Commodore 64. A partir du BASIC, j'ai programmé un assembleur, puis avec cet assembleur un assembleur symbolique deux passes qui, à mon avis, était bien plus performant que celui vendu par Commodore. J'ai ensuite eu un Amiga 500 (quelle merveille à l'époque !), d'abord sans disque dur, sur lequel j'ai surtout fait de l'assembleur. Je suis passé enfin au 1200 depuis fin 1993, et j'ai beaucoup apprécié l'AGA. Il a été par la suite motorisé par une Blizzard III bienvenue. J'ai le plaisir d'être membre du BBS Ramses depuis fin 1993, et même point FidoNet. Cela me donne l'occasion de suivre de près l'actualité de notre machine (grâce aux conférences), et de rencontrer des passionnés, qui sont souvent des spécialistes, lors des pots. Ramses me permet aussi d'être approvisionné en domaine public.

Mon avis sur l'Amiga est que jusqu'à la faillite de Commodore, cette machine avait beaucoup d'atouts, et pour son prix avait des performances vraiment intéressantes. J'ai beau utiliser des stations Unix relativement puissantes au travail (Sparc 20), j'aime bien retrouver l'efficacité de mon Amiga le soir. ARexx est réellement très utile. Quand je vois que, connecté à l'Internet, je peux à la fois utiliser un navigateur Web, deux sessions FTP, et afficher une image sans trop ramer, je suis content de mon "vieux" A1200. Netscape sur ma station Unix demande à lui tout seul pas mal de temps processeur, et sur PC je n'en parle pas. Après avoir travaillé avec plusieurs plates-formes, je me dis que l'Amiga n'est pas moins "professionnel" que d'autres. Les autres ont aussi leurs problèmes.

Il manque surtout à l'Amiga un processeur plus puissant et un système mis à jour (la protection mémoire d'Unix est vraiment géniale). Je ne peux qu'espérer la réussite des successeurs de Commodore (pOS, Phase 5 ou PIOS), sinon la BeBox me semble très tentante et en avance sur son temps.

Je vends mon Amiga... (par Jérôme Morin)

Pendant 10 années, j'ai eu d'abord un Amiga 2000 et ensuite un Amiga 3000. L'Amiga rimait avec cinéma. Mais commercialement tout a été fait pour que l'avenir soit constamment compromis. Le marketing déplorable de Commodore, les sorties de modèles incompatibles entre eux, l'orientation que les amigaïstes eux-mêmes voulaient donner : Amiga contre PC. Combien d'articles avons-nous lu sur le multitraitement ? Combien avons-nous lu d'articles qui pourfendaient le PC. Il fallait et il faut s'adresser aux "10 millions" de vidéastes qui achètent les "vidéocuts" ou "Hama" (un Amiga 500 ou un A1200 sont au même prix), il faut dire aussi, car j'en fais partie, que j'ai été fier de faire partie de cette caste privilégiée qui faisait facilement ce qui était inaccessible a beaucoup : la production d'images insolites. Le club Workbench et ARexx n'a pas su franchir le perron des écoles et des universités comme le Mac. Trop de jeux ont collé à la peau de cette machine. Je ne reparle pas de l'Amiga d'aujourd'hui qui fait et défait les espoirs de tous.

Amiga News 100

J'ai collectionné les Amiga News et je les conserve encore. Je les ai tous et je les relis, ne serait-ce que pour retrouver un tuyau !

Je lisais aussi Amiga Revue, mais à la première secousse, le journal de Commodore est parti en fumée. Commodore n'a jamais cru en l'Amiga !

J'ai beaucoup aimé l'Amiga

Mon Amiga 3000, avec sa carte IV24, a titré bien des films et j'ai épaté beaucoup d'amis avec des trucages, dont ils faisaient quelquefois les frais. J'ai pu exprimer aussi des idées plus sérieuses au travers de reportages, le dernier fut un voyage au Bénin.

Ce que je fais actuellement

J'ai deux occupations principales : le montage de films, le dessin et les cours de bureautique avec les outils de Microsoft. Je suis occupé 14 heures par jour.

Premier constat : j'ai deux ordinateurs sous mon bureau, deux tiroirs pour loger les claviers et je "swiche" pour l'affichage sur un écran multisynchro EIZO. Cela fait beaucoup de manipulations à connaître et de sauvetages à faire.

Je crois avoir tout essayé et acheté au fur et à mesure des sorties tant logicielles, que de genlocks, que de caméscopes !

Il y a du nouveau

L'arrivée du PC dans le monde du graphisme et de la vidéo change les données de la réflexion. Avec les résolutions d'images et d'écrans de très bonne qualité. Mon Amiga 3000 ne jouait qu'avec 16 couleurs (un peu plus en basse résolution). J'ai voulu acquérir une nouvelle carte pour rafraîchir mon A3000 et avoir d'autres résolutions, j'ai fait des essais, mais mon Scala 400 ne pouvait pas fonctionner correctement. Scala n'a pas suivi l'évolution de ces nouveautés, ou je n'ai pas su trouver les meilleurs conseils. Les revendeurs de province ne peuvent plus vivre avec une clientèle dérisoire. Eux aussi sont passés sur le PC.

Côté PC, Adobe Première est arrivé, c'est un joli produit, il est aussi vrai que du côté de l'Amiga, le DraCo possède MovieShop (en anglais) et que ces nouveaux produits remplacent Scala. Cependant, ce genre de machines ne s'achète pas par correspondance !

Un système comme l'AmigaDOS vaut Windows pour beaucoup d'usages.

Je suis un lâche !

Je suis persuadé que l'outil DraCo est supérieur à beaucoup d'autres. Mais il est trop isolé dans le monde qui m'entoure. Casablanca devrait être en publicité dans tous les journaux de vidéo.

J'utilise tous les jours un Windows 95 qui prend 100 Mo de mon disque. Mais il y a 60 millions d'usagers de Windows et je n'ai plus de mots pour convaincre qu'avec l'Amiga tout est supérieur. Même Commodore ou Amiga n'ont pas eu l'énergie pour enthousiasmer les vidéastes amateurs et méticuleux. Je vais abandonner le genlock IV24, cette invention géniale de Kudelsky (membre de la famille qui a inventé le Nagra, les décodeurs Canal+, etc.).

Et puis maintenant, le DraCo réclame de mettre les séquences sur disque pour effectuer des titrages et de compiler. Alors le PC aussi et tout le monde utilise ces méthodes. Avec Scala et un disque de 120 Mo je faisais de bien jolis effets et des animations sympas. Maintenant, il faudra plus de 2 Go pour le faire. Je suis conscient que je serai privé de faire partie de cette élite de gens passionnés qui partageaient cette folie de faire un titrage en 10 minutes ! Au mieux aujourd'hui pour le même titre, il me faudra deux heures.

Je demande pardon à tous les "fous" sympathiques comme Amiga News, Applimatic, CIS, DeltaGraph'X, Duchet et quelques autres qui continuent efficacement à sauver ce qu'ils peuvent de cette merveille.

Je vais acheter

Un Pentium MMX 200 avec 64 Mo, un disque Fast SCSI-II de 2 Go, un disque Fast SCSI-II AV de 2 Go (oui cela fait deux disques). A l'heure où j'écris ces lignes j'hésite entre l'AV Master ou la Miro 30 comme carte vidéo. Un lecteur de CD x12, un graveur x4, un Iomega 1 Go, un modem 33 000. Je vais prendre la carte graphique Miro Media 3D, car elle a une sortie TV pour brancher mon "beamer" pour les conférences.

Mais vais-je avoir les moyens de m'offrir TVPaint Animation sur PC à 9 999,00 francs pour remplacer mon Deluxe Paint sur Amiga ?

Le montage sur PC

J'attends encore un peu pour passer au caméscope numérique et aux cartes DV (DV Master ou Miro 100), c'est tentant mais mon porte-monnaie n'arrive pas à payer ces nouveautés.

J'ai un EV 9000 et un EV 2000 pour faire des montages avec le code temporel. Ces deux machines sont parfaites pour faire les montages en HI8. J'ai commencé par mettre toutes mes séquences de films sous une base de données Access avec numéro de cassette, début, fin et durée. Lors d'essais, voilà comment j'ai fait : je fais mes sélections avec enregistrement sur le disque AV. Attention, il faut mettre les séquences sources et les séquences finales sur le disque ! Un giga ce n'est pas beaucoup. Le côté intéressant est de faire le montage avec les effets de transitions entre les séquences, il suffit de donner le nom aux séquences, vous pouvez ajuster celles-ci à l'image près. Sélectionner l'effet désiré, titrer, sous-titrer, ajouter la musique et contrôler les volumes.

Un autre rêve : vous pouvez choisir les couleurs de fond que vous souhaitez voir en "fond graphique ". Le trucage multipiste produit de jolis effets, il faut connaître bien ce que vous souhaitez faire car les temps de compilation sont proportionnels à votre imagination et à vos prétentions. Il est très joli de voir vos séquences animées qui s'entourent autour d'un cube animé dans l'espace. Un Pentium 166 MMX met plus de 10 minutes à compiler cet effet ! Les résultats obtenus sont les meilleurs que j'ai pu obtenir depuis que je fais de l'infographie. Un ami qui va acheter un DraCo m'a dit que les résultats sur le DraCo étaient magnifiques.

A l'heure où j'écris ces lignes j'ai toujours mon Amiga, je n'ai pas encore acheté le PC qu'il me faut.

Quel est le gourou qui pourrait venir me dire de ne pas faire l'irréparable : quitter les amigamis ? (comme aurait dit Cupertino !)


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