Obligement - L'Amiga au maximum

Mardi 19 septembre 2017 - 22:51  

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Reportage : l'Amiga à Aéroports De Paris
(Article écrit par Yan Pujante et Olivier Jeannet et extrait d'Amiga News - mars 1993)


C'est à Orly, ce mois-ci, que le club Amiga Télécom Paris s'est rendu pour vous faire découvrir l'utilisation de l'Amiga sur le site d'Aéroports de Paris (ADP pour les intimes). Aéroports de Paris est un établissement public autonome (EPA) sous tutelle du ministère des transports. Son siège social est basé à Paris et gère l'ensemble des aérodromes et aéroports de toute la région (notamment Orly, Roissy et Le Bourget). Cet établissement a été fondé en 1947 et compte aujourd'hui 6837 employés.

Nous nous sommes rendus dans l'une des nombreuses cellules de cet établissement, le département Opérations Aériennes, chargé de l'exploitation et de la circulation des avions, dont l'effectif est d'environ 900 personnes. Plus précisément à l'intérieur de ce département, nous nous sommes intéressés au service Étude de la Circulation Aérienne. Ce service de 18 personnes réalise, entre autres, des études informatiques en mode "léger", c'est-à-dire que les projets élaborés ici sont à court terme (de l'ordre de six mois à un an). Et c'est là que nous avons rencontré l'Amiga...

Équipement

Le matériel employé par l'entreprise est assez diversifié : au départ, ils utilisaient principalement des terminaux graphiques couleurs reliés à leur centre de calcul sur un mainframe IBM 3092. Par la suite, ils ont évolué progressivement vers une organisation à base de micro-ordinateurs autonomes ou en réseaux. On trouve également des PS2 ainsi que des stations de travail Apollo (consacrées à des études de procédures aériennes). Inévitablement, on trouve bien sûr aussi quelques compatibles PC.

Et l'Amiga dans tout ça ? Il n'occupe sa place dans le service que depuis le mois de septembre 1992 grâce à l'initiative d'un développeur, M. Brillant. Nous avons donc trouvé là un Amiga 3000UX, équipé d'un disque dur de 200 Mo et gonflé à 16 Mo de mémoire plus 2 Mo de mémoire Chip. Il y a également un lecteur de disque optique (type Floptical : chaque disquette a un format physique de 3,5 pouces pour une capacité de stockage de 21 Mo).

Le développeur qui utilise principalement l'Amiga 3000 possède lui-même un Amiga 4000 et ne désespère pas de séduire à nouveau son département. Dans un tout autre domaine, on trouve également des Amiga 2000 à Roissy et à Orly, tous deux servant en fait de station vidéo principalement pour des applications internes style journal ou titrage.

Les raisons

Pourquoi un Amiga au milieu d'un parc si varié de machines ? Selon M. Brillant, l'Amiga permet de réaliser des développements rapides de maquettes de projets logiciels, irréalisables sur PC avec la même célérité et la même souplesse. On dispose sur cette machine de fonctions très intéressantes tels le multitâche qu'il juge vraiment comme étant le point le plus appréciable de l'Amiga, la possibilité d'avoir plusieurs écrans superposés, ou encore l'aisance pour réaliser des animations graphiques.

Le langage principal de développement est le C (utilisation du compilateur SAS 5.106), mais on utilise également Nomad, APL, Fortran et ARexx. Avec l'expérience, les développements deviennent de plus en plus agréables et rapides à réaliser grâce principalement aux nombreuses facilités et astuces que l'on découvre à l'usage.

Les projets

Après ce rapide tour d'horizon, nous allons à présent détailler les études développées sur l'Amiga (projets qui portent les doux noms de BOREAL et de DECOR...). Il s'agit des programmes "Balisage Opérationnel avec R E tour détail d'ALarme", et "Données Environnement Contrôle pour Orly Roissy".

Le premier a pour but d'aider à la surveillance des pistes, en récoltant et synthétisant les informations sur l'état de l'éclairage des pistes et des différents signaux lumineux qui servent pour le pilotage, dont la défaillance interdit la plupart des atterrissages. Le deuxième projet s'occupe des événements qui se tiennent dans la périphérie des pistes en général, les différentes activités au sol, par exemple la présence de travaux.

Aéroport De Paris
Projet DECOR provisoire

Il est important pour l'efficacité de la surveillance que l'interface graphique soit "parlante", que l'on voit bien les différents indicateurs sans se perdre dans la diversité, et que les alarmes ne passent pas inaperçues, sans non plus importuner l'utilisateur avec des détails inutiles. L'ergonomie est donc très importante, les couleurs doivent être choisies avec soin, la façon dont les voyants apparaissent également, étant donné que les utilisateurs finaux vont devoir travailler avec cet outil toute la journée et rester attentifs à ce qu'il se passe.

C'est dans la création et l'évaluation de l'interface graphique que l'Amiga intervient. En effet, il suffit de connaître suffisamment le C et les bibliothèques graphiques de l'Amiga (sans être un expert) pour pouvoir dessiner une interface graphique complexe qui ne nécessite qu'un programme de quelques centaines de lignes. L'interface définitive sera implémentée sur un simple terminal graphique écran/clavier.

Nous allons parler plus spécialement ici du projet BOREAL, car le projet DECOR donne lieu aux mêmes démarches de conception, mais répond à un problème plus simple.

BOREAL

Dans un aéroport, dès qu'il fait sombre ou qu'il y a du brouillard, voire une forte pluie, l'atterrissage des avions devient plus difficile à effectuer. Les avions qui atterrissent sont donc aidés par une série de signaux lumineux, qui sont de plusieurs sortes. Il y a des balises sur les côtés de la piste, des balises avant le début de la piste qui font office de marqueurs et d'indicateur de distance. Il y a également des flashs disposés dans l'axe de la piste avant qu'elle ne commence. Grâce aux marqueurs et aux flashs, l'avion peut se positionner bien dans l'axe et savoir où celle-ci commence, avec précision.

Bien que de plus en plus d'avions soient munis d'un système de radio-guidage permettant d'atterrir sans aucune visibilité, le balisage lumineux des pistes reste très important, ne serait-ce que pour pouvoir sortir de la piste après avoir atterri, ou y accéder pour le décollage. La moindre défaillance des différentes balises doit immédiatement être détectée et analysée afin de savoir si l'atterrissage est toujours possible. La possibilité d'atterrissage dépend de l'état de dégradation du balisage, et du type d'avion qui peut se présenter. Selon les possibilités de guidage autonome de l'avion, il lui sera autorisé ou refusé d'atterrir sur la piste dont le balisage est mal assuré. On définit trois catégories d'avions selon les perfectionnements dont ils sont dotés.

1. L'objectif est de visualiser l'état des différents éclairages de piste, et à partir de cette information, de produire une analyse de la capacité d'atterrissage. L'interface graphique représente les pistes vues de dessus en 2D ainsi que les multiples voyants qui vont donner l'information sur les catégories d'atterrissage et l'état des balises, catégories qui dépendent de la gravité de l'incident susceptible de survenir. L'image totale est affichée sur un écran 640x256 en 16 couleurs, ces couleurs permettant ainsi de distinguer d'un coup d'oeil les différents cas de figures possibles. Le mode entrelacé n'a pas été choisi car les Amiga 2000 de la tour de contrôle ne sont pas équipés de désentrelaceur, ceux-ci n'étant pas vraiment nécessaires pour cette application.

Aéroport De Paris
Pistes de Roissy au départ

Aéroport De Paris
Pistes de Roissy en simulation

2. Les catégories sont établies d'après les informations récoltées en temps réel au niveau des balises, et un certain nombre de règles. Ces règles sont spécifiées dans le cahier des charges, qui définit aussi comment doit être implémentée l'interface graphique. L'aide au contrôle consiste principalement en la synthèse de la situation, synthèse qui était auparavant produite à l'estime au moment des coups durs par le contrôleur.

3. L'intérêt du maquettage est de pouvoir rapidement se rendre compte de l'efficacité de l'interface graphique. Le maquettage permet de plus de vérifier le bien-fondé du cahier des charges et des règles qui sont utilisées pour l'évaluation des catégories. Dans le cadre du maquettage, on peut modifier à loisir l'état des différentes balises pour vérifier le comportement du programme et ses décisions quant à la sécurité. La modification peut se faire par le clavier, ou à la souris peur une souplesse encore plus grande. Chaque type d'éclairage peut se trouver dans six situations possibles, symbolisées par des couleurs différentes à l'écran : éteint, allumé correctement, travaux, indisponible, défaut d'allumage, éteint si allumage.

Aéroport De Paris
Pistes d'Orly au départ

Aéroport De Paris
Pistes d'Orly en simulation

Interface graphique

Chaque balise sur la carte, quel que soit son type, est en fait un gadget que l'on peut cliquer pour en changer l'état apparent (apparent car il s'agit de simulation). Selon la forme de l'éclairage concerné, cela a été implémenté différemment au niveau de la programmation. Il y a trois sortes d'objets graphiques : les gadgets Intuition classiques, les gadgets quadrilatères, et les témoins lumineux.

1. Dans le cas où l'objet est horizontal, il suffit d'utiliser un gadget rectangulaire classique d'Intuition. Par contre, quand l'objet est en oblique, comme pour certaines portions de piste, il est difficile de l'implémenter comme un gadget, aussi a-t-il été jugé plus adéquat de délimiter l'objet par des droites. En relevant les coordonnées du clic de souris lors de l'exécution, on peut savoir en faisant quatre tests si le pointeur se trouve au-dessus de l'objet. Les témoins lumineux, quant à eux, servent uniquement à la visualisation d'informations sous forme de textes en couleur.

2. En ce qui concerne les gadgets Intuition et les indicateurs, les états qu'ils peuvent prendre sont affichés à partir d'une unique brosse qui regroupe toutes les images possibles pour les différents gadgets ou indicateurs et dans laquelle on pioche. Cette brosse est dessinée sous Deluxe Paint puis stockée dans un fichier au format IFF. Le programme la charge donc facilement, grâce à la bibliothèque iffparse, en quelques instructions. Ensuite, chaque fois qu'un témoin ou un gadget change d'état, l'image correspondante va être copiée depuis la brosse vers l'emplacement correspondant à l'écran, en utilisant une instruction de la graphics.library de type ClipBlit (recopie d'un dessin, avec masquage éventuel). Dans le cas d'un gadget quadrilatère, la surface de l'objet est remplie avec la bonne couleur ou le bon motif via l'instruction graphique AreaFill, solution qui a été jugée suffisante.

3. La modification de la maquette est aisée grâce au fait que les emplacements des différents gadgets et témoins sont déterminés par un unique fichier de configuration. Ce fichier de configuration contient les positions des gadgets, leur nature, la partie de la brosse associée.

4. Les gadgets sont de plus reliés dynamiquement selon les règles du cahier des charges.

L'utilité du multitâche

C'est dans l'élaboration de ce fichier de configuration que le système multitâche et multi-écran de l'Amiga facilite la tâche du programmeur. En effet, il faut repérer sur la brosse les coordonnées des motifs à recopier sur l'écran, et ce pour chaque motif de chaque gadget. Sur une machine monotâche, il faudrait par exemple lancer le logiciel de dessin, noter les coordonnées d'une série de points de la brosse, quitter le logiciel, lancer l'éditeur, rentrer les coordonnées dans le fichier, quitter l'éditeur et recommencer ainsi un certain nombre de fois (comme quoi une tâche fonctionnellement simple peut vite devenir un véritable calvaire !).

Avec l'Amiga, on lance Deluxe Paint, on lance l'éditeur, puis on descend l'écran de l'éditeur devant Deluxe Paint jusqu'aux deux tiers. En mettant Deluxe Paint en mode loupe et en lui faisant afficher les coordonnées en permanence, on peut très rapidement amener la souris sur un des points à enregistrer, passer sur l'éditeur pour en entrer les coordonnées, et revenir sur l'écran de Deluxe Paint pour le point suivant.

Cet aspect multitâche et multi-écran, qui au premier abord peut paraître d'apport négligeable, rend beaucoup plus rapide et agréable cette phase de la programmation, qui en général est plutôt ingrate. Et l'éditeur du domaine public AZ (par Jean-Michel Forgeas) permet même de faire passer la fenêtre d'édition sur l'écran de Deluxe Paint !

Le choix de l'Amiga se justifie donc par la facilité de mise en oeuvre d'une interface graphique évoluée, la rapidité de développement améliorée par les possibilités multitâches et graphiques qu'elle offre, et le tout pour un coût réduit. On peut également incorporer sans problèmes des sons à rejouer dans une application, grâce aux nombreuses possibilités de numérisation, de restitution et de synthèse. On peut également faire appel à la synthèse vocale, sans même se servir des bibliothèques dédiées, avec un simple "Execute "say danger"" faisant appel au CLI/DOS.

Conclusion

Bénéficiant à la fois d'une interface graphique et d'un Shell, disposant de bons compilateurs et de nombreux outils en domaine public, doté d'un système multitâche et d'une couche graphique commode et rapide, proche d'Unix et comme lui conçue pour le C, capable d'émuler les principaux systèmes et de faire tourner X Window, l'Amiga s'impose comme la machine de développement idéale.

Ce type d'utilisation représente un marché à lui tout seul, et contrairement à la bureautique s'accommode d'un parc de logiciel restreint, à partir du moment où l'on peut disposer d'un environnement de programmation complet. Encore faudrait-il introduire énergiquement la machine dans ce milieu, notamment en se distinguant dans les salons professionnels et dans les formations à l'informatique.


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