Obligement - L'Amiga au maximum

Lundi 26 juin 2017 - 07:27  

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Reportage : L'Amiga à la télé (chez TLT)
(Article écrit par un auteur inconnu et extrait d'Amiga News - janvier 1995)


Si l'Amiga est bien implanté dans le milieu de la vidéo, c'est souvent en tant que générateur de caractères "low-cost". Mais lorsqu'une chaîne locale prend le pari de réaliser la quasi-totalité de son habillage sur cette machine, que ce soit en direct comme en post-production, on est en droit de s'interroger sur le bien-fondé d'une telle option...

En préambule

La constatation qui s'impose est que la quasi-totalité des stations infographiques "sérieuses" présentes en audiovisuel sont des machines dédiées. La plus connue d'entre elles, la PaintBox de Quantel qui existe aujourd'hui dans plusieurs versions, domine le marché. Même si les prix baissent peu à peu, il faut avouer que ce type d'appareil reste difficilement accessible aux structures légères. Dès lors, on peut légitimement se demander pourquoi à peu près tous les constructeurs présents dans le milieu de la vidéo ont créé leur propre palette graphique, parfois couplée à un générateur d'effets numériques : Getris images, GVG, Sony ou feu Ampex... Les prix variant de quelques centaines de milliers à un, voire plusieurs millions de francs.

En fait, tout part du principe qu'une entreprise s'équipera plus facilement du matériel le mieux compatible avec ses propres moyens de post-production : le matériel de la même marque ! Sachez aussi que pour beaucoup de ces stations l'interface utilisateur est gérée par un PC, les circuits d'affichage et la mémoire de masse résidant dans des boîtiers séparés, très beaux racks au milieu des magnétos Beta, BVU ou MII. Rien à voir donc avec notre petit Amiga à l'aspect micro à moins de 50 000 FF avec son genlock. Pourtant, à Toulouse, la télé locale a jeté son dévolu sur l'Amiga.

Et pas n'importe quelle télévision locale, puisque TLT fut la première en France : sa première émission eut lieu le 7 avril 1988 exactement... Il va sans dire que depuis ce jour, les programmes ont évolué, pour aboutir aujourd'hui à deux heures de direct quotidien. On y trouve un journal, bien sûr, mais aussi un "talk show" quotidien traitant de problèmes propres aux toulousains et environs. Les sports ont aussi leur place, de même que les loisirs et le cinéma en fin de semaine. Le restant de la journée est occupé par des rediffusions de la veille, ainsi que par un programme d'accompagnement nommé Infoplus (petites annonces, clips, présentations de films et spectacles...) en grande partie réalisé sur Amiga.

Un rôle à part entière

Bizarrement, l'Amiga n'est entré que relativement récemment au sein de TLT, il y a trois ans. Un A2500 équipé d'un genlock GST 2500 sert à fabriquer Infoplus. Pour ce faire, Bertrand Maria, l'infographiste attitré, filme à l'aide d'un banc-titre les photos des petites annonces, puis tape leur texte à l'aide de Scala ; les deux éléments sont ensuite assemblés à l'aide d'un mélangeur image. Le GST permet d'incruster le texte par-dessus la vidéo, tout en profitant des effets de transition de Scala pour passer d'une page de texte à l'autre.

Évidemment, le 2500 étant limité à 16 couleurs simultanées (le pauvre tourne sous Workbench 1.3...) en haute résolution avec suraffichage, son utilisation dans ce cas revient à un générateur de caractères. Mais la souplesse d'utilisation légendaire de l'Amiga permet une mise en place extrêmement rapide des pages-écran. C'est pourquoi cette solution reste préférée à un environnement plus lourd. L'enregistrement final de la vidéo se fait en Betacam SP, le format universellement utilisé en vidéo Broadcast. Puis cette cassette est diffusée automatiquement par un robot qui évite d'avoir en permanence un opérateur surveillant l'antenne...

TLT

Revenons quelques instants sur la résolution utilisée : dans tous les cas c'est la résolution vidéo PAL, 736x580. En fait, une utilisation Broadcast nécessite un alignement par rapport aux autres sources. Et c'est là un des points les plus importants de l'Amiga que d'avoir permis dès le début d'afficher cette résolution grâce au suraffichage (overscan). Cela explique aussi le fait que l'on voit si peu de PC ou de Mac dans une régie. La facilité de "genlockage" de l'Amiga a donc été décisive. Les modes inférieurs (320x256, 320x512) sont donc prohibés dans ce domaine, où la finesse de l'enregistrement Beta retranscrit fidèlement le moindre défaut. Le problème est, dans ce cas, la vitesse d'animation qui devient vite problématique si l'on ne dispose pas de système d'enregistrement image par image, comme l'Abekas A60 ou... la carte PAR. Mais nous y reviendrons.

Les virgules d'enchaînement furent réalisées sur Scala MM300, à l'aide de l'A3000 qui trône depuis trois ans en régie. Celui-ci joue un rôle important pendant le direct du soir, puisque c'est lui qui "habille" les incrustations diverses (nom des protagonistes, lieux de l'action ou signature des reportages) qui, elles sont fabriquées par un générateur de caractères dédié. Eh oui, quoi qu'on en dise, la résolution de ces machines, et surtout leur anticrénelage, sont préférées à l'Amiga. Il faut dire aussi qu'elles sont sollicitées en permanence par les scripts qui doivent pendant l'après-midi taper les textes demandés, et élaborer le conducteur du jour (planning minuté à la seconde près de l'émission). L'Amiga est, quant à lui, fort occupé durant ce temps, puisqu'il sert avant tout de palette graphique. En effet, les journalistes ont souvent besoin d'une carte ou d'un graphique pour étayer leurs propos : Deluxe Paint est là. Indétrônable de par son ergonomie, c'est lui qui s'occupe de toutes les tâches sus-décrites, épaulé depuis juin par Scala MM300.

TLT

C'est avant tout la simplicité - souvent gage d'efficacité - qui prime dans ces cas-là. D'ailleurs, il serait bien souvent difficile de fignoler au pixel près ses écrans lorsque leur temps de conception est plus proche des cinq minutes que de la journée ! Selon l'habitude dans le milieu de la vidéo, le travail est la plupart du temps à rendre pour la veille, dernier délai. Heureusement, Scala et ses fonds d'écran ont permis plus d'une fois d'atténuer la sécheresse d'un tableau statistique sur le trafic Toulousain en centre-ville de mai à juin 1994... De plus, depuis trois ans bon nombre de petits graphismes divers se sont accumulés sur le disque dur, permettant là encore une mise en page plus attrayante.

Pour en revenir à des considérations plus techniques, l'A3000 est transféré en vidéo à l'aide d'un genlock MSP 3400 de SATV, qui fut longtemps une référence en matière de qualité. Notons que l'incrustation de l'Amiga sur l'image se fait directement à partir du mélangeur central : cette console permet au réalisateur de commuter à l'antenne telle ou telle caméra (il y en a six sur le plateau), tel magnétoscope ou bien sûr l'Amiga. Pour ce faire, le MSP délivre un signal dit "de découpe" (ou Key) qui reprend celui de l'Amiga, mais en noir et blanc. Ainsi, le mélangeur remplace le noir de l'image par la vidéo, et le blanc par l'image Amiga (en schématisant, la réalité est un tantinet plus compliquée).

Le logo de l'émission "Tous les jours c'est l'info" provient donc de l'Amiga, ainsi que différents messages : numéros de téléphone, informations diverses. Ces pages sont tout simplement stockées sous la forme d'une animation Deluxe Paint, et l'infographiste n'a qu'à choisir le bon cadre au bon moment. Ce choix s'effectue la plupart du temps hors antenne. La page de brouillon de Deluxe Paint permet d'avoir en permanence la page la plus usitée sous la main (en l'occurrence le logo) par une simple pression sur la touche "j".

TLT

Un partenaire indispensable

Ces applications pourraient présenter un intérêt plus que relatif dans un cadre normal, mais il faut insister sur le fait que ces manipulations s'effectuent en direct total ; lors de débats agités, le réalisateur peut à tout moment commander une page spéciale, ce qui demande une synchronisation parfaite entre celui-ci, l'infographiste et la scripte. La moindre erreur de manip' se solderait par l'apparition d'un magnifique requête "Aller au cadre n°..." devant plusieurs milliers de spectateurs (ils sont à peu près 360 000 par semaine) !

Mais la vocation primaire de l'A3000 est la conception des cartes météo... Eh oui, grâce à l'Amiga, il suffit de quelques minutes pour réaliser la météo du jour : les quatre cartes qui la composent sont chargées sous Deluxe Paint, puis en page de brouillon est chargée la planche contenant les petits nuages. Un excellent exercice de gestion de palette, puisque icônes, cartes et températures doivent tenir en 16 couleurs... en attendant un système d'affichage plus puissant... Tous les jours, vers 17 heures, les prévisions de Météo France parviennent à TLT sous la forme d'un fax. Il est amusant de constater que suivant la période de l'année, ceux-ci se révèlent plus ou moins laconiques. Les prévisions d'été demandent souvent une interprétation poussée de la part de l'infographiste lorsqu'il se retrouve en face de trois lignes de texte et des températures fantaisistes...

Il arrive aussi que des publicités ne puissent être réalisées autrement qu'en infographie ; ici encore, le couple Deluxe Paint/Scala MM300 est sollicité. La nécessité de travailler en haute résolution interdit l'utilisation de la 3D dans ces cas précis. De plus, les budgets alloués (qui n'ont pas grand-chose à voir avec ceux des chaînes nationales, il faut le souligner) obligent à travailler rapidement, pour produire plus. Ne perdez pas de vue que TLT est une chaîne privée, qui ne vit presque que de la publicité.

On ne peut plus s'en passer

Mais il est un domaine oû l'Amiga donne sa pleine mesure, c'est la création de génériques et virgules diverses. Pour ce faire, un 4000/040 équipé de 14 Mo de mémoire et d'un disque dur de 340 Mo est accouplé (si vous faites un petit, gardez-m'en un !) à la station graphique MSP 9000 de SATV. On rentre ici dans le domaine des poids lourds. En effet, ce duo de choc a permis la réalisation de l'habillage du 19/20 quotidien par Fabienne Kaufinger, Laurent Azéma ainsi que moi-même (ça y est, je suis démasqué).

Le MSP, outre son excellente qualité de sortie, a entraîné l'utilisation de TVPaint 2.0 et la numérisation en 24 bits temps réel. Et bravo à SATV, car la vitesse de travail est assez impressionnante. Le rendu en 32 bits permet une incrustation parfaite sur la vidéo (en YUV, s'il vous plaît). Mais surtout, c'est la gestion de la transparence qui permet des effets intéressants. Par exemple, les lettrages s'ornent de dégradés parfaits semi-transparents. Ces génériques sont donc une combinaison de Deluxe Paint, Scala MM300, TVPaint 2.0 et Real3D. Deluxe Paint ? En effet, au début de certains d'entre eux, un effet d'explosion de lettres nécessitait une animation d'une fluidité irréprochable... en 780x576. Heureusement, quatre couleurs suffisaient. L'animation a ensuite été convertie en Anim8L grâce à AnimLab, l'utilitaire de conversion de Scala, puis relue par celui-ci à 50 images/secondes.

Par contre, le générique principal (tous les jours c'est l'info) consiste en un enchaînement ininterrompu d'images retravaillées par TVPaint et ses opérators. Ici, ces images furent numérisées, traitées puis enregistrées une à une en Beta SP. La qualité demandée rendait impossible toute relecture en temps réel depuis l'Amiga (car l'AGA n'est pas un foudre de guerre...).

La 3D...

La 3D est intervenue quant à elle, dans le générique de l'émission d'humour "Fiel ma Télé", animée par les Chevaliers du Fiel, un duo de comiques. Notons que les musiques de l'émission sont réalisées par Francis Ginibre, l'un des deux protagonistes, à l'aide de synthés et... d'un Amiga équipé de Studio 24. Décidément, elle est partout c'te machine !

Pour en revenir au générique principal, deux téléviseurs "vintage" ont été modélisés sur Real, puis incrustés sur la vidéo. Ils servaient en fait de masques à des fenêtres créées par un générateur d'effet, ce qui a permis de montrer deux parties du corps d'un personnage dissociées l'une de l'autre. Grâce au canal alpha du MSP, l'incrustation est invisible. Pour un faux jingle météo parodiant le fameux "Darty", une autre des facultés intéressantes du MSP 9000 a été utilisée. En effet, une tour Eiffel plutôt schématique et son environnement ont été modélisés sur Real, puis affichés en 24 bits sur TVPaint. Puis (merci le multitâche !) une petite camionnette a été animée sur Real pour donner l'impression de traverser l'écran et de se crasher sur le bord droit du téléviseur. Grâce à la combinaison simultanée des deux plans, la séquence a pu être enregistrée en temps réel, l'animation proprement dite ne se déroulant que sur une portion d'écran. La vitesse d'affichage était donc suffisante.

TLT

TLT

Tout n'est pas rose

C'est finalement là le gros défaut remarqué de l'Amiga, pourtant rattrapé par sa souplesse et sa polyvalence. En effet, dans le milieu de la vidéo Broadcast, on est plutôt habitué à disposer d'une machine par fonction, ce qui remplit vite une régie : mélangeur, générateur d'effets, voies de contrôle diverses et autres éditeurs de montage... C'est donc avec une certaine méfiance que l'on a vu arriver une machine qui se targuait à la fois de faire office de palette graphique, de générateur de caractère ou de station 3D.

Mais on a dû se rendre à l'évidence : l'Amiga fait tout cela, et même plus. Il est devenu aujourd'hui incontournable pour habiller les magazines de la chaîne. Grâce à des programmes comme TVPaint, on arrive à une qualité et à une versatilité proches d'une PaintBox Junior, pour le quart du prix (sachant que la PaintBox Jr n'anime pas, elle !). Bien qu'un défaut soit apparu au fur et à mesure de l'utilisation de TVPaint : l'absence de gestion directe des polices vectorielles... Défaut allègrement effacé par la version 3.0 du logiciel, que l'on espère à Télé-Toulouse pour bientôt.

Conclusion

Il faut souligner que TLT est une structure légère. A ce titre, les investissements matériels importants sont étudiés avec soin (le couple A4000 + MSP 9000 représente environ 50 000 FF, tout de même). Le choix de l'Amiga en tant que station infographique s'est fait de manière naturelle, principalement en fonction du coût. Mais on ne s'aventurait pas en terrain inconnu, puisque le responsable technique de la chaîne possédait lui-même un A500 à l'époque de l'achat du 3000. Reste à savoir si cette fidélité envers l'Amiga restera de mise : la balle est dans le camp du repreneur de Commodore.


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