Obligement - L'Amiga au maximum

Mercredi 13 décembre 2017 - 00:26  

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Comparatif : Amiga 4000 contre Falcon 030
(Article écrit par Jacques Harbonn et extrait de Tilt - novembre 1992)


Nouveau venu dans le PIF (Paysage informatique français, bien sûr !), Amiga 4000 et Falcon 030 disposent, chacun, de moyens qui peuvent inquiéter les PC. Qu'en est-il exactement ? Tilt fait le point.

Nous vous avions déjà donné dans les deux précédents numéros de nombreuses informations sur le Falcon 030, informations glanées sur les différents salons européens. Mais cette fois, ne reculant devant rien, nous avons passé plusieurs heures à explorer la "bête" et à la voir fonctionner en situation. Simultanément, Commodore dévoilait son nouvel Amiga 4000, machine haut de gamme destinée à détrôner l'A3000 au sommet de la pyramide. Il nous a paru intéressant d'opposer ces deux nouvelles machines et de les replacer face aux PC actuels (386 et 486). Cette étude sera scindée en différents points afin de faciliter les comparaisons.

Amiga 4000 Falcon 030
L'Amiga 4000 de Commodore et le Falcon 030 d'Atari

L'aspect

L'Amiga 4000 reprend le boîtier de l'A3000, c'est-à-dire un boîtier de type PC de bureau, avec clavier détachable et emplacement pour trois lecteurs de disquette 3,5 pouces. Le clavier, de bonne qualité, est parfaitement compatible avec un usage professionnel.

Le Falcon 030, pour sa part, utilise un boîtier identique à celui des STF/STE. Seule différence : une couleur plus grise que beige et un logo plus coloré. Le clavier est malheureusement le même que celui des STE, c'est-à-dire mou et peu franc. Interrogé à ce sujet, Atari France rétorque que bien peu d'utilisateurs utilisent le clavier de manière intensive. A mon avis, cet argument est tout à fait spécieux, d'autant plus qu'un clavier de qualité coûte aujourd'hui peu de chose.

Les processeurs et coprocesseurs

Le cerveau de l'Amiga 4000 est composé d'un Motorola 68040 cadencé à 25 MHZ (le même, donc, que celui qui équipe les plus puissants Mac). Ce processeur supplante son petit frère, le 68030, par un fonctionnement interne optimisé, un coprocesseur numérique intégré, et deux mémoires cache de 4 ko chacune pour les données et les programmes (c'est aussi globalement ce qui sépare d'ailleurs 80386 et 80486 dans le monde PC). D'ici à la fin de l'année, une nouvelle version devrait être disponible, recourant cette fois au 68030, moins coûteux. Ce processeur est monté sur une carte indépendante de la carte mère, reliée à cette dernière par un bus local 32 bits évitant ainsi tout ralentissement. Cette solution autorise une mise à niveau très facile de la version 68030 en 68040.

En ce qui concerne les coprocesseurs (indispensables pour soulager le processeur central des tâches subalterne, on retrouve Paula ainsi que deux nouvelles venues : Alice et Lisa. Le coprocesseur vidéo gère 2 Mo de mémoire comme le Super Fat Agnus, mais aussi les nouveaux modes vidéo.

Le Falcon mise sur un processeur moins puissant : un 68030 cadencé à 16 MHz (tout comme sur l'Atari TT). Une version 68040 est cependant prévue ultérieurement. En revanche, le DSP (Digital Signal Processing), Motorola 56001 cadencé à 32 MHz, dépasse le cadre d'un simple coprocesseur et peut même devenir le processeur principal pour certaines applications. Ce DSP, qui hantait jusque-là les stations de travail, est un processeur très rapide - 16 millions d'instructions par seconde (MIPS), à comparer aux 4 MIPS du 68030 - et capable d'effectuer des traitements en parallèle. Il dispose de 32 KWords (96 ko) de mémoire, sans état d'attente. Dédié au départ au traitement des signaux, il permettra selon Atari d'optimiser un très grand nombre d'applications compression/décompression en temps réel, codage de données, communications à haute vitesse, synthèse et reconnaissance vocale, reconnaissance de formes, graphisme 3D avec raytracing et rendu (qualité de reproduction photographique), analyse spectrale, et bien d'autres choses encore. On retrouve aussi le Blitter et le gestionnaire intelligent de clavier.

La mémoire vive

L'Amiga 4000 est livré avec 6 Mo de mémoire (2 Mo de mémoire vidéo et 4 Mo de mémoire classique). Des mini-connecteurs SIMM permettent de monter très facilement cette mémoire vive à 16 Mo.

Le Falcon sera livré en deux configurations mémoire : 4 et 14 Mo (le maximum). Cette mémoire est localisée sur une petite carte double face en technologie CMS, procédé beaucoup moins universel que les SIMM. Interrogé sur le sujet, Atari France précise que cette mesure est destinée à contourner une éventuelle flambée des prix, la quasi-totalité des mémoires SIMM étant produite en Asie du Sud-Est. Cette carte, n'utilisant aucun composant spécifique, de nombreux fabricants devraient pouvoir être en mesure d'en proposer à des prix compétitifs.

Les mémoires de masse

L'Amiga 4000 s'aligne sur les PC et les Mac avec son nouveau lecteur de disquette 3,5 pouces haute densité. De plus, le nouvel outil CrossDOS permet de lire et d'écrire directement aux formats Amiga et MS-DOS (plus besoin donc de passer par DOS to DOS). Ces disquettes ont une capacité de 1,44 Mo en format MS-DOS et 1,76 Mo en format Amiga. La gestion de ces disquettes a été très fortement améliorée par rapport aux anciennes méthodes Amiga (ouf !), grâce à l'usage du DCFS (Directory Cache File System).

Côté disque dur, Commodore use d'un autre standard PC, le bus IDE, ce qui lui garantit un choix très diversifié. Deux configurations sont proposées : 40 Mo et 120 Mo. Un adaptateur en option permettra d'utiliser une interface SCSI, pour connecter un disque dur externe, un dérouleur de bande ou un CD-ROM réinscriptible.

Tout comme l'Amiga 4000, le Falcon se rapproche du monde PC (la compatibilité disquette était déjà totale à partir du STE). Le Falcon est équipé d'un lecteur 3,5 pouces haute densité (1,44 Mo), strictement à la norme MS-DOS. En ce qui concerne les disques durs, la version de base n'en possède pas, les autres étant dotées d'un disque de 64 Mo. Ce disque est lui aussi au format IDE, 2,5 pouces pour limiter l'encombrement. Ces disques se généralisent dans le monde PC, atteignant actuellement jusqu'à 200 Mo de capacité. Rien n'empêchera donc l'utilisateur d'opter pour une configuration minimale, puis de rajouter ensuite un disque dur, la connexion étant d'une grande simplicité. Pour accéder à de plus grosses capacités, il faudra en revanche recourir à un disque dur externe à la norme SCSI-2, ce qui permettra aussi de raccorder dérouleur de bande et CD-ROM réinscriptible.

Le système d'exploitation

L'Amiga 4000 est livré avec un nouveau Workbench, le 3.0. Ce Workbench reprend bien entendu les améliorations apportées au Workbench 2 des Amiga 600 (gestion plus complète) et en fournit de nouvelles. L'une des plus importantes est d'être polyglotte (dont le français), cette capacité pouvant s'appliquer aux programmes qui suivront certaines directives. Ce bureau dispose désormais de 256 couleurs, ce qui ne gêne en rien d'ailleurs les anciens programmes. Le paramétrage est très complet : fond de fenêtre, palette, port série, imprimante (pilotes PostScript en standard), etc. Il offre aussi des polices vectorielles (Agfa Compugraphics), seules capables d'assurer un réel WYSIWYG entre affichage écran et impression.

L'installation des programmes est facilitée par un outil dédié (Installer), tout comme la découverte du nouveau système d'exploitation (fichier AmigaGuide en mode hypertexte). Rappelons enfin qu'il est multitâche (ce qui a toujours été la règle sur Amiga), la puissance du processeur et la bonne quantité de mémoire vidéo permettant cette fois d'en tirer pleinement parti.

Le système d'exploitation du Falcon est en fait double. En ROM se trouve la nouvelle version du TOS, 4.0, qui apporte son lot d'améliorations. Ce TOS gère bien entendu le fameux DSP. Grâce à lui et au petit utilitaire fourni, on dispose des mêmes capacités multimédias que Windows 3.1 sur PC ou Mac : à chaque événement, GEM peut être associé à un échantillon sonore. On ne pourra même plus dire qu'il ne lui manque que la parole ! Le TOS 4.0 offre aussi un aspect beaucoup plus travaillé (bureau en 256 couleurs, icônes en relief), des ROM internationales (choix du langage et du clavier), ainsi que de nombreuses nouvelles routines facilitant la programmation (boîtes d'alerte déplaçables, menus en cascade, menus déroulants au sein d'une boîte...).

Enfin, la quasi-totalité des ordres souris dispose de raccourcis clavier reconfigurables, complétés de jokers type MS-DOS (affichage uniquement des fichiers portant l'extension ".DOC" par exemple). Le MultiTOS, le nouveau système d'exploitation multitâche, est fourni sur disquette (et installable bien sûr sur disque dur pour un chargement automatique). Nous avons eu l'occasion d'apprécier sa puissance, cinq applications simultanées ayant été lancées (dont deux graphiques assez gourmandes en temps machine), sans ralentissement notable. Cette idée de deux TOS, l'un en ROM et l'autre sur disquette, est à mon avis excellente, et permettra de finaliser et perfectionner régulièrement le MultiTOS tout en disposant toujours d'un TOS de fond performant.

Les capacités graphiques

L'Amiga 4000 dispose d'une kyrielle de modes graphiques tous plus performants les uns que les autres. La résolution peut être choisie par libre combinaison de la résolution horizontale (320/640/1280 pixels) et verticale (256/512/480/960), le tout en 256 couleurs parmi une palette de 16,8 millions de couleurs (codage 24 bits). Un nouveau mode, HAM8, a fait son apparition, autorisant 262 144 couleurs simultanées (avec le même conflit de proximité qu'en HAM classique, c'est-à-dire avec modification d'un seul registre RVB d'un pixel à l'autre). Il existe aussi d'autres nouveaux modes : Double PAL (640x512 entrelacé), Euro 72 (640x400, 640x800 entrelacé), Multiscan (640x480, 640x960 entrelacé), PAL (1280x512 entrelacé, 1448x566 entrelacé), Super 72 (800x600 entrelacé). En dehors du mode 960, tous les autres disposent d'un désentrelaceur vidéo en standard, par programme. L'Amiga 4000 se connecte indifféremment (grâce à un petit adaptateur fourni) à un moniteur Péritel ou VGA, certaines résolutions étant spécifiques à l'un ou l'autre.

Le Falcon rattrape le retard d'Atari en matière de graphisme, sans pour autant égaler l'Amiga 4000. Outre les résolutions standards du STE (640x400 en monochrome, 640x200 en 4 couleurs, 320x200 en 16 couleurs) et du TT (640x480 en 16 couleurs, 320x480 en 256 couleurs), le nouveau processeur graphique révèle diverses nouveautés. La palette est désormais de 262 144 couleurs. On note l'apparition d'un mode SVGA (640x480 en 256 couleurs), ainsi que d'un mode TrueColor (320x200 en 65 536 couleurs). Atari défend son "faux" mode TrueColor (codage 16 bits au lieu des 24 bits habituels) par un certain nombre d'arguments :
  • Le codage 16 bits est plus en rapport avec un ordinateur grand public, tout en offrant un excellent rendu.
  • Pour profiter vraiment du 24 bits, il faut disposer d'un moniteur très performant et particulièrement bien réglé.
  • Enfin, le codage 16 bits permet des manipulations plus aisées et plus économes en mémoire.
La qualité superbe des images TrueColor 16 bits du Falcon semble d'ailleurs donner raison à Atari. Toutes les résolutions de type Broadcast (format vidéo professionnel) peuvent bénéficier d'un mode "overscan" programmable. Tout comme l'Amiga 4000, le Falcon dispose d'un adaptateur vidéo qui lui permet de se raccorder aussi bien aux moniteurs monochromes de la marque qu'aux moniteurs couleur Péritel ou VGA. Il dispose en outre d'une entrée de synchronisation externe pour genlock, ce qui devrait faire baisser de manière importante le prix de ses extensions, ainsi que d'un mode 15 bit "overlay" pour titrage vidéo et effets spéciaux.

Le DSP a aussi son mot à dire dans le domaine graphique, en particulier pour la retouche de photographies et d'images. Selon Atari France, la programmation de certains traitements d'image par DSP et non plus 68030, permettrait d'agir en temps réel, alors que sous 68030, il faut attendre plusieurs secondes de traitement.

Les capacités sonores

L'Amiga 4000 n'offre rien de plus de ce côté que ses petits frères. Ces capacités sont toutefois loin d'être négligeables 4 canaux sur 9 octaves en stéréo. Dans ce domaine, le Falcon se démarque très nettement. Pour des raisons de compatibilité ascendante, il conserve le médiocre processeur son Yamaha des STF/STE (3 voies + bruits), ainsi que l'option DMA des STE et TT (deux canaux DMA 8 bits stéréo PCM). Mais grâce au DSP (encore lui !), il est en mesure d'offrir 8 canaux DMA indépendants 16 bits PCM, en enregistrement comme en reproduction, avec une fréquence d'échantillonnage pouvant aller jusqu'à 50 kHz. Il existe de plus une entrée pour synchronisation externe du processeur sonore, ainsi qu'une sortie stéréo 16 bits, en technologie "Bitstream 1-bit DAC".

Ces caractéristiques faramineuses sont supérieures à celle des meilleurs lecteurs CD audio. Aussi avons-nous voulu le tester en situation pour apprécier les capacités réelles. Ceci a été rendu possible par la présence d'un petit accessoire de numérisation sonore avec filtrage et effets, qui sera fourni avec le Falcon. Nous avons alors numérisé en temps réel, en mode 16 bits stéréo, à une fréquence de 50 kHz, un extrait musical issu d'un CD. La qualité de reproduction était telle que j'ai fait débrancher, à titre de contrôle, le câble reliant le Falcon à la chaîne Hi-Fi, pour bien m'assurer que je n'étais pas victime d'une supercherie ! Le magnétophone DAT de contrôle, pourtant connu pour ses qualités de reproduction, m'a paru bien terne en comparaison !

Et ce n'est pas tout : le traitement du DSP s'effectue en tâche de fond, ne ralentissant pas le moins du monde le 68030 pour le reste. Tout en échantillonnant, filtrant et réverbérant, nous avons pu formater des disquettes, charger des images TrueColor et les retravailler. Le délire total !

Les ports d'extension interne

L'Amiga 4000, est une machine ouverte à la manière des PC. Il dispose en interne de quatre connecteurs d'extension 32 bits Zorro III (compatibles A2000 et A3000), de trois connecteurs PC AT, d'un connecteur d'extension vidéo 32 bits, d'un bus local 32 bits dédié à la carte processeur, ainsi que du connecteur disque dur IDE, dont nous avons déjà parlé. Le Falcon, pour sa part, est plus limité, du fait de sa structure fermée. On découvre cependant un support pour coprocesseur mathématique (Motorola MC68882), un bus local "accès direct sur le processeur" avec signaux horloge et interruptions, un connecteur double pour la carte mémoire et un dernier connecteur pour disque dur IDE 2,5 pouces.

Les interfaces externes

L'Amiga 4000 dispose d'une batterie de ports externes correcte connecteur vidéo, sortie son stéréo, port série (RS-232), parallèle (Centronics), disque externe, connecteur clavier et deux ports souris/manette/crayon optique. Toutefois, le Falcon se montre ici aussi très supérieur. On retrouve les habituels ports des STE souris/manette (toujours aussi mal placés, mais cette fois c'est moins grave comme vous allez le voir), MIDI In et Out, cartouche, sortie son stéréo (au format Jack et non plus Cinch comme sur STE), série (synchrone et asynchrone), parallèle (Centronic bidirectionnel), ainsi que les ports manette étendu analogique/numérique des STE. Si ces derniers n'avaient servi à rien jusqu'ici, il n'en sera pas de même avec le Falcon, qui sera d'emblée livré avec une manette 12 boutons, un peu comme les manettes des CDTV et CD-i.

On découvre aussi un certain nombre de nouveautés : connecteur réseau haute vitesse compatible Local Talk (comme sur TT), connecteur vidéo à la norme VGA, sortie vidéo PAL, entrée microphone stéréo (pour numériser les sons), connecteur DSP (fax-modem à grande vitesse, messageries vocales, échantillonnage "direct-to-disk"), et SCSI-2 en DMA. En revanche, exit le port DMA et le port pour lecteur externe. L'abandon du port DMA n'est pas trop grave pour les disques durs Atari. En effet, ceux-ci sont en fait au format SCSI, une petite carte interne se chargeant d'établir la conversion. Un bricolage très simple devrait permettre de les conserver. Cependant, le problème est autrement plus complexe pour l'imprimante laser Atari. Une nouvelle laser Atari plus performante devrait d'ailleurs voir le jour au nouveau format SCSI-2 bien entendu. Mais l'abandon du second lecteur me semble une réelle bévue, surtout sur une machine qui peut ne pas être dotée d'un disque dur. Atari France argue du manque de place (il est vrai qu'il n'y a pas beaucoup d'espace libre à l'arrière), mais je continue à penser que son maintien aurait été possible.

La compatibilité logicielle

L'Amiga 4000 devrait offrir une bonne compatibilité avec les logiciels tournant sur l'A600 et l'A3000. Nous avons pu voir fonctionner sans problème les programmes graphiques Art Department Pro (ADP) ou Volumm 4D. Face à la logithèque de l'A500, il faut s'attendre au même déchet que pour l'A600. Un autre problème concerne les éventuelles protections disquette des jeux, qui pourraient poser problème sur le nouveau lecteur haute densité. Pour le moment, seul ADP tire parti des nouveaux modes graphiques (on peut d'ailleurs se demander comment il a fait !). Toutefois, l'Amiga intéressant de près les professionnels de l'image et de la vidéo, il y a fort à parier qu'on verra fleurir sous peu des programmes tirant parti de ces nouvelles capacités.

Pour le Falcon, les choses sont un peu différentes. Les applications bien programmées qui tournent sur TT devraient aussi pouvoir le faire sur Falcon, ou tout au moins être facilement adaptées. Ainsi, Steinberg travaille sur une version Falcon de son logiciel vedette Cubase, tandis que Dominique Laurent, ainsi que son équipe d'Epigraph, adapte pour sa part son exceptionnel Rédacteur 4. Pour le moment, seul l'échantillonneur et une version dédiée d'Adebog mettent à profit le DSP. Mais étant donné ses capacités, toute une kyrielle d'éditeurs de logiciels musicaux devraient foncer sur ce créneau, d'autant plus qu'Atari est toujours très bien implanté dans ce domaine. Il n'est pas impossible non plus que des programmeurs de traitements d'image, qui délaissaient jusque-là les ST et TT, reviennent en force pour exploiter le DSP. La compatibilité avec la logithèque des STF/STE risque d'être plutôt mauvaise.

Et les jeux ?

L'Amiga 4000 visant un marché professionnel, il est peu probable que les autres éditeurs lui dédient spécifiquement des jeux. C'est d'autant plus dommage que l'adaptation à partir des jeux PC est maintenant plus facile (compatibilité VGA et SVGA). Mais l'Amiga 600 ne disposant pas de ces résolutions, je persiste à penser qu'elles ont peu de chance d'être exploitées dans le domaine ludique.

Le cas du Falcon est tout autre. Sa vocation grand public va peut-être faire pencher les éditeurs de jeu, d'autant plus que sa compatibilité VGA et SVGA est un atout supplémentaire, tout comme le DSP (je n'ose imaginer un simulateur de vol exploitant pleinement DSP et 68030 : le superbe Comanche sur PC n'aurait qu'à bien se tenir !). Il faut espérer en tout cas que ces mêmes éditeurs sauront enfin quitter la compatibilité ST pour exploiter les spécificités du Falcon, et ne pas nous refaire le coup du STE, chroniquement sous-exploité ! Après tout sur PC, c'est bien le pari tenu et réussi d'Origin pour les jeux, ou de Microsoft pour Windows 3.1, qui imposent un 386 au minimum.

Parlons gros sous...

Disons le tout net : à moins d'être fortuné, l'Amiga 4000 n'est pas destiné à un usage personnel de loisir : 22 500 francs pour la version disque dur 40 Mo et 23 700 francs avec 120 Mo, sans compter le moniteur à acheter en supplément. Toutefois, les prix devraient baisser, et les versions 68030 devraient être sensiblement moins chères.

Le Falcon se place lui à un niveau acceptable pour un usage personnel de loisir : 5000 francs environ pour la version de base (4 Mo de mémoire, pas de disque dur), et 10 000 francs pour la version musclée (14 Mo de mémoire et un disque dur de 64 Mo). Là encore, si les prévisions de vente se concrétisent, les prix devraient chuter. Il ne faut pas oublier, en effet, que les premiers ST avoisinaient, à une époque, les 10 000 francs !

Et le PC dans tout ça ?

En ce qui concerne les capacités graphiques, le PC n'a pas de souci à se faire par rapport à l'Amiga 4000 et au Falcon 030. Lecteurs assidus de Tilt, nous n'avez certainement pas manqué notre dossier du numéro précédent, traitant des cartes SVGA. Pour un prix modique (800 francs environ), vous pouvez accéder aux très hautes résolutions (1280x1024 en 16 couleurs), faire un compromis résolution/palette (1024x768 en 256 couleurs) ou encore privilégier les nuances (800x600 en 32 000 couleurs).

L'Amiga (3000 et maintenant 4000, complétés de cartes 16 millions de couleurs) conserve une avance pour les applications graphiques professionnelles, tout en restant moins onéreux que des configurations équivalentes sur PC ou sur Mac. La sortie prochaine de cartes PC d'acquisition vidéo au format MPEG (l'équivalent du format JPEG pour l'animation), à un prix tout à fait raisonnable, pourrait cependant changer la donne.

Dans le domaine du son, les choses sont un peu différentes. Les cartes son PC (Soundblaster par exemple) disposent de capacités supérieures à celle d'un Amiga (canaux plus nombreux, échantillonnage "direct-to-disk"). Face au Falcon et à son DSP, elles font triste figure, et il faut se tourner vers des cartes plus onéreuses (Pro Audio Spectrum 16) pour avoir un échantillonnage de qualité CD sur PC.

Avec le couple MS-DOS 5.0 et Windows 3.1, le PC dispose enfin d'un système d'exploitation acceptable, même s'il subsiste quelques fautes de goût, qui devraient être corrigées dans la version de Windows. Dans le domaine des logiciels, le PC règne en maître. Son offre bureautique reste au top niveau et les éditeurs de jeu ont "découvert" que les configurations puissantes pouvant se révéler excellentes pour jouer. Les jeux sont sans cesse plus performants, exploitant toujours plus les capacités des 386 et 486. Toutefois, le couple 68030/DSP du Falcon serait sans doute capable de faire encore mieux.

En conclusion

L'Amiga 4000 constitue l'évolution logique de la gamme Commodore. Sans révolutionner la gamme, il apporte un certain nombre d'améliorations importantes par rapport à l'A3000 : processeur plus performant, bureau polyglotte et en 256 couleurs, polices vectorielles, lecteur 3,5 pouces haute densité compatible MS-DOS, nouveaux modes graphiques... Il ravira les actuels possesseurs d'Amiga 3000, qui devaient se tourner vers des cartes accélératrices pour disposer d'un 68040.

Le Falcon renoue avec la grande tradition Atari qui avait présidé au lancement du ST : proposer une machine haut de gamme à un prix grand public. Si le 68030 n'est plus au top (il n'est déjà pas si mal !), l'apport du DSP est considérable. Les capacités graphiques et sonores, ainsi que les systèmes d'exploitation, suivent. Il ne reste plus qu'à espérer que les éditeurs y croient car sa logithèque est encore très restreinte. Le PC, pour sa part, n'a pas trop de mouron à se faire. Sa très grande diffusion dans tous les domaines est son plus grand gage de longévité et les prix ne cessent de chuter.


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