L'histoire de Marble Madness
Obligement - L'Amiga au maximum

Mercredi 28 janvier 2026 - 11:00  

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Dossier : L'histoire de Marble Madness
(Article écrit par Patrick Davis - mai 2019)


Note : article réalisé d'après la vidéo L'histoire de Marble Madness sur YouTube.

Voici l'histoire de la création d'un jeu d'arcade qui a marqué son temps, et de son voyage difficile pour trouver sa place sur nos machines de l'époque, notamment sur Amiga.

Marble Madness

L'inspiration

Imaginez-vous en 1984. Un jeune créateur de jeux, Mark Cerny, alors âgé de 17 ans, se voit confier par Atari une mission audacieuse. On lui propose de concevoir un jeu avec deux exigences : un système de contrôle unique, différent de la manette traditionnelle, et la possibilité à deux joueurs de s'affronter simultanément.

Marble Madness
Le jeune Mark Cerny

L'inspiration pour ce jeu de course est venue à Mark Cerny de deux choses : d'un mini-golf, avec l'idée d'un parcours aux formes complexes avec des contours qui affectent le mouvement de la balle, ainsi que de l'artiste M. C. Escher pour le style visuel, le maître des illusions d'optique.

Marble Madness
Une illustration de M. C. Essher

Contrairement à l'image que l'on pourrait avoir d'une superproduction, le développement de Marble Madness a été une affaire de petite équipe. Mark Cerny a été le seul concepteur et artiste, tandis que le programmeur Bob Flanagan était responsable de l'ingénierie. Ce dernier était également au début de sa carrière, il travaillait chez Atari et il fut ravi de participer au deuxième projet de Mark Cerny. Bob Flanagan indiqua que "la conception de Mark Cerny était inspirante, créative et unique" et fut très enthousiaste lorsque l'on lui demanda de travailler avec lui.

Marble Madness Marble Madness
Mark Cerny et Bob Flanagan

Ce fut un travail remarquable pour deux personnes, qui durent surmonter de sérieux défis techniques. Ils créèrent notamment un moteur de jeu capable de simuler de manière réaliste la physique d'une bille en mouvement, une prouesse rare pour l'époque. La gestion de l'inclinaison des surfaces et de la vitesse de la bille était d'une précision et d'une fluidité impressionnantes, ce qui contribua largement au succès du jeu.

Marble Madness
Croquis de conception

Le choix du contrôleur à boule de commande, le "trackball", fut une décision de conception audacieuse. Mark Cerny voulut une expérience de jeu qui ne ressemblait à rien d'autre, et il atteignit son but. Ce type de contrôleur offrait une sensation de glisse et d'accélération bien plus intuitive pour une bille que la manette.

Marble Madness
Les boules de commande

Le but du jeu

C'est ainsi que naquit Marble Madness. Le principe était simple mais addictif : guider une bille le plus vite possible à travers six niveaux : Practice, Beginner, Intermediate, Aerial, Silly et Ultimate. Au fil de la progression, la difficulté augmentait avec l'introduction d'obstacles et d'ennemis, comme des plates-formes mobiles, des catapultes et des billes ennemies.

Marble Madness
Les six niveaux de Marble Madness

L'un des aspects les plus marquants de Marble Madness fut sa musique, une véritable prouesse technique pour l'époque. C'était le tout premier jeu d'arcade d'Atari à utiliser la carte son Atari System I, équipée d'une puce sonore Yamaha FM (la même technologie que le célèbre synthétiseur Yamaha DX7). Les compositeurs Brad Fuller et Hal Canon passèrent des mois à apprendre à maîtriser cette puce pour créer une musique unique. Le résultat fut une bande-son qui ne fut pas seulement un accompagnement, mais qui s'intégrait au jeu en temps réel, s'accordant parfaitement à l'action à l'écran. Ces mélodies, à la fois complexes et mémorables, devinrent un élément clé de l'identité du jeu et posèrent les bases de ce que l'on attendra plus tard des musiques de jeux vidéo.

Les caractéristiques de la borne d'arcade

La borne d'arcade qui accueillait Marble Madness était donc une Atari System I, elle était considérée comme le système d'arcade le plus avancé de l'industrie "à un prix révolutionnaire". L'unité de base comprenait une armoire conçue pour accepter une variété de configurations de jeux, un moniteur, des affichages graphiques sur les panneaux latéraux et l'électronique principale.

Marble Madness
La borne d'arcade d'Atari

Les caractéristiques de cette borne d'arcade étaient les suivantes :
  • Processeur Motorola 68010 16 bits.
  • Plus d'un mégaoctet de mémoire pour les programmes et les graphismes (dix fois la capacité de toutes les autres bornes d'arcade concurrentes).
  • Capacité de défilement du champ de jeu.
  • Jusqu'à 56 objets animés (trois fois plus que pour les autres bornes d'arcade).
  • 256 couleurs.
  • Résolution de 336x240 pixels.
  • Puce audio personnalisée.
  • Puce d'effets sonores exclusive.
  • Processeur vocal séparé pour la synthèse vocale.
  • Accès à l'électronique par l'avant de la borne.
  • Capacité de rotation horizontale et verticale de l'écran.
  • Dimensions : 178x64x87 cm. Poids : 148 kg.
  • Des statistiques complètes de l'autotest fournissant toutes les données dont vous avez besoin pour sélectionner les meilleures options en fonction de l'emplacement.
Un succès malgré une courte durée de vie

Le jeu connut un succès immédiat en arcade, avec plus de 4000 unités vendues, mais sa popularité chuta rapidement au bout de six semaines. Mark Cerny expliqua ce phénomène par la courte durée du jeu, que les joueurs expérimentés pouvaient terminer en seulement... quatre minutes !

Cette courte durée n'était pas un accident, mais une contrainte technique de son développement. À l'origine, l'équipe de Mark Cerny avait prévu d'inclure davantage de niveaux, mais des problèmes liés au stockage sur la carte mère du jeu contraignirent les développeurs à se limiter à six circuits.

En outre, le concept ingénieux de la boule de commande, qui faisait le charme du jeu en arcade, était aussi son plus grand défaut. La boule de commande subissait une usure rapide, et les exploitants de salles de jeux devaient la remplacer fréquemment. Pour cette raison, malgré sa popularité, la présence de Marble Madness dans les arcades diminua fortement après 1992, le coût d'entretien devenait trop élevé pour de nombreux propriétaires de bornes.

Une suite était prévue

Un projet de suite, "Marble Man: Marble Madness II", fut lancé par Atari en 1990 dans l'espoir de corriger les défauts du premier opus et ainsi créer un jeu beaucoup plus long que l'original. Cette suite devait comporter 17 niveaux, inclure des mini-jeux comme un flipper, et permettre à trois joueurs de s'affronter. Le personnage principal, Marble Man, était un super-héros avec une bille à la place de la tête, dans le but d'attirer un public plus jeune.

Marble Madness
Marble Man: Marble Madness II

Bien que le jeu fut pratiquement achevé, avec des illustrations et des éléments promotionnels prêts, il fut annulé car les dirigeants d'Atari estimaient que sa mécanique de jeu était dépassée face à la popularité croissante des jeux de combat.

Les ROM du jeu ne furent pas rendues publiques mais, en 2022, après des années de travail, une équipe de collectionneurs d'arcade dévoués obtint et reproduisit méticuleusement le jeu d'arcade Marble Man: Marble Madness II. Quelques exemplaires furent produits et vendus, les ROM ne fonctionnaient pas sur l'émulateur MAME ou sur FPGA mais uniquement sur une carte Atari de la même époque, modifiée pour jouer à Marble Man.

Marble Madness
La borne de Marble Man: Marble Madness II

Les conversions

Marble Madness fut converti sur de nombreuses plates-formes par Electronic Arts. Parmi les pires versions, celle pour ZX Spectrum fut qualifiée de "carrément terrible" à cause de sa mauvaise détection des collisions, de son défilement par écran-saut qui causait des morts instantanées, et de sa mécanique de jeu peu amusante. La version Amstrad fut jugée encore pire, avec une vitesse réduite et les mêmes problèmes.

Marble Madness
Marble Madness sur ZX Spectrum

En revanche, l'adaptation pour Amiga en 1986 fut longtemps restée la meilleure adaptation, avec des graphismes et un son presque parfaits par rapport à l'arcade.

Marble Madness
Marble Madness sur Amiga

Cependant, elle fut surpassée six ans plus tard par la version pour Mega Drive, qui utilisait le code source original du jeu d'arcade et offrait des graphismes détaillés, un défilement fluide et une bonne bande-son.

Marble Madness
Marble Madness sur Mega Drive/Genesis

La version pour Game Boy Advance fut également considérée comme très proche de l'original, avec des graphismes colorés et un excellent son, malgré l'absence de trois niveaux et de certains ennemis.

Marble Madness
Marble Madness sur Game Boy Advance

Enfin, la version NES fut décrite comme une très bonne conversion, avec une musique continue, des commandes précises et des sprites détaillés, malgré une perte de couleurs.

Marble Madness
Marble Madness sur NES

La malédiction de la "porte dérobée"

L'un des mythes les plus persistants sur Marble Madness concernait l'existence d'une "porte dérobée" ou d'un niveau secret. Il fut longtemps spéculé qu'il y avait un moyen de débloquer des niveaux supplémentaires ou même d'accéder au jeu annulé Marble Man. C'était une rumeur alimentée par la popularité du jeu et son mystère. Les joueurs passaient des heures à chercher des combinaisons de mouvements sur la boule de commande ou à des séquences de boutons pour découvrir ce fameux secret. Bien sûr, rien de tel n'exista jamais dans la version d'arcade, mais cette quête participa à l'engouement et à la légende qui entourent le jeu.

Un jeu de boule, jeu culte

Son influence se fait sentir encore aujourd'hui. L'approche de Marble Madness popularisa la vue isométrique dans les jeux vidéo, une perspective qui donnait une impression de profondeur sans pour autant être de la 3D. Cette technique fut reprise par de nombreux titres, notamment les jeux de simulation de ville ou de stratégie des années 1990, ainsi que les jeux de réflexion qui demandaient de naviguer sur des parcours complexes. Le concept d'une bille que l'on guide à travers des labyrinthes inspira aussi de nombreux jeux modernes, y compris sur consoles et mobiles, montrant que l'idée originale de Mark Cerny reste, plus de 40 ans après, toujours aussi pertinente.

Marble Madness devint ainsi un titre culte, en raison notamment de sa mécanique de jeu unique pour l'époque. Les machines d'arcade originales de Marble Madness sont aujourd'hui de véritables pièces de collection, d'autant plus rares que leur mécanisme de boule de commande était très fragile.


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