Obligement - L'Amiga au maximum

Jeudi 25 mai 2017 - 23:57  

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Entrevue avec Bert Jahn
(Entrevue réalisée par Peter Topolnicki et extraite de Amiga Future - novembre 2006)


Note : Traduction par Stéphane Pitteloud.

Bert Jahn - Pourriez-vous vous présenter pour les rares lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

Alors, je m'appelle Bert Jahn, j'ai 34 ans, je suis né à Thüringen et je vis actuellement à Zwickau dans la Saxe (une région de l'Allemagne) avec ma petite amie. Après l'école, j'ai fait un apprentissage dans l'électronique, et j'ai travaillé dans ce domaine encore environ une année. Ensuite, j'ai commencé à étudier l'informatique et j'ai obtenu un diplôme d'informaticien. Professionnellement, je suis actuellement employé dans le domaine de l'assistance et de la planification de projets par une grande société de services informatiques.

- Quand êtes-vous arrivé sur Amiga ? Que faisiez-vous sur Amiga ? Utilisez-vous aussi d'autres systèmes ?

J'ai toujours été intéressé par tout ce qui est technique, et quand les ordinateurs personnels sont arrivés, je voulais aussi en avoir un. En 1988/1989, j'ai eu mes premiers contacts avec des ordinateurs conçus en ex-Allemagne de l'Est, comme le KC85. J'y ai principalement joué et fais mes premiers pas en programmation avec le BASIC. J'ai aussi un peu joué avec le code machine du Z80. Plus tard, ça devait être vers 1990, j'ai reçu comme cadeau d'une connaissance un CBM 3032. En l'absence de logiciels pour cette machine, j'ai commencé à programmer quelques petites choses, principalement des jeux, en langage machine. Voilà où ça en était en hiver 1991.

Quand mes ressources financières se sont améliorées, j'ai acheté mon Amiga 500. C'était à cette époque un produit fantastique en terme de puissance de calcul, de graphisme, etc. Plus tard, j'ai échangé mon Amiga 500 contre un Amiga 2000, qui est aujourd'hui encore chez mes parents. Suite à l'introduction du jeu de composants AGA, j'ai acquis un Amiga 4000. Ce dernier est encore aujourd'hui ma machine client, il a été monté dans un boîtier tour et s'est vu adjoindre quelques extensions.

A côté des Amiga, j'ai trois stations SPARC et un vieux PC. J'utilise un SPARC comme serveur et comme accès Internet. Le PC n'est utilisé que pour graver des CD. Professionnellement, j'ai surtout affaire avec des machines Linux et Windows.

- Vous vous occupez constamment de WHDLoad, un installateur d'anciens jeux. Pouvez-vous rapidement expliquer comment fonctionne WHDLoad ?

WHDLoad est comme un lien entre le système d'exploitation et un jeu ou une démo qui n'utilise pas le système d'exploitation. Le but est d'exécuter un logiciel qui prend totalement le contrôle du système, y compris le matériel, sans perdre le système d'exploitation, ni son état au moment de lancer le logiciel. Pour cela, WHDLoad sauve l'état du système, le coupe, exécute le logiciel installé, et restaure le système d'exploitation après l'avoir quitté.

Pour exécuter un jeu ou une démo de cette manière, il doit être plus ou moins modifié. Les jeux ne doivent plus être chargés depuis une disquette mais depuis le disque dur. WHDLoad met à disposition une interface de programmation pour ces fonctions de chargement et de sauvegarde, ainsi que pour d'autres opérations. Ces fonctions font les modifications pour laisser un programme fonctionner sous WHDLoad le plus simplement possible.

De plus, WHDLoad met à disposition diverses fonctions, comparables à un débogueur, afin de trouver les erreurs, les problèmes et les incompatibilités d'un programme. Avec les anciens jeux, il faut gérer des problèmes plus grands encore, dus à un processeur plus rapide ou à la présence des puces AGA. Le contournement de la lecture sur disquettes ou la suppression de la protection contre la copie sont en règle générale les travaux les plus simples.

- La création d'un environnement comme WHDLoad, qui est très proche du matériel, nécessite des connaissances et une expérience maximum. Comment en êtes-vous arrivé à le programmer et comment avez-vous obtenu ces connaissances ?

J'ai commencé à regarder les données avec un éditeur hexadécimal, car certains logiciels ne fonctionnaient pas comme je le voulais. La curiosité et la volonté nécessaire sont à la portée de tout à chacun, à condition d'avoir un but défini à atteindre. Je me suis ensuite procuré une cartouche Action Replay. Avec elle, je pouvais très facilement regarder dans un programme et en étudier les fonctions. On peut apprendre énormément du code fait par quelqu'un d'autre. Contrairement à aujourd'hui, dans les premiers temps, je n'avais pratiquement pas de documentation sur le matériel et sur la programmation. De nos jours, avec Internet, on peut accéder très facilement à ces informations. Les codes sources de beaucoup de programmes y sont aussi disponibles.

Ma formation dans l'informatique m'a aussi donné certaines connaissances de base, ce qui est un avantage quand on veut développer un logiciel, bien que je n'aie pas eu recours à un langage de programmation de haut niveau dans WHDLoad.

- Quels ont été les plus grands obstacles lors de la création de WHDLoad ?

D'un point de vue technique, la sauvegarde et la remise en fonction du système d'exploitation ne sont pas si faciles. Cela a pris un peu de temps pour que cela fonctionne de manière stable. La gestion des différents processeurs et l'implémentation de la protection mémoire par l'utilisation du MMU étaient complexes. La programmation en assembleur rend le tout plus difficile. On fait tout le temps des erreurs, et l'assembleur ne les reporte que rarement. La recherche d'erreur est souvent compliquée en raison de la proximité du matériel avec WHDLoad, car on ne peut pas simplement le laisser tourner dans le débogueur. Pour certains problèmes, j'ai d'ailleurs eu besoin de beaucoup de temps.

- Au début, il y avait une coexistence entre JST et WHDLoad. Pouvez-vous nous raconter comment est-ce que cela a évolué vers une collaboration avec Jean-François Fabre pour qu'il écrive à présent des installateurs pour WHDLoad ?

Ça, seul Jean-François peut le raconter. WHDLoad et JST ont été commencés pratiquement en même temps. Pendant un certain temps, les deux systèmes ont existé en parallèle. Je pense que le concept de la séparation de la partie principale (WHDLoad) et des fichiers d'installation spécifiques (slaves) à des avantages essentiels. Ces deux parties étaient au début liées dans JST. De mon point de vue, l'interface de programmation de WHDLoad est plus structurée et plus logique que celle de JST.

Je ne peux pas dire exactement ce qui a poussé Jean-François à bifurquer sur WHDLoad. Je pense que c'était un mélange entre le manque de motivation à continuer le développement de JST et la vision que la concentration sur un seul outil est un avantage autant pour les concepteurs que pour les utilisateurs. Finalement, il était clair que la création de fichiers d'installation pour JST et WHDLoad avait mobilisé de précieuses ressources de développement. D'un autre côté, la concurrence était aussi là. Peut-être que si JST avait continué à être développé, d'autres nouvelles fonctions dans WHDLoad auraient été réalisées ?

- A quoi ressemble le futur de WHDLoad ?

D'un point de vue technique, WHDLoad possède toutes les choses nécessaires. Malgré cela, il y a quelques fonctions que je souhaite implémenter et qui sont sur ma "liste des choses à faire" depuis quelques années. Une fonctionnalité intéressante pour l'utilisateur serait la prise en compte des CD audio pour divers titres CDTV et CD32. Les installations de ces jeux ne prennent pour le moment pas en compte la reproduction de la musique directement depuis le CD, car WHDLoad ne le propose pas. Le problème est que cela nécessite un accès au système d'exploitation et donc une courte interruption du jeu, et aussi qu'AmigaOS ne propose pas d'interface standard pour la lecture des CD.

Une autre fonctionnalité sur ma liste de souhaits serait de pouvoir sauver complètement un programme en cours d'exécution pour pouvoir le recharger plus tard. Ce serait comme faire un gel du programme, ce qui permettrait à l'utilisateur de sauver l'état d'un jeu à n'importe quel moment et de reprendre plus tard exactement au même endroit.

Une version spéciale CD32 de WHDLoad est aussi planifiée. Elle devrait être élaguée de toutes les fonctions inutiles afin de diminuer le besoin en mémoire. Ainsi, il sera possible de jouer à beaucoup de jeux avec les 2 Mo de mémoire disponibles directement depuis le CD. La raison pour laquelle l'introduction de ces nouvelles fonctions se fait attendre est la limite de temps que je peux accorder à WHDLoad en tant que passe-temps. Beaucoup de ce temps sert aussi à écrire des courriels, actualiser le site Web et à faire du soutien pour la création des fichiers d'installation. C'est pourquoi cela ne va plus aussi vite qu'à l'époque où j'étais encore étudiant. Cependant, il y a régulièrement, même si c'est parfois avec des intervalles plus longs, des mises à jour de WHDLoad. Et j'espère pouvoir intégrer les fonctionnalités prévues dans un futur proche.

- Avez-vous d'autres projets que WHDLoad de prévus ?

Comme je l'ai déjà écrit, il ne reste plus de temps pour d'autres projets. Parallèlement, je m'occupe encore de quelques outils qui sont plus ou moins liés à WHDLoad. Il s'agit de WWarp (un outil qui permet de sauver une disquette dans un fichier) de la trackwarp.library (une bibliothèque qui permet de lire les formats de fichiers Warp et à terme CAPS/SPS-IPF), et de RawDIC (l'outil standard des installations WHDLoad qui crée des images de disquettes. Comme petit programme, il y a encore DIC, ITD, WDelta, Wrip et xPackBest.

- Comment voyez-vous la situation actuelle de l'Amiga ?

Actuellement, je dirais que la situation est délicate. Pour moi et par rapport à WHDLoad, c'est essentiellement la branche Classic 68k qui est intéressante. J'aurai pensé que la carte Coldfire aurait donné une nouvelle impulsion. Malheureusement, on ne sait pas quand elle va sortir. J'ai aussi installé MorphOS sur ma CyberStormPPC, mais je ne l'utilise quasiment jamais. Je ne peux pas parler d'AmigaOS 4 car je ne l'ai pratiquement jamais vu. Mais comme je l'ai dit, comme je passe 95% de mon temps sur Amiga avec WHDLoad, MorphOS et AmigaOS 4 ne me sont pas très utiles. Avec UAE, il y a beaucoup de possibilités, mais plus du côté de l'utilisateur, moins pour moi en tant que développeur.

- Voudriez-vous ajouter quelque chose pour nos lecteurs et pour la communauté Amiga ?

Avec WHDLoad, mon but a toujours été de préserver les logiciels de l'Amiga qui ont été rendu possibles par ses possibilités matérielles. Il doit être possible encore aujourd'hui et dans le futur de lancer des jeux, sur lesquels j'ai passé beaucoup de temps, sans gros efforts ou sans avoir le matériel spécifique. Je me réjouis du projet CAPS/SPS, car il fait beaucoup pour la sauvegarde des médias dans le futur.

J'aimerais saluer tout ceux qui m'ont aidé et soutenu pendant la création de WHDLoad, particulièrement Achim, Bertrand, Czeslaw, Ian, John, Pavel, Jean-François, Philippe, Sascha, Sven et Suzann.


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