Obligement - L'Amiga au maximum

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Entrevue avec Éric Cubizolle
(Entrevue réalisée par David Brunet - mai 2012)


A la suite de la publication du livre "La Bible Amiga", nous avons voulu en savoir plus sur son auteur, Éric Cubizolle.

- Bonjour Éric. Pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour et merci infiniment pour cette entrevue. J'avoue que je ne m'attendais pas à un tel honneur, je suis très flaté ! Il faut dire qu'en tant que rédacteur pour Pix'n Love, je suis plus habitué à être de l'autre côté de la page : voilà un sympathique retournement de situation ! ;)

Donc, je m'appelle Éric Cubizolle et je suis né dans la nuit du 24 décembre 1971 (je vous laisse compter, moi j'ai arrêté d'additionner les années depuis quelque temps déjà). Je me passionne pour le jeu vidéo rétro ("retrogaming"), bien entendu, mais aussi de manière plus classique, pour le cinéma, la musique, etc., et tout ce qui a trait à la technologie.

Éric Cubizolle

- Quand et comment avez-vous découvert l'Amiga ?

Les tout premiers contacts avec la machine de Commodore se sont noués de manière virtuelle, par le biais des photos d'écran de jeux qui parsemaient les pages des magazines spécialisés d'alors (Generation 4, Joystick, Tilt et Micro News en tête). Pour moi qui possédais à cette époque un Amstrad CPC6128, contempler des graphismes d'une telle perfection et d'une telle beauté ne faisait qu'attiser toujours plus mon envie de posséder cet incroyable monstre de technologie qu'était l'Amiga.

Je me souviens parfaitement du jour où j'ai vu tourner un Amiga "en vrai" pour la toute première fois. A cette époque, j'avais pour habitude de me rendre régulièrement chez un ami avec qui je pratiquais sans retenue l'échange de "copies de sauvegardes" (appelons-les ainsi, hé hé !) de jeux CPC. C'était la grande période Discology. Un beau jour, alors que je venais une fois de plus remplir les nombreux paquets de disquettes 3 pouces achetées tout juste la veille, quelle ne fut pas ma surprise de trouver en lieu et place de l'Amstrad CPC du copain, un Amiga 500 flambant neuf ! Autant dire que le reste de l'après-midi a été consacré à la découverte de l'extraordinaire univers vidéoludique de l'Amiga, reléguant la copie de jeux Amstrad CPC aux ultimes minutes de la journée.

Une fois rentré chez moi, c'est encore les yeux pleins d'étoiles et de pixels bigarrés que je testais, les unes après les autres et sans grande conviction, tous les nouveaux jeux que je venais de récupérer pour mon CPC. Mais malgré le flot de "hits" qui s'agitaient sur son moniteur, mon petit 8 bits n'arrivait décidément plus à me faire rêver tant l'expérience que je venais de vivre avec l'Amiga me hantait... Tandis que ses défilements ultra-fluides s'étaient définitivement incrustés sur mes rétines, ses mélodies cristallines résonnaient encore dans mes tympans : c'était décidé, il me fallait un Amiga à tout prix !

L'année qui suivait, je revendais mon Amstrad CPC et faisait l'acquisition d'un Amiga 500 v1.3. Le tout premier jeu Amiga a avoir teinté les pixels de la TV du salon de mes parents a été Red Heat (personne n'est parfait, hein ? :P) et je me souviens m'être extasié de très longues minutes devant la qualité de l'image de présentation, une prouesse graphique impensable sur l'Amstrad dont je m'étais séparé : la machine tenait toutes ses promesses, j'étais aux anges ! Discology a alors instantanément laissé sa place à X-Copy. ;)

- De quelle(s) configuration(s) Amiga disposez-vous ?

Aujourd'hui, faute de place, je n'en possède hélas plus un seul modèle.

Mais par le passé, j'ai eu la chance de posséder successivement un Amiga 500, un Amiga 1200, une Amiga CD32 et un Amiga 600. J'avais d'ailleurs fait subir au 1200 un bon nombre de transformations qui m'avaient permis d'étendre ses facultés de manière assez spectaculaire. Je me souviens que j'avais modifié les nappes 2,5" afin de pouvoir connecter un disque dur PC de 3,5" ainsi qu'un lecteur de CD. J'avais également ajouté une carte accélératrice, un coprocesseur arithmétique, de la mémoire Fast supplémentaire, un échantillonneur audio, un boîtier de capture vidéo, etc. Bref, j'avais une belle machine de compétition !

Pour la petite histoire, avant d'exploiter l'astuce de la modification des nappes, j'avais même tenté l'expérience de connecter la CD32 à l'Amiga 1200 grâce à un câble Parnet afin de bénéficier des services de son lecteur de CD : ça fonctionnait, mais les accès étaient d'une longueur rédhibitoire. Enfin, qu'importe, cela me permettait quand même d'accéder au contenu de mes compilations Aminet, de véritables cavernes d'Ali Baba pour l'amigaïste !

- Quelles sont vos activités favorites sur Amiga ?

En tête, le jeu, sans aucune hésitation. Puis très rapidement je me suis laissé charmer par l'élaboration de graphismes grâce au fabuleux Deluxe Paint et la composition de musiques grâce au très convivial Protracker. Toutes ses activités combinées m'ont d'ailleurs conduit (avec le concours d'un programmeur) à la réalisation un jeu d'aventure sur Amiga : Atlantis. J'ai également eu la chance d'entendre quelques-uns de mes modules joués en discothèque : il s'agissait de moments forts et inoubliables.

Durant les derniers instants que j'ai passés avec l'Amiga, j'étais très porté sur l'émulation et notamment sur celle du ZX-Spectrum et du CPC (la nostalgie commençait déjà à faire surface !).

- Vous êtes l'auteur du livre "La Bible Amiga". Pourquoi avoir écrit, de nos jours, un tel livre ? Quelle fut votre motivation ?

Tout simplement dans le but de rendre hommage à la machine qui m'a tant fait rêver et avec laquelle j'ai passé tant d'excellents moments, 20 ans plus tôt. Éditer à notre époque un ouvrage à sa gloire était pour moi comme un formidable retour dans le passé et le moyen de faire perdurer le souvenir de cette fabuleuse machine à travers le temps.

Bible Amiga

- Quelles sont les personnes qui vous ont aidé ? Combien de temps cela a pris pour tout écrire ?

Si j'ai écrit la grande majorité du livre, j'ai effectivement eu le concours providentiel d'une dizaine de personnes exceptionnelles, que j'ai recruté pour leur passion pour la machine mais aussi pour leurs grandes qualités humaines, afin de m'aider dans la rédaction. Ainsi, une bonne partie des informations se trouvant dans la partie historique proviennent des archives très sympathiquement mises à disposition par David Brunet (ce nom te dit quelque chose je suppose ? :P). Les propos des acteurs de la scène démo ont été récoltés par Jean-François Richard (Jeffrey) et Michael Jegoudez-Allart (Jegougou). Sébastien Laurent (Usebu) s'est, quant à lui, chargé de réaliser l'entrevue avec Thierry Levastre.

Concernant la partie des 1200 mini-chroniques, j'ai rédigé environ 400 textes et le reste a été dispatché aux membres de l'équipe (Julien Annart, Joël Sauvage, Michael Jegoudez-Allart, Christophe Simon, Jean-François Richard, Sébastien Laurent, Fabien Vacelice, Nicolas Gilles, Stéphane Barrier et Jean-Étienne Cardi). Cette méthode a permis d'avancer plus rapidement car, mine de rien, résumer un jeu en moins de 400 caractères (espaces compris !) tout en injectant une anecdote lorsque c'est possible, n'est pas un exercice des plus aisés.

Concernant les tâches, j'étais le coordinateur éditorial, ce qui signifie en substance que je m'occupais, en plus de ma partie rédactionnelle, d'animer et de coordonner le projet. J'ai ainsi procédé à la constitution de toute la matière première et du concept de l'ouvrage (sommaire, contenu, textes, illustrations, corrections, etc.) pour soumettre à la maison d'édition Pix'n Love un projet le plus ficelé et abouti possible. Luc Petronille s'est chargé de réaliser la couverture et s'est attelé à la mise en page avec son frère Marc.

A l'occasion de la sortie de la Bible Amiga, j'avais rédigé un petit texte résumant le parcours chronologique de cet ouvrage. Le voici :

"Si l'on compte absolument tout, c'est-à-dire du moment où l'idée a jailli (le 27 novembre 2010) jusqu'au moment où la Bible est sortie de chez l'imprimeur (30 avril 2012), il s'est donc écoulé un peu moins d'un an et demi. Dans le détail, ce "capital-temps" s'est décomposé comme suit :
  • Le 27 novembre 2010, je me rends à la "Japan Touch" organisée à Lyon pour rencontrer les fondateurs de la maison d'édition Pix'n Love qui y tenaient un stand (je ne les avais encore jamais vu "physiquement" malgré le fait que j'oeuvrais pour le Mook depuis près de trois ans.). Au cours de la journée, et au regard de ma passion pour la machine de Commodore, Marc et Seb me proposent alors le projet de Bible Amiga. Hésitant tout d'abord devant l'ampleur du travail (car à ce stade tout, absolument tout, restait à concevoir), je finis par accepter le projet. Pix'n Love me laisse alors carte blanche pour le contenu du livre. On me donne deux ans pour réussir ma mission.

  • Le 8 décembre 2010, je crée un forum privé dans lequel j'invite une petite équipe rédactrice d'une dizaine de personnes principalement composée d'amoureux de la machine et que je connais bien. Cette équipe aura pour mission de m'apporter son aide sur la rédaction des mini-chroniques de jeux car aborder, résumer et trouver des anecdotes pour 1362 jeux (c'est le nombre que l'on s'était fixé au tout début du projet) me semble une tâche démesurée pour une seule personne. Pour ma part, au fil du temps, je rédigerais environ 400 mini-chroniques et le restant sera dispatché à la petite équipe alors constituée.

  • Le 29 janvier 2011, la rédaction de la préface (qui ne sera finalement pas conservée mais remplacée au profit de celle de Marcus), de l'histoire de la genèse de l'Amiga, de l'épopée de l'Amiga de 1985 à nos jours, de l'intervention de M. Thierry Levastre et de l'histoire de l'Amiga CD32 (merci Bruno Rocca !) sont clôturées.

  • Le 19 février 2011, l'intervention de Marc Albinet est rédigée. L'avenir nous montrera que celle-ci ne sera pas conservée car Marc Albinet ne sera finalement pas satisfait de son texte qu'il trouve trop classique.

  • Le 11 mars 2011, c'est au tour de l'intervention de Franck Sauer de se voir finalisée.

  • Le 17 mars, l'intervention de Laurent Cluzel est également rédigée.

  • Le 23 mars 2011, Marc Albinet me fait parvenir un nouveau texte, qu'il a totalement remanié et qui s'apparente plus à une nouvelle qu'à une entrevue. Tout le monde tombe d'accord sur le fait que cette initiative de l'ancien graphiste est proprement géniale : c'est cette version que je conserverais. A ce stade, toutes les interventions d'anciens auteurs de jeux sont terminées.

  • Le 12 avril 2011, le nombre précis de 1200 mini-chroniques est adopté car la liste des jeux à traiter est définitivement établie. A ce stade, nous avons alors rédigé un peu plus de la moitié de ces mini-chroniques et le paragraphe abordant le graphisme sur Amiga est également rédigé.

  • Le 17 juin 2011 est un grand jour : la rédaction des 1200 mini-chroniques est enfin terminée !

  • Le 25 juin 2011, la partie consacrée à la demoscene est pratiquement finie. Il ne reste plus que l'entrevue avec Moby à intégrer (je la recevrais courant juin).

    A ce stade, le contenu rédactionnel de la Bible Amiga est terminé. J'envoie donc le fruit de notre travail chez Pix'n Love afin de passer à la seconde étape : la mise en page ! :-)

  • Le 24 juillet 2011, je reçois le tout premier visuel de mise en page concernant les mini-chroniques, c'est un moment fort : voir son travail sublimé par une mise en page qui reprend les codes graphiques de la machine et de son système d'exploitation (le Workbench donc) est une expérience très valorisante et gratifiante. S'enchaînent ensuite et de manière ponctuelle les mises en page de tout le reste de l'ouvrage.

  • Le 30 septembre 2011, le projet est discrètement annoncé à la fin du numéro 17 de Pix'n Love, tout en bas de la page 127, dans un encadré intitulé "A Venir...". C'est à cet instant précis que le projet prend le nom définitif de "Bible Amiga". En effet, étant donné que nous ne traitions pas l'intégralité de la logithèque Amiga, mais juste ses 1200 titres les plus emblématiques, j'avais au début jugé nécessaire de nommer l'ouvrage "Essentiel Amiga". Mais au final, pour coller à la collection "Bibles" de la maison d'édition, ce nom préliminaire ne sera pas conservé et changé.

  • Le 12 janvier 2012, la mise en page a beaucoup avancé. Et je reçois un premier concept de couverture. Jugé un peu trop "austère", ce premier essai sera remanié et définitivement validé le 13 février 2012. Concernant la valorisation de la version collector, plusieurs pistes sont à l'étude. La première, serait d'inclure le CD audio des musiques remasterisées du jeu Another World. La deuxième, plus "sexy", serait d'inclure un coffret cartonné aux couleurs de l'Amiga dans lequel seraient logées les quatre compilations "Immortal" (CD audio de musiques de jeux Amiga réorchestrées par leurs compositeurs en personne). La troisième serait d'inclure un marque-page métallique circulaire représentant la célèbre Boing Ball. La quatrième serait d'habiller la couverture d'une chemise plastique de protection. La cinquième et dernière idée serait d'appliquer une dédicace de ma part sur un nombre limité d'exemplaires.

  • Le 13 février, Pix'n Love dépose une superbe vidéo de "teasing" intitulé "La bête sort de l'ombre" annonçant, à demi-mot, l'arrivée prochaine de l'ouvrage (www.gameblog.fr/blogs/pixnlove/p_58821_teasing-video-exclusif-la-bete-sort-de-l-ombre).

  • Le 16 février 2012, l'essentiel de l'ouvrage est passé par la case "mise en page", il ne reste plus que la partie "Bonus" (les jaquettes de jeux Amiga), l'index, la préface et les remerciements. En cours de route, j'apprends que les négociations avec Jan Zottmann pour l'obtention des droits d'exploitation des compilations Immortal n'ont hélas pas abouti à un accord. Le coffret audio dans lequel je plaçais tous mes espoirs n'est donc plus envisageable. Il est alors décidé que les exemplaires "collector" auront leur couverture cartonnée ainsi qu'une numérotation (sur 1000 exemplaires).

  • Le 28 février 2012, tout est maquetté ! L'envoi vers l'imprimeur est donc envisageable. Hélas, c'est avec effroi que je découvre qu'un nombre important de coquilles et erreurs s'est glissé lors de la mise en page... Ne pouvant bien entendu éditer un livre dans l'état, s'en suit alors un travail acharné et intensif (et extrêmement fastidieux je dois dire) de chasse aux erreurs qui durera jusqu'au 7 avril. La moindre coquille doit être éradiquée et je m'y emploi sans relâche !

  • Le 10 mars 2012 je reçois la joyeuse préface rédigée par Marcus. Frais et transpirant le vécu, son texte convient parfaitement à l'ouvrage.

  • Le 29 mars 2012, il est possible, durant une semaine, de précommander la version collector de la Bible Amiga sur le site de Pix'n Love. La différence avec la version classique se situe au niveau de la couverture (rigide chez la collector).

  • Le 7 avril 2012, les corrections sont enfin terminées : je donne mon feu vert à Pix'n Love pour l'impression (pour l'anecdote, Jegougou, ma femme et moi-même corrigions encore des coquilles la veille de l'envoi vers l'imprimeur, nous en étions alors à plus de 700 au total !).

  • Le 30 avril 2012, le transporteur livre les cartons de Bible Amiga fraîchement imprimées dans les entrepôts de la maison d'édition. L'ouvrage sur l'histoire de Sonic accompagne également la livraison. Le projet est enfin une réalité ! Joie !
La suite de l'histoire se passe entre vos mains..."

- Quel est votre objectif de vente ? A quel niveau de ventes seriez-vous satisfait ?

En terme de profit, je n'ai personnellement aucun objectif à atteindre étant donné que je ne suis pas rémunéré au nombre d'exemplaires vendus. Cependant, je serais bien entendu, particulièrement heureux si le plus d'exemplaires possible trouvent acquéreurs. Ne serait-ce que pour remercier Pix'n Love d'avoir pris les risques d'éditer un tel ouvrage sans aucune garantie de réussite et de m'avoir fait confiance dans l'élaboration de ce projet. J'en profite d'ailleurs pour saluer leur gentillesse et leur infinie sympathie.

Pour répondre à ta question, je serais surtout satisfait si les lecteurs me rapportent que ce livre répond aussi bien aux attentes des amoureux de la machine, qu'aux néophytes désireux de la découvrir. Je ne connais pas les résultats des ventes de la Bible Amiga car ces chiffres sont confidentiels, mais je sais toutefois que les 1000 versions collector ont été écoulées en un peu plus d'une semaine, ce qui a dépassé toutes mes espérances !

- Le nom "Bible Amiga", ou plutôt "La Bible de l'Amiga" existe déjà, c'est une marque déposée par Micro Application dans les années 1980 et 1990. Y a-t-il eu un problème de ce côté ?

Comme je l'évoque plus haut, "Bible Amiga" n'était pas le titre que j'avais personnellement choisi à l'origine pour cet ouvrage. En effet, je voulais plutôt opter pour "L'Essentiel Amiga" car, comme son nom l'indique, ce titre reflète plus un recueil dont l'objectif est de regrouper les principaux éléments et événements qui ont jalonné, mais aussi construit, l'histoire de l'Amiga afin d'offrir au lecteur un condensé du meilleur de la machine de Commodore.

Étant donné l'importance de la logithèque et la richesse historique de l'Amiga, il aurait été impossible de tout faire tenir dans une seule Bible car il aurait fallu un nombre de pages incalculable. Voilà pourquoi j'avais choisi de baptiser cet ouvrage "L'Essentiel Amiga" et non "La Bible Amiga". Ceci dit, les "Bibles" sont une collection d'ouvrages de Pix'n Love qui correspondent à certains critères précis et imposés (l'historique, les mini-chroniques, etc.) et mon projet entrait directement dans cette catégorie. Afin de rester cohérent avec cette ligne de produit, le titre "Bible Amiga" a ainsi été finalement imposé. Concernant le livre de Micro Application, après une investigation menée par Pix'n Love, il s'est avéré que ce titre n'avait pas été déposé juridiquement et qu'il était donc libre de toute utilisation.

- Il y a quelques entrevues de personnalités dans le livre. Y a-t-il des entrevues que vous auriez aimé faire mais qui ne se sont pas concrétisées ?

Oui. Du fait de mes articles parus dans le Mook Pix'n Love, je suis depuis en perpétuelle relation épistolaires avec de très nombreux auteurs de jeu Amiga dont les témoignages auraient largement eu leur place dans la Bible Amiga, mais la raison de leur éviction a été purement technique : la limite des 352 pages ne permettait malheureusement pas d'inclure plus d'entrevues. Par contre, je regrette aujourd'hui de ne pas avoir pensé à introduire une ou deux pages supplémentaires regroupant une citation ou une phrase de ces mêmes auteurs au sujet de l'Amiga. Cela aurait pu être assez sympa de lire un avis bref et concis au sujet de la machine de la part d'un assez large panel (graphistes, programmeurs, musiciens, éditeurs, français et étrangers...).

- On a relevé quelques coquilles dans l'histoire de l'Amiga, et il semble que quelques lecteurs vous ont aussi envoyés des suggestions. Comptez-vous éditer une nouvelle édition de la Bible Amiga ?

S'il y a bien une chose que j'ai appris depuis que j'oeuvre dans petit le monde agité de la rédaction, c'est qu'il est quasiment impossible d'éditer un ouvrage exempt de toute coquille du premier coup, ne serait-ce que par le nombre conséquent d'étapes intermédiaires que subit le texte entre le moment où il est écrit par son auteur jusqu'au moment de son impression.

De plus, la réalité historique est parfois obscure et difficile à saisir malgré toute l'attention et l'énergie que l'on peut y porter. Il faut savoir que pour construire, étayer et enrichir cet historique au maximum, j'ai eu recours à une demi-douzaine de sources différentes à partir desquelles il a fallu croiser et recroiser les informations pour vérifier leur véracité. Mais, hélas, quelques coquilles ont effectivement tout de même filtré : c'est toujours affligeant pour un auteur. Heureusement, à part quatre erreurs qui me font réellement rager (la nature erronée de Hombre, le riche investisseur Texan oublié, le CES de juin 1984 qui se déroule à Las Vegas et non à Chicago et enfin, la société Zymos qui voit son nom se transformer en Zymast...), elles ne sont, à mon avis, assez anodines et finalement peu nombreuses au regard du très grand nombre d'informations que recèlent les 70 pages d'historique.

Je ne sais pas si une réédition est à l'ordre du jour chez Pix'n Love car cela dépendra directement du succès de la Bible Amiga et de l'épuisement de son stock. Mais si cela devait se produire et si la maison d'édition m'en donnait l'opportunité (ce que je ne doute à aucun instant), c'est bien entendu avec joie que je corrigerais ces quelques petites erreurs et que je ferais en sorte de combler au mieux les doléances des lecteurs (pour information, je garde religieusement toutes les suggestions et tous les retours des lecteurs sur un coin de mon disque dur afin d'être opérationnel si le jour "J" pointe le bout de son nez !).

- Comptez-vous écrire d'autres ouvrages, même non-Amiga ?

En tant que coordinateur éditorial, pas pour l'instant (même si j'ai bien quelques idées sous le coude, hé hé !) car le temps me manque hélas pour endosser à nouveau un tel rôle. Par contre, je compte bien participer en tant que simple rédacteur à de futures Bibles (sans dévoiler quoi que ce soit, je peux vous dire que suite au dénouement heureux de la Bible Amiga, un nouveau projet de "Bible" est actuellement en préparation chez Pix'n Love et que je ferais partie de l'équipe rédactionnelle... mais chuuuuuuut, vous n'avez rien lu, hein ! ;)). Sinon, vous trouverez toujours mes articles à la rubrique "Micros" du Mook Pix'n Love. Le prochain n°20 devrait d'ailleurs, je pense, intéresser quelques amigaïstes de la première heure... mais je n'en dis pas plus... ;)

- Avez-vous eu l'occasion de lire le livre "101 jeux Amiga" de David Taddei ? Si oui, qu'en avez-vous pensé ?

Oui, je l'ai acheté et j'avoue que je l'ai pratiquement lu d'une seule traite tellement j'ai été captivé par son contenu ! C'est un livre passionnant dont la philosophie se rapproche beaucoup de celle du Mook Pix'n Love, à savoir des articles de fond chroniquant les jeux avec une bonne dose de recul et intégrant parfois une entrevue à la clef. Bref, du tout bon ! Je le recommande vivement.

Si je devais oser une comparaison entre "101 jeux Amiga" et la "Bible Amiga", je dirais qu'ils ne concourent tout simplement pas dans la même catégorie, le premier se concentrant sur quelques jeux emblématiques pour les disséquer, tandis que le deuxième, plus généraliste, se veut tel un condensé de l'univers de l'Amiga. Je pense que ces deux ouvrages se complètent plus qu'ils ne se concurrencent. J'ai d'ailleurs récemment échangé avec David et je peux vous dire que c'est une personne très sympathique, véritablement passionnée d'Amiga.

- Il y a beaucoup de jeux référencés dans le livre. Mais pour vous, personnellement, quels sont vos jeux Amiga favoris ?

Houla... vaste question, très vaste question ! Mes jeux Amiga favoris se comptent par centaines...

Mais si je devais n'en énumérer que quelques-uns, je citerais en premier lieu : Speedball, Shufflepuck Café, Moonstone, Stunt Car Racer, Agony, Populous II, Project-X, Unreal, la série Shadow Of The Beast, la série des Monkey Island, Les Voyageur Du Temps, Super Stardust, Croisière Pour Un Cadavre, Vroom, Superfrog, Cadaver, Sensible Soccer, Syndicate, Slam Tilt, la série des Pinball de Digital Illusions... Bon, je vais m'arrêter là car je crois que je m'emballe ! :P

Je pense que le dénominateur commun à tous ces jeux, se résume dans le fait qu'ils avançaient tous une réalisation exceptionnelle, et même parfois un concept novateur ou une atmosphère envoutante, tout en procurant un plaisir de jeu incontestable : l'équation idéale en somme.

- Si un ancien gros éditeur Amiga revenait sur la machine, quelle suite de jeu aimeriez-vous voir réaliser ?

Sans hésitation : Shadow Of The Beast IV ! Je n'ose imaginer le joyau vidéoludique que pourrait engendrer la combinaison des connaissances actuelles en matière de matériel Amiga et de "gameplay". Ces deux domaines ayant fait des progrès fulgurants depuis le dernier volet de la série de Psygnosis en 1992, le résultat devrait, à n'en point douter, être stupéfiant de beauté, de jouabilité et d'immersion.

- Il y a quelques années, vous réalisiez Amiga Inside, une distribution AmigaOS 68k. Il semble qu'elle n'existe plus, pourquoi ?

Si, si, "Amiga Inside" est toujours disponible sur Amiga Museum et il n'a d'ailleurs jamais cessé de l'être. Pour la petite histoire, le fichier HDF contenant le Workbench 3.1 fourni avec Amiga Inside est l'exacte réplique du disque dur que j'avais à l'époque sur mon Amiga 1200 (j'avais transféré son contenu sur disquettes au début des années 1990 pour prévenir tout éventuel plantage, je n'aurais jamais cru que ces fichiers soient encore utilisés 20 ans plus tard sur un PC !).

- Quelle est votre opinion sur les autres distributions AmigaOS 68k ? (AmiKit, ClassicWB, Pack Ultimate, etc.)

Je t'avouerais que je ne connais ces distributions que de nom car je n'ai, hélas, jamais trouvé le temps de les essayer. Ceci dit, je trouve la démarche extrêmement louable et j'encourage vivement tous ceux qui hésitent encore à se lancer dans la réalisation de ce type de paquetage.

- Que pensez-vous des solutions Amiga de nouvelle génération ? (AROS, MorphOS, AmigaOS 4)

Après le Workbench 3.1 de mon Amiga 1200, j'ai totalement abandonné les environnements Amiga pour me concentrer sur Windows (ouille, non, pas de pierres !). Il faut dire que, même si je n'ai jamais retrouvé la convivialité et la facilité de prise en main d'un Workbench dans un OS made in Microsoft, le PC était à l'époque ce qui ressemblait le plus à l'avenir de l'informatique après la chute de Commodore (non, pas la potence !). C'est ainsi que, par la force des choses et à contrecoeur, je me suis progressivement détourné des solutions Amiga de nouvelle génération.

Cependant, pour en avoir essayé quelques-unes dernièrement, je peux dire que j'ai été réellement bluffé par leur qualité ! Je pense que tant que ce genre d'OS existera, on parlera d'Amiga et cela ne peut être qu'une excellente bonne chose !

- Commodore USA a, à présent, une licence d'utilisation des noms Amiga et Commodore. Que pensez-voous de leur stratégie de refaire des C64 et des Amiga à base de processeur x86 et de Linux ?

Je pense que faire perdurer les noms Amiga et Commodore est effectivement une initiative très sympathique. Ceci dit, je trouve que les modèles "nextgen" de Commodore USA font malheureusement l'impasse de la philosophie première de la machine originelle, à savoir proposer une configuration, certes très musclée par rapport à la concurrence, mais aussi radicalement différente en terme de matériel. Je trouve que le fait d'employer de classiques processeurs x86 sous Linux n'apporte finalement aucune révolution technologique au produit et ne confère aucune identité propre à la machine.

Lorsque je regarde l'Amiga Mini par exemple, je ne vois ni plus ni moins qu'un PC surpuissant (et hors de prix) dans une boîte estampillée "Amiga". Alors même si je suis conscient que jouer sur la corde sensible des nombreux nostalgiques de la machine de Commodore peut représenter une manne non négligeable pour la société américaine, je trouve vraiment dommage que celle-ci ne propose pas plutôt une machine beaucoup plus en marge de ce qui existe actuellement sur le marché. Quitte à définitivement perdre la compatibilité avec Windows, autant créer une machine atypique, technologiquement révolutionnaire, doté d'un système d'exploitation dédié et qui serait même, soyons fous, rétrocompatible avec les logiciels Amiga 68k !

- Avez-vous autre chose à ajouter ?

Je voudrais remercier tous ceux qui ont fait du projet de Bible Amiga une réalité.

Je voudrais également remercier tous les passionnés de l'Amiga qui soutiennent encore aujourd'hui, contre vents et marrées et malgré le temps qui ne cesse de s'égrainer, l'une des plus fabuleuses machines qui ait jamais été inventé pour la micro-informatique.

Amiga Rulez ! :)


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