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Entrevue avec Gérard Ceccaldi
(Entrevue réalisée par Mathieu Brisou et extraite de Tilt - novembre 1988)


Voici une entrevue avec Gérard Ceccaldi, l'ex-patron de feu Hebdogiciel, un canard informatique unique.

- Alors, dites-moi tout... Comment vous est venue l'idée de faire un journal de micro ?

C'est assez simple à expliquer. Un jour, je passais devant chez Illel, un magasin situé pas très loin de l'endroit où j'habitais à l'époque. En vitrine, il y avait un ordinateur Texas Instrument TI-99/4A dont le programme avait sauté. Le listing était affiché : il y avait plein de chiffres bizarres à l'écran. Je suis entré dans le magasin pour qu'on m'explique et une heure plus tard, je suis sorti avec un TI sous le bras. J'ai alors commencé à chercher des bouquins qui parlaient de ma bécane mais il n'y en avait pas. J'ai décidé d'écrire un livre sur le TI-99/4A. Il s'appelait "Jeux et Programmes pour l'ordinateur TI-99/4A".

- Il s'est bien vendu ?

Oui, 60 000 exemplaires malgré les bogues ! Cela s'explique par le fait qu'il était mis en place dans les FNAC au rayon micro et pas en librairie.

- Bon, mais comment vous est venue l'idée de faire Hebdogiciel ?

Comme mon livre a bien marché, j'ai décidé de faire la même chose pour toutes les machines. Et puis comme il n'y avait pas de revues dédiées, ni de listings, j'ai décidé de faire un périodique.

- Et pourquoi avoir choisi de faire un hebdomadaire ?

Parce que tous les autres journaux étaient mensuels !

- Vous aviez déjà fait des journaux avant ?

Non. Et les premiers entretiens avec les fournisseurs - imprimeur, photocomposeur, et autres - étaient marrants : on n'y comprenait rien ! Bref, ils ne nous faisaient absolument pas confiance et au début on a été obligé de payer cash !

- Justement, d'où venait l'argent ?

De la vente des bouquins, tiens !

- Dans quelles conditions est sorti le premier numéro de Hebdogiciel ?

Le premier numéro faisait 8 pages et on l'a lancé à l'occasion du SICOB 1983 après une charrette de 98 heures ! Je me rappelle que j'avais été interviewé par une radio libre : 95.2. Mais l'émission n'est jamais passée. Il faut dire que j'avais été nul, j'avais rien à dire !

- A l'époque, vous étiez combien ?

On était cinq : deux à la maquette et trois bidouilleurs dont un plus ou moins à mi-temps parce qu'il faisait autre chose.

- D'où venaient les premiers listings ?

On les avait faits nous-mêmes sur une dizaine de machines prêtées par les fabricants et importateurs. On n'en connaissait pas la moitié et on s'est débrouillé avec les manuels pour faire des programmes. Forcément, les premiers n'étaient pas terribles...

- Et pour la promotion, pour faire connaître Hebdogiciel, comment vous y êtes-vous pris ?

Comme on n'avait pas d'argent pour la publicité (on devait payer cash les fournisseurs), on a tiré 10 000 exemplaires de la couverture du premier numéro qu'on est allé distribuer sur le parvis du SICOB. A chaque fois qu'on voyait un mec y aller, on lui donnait une couverture. Mais on se faisait courser par les flics parce que pour faire cela, nous aurions dû avoir un stand sur le SICOB !

- Résultat ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le premier numéro s'est vendu à 12 000 exemplaires. Il faut voir qu'à l'époque il n'y avait pas grand-chose pour les machines présentes sur le marché.

- Et ensuite ?

Les programmes de lecteurs ont commencé à venir et le journal est parti comme ça, sans changement de formule pendant un an. Nous, on bossait de moins en moins puisque qu'on n'avait plus qu'à tester les listings qu'on recevait. Bref, on a marché sur la programmation.

- Comment sont arrivés les premiers articles ?

Un an après le lancement du journal, Atari a décidé de lancer une gamme de logiciels. C'est là qu'on a fait le premier rédactionnel en titrant "Atari nous prend pour des cons !".

- Pouvez-vous nous raconter ?

Ils devaient sortir divers logiciels pour plusieurs machines. Ils sont venus nous voir pour nous proposer un "deal" : on leur passait des publicités gratuitement et on pouvait vendre les logiciels par correspondance moins chers que les autres (280 FF au lieu de 300 FF). On a commencé à passer les publicités et les commandes sont arrivées. Mais on n'était pas livré sur certaines machines. Normal : un certain nombre de logiciels ne sont jamais sortis ! Atari nous avait vraiment pris pour des cons, nous et nos lecteurs. Ensuite, on s'est jamais arrêté de défendre la veuve et l'orphelin. On emmerdait le monde pour le plaisir.

- D'où "Ceccaldi égal Dieu" ?

Oui, c'est ça !

- Par la suite, les articles n'ont-ils pas pris une place trop importante par rapport aux listings ?

Non, le rédactionnel n'a jamais empiété sur les listings.

- Et les procès dans tout ça ?

Il y a eu trois gros procès, tous intentés par Amstrad. Le premier, c'était parce qu'on avait fait une couverture où on voyait un dessin de Maëster représentant Alan Michael Sugar avec un T-shirt sur lequel était marqué "Gros Porc" en anglais, ou un truc dans le genre. Amstrad nous a attaqués pour injure publique mais ils ont perdu.

Le second procès qu'il nous a fait, c'était parce qu'on avait déposé le nom d'Amstrad Magazine. Ils l'ont perdu aussi parce qu'à l'époque Amstrad n'était pas très connu. Si quelqu'un dépose aujourd'hui Renault Magazine et que la Régie lui fait un procès, il est sûr de perdre !

Le troisième gros procès qu'Amstrad a intenté contre nous l'a été parce qu'on avait fait une couverture avec un faux Amstrad : le CPC5512, sorte de 6128 avec 512 ko de mémoire, un lecteur de disquette 5,25" et un intégrateur graphique. Ils demandaient un milliard de dommages et intérêt ! Là encore, Amstrad a perdu.

Gérard Ceccaldi

- Et les autres procès ?

Je m'en souviens plus : il y en avait trop ! Ah si, je me rappelle qu'Amstrad nous a aussi fait un procès pour empêcher Shift Editions (NDLR : société éditrice de Hebdogiciel) de sortir Amstrad Hebdo. Ils ont été déboutés parce que nous étions propriétaires de la marque pour la presse.

- Qu'elles étaient les ventes moyennes de Hebdogiciel ?

J'en sais rien. Je me souviens qu'une fois on a atteint les 80 000 exemplaires pour un seul et même numéro !

- C'est énorme ! Et à la fin ?

On tournait aux alentours des 34 à 35 000 exemplaires par semaine. En fait, on n'a jamais arrêté de grossir jusqu'au développement du CPC d'Amstrad. Pour le banc d'essai de cette machine, on avait titré : "Attention, cet ordinateur est dangereux". On avait raison ! Le CPC a commencé à prendre des parts de marché à plein de petites machines dont nous étions les seuls à parler. Les importateurs de ces machines n'ont pas pu résister longtemps et le marché est devenu beaucoup trop mouvant.

Pas mal d'acheteurs ont été dégoûtés de la micro parce qu'ils avaient acheté une machine 5 ou 6000 balles et que six mois après, plus rien : plus d'importateur, plus de SAV. Résultat : ils ne lisaient plus Hebdogiciel !

- D'où l'idée du club, histoire de renflouer un peu le journal...

Non, le but du club n'était pas de faire du fric mais nous voulions avoir une activité normale de distributeur normal pour moraliser le milieu.

- Le milieu des gros gras grossistes ?

Oui. Des logiciels vendus 99 FF prix public en Grande-Bretagne se retrouvaient à 150 FF et plus en France. Compte tenu de la marge grossiste, cela veut dire que les importateurs n'hésitaient pas à multiplier par quatre ou cinq le prix des logiciels ! Un importateur normal se contente de prendre 30%, c'est ce que faisait le club : nous achetions comme les autres pour revendre les logiciels en faisant une marge normale et sans baiser l'acheteur.

- Le club a été mal accueilli par la profession, non ?

Ça a été une véritable levée de boucliers, oui ! De nombreux éditeurs refusaient de nous vendre leurs logiciels. Nous les avons tous attaqués, on a tous été déboutés et ils ont continué comme si de rien n'était parce que les grossistes faisaient pression sur eux. La concurrence est libre officiellement. La justice dit que la concurrence est libre mais, en pratique, la concurrence n'est pas libre en France ! En fait, on a été obligé de renvoyer 50% des chèques faits à l'ordre du club par les membres parce qu'on n'était pas livré !

- A la fin, il y avait combien de personnes ?

En tout, l'équipe comprenait 41 personnes dont quelques pigistes qui bossaient tous les mois pour nous.

- 41 personnes sur Hebdogiciel ?

Non, on avait aussi Amstrad Hebdo, Marcel, les numéros hors-série de Hebdogiciel et le club.

- Cela dit, ça n'explique pas pourquoi Hebdogiciel s'est arrêté ?

On ne s'est pas arrêté à cause du club ni à cause des procès mais parce qu'on en avait ras-le-bol !

- Mais pourquoi une fin si brutale ?

A cause des abonnés, du club : on est parti la queue entre les jambes. On ne pouvait pas arrêter noblement...

- Cela dit, quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui désire monter un journal ?

Il faut faire gaffe à la gestion. Moi, j'ai jamais eu le temps de me pencher là-dessus, pourtant c'est l'essentiel.

- Financièrement, Hebdogiciel ça a donné quoi ?

Sur le premier exercice, on a perdu 50 briques (500 000 FF). Le second a été équilibré et le troisième s'est soldé par 6 millions de francs de pertes. Mais tout était viable !

- A votre avis, si quelqu'un veut lancer un canard, quelle est la bonne formule ?

C'est pas de faire un hebdo, c'est trop fatiguant. Le reste, j'en sais rien.

- Au fait, depuis la fin de Hebdogiciel, qu'est-ce que vous avez fait ?

Je me suis amusé. J'ai fait un enfant. Je me suis reposé.

- Et maintenant ?

Je veux voir le papier avant qu'il soit publié, sinon, crac, procès !


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