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Test de Beastlord
(Article écrit par Antekrist et extrait d'EmuNova - août 2008)


Je viens de lire le test de Héros et je vais me permettre d'en reprendre l'une des premières phrases, si tu le permets Human Ktulu : "Qu'est-ce qui rend un jeu attrayant et passionnant ?" Bonne question, à laquelle je répondrais par une autre : "Qu'est-ce qui rend un jeu raté et chiant ?" Tout est une question de "feeling", et peut-être que ce Beastlord m'a trop bousculé, mais en tout cas je trouve qu'il a sa place au panthéon des jeux foireux. Sortez vos parapluies, il va pleuvoir des critiques.

Beastlord

Le clochard de Beverly Hills

Il y a paraît-il une sorte d'histoire dans ce jeu, même qu'on en voit des images au début. Au temps jadis, il existait une vallée où les animaux et les hommes vivaient dans l'harmonie, la joie et la copulation intensive. Tout ça sous l'oeil bienveillant de la Lumière qui guide (traduction approximative fournie par mon anglais décadent) et des deux gardiens de la vallée : le Faucon omniscient et la Licorne ailée.

Mais même le meilleur des joints finit par s'éteindre, aussi le Méchant Seigneur des Ténèbres de la Mort qui Tue a-t-il emprisonné la Licorne et transformé le Faucon en statue, et donc forcément tout part en couille. C'est à vous de sauver le monde. Oui, vous. Vous, là, l'espèce de clochard à moitié à poil qui parle aux écureuils.

Pars vite et reviens tard, ou reviens pas, c'est aussi bien

Action ? Aventure ? Après un quart d'heure passé à hésiter entre les deux genres dans le menu déroulant, je vous le confirme : Beastlord est un jeu d'action/aventure. Où vous incarnez un clochard. Le tout se passe dans le vaste décor de la vallée, où vous pourrez vous déplacer un peu partout. Il y a un village, un temple, un marécage... Ouaip, tout ça. Il y a aussi des habitants avec qui vous pourrez taper le carton, d'autres avec qui vous vous taperez plutôt sur la gueule, des monstres féroces et des animaux. Et en tant que clochard éveillé, vous pourrez aussi tailler une bavette avec les animaux, pour leur demander de vous aider.

Beastlord

Comme il y a une partie aventure non négligeable, vous disposez d'une barre d'actions comme dans tous les jeux de ce genre. Attention, le jeu n'est pas en pause lorsque vous l'appelez, n'oubliez pas de bouger pour ne pas vous faire trucider. Dans cette barre, vous trouverez diverses icônes permettant de parler, d'utiliser un objet, de l'échanger ou de le mélanger avec un autre, mais aussi de sauvegarder ou charger votre partie, entre autres. Et comme il y a aussi une partie action, vous pouvez vous battre. Pour se cogner, le Beastlord dispose d'une panoplie assez limitée : il court, saute, donne des coups de poing au sol ou des coups de pied en l'air, et peut faire un salto arrière histoire de se la péter un peu.

Pour quoi faire ? me demanderez-vous. Eh bien parce qu'un ennemi mort laisse derrière lui de la nourriture, qui vous sera utile. Pour quoi faire ? me redemanderez-vous. Vous êtes un peu obtus, vous, hein ? Quand vous avez une idée en tête, vous l'avez pas ailleurs, hein ? Eh bien en haut à droite de l'écran vous pourrez voir une horloge. Cette horloge défile et, à mesure que le temps passe, le Beastlord perd de l'énergie. Il lui faudra donc manger pour se requinquer.

Ah si, j'ai failli oublier ! Le but du jeu ! En fait, il se fait en plusieurs temps : il faut d'abord dé-pétrifier le faucon qui vous permet d'entrer dans le temple, puis libérer la licorne qui vous aide à traverser le marais, et enfin récupérer la lumière. Deux fins s'offrent à vous lors du dernier combat : ou vous gagnez et tout baigne, ou vous vous faites tuer et tout baigne aussi, mais pas pareil.

Shame on you !

En dehors d'une histoire digne de Oui-Oui contre les pingouins flasheurs sous acide, Beastlord est pourvu de tares sur lesquelles il est plus difficile de faire l'impasse.

À commencer par sa laideur. Les décors sont une sorte de mix entre une savane qui aurait vu un champignon atomique de trop près et les bâtiments de Conan le Barbare, la grandeur en moins. Au milieu de tout ça, les sprites ne ressemblent pas à grand-chose. On a donc notre héros, résultat d'une consanguinité de longue date, et les autres, ceux qui ressemblent à rien. Ou plutôt si, ils ressemblent à quelque chose, mais pas à ce à quoi ils devraient ressembler : le chien ressemble à une panthère, la licorne ressemble au chien, le faucon ressemble à un héron et les humains à des Shadoks.

Beastlord

Et je vous parle pas des couleurs dignes d'une décoration de trottoir un soir de beuverie. Ajoutons que tout ce petit monde se déplace avec la grâce d'un sumo en tutu, et qu'il n'y a aucune musique d'ambiance, juste un ou deux sons même pas au niveau de Pong.

Deuxième effet Kiss Cool, la jouabilité n'est vraiment pas terrible et vous allez pleurer de rage lors des combats, tant la portée des coups du Beastlord est ridicule.

Par contre, le jeu n'est pas très difficile puisque la vie ne descend pas vite (sauf face au dernier boss) et que la nourriture en restaure une bonne partie de la jauge.

Les allers-retours sont très nombreux et l'aire de jeu très grande, aussi Beastlord est-il assez long. Franchement chiant aussi, et même pas agréable à l'oeil. Alors de deux choses l'une : ou bien vous êtes un joueur lambda et vous allez voir à la prochaine entrée de la liste si l'herbe est plus verte (ici elle est marron, ça ne devrait pas être pire), ou bien vous êtes un adepte de la secte des sado-masochistes vidéoludiques, et vous trouverez forcément cinq minutes pour une petite partie, entre l'arrachage de poils pubiens au ruban adhésif double-face et la sodomie à la barre à mine entourée de fil de fer barbelé. Ah bon, t'y étais toi aussi ?

Nom : Beastlord.
Développeur : WJS.
Éditeur : Grandslam.
Genre : jeu de combat.
Date : 1993.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 512 ko de mémoire.
Licence : commercial.

NOTE : 3/10.


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