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Quand et
comment avez-vous connu l'Amiga et qu'est-ce qui vous a séduit le plus pour en acheter un ?L'Amiga est entré dans ma vie il y a presque un an et demi, en septembre 1990 pour être précis. Mais en réalité, cela faisait depuis plus de six mois que je patientais dans l'espoir de pouvoir acheter le système 1.4 ! (qui est devenu l'Amiga 500+). A l'origine, je l'ai acheté pour ses capacités graphiques et sonores, je voulais un ordinateur "polyvalent" et pas trop cher. Mais rapidement, j'ai découvert le multitâche, l'assembleur, Intuition, Exec... Et aujourd'hui, je trouve l'Amiga génial en raison du Blitter, du Copper et du système d'exploitation. Je
vous rassure, le Workbench 2.0 n'est pas spécifique à l'A500+ car il paraît que les A500 actuels
(tout comme les A2000) sont aussi vendus avec ces ROM 2.0 et que la seule différence entre un A500
et un A500+ c'est que ce dernier peut gérer jusqu'à 2 Mo de mémoire Chip contre 1 seul Mo pour l'A500.
Ne trouvez-vous pas que c'est beaucoup, 2 Mo de mémoire graphique, un seul oui mais deux... À part pour
de longues, très longues animations, on peut se demander à quoi cela pourra-t-il bien servir, non ?Ah ! Je ne savais pas pour les ROM 2.0 dans les A500 (je ne mets pas souvent les pieds chez mon revendeur), merci de me l'apprendre. De toute façon, cela ne change pas mon point de vue, à savoir : 1 Mo de mémoire Chip, c'est ce qu'il y a de mieux. Sur A500, avec 512 ko de mémoire Chip, je peux vous dire qu'il vaut mieux ne pas essayer d'ouvrir trop d'écrans à la fois, trois à quatre écrans, c'est bon, mais après.... Bien sûr, tout dépend de l'utilisation qu'on fait de son Amiga. Moi, qui a souvent besoin de plusieurs programmes à la fois, il me faudrait 1 Mo de mémoire Chip, 2 Mo c'est effectivement inutile. Mais je pense que pour ceux qui touchent au dessin, à l'infographie ou autre, les 2 Mo sont nécessaires. Est-ce que
vous avez suivi des études d'informatique lors de votre scolarité ? Est-ce cela qui vous a fait opter
pour l'Amiga ou bien utilisez-vous l'Amiga juste pour votre plaisir personnel ?Ma scolarité ? Je suis en plein dedans ! Je viens de fêter mes 17 ans et je suis en 1ère. J'ai pris l'option "informatique". Entre guillemets car on apprend à "programmer" en Turbo Pascal sur des GOUPILS équipés de la version 4.0 de MS-DOS. Le professeur a subi une formation d'un an et croit que les drapeaux TRUE et FALSE sont écrits tels quels en mémoire (en réalité, ils sont remplacés par un 0 ou un 1 (ou -1)), la galère quoi ! Quand je vois un PC, je me dis que j'ai beaucoup de chance ! Ils devraient abandonner tout le système d'exploitation qui est primitif, plutôt que de rajouter des "surcouches" comme Windows. Même les Macintosh et les Next ne me font plus rêver, depuis que j'ai vu le système 2.0 sur un A3000 avec écran multisynchrone. Si j'utilise un Amiga (pour l'amusement), c'est aussi grâce à de gens comme vous qui se dévouent pour le DP. Car c'est bien la seule machine qui possède une collection de DP aussi complète et sérieuse (ce n'est pas pour rien qu'on a la deuxième plus grande bibliothèque de babillards électroniques derrière UNIX !). Je peux vous
dire que vous n'êtes pas le seul à déplorer que les PC soient en train de s'écrouler sous toutes les
piles de couches que vous dites ! Remarquez que cela oblige les PC à utiliser beaucoup plus de mémoire et, en
conséquence, de faire diminuer leur coût de fabrication... et nous d'en profiter parce que nous avons aussi
besoin d'un peu de mémoire. Tant mieux donc si les PC sont comme cela ! Nous, on s'en fiche, n'est-ce pas ?Il est vrai que cela a de bonnes répercutions sur l'Amiga, obligeant Commodore à maintenir des prix compétitifs, par exemple. Mais il est cependant triste que pas mal de personnes achètent un PC parce que c'est un PC et qu'elles soient obligées d'investir dans un tas de logiciels au prix exorbitant. Mais bon, tant pis pour eux et tant mieux pour nous ! Puisque vous
parlez de babillards électroniques, est-ce que vous avez un modem ou un Minitel et, si oui, pouvez-vous nous
parler plus en détail de tout cet univers de communication fabuleux ? (moi, je n'ai pour l'instant qu'un Minitel).Malheureusement non, je n'ai aucun des deux. Avoir accès à un babillard électronique est un de mes rêves, mais pour le moment, je dois me contenter de la collection de Fred Fish sur disquettes. En ce qui concerne le Minitel, je trouve que la communication en 36-15 coûte trop cher et, de plus, elle est très lente, ce qui ne fait qu'augmenter le coût du téléchargement. Avant l'Amiga,
aviez-vous déjà eu un ordinateur chez vous ?Je suis passé par deux ordinateurs avant de faire l'acquisition de la plus belle des machines : un Amstrad et un Atari. J'ai acheté le premier quand j'avais 11 ans. C'est avec lui que j'ai débuté et je dois dire qu'il est beaucoup plus facile à comprendre pour un débutant qu'un Amiga (ou un Atari) en raison du BASIC en ROM. Ensuite, j'ai opté pour l'Atari pour avoir une "vraie machine". L'Amiga était à l'époque hors de prix et plutôt inconnu, maintenant ça a changé... Vous avez écrit
un programme fort bien présenté pour gérer les blocs d'amorce des disquettes, est-ce votre seul programme et
que comptez-vous réaliser par la suite ?C'est mon seul vrai programme : j'ai plus ou moins pompé des bouts de code à droite et à gauche (dans les magazines) pour comprendre l'Amiga avant de me décider à créer Boot Block Manager. Je compte bien en créer d'autres, j'ai quelques idées (top secrètes) mais pas beaucoup de temps. De plus, il faut de la motivation et j'espère bien que des amigaïstes m'écriront pour me faire part de leurs idées sur Boot Block Manager. Votre Boot Block Manager
sera distribué sur ma prochaine compilation (à condition bien sûr qu'il soit compatible système 2.0 !),
Je vais tâcher de réunir sur une même disquette les meilleurs programmes et utilitaires antivirus.
Profitez donc de cette entrevue pour nous parler plus en détail de votre programme. A-t-il, par exemple,
d'autres utilités que celles d'enregistrer les blocs d'amorce des disquettes douteuses ?Attention, si Boot Block Manager a pour but premier de constituer une bibliothèque de blocs d'amorce, il n'est distribué qu'avec des "Boot-Blocks utility" et des antivirus qui offrent des services fort appréciables. Ceci ne constitue que le noyau de Boot Block Manager. Toujours dans le concept de bibliothèque, il permet d'étiqueter les blocs d'amorce en leur donnant un nom, un nom d'auteur et leur but. On peut ainsi trier les blocs d'amorce, les comparer (pour savoir, par exemple, si un bloc d'amorce n'est pas déjà présent dans la bibliothèque - ce qui permet aussi de l'identifier). Hormis cet aspect de collection de bloc d'amorce, il permet d'éditer un bloc d'amorce (en ASCII ou en hexadécimal) ou de recalculer sa somme de contrôle. Il est ainsi très facile d'y insérer un texte, ou de modifier les données du programme sans repasser par sa compilation, sa transformation en bloc d'amorce et son écriture sur une disquette. A ce propos, Boot Block Manager offre la possibilité d'écrire directement un programme exécutable sur un bloc d'amorce. Bien entendu, ce dernier a dû être prévu à cet effet : un seul bloc de données ("hunk"), taille inférieure à 1012 octets et pas de bloc de données "reloc" (il doit être en position-independant avec Devpac). Comme vous en doutez, cette option est à réserver aux programmeurs. Pour tout le monde (et grâce à votre demande), j'ai ajouté une option permettant "d'installer" un programme sur un bloc d'amorce afin qu'il soit exécuté lors du démarrage. En réalité, le programme (qui peut contenir plusieurs blocs de données, dont des reloc32) est sauvegardé sur disquette et un bloc d'amorce spécial se charge de l'exécuter. Malheureusement, cette option ne permet d'installer que des programmes de type démo ou les accès au système sont restreints. Car au moment du démarrage, l'Amiga n'est pas totalement initialisé, la dos.library, par exemple, n'est pas prête. De plus, les programmes compressés avec PowerPacker ne fonctionnent pas (c'est un peu de la faute de mon chargeur). Par contre, les programmes compactés avec Imploder ou un compacteur du type ByteKiller ou DefjamPacker fonctionnent très bien. Pour terminer, je tiens à préciser que Boot Block Manager offre un menu "preferences" qui permet, par exemple, de changer les couleurs de Boot Block Manager, grâce à une fenêtre de requête de la req.library (que j'utilise aussi pour sélectionner les fichiers). Sur le même
principe que celui de lancer des démos depuis le bloc d'amorce, votre Boot Block Manager pourrait aussi, je pense, permettre
l'affichage d'une image IFF qui serait donc chargée directement dès le démarrage de la disquette. Qu'en
pensez-vous ? Cela ne pourrait que rendre votre Boot Block Manager encore plus universel !A voir ! En attendant, si on désire installer une image, on peut passer par un programme qui transforme une image IFF en exécutable, ensuite, il suffit d'installer le programme avec Boot Block Manager. Mais je ne pense pas ajouter cette option avant le mois de mai 1992 (et encore). Je suppose
que vous connaissez un peu tous les langages, mais dans quel langage préférez-vous programmer ?
Que pensez-vous de l'arrivée en force de ce nouveau langage AMOS soi-disant particulièrement bien adapté
à l'Amiga ?Boot Block Manager a été programmé en assembleur 68k, mon langage de prédilection. Je dois même avouer que c'est le seul langage que je maitrise parfaitement. Le C est très bien, mais les phases de compilation, d'édition de liens avec les fichiers d'inclusion, etc. me rebutent un peu. Je suis un maniaque du kilooctet et de l'optimisation et je ne supporte pas l'idée d'avoir un programme de 50 ko, alors qu'il pourrait en faire 20. Cependant, je reconnais qu'il est beaucoup plus rapide d'écrire un programme en C qu'en assembleur 68k. De plus, le C est universel. Un jour, j'écrirai peut-être un programme en C ou en Pascal (celui du DP PCQ est pas mal !)... En ce qui concerne AMOS, je n'en ai eu qu'un aperçu. Mais il faut reconnaître que François Lionet a fait un travail monstre (qui me laisse rêveur). Il a fait beaucoup plus que d'adapter le STOS de l'Atari (regardez la gestion des sprites, par exemple) et je trouve qu'il "colle" assez bien avec l'Amiga. Il va peut-être détrôner le GFA Basic, qui n'a jamais réussi à s'imposer réellement, à cause de ses erreurs de jeunesse (il paraît que la version 3.5 est beaucoup mieux). Pour ma part, si j'avais à choisir entre les deux, je prendrais quand même le GFA Basic : je l'avais acheté sur Atari et il était très performant tout en étant très facile d'apprentissage (un excellent BASIC qui a su abandonner les numéros de ligne au profit des procédures). Mais personnellement, je ne compte pas utiliser l'un ou l'autre un jour. Le C (voire le Pascal) et l'assembleur 68k conviennent parfaitement. A une époque, je voulais même faire un jeu, qui puisse rivaliser avec ceux qui sont commercialisés, pour le mettre dans le DP et faire un "pied-de-nez" aux distributeurs. Mais j'ai renoncé faute de graphistes et de musiciens. Il est vrai que le DP français est quasiment inexistant, et c'est bien dommage ! Peut-être sommes-nous d'un naturel fainéant ? Je ne crois
pas que le DP français soit inexistant, il en existe quand même des auteurs chez nous. Évidemment, certains
ont disparu de la scène DP pour devenir commercial comme je vous le disais ci-dessus : C'est par exemple le cas de
PowerPacker et du MVK. C'est d'autant plus déplorable que dans le cas du MVK, c'est bien la première fois
qu'un antivirus ose devenir commercial ! Ne trouvez-vous pas cela dangereux de faire ainsi du commerce avec les
virus ? D'ailleurs, dans un article sur Amiga Revue, ils le disaient même que ce MVK est devenu un véritable
danger public, qu'en pensez-vous ?Franchement, je ne crois pas que MVK soit un danger public (je n'ai malheureusement pas lu l'article d'Amiga Revue, et je ne connais pas leurs arguments). Je tiens d'ailleurs à signaler que la version anglaise de MVK 2.2 n'est pas commerciale, mais partagicielle (je l'ai). S'il est vrai que MVK soit le premier antivirus commercial, que devrait-on dire sur PC ? (tiens encore eux ! :-)). Sur cette machine, il faut souvent quatre chiffres pour le prix d'un tueur de virus ! Et pourtant,
je connais plusieurs personnes qui ont perdu tout leur disque dur à cause du MVK ! C'est bien la preuve qu'il
peut être dangereux. En tout cas, si vous avez un disque dur, faites très attention avec ce MVK !J'ai un disque dur (A590), j'ai essayé MVK sur mon disque dur et il n'y a eu aucun problème. Cependant, je ne me sers pas de MVK pour mon disque dur, mais uniquement pour les blocs d'amorce sur disquettes et pour vérifier les validateurs de disque (au passage, je conseille à tous d'effacer les validateurs de disque inutiles : vous gagnez de la place, si vous avez un système 2.0, ils sont complètements inutiles et, en plus, vous évitez les grands méchants virus). Pour MVK, merci du conseil, je prends note. Il faut espérer que suite à ces problèmes, dans une prochaine version le MVK sera moins sauvage à l'égard des disques durs. C'est vrai aussi que les gens ne devraient pas utiliser des antivirus directement sur leurs disques durs, mais parfois les débutants sur Amiga ne savent pas trop comment un disque dur peut-être quelque chose de très fragile. Il faut donc le rappeler : les blocs d'amorce des disques durs sont beaucoup plus complexes que ceux des disquettes, ils contiennent une table d'allocation de toutes les partitions du disque dur, donc si vous prenez votre disque dur pour une disquette et que vous effacez ce bloc d'amorce, c'est alors tout le disque dur que vous détruisez et il ne vous reste donc plus qu'à tout reformater ! Quant à
PowerPacker, s'il est connu dans le monde entier, c'est aussi parce qu'il a fait les beaux jours de la collection
Fish mais depuis qu'il est devenu commercial, je crains que ce ne soit le Turbo-Imploder qui prenne sa
relève. Il est d'ailleurs très puissant ce Turbo-Imploder car il peut même compresser les périphériques
logiques et les bibliothèques, j'espère que vous connaissez, non ?Oui, je le connais. Et oui, je sais qu'il peut compresser les périphériques logiques et les bibliothèques, mais je n'ai jamais réussi... (je possède la version 4.0). A propos des compacteurs, il est dommage que Commodore n'ait pas installé de routines en ROM (je suis sérieux). Cela permettrait de mettre un point final à cette guerre des compacteurs : entre les archiveurs, les compacteurs, les tueurs d'octets qui prennent deux heures pour compacter 10 ko et les super archiveurs comme Lz ou LhA, on ne sait plus où donner de la tête. De plus (et bien sûr grâce à cette guerre), il existe maintenant de très bonnes routines. Il suffit de prendre la bibliothèque PPLib (qui est gratuite) de Nico François et de la coller en ROM. Les programmeurs n'auront plus qu'à faire de super interfaces utilisateurs et à définir une structure pour les archiveurs. Alors qu'à l'heure actuelle, on perd de la place et du temps au lieu d'en gagner en gardant cette collection de compacteurs et en sachant lequel utiliser. Est-ce que,
comme beaucoup de personnes que je connais, vous comptez échanger votre Amiga pour un nouveau modèle doté
du système 2.0 ? La plupart des revendeurs reprennent les vieux Amiga 500 a moitié prix en échange de
l'achat d'un Amiga 500+.Oui, oui et oui ! Je le veux ! Il est tellement beau avec son nouveau Workbench et son Super Giga Extra Fat Agnus ! Qu'est-ce que j'attends ? Ben ! Cela ne saurait tarder ! Quant à me faire arnaquer par des revendeurs, aucune crainte, j'ai un copain qui est prêt à reprendre le mien, et puis de toute façon, on peut toujours avoir recours aux petites annonces. Et vous ? Moi aussi
cela fait déjà un certain temps que j'ai échangé mon Amiga 500 de secours pour un A500+. La plupart
des utilitaires du DP (du moins ceux que je distribue) fonctionnent normalement sur A500+, cela prouve
qu'ils ont été programmés sérieusement et que je ne me suis donc pas trop trompé en les sélectionnant
pour les traduire. Par exemple, il y a des utilitaires que je n'aimais pas comme SID, entre autres
(c'est pourquoi je ne l'ai jamais fait traduire) et il s'avère maintenant que ceux-là ne fonctionnent
plus du tout sous système 2.0 ! J'ai donc su faire le bon choix dans mes traductions et j'en remercie la
providence !En principe, un programme mal présenté ou mal "fignolé" et qui laisse à désirer au niveau de la facilité d'utilisation a aussi été mal programmé... Traitons maintenant
un peu des virus : ne trouvez-vous pas que dans la presse Amiga, les virus sont annoncés comme une véritable
paranoïa que cela fait peur aux gens, et nuit beaucoup à l'image de l'Amiga ? Par exemple, nombreuses sont
les personnes qui m'écrivent et qui sont complètement effrayées rien qu'à l'idée d'avoir un virus dans leur
Amiga. Alors qu'en travaillant proprement, il n'y a vraiment pas lieu de s'inquiéter. Par exemple, en tant
que distributeur de DP, j'ai des milliers de disquettes et je n'ai moi-même jamais été victime d'aucun virus.
Ne trouvez-vous pas que les journaux Amiga exagèrent beaucoup à propos de ces soi-disant virus ?Ils existent deux catégories de virus (je ne parlerai pas des virus Role et SHV qui peuvent être classés dans la seconde catégorie) : les virus de bloc d'amorce et les virus de lien (ou coquilles). S'il est vrai qu'il est très facile de se débarrasser des premiers (grâce à Boot Block Manager par exemple, en écrivant un bloc d'amorce normal :->), c'est beaucoup plus difficile avec les virus de lien. Car un antivirus ne reconnaît un virus de lien que s'il possède son empreinte (pour les virus de bloc d'amorce, il affiche : "bloc d'amorce suspect, peut-être un virus"), on n'est donc jamais à l'abri des nouvelles créations. Heureusement, notre Amiga (contrairement aux apparences) est plutôt chanceux : il y a très peu de virus de lien (par rapport au PC). En ce qui concerne mon cas personnel, je vérifie toutes les disquettes auto-amorçables que je reçois. Par contre, pour les programmes, c'est une vérification par mois, et encore, seulement sur mon disque dur ! Mais attention, j'ai toujours un antivirus en mémoire ! Il faut donc être prudent (comme quand on attache sa ceinture en voiture), mais il ne faut pas non plus jouer le jeu des journalistes avides de sensationnel (quand une revue a besoin d'argent, elle fait un article sur le piratage ou les virus). Les virus sont bien la dernière de mes préocupations (tout comme la ceinture de sécurité). Notez que si on tombe sur un virus, c'est qu'on a, généralement, une disquette de provenance douteuse (viendrait-il à l'idée de Fred Fish de mettre un virus sur une de ses disquettes ?) : c'est l'un des retours de la médaille du... piratage. Il paraît que les pirates (d'après les journaux) possèdent les jeux avant même qu'ils ne sortent. Il est donc normal qu'ils possèdent les virus avant même que les antivirus adéquats ne sortent. :-) Toujours à propos
des journaux Amiga français, ne trouvez-vous pas que nos journaux réalisent beaucoup trop de tests de
logiciels du domaine public et ceci au détriment de tests de logiciels commerciaux ? Ne pensez-vous pas
que c'est un non-sens que de publier des tests complets de logiciels du DP alors que tout le monde peut
se procurer ces DP pour pas cher alors qu'il en va tout autrement pour les logiciels commerciaux ?
C'est-à-dire qu'il est moins grave d'acquérir un DP qui ne vous convient pas mais si vous achetez un logiciel
commercial spécifique (ou aussi du matériel) coûtant des milliers de francs et que suite à un manque d'information,
cela ne correspondant à ce que vous souhaitiez, alors là, vous vous trouvez dans une situation bien embarrassante.
Qu'en pensez-vous ?Aïe ! Je ne suis pas du tout d'accord ! Les tests de logiciels du domaine public permettent de faire connaître le DP à tous les utilisateurs de l'Amiga. En tout cas, c'est grâce à eux que j'ai découvert le DP. Et même si maintenant (et grâce à vous), j'ai Aquarium, qui me permet de connaître les nouveautés, avant j'étais bien content de pouvoir lire la liste des programmes diffusés par Fred Fish dans Amiga News. Bien sûr, maintenant, j'y attache moins d'intérêt car je dispose de programmes comme Wiconify avant même qu'ils en parlent dans Amiga News. Mais s'il s'agit de parler de logiciels commerciaux à 3000 FF, moi, ça m'intéresse encore moins. Quand il s'agit de programmes qui sont "super" comme Real3D ou Professional Page, je ne dis pas, il faut quand même qu'on sache ce qui se fait de bien sur Amiga. Mais quand il s'agit de Turbo Print Pro ou de Race Trace (je prends Amiga News de mars 1992), ça ne m'intéresse pas du tout, mais je respecte et je reconnais qu'il en faut pour tous les goûts. Alors ne tuons pas le seul média qui parle du DP. Quand à ceux qui se trompent en achetant un logiciel hors de prix (ça m'est déjà arrivé), ils n'ont qu'à faire un peu plus attention en testant le logiciel (ou le matériel) chez un revendeur. Bien sûr, ce n'est pas toujours possible, et c'est là qu'il y a problème : les revendeurs font mal leur boulot. Malheureusement,
tout le monde n'a pas la chance d'habiter près d'un revendeur Amiga et beaucoup sont alors obligés
de commander leurs logiciels commerciaux ou leur matériel par correspondance en faisant confiance à ce
qui est publié dans les journaux Amiga. Par exemple, je connais des personnes désirant acheter une
imprimante laser pour leur Amiga mais comme il n'y a aucun test sur le sujet, et bien jamais elles
ne pourront s'aventurer dans un tel achat. C'est pareil pour les moniteurs : lequel choisir pour bien
profiter du système 2.0 par exemple ? Donc, que l'on parle un peu de logiciel du DP, c'est bien,
mais de là à en faire des tests complets sur plusieurs pages, ce n'est peut-être pas très raisonnable.
Par exemple, dans les journaux américains, il y a beaucoup plus de tests de logiciels commerciaux et
très très peu de DP ! Mais je crois que depuis quelques mois, aussi bien dans Amiga Revue que dans Amiga News,
la balance DP/Commercial est en train de se rééquilibrer, nos journaux français ont l'air de prendre conscience
de cela, ne trouvez-vous pas ?En ce qui concerne Amiga Revue, il y a trop de dessin. Moi, ça ne m'intéresse pas (ça ne regarde que moi). Par contre, pour Amiga News, ça va. D'ailleurs, les exemples que je vous ai pris plus haut proviennent des derniers Amiga News. Alors, va pour le commercial, mais pas trop (ce n'est pas demain la veille que j'achèterais une imprimante laser ou un écran multisynchrone, c'est d'ailleurs pour cela que je ne m'intéresse pas à ce type d'articles, mais tout le monde n'est pas pauvre :-) - déjà que j'ai du mal à m'acheter Amiga News...). Ce problème
spécifique des journaux Amiga français tient peut-être aussi du fait que nos journaux n'ont pas beaucoup
de pages par rapport aux journaux Amiga diffusés dans les autres pays, n'est-ce pas ? Vous qui connaissez
bien l'anglais, vous êtes peut-être abonné à des journaux anglais ou am&ricains, non ?Il m'arrive de temps en temps de lire Amiga World en librairie. J'aimerais bien m'abonner à un journal américain mais c'est beaucoup trop cher pour ma pauvre tirelire. Je me contente donc de ce que je trouve en librairie et c'est bien mince. Il est sûr que le "problème" des journaux français vient en partie du nombre de pages, qui lui-même dépend du nombre de possesseurs d'Amiga. Or, en France, même si on commence à se porter mieux, on est loin derrière les autres pays. Il incombe donc à Commodore de faire une publicité plus agressive pour démocratiser l'Amiga, mais ce n'est pas pour demain... Si l'Amiga
n'est pas très populaire en France, c'est peut-être aussi dû au manque de documentations en français et que
Commodore France n'a pas l'air de beaucoup se soucier de la chose. Par exemple avec mes nombreux traducteurs,
nous avions vraiment la possibilité de traduire les ROM Kernal Reference Manual mais Commodore France n'a pas
l'air de vouloir nous en donner l'autorisation ! Ils ne se rendent pas compte du tout que certains
ne connaissent pas un mot d'anglais et que ceux qui ont la chance de connaître un peu cette langue ne
peuvent pas non plus passer des heures à en déchiffrer les documentations. Ne trouvez-vous pas déplorable que
Commodore France soit contre de telles traductions ? Celle-ci pourraient pourtant encourager les gens à programmer leur
Amiga et donc éviter que ce dernier ne reste qu'une console de jeu, puisque c'est effectivement un domaine où il
n'y a pas besoin de connaitre l'anglais.Tout à fait d'accord, Commodore veut sa propre faillite, mais ils n'y arriveront pas, ils ont construit une machine trop bien... Comme je le disais plus haut, je ne suis pas bien riche. Et c'est là le problème. L'Amiga a été mis entre les mains de personnes qui ne voulaient pas trop investir. Il souffre de ses types d'utilisateurs : entre ceux qui jouent à longueur de journée et ceux qui l'utilisent pour l'amusement, il n'y a pas de professionnels. Commodore n'a pas assez investi dans le créneau pro. Mais maintenant, ça change (du moins, je l'espère) : avec l'arrivée du système 2.0, l'Amiga 3000, les futurs 600 et autres, on sent que l'Amiga a un réel potentiel et Commodore ne s'en aperçoit que maintenant, avant ils préféraient les PC. Mais ce n'est pas gagné d'avance : il va falloir baisser les prix et surtout attirer des éditeurs (français) pour démystifier une bonne fois pour toute cette machine. Vous venez
de commander MandelTour, vous allez donc maintenant pouvoir dire à tous les autres amigafan ce que vous
en pensez ? En particulier, est-ce qu'il vous a été facile de prendre en main et de maîtriser ce MandelTour
pour réaliser donc rapidement de belles images ?R.A.S., ce programme est génial, d'une facilité d'utilisation déconcertante, d'une puissance... Enfin bref, je n'ai pas eu besoin de lire la documentation pour explorer l'ensemble de Mandelbrot. Est-ce qu'il
vous a été facile de comprendre mes explications mathématiques au sujet de cet ensemble de Mandelbrot
généralisé à quatre dimensions ? Étiez-vous déjà au courant de cela, c'est-à-dire saviez-vous que les
ensembles de Julia et de Mandelbrot ne sont en fait que des coupes bidimensionnelles de cet ensemble à
quatre dimensions et que, selon le plan de coupe par lequel on regarde, on obtient soit des Julia,
soit Mandelbrot, soit des Mandelbrot incomplets ou encore d'autres formes bizarres ?J'avais déjà lu plusieurs articles à propos de l'ensemble de Mandelbrot, mais je ne savais pas qu'il s'agissait d'un ensemble en quatre dimensions. Cela complique et cela facilite la compréhension de ce monde. Car cela permet d'avoir une "image" dans sa tête, mais ce n'est pas facile d'avoir une image en 4D. De toutes façons, j'aime bien les maths et, par conséquent, j'ai attaché le plus grand intérêt à la lecture des documentations, ce qui m'a permis d'y voir un peu plus clair. Pour avoir
une vision de la quatrième dimension, vous prenez une feuille de papier, vous y dessiner vos trois axes
en perspective comme en 3D, puis vous pointez votre crayon sur le centre et droit vers vous : votre crayon
constitue alors le quatrième axe de cet espace 4D ! C'est simple, non ?Oui, mais en réalité, il s'agit d'une projection de l'espace 3D en 2D (sur la feuille), auquel on rajoute une troisième dimension. Cela a néanmoins le mérite de marcher, et effectivement de simplifier le repérage. Mais moi, je préfère imaginer (comme pour les tableaux à quatre dimensions) plusieurs mondes distincts en vrai 3D dans ma tête. Le tout formant le monde en 4D. Là où ma méthode marche le mieux, c'est pour se représenter l'espace-temps, car on laisse séparé l'espace (en 3D) et le temps (la quatrième dimension). Malheureusement, Albert Einstein avait dit justement qu'il ne fallait pas se les représenter séparés... Actuellement,
les auteurs de DP internationaux ont la fâcheuse habitude de créer à chaque fois leurs propres bibliothèques
externes, si bien que par exemple mon répertoire LIBS: en contient plus d'une quarantaine ! A ce
rythme-là, où va-t-on, surtout pour ceux qui n'ont pas de disque dur ! Que pensez-vous de cette profusion
de bibliothèques externes ?Vous aussi ! Je me suis fait la même remarque (et aussi pour les gestionnaires). Malheureusement, j'ai une mauvaise nouvelle : mon prochain programme va être une bibliothèque... Mais attention, j'ai des excuses, il s'agit d'une bibliothèque originale, dans le sens ou il ne s'agit ni d'afficher une requête de fichiers ou de gérer la souris. Mais je n'en dis pas plus, c'est secret... Quels sont
les dix meilleurs DP que vous utilisez le plus souvent et que vous pouvez donc conseiller aux autres amigafans ?
N'y a-t-il
pas un utilitaire dont vous auriez besoin et que vous n'avez jamais trouvé dans le DP ? Si oui, profitez
donc de cette entrevue pour le faire savoir et peut-être que d'autres auteurs de DP pourront se pencher sur
le problème...Ben, à vrai dire, je ne vois pas tellement. Je trouve tout ce que je veux chez vous... Alors, que demander de plus ? Avant de
terminer, voici la question à laquelle personne n'échappe : que pensez-vous des services de Serge Hammouche ?
Comment (via quel journal Amiga) m'avez-vous connu ?Rien à redire, on reçoit une réponse une semaine après la commande, la liste des "produits" est très bien documentée, M. Serge Hammouche répond très volontiers à mes questions... C'est grâce à vos articles, il y a un peu plus d'un an dans Amiga News, que je vous ai découvert. Par la suite, et à cause de l'arrêt d'activité de Hermes Diffusion, je me suis adressé à vous. Pour terminer,
quel avenir voyez-vous pour l'Amiga et que diriez-vous par exemple aux personnes qui hésitent et qui ne savent
pas quoi choisir comme ordinateur entre un Amiga un PC, ou un Macintosh ?L'avenir de l'Amiga ? Aucune idée : je suis jeune, la micro-informatique est jeune et il est très dur de faire des pronostics. Je souhaite simplement que l'Amiga parvienne à atteindre la place qu'il mérite : celle des PC. :-) Les personnes qui hésitent (et j'en connais) n'y connaissent pas grand-chose en micro-informatique. Quand je leur dis "multitâche", ils ne comprennent pas. Quand j'essaie de leur expliquer la facilité d'utilisation de l'Amiga par rapport aux PC, ils me rétorquent qu'il y a plus de PC que d'Amiga. Alors que voulez-vous ! Je les laisse se précipiter sur un ordinateur taïwanais. Il faut d'ailleurs dire que les Macintosh ne sont pas très bien positionnés au niveau du prix, et eux aussi ont du mal à faire prévaloir leurs capacités. Tant pis... Eh bien,
je vous remercie beaucoup pour avoir accepté de répondre à cette entrevue. J'espère que ce genre d'entrevue
permettra aux auteurs comme vous d'être un peu mieux connus. Si vous avez encore quelques choses à
rajouter, ou un sujet dont vous auriez aimé parler, vous pouvez profiter de ces quelques lignes qui restent...Je tiens à vous remercier pour cette entrevue, je vous souhaite une longue continuation dans le monde de l'Amiga, car les gens comme vous sont trop rares et puis il faut les trouver. Si un jour je gagne à être connu (on peut toujours rêver), je le devrai en partie à vous et à votre soutien.
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